Hey hey hey !
Me voici pour un nouveau chapitre :)
Un grand merci à ma petite Lyly pour sa correction ! Merci également à Choupette13 pour tes reviews :)
Ellana : aaaaaaaaaaah merci pour ta review ! C'est trop motivant, je te l'assure ! Ca donne envie de se dépasser pour que tu attendes encore la suite :P (ouais, je suis un peu sadique!) A très bientôt !
Le collègue opine de la tête et quitte la pièce. Volturi se lève pour saluer Rosalie par une poigne de main cordiale et l'invite à s'assoir près de moi.
Ma tête se décale pour la voir, Rosalie. Elle n'a guère changée depuis l'époque du lycée, grande, blonde comme les blés, des formes où il faut, comme il faut et un regard digne du ciel bleu. Elle est vêtue d'une jupe noire ceintrée et d'une chemise bleu azur. Ses cheveux relevés en chignon, laissent découvrir des boucles d'oreilles de la même couleur que ses yeux.
C'est alors que son regard croise alors le mien :
- Alice ? S'étonne-t-elle
- Vous vous connaissez ? Demande innocemment Volturi.
- Oui, coupé-je sèchement, encore une vieille connaissance du lycée.
L'agent hausse le sourcil, comme peu convaincu par ma réponse, mais il n'en tient pas compte.
- Savez-vous pourquoi vous êtes ici, Melle Whitlock ?
- Je pensais que vous aviez des nouvelles de mon frère, il a disparu depuis un an pendant un voyage.
- Jasper a disparu ? répété-je en oubliant l'agent et ma vieille rancœur.
- Oui, je suis très inquiète. Au début, bon tu le connais, je pensais qu'il s'était pris quelques jours pour gambader et oublier sa rupture avec Maria... La voix de Rosalie faiblit.
- Ils ont rompu ?
Je n'avais pas cette impression lorsque Maria avait évoqué son petit ami lors de la soirée de Gala. Les yeux de la blonde s'enflamme d'une rage que j'ai bien connue.
- Il y a environ un an et demi. Elle a dit avoir rencontré un homme extraordinaire qui l'aiderait à devenir une femme riche. Elle a donc laissé Jasper comme une merde. Il ne s'en est pas remis, le pauvre. J'ai essayé de lui remonter le moral mais c'était assez compliqué avec son tempérament. Et ensuite, j'ai été mutée à New York, il y a deux ans.
- Il a dû se sentir seul, dis-je, imaginant la détresse de mon ancien ami.
- Et pourtant ! Edouard n'a pas arrêté de passer le voir.
- Ah bon ? Qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Il est dans la police !
J'éclate de rire.
- Non ? L'intello boutonneux est devenu policier !
Rosalie me suit dans mon rire avant de s'arrêter et devenir un peu plus sérieuse.
- Arrête donc de rire, il s'est même marié avec Bella !
- En même temps, c'était prévu d'avance, Edouard avec Bella, je suis sûre que tu es toujours en couple avec Emmett !
- Tu as deviné ! C'est vrai que c'était décidé à l'avance. Tout comme toi et Jasper.
Je ferme les yeux, pinçant mes lèvres douloureusement.
- Jasper a préféré Maria, dois-je te rappeler l'humiliation du bal de fin d'année ?
L'ambiance cordiale qui venait de se créer meurt en même temps que ma phrase. Le silence répond à ma question.
Comment oublier ce passage, le plus minable de mon existence, ma plus grande trahison. Une quinte de toux me signale la présence de Volturi. J'inspire lentement pour éviter de pleurer devant lui. Avec prestance, je me lève.
- Je m'excuse, Volturi, je dois retourner travailler. Si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver.
Je prends mon manteau et saisit la poignée de la porte.
- Alice, s'exclame Rosalie.
- Rosalie, j'ai tenté d'effacer tous ces souvenirs durant ces 6 dernières années. Tu comprendras que je n'ai pas très envie de te parler plus. Bonne chance pour retrouver Jasper.
Sur ces mots, je quitte le bureau et traverse l'agence que je commence à connaitre par cœur. Dans l'ascenseur, coincée entre les employées, j'aperçois le signal lumineux indiquant les sous-sols, endroit où Irina tiens ses laboratoires. Je détestais y descendre il y a quelques temps, l'ambiance morbide et ce qu'elle y faisait me dégoutaient, mais je reconnais que là, j'en aurais bien eu besoin d'y descendre.
J'aimerais tellement voir Irina mais son regard glacial le jour de la mort de Jacob m'en empêche. J'aimerais pouvoir vider mes pensées sans prendre de gants, les livrer à l'état brut, comme j'avais l'habitude de le faire. Elle a toujours été un très bon soutien et elle me manque.
Dans la galerie d'art, pas un chat. La fraîcheur des rues doit retenir les clients au chaud dans leurs logements.
Sulpicia me propose alors de prendre une bonne tasse de thé que j'accepte avec joie. Vers 17h30, elle me libère, m'assurant qu'elle pourra se débrouiller jusqu'à la fermeture à 19h.
La neige grince sous le poids de mes bottines. Emmitouflée dans mon manteau, je décide qu'une petite balade me ferait le plus grand bien pour trier mes réflexions. Revoir Rosalie aujourd'hui a réveillé d'autres cauchemars tapis au creux de ma mémoire.
Si mon collège m'a paru être un enfer, j'ai toujours cru que le lycée était ma rédemption. D'abord car Maria n'étais pas dans ma classe, alléluia. Mais aussi car un groupe venu d'une ville voisine est arrivé cette année-là.
Impossible d'oublier l'entrée de Rosalie et Emmett dans la cantine lycéenne à l'heure de pointe. A l'époque, ils se chamaillaient sans cesse. Tous les deux aussi beaux l'un que l'autre, ils s'étaient lancés dans la compétition à la popularité. Emmett, très athlétique, grand, brun, une allure d'ours en somme, était devenu en l'espace d'une année l'icône incontestée du football américain de notre lycée. Avec un an de plus que nous, les rumeurs disaient qu'il avait fait exprès de redoubler pour être dans la même classe que Rosalie.
Rosalie avait le profil typique de la chef des cheerleaders. Tout comme aujourd'hui, son profil de blonde fatale l'avait propulsé comme femme à avoir sous le bras. Tous les hommes bavaient sur son passage.
Avec eux, il y avait d'abord Edouard. Un châtain/roux, pianiste à ses heures perdues qui semblait planer dans sa tête. Grand comme son frère Emmett mais aussi fin qu'un fil dentaire, il passait son temps à la bibliothèque où il a rencontré la femme de sa vie, Bella.
Aussi timide et timorée que son petit ami, elle se cachait derrière ses longs cheveux auburn. Malgré cela, ses yeux chocolat hypnotisaient les garçons non foudroyés par la tornade nommée Rosalie.
Et enfin, il y avait Jasper. Mes pieds s'arrêtent brusquement. Les arbres de Central Park grincent sous le murmure du vent. Mon corps et mon cœur deviennent aussi froids que la neige sous le sol. Est-ce vraiment nécessaire de remuer tant le passé ? Depuis la mort de Jacob, tout semble remonter malgré mes vaines tentatives de les sceller dans une petite boite. La mort de Jacob est semblable à la clé ouvrant la boite de Pandore.
J'accélère le pas pour retrouver la chaleur de mon logis. Un bain ne serait pas de refus. Lorsque l'eau chaude recouvre mon corps, j'accepte de faire face à la réalité. Une goutte d'eau tombe dans la baignoire remplie, faisant résonner un petit « plop » dans ma salle de bain vide de bruit.
Jasper, le frère jumeau de Rosalie. Je dessine encore de mes doigts son sourire, ses yeux verts émeraude, ses cheveux blonds bouclés, son corps fin dépourvu de graisse et musclé. C'était un artiste dans l'âme, toujours un peu à côté de la plaque, la tête dans les nuages. Je l'avais tout de suite remarqué à son arrivée en seconde, il était pour moi beau comme un dieu.
Un jean dépareillé, un t-shirt blanc surplombé d'une veste à carreaux rouges tout comme ses converses, un style purement texan qui avait donné un soubresaut à mon cœur.
Il avait aussi cet accent qui me faisait fondre. Je me rappelle encore me cacher sous la fenêtre de la salle de musique pour l'écouter gratter sa guitare à ses heures perdues. A cette époque, j'avais décidé de me mettre au régime pour essayer de lui plaire. Mais le dicton « un de perdu, dix de retrouvés» fonctionne aussi bien pour les kilos.
J'avais donc tout simplement abandonné l'idée de plaire à un si beau mec. De loin, je voyais aussi Maria l'aguicher à longueur de journée. Il ne semblait pas réceptif à ses jérémiades, comme à toutes les autres filles qui tournaient autour de lui.
Mes doigts glissent dans la mousse formée par mon produit de bain. Elle évoque pour moi la neige. J'étais en première quand, pour la première fois, Jasper s'est adressé à moi, à l'arrière de la cour. Je souris encore en pensant à notre première rencontre.J'étais tombée dans la poudreuse, m'écrasant lamentablement sur le sol. Dire que j'avais naïvement pensé que personne ne m'avait vue.
- Hey, ça va?
J'avais cru que mon cœur m'avait lâché à l'entendre de son timbre rauque.
- Oui, j'ai juste dérapé.
Un 360 degré de vision m'avait rassuré, non n'étions que tous les 2. Quoique j'aurais préféré m'affaler devant une troupe de groupies en folie que devant mon idéal masculin.
Il m'avait tendu la main que j'avais saisie avec un peu de réticence. Elle était chaude, comme son sourire.
- Tu ne serais pas Alice Brandon ?
J'avais tressailli. Mon Dieu, il allait m'appeler Balice et se moquer de moi jusqu'à la fin de l'année. Sur ces pensées, j'avais fait quelques pas en arrière.
- Euh, oui...
- Je suis avec toi en histoire ! Tu sais, avec M. Barton.
Oh oui, t'inquiète pas que je le sais. Pourquoi crois-tu que je me mets à deux tables vers la droite à chaque cours d'histoire ? C'est le meilleur point de vue pour te regarder pendant la seule heure qu'on a en commun. Parfois, quand j'ai de la chance, je peux même sentir ton parfum. Huuuum.
- Ah, euh sûrement, bafouillé-je.
- On a un dossier à faire ensemble sur la Guerre de Sécession.
- Ah bon ? Je m'étonne. .
- Oui, cela a été décidé au dernier cours, mais je crois que tu étais malade.
OH, DIEU EXISTE ! Je vais éviter de lui dire que j'avais une gastro, cela ne jouera pas à mon avantage. Surtout, Alice, garde ton calme et ton sang-froid... Changeons donc de sujet subtilement
- Ok... C'est à rendre quand ?
- Dans un mois, cela te dit qu'on se retrouve mercredi à la bibliothèque ?
- Oui, pas de soucis.
- Super ! Bon je te laisse, je vais retrouver les autres. A plus, Alice.
- Bye.
Je le regarda partir au loin rejoindre sa sœur et son meilleur ami, Edouard. Je déglutis, commenca à faire une petite danse de la joie avant de me contenir. Alice, garde encore un peu ton calme, autorisation de crier mais une fois à la maison. Ce que je fis. Les voisins étaient même venus sonner, de peur que je fasse une crise d'hystérie.
Mon nez me gratte... ATCHOUM.
Je renifle en frissonnant. La température a chuté sans que je m'en rende compte. Je me sèche rapidement, me glisse dans un slim et ma robe noire à rayure blanche. Je sèche mes cheveux mollement, réfléchissant à ce que je vais prendre pour diner. Bon, Chinois ?
La sonnette de mon appartement retentit. Mais, je n'ai pas encore commandé... J'ouvre la porte d'entrée pour découvrir Volturi, vêtu d'un jean brut, légèrement déchiré près des poches, un t-shirt blanc par-dessus lequel il a mis une veste bleue nuit. Une écharpe bleue nouée autour du cou et un chapeau rétro sur les cheveux, un style causal qui lui sied mieux que son costume habituel.
- Lorsque tu auras finis de me dévorer des yeux, Brandon, tu pourras me laisser rentrer.
- Je n'invite que les personnes que j'aime bien. Donne-moi une seule bonne raison pour que ton pied foule mon appartement.
Il enfouit ses mains dans son jean, baissant la tête vers le sol. Surtout, ne bave pas, Alice.
- C'est Irina, elle m'a obligé à venir.
Devant mon air circonspect, il développe.
- Elle sait que Rosalie est venue et elle t'a vue sortir du FBI avec un air peiné. Et vu que je lui ai interdit de venir te parler pendant l'enquête, elle m'a forcé à venir ici pour que tu puisses parler de ton passé.
- Et tu as accepté sans faillir ?
- Ca peut toujours m'aider dans mon enquête.
Je soupire, c'est sûr qu'il ne serait jamais venu de lui-même pour faire les confidences, écouter les jérémiades d'une jeune femme en plein conflit avec elle-même. Je l'observe attendre ma réponse. Pourquoi pas, je suis seule ce soir, je suis innocente donc je n'ai rien à me reprocher. J'ouvre la porte et m'efface pour qu'il entre.
- J'allais commander Chinois, cela te tente ?
- Pourquoi pas...
Machinalement, je compose les chiffres de mon traiteur préféré. Le temps que les menus nous parviennent, je m'affale sur le canapé. Il prend place près de moi, posant avec délicatesse son chapeau sur la table basse. Se mettant à l'aise, il déboutonne sa veste, me permettant de deviner plus facilement son corps athlétique caché par le t-shirt blanc.
Je décide de sortir deux verres et une bouteille de Coca Cola, rangée sous la table basse. Le liquide marron versé, je range consciemment la bouteille. Je ne suis pas maniaque de la propreté mais un appartement bien organisé fait une tête mieux organisée.
Je mets mes pieds sur le canapé et, sans un regard envers lui, je continue l'histoire de mon lycée. J'élude rapidement ma rencontre avec Jasper, bien que très importante pour moi, afin de développer ma rencontre avec Rosalie...
- Alice, chuchotait joyeusement Jasper dans le temple du savoir.
- Salut, Jasper, murmurais-je en retour
- On a eu un A+ ! Trépignait-il toujours en faisant le moindre bruit.
- C'est génial ! Fis-je tout bas.
J'étais anéantie. C'était la fin de notre collaboration. Ce mois avait juste été extraordinaire. Nous avions travaillé à la bibliothèque, chez moi, chez lui ... Il était juste un génie de l'écriture. Je faisais tout le travail de recherche, nous compilions ensemble et il se chargeait de la rédaction de notre dossier.
Et voilà le résultat. Un A+. Une partie de moi était heureuse, l'autre très triste. Toute bonne chose à une fin, c'est indéniable.
- Je te propose de venir fêter cela chez moi ! Je vais inviter ma petite bande, ce sera top !
- Sûr ?
- Et comment, allez, à ce soir 20h ! Finit-il avant de quitter la bibliothèque à pas de chat.
Euphorie et hystérie m'avaient hanté toute la journée. J'avais une telle hâte de le revoir encore une fois. Je suis rentrée précipitamment chez moi pour mettre ma plus belle tenue, un jean noir et mon t-shirt Liberty que j'affectionnais tant. Mon père me déposa à 20h pile face à la maison de Jasper. De l'extérieur, j'entendais une musique de l'époque, des rires et des voix masculines. Face à la porte d'entrée, j'avais le tract. Une soirée lycéenne, une vraie de vrai, une grande première pour moi.
Finalement, j'avais réussi à sonner. La porte s'ouvrit sur Rosalie. Une Barbie blonde habillée de son habit de lumière. Avec dédain, elle me fit signe de rentrer en hurlant à Jasper que j'étais là.
- Entre, entre, Alice ! Tu connais, je te fais pas visiter, riait-il.
Oui, je connaissais bien cette maison, mais vide. Là, il y avait Edouard, Bella, Rosalie, Emmett et deux garçons que je ne connaissais pas.
Assise sur le canapé, j'ai longtemps regretté d'être venue. Tous riaient à des blagues d'un certain Embry, le cousin de Jacob que je rencontrais pour la première fois. Rosalie se prenait une nouvelle fois la tête avec Emmett mais je lisais beaucoup d'amour dans leurs regards.
- Tu veux boire quelque chose ? Me demanda une voix fluette.
- Euh, du Coca c'est possible ? me risquais-je
- Oh que oui, c'est possible, m'informa Bella. C'est un très bon Coca-Cola.
- Ton meilleur cru ?
- C'est ça, fait maison !
- Rassure moi, tu ne l'a pas trop fait travailler ?
- Regarde, elle pencha le verre à vin rempli de coca. Belle couleur, n'est-ce pas ?
Je pris le verre délicatement entre mes mains, faisant tourner le liquide, le sentant et le goûtant de mes lèvres.
- Excellent, tu ne m'as pas mis du bas de gamme, je te remercie.
Notre premier fou-rire avec Bella fut mémorable, tout comme le reste.
Pensée du jour : Review, la radio de la nostalgie.
