Peter Hale était un homme qui reprenait goût à la vie. Il avait été pas mal chahuté dans son existence, entre l'incendie de la maison dans laquelle il vivait, les six ans où il avait comaté, et les quelques mois qu'il avait passé à tuer les responsables du feu ayant détruit son logement. Maintenant il était heureux. Il s'était racheté une conscience, avait plus ou moins trouvé grâce aux yeux de son neveu, et il était même dans une relation stable avec quelqu'un. Une personne qui savait le faire rire dans les moments les plus dramatiques, qui pouvait le rendre triste si elle n'allait pas bien, une personne qui arrivait à tout comprendre sans qu'on lui explique ; la moitié parfaite.

L'adulte parlait avec Derek d'une voix enjouée, comme d'habitude. Il se moquait un peu de son neveu, toujours un peu à la ramasse et franchement très amusant à rabaisser, lorsqu'un téléphone bipa dans la pièce. Aucun des deux ne bougea, et une nouvelle sonnerie retentit.

"-C'est pas le mien, lui confirma Derek en secouant la tête négativement.

Peter se pencha pour saisir son portable sur la table basse où il avait posé ses pieds juste avant, et décrocha.

-Ici Peter Hale, que puis-je faire pour ..., commença-t-il d'une voix amusée, avant de se figer.

Derek n'avait pas écouté le début de la conversation, laissant de l'intimité à son oncle, mais voyant son visage se décomposer, il comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas.

-J'arrive tout de suite, souffla-t-il, visiblement choqué par ce qu'il venait d'entendre.

L'ancien alpha cligna des yeux plusieurs fois avant de courir vers la sortie.

-Attends, tu vas où ?!, voulut savoir Derek, préoccupé par ce changement de comportement.
-Hôpital, lui répondit simplement son oncle avant de disparaitre complètement."

Si le jeune homme lui avait dit quelque chose après ça, Peter ne l'avait pas entendu. Le sang battait dans ses oreilles et l'empêchait de réfléchir correctement. Il savait juste qu'il fallait qu'il prenne le chemin de l'hôpital où Melissa travaillait. Il aurait pu emprunter la voiture de son neveu, ça aurait été plus simple, mais il préférait courir dans le froid de l'hiver.

Sa respiration commença à se faire douloureuse. Ses poumons brûlaient mais il continuait de courir, dérapant parfois sur une plaque de verglas cachée sous la neige.
Il arriva enfin devant l'hôpital de la ville et fonça à l'accueil, vers une femme blonde en blouse bleue.

"-Monsieur, je peux vous aider ?, demanda-t-elle en fronçant les sourcils devant l'air perdu de Peter.
-Oui, je … J'ai besoin de savoir dans quelle chambre se trouve …, commença-t-il par dire avant d'apercevoir Lydia dans le couloir. Laissez tomber, je vais me débrouiller.

Il se dirigea vers la jeune fille qui pleurait sans retenue.

-Il est où ?!, questionna l'ancien alpha avec une voix désespérée.
-Chambre 146, réussit à bafouiller la rouquine.

Peter ne l'écouta pas plus et se rua dans la pièce où Scott se trouvait. Il avait ses yeux rougis et baissé au sol pour ne plus voir le corps étendu sur le lit. L'adulte regarda l'adolescent allongé, puis celui debout.

-C'est pas vrai … Il n'est pas …, sanglota l'oncle de Derek. Comment … Pourquoi … ?, voulut-il savoir.

Scott renifla avant de répondre.

-Il a dérapé sur le verglas avec sa voiture et est rentré dans un poteau, lui dit-il simplement.

L'autre loup-garou rit nerveusement.

-C'est pas vrai … Il côtoie un milieu dangereux et il … Il trouve le moyen de se planter en voiture. Il a eu un million de fois la possibilité de se faire tuer, et il meurt à cause de sa poubelle à roulette … C'est pas vrai, répéta-t-il avant de saisir la main de Stiles et de la serrer fort. "

Scott se retira de la pièce, pour aller réconforter Lydia, et Peter s'installa sur une chaise pour être au niveau de l'adolescent. Ses yeux bleus humides observèrent le visage abîmé du garçon qu'il aimait. Il semblait étrangement calme pour une fois, sachant qu'il avait toujours soit les sourcils froncés, soit la bouche de travers ou entre-ouverte. Des petites expressions que Peter avait toujours aimées et qui faisaient son bonheur chaque fois qu'elles se trouvaient sur la figure du fils du shérif. Mais maintenant il ne les verrait plus ; elles avaient disparu pour de bon, écrasées contre le poteau qui avait ôté la vie de l'adolescent plein d'énergie.

"-Si tu m'avais laissé te mordre quand je te l'ai proposé, reprit le loup-garou en laissant échapper une larme de son œil droit, on n'en serait pas là. À la place on serait en train de chercher comment faire croire aux infirmiers qu'en fait tu n'as pas eu d'accident, que tout va bien, et que tu peux rentrer chez toi. Je me serais moqué de toi sur le chemin du retour parce que tu ne sais pas conduire, et toi tu aurais pleurniché parce que ta voiture était morte. Alors je t'aurais probablement fait la surprise de la faire réparer, tout en te disant que ça prendrait une éternité chez le garagiste. Et je l'aurais apportée un soir où je t'aurais emmené au restaurant ou dans ton fast-food débile.

Peter resta silencieux une seconde, repensant aux fois où il avait dit à Stiles que McDonald's ne comptait pas comme un restaurant, et où l'adolescent avait boudé jusqu'à ce qu'il accepte de l'y emmener. Le garçon savait toujours comment obtenir des choses, il était assez têtu.

-Tu sais, je me voyais vraiment rester avec toi pour toujours. C'est étrange je n'ai jamais été quelqu'un qui s'attache aux gens, mais tu as su m'intriguer au point que je ne m'imaginais pas vivre autrement qu'avec ton sarcasme et des chemises à carreaux.

L'ancien alpha lâcha un petit rire.

-Je sais, j'ai pas le droit de me moquer de tes vêtements sinon tu vas saupoudrer de l'aconit sur tout ce que je vais manger et tu me regarderas me tordre de douleur au sol, ajouta-t-il avant de réaliser que l'adolescent ne lui avait pas parlé. "

L'habitude de la menace le faisait réagir tout seul. Était-ce ce qui allait se passer maintenant ? Parlerait-il dans le vide en imaginant Stiles lui lancer une réplique dont lui seul avait le secret ? Son visage s'assombrit légèrement et son cœur se serra lorsqu'il se rendit un peu plus compte que le garçon ne lui lancerait plus jamais de piques. Combien de temps ce sentiment de vide allait-il durer ? S'accentuerait-il avec le temps ? Finirait-il par s'estomper ?
Peter ne voulait pas imaginer le moment où il ne penserait plus à lui. C'était trop tôt. En ce moment, il ne réalisait pas qu'il avait perdu pour de bon l'adolescent qui courait avec les loups.

L'adulte caressa la main de son amoureux. Elle n'avait plus rien de la main chaleureuse qu'elle avait été avant ; à présent elle était froide et Peter avait du mal à la tenir tant la sensation était désagréable.
Quelques minutes passèrent pendant lesquelles Peter resta silencieux, l'esprit vagabondant parmi les souvenirs qui le liaient à Stiles et qui le rendaient plus ou moins heureux.
Puis vint le moment où il dût quitter la pièce et laisser le corps du garçon qu'il avait aimé derrière lui, pour que le shérif, qui venait d'arriver et qui semblait abattu, puisse le voir une dernière fois. Peter était vidé de toute émotion, il n'avait pas envie de pleurer, il n'avait pas envie de hurler sa douleur. Seul le vide le plus total se faisait ressentir au fond de son cœur.

Le loup-garou avait beau avoir des capacités hors du commun, sa moitié humaine lui permettait d'avoir des sentiments. À cet instant-là, il aurait préféré ne pas en avoir du tout. Chaque respiration lui brûlait les poumons, sa tête manquait d'exploser et chaque pas lui faisait mal. Tout ça à cause de la peine qu'il ressentait. Tout ça à cause d'un humain qui avait su le séduire et qui ne passerait même pas le reste de sa vie avec lui.

Alors qu'il venait de sortir de l'hôpital en ignorant royalement Scott et Lydia, il se mit à marcher sur la neige froide déposée sur le trottoir. Ses pensées étaient encore sombre, tristes et tellement profondes qu'il ne vit pas le camion griller le feu rouge au moment où il traversait la rue. Stiles ne fut plus sa préoccupation première pendant un quart de seconde, entre le moment où ses os craquèrent contre le parechoc et celui où il atterrit sur le sol gelé dans un bruit sourd. Il se sentit rouler douloureusement sur quelques mètres, avant d'entendre vaguement des médecins s'attrouper autour de lui pour lui porter secours. Ils lui parlèrent pour le tenir éveiller, mais quelque chose attira son regard ; une petite lumière l'aveugla avant de dévoiler un adolescent debout sur ses jambes, les mains sur les hanches. Peter le reconnut tout de suite. Il n'avait pas imaginé le revoir tout de suite, pourtant la chemise à carreau et le sourire moqueur collé sur son visage lavé de toute blessure lui prouvèrent le contraire.

"-Visiblement, qu'on soit un loup-garou ou pas ne change pas le fait qu'on peut mourir bêtement, lui dit-il en croisant les bras.

Les yeux de l'adulte le fixèrent sans qu'il puisse dire quoi que ce soit, mais ils montraient tout l'amour qu'il ressentait pour lui.

-On peut être ensemble pour toujours, si tu veux, lui proposa l'adolescent avec un air un peu plus sérieux.

Peter agrandit légèrement ses yeux devant la demande. À présent il ne s'occupait plus du tout des gens autour de lui qui s'appliquaient à le garder parmi eux ; seul la proposition l'importait. Stiles lui demandait de mourir pour lui. Il voulait qu'il le rejoigne pour l'éternité. Le loup-garou aurait été fou de dire non, d'abandonner la seul chance qu'il avait de rester avec l'amour de sa vie. De toute façon, à qui allait-il manquer ? Personne ne l'aimait vraiment. Tous ne l'appréciaient que parce qu'il sortait avec Stiles, et encore, il se doutait qu'ils parlaient de lui dans son dos. Derek serait peut-être un peu attristé de le savoir mort, sachant qu'ils avaient une meilleure relation en ce moment, mais ce n'était pas sûr.

-Y a qu'une condition, ajouta le garçon. C'est que tu ne te moque plus jamais de mes chemises à carreaux.

Un grand sourire s'étira sur son visage et il tendit la main vers lui.
Ne pas se moquer des vêtements du jeune homme pour l'éternité allait être dur, mais il ferait un effort. Il était prêt à tout pour rester avec lui.

-Monsieur tout va bien se passer, on va vous ramener à l'intérieur, ne vous inquiétez pas, lui dit une femme médecin qui se voulait être le plus rassurant possible.

Peter essaya de leur dire à tous qu'ils perdaient leur temps avec lui, mais seul du sang sortit de sa bouche alors qu'il crachotait avec difficulté.

-Attends-moi Stiles, pensa-t-il avant de fermer les yeux doucement. J'arrive …"

La douleur se fit de moins en moins présente dans son corps. Il ne voyait plus rien, n'entendait plus grand-chose et ne ressentait plus rien. Était-il enfin mort ? Était-ce ça le paradis ?
Alors qu'il commençait à s'inquiéter, debout dans le noir le plus total, quelque chose toucha sa main. Quelque chose de chaud et agréable. Il sentit des doigts entrelacer parfaitement les siens, comme si l'espace avait été conçu pour eux. Il trembla légèrement, et après avoir pris une grande inspiration, il ouvrit les yeux.


Voilà, je ne suis pas morte, je suis en train d'écrire pour rattraper tous les OS qui m'ont été demandé, j'espère les finir assez vite ! :D

En attendant voici le premier de la longue liste, un StilesXPeter demandé par TenshinNeko (je vous conseille de lire ses fics, elles sont vraiment sympa.)

À très bientôt j'espère ! :D