Hello bambinos ! Je tiens à m'excuser pour cette longue absence. Comme certains le savent déjà, j'ai eu quelques problèmes de santé, et quelques problèmes administratifs liés à ça, qui m'ont fait perdre un temps considérable et éloignée de la fanfiction. Mais me revoilà.

On se retrouve avec un chapitre un peu lent, essentiellement centré sur le point de vue de Lily à Poudlard, mais qui amorce les aventures de James et Al. Et peu importe le côté où ils sont, ils n'ont pas fini de souffrir avec moi. J'espère que vous apprécierez ce chapitre. N'hésitez pas à commenter. C'est important pour l'auteur, ça permet de s'améliorer ;)

Disclaimer : JK I love u. Tu as Harry Potter et son monde merveilleux.

Playlist : AURORA : Winter Bird - M83 : Holes in the Sky

Bonne lecture


Dans le monde il n'y a pas d'un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière et d'ombre en chacun de nous. Ce qui compte c'est celle que l'on choisit de montrer dans nos actes, ça c'est ce que l'on est vraiment.

Harry Potter et L'ordre du Phoenix, Sirius Black.


26 Décembre 2024 :

La salle frémissait à nouveau d'excitation. Trois jours et deux nuits, cela semblait être bien trop de temps à attendre pour les sorciers qui étaient rentré dans la longue pièce comme l'on rentre pour voir une exposition attendue et plébiscité. Parce que c'était exactement ce que ce procès était devenu. On frémissait d'appréhension, et de joie à l'idée de voir trois petits fauves jetés au milieu d'une arène. La comparaison fut si réelle que la Plume à Papote jugea bon de ne pas l'écrire et Rita lui donna raison. Les garnements sous ses fenêtres avaient quelque part raison. Elle n'écrirait que ce que les gens voulaient entendre. Parce que cela payait, parce que le métier de journaliste était devenu ainsi avec le temps.

Au milieu de l'arène, il y avait les trois enfants Potter aussi impuissants que leur père. La dernière née ne cessait de jeter des regards vers son géniteur dans l'espoir de recevoir une aide qui ne vint pas. Il était impuissant, et exténué comme le poisson qui nage à contre courant.

Elle ne pourrait pas venir. Bittersweet tenait les rennes du ministère si fermement que s'y opposer était folie.

Hélas, personne ne semblait s'en rendre compte. Un petit sorcier ventru devant Skeeter frappait son ventre en se gaussant de la situation, le procès était médiatisé au delà de la recherche du substitut de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Rita ne voyait hélas pas ce qu'il y avait d'amusant. Ce même petit homme replet qui se moquait de ce procès en sous entendant que quelque part, Voldemort n'était pas une menace parce que l'on entendait pas parler de lui pour l'instant, craignait de prononcer le nom de celui-ci. Là où la sorcière aurait pu pointer l'ironie, c'était qu'en effet ces gamins étaient médiatisés, au delà de toute attente et leur père qui avait vécu cela et avait tenté de les protéger, était impuissant.

Sorcière Hebdo, Sorcier Viril, La Gazette, L'étoile Filante, Le Sang-tier Sorcier, tant de journaux de bords différents, de lecteurs et d'ambitions divergents, s'acharnaient sur les mêmes personnages. Seul le Chicaneur tenu par le vieux Lovegood tentait encore quelque part de conserver sa pointe de folie dans l'affaire en imputant tout cela au Ronflak Cornu. Sottises.

Bittersweet, de sa démarche de vieillard branlant, monta l'estrade pour y siéger. Rita ne se trompait-elle pas en remarquant qu'il avait l'air plus fatigué que d'habitude ? Son air d'aigle fondant sur sa proie s'était amoindri. Peut-être que Granger-Weasley durant les congés du réveillon en avait profité pour assaillir le vieux sorcier de nouveaux dossiers sur les Elfes ?

La chroniqueuse leva les yeux au plafond qui était fort sombre et fort morne, rappelant déjà la prison, puis se concentra sur le rappel des procédures déjà effectuées.

—James Sirius Potter, Albus Severus Potter, Lily Luna Potter, vous comparaissez de nouveau devant ce tribunal pour poursuivre l'utilisation de séquences mémorielles dans le but de comprendre votre liaison avec le retour d'une substance portant les traits de Tom Jedusor, anciennement connu sous le titre de Lord Voldemort.

La salle frémit légèrement à la mention du nom tant redouté. C'était la première fois que le Ministre prononçait le nom maudit quand bien même vingt-six années fussent-elles passé. Il parut s'en mordre les doigts puisqu'en se rendant compte de sa méprise, il s'affala un peu plus profondément dans son fauteuil.

—Quoi qu'il en soit, reprit Percy Weasley en lorgnant le ministre du coin de l'œil. L'utilisation de ces séquences nécessaires sera par l'accord de nos aurors experts en légilimencie, plus codifié tant que nous aurons votre entière participation jeunes gens.

—Ce qui veut dire ? demanda froidement James Potter à son oncle.

—Cela signifie, qu'après concertation, votre audition sera plus… humanisée. Vous aurez le droit d'interrompre le sortilège de légilimencie, si vous jugez que les aurors vont trop loin. Vous avez su nous persuader, et nous amener jusqu'ici. Afin de vous préserver et ainsi continuer ce procès dans les meilleures conditions possibles.

—C'est trop aimable, grinça l'aîné.

Quelque chose avait changé, songea Rita en regardant les acteurs de cette pièce tragique. Oui, la façon du Sous-Secrétaire d'État de regarder ses neveux, ainsi que ces derniers regardant, père et mère avec quelque chose de nouveau au fond de leurs prunelles. Quelque-chose s'était produit.

Lily Luna Potter en tous les cas commença à trembler, son visage qu'elle voulait tant garder impassible se tordit d'anxiété.

—Lily, tu dois continuer, lui ordonna presque son frère. Ils veulent savoir, donne-leur satisfaction.

James Potter grinçait tant que cela en devenait délicieusement insupportable.

La jeune fille finit par hocher doucement de la tête, et l'auror s'approcha d'elle. La petite rousse avala sa salive de travers.

Legilimens.

oOo

—La Hollande te manque ? demanda un soir Antonin.

Lily arrêta de gratter le papier un instant en levant les yeux vers le garçon. Ils étaient pratiquement seuls dans la bibliothèque. Celle-ci commençait à se vider doucement et avec cette même lenteur, la jeune fille menaçait de s'endormir. Un étouffant devoir de sortilège dont elle n'arrivait pas à se dépêtrer l'emplissant d'un ennui profond et le manque de nouvelles de ses frères produisant en elle un stress intense, étaient un cocktail assez détonant dans sa capacité à se concentrer.

Al et James étaient partis le matin même de leur entrevue avec Dumbledore. Ça, elle l'avait appris lorsqu'elle était venue leur hurler dessus pour leur trahison et avait trouvé la cabane vide. Le vieux professeur de métamorphose avait confirmé ce constat par la suite, en l'invitant à continuer sa vie scolaire sans se soucier du reste.

Elle se retrouvait donc là, ce soir comme tant d'autres depuis déjà deux semaines à travailler conjointement avec Dolohov. Le garçon s'était légèrement rapproché d'elle au bout de ces longues soirées de rattrapage. La jeune fille n'aurait sut dire si elle était gênée de cela, ou au contraire flattée. Flattée que ce garçon un peu timide mais attachant ait du plaisir à discuter et s'asseoir avec elle après les cours. Elle avait même été surprise de le voir un jour s'asseoir expressément en face d'elle dans la Grande Salle en souriant sous ses petites cicatrices de boutons. Cette habitude s'était par la suite poursuivie, et la rousse éprouvait un attachement certain envers ce garçon.

Et comme toujours, la curiosité d'Antonin l'emportait sur sa timidité.

—Si… la Hollande me manque ? répéta-t-elle. Non. Elle ne me manque pas.

—Parce que tu te sens bien ici ?

—Pas vraiment, mais… ce que j'ai quitté, je ne sais pas si j'ai envie de le retrouver.

—Je vois, soupira l'adolescent.

—Et toi ? Tu es bien ici ? demanda Lily tant pour détourner la conversation que par intérêt.

Poudlard lui rappelait de mauvaises choses. Elle ne pouvait pas entrer dans un cours de sortilège sans être prise de sueur, et plus ironique encore, elle éprouvait de grandes difficultés à réaliser ses devoirs en retard dans cette matière, comme ce soir. Gutters avait semblait-il été un professeur remarquable dont Lily aurait bien eu besoin des explications.

—Moi, je n'ai pas envie de quitter ce qu'il y a ici. J'adore Poudlard. C'est puéril mais dans trois ans, je serais adulte, j'aurais la fortune de mes ancêtres à gérer, leurs affaires, une femme à épouser, un foyer à fonder. C'est effrayant tu ne trouves pas ?

—Oui. Très. Mais la majorité ne signifie pas pour autant que tu seras adulte, tu sais.

Rien qu'à voir James, des chiffres ne façonnaient pas un homme, pensa-t-elle, déçue.

—C'est ce qu'Anthony ne cesse de me dire, fit Antonin songeur. Les gars tentent de ne pas y penser pour la plupart. Mais il n'empêche que dès que nous aurons mit le pied hors de Poudlard, nous serons happés avant même de nous être rendus compte de ce qu'il se passe.

Anthony Nott, cousin au troisième degré d'Antonin, était proche de lui depuis l'enfance. Ils étaient nés à deux jours d'intervalle, et quand il avait fallut leur donner un nom ce fut naturellement que les mères se tournèrent vers un ancêtre commun pour les nommer ainsi. Proches jusqu'au nom, et aussi sot que pouvait bien être Nott par ses remarques acerbes, il semblait prendre soin de son cousin en le rassurant.

Elle se rendit compte que quelque part, Antonin lui faisait de la peine. Ses préoccupations telles que fonder un foyer, subvenir au besoin d'une famille, étaient bien lourdes à penser à quatorze ans. Mais, à seize ans, Lily se retrouvait dans ces soucis-là. Son foyer lui avait été arraché, mais elle tentait d'aider sa famille, enfin celle qui lui restait, en les personnes de ses égoïstes aînés.

—C'est très personnel comme conversation, se rendit compte Lily.

Il lui confiait ses craintes alors qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques semaines et tentait de lui poser des questions sur elle au passage. Sa curiosité et son ouverture étaient plutôt déstabilisantes.

—Je sais. Mais tu es de sang mêlé, alors j'imagine que tu peux écouter sans juger. Un peu comme Tom.

Lily se rebiffa en replongeant son nez dans son livre de sortilège. Parler d'ouverture était encore un peu prémédité. En apprenant qu'elle était sang mêlé, le blond lui avait maladroitement laissé entendre qu'il était un peu plus élevé qu'elle. La rousse n'était pas sûre qu'il comprisse lui même la porté et la dureté de ses paroles tant il semblait naïf. Cette hiérarchie, il n'essayait jamais de lui imposer autrement que par une ou deux remarques pataudes qu'elle ne relevait pas, néanmoins vexée.

—Tu peux m'aider avec cet exercice de sortilège, Pieters ? quémanda ensuite Antonin en se reconcentrant sur son livre qui était le même que Lily à deux années de différence.

—Je suis très nulle en sortilège.

—Raaah, le professeur Nell pose les pires exercices qui soient.

—Dumbledore n'est pas mal non plus, remarqua la rousse avec une pointe de cynisme.

—Tu l'as dit. Aaaaah Tom, on parlait de toi il n'y a pas deux minutes ! Je t'en supplie aide-moi pour ce devoir, je dois le rendre demain.

Lily tourna la tête, Tom Jedusor semblait se dissimuler dans l'obscurité d'un rayonnage, un sac vide en bandoulière contre sa robe de sorcier. Lorsqu'il s'aperçut qu'on le voyait, ses yeux exprimèrent le plus grand agacement et il feignit de ne rien avoir entendu.

—Tom ! Je t'en prie ! T'es de loin le plus fort de notre promotion !

—Demande à Pieters, je suis occupé, répondit le brun calmement mais l'on pouvait voir que discuter à cet instant l'ennuyait.

—Elle est nulle en sortilège !

Les yeux noirs de Jedusor tombèrent sur elle comme une cascade glaciale et Lily fronça les sourcils en tentant de soutenir ce regard étonnement agressif. Elle n'y parvint que quelques secondes avant de devoir abandonner.

—Je suis… occupé. Pas maintenant.

Ou il semblait attendre que chose, en disparaissant à nouveau dans l'obscurité d'un étalage. Lily vit un instant le regard de l'adolescent se porter vers la bibliothécaire tandis que Dolohov chuchotait à qui mieux-mieux son désespoir. Il observait la bibliothécaire qui rangeait des livres et se dirigeait vers la réserve clef en main.

Un énorme fracas retentit alors à l'autre bout de la bibliothèque. D'un coup d'un seul plusieurs étagères se fracassèrent ensevelissant sous une avalanche de livre deux élèves encore présents à travailler. Effarée, la vieillarde trottina pour rejoindre les lieux du crime, car c'était un crime. Peeves l'esprit frappeur, une calotte ridicule sur sa tête de gnome, s'échappait en ricanant pour se joindre à la confusion qu'il avait créée.

—Par Merlin ! Ne bougez pas, ces livres sont plus précieux que vous, s'exclama la vieille femme aux élèves ensevelis qui gémissaient.

Et là, Lily se rendit compte que la bibliothécaire avait laissé la grille de la Réserve ouverte. C'était trop tentant. Ce qu'on lui avait interdit d'accès était désormais à portée.

—Je reviens, marmonna-t-elle à Antonin avant de se glisser entre deux rayons pour se faufiler jusqu'à l'entrée de la réserve.

Elle franchit la grille sombre entrouverte, et d'un lumos faiblard éclaira les livres mis à sa disposition. C'était une chance qu'elle ne pourrait jamais ressaisir, et Lily le savait.

—Tu ne perds rien pour attendre Peeves ! s'offusquait la vieillarde. Le Directeur va en entendre parler ! Et Apollon Pickett aussi !

Sur ces entrefaites, Lily s'enfonça plus profondément dans l'immense couloir tenant lieu de Réserve, l'endroit était si sombre et les étagères pleines de livres si hautes qu'elle se sentit oppressée, en sachant que le probable retour de la bibliothécaire incessamment sous peu n'aidait pas. Elle murmura un sort d'attraction sur la couverture d'un livre prometteur et le glissa dans sa robe de sorcier, puis un autre. La rousse ne savait pas exactement ce qu'elle prenait, dès que magie étrange, puisque son retour dans le temps était étrange, et temps étaient mentionnés, elle s'empressait de les prendre. Bientôt trois livres vinrent bomber sa robe et elle les réduisit à la taille de calepin. Alors que la jeune fille allait sortir satisfaite de son vol, elle buta contre une forme sombre. La bibliothécaire ? Que nenni, elle criait encore contre l'esprit frappeur gloussant qui continuait à envoyer moults livres sur les infortunés élèves.

—Bon sang, siffla une voix que Lily reconnut.

Un lumos de la part de l'autre lui confirma qu'il s'agissait de Jedusor. L'agacement prit place sur ses traits juvéniles lorsqu'il la reconnut, puis la surprise en constatant ses vols. Les mains du serpentard étaient elles-mêmes pleins d'ouvrages poussiéreux. Ils se dévisagèrent une seconde sans mot dire, puis mût par le même pressentiment, ils ressortirent sans mot dire de la Réserve. Avec raison, la vieille bibliothécaire, une minute à peine plus tard, referma la grille d'un coup sec, les étagères réparées, et Peeves chassé. Elle ne se rendit absolument pas compte qu'il manquait des ouvrages dans ce lieu qu'elle gardait jalousement.

Tom Jedusor eut juste le temps de glisser son méfait dans son sac en bandoulière, au moment où Antonin arrivait.

—Mais vous étiez passé où tous les deux ? J'ai besoin d'aide, je t'en prie Tom. Je peux même t'aider à mon tour si tu es occupé !

—Non. C'est bon. Je vais t'aider rapidement.

Parce que ce pourquoi il était occupé s'était effectué dans les règles de l'art. Jedusor avait demandé à Peeves et Merlin savait comment il avait accepté de distraire la vieille pie, le temps qu'il dérobe des ouvrages. Il ne s'était pas attendu à ce que Lily soit sur son chemin et ne cessait de lui jeter des regards en coin. Ce vol pourrait leur coûter cher à l'un et à l'autre et à sa manière de pincer les lèvres et Lily de bouillonner, ils le savaient pertinemment tout les deux.

Sans se rendre compte du malaise, Antonin enjoignit son camarade de s'asseoir près de lui, afin de se faire expliquer la notion mal comprise. Lily se glissa vers son propre sac et dissimula ses vols avant de feindre de continuer son propre exercice de sortilège.

Ce n'était pas probant en tout les cas, elle observa Jedusor et Dolohov. Ce dernier, avait sous entendu que Jedusor était sang mêlé, pourtant, c'était avec une sorte de déférence qu'il traitait le brun. Beaucoup de personnes le traitaient ainsi de toute façon, Tom Jedusor était un sorcier excellent en tous point et lui seul semblait capable de passer au delà de cette hiérarchie de sang, avec un sourire insolent. Lily lui trouvait un air intimidant. A quatorze ans, il imposait un certain respect, rien qu'à sa façon d'être. Néanmoins, ce fut légèrement méfiant qu'il se rendit compte que la rousse l'observait lui et Antonin sans mot dire depuis plusieurs minutes.

—Un problème Pieters ? Désires-tu aussi de l'aide pour ton devoir toi aussi ?

—Non, s'offusqua-t-elle. C'est gentil de ta part Jedusor, mais sans façon.

Elle lui sourit légèrement, et il lui rendit la mimique avec une politesse froide. Si froide qu'elle en frissonna.

—Tu appliques mal cette formule, reprit calmement l'adolescent à son comparse. Le mouvement du poignet pour le sortilège d'attraction est plus souple. C'est l'explication qu'attendait Nell concernant cette question.

—Merci. Je te revaudrais ça, je te le jure.

Tom sourit, manifestement cet accord était entendu en ce sens.

—Lorsque tu m'as interpellé, tu disais parler de moi avec Pieters. En quels termes était-ce ?

—En des termes amicaux, répondit Lily aussi sec alors que Dolohov rougissait mal à l'aise. Mais je crois que tu n'es pas le seul dont l'on parle dès lors que l'intéressé a le dos tourné. N'est-ce pas ?

Antonin rougit encore plus. Extrêmement mal à l'aise. Il n'avait pas voulu que ce qu'il avait confié à Lily ne sorte, mais c'était trop tard. Lily n'avait pas pu se retenir. Le blond grimaça, gêné de se retrouver entre deux feux et au lieu de s'énerver comme elle s'y attendait, Jedusor sourit légèrement.

—Oui, je te trouve plutôt intéressante, j'ai parlé de toi à Dolohov ici présent, Dolohov te parlait de moi, ma foi, voilà une bonne chose de faite.

Ils se sourirent à nouveau d'une façon horriblement fausse que Lily exécrait, et quelque part Antonin dû y voir une certaine tension puisqu'il rangea rapidement ses affaires.

—Je te vois demain au petit déjeuner Pieters. Bonne soirée Tom, chuchota-t-il encore très mal à l'aise.

Lily le salua de la main, préférant le silence aux récriminations tempétueuses de la bibliothécaire, puis reporta son attention sur Jedusor. Ses longs doigts finement croisés sous son menton semblaient agités de tics. Dans ses deux orbes noires, la rousse parvenait à peine à lire ses émotions tant, il était froid, mais néanmoins, la méfiance et l'intérêt parurent se disputer une étincelle. Il se leva brusquement, et Lily ne tarda pas à faire de même, leur sac respectif anormalement gonflé alors qu'ils quittaient la bibliothèque. Le couvre feu était pour bientôt, la nuit était sombre et au milieu de ce mois d'octobre, Lily avait encore plus froid. Les couloirs étaient déserts et Jedusor ralentit le pas pour marcher à son niveau.

—Quels livres as-tu prit ?

—Je pourrais te poser la même question, Jedusor. C'est à toi que l'on doit cette bévue impromptue de Peeves, n'est-ce pas ? Que lui as-tu proposé pour qu'il accepte et ne te dénonce pas ?

Je pose les questions.

—Et j'attends pour ma part des réponses.

—Tu es agaçante, tu en as conscience ?

—Cela nous fait au moins une chose en commun. Jedusor.

Lily le sentit s'agacer encore plus. Son but n'était pas de le provoquer, elle avait bien mieux à faire, et n'éprouvait aucun plaisir à cela, mais l'attitude de l'adolescent la troublait quelque part.

—J'ai pris des livres dont j'avais besoin.

Du moins, l'espérait-elle, car elle avait prit ceux qu'elle avait pu sur le moment.

—J'imagine donc que c'est aussi ton cas.

Elle vit la mâchoire du brun se serrer brusquement. Cette conversation lui déplaisait. Un instant il posa les yeux sur elle et un courant glacé la traversa avec l'impression que toute son âme était à fleur de peau. Lily prit peur et recula pour se retrouver acculée à un mur de ce petit couloir sombre. L'expression froide de Jedusor s'était muée en quelque chose de bien plus féroce, à mesure qu'il avançait vers elle. Submergé par l'agacement puis par la méfiance, il avait laissé un instant un autre visage suppléer le sien si calme. Et ce visage là, Lily en eût peur.

—Mr Jedusor ? Miss Pieters ? Que faîtes-vous ici à cette heure, par cette froide soirée ?

Il reprit contenance, en observant Lily apeurée puis en remarquant la présence de Dumbledore, habillé d'une robe d'un bleu limpide à la lumière de la lune.

—Nous rentrions de la bibliothèque Professeur, répondit-il aussitôt.

Dumbledore ne fut absolument pas convaincu.

—Il est presque l'heure du couvre-feu jeunes gens. Je ne saurais que trop vous conseiller de retourner dans votre salle commune dans les plus brefs délais car Mr Pickett n'est pas loin.

—Nous-Nous y allons, bégaya Lily. Bonne soirée professeur.

Elle emboita à quelques mètres de distance, le pas de Jedusor en sentant le regard bleu du professeur de métamorphose tracer une cible parfaite entre ses omoplates. Elle se sentit prise en sandwich entre les deux sorciers, ne sachant lequel des deux la dérangeait le plus.

Néanmoins, le respect que Jedusor imposait naturellement avait désormais une sombre explication. Il était un sorcier doué, oui, un peu étrange aussi, mais surtout il possédait la capacité de lire dans les esprits. Et cette dernière la fit frissonner. Elle ne s'était jamais sentie aussi vulnérable qu'à cet instant, en dépit du fait qu'il ne s'était pas aventuré loin.

—J'espère que tu auras l'intelligence de rester discrète à propos de la bibliothèque, reprit-il sur un ton volontiers plus doucereux. J'imagine que ni toi ni moi ne voudrions que cela ne se sache… n'est-ce pas ?

—...Tout-à-fait.

Ses frères auraient dû être là, ou elle aurait dû être avec ses frères. Ils auraient su quoi faire, car Lily avait vu sa peur momentanée se trouver suppléer par un regain d'intérêt envers le jeune homme qui marchait devant elle manifestement satisfait de la pression qu'il lui avait mise. Quelque chose d'indescriptible lui noua les tripes.

.

.

—Hey Pieters.

Dolohov frappa ses deux mains ensembles pour que Lily émerge de sa transe. Elle qui jouait négligemment avec ses œufs au bacon dans son assiette vit le blond s'asseoir à côté d'elle.

—Tu devrais dormir, remarqua-t-il ensuite, tu as une tête de déterrée.

Et il n'avait pas tort. Forte de ses nouvelles acquisitions, Lily avait passé une nuit blanche à consulter les ouvrages volés à la lueur de sa baguette. Et un coup d'œil à Jedusor aussi cerné qu'elle, lui indiqua qu'elle n'avait pas été la seule à ne pas trouver le sommeil. Antonin suivit son regard et lâcha finalement :

—Ce n'était pas très subtil de ta part ce que tu as dit hier soir. Tom n'aime pas que l'on parle de son sang, mais il aime que l'on parle de lui. Simplement, ce qu'il se passe dans notre dortoir reste à la limite du privé. Je t'en ai parlé parce que j'avais confiance en toi.

—Je suis désolée. C'est sorti plus vite que je ne l'escomptais. Je ne voulais pas te mettre dans une situation délicate. Est-ce que tu as peur de Jedusor ?

—Non ! se rebiffa automatiquement Dolohov. Je… je le respecte. C'est mon ami, il me confie des choses comme je t'en confie à toi.

—Tu me considères comme une amie ?

Le blond rougit quelque peu.

—J'imagine. Comme je te l'ai dit, d'habitude les filles sont distantes avec les garçons. Alors ça change un peu, et tu es sympathique pour une sang mêlée.

Arg.

—Enfin, reprit calmement Dolohov en prenant tranquillement le toast parfaitement beurré que Lily allait entamer. Je ne peux pas dire que les filles de ton année, soient froides avec les garçons, rien qu'à voir Bulstrode, Crabbe et Black…

Il frissonna.

—Tu as peur de Walburga ? se surprit à se moquer Lily.

—Je n'ai peur de personne !

—Tu devrais, susurra une voix derrière son oreille.

Walburga qui avait semblé transplaner à leur côté au moment où son nom avait été prononcé, s'était glissée entre eux, autant que la largeur de ses hanches de femme bien faite le lui permettait pour souffler dans l'oreille de l'adolescent. Le blond blêmit, tandis que Nott, lui aussi amusé s'asseyait en face de Lily.

—Tu devrais me craindre mon petit Antonin. Anthony et moi nous amusions bien à te poursuivre avec des œufs de crapauds quand nous étions enfants. N'oublie jamais que je lance les œufs encore mieux que cette bécasse de McGonagall.

Lily avait été tout simplement de choquée de savoir celle qui serait la directrice de Poudlard un jour, jeune et surtout poursuiveuse de Griffondor. Si elle n'avait pas porté le prénom Minerva, la rousse n'aurait probablement jamais fait le lien. Walburga ricanait en engloutissant son porridge, amusée de sa propre taquinerie. Enfants, il semblait qu'Orion, Walburga, Anthony et Antonin aient joué ensembles au profit des amitiés de leurs parents respectifs. Et sur ces souvenirs, une innocence nouvelle gravait leurs traits que la jeune Potter trouvait si durs.

—Peuh, grogna Antonin. Tu n'oserais pas, tu es une grande fille.

—Je peux bien tirer les oreilles d'Orion, alors t'embêter ne me poserait aucun souci. Je te l'ai déjà dit ce matin Lina, mais tu as une tête affreuse. Autant il y a un mois tu ne travaillais pas assez, autant maintenant tu t'éreintes.

Lily leva le nez de ses œufs massacrés. Walburga et les autres se montraient bien plus amicales depuis qu'elle avait tenté de mettre les choses au point. Et si au fond elle ne désirait pas leur amitié car cette époque n'était pas la sienne, elle trouvait cela très réconfortant.

—Je te remercie de cette sollicitude. Mais je vais bien, je me rattraperais en sommeil ce soir.

—J'espère bien. Slughorn t'a à l'œil.

Oh oui. Et Charlus Potter aussi. Son arrière grand père ne semblait pas trop savoir s'il devait lui montrer du mépris ou de l'indifférence. Il hésitait quelque part entre les deux, mais quelque part dans le mépris, se trouve l'attention et les cours de potions étaient devenus insupportables.

Ses pensées furent interrompues lorsque une nuée d'oiseaux de toute sortes pénétrèrent subitement dans la Grande Salle apportant paquets ou lettres aux élèves présents. Lily eut la surprise de voir deux lettres tomber dans son jus de citrouille, apportées par une chouette harfang au regard impérieux. Elle se saisit de la première. James, elle reconnut l'écriture incisive et tranchante de son aîné.

« Salut. On est en France.

J'ai mangé des cuisses de grenouilles et des escargots. Devine quoi ? Ça craint.

Prend soin de toi.

J »

C'était tout ? Tout ce que James après un départ précipité et deux semaines de silence pouvait écrire ? Trois lignes à peine ? Lily eut une furieuse envie de hurler et si le parchemin ne lui avait pas été retiré in extremis, elle y aurait sans doute mit le feu.

—Rend moi ça s'il te plait, demanda-t-elle à Walburga qui avait saisit le papier.

—De qui ça vient ? questionna Dolohov en tendant le cou tant pour intriguer auprès de Black que pour tenter d'apercevoir la seconde lettre.

—Ça vient de mes frères. Donne.

—Tu ne m'as pas dit que tu étais sans famille ? l'interrogea la brune avec une indélicatesse que la rousse ne lui connaissait pas.

—Mes parents sont morts, pas eux. Rend-moi cette lettre maintenant.

Walburga grimaça mais consentit à lui rendre son bien. Elle se leva, vexée sous le regard moqueur de Nott. Ah, si lui pouvait partir dans un même temps, Lily n'aurait pas dit non. À la place, elle se mordit la langue. Elle n'avait pas voulu la vexer. Mais pourquoi les sentiments de ces gens qui étaient dans l'époque de ses ancêtres, l'intéressaient-ils ?

—Je suis désolée, dit-elle et Walburga lui adressa un signe froid avant de s'attabler avec une cinquième année, Sally Parkinson.

—Quel talent Pieters, applaudit Nott. Wally risque de t'en vouloir pour toute la journée.

—Oh toi, tais-toi donc, rétorqua aussi sec Dolohov.

Le rougeaud plissa les yeux, lui donnant un air étonnement porcin.

—Ah c'est comme ça Antonin ? Une sang mêlée ? Tu me déçois.

Et il ne tarda pas à quitter la table, une tranche de pain entre les lèvres, pour son prochain cours. Rosier et Mulciber qui à quelques mètres de là avaient assisté à la scène, se gaussaient grassement. Lily ne leur prêta aucune attention. Elle avait eu ses parents, ils étaient morts, ses frères, ils étaient partis, et les maigres relations qu'elle nouait, tantôt se désagrégeaient en lui donnant l'impression horrible de barboter dans de l'écume. Et il y avait Jedusor qui ne prononçait pas un mot en observant sa petite cour se chamailler.

—Je suis désolée. Tu n'as pas à me défendre ni à choisir entre moi et tes amis.

—Je sais, haussa des épaules l'adolescent. Ils n'ont qu'à pas me faire choisir. Mais tu as intérêt à faire plus attention à l'avenir. Il pourrait t'en cuire, Pieters.

L'affaire semblait entendue. Lily lui sourit et quitta la table. Elle finit par trouver un escalier libre pour déplier la seconde lettre d'Albus. Son excitation retomba lorsqu'elle se rendit compte que son frère avait codé ses mots. Il lui fallut, à bout de patience trouver le sort dissimulé dans la tranche du papier pour pouvoir en lire le contenu. Ingénieux, si elle avait lu cette lettre en premier, personne ne l'aurait comprit, quand bien même lui eût-t-on volée.

« Li

Je te fais parvenir une lettre rapidement car je sais que le crétin (James, comprit Lily) est en train d'en rédiger une à côté de moi en vomissant tripes et boyaux. Je ne sais pas ce qu'il a prit, mais dans le doute je jetterais un sortilège de nettoyage à sa lettre.

Nous sommes actuellement en France, dans un petit village au nom imprononçable, je te l'écris donc Carcassonne. Au delà du nom, il se trouve que le fort de ce village moldu détient l'une des bibliothèques sorcières les mieux fournies qui soient. Dumbledore ne nous a pas vraiment aiguillé sur ça, il nous a chaudement ou froidement tout dépend de la façon dont l'on prend son ton, enjoint de ne pas quitter le pays. Dommage, l'abruti (toujours James, s'exaspéra Lily) s'est souvenu de discussions avec la tante Fleur et m'a jeté avec lui dans la première cheminée venue. Je n'ai jamais autant crié sur lui, je crois. Enfin, il est trop tard pour retourner sur nos pas. Nous cherchons à entrer dans le château et trouver la bibliothèque cachée, des moldus allemands en gardent l'entrée et si tu voyais leur tête tu te dirais qu'il ne faut pas les contrarier.

Je pense que nous sommes en bonne voie. Dumbledore nous a contacté par miroir l'autre soir, il est satisfait de toi et nous ordonne en demi teinte de revenir rapidement au pays. Apparemment la Réserve ne pouvait pas convenir à nos attentes n'est-ce pas ?

Prend soin de toi.

Je m'occupe de l'abruti.

Al. »

Lily rangea la lettre dans sa robe et se hâta le cœur un peu lourd vers son cours de Botanique. Peu de serpentards y assistaient et majoritairement des filles. Cordelia et Walburga par exemple. Une poufsouffle Pomona Chourave attendait religieusement le début du cours que le professeur Orcheus Bouturet préparait en faisant léviter au dessus de lui des plantes dangereuses pour les placer correctement.

Lily se mit en face du tréteau de bois, en face de Walburga qui ne lui adressa pas un regard hostile, mais non plus amical, juste largement agacé. Elle avait le chic pour agacer les serpentards, songea-t-elle en se rappelant de Tom Jedusor, frissonnante. L'idée qu'il fut en mesure de lire son esprit depuis le début était à la fois terrorisante mais fascinante. Avait-il appris quelque chose ? Savait-elle qu'elle venait du futur ? Il était fort et intelligent bien que froid et manipulateur. À sa façon, il lui rappelait ses deux frères. Fort et puissant comme James et subtil et rusé comme Albus. Sur cette pensée, elle tendit le pot contenant de l'engrais à Walburga qui peinait à se dépêtrer d'un filet du diable particulièrement excité.

—Saleté, je déteste ces choses-là, grogna la jeune Bulstrode. Mère m'avait prévenue, cette matière est inutile après les BUSEs.

Ce à quoi la jeune Chourave répondit d'un regard outré pour que l'on insultât ce qui semblait être sa matière de prédilection. Bouturet ne sembla pas se rendre compte et poursuivit ses explications. Walburga elle préféra en finir avec l'atroce plante grimpante qui lui enserrait le bras depuis quelques minutes en se dégageant sèchement. Ou du moins ce fut ce qu'elle tenta de faire puisqu'ayant une proie à porté, le filet ne sembla pas prêt à la lâcher et plus elle se débattait, plus l'emprise dans la plante se resserrait. Bientôt elle fut littéralement happée, et une serdaigle Betty Flibus se mit à hurler. Lily s'empressa de retirer le parasoleil protégeant l'arbuste qui sembla pousser un cri en libérant la jeune Black de son emprise.

Lorsque Walburga émergea, sa coiffure n'avait rien à envier au filet qu'elle venait de quitter. Elle rougit de honte.

—Bons réflexes Pieters, bons réflexes, fit morne, le professeur de Botanique. Vingt points pour Serpentard. Maintenant remettez le parasoleil avant que mes filets ne soient réduits en poussière. Plus de vigilance Black.

Walburga regarda Lily qui lui souriait conciliante, et arrangea sa coiffe désormais ridicule sans prononcer de merci.

—Tu sais, parfois je n'arrive pas à te comprendre Lina.

—Moi non plus je n'arrive pas à me comprendre, tu sais ?

Ni comprendre ses frères, ni tant d'autres choses.

Walburga leva les yeux au ciel. Cordelia, indifférente, attendit la sonnerie pour tirer avec elle Lily.

—Allons bon, ce n'est pas tout ça, et si nous allions en divination très chère ? J'ai absolument de tes lumières pour bidouiller une lecture de thé à peu près potable.

Lily ne pensait pas que la situation était vraiment réglée avec la jeune fille, alors que Bulstrode la tirait avec elle, mais pour autant, la situation ne serait arrangée que lorsqu'ils rentreraient chez eux à leur époque.

Si ses frères étaient proches de trouver quelque chose, elle aussi, de son côté pouvait mieux aiguiller ses recherches.

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J'espère que ce chapitre vous a plus.

N'hésitez pas à commenter, critiquer. Merci pour vos lectures elles me font très plaisir.

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La chauve souris requin transgénique