Désolée pour le délai concernant ce dernier chapitre, mais je dois dire qu'il m'a fait pas mal galéré. En le relisant une dernière fois avant de le poster, j'étais définitivement pas satisfaite, alors j'ai tout effacé sur un coup de tête (oui, il m'arrive parfois d'être un poil excessive XD ) Mauvais plan, le réécrire n'a pas été des plus simples. Et le pire dans l'histoire c'est que j'en suis toujours pas satisfaite, mais bon si je m'étais lancée dans une nouvelle rédaction, vous l'auriez eu pour Noël prochain certainement, donc on se contentera de ça^^

Merci à tous de m'avoir suivie sur ce coup-là, tous vos messages ont été une grande source d'inspiration et il ne me reste plus qu'à vous dire à la prochaine :) Très vite à n'en pas douter ;)

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Les baisers se succédèrent, intenses, profonds, tandis que les deux hommes reprenaient leurs marques. C'est ainsi tendrement blottis l'un contre l'autre que la pluie les surpris. Se séparant, ils levèrent la tête pour découvrir un ciel sombre, zébré d'éclairs tandis que l'orage s'intensifiait. Ils se prirent par la main, quittant leur petit cocon pour courir vers la maison, riant comme des enfants alors que leurs vêtements se détrempaient.

Sans prendre le temps d'hésiter, ils entrèrent à l'abri, traversèrent le hall et filèrent à l'étage. Ils se retrouvèrent finalement dans la chambre du détective. Un instant, malgré l'inconfort de leurs tenues, ils se fixèrent, cette fois un peu intimidés. Deux amants qui venaient tout juste de se réconcilier n'avaient qu'une chose à faire dans l'intimité d'une chambre, ils savaient parfaitement à quoi s'en tenir. Ils en avaient d'ailleurs terriblement envie autant l'un que l'autre, mais après toutes les récentes difficultés traversées, cette union des corps avait un parfum d'absolu. Franchir ce dernier pas signifierait ensuite nul retour en arrière, parce ce ne serait plus envisageable. Cela faisait peur d'une certaine manière, mais c'était également excitant. D'ailleurs, leur vie à deux n'avait jamais été sans risque.

Après un accord silencieux, ils entreprirent d'un même geste de se débarrasser un à un de leurs vêtements devenus désagréables tant ils étaient mouillés. Et lorsqu'ils furent entièrement nus, ils se rapprochèrent l'un de l'autre, John se blottissant dans les bras de son homme, se frottant lascivement à lui.

« On n'est pas obligés John, glissa Sherlock, la bouche contre son oreille. On peut parfaitement enfiler d'autres habits et redescendre. On peut parler. »

Le médecin secoua fermement la tête en souriant, appréciant la caresse de leurs deux peaux humides.

« Je ne veux plus parler. J'ai envie de toi Sherlock. Tellement envie… »

Le détective n'avait pas besoin qu'on le lui dise deux fois. Tandis que ses doigts se perdaient au creux des reins de son compagnon, il l'embrassa voracement, avant finalement de laisser sa langue glisser sur son visage, léchant les gouttes de pluie qui n'avaient pas encore séché. John se laissait faire sans bouger, des soupirs de contentement lui échappant régulièrement. Comment avait-il pu croire un seul instant qu'il était capable de vivre sans cet homme ? L'envisager seulement avait été une connerie. La plus grosse de sa vie sans nul doute, mais on ne l'y reprendrait plus désormais.

Après cette ultime réflexion, il passa les bras autour du cou de son homme, enfouissant ses mains dans les boucles sombres, se serrant davantage contre le corps chaud. A cet instant il ne songeait plus qu'à son plaisir, qui se faisait plus intense à chaque instant. Il sentait les mains et la langue de Sherlock sur chaque parcelle de sa peau et cela le rendait fou. Le cadet le connaissait si bien, savait exactement comment le faire vibrer.

« Allonge-toi et laisse-moi faire », murmura Sherlock à son oreille avant des s'écarter.

John obtempéra de bon cœur, s'interrogeant tout de même sur la suite. Son compagnon n'était que rarement démonstratif, y compris dans ces moments tellement intimes. Mais aujourd'hui les circonstances étaient si différentes que c'était presque normal que Sherlock agisse différemment lui aussi.

Las de se prendre la tête pour des détails finalement sans importance, le blond fixa son regard sur son homme, qui lui-même le regardait d'un air vorace, ses yeux brillant d'une lueur tellement intense qu'elle en était presque inquiétante. L'instant d'après il l'avait rejoint sur le lit. John se cambra sous les caresses qui ne tardèrent guère à reprendre.

Sherlock n'était pas très à l'aise avec les mots, guère plus avec les marques de tendresse. Donner du plaisir à son compagnon était finalement ce qu'il faisait le mieux et, même si c'était maladroit dans ces circonstances, il ne voyait pas d'autre moyen pour le rassurer sur son amour. Alors il y mit tout son cœur, ce qui n'était pas un grand sacrifice.

Sa langue allait et venait sur le torse de l'aîné, sa main s'égarant sur son entrejambe déjà tendue. Ce corps, doux et tellement réceptif, lui avait cruellement manqué, de même que les gémissements de John, son John. Son propre plaisir était bien dérisoire au regard des sensations qu'il savait faire naître chez lui. D'autant qu'à ce sujet le médecin était plutôt expansif.

Sherlock prit tout son temps pour titiller da sa bouche coquine un téton puis l'autre, tandis que John, guère avare en manifestation vocale, se cambrait, les yeux clos, définitivement abandonné. Et le détective y allait de bon cœur, léchant à présent son ventre, ses hanches, ses cuisses même, les frustrant autant l'un que l'autre à s'approcher tout en prenant soin d'éviter cette érection qui réclamait pourtant toute son attention.

« Sherlock… »

L'interpellé dut redresser un instant la tête pour s'assurer que c'était bien son compagnon qui avait parlé tant sa voix était rauque, déformée… Il se prit à sourire à cette vérification totalement absurde tandis qu'un immense sentiment de fierté s'insinuait en lui. John ouvrit alors des yeux enfiévrés et à cet instant ce ne fut plus de la fierté qu'éprouva Sherlock mais plutôt de la culpabilité.

S'écartant brusquement, il alla se réfugier au bout du matelas, tirant au passage le drap malmené pour s'en recouvrir. Pris de court, John se redressa et le fixa avec incompréhension, ressentant subitement une véritable panique.

« Sherlock ? »

Cette fois c'était surtout de l'inquiétude que pouvait relever le cadet dans sa voix.

« Qu'est-ce qui se passe mon amour ? » insista le médecin en voyant que l'autre ne réagissait pas.

Le détective resta immobile et surtout silencieux pendant de longues secondes, avait de se tourner enfin vers lui, une lueur douloureuse dans les yeux.

« On ne peut pas faire ça.

- Quoi ? Pourtant on a déjà bien commencé il me semble.

- J'ai eu tort. »

John sursauta à cette réplique. Depuis quand Sherlock reconnaissait-il ce genre de faiblesse de sa part ? Décidément, cette conversation prenait un tour surréaliste.

« Après ce que nous avons traversé ces dernières semaines, je n'ai pas à te forcer à faire l'amour avec moi.

- Eh, tu ne me forces à rien, le rassura John d'une voix douce en se rapprochant de lui pour le prendre dans ses bras. J'en avais très envie. J'en ai très envie. Ça m'a manqué tout ce temps, et je pensais qu'à toi aussi…

- Ça m'a manqué, confirma le cadet avec un bref sourire éteint, mais ça n'est pas bien important. Je dois apprendre à te prouver les sentiments que j'ai pour toi d'une autre façon.

- A l'avenir fais preuve de petites attentions à mon égard, ça sera bien suffisant.

- Je ne suis pas sûr d'y arriver. »

L'écoutant ainsi douter, John posa sa main sur sa joue et la caressa doucement, plantant ses yeux dans les siens.

« J'ai confiance en toi Sherlock, énonça-t-il lentement. Le simple fait tu vives cette remise en question est la plus belle des preuves de ton amour pour moi. Et si tu en es là c'est que tu vas t'améliorer, je le sais.

- Non ! » s'écria brusquement le brun en se reculant de quelques centimètres.

Ce n'était pas une grande distance, mais à présent ils ne se touchaient plus, c'était ce seul détail qui importait à John, qui lui faisait tellement mal. Il secoua la tête en se mordant la lèvre. Il ne pouvait quand même pas le perdre ! Pas maintenant ! Pas après tout ce qu'ils avaient traversé…

« Sherlock, ne fais pas ça…

- J'ai conscience de ne pas être le petit-ami idéal et je sais que je ne m'améliorerai pas, ce n'est pas dans ma nature. Tu mérites tellement mieux que moi.

- Sherlock…

- Tu vas quitter cette chambre et passer cette dernière nuit seul, comme il se doit. Et demain tu rentreras à Londres, tu récupèreras le reste de tes affaires à Baker Street et tu reprendras ta vie loin de moi. Tu te trouveras quelqu'un de bien, meilleur que moi, qui saura te rendre heureux. Je ne te mérite pas. »

Et devant un John de plus en plus éberlué, le détective se leva, le drap toujours serré autour de lui, et commença à ramasser les vêtements de son amant.

« Va-t'en John ! C'est ce qu'il y a de mieux pour nous. »

L'interpellé secoua la tête. C'était hors de question ! Il avait bien failli perdre Sherlock durant les semaines précédentes à cause de son inaction, son manque de courage. Il ne referait certainement pas la même erreur, pas encore. Une fois n'est pas coutume, Sherlock avait tort et il entendait bien le lui faire comprendre.

« Sherlock arrête de dire des conneries ! »

La voix avait claqué avec hargne, les faisant sursauter autant l'un que l'autre. Mais cela eu surtout le mérite de faire stopper net le cadet, qui le regardait maintenant avec curiosité.

« Viens t'asseoir à côté de moi et tais-toi, » reprit le blond d'un ton à peine plus affable.

A présent qu'il était lancé, rien ne semblait plus pouvoir l'arrêter. Depuis le début de sa relation avec Sherlock, de par ses concessions, il avait toujours eu l'impression de se dissimuler, de ne jamais dire tout à fait ce qu'il avait sur le cœur, et il avait bien failli laisser Sherlock lui échapper à cause de ça. Ce temps était révolu, décréta-t-il. Son compagnon, certainement à cause de sa surprise, l'avait écouté et était revenu s'installer près de lui, le fixant désormais sans relâche. John inspira profondément et se lança enfin, soutenant le regard de l'autre homme sans ciller.

« Oui, tu es un sale con arrogeant incapable de me combler la plupart du temps. En fait, j'ai l'impression que simplement l'idée de me faire plaisir par quelques attention qui font pourtant le lot de tellement de couples te semble inutile, voir ennuyeux. Et souvent je me dis que j'aurais été plutôt inspiré de tomber amoureux de quelqu'un d'autre, n'importe qui… Mais les faits sont là, je t'aime. Tu me fais souvent du mal, trop souvent, mais parfois à de bien trop rares occasions je dois le déplorer, ça vaut la peine. Tu n'as pas le droit aujourd'hui, à cause d'un nouveau caprice ou d'une crise de culpabilité à la con, de me sortir de ta vie. Tu m'entends ? Je ne partirais pas ! Je ne t'abandonnerais pas ! Je t'aime espèce de crétin ! »

Sherlock esquissa un pitoyable sourire. C'était décidément là une déclaration d'amour bien originale, mais l'essentiel avait été dit. Il hocha donc la tête.

« Je ne te mérite pas, se sentit-il pourtant néanmoins obligé d'insister.

- Oui, ça c'est certain », confirma John avec un petit rire.

Petit rire qui devint bien vite contagieux. Sherlock riait rarement, n'en voyant guère l'utilité en temps normal, y compris avec John. Alors cet instant avait un côté irréel que le médecin sut apprécier à sa juste valeur. Lorsqu'il reprit finalement son sérieux, ses yeux étaient baignés de tendresse. Il tenta un nouveau contact avec son homme, posant sa main sur son épaule. Cette fois Sherlock ne songea pas un instant à le repousser.

« Je t'aime chéri, murmura le médecin. Je refuse de te perdre, quoi que tu en dises.

- Je t'aime John. »

Cette fois c'est un sourire radieux qui naquit de concert sur leurs lèvres respectives.

« Et pour l'instant je veux surtout que tu me fasses l'amour, reprit John.

- Mais…

- Ce n'est pas négociable ! »

Il conclut sa phrase par un baiser tout en retirant le drap qui recouvrait encore son compagnon.

Emportés par leur baiser, les deux hommes s'allongèrent et reprirent leurs caresses comme si rien ne les avait interrompus, l'excitation remontant très vite en intensité.

Les gestes de Sherlock avaient perdu cet aspect mécanique qu'ils avaient d'habitude pour n'être que tendres, doux… Il aimait John et voulait se montrer digne de lui. Pour la première fois, ce sentiment était bien plus important pour lui que la montée du plaisir. Il agit avec lenteur, redécouvrant les délices d'une telle étreinte. Il finit par le prendre dans sa bouche en prenant tout son temps, progressant centimètre par centimètre, réapprivoisant cette partie de son anatomie comme il réapprivoisait son corps tout entier, de même que leur amour.

John, pas spécialement contre les nouvelles considérations sentimentales de son amant, était pourtant surtout concentré sur son plaisir à cet intsant, et pas mal frustré par toute cette bienséance. Il avait fait la paix autant avec ses propres sentiments qu'avec ceux de Sherlock, il voulait de l'action à présent. Il enfouit violemment ses doigts dans les cheveux de son compagnon pour lui faire comprendre qu'il en voulait beaucoup plus. Cela n'eut pas vraiment l'effet escompté, le détective s'écartant plutôt de lui. John le fusilla de son regard voilé.

« Pitié, pas d'une autre crise de conscience… »

Sherlock se fendit d'un petit sourire amusé en remontant à sa hauteur tout en s'installant entre ses cuisses. Il posa ses lèvres sur les siennes, sa langue rejoignant sa comparse tandis que sa main glissait entre leurs deux corps unis, se posant sur leurs érections. Le contact de leur chair tendue avec la paume chaude électrisa John. Rompant le baiser, il rejeta la tête en arrière en grognant de satisfaction. La bouche de Sherlock descendit dans son cou, mordillant sa peau, le faisant gémir de plus belle. La main de John rejoignit celle déjà au travail sur leurs membres, intensifiant la caresse tandis que leurs corps se frottaient avidement l'un contre l'autre. Ne raisonnait plus dans la pièce qu'un concert de gémissements. Sentant la jouissance monter, Sherlock planta franchement les dents dans le cou de son homme, qui cria autant d'extase que de douleur. Leurs deux corps tendus à se rompre, les yeux révulsés, leurs semences se mêlèrent dans un parfait ensemble.

Partageant une étreinte tendre, les deux hommes rêvassaient, repus et comblés. John jouait avec une mèche bouclée et humide, appréciant le contact des doigts qui se promenaient tranquillement dans son dos. Il n'aurait pu rêver meilleur moment. Il avait retrouvé son Sherlock et même s'il savait déjà que leur vie à deux ne deviendrait certainement pas plus simple comme par magie, il était optimiste. Son homme avait enfin montré son désir de vouloir faire des efforts, s'investir davantage, cela lui suffisait. D'ailleurs de son côté il s'était promis de n'être plus aussi passif avec lui, rampant comme le bon chienchien qu'il se donnait souvent l'impression d'être au sein de leur relation. Moriarty avait finalement tapé dans le mille en le surnommant ainsi. Mais c'était fini, dorénavant il saurait s'affirmer un minimum. Si cela pouvait leur éviter à l'avenir la débâcle des dernières semaines…

« Je t'aime », murmura Sherlock à son oreille.

Le médecin se blottit plus fort contre lui. Il était heureux.

ooOoo

Arpentant de long en large le salon encombré de Baker Street, John fulminait. Trois heures que Sherlock était parti sans un mot après un échange de sms. Et bien sûr il s'était bien gardé de révéler l'identité de son interlocuteur. Moriarty à n'en pas douter ! Apparemment les mauvaises habitudes n'avaient pas été longues à reprendre le dessus. C'était prévisible en même temps.

Le détective regagna ses pénates sur ces entrefaites, essuyant un regard noir de la part de son compagnon.

« Quoi ? demanda-t-il innocemment.

- Tu te fiches de moi ?

- A quel propos ?

- Et ta promesse ? reprit John d'un ton acerbe. Je croyais que tu ne devais plus revoir Moriarty.

- Moriarty ? Mais je ne l'ai pas vu !

- Sherlock…

- Pour ton information, Lestrade a pris son week-end pour aller en Ecosse. Ça m'étonnerait qu'il fasse ce voyage tout seul. A l'heure qu'il est, Moriarty doit être avec lui dans le train.

- Alors tu es parti voir qui ?

- J'ai pas vraiment envie de te le dire.

- Et pourquoi ?

- Parce que tu ne veux certainement pas connaître la réponse. »

John se passa une main lasse sur les yeux avant de reprendre.

« Sherlock ! Si effectivement tu n'étais pas avec Moriarty je ne vois pas ce qui ne va pas. D'ailleurs tu te souviens de ce qu'on a dit sur l'importance de la communication je suppose ? Alors dis-le moi s'il te plaît. »

Le détective baissa la tête et se perdit dans la contemplation de ses chaussures. Au départ John n'avait pas eu l'intention d'insister, mais l'air coupable de son amant l'avait vite fait changer d'avis. Quand Sherlock réagissait ainsi ce n'était jamais bon signe.

« Alors ?

- J'ai vu… Moran.

- Moran ? C'est une blague ?

- C'est toi qui voulais le savoir, reprit Sherlock d'une petite voix indiquant qu'il n'était pas vraiment fier de lui. Mais je t'assure, on n'a rien fait de mal. Il voulait qu'on tente de trouver un moyen de pousser Lestrade et Moriarty à se séparer.

- Et si vous leur fichiez la paix ? grommela le blond.

- Je pensais que tu approuverais l'idée, plaida Sherlock. Je veux dire, tu trouves malsain que je passe du temps avec Moriarty, c'est pareil pour Lestrade non ?

- Non ! Greg n'est pas mon petit-ami, je me fous des gens qu'il fréquente !

- D'accord, pardon… Je pensais bien faire.

- C'est viscéral chez toi ? Tu ne peux pas passer une semaine sans fréquenter un criminel ? C'est quoi ton problème ?

- Je te l'ai dit, je ne sais pas me conduire comme les gens normaux. Je dois m'y faire et je commets forcément des erreurs. »

John à cet instant avait effectivement l'impression d'avoir un gamin devant les yeux et était à deux doigts de se laisser émouvoir. Mais Sherlock, reprenant la parole, ne lui en laissa pas l'opportunité.

« En même temps, tu ne m'as pas demandé de ne pas fréquenter Moran. »

Lâchant un soupir où perçait la plus vive impatience, l'aîné dû se faire violence pour ne pas aller le frapper. Décidément, Sherlock était fort pour le perturber.

« Ok, tu sais ce qu'on va dire ? Dorénavant, interdiction de t'approcher du moindre criminel, ça va comme ça ? C'est clair ?

- Ça va être ennuyeux, mais d'accord, au moins je sais à quoi m'en tenir. »

Sur ces bonnes paroles, il esquissa un petit sourire coquin en se rapprochant de l'autre homme.

« Tu veux quoi ? s'enquit vivement le médecin.

- A ton avis ? Vu l'heure, on peut aller au lit…

- Bonne idée, je vais aller au lit. Toi par contre, à moins que tu ne veuilles affronter l'odeur pestilentielle de ta chambre, cadeau de ta dernière expérience ratée, tu vas passer la nuit sur le canapé.

- Quoi ? Mais pourquoi ? Et pourquoi tu réagis comme ça ? D'habitude…

- Eh bien j'ai décidé de ne plus faire comme d'habitude. On va faire comme avec un gosse désormais. Tu fais une connerie, tu es puni. Ça te poussera peut-être enfin à changer ne serait-ce qu'un tout petit peu.

- Absurde ! Je ne suis plus un enfant.

- A ce propos j'ai des doutes, nota John en se dirigeant vers la porte.

- Euh, John, demain je dois aller voit Mycroft. J'annule peut-être ?

- Pourquoi tu annulerais ? C'est ton frère.

- Ben dans le genre criminel…

- Va te faire voir Sherlock !

- J'essaie de faire des efforts tu noteras. »

Secouant la tête, John ouvrit le battant, mais tandis qu'il sortait dans le couloir, le brun l'interpella une dernière fois.

« John, je t'aime ! »

L'interpellé s'arrêta un bref instant, hésitant sur la démarche à suivre. La voix avait été particulièrement tendre, sincère sans aucun doute, lui résister lui en coûtait plus que prévu. Mais c'était une question de crédibilité avant tout, comme avec un gamin effectivement. Il passa la tête par l'encadrement de la porte, une lueur amusée dans les yeux. Oui, résister était décidément bien difficile.

« Bien essayé, mais tu n'auras qu'à me le redire demain. Bonne nuit Sherlock ! »

Ce dernier étouffa un grognement tandis qu'il se retrouvait seul dans le salon, considérant le canapé d'un œil assassin. Certes, petite punition au regard de sa dernière lubie en date, mais c'était la première fois surtout que cela lui arrivait. Il allait devoir penser à éviter de contrarier John à l'avenir, bien la peine d'avoir fui l'autorité parentale à peine majeur. C'était contrariant. Pourtant, même lui devait reconnaître que John offrait tout de même bien des avantage qu'il fallait conserver à tout prix, ce canapé, son refuge pour la nuit donc, s'il avait pu seulement parler, aurait pu en témoigner.

THE END.