Bonjour à tous !

Pont du 1er mai oblige, je poste Jeudi le chapitre du Vendredi... Bonne lecture !


Je n'avais pas passé une excellente nuit, j'avais dormi de façon sporadique, et lorsque John entra dans ma chambre après avoir frappé, il fut relativement surpris de me voir assise dans mon lit en train de lire.

- Vous devriez dormir.

- Peux pas.

- Comment vous sentez-vous ?

- Mieux qu'hier mais je ne suis pas en grande forme.

- Le contraire serait étonnant. Vous permettez ?

Il m'a rapidement auscultée puis s'est assis au bord du lit.

- Votre bouche va rester déformée encore quelques jours et vous avez un beau cocard sous l'œil gauche.

- Il ne manquait plus que ça tiens !

- D'après ce que j'ai compris, ça aurait pu être pire… Heureusement qu'une personne est intervenue, vous lui devez une fière chandelle !

- Je saurais le lui dire.

- D'ici-là, vous restez au calme et tout ira bien, d'accord ?

- Merci John.

Je l'ai tiré par son pull et lui ai embrassé la joue. Il est devenu tout rose et s'est quasiment sauvé de la chambre. J'allais tenter de dormir un peu lorsque mon portable a sonné :

- Comment allez-vous ?

- Bonjour James. Bah, ça peut aller. Disons que je ne suis pas belle à voir mais ça vous le saviez déjà. Par contre, je ne pourrai pas venir à l'expo…

- Je m'en doute.

Cette façon parfois lapidaire qu'il avait de parler me mettait souvent mal à l'aise.

- Je vais vous laisser maintenant. Je vous rappellerai plus tard.

- A plus tard.

Il a raccroché et je me suis enfouie sous ma couette, le moral dans les chaussettes. Pas envie de sortir, pas envie de bosser, je suis restée deux jours réfugiée dans ma chambre, à ne bouger que pour le strict nécessaire et à dormir d'un sommeil peu réparateur et peuplé de cauchemars. Je ressassais sans cesse les mêmes images et mon imagination débordante aidant, j'échafaudais des scenarii tous plus lugubres les uns que les autres. Je crayonnais sans arrêt le visage de mes agresseurs puis jetais les feuilles à la poubelle. Très efficace moyen de sombrer un peu plus. Cerise sur le gâteau, le temps était vraiment pourri, il faisait gris et moche du matin au soir. Je descendais voir Mme Hudson tous les matins, John passait dès qu'il le pouvait et je restais réfugiée dans ma chambre toute la sainte journée. James me téléphonait régulièrement une fois le matin, une fois le soir. Je ne peux pas dire que sa conversation était réconfortante tant il pouvait être laconique. Mais j'attendais quand même son appel avec impatience et s'il avait quelques minutes de retard (ce qui ne lui est arrivé qu'une fois), je me demandais ce qui lui était arrivé. On a de ces petites habitudes….

Et puis, le matin du troisième jour, James m'a appelé comme à son habitude.

- Margot, préparez-vous, vous sortez.

- Pardon ?

- Vous m'avez fort bien entendu.

Trop c'est trop.

- Je ne prends d'ordres de personne, monsieur Moriarty. Je vous suis extrêmement reconnaissante non seulement d'être intervenu mais encore, pour faire simple, de tout ce que vous avez fait pour moi depuis que je suis à Londres. Mais cela ne vous autorise pas à disposer de moi d'un claquement de doigts, ni à me considérer comme un animal de compagnie qui vient en frétillant dès qu'on l'appelle ! Si vous avez besoin d'une présence docile et obéissante, je suis sûre que vos moyens vous permettront sans problème d'en payer une à votre goût. Mais pas moi !

Je me suis demandé s'il n'allait pas me raccrocher au nez. Mais il a laissé passer quelques secondes et sa voix à présent glaciale a retentit.

- Ça y est ? Vous avez fini ?

- Pour l'instant, oui !

- Bien. Ce n'était pas un ordre mais une invitation.

- Elles sont rudes vos invitations !

- Je n'ai pas l'habitude d'en faire.

J'ai soupiré. Que répondre ? Que j'allais lui apprendre à me parler correctement ? Stupide ! Que j'allais lui faire perdre l'habitude de me convoquer de façon si cavalière ? Il ne m'avait jamais forcée à répondre «oui».

- Pour aller où ?

- Vous verrez bien.

- En corbillard ?

Je l'entendis rire doucement.

- En voiture normale. Si vous voulez, je vous attends au début de votre rue, dans une heure.

- D'accord.

- Bien.

Il faudrait quand même que je lui apprenne qu'on ne termine pas une conversation téléphonique en raccrochant brusquement.

J'avais une heure et ce n'était pas trop. Je me suis poncée et étrillée en un temps record, me suis coiffée tout aussi vite et j'ai couru dehors pour trouver un fleuriste. Je ne comprends pas pourquoi on n'offre quasiment jamais de fleurs aux hommes donc je lui ai pris un gros bouquet de dahlias et asters mauves. Le temps de retourner au 221b parce que j'avais oublié mes cigarettes, d'avertir Mme Hudson et je voyais déjà la voiture au bout de la rue avec James qui m'attendait, debout près de la portière.

- Bonjour James,

- Bonjour Margot.

Il me scruta quelques instants puis leva la main pour retirer les lunettes de soleil style «hibou» que j'arborais histoire de cacher le plus possible mon cocard. Je fis un bond en arrière.

- Non.

- S'il vous plaît...

Je l'ai laissé faire. Il a doucement retiré mes lunettes, a penché la tête de côté.

- Ce n'est pas très joli.

- Ce que j'aime chez vous James, c'est l'extraordinaire façon que vous avez de réconforter les gens. C'est tellement agréable…

Il a haussé les épaules, m'a rendu mes lunettes que j'ai immédiatement rechaussées.

- Et où allons-nous ?

- Chez moi.

- Carrément !

- Je vous invite à déjeûner. Si vous ne voulez pas, il vous suffit de me le dire et je repars immédiatement.

- Mais vous êtes tellement sûr de vous que vous êtes quand même venu, n'est-ce-pas ? Personne ne vous empêchait de m'en parler ce matin au téléphone. Y a t-il en ce bas monde quelque chose qui vous échapperait un tant soit peu monsieur Moriarty ?

- La réponse que vous allez me faire.

Mais comme je détestais ne pas avoir le dernier mot ! Bon, nous n'allions pas rester là à nous envoyer des piques. Quelle drôle de situation quand même… J'ai soupiré puis lui ai tendu le bouquet.

- Cadeau.

Il l'a pris, l'air extrêmement surpris puis un long sourire a éclairé ses traits. Mon Dieu que cet homme était séduisant lorsqu'il daignait sourire ou rire !

- Je vous remercie.

- C'est plutôt moi qui devrais !

- Laissez, voulez-vous ? Bien, nous n'allons pas passer la journée sur le trottoir, si ?

Il m'a ouvert la portière puis s'est installé et nous sommes partis et une demi-heure plus tard, nous étions arrivés. Je pris cette fois un peu plus de temps pour admirer les nombreux tableaux qui ornaient les murs. Très belle facture, fin XVIIIème.

- Hoo, vous avez un Hogarth ! Et un Wright ? Et un Romney ? Mais c'est dingue ça !

Ma voix montait dans les aigus et oubliant tout semblant de savoir-vivre, je parcourais le hall en trottinant, ne sachant où donner de l'œil.

- Vous connaissez Romney ?

- Je veux oui !

- Etonnant… Ici il commence à peine à être redécouvert.

- Et bien nul n'est prophète en son pays, voilà tout !

Il rit à nouveau (franchement, c'était fort agréable de l'entendre) et je muselai mon insatiable curiosité.

- Excusez-moi mais il y a tellement à regarder !

- Voulez-vous visiter ?

- Bien sûr !

Une salle à manger, un grand salon, un petit salon, une salle de réception, une bibliothèque, une salle de musique, un jardin d'hiver, un bureau... Je ne suis pas montée à l'étage, on ne visite pas les chambres tout de même. Mais bon, de quoi loger au moins trois familles et sans les tasser.

- C'est quand même grand pour un homme… heu… seul ?

- Vous avez raison. C'est grand. Et je suis seul.

Je rougis fortement et bafouillai :

- Non, mais ne croyez pas que cela m'intéresse… Non pas que ça ne m'intéresse pas mais pas comme… Enfin vous voyez...

Je touchais le fond mais continuais à creuser. Impitoyable, il me laissait m'embourber et je finis par enfin me taire. Il eut un sourire en coin puis me guida jusqu'au petit salon (enfin je crois) qui était deux fois plus grand que mon deux pièces parisien. Je m'assis du bout des fesses sur un charmant canapé tapissé d'Aubusson et posai à peine la pointe des pieds sur un tapis délicat aux tons doux et passés. James me laissa quelques secondes et revint avec un seau à champagne et deux flûtes.

- Vous allez encore penser que je ne vous demande pas votre avis, mais j'ai cru comprendre que vous appréciiez le champagne et ne buviez pas de vin. Mais si vous voulez autre chose, dîtes-le moi.

- Et moi qui croyais que vous alliez agiter une petite cloche en argent et qu'une armada de domestiques allait se précipiter à votre service ! Ts, ts, ts, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient !

Il ne répondit pas, remplit les flûtes et m'en tendit une.

- A votre santé Margot.

- A votre santé, James.

Nous trinquâmes et je dois avouer que ce champagne était une merveille. Il y eut un petit silence puis James reprit.

- Vous ne voulez pas retirer ces lunettes de soleil ?

- Mais il n'y a rien de bien intéressant à voir et puis vous vous êtes déjà rincé l'œil tout à l'heure ! Que voulez-vous de plus ?

- Je ne veux rien de plus. Retirez ces lunettes, cessez de faire croire à tout le monde que vous allez parfaitement bien et surtout, sortez-vous de la tête que si vous vous étiez mieux défendue, vous auriez pu les mettre en fuite. A deux contre une… Si quelqu'un doit s'en vouloir ici, c'est moi, de ne pas être arrivé plus tôt pour les empêcher de vous frapper.

Je ne répondis pas et le silence s'installa. Il me semblait que nous ne pouvions communiquer qu'au travers d'ordres, mauvaise humeur, silences, défis et questions. James parlait peu mais il allait directement à l'essentiel sans anesthésie et avec la précision d'un sniper. Il s'est brusquement rapproché :

- Je ne vais pas m'apitoyer, je ne vais faire preuve d'aucune compassion larmoyante. Ça vous va ?

J'ai souri malgré moi et ôté mes lunettes.

- Ça me va.

- Bien. Alors c'est réglé.

L'atmosphère s'est considérablement allégée. James a pointé mon œil et ma bouche d'un doigt circonspect.

- Ça disparaîtra vite.

- Vous êtes spécialiste ?

- En quelque sorte, oui.

Je ne sais pas pourquoi, mais je le croyais. Peut-être parce qu'à sa vue, mes agresseurs avaient détalé sans demander leur reste, peut-être parce qu'il ne semblait avoir peur de rien ni de personne, je ne sais pas trop en fait. Je pense que c'est à partir de ce moment précis que j'ai renoncé (du moins le croyais-je) à lui poser des questions trop personnelles : de toute façon, verrouillé comme il l'était ça me semblait mission impossible et puis aussi je n'étais pas trop douée pour questionner quelqu'un sans en avoir l'air. La psychologie n'a jamais été mon fort, pas plus que la manipulation : on me voyait arriver à trois kilomètres avec mes gros sabots…

La flûte à la main, je me levai brusquement et me tournai vers James :

- Dîtes-moi, une telle maison doit bien avoir un jardin, non ?

- Tout petit.

- Je peux le voir aussi ?

Il n'était certes pas très grand, voire même minuscule, mais suffisamment spacieux pour y installer sans problème quelques chaises longues au soleil. Bon, pour ce qui est du soleil, c'était plutôt fortement compromis : nous entrions dans la mauvaise saison et elle allait durer six mois au bas mot. Et là, il pleuvait à verse.

- Dommage, j'aurais bien pique-niqué sur votre petit carré de pelouse !

Le carillon de la porte se fit alors entendre.

- Vous permettez ? En parlant de repas…

Il s'éclipsa quelques instants : je l'entendais parler, donner des indications, puis la porte s'est refermée.

- Allons déjeûner.

Heureusement qu'il en parlait : non seulement je sentais bien que mon estomac allait commencer un concerto des plus incongrus, mais boire du champagne le ventre vide n'est jamais recommandé si l'on veut garder un tantinet d'équilibre. J'eus une pensée revancharde envers mes escarpins-échasses et tranquille sur mes ballerines, me dirigeai vers ce que je pensais être la salle-de-bains et ouvris une porte. Raté. Une seconde. Encore raté. La troisième fut la bonne. Lorsque je ressortis, James m'attendait un peu plus loin, goguenard.

- Ce n'est pas dans mes habitudes d'attendre les femmes près des salles-de-bains mais vous m'aviez l'air perdue.

- Aucun sens de l'orientation, désolée.

- Laissez-moi vous guider.

Je le suivis et nous sommes entrés dans le petit salon, finalement. Là, j'ai eu un sursaut : devant la cheminée où rougeoyait un feu accueillant, des plats protégés par des cloches en argent, des verres de cristal, des assiettes en délicate porcelaine et des couverts en argent eux aussi avaient été disposés à terre, sur une grande nappe en damassé blanc. Le bouquet que je lui avais offert trônait dans un vase de cristal gravé. Un pique-nique donc… Je restai immobile et muette quelques secondes puis me mis à rire.

- James, je n'ai jamais rien vu d'aussi…heu…décadent et baroque ! C'est super !

Je trottinai jusqu'à la cheminée et me laissai tomber à terre, dans un manque flagrant d'une quelconque élégance. Plus posé, James s'agenouilla face à moi.

- J'espère que ce que j'ai commandé va vous plaire. Sinon, je trouverai autre chose.

- C'est quoi ?

- Regardez vous-même.

Je soulevai une cloche et repartis à rire sans vraiment pouvoir m'arrêter. Stoïque, James attendait que la tempête se calme. Je réussis à reprendre un peu de souffle et articulai difficilement :

- Fish and chips !

- Grâce à vous, je vais peut-être finir par y prendre goût.

- C'est donc une française qui vous fait découvrir une minuscule partie de la cuisine anglaise… Paradoxal, non ?

- Certainement. Par contre, j'ai laissé les couverts…

- Je sais me tenir et manger avec ses doigts dans du Wedgwood, il ne faut pas exagérer !

Je ne sais pas où il a commandé les fich and chips (sous des cloches en argent, franchement !), mais c'était un délice, doré, croustillant et vinaigré à souhait. J'avais les papilles en fête et de discrets soupirs de plaisir m'échappaient régulièrement. James me regardait sans mot dire, un bref sourire éclairant parfois fugacement son visage.

- Vous aimez ?

Je terminai posément ma bouchée (le postillon est fourbe et rapide, et puis on ne parle pas la bouche pleine), m'essuyai la bouche avant de prendre une gorgée d'eau.

- C'est grandiose. Il faudra me dire où vous l'avez commandé, dorénavant je ne me fournirai que là !

Il sourit à nouveau.

- Vous devriez sourire plus souvent, vous savez, ça vous va très bien, j'aime beaucoup.

- Vraiment ? Donc, si je comprends bien, vous aimez ma maison, vous savez que je suis seul et vous aimez quand je souris… C'est encourageant, non ?

Mes joues me brûlaient tellement de honte que j'avais l'impression de sentir mes dents fondre…

- Bé…heu… Mais vous savez bien ce que je veux dire et puis je ne vais pas vous mentir !

- Vous ne seriez pas la première.

- Les gens mentent bien souvent par intérêt, où est le mien ?

- L'argent.

- Je vous demande bien pardon ?

- L'argent.

- Le vôtre ? Si c'est une plaisanterie, elle est de très mauvais goût ! Qu'ai-je à faire de votre argent ? Même si je bave devant votre maison, vos meubles et vos tableaux, il m'est passé entre les mains, au cours de mes études, plus de merveilles que vous ne pouvez imaginer et encore moins acheter ! Et je pense sincèrement que tout ce qu'il y a ici serait mieux dans un musée, afin que tout le monde puisse en profiter, plutôt que dans un hôtel particulier habité par un propriétaire arrogant, suffisant et sans cœur ! Si vous croyez vraiment que votre fortune m'intéresse, vous pouvez brûler en enfer, monsieur Moriarty, vous ne comprenez vraiment rien à rien. Vous voulez vraiment savoir ? C'est vous qui m'intriguez parce que je ne sais toujours pas ce que vous faites, qui vous êtes et pourquoi vous collectionnez les œuvres d'art comme d'autre les tickets de métro ! Mais je renonce à essayer de vous faire comprendre quoi que ce soit, vous êtes vraiment trop… trop… trop tordu, voilà !

Je me suis levée d'un bond, ai empoigné mon sac et suis partie comme une furie. Je n'avais pas atteint la porte que j'ai entendu sa voix, froide et détimbrée.

- Je n'ai pas l'habitude.

Je me suis retournée : il n'avait pas bougé et ne me regardait même pas. J'ai hésité à continuer mon chemin. Je me demande parfois si je n'aurais pas dû, juste à ce moment-là, vraiment partir et ne plus jamais le revoir… Mais je suis restée.

- Pas l'habitude de quoi ?

- Qu'on s'interroge sur moi, qu'on ne me craigne pas, qu'on me contredise et surtout qu'on me parle avec autant de…virulence. Vous avez raison, j'ai de l'argent, beaucoup d'argent et tout aussi vulgaire que cela puisse vous paraître, je suis persuadé que tout s'achète, les choses comme les gens. Alors j'achète et les gens me sourient et ils sont toujours d'accord avec moi.

J'ai repris ma place devant la cheminée.

- C'est commode n'est-ce-pas ? Vous avez ainsi l'impression permanente d'être plus intelligent et meilleur que tout le monde.

Il m'a enfin regardée et je me suis demandé ce qu'il comprenait vraiment des rapports humains pour être à ce point cynique. Ou plutôt, ce qui m'a bien plus effrayée, s'il les comprenait tellement bien qu'il n'avait plus aucune illusion à ce sujet. Il fallait que je mette les choses au point.

- Ne comptez pas sur moi pour ça. Je vous serai à jamais redevable de ce que vous avez fait pour moi, surtout l'autre soir, mais je ne vous servirai jamais de carpette. Si ce que vous dîtes ne me plaît pas, je vous le dis. Si ce que vous faîtes ne me plaît pas, je vous le dis. Si je pense que vous vous trompez, je vous le dis. Vous ne serez jamais de ma part l'objet d'une adoration béate ou rémunérée.

Il sourit enfin.

- Ça a le mérite d'être clair.

- Et maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais franchement clore cette conversation parce qu'elle est atrocement gênante et qu'en plus, j'ai mal.

Je portai les doigts à ma bouche : ma petite plaie s'était réouverte et je grimaçai. James revint avec un petit carré de gaze qu'il me tendit et je tamponnai délicatement l'endroit si bien qu'au bout de quelques instants, tout était rentré dans l'ordre.

- Désolée. Ce ne doit pas être très joli à voir.

James eut un claquement de langue impatient, me prit la gaze des doigts et la jeta au feu.