Note : Bonjour tout le monde ! Voilà déjà l'avant-dernier chapitre de cette fic. J'essaierai de vous poster le dernier (un peu plus long) demain, pour finir l'année en beauté.

En attendant, n'hésitez pas à me laisser un petit mot ! ^^

Chapitre 7

Furieux, Drago se retourne juste à temps pour voir Potter ramasser la boîte et la jeter dans la corbeille à papier. Elle y disparaît instantanément.

— Putain, qu'est-ce qui cloche chez toi, Potter ?

Un muscle de la mâchoire de Potter frémit.

— Ne sois pas obtus, réplique-t-il sèchement. J'ai déjà rendu mon rapport. Qu'est-ce que tu crois que je peux faire ? Dire « Oh, désolé, il manquait des potions mais je sais plus compter et je m'en suis pas rendu compte tout de suite »

— Je m'en fiche. Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit sur la Glas Inn. Tu peux seulement dire que je me suis présenté volontairement depuis…

Le rire incrédule de Potter l'interrompt.

— Il y a des témoins qui t'ont vu là-bas. Tu penses que je suis assez con pour avoir omis de mentionner ton nom dans mon rapport ? Mais j'ai dit aux autres que j'étais certain que c'était quelqu'un d'autre sous Polynectar.

Drago détourne le regard et Potter renifle et continue :

— Oh oui, tu m'as mâché le travail pour que tout le monde croie ça. Chaque personne qu'on a arrêtée nous a dit qu'ils avaient envoyé quelqu'un à l'auberge pour s'occuper de moi, et ils nous ont tous donné un nom et une description différente. A l'heure actuelle, la liste des suspects compte le neveu du Ministre, les jumeaux Harper, et le Célibataire le Plus en Vue de Sorcière Hebdo. Félicitations. Je suppose que c'est une façon d'obtenir des cheveux pour le Polynectar.

Il y avait une amertume dans la voix de Potter que Drago trouva intrigante.

— J'ai dit que j'avais été stupéfixé, dit Potter, toujours amer. Et que comme notre homme ne pouvait pas obtenir les potions, il s'était enfui. Que c'était improbable que nous mettions jamais la main sur lui.

Il se frotta la tempe.

— Je ne peux plus changer ma version maintenant

— Tu as pensé à tout, remarque Drago, impressionné.

— Toi aussi.

— J'avais une bonne raison pour cela. Quelle est la tienne.

Potter tapote contre son bureau.

— Je préfère que les autres pensent que je n'ai pas été assez méticuleux, plutôt qu'ils sachent à quel point j'ai été stupide.

— Je vois.

Drago fait la moue.

Bien sûr. On dirait que je n'aurais même pas dû m'embêter avec le Polynectar tu avais tout prévu. Qu'est-ce que tu es consciencieux. Tu es même prêt à te faire passer pour incompétent, juste pour être sûr que je n'aille pas à Azkaban.

— Je n'avais pas vraiment le choix, grince Potter entre ses dents.

— Oh bien sûr que si tu avais un choix, Potter. Mais tu sais quel est ton problème ?

La colère monte en lui et Drago avance vers la table. Il pose ses mains sur le bureau et se penche pour regarder Potter de haut.

— Tu es un connard.

— Je suis un connard ?

La respiration de Potter s'accélère, peut-être de colère, ou d'indignation, ou à cause de quelque chose de complètement différent.

— Tu me prends pour un idiot, Potter ? Tu crois que je n'ai pas remarqué ? demande Drago. A quel point tu étais impatient, maladroit, précautionneux, à quel point tout ça était étrange et nouveau pour toi ? Oh, je me rappelle comment ça fait d'avoir un homme nu et plein de bonne volonté devant soi pour la première fois.

Les yeux de Potter s'assombrissent et Drago baisse la voix.

— Je n'étais pas le seul à avoir un plan cette nuit-là, n'est-ce pas ? Dis-moi, combien de fois tu as lu ces histoires que Skeeter écrit sur moi ? Combien de fantasmes elles-t-ont donné ? Comme tu as dit, tu étais là pour intercepter un suspect, et voilà que j'apparais. Si clairement coupable, si évidemment désireux de te séduire et tu t'es dit pourquoi pas ? Tu as su que tu me laisserais m'échapper au moment où j'ai commencé à flirter. Comment pouvais-tu passer à côté de cette chance ? Quelle opportunité parfaite pour réaliser quelques-uns de tes sales petits fantasmes, pour voir comment c'était au moins une fois. Et le mieux dans tout ça ? Tu pourrais passer le reste de ta vie à te répéter comment le perfide Malefoy t'avait fait boire et avait abusé de toi. Autrement, tu ne l'aurais jamais fait.

Potter respire à peine.

— Tu délires.

— Je délire ? Ça vaut pour toi aussi si tu penses vraiment pouvoir te convaincre que tu ne le voulais pas alors même que tu savais parfaitement ce que j'offrais. C'est pour ça que tu veux tellement me garder hors d'Azkaban. Tu te sens coupable. Est-ce que payer mes services te permet de te sentir mieux ?

Potter secoue la tête mais Drago ne le laisse pas parler.

— Ou alors tu as tellement honte de tes désirs ? Tellement que tu es prêt à violer la loi et à laisser tes amis penser que tu as été Stupéfixé par un criminel quelconque, plutôt que de prendre le risque qu'ils apprennent que tu as fait des cochonneries avec un homme ?

— Tu es ridicule.

Les épaules de Potter tremblent de colère.

— Je n'ai pas honte.

— Vraiment ? Dis-moi…

Drago regarde la main droite de Potter, crispée en un poing sur le bureau.

— Est-ce que Weasley sait où ces doigts ont été ?

Potter retire vivement sa main du bureau et une rougeur prolongée descend dans son cou. Drago a un rictus de victoire.

Ce que j'aimerais savoir, dit-il, c'est à quel point tu regrettes que tes amis Aurors aient attrapé les autres aussi vite ? Tu n'as même pas eu le temps de me baiser.

Potter grimace. On dirait qu'il veut nier avoir des regrets, mais à la place il répète :

— Je n'ai pas honte.

Il lève un menton borné.

— Je n'ai jamais pensé qu'il y avait quelque chose de mal à…

Drago rit.

— Oh, Potter, tu penses que je ne sais pas exactement ce que tu ressens ? Que tu penses qu'il n'y a pas de mal à aimer les hommes ne compte pas. Tu sais que les autres le pensent. Tu sais ce que les gens disent, ce que les journaux écrivent. Même tes amis Gryffondor à l'esprit ouvert qui sont d'accord avec toi et te répéteront qu'il n'y a rien de mal à ça, te rappellent que ce n'est pas si simple. Combien de fois tu les as vus lire un article, à mon propos peut-être, et faire une blague – pas pour être méchant, juste pour être drôle, et tu as dû te forcer à rire même si tu avais l'impression de t'être pris un coup dans le ventre ?

Potter baisse les yeux et arrange ses lunettes, même si elles semblent en parfait état. Drago souffle et se redresse.

— Tu n'as peut-être pas honte de ce que tu désires, Potter, mais tu as honte de ne pas être assez courageux pour admettre que tu le désires.

Potter ne dit rien et regarde longuement le parchemin sur son bureau. Il a l'air gêné mais Drago ne se sent pas aussi victorieux qu'il aurait cru l'être.

— C'est tout ? Quelque chose à ajouter ? demande enfin Potter. Si tu crois que tout ce que tu viens de dire est vrai, alors tu aurais dû savoir que je ne changerais pas d'avis et que je ne t'arrêterais pas. Alors pourquoi tu es là ? Pour prouver quelque chose ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu as eu ce que tu voulais.

Drago se passe une main dans les cheveux. Il était venu pour prouver quelque chose, mais ce n'avait pas été la seule raison.

— Je voulais juste…

Il rassemble son courage.

— Je voulais m'excuser.

— En me disant que je suis un connard ?

— Tu es un connard, dit Drago, même s'il ne peut plus trouver assez de colère en lui pour le dire avec conviction. Mais moi encore plus.

Il grimace et baisse les yeux.

— Et un criminel, à l'évidence. Alors je suis désolé. Pas parce que… Je suis désolé parce que je me rappelle avoir dit, il y a des années, pendant mon procès, que la Marque était cruelle et inutile. Je suppose que je me trompais. C'était une punition trop clémente.

Drago attend, incertain de ce que Potter va dire.

— Est-ce que tu es suffisamment désolé pour te tenir éloigné de la magie noire ? demande-t-il doucement.

Drago a les mains froides. Il ferme les poings, craignant qu'ils ne tremblent.

— C'est le projet.

— Suffisamment désolé pour prolonger la Marque ?

Drago lève les yeux vers Potter, désarçonné.

— Quoi ?

— Elle expire bientôt. Personne d'autre ne le sait, mais tu as rompu ton contrat avec le Ministère. Tu as évité Azkaban, mais ça ne veut pas dire que tu devrais t'en sortir sans aucune conséquence.

— Pour quelle raison j'accepterais ? Personne d'autre ne sait, tu l'as dit toi-même.

Potter le regarda longuement.

— Tu viens juste de dire que tu comptais ne plus rien faire d'illégal. Si c'est vrai, qu'est-ce que ça peut faire que tu aies la Marque ?

Ça fait quelque chose, pense Drago. Ça fait quelque chose parce qu'à chaque fois qu'il jette un sort, il la voit. La magie de la Marque se diffuse dans la lumière du sort, et plus le sort est noir, plus les éclats de vert brillent fort. C'est menaçant, comme les yeux d'un animal sauvage qui luisent dans la nuit, et la logique et l'instinct lui soufflent tous deux de courir et de se cacher, mais il ne peut s'empêcher de vouloir voir jusqu'où le vert peut briller, à quel point il peut approcher le danger avant que la bête ne lui saute à la gorge. Il ne veut plus le voir. Il a hâte de ne plus le voir.

Il veut dire non à Potter et il ouvre la bouche pour refuser, mais il y a quelque chose dans les yeux de Potter que Drago veut éliminer. Un regard qui dit que Drago ne fait que mentir, comme il l'a toujours fait. Un cas désespéré. Quelqu'un qui choisira toujours la facilité. Quelqu'un qu'on devrait garder au bout d'une laisse bien serrée pour éviter qu'il fasse du mal, à lui-même et aux autres. Drago déteste la Marque, mais il déteste encore plus ce regard.

— D'accord, dit Drago, et il attend pour voir si Potter est surpris.

Potter se contente de hocher la tête et dit :

— Bien. Tu n'as qu'à passer après les vacances et on arrangera ça.

— Et c'est tout ? demande Drago. Pour autant que le Ministère sache, il n'y en a pas besoin. Comment tu vas justifier…

— C'est mon problème. Je m'en occupe.

Le ton de Potter est brusque.

— Bien sûr, marmonne Drago.

Potter lui jette un regard interrogatif et Drago secoue la tête.

— Rien. Je viendrai.

Potter hoche la tête.

— Autre chose ?

On croirait entendre « qu'est-ce que tu fous encore là ? »

Drago secoue la tête à nouveau, avec l'impression qu'il n'a pas du tout fait ce pourquoi il était venu. Il se sent encore plus mal qu'avant.

Potter lève un sourcil et Drago se rend compte qu'il est resté trop longtemps sans rien dire. Alors il dit « Joyeux Noël » en essayant de ne pas avoir l'air amer, mais ça ne marche pas. Il se dépêche de sortir.

Il entend vaguement Weasley crier un truc à propos de menottes, mais il l'ignore et s'enfuit. Il est encore tôt, mais il a vraiment besoin d'un verre.