Yo, bon alors je publie plus tôt parce que ma fuwa chan hier m'a demandé et parce qu'aujourd'hui c'est son anniv ! Voilà un cadeau ;p comme j'ai pas pu t'offrir l'autre ! :( Donc bon anniv mon doudou d'amour ! Ma aurél chan ! Joyeux 17 ans ! :* pleins de gros bisous ! ;) J'ai quand même dû écrire plus de 2500 mots d'un coup, tu te rends compte comme je t'aime ! faut vraiment que tu sois une super pote ;p Je préviens, laissez-moi quatre jours pour le prochain même si je publie deux fois par semaine ! :D

Réponse aux reviews:

Guest (Fuwa Chaan qui a bugé): BON ANNIVERSAIRE ! OK je pense que tout le monde a compris que t'avais 17 ans en ce 12 juillet XD. Sinon, ben quoi tu l'aime pas Annie ? Moi j'aime bien les méchants qui ont la classe ! :p Voilà peut-être la fin du rose... héhé. Et voilà tu recommence à m'harceler, j'allais te dire que tu avais fait des progrès... XD

Nekoko 3: ouais et prochain on verra mais sans doute 4 jours ! :p comme vous aimez pas Annie, ça crève les yeux XD Euh non pas vraiment mais tu approches alors ne mets pas tes théories dans les reviews stp : ne spoile personne ! :p MP moi si tu veux ! ;D Ouais Mikasa va sans doute en prendre pour son grade 0:) goumen goumen d'avance ! Euh... son "pouvoir" là... je vois pas trop... sa guérison ? Te languis pas trop XD! et oui remercie ma pote parce que je pensais sortir celui-là que demain ou après demain ! Merci de tes reviews qui me font chaud au coeur! :D


Chapitre 7 : Retrouvailles de passé

Eren se lève, ses sens semblent engourdis. Il se rappelle peu à peu de leur dispute avec Livaï, il se rappelle d'être parti d'un coup de la salle d'entraînements de tir, d'avoir dit des choses très désagréables à son caporal, lui en avoir mis même plein la figure. Mais est-ce qu'il ne le méritait pas ? Si, il est en certain – cela sert à le réveiller entièrement. Il s'étire en grognant d'un coup – réveillant quelques uns de ses camarades, il se souvient aussi être partis faire le tour de la ville en courant comme un malade puis s'être entraîné à la musculation comme un fou, sans une seconde de répit pendant deux, juste pour oublier sa colère trop vive et brûlante dans son coeur. Il sent encore ses entraînements dans ses muscles douloureux et courbaturés. Il sait déjà qu'il va en voir de toutes les couleurs aujourd'hui par son supérieur. Il est certain qu'il ne va pas rester sans sanction, voire se faire virer !

Il se dépêche de déjeuner avant les autres pour ne pas le croiser et se dirige vers son chien, il sait que Mikasa le rejoindra. Au moins son cher chien lui montra, lui, un peu d'affection et de confiance. En effet, Hachi jappe comme un fou en le voyant arriver vers lui, dérangeant tous ses autres camarades et faisant sourire malgré lui son maître. Ils commencent alors les entraînements. Etrangement – ou non –, Eren n'est pas totalement dedans et le chien est perturbé faisant n'importe quoi et tournant en rond après sa queue, ils finissent donc par faire une petite promenade dans la cour de l'enceinte. Cela permet aussi de tisser des liens importants avec le chien.

Dans sa tête, il se demande ce qu'a fait le caporal après qu'il lui ait asséné ses vérités. Oh et puis merde, après tout, il s'en fout !

— Hello toi, ça va ? Bien dormi ?

Mikasa. Sa voix le fait sursauter comme il est trop plongé dans ses pensées. Il se presse vers elle et l'embrasse délicatement. Ils entendent le chien à l'oreille pliée soupirer à leurs pieds et se coucher par terre. Comme s'il protestait parce que son maître n'allait plus prêter attention à lui. Oui, très intelligent ces chiens. Le couple commence à déambuler main dans la main et fait signe au compagnon du jeune homme de les suivre tout de même. Son ami est tendu, la jeune femme s'en rend tout de suite compte. Elle s'en aperçoit d'autant plus que leurs mains sont liées et qu'elle le sent bouger nerveusement les doigts. Il le fait souvent quand il est stressé, pour évacuer la tension en bougeant. Il n'est pas concentré sur ce qu'il fait maintenant, il semble être ailleurs. Encore à repasser la trahison d'hier sans doute… Cela l'ennuie légèrement.

Elle accélère pour le devancer et pose ses deux mains sur ses épaules. Elle le force à la regarder droit dans les yeux, en souriant gentiment pour défroncer son visage trop concentré.

— Hey, ça va, OK ! Tu n'as rien à te reprocher, au pire il te fera faire cent pompes et l'affaire est réglée. Vous êtes tous les deux en tort, et s'il fait quelque chose d'injuste, parles-en à Erwin et il tranchera.

Il hoche la tête, le visage pourtant toujours aussi grave. Oui elle a sans doute raison, pourquoi s'en fait-il alors autant ? Pourquoi son pressentiment lui clame que Livaï n'est pas dans l'enceinte de l'établissement mais sans doute dehors en train de prendre des risques, encore ?! Foutue voix intérieure qui l'emmerde vraiment ! Il embrasse sa petite amie. Elle ne va pas tarder à devoir aller s'entrainer, et lui doit retrouver son escouade pour faire le point. Ils se séparent avec regret et se souhaitent une bonne journée. Leurs mains peinent à se lâcher.

— Allez, Hachi, on rentre, l'encourage le jeune propriétaire ! Je reviendrai ce soir, normalement, si j'ai le temps et que je ne me suis pas fait massacrer par Livaï !

Le chien souffle et émet un petit couinement douloureux. Pourquoi tu m'abandonnes déjà, moi je voudrais passer beaucoup plus de temps avec toi, ce n'est vraiment pas juste. Eren n'arrive pas à résister à ses grands yeux bruns larmoyants posés sur lui : il lui fait encore quelques caresses et finit sur les fesses dans le sable en riant et en tentant de le repousser, il a basculé par la force de son compagnon. Décidément, celui-là, vraiment affectueux ! En lui caressant une dernière fois la tête et en fermant la grille du chenil, il se dit qu'il a fait le bon choix. Ce chien était vraiment fait pour lui ! Il lui fait un dernier signe de la main et fait demi-tour.

Il regarde alors l'heure de sa montre et se frappe le front du plat de la main et merde, il va être en retard : il est déjà neuf heures et c'est à l'heure à laquelle leur réunion de groupe commence. Déjà qu'il va se prendre une raclée bien en règle par leur supérieur, pas le moment d'en rajouter ! Il pique un sprint, s'excuse en poussant la porte, et arrive haletant dans la salle… déserte. Non mais c'est quoi encore que ce bordel ! Ils tentent de le mettre à l'écart ou quoi ? Ah mais ça va barder, même si c'est son supérieur ! Il ne va pas tarder à aller demander à Erwin de changer de groupe si ça continue. Non, restons calme. Relativisons. Comme son escouade n'a pas envie de lui, il va rester là, bien sagement à attendre.

Il se chauffe alors de l'eau pour un thé – il a chopé l'habitude de son supérieur à force de le côtoyer – et s'installe dans le canapé moelleux. Comme il s'y attendait, quelqu'un rentre. Hanji. Elle regarde avec stupéfaction la salle vide et son regard tombe sur lui.

— Euh… salut… Tu es tout seul ? comment ça se fait ? Enfin bref, je sais : je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas, j'ai bien compris ! Juste pour que tu transmettes à tout le monde que je prends la prochaine mission, voilà, et que Li… Ah ! Le devoir m'appelle !

La sonnerie retentit en effet en même temps, tonitruante dans tout le bâtiment. La bigleuse lui fait un signe de la main et un discret clin d'oeil avant de disparaître. Il entend alors des bruits de course, des pas dans le couloir qui se rapprochent. Quatre personnes, peut-il deviner – oui il s'y est entraîné et pas très difficile de comprendre que c'est sans doute Petra et les autres. Mais alors, qu'en est-il du petit bougon ? Petra ouvre la porte à la volée, essoufflée.

— Eren, c'est à nous d'y aller ou pas ? Le caporal est pas avec toi (ses yeux sont un mélange de panique et de désespoir) ? On a mis le bâtiment sens dessus-dessous sans le trouver ! Dis-moi que tu sais où il est, s'il-te-plait, on désespère.

Ses camarades hochent gravement la tête derrière elle pour le confirmer. Non, le jeune adulte ne sait pas où se trouve leur caporal, il n'en a rien à cirer en fait. Ou il aimerait le faire croire parce qu'en lui, son coeur vient de faire un bond. Où est-ce qu'il a encore bien pu se tirer. La dernière fois qu'il était parti sans prévenir, il était revenu un mois plus tard ! Il s'était infiltré dans un trafic de drogue, était revenu blessé aux côtes et bien amaigri. Il n'avait pas eu le droit de dire la moindre chose et avait prévenu Eren que ça n'avait vraiment pas été long !

Purée, pourvu qu'il ne soit pas encore parti on-ne-sait où et pendant on-ne-sait-combien-de-temps ! Et tout ça… ce serait de sa faute, parce qu'il l'a provoqué la veille. Non, le caporal n'est sans doute pas vraiment parti, il doit être en ville, pas très loin. Il aurait prévenu au minimum son équipe de son départ pour une mission, un enfant à l'époque de dix ans, ça parle, et les oreilles trainent, alors d'accord… Mais des équipiers de confiance, non. Alors… où est-il. Et voilà, ça y est : il flippe pour celui qu'il est censé détester. Il se renfrogne. Il s'en fout d'où peut bien être le caporal.

— Si tu sais quelque chose, Eren, il faut que tu nous le dises, OK ? Si… s'il lui arrive quelque chose… Il faut que tu le retrouves, toi tu arrives mieux à le cerner que nous. On sait qu'il a dit qu'il devait te parler avant qu'il ne parte comm une furie. Il n'a même pas dormi ici, tu comprends ! C'est important Eren, s'il s'est fait agressé ou même tirer dessus parce qu'il de la Brigade, chaque seconde compte pour sa survie ! Qu'est-ce que tu lui as dit exactement ?

— Que ce n'était pas de ma faute s'il n'avait pas d'amis et qu'aucune fille ne l'appréciait.

Petra est au bord de la crise de nerfs. OK faut un peu se calmer quand même, cette ville n'est pas si dangereuse que ça.

— Pourquoi tu lui as dit ça ?! Tu ne connais rien de son passé si difficile, OK. Tu as intérêt à t'excuser !

— Ben explique-moi alors, ce qu'il a.

— Non. C'est à lui de le faire ou non. Je ne dévoile pas son passé sans son autorisation. Je ne suis même pas censée le connaître !

Tss, c'est vraiment du n'importe quoi. On lui dit un truc et on ne va même pas jusqu'au bout ! Bon alors, il va tenter de le retrouver, mais dans quel foutu endroit pourrait aller un caporal en mauvaise humeur ? Au bar ? Non il ne boit plus que de rares occasions et il ne passerait pas toute la nuit là-bas, ni la matinée. Et pourquoi est-ce que c'est à lui de le trouver, ce n'est vraiment pas lui qui le connait le mieux. La preuve, Petra connait son passé et c'est elle qui peut le trouver. Oh et puis ok, si avec ça on peut lui foutre la paix après, il va le chercher ce caporal qui joue à cache-cache ! Il se lève d'un pas rageur et sort, saisissant sa cape et l'enfilant rapidement.

Alors qu'il va sortir par la grille, il repère sa petite amie perchée sur le toit d'un des bâtiments. Armée bien sûr. Elle lui fait signe de l'attendre, demande la permission et dévale les marches de l'escalier métallique de secours. Elle arrive haletante à ses côtés.

— Où tu vas ?

— Chercher monsieur Livaï ! Oui parce que figure-toi qu'il n'est pas revenu et qu'il est aussi introuvable et que mon équipe qui m'a mis de côté me demande de la retrouver. Donc voilà, crache-t-il sèchement, je pars en ville faire du cache-cache. Youpi !

Son ton est ironique et amer. Il se retourne d'un mouvement sec et s'apprête à continuer son chemin quand une main qui agrippe son poignet l'arrête. Ses nerfs déjà à fleur de peau manquent de lâcher, et il se retient de justesse de ne pas jeter son venin sur sa petite amie. Il tourne légèrement la tête vers elle et reste figé par la surprise : son visage est froid, ses sourcils froncés.

— Ecoute, Eren, je sais que ce n'est pas vraiment évident ces temps-ci avec ton caporal, mais ce n'est pas à moi de payer les pots cassés, OK ! Alors, je te le dis, je ne suis pas Livaï donc tu n'as pas à me jeter ton fiel dessus, c'est clair ? Parce que sinon, tu m'oublies ! Tu fais une croix sur notre couple, je suis bien claire ?

D'abord surpris, il se dit que c'est bien Mikasa de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Il baisse légèrement la tête, honteux et confus et s'excuse. Il dépose un baiser nuageux sur ses lèvres et se presse dehors. Il se fout des commentaires de Christa et d'Ymir sur le toit, la brune qui leur crie « ouah les amoureux ! » Cela le fait sourire, c'est vrai c'est avec son supérieur qu'il doit s'expliquer, et pas se séparer de ses amis.

Il court rapidement. Il ne sait pas vraiment où il va. Il se saisit de son portable et compose de mémoire le numéro du disparu – il a été son responsable avec Petra pour l'école alors il doit bien le savoir par coeur. Il colle ensuite l'appareil sur son oreille et attend. Des sonneries. Dans le vide. Quatre puis le répondeur. Une voix blasée annonce « vous êtes sur le répondeur de Livaï, soit je ne suis pas disponible, soit j'ai pas envie de vous parler. Vous n'êtes pas obligé de laisser un message. Au revoir. » Tss, n'importe quoi cette messagerie ! Il n'a vraiment pas d'imagination.

Bon, téléphone, ça marche pas. Euh… où se diriger maintenant… Non mais quelle corvée, il comprend ce qu'il lui a fait vivre quand il était plus jeune et qu'il arrivait plus tard que prévu – quelques heures comme il passait chez ses amis et ne prévenait pas sa famille adoptive, bon sans téléphone c'est un peu dur aussi. Mais bon, lui, à force savait où chercher, là, ben non… Le jeune homme lève les yeux au ciel. Il tente de se mettre dans la tête du noiraud. Mais en vain, bien trop compliqué et surtout glacial…

Il laisse ses pas le guider tandis qu'il regarder partout, dans les bars, les salons de thé, mais toujours rien. Comment chercher un homme – déjà pas très grand – dans une grande ville. Il commence alors à reconnaître le quartier. Il ne pensait pas avoir déjà tant marché, ses quartiers natals sont pourtant à bien vingt à trente minutes de marche. Il croise des gens qui se tournent sur son passage, sans doute dû aux ailes de la liberté dans son dos. Cela lui fait bizarre de revenir ici, si longtemps après. Il n'est pas revenu dans ces lieux depuis l'assasinat de ses parents.

Soudain, il pile dans la rue, il connait si bien cet endroit, il le connait par coeur en fait. Il a dû passer à cet endroit au moins trois cents fois par an, pendant plus de cinq ans. Son école est devant lui, toujours avec cette même apparence calme. Ses grilles peintes en noir et dont la peinture s'écaille légèrement. Les petits motifs soudés dessus, comme des vagues ou des feuilles. Un raz-de-marée de souvenirs le prend et il chancelle légèrement sur ses jambes. Il venait là quand ses parents étaient en vie, avant ce traumatisme. Les enfants sont dans la cour, en train de courir partout et de jouer. Lui aussi, avec Armin et Mikasa courait partout en riant. Et là, revenir ici… Il se demande s'il va revoir certains de ses professeurs. Non, cela fait douze ans et certains étaient déjà âgés.

Un enfant dans la cour le montre alors du doigt. Il se sent soudainement épié par pleins de petits yeux naïfs et curieux. Pourquoi se sent-il soudain mal à l'aise ? Il a presque envie de faire demi-tour et de revenir sur ses pas, dire à ses équipiers qu'il n'a pas trouvé leur chef. Ouais, en fait non, il ne va pas se dégonfler juste à cause d'enfants qui l'observent. Il est dans la Brigade d'Exploration, après tout ! En son fort intérieur il se moque déjà de lui-même, non mais pour quoi il passe s'il fait demi-tour maintenant !

Le petit châtain s'approche de lui et lui demande gentiment :

— Dites monsieur, vous faites partie de la Brigade ? C'est comment ? Comment on y rentre, c'est difficile ? Est-ce que c'est dangereux ? Et votre équipe, elle est où votre équipe ?!

Eren sourit. Lui aussi aurait tant aimé rencontrer la Brigade dans ces conditions si paisibles, pouvoir poser des questions et parler calmement avec l'un de leurs membres. Mais non, lui, la première fois qu'il les a vus c'était après le meurtre de ses parents, quand ils ont débarqué si brusquement dans sa vie. Et puis, il voit mal Livaï répondre calmement à ses questions. Oui, décidément la vie est souvent injuste. Cependant il est dans la Brigade et cela parce qu'il s'est toujours battu pour l'avoir, pour y être.

— Eh bien, oui c'est plutôt difficile, oui, je ne vais pas te mentir. Il y a beaucoup de monde qui veut y rentrer et pas beaucoup de places. Ils ne prennent que la crème de la crème. Donc, travaille fort. Il faut que tu muscles tout cela (il lui montre ses petits bras maigres), que tu cours le plus vite possible le plus longtemps. En gros, beaucoup d'entraînement et pas de relâchement. Tu ne peux pas te dire, « allez, aujourd'hui je fais un pause ». Non parce que sinon tu sais que les autres vont te devancer. Dangereux… ben tu es directement en contact avec des hommes qui n'ont pas toujours de bonnes intentions alors oui c'est relativement dangereux, mais pas au point de mourir, tu sais !

Le garçon sourit joyeusement et le remercie. Ses petits yeux bruns ne lâchent pas la cape d'Eren un instant. Comme s'il avait peur qu'en détournant le regard le jeune homme devant lui disparaisse. Ce dernier est presque mal à l'aise de sentir l'admiration et cette quasi vénération pour lui de l'enfant. Il ne sait pas vraiment quoi dire, n'ayant pas du tout l'habitude de ces cas. Il bégaie et cherche du regard son ancien maître, mais ce dernier semble introuvable. Le garçon de l'autre côté de la grille n'a toujours pas bougé d'un millimètre, sa bouche toujours ouverte de la même façon, ses yeux toujours aussi pétillants. En admiration totale.

Eren esquisse une légère grimace et décroche alors sa cape. Il la déploie d'un mouvement sec du poignet et la passe au-dessus du portail. Puis il entrouvre ce dernier, se met à genoux et attache le cordon sur les épaules du petit. Les bords verts touchent le sol, y trainent même, et cela donne au petit châtain un air d'épouvantail perdu dans des vêtements trop grands. Mais il redresse fièrement le menton, les yeux encore plus scintillants de joie et de surprise. Il a l'impression qu'on lui fait un don. Pour tout l'or du monde il ne donnerait pas sa place. Le jeune adulte lui tape légèrement la tête et lui demande :

—Tu peux prendre soin de ma cape pendant ces quinze minutes ? Ah, et est-ce que tu peux aller chercher le maître Henry là-bas, s'il-te-plait ? Merci.

Le garçon hoche vivement la tête. Ses doigts caressent doucement, émerveillés, le tissu sur ses épaules. On dirait qu'il a une relique sur lui. Il se presse vers le maitre tandis qu'Eren ressort pour ne pas gêner les enfants. Il regarde les deux personnes parler un peu plus loin. Il voit l'enfant tendre son petit doigt dans sa direction, montrer la cape qui pend sur ses épaules, ses camarades envieux. L'homme âgé de la quarantaine presque cinquantaine semble le chercher, puis il le repère et hoche la tête. Un sourire croît peu à peu sur ses lèvres en reconnaissant le jeune homme malgré tout ce temps qui s'est passé. Ce dernier en est flatté, il ne pensait pas que son professeur de primaire se souviendrait de lui ! Il lui fait un discret signe de la main.

Le maitre annonce une dernière chose à l'enfant qui hoche vivement la tête. Le jeune homme devine sans problème que le professeur prolonge la récréation. Pendant que ce dernier avance, il peut l'observer comme il le désire. Il a toujours ce visage semblable, jovial et accueillant et en même temps auquel on obéit tout de suite. Un homme mûr qu'on respecte et auquel on demande conseil. Ce que va faire le jeune Brigadier. Une barbe brune et épaisse – de plusieurs mois sans doute – couvre son menton et ses mâchoires, des poils blancs se mêlent à cette dernière, le rendant encore un peu plus sérieux. Son crâne est presque dégarni, ses tempes grisonnent et le sommet de la tête commence à perdre peu à peu tous ses cheveux. Des pattes d'oies apparaissent au niveau de ses yeux bruns. Les stigmates d'une personne souriante, dit-on. Pas très étonnant venant de lui – ce qui l'étonnerait vraiment ce serait que Livaï en ait, plus tard, là il serait bouche bée.

L'homme barbu, qui – Eren en est de plus en plus sûr – doit avoir la cinquantaine en fait, ouvre le petit portillon et lui fait signe d'entrer. Un grand sourire ravi barre son visage. Il lui fait ensuite signe de le suivre jusqu'à la salle de classe où il lui propose de s'asseoir juste en face de son bureau, face à lui. Le jeune brun obéit et s'assoit sur la chaise trop petite pour son âge. C'est à ce moment qu'il réalise qu'il a vraiment grandi en douze ans. Il regard le professeur croiser ses mains devant lui et les poser sur le bureau.

— Eren Jaëger, cela fait un moment, dis-moi ! Qu'est-ce que tu deviens, mais surtout pourquoi es-tu venu ici ? Ne crois pas que je ne suis pas ravi de te voir dans mon école, loin de là !

— Oh et ben je passais dans le coin alors voilà. Je suis dans la Brigade d'Exploration, comme je le rêvais. Enfin, ça se voit… Sinon rien de spécial. Je suis dans une équipe géniale, bon avec Livaï qui est un peu grognon et Petra – vous savez la jeune femme rousse qui m'emmenait en cours et sur laquelle vous aviez sérieusement craqué. (Le professeur bégaie, rougit et regarde ailleurs l'air de rien, lui faisant signe de continuer pour dissiper son malaise.) Voilà, et puis Mikasa et Armin sont aussi à mes côtés, oui, eux aussi sont rentrés. L'une dans l'élite de tir et l'autre chez les geek.

— ça ne m'étonne pas plus que ça : Mikasa Ackerman a toujours été forte dans les jeux de balle et de tir. Armin, hum… ah oui, la bosse des maths, celui-là, toujours en avance sur les autres ! Je suis content que vous ayez réussi à faire ce qui vous plaît. J'espère que ce n'est tout de même pas trop dur ? Et les missions ? Comment ça se passe les missions, pas trop dangereux, j'espère ! Je n'aimerais pas qu'on m'apprenne que l'un de mes élèves est mort, une balle dans la poitrine dans une expédition qui a mal tournée.

Eren rit avec son professeur. Oui, ça va. Il s'est juste disputé récemment avec le caporal. Une assez grosse engueulade. Le maitre le regarde avec stupeur et un peu de peur. Non non, il n'a pas a été viré de la Brigade, tout va bien. Il doit juste le trouver parce qu'il est parti dans la ville sans prévenir personne et qu'il est introuvable. Un petit flottement passe entre eux et il lui demande comme cela se passe de son côté. Ses enfants grandissent bien, l'un à la fac de médecine et l'autre en fac de tourisme-commerce à l'autre bout de la France : la Rochelle. C'est assez difficile mais ça va, avec leur mère divorcée et les semaines chez papa ou maman…

Ils se serrent la main quand le professeur lui annonce qu'il est ravi mais qu'il doit reprendre les cours. Bien sûr, Eren ne voudrait surtout pas gêner. Oui, il va falloir du courage pour trouver ce caporal qui se cache dans cette grande ville. Mais ça ira, il finira bien par le trouver ! Ravi de vous avoir revu, vous aussi. A la prochaine fois, oui, promis et je reviendrai plus tôt que dans douze ans. Oui je sais, sinon vous n'y serez pas.

Il sort dans la cour et cherche le petit châtain auquel il a confié sa cape. Il la reprend et le remercie. Il sourit quand le garçon lui demande si la prochaine fois il peut encore l'avoir. Du coin de l'oeil, il repère un autre garçon qui joue, entouré d'une bande de curieux et de camarades. Il semble imiter un maitre de judo ou de karaté, Eren ne sait pas vraiment. Il l'observe de loin, amusé. Il entend sa voix relativement aiguë raconter :

— Et là, après il a pris l'homme au couteau et a fait une projection. Yata ! Et boum, l'homme au couteau eh ben il était au sol. Et puis l'équipe du garçon eh ben ils l'ont emmené et l'ont mis dans le fourgon ! Direction, prison. Et les gentils ont gagné. Youpi !

Le groupe se tourne alors vers lui, avec admiration et se presse vers lui. Ce dernier comprend alors que le gamin l'imitait pendant son intervention. Il était sans doute dans l'un des appartements au-dessus à observer ! Euh oui… comment il fait, lui avec tout ce monde autour de lui, dans ses pattes et qui lui pose plein de questions en même temps ? Oui… ben, bonjour…

— Et puis ce matin j'ai même revu le big boss du Brigadier, même qu'il est super petit !

Eren bug alors qu'il va franchir le portail. Livaï, il a vu Livaï ?! Où ? ça lui faciliterait grandement la tâche ! Il se dirige vers l'enfant et le prend par les épaules pour le lui demander. Ce dernier bégaie légèrement, surpris et les joues rouges. Il vient de rencontrer son héros et ne sait pas quoi dire. Il l'observait de loin, ne pensant pas qu'il viendrait vers lui !

— Euh… un quartier chic, une maison abandonnée depuis un moment… Où personne ne veut habiter parce qu'on croit qu'y a des fantômes dedans !

Sa maison. Qu'est-ce que le caporal fait là-bas ?! Son coeur bondit dans sa poitrine. De la peur, de l'adrénaline jaillit dans son sang. Il remercie rapidement le gamin et sort en précipitation de l'école. Ses jambes le portent au plus vite chez lui. Il connait encore le chemin par coeur, sans hésiter. Tout lui parait plus petit sans qu'il puisse s'y attarder. Lui qui pensait à l'époque que la maison n'était pas si loin, elle lui semble assez lointaine alors qu'il court comme un dératé. Non, ça y est, il est devant.

Ses yeux s'écarquillent comme en voyant une maison hantée avec des monstres carnivores dedans. Ces volets bleus, fermés, filtrant sans doute les rayons du soleil, encore si familiers. Elle est inchangée depuis ces douze ans qui se sont écoulées. Sur la façade, un vieux panneau à vendre est accroché, on dirait que cela fait vingt ans qu'elle n'a pas été habitée, et pourtant elle n'a pas vieilli d'un millimètre. Les souvenirs du brun se mêlent à la réalité et il lui semble presque être en face de l'un de ses cauchemars. Y a-t-il toujours ces traces de sang sur le sol ?

Soudain, il entend des coups de feu venant de l'intérieur de la maison. *


~X~


Livaï est sorti de la Brigade en coup de vent. Instinctivement, il est allé vers la maison d'Eren. Là où tout a commencé. Parfois, il se demande vraiment pourquoi il l'a pris sous son aile. Peut-être était-ce la plus grosse connerie qu'il ait faite de sa vie. Ou peut-être la meilleure chose qu'il ait faite. Il ne le sait toujours pas. Mais là, il est en colère. Il a la clef de la porte de la maison du gamin. Il ne sait vraiment pas comment ni pourquoi il l'a, c'est sans doute son protégé qui la lui a donnée. Il ne voit pas d'autre moyens.

Il trouve une vieille bouteille sur le rebord d'une étagère – dans le bureau du père sans doute – et se sert un verre. Il le descend d'un coup et la brûlure chaude de l'alcool ne se fait pas attendre. Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas bu la moindre goutte ! Fichu gosse. Et puis lui dire ça alors qu'il ne sait rien de ce qu'il a vécu. Lui aussi aurait pu rester traumatisé, faible. Mais il est devenu le contraire de Jaëger. Il s'est réfugié dans les armes, dans l'alcool et après son métier. Ce métier qui est devenu tout ce qu'il avait de précieux. Tss.

Il s'est installé dans une chambre, sans doute celle des amis, et a dormi, un bras replié sous la tête. Le sommeil n'a pas tardé à le prendre, pleins de rêves étranges. Il a préféré l'oublier au réveil, bien moins traumatisant ! Il se lève. Sa main se passe dans ses cheveux. Mal réveillé et il a faim. Qu'est-ce qu'il y a encore de comestible dans cette baraque dont la lumière filtre avec difficulté par les volets ? Rien sans doute, tout périmé. Ah si, dans la cave il y a une conserve d'ananas… Mouais. Mais pourquoi a-t-il tant voulu venir ici ? Incompréhensible.

Il va courir une heure dehors, s'achète en passant de quoi grignoter dans une boulangerie. Le gamin a intérêt a lui présenter ses excuses. Le caporal n'était jusque là jamais sorti de l'enceinte pour lui-même. Et puis son subordonné qui sort pour manger des glaces, il méritait la punition de ne pas partir en mission avec eux ! Surtout que Livaï sait qu'il adore sortir et prendre de l'expérience. Il regarde alors sa montre, il est aux environ de dix heures, un peu moins. Bon tant pis, il va rentrer, de toute façon il est calmé et le gamin ne réussira pas à le trouver ici, bien trop bête !

Soudain un bruit résonne dans la maison abandonnée. Quelqu'un vient de forcer la porte d'entrée. Livaï se redresse d'un coup, sur ses gardes. Sa main se porte immédiatement sur le flingue à sa ceinture, dont il ne se sépare jamais. Il se lève doucement, pour ne pas effrayer le nouvel arrivé. Il lui semblait bien qu'Annie se remettait en mouvement et qu'un jour ou l'autre elle enverrait quelqu'un chercher ce qu'elle voulait le jours où elle a été prise. Mais de là à ce qu'il soit là au moment, même… pure coïncidence, mais excellente !

Il sort son revolver du fourreau et déclenche le cran de sécurité. Il sort légèrement la tête dans le couloir. La chambre d'amis se trouve au fond et il sait que la personne ne peut pas le voir, il est en plus à contre-jour. C'est une femme qui est rentrée. Ses cheveux sont dans les tons bruns mais il n'arrive pas vraiment à distinguer avec le peu de lumière, et il lui semble l'avoir déjà vu. Il la laisse avancer un peu et fermer la porte derrière elle. Elle sort un portable et téléphone à quelqu'un. On lui répond rapidement et elle se dirige à l'étage. Ses pas font grincer les escaliers non utilisés depuis longtemps.

Livaï se dirige lentement sur ses pas. Elle semble retourner toute la maison, chercher quelque chose. Elle s'énerve en disant dans le micro qu'elle ne trouve rien ! Sa voix… oui il l'a déjà entendue quelque part… Il grimpe rapidement les marches et lève son pistolet, visant la jeune femme.

— Vous cherchez quelque chose ? Je peux peut-être vous aider ? Vous êtes en état d'arrestation, veuillez me suivre, on va parler à la Brigade, on sera mieux, n'est-ce pas, mademoiselle… Nanaba, c'est cela ? Je vous ai vue dans une voiture à proximité quand on a arrêté Annie.

Tout est clair pour Livaï, maintenant ! Alors qu'il s'avance vers elle, elle sort une arme et les mais tremblantes la dirige vers son torse.

— N'approchez pas… ou je tire !

Livaï claque la langue. Elle n'osera même pas tirer, elle a bien trop peur et tremble trop. Il tire alors vers le plafond pour l'effrayer, elle pousse alors comme prévu un cri aigu de terreur et jette son arme. Bon, plus facile que ce qu'il ne pensait. Il lui décroche un coup de coude dans le menton et lui saisit les poignets, faisant volets son colt plus loin. Il les attache avec les menottes sur sa ceinture – il a de la chance de les avoir. La jeune femme se débat vainement, elle est bien saucissonnée et ne risque pas de s'enfuir ! Il attrape son pistolet et le glisse dans sa ceinture.

Ils descendent les escaliers tandis que le caporal tente de la faire payer. C'est inutile, il le comprend bien. Plutôt tenter de faire la discussion avec un chat – oui il a horreur de ces bestioles ! Ils passent le seuil de la porte et il se fige. Devant, Eren est accroupi, tenant sa tête entre ses mains, terrorisé. Son corps est pris de tremblements. Il comprend tout de suite : le coup de feu, la maison. Tout cela a réveillé de mauvais souvenirs. Il pousse la femme derrière lui pour qu'elle ne s'enfuie pas et se dirige vers lui.

— Eh, gamin, c'est moi. Regarde-moi. Tout va bien, OK, je suis là. Cela fait douze ans, tu as grandi ! Tu es fort et tu es dans la Brigade, tu n'es plus tout seul, plus aussi faible. Relève-toi tout va bien.

Sa main caresse doucement ses cheveux tandis que de l'autre il tient fermement son épaule. Le brun relève lentement la tête. Ses pupilles sont écarquillées et ses yeux, bordés de larmes qui ne coulent pas. Sa respiration est irrégulière et affolée. Livaï murmure des petits « chut » jusqu'à ce qu'il reprenne ses moyens. Quand il est de retour, il bafouille et demande :

— C.. caporal ? Je… je suis désolé, je n'aurais pas dû vous dire ça, vous savez ! Je m'en veux.

— T'inquiète, gamin. J'aurais dû te prendre avec moi, tu sais. Allez, on efface l'ardoise et on rentre. On doit interroger cette demoiselle.

Il lui frotte la tête et se redresse, rattrapant la jeune femme. C'est fou comme une dispute peut vite disparaître, cela les étonne tout les deux. Finalement, ce n'était vraiment rien… Eren appelle ensuite un policier qui vient la chercher, puis il appelle Petra et lui dit qu'il a retrouvé le caporal. La jeune femme soulagée l'informe qu'elle arrive tout de suite et qu'elle les rejoint. Il lui donne leur location puis raccroche. Vingt minutes plus tard tandis que les deux hommes attendent toujours sur le palier en parlant parfois, le groupe arrive. Ils discutent et rigolent avec joie – bon pas trop le caporal, faut pas rêver non plus. La rousse semble être réellement soulagée que tout aille bien. Ils proposent de rentrer pour aller manger un bout ensemble.

Sur le trajet, des gens les regardent et les saluent avec respect. Cela fait toujours du bien d'être reconnu et apprécié par les citoyens. Ils croisent Ymir au téléphone, elle leur fait un signe de la main et rigole joyeusement. Sans doute Christa à l'autre bout, devine le cadet : elle n'est comme ça qu'avec elle. Il la regarde s'en aller dans la direction d'une boulangerie sans doute et continue son chemin.

Alors qu'ils vont traverser, une voiture s'arrête devant eux. Erd s'avance pour le renseigner sur le trajet. La vitre se baisse lentement avec ce son si caractéristique et aigu qui fait grincer les dents et un homme avec un chapeau à demi enfoncé sur le front et les yeux leur demande :

— Vous êtes Eren Jaëger ?

Ce dernier hoche la tête. Il croise une lueur mauvaise dans le regard du conducteur mais ne s'affole pas plus que ça. Erd lui demande jovialement où il veut aller en plaisantant qu'Eren est décidément la star du moment, sans vraiment qu'on sache pourquoi. Mais l'homme ne plaisante pas. Il sort de sa poche un pistolet à silencieux et le dirige sur Eren puis sur Erd. Le temps ralentit. Livaï hurle le prénom de ses subordonnés et leur ordonne de se jeter à terre tandis qu'il se jette sur le cadet pour le mettre au sol. Mais le plus âgé est presque accoudé à la voiture et est trop surpris. Qui voudrait tirer sur un Brigadier ?

La balle part alors. Sans qu'ils puissent réagir. Le filet de sang chaud éclabousse la joue de Petra et celle de Gunther. Les yeux sont écarquillés en regardant le corps de leur camarade tomber lourdement. Du sang dévale son front et ruisselle de l'arrière de son crâne, formant une large flaque dessous. Petra pousse un cri sonore et horrifié. La voiture démarre en trombe et le caporal a tout juste le temps de saisir qu'elle n'a pas de plaque. Il fond alors sur son équipier mais il est trop tard. Il n'a plus aucune chance. Il secoue lourdement la tête sous les yeux horrifiés des quatre autres.

Il ne respire plus. Leur cher Erd est mort.


* avouez que vous avez eu peur que je m'arrête ici XD ben j'ai aussi hésité :p

Bon voilà, fin du chap. Je vais sans doute me faire tuer XD mais bon, c'est ainsi ! A plus... :p

laissez-moi vos impressions même si c'est pour m'arracher la tête et ne pas comprendre le rapport avec le titre XD ! N'empêche que j'ai mis le prof ! :p