Chapitre Sept

Daryl ne pouvait même pas se résoudre à ouvrir les yeux. Le martèlement infernal dans sa tête était lui donnait la nausée.

C'était comme si chaque fois que son cœur battait, il envoyait des ondes de de douleur dans sa tête.

Il avait du mal à se souvenir de qu'est-ce qui aurait pu le faire se sentir aussi mal. Est-ce qu'il s'était battu? Ou est ce qu'il avait eu un accident de voiture ?

Il pouvait dire qu'il y avait lumière autour de lui, le dos de ses paupières était éclairé d'une teinte rouge brumeuse.

Ils n'avaient pas de fenêtres dans le salon de leur appartement. Était-il à l'hôpital? Il ouvrit les yeux rapidement mais les referma de suite, la lumière lui donnait encore plus mal au crâne.

Quelque chose bougea. Quelque chose de chaud et doux et de vivante était pressé contre lui. Il y avait des jambes emmêlés dans les siennes et sous sa main la peau nue de dos de quelqu'un. La douleur lancinante dans sa tête s'intensifia encore lorsque son cœur commencé à s'emballer, envoyant plus de sang à son cerveau.

Carol.

Il força ses yeux à s'ouvrir. Yep. Carol. Elle était enroulée autour de lui comme une couverture. Il y avait un drap tiré sur eux, mais il remarqua tout de suite la fine bande noire qui était descendue le long de son bras.

Ses yeux descendirent et, comme il avait déjà pu le deviner, sa poitrine juste vêtue de son soutien gorge était plaquée contre la sienne. Merde.

Il se souvenait maintenant. Il se souvenait d'être entré pour pouvoir appeler son nouveau patron et il se souvenait qu'elle lui avait demandé de rester avec elle. Il se souvenait d'avoir bu ... beaucoup.

D'autres souvenirs commencèrent à défiler dans sa tête, pas assez clairs pour les saisir pleinement mais là tout de même. Sa main courant le long de sa cuisse, les escaliers ... rien d'autre.

Qu'avait-il fait? Qu'avaient-ils fait?

Il bougea sa jambe, qui était coincée entre les siennes, juste assez pour déterminer qu'il ne portait pas de pantalon. Petit Jésus. Était-il nu? Ils avaient ...? Sûrement pas. Certes, ils n'auraient pas fait ça. Il voulait s'enfuir. Prendre ses affaires, sauter par la fenêtre et courir vers son pick up pour pouvoir oublier. Il avait couché avec elle! Et il ne s'en souvenait même pas!

Elle remua un peu dans ses bras et il se raidit. Merde. Elle allait se réveiller et paniquer ou même penser qu'il avait profité d'elle comme Merle l'aurait fait.

Sa tête pulsait, sa bouche était sèche, et son cœur avait l'air d'être sur le point d'exploser dans sa poitrine. Elle remua à nouveau, passant une de ses longues jambes par dessus les siennes.

"Carol?" il aboya presque avant que sa cuisse atteigne un endroit très critique.

Sa tête, malheureusement, n'était pas la seule partie de son corps qui palpitait.

Et il avait besoin de la réveiller. Il avait besoin de foutre le camp de cette pièce et loin de cette maison. Au moins, maintenant, il n'aurait pas à se soucier de l'éviter. Il doutait qu'elle ait jamais envie de lui parler de nouveau après ça.

Elle fronça les sourcils mais ses yeux restèrent fermés pendant quelques secondes. Quand elle les ouvrit, elle avait l'air confus surtout au début. Et puis elle regarda vers le bas et vit qu'ils étaient dans son lit et qu'aucun d'entre eux n'avait l'air habillé.

"Daryl?" murmura-t-elle avec des yeux grands comme des soucoupes.

"Qu'est-ce qu'on a fait?" dit-elle d'une voix tendue.

Il secoua la tête, puis se rendit compte qu'il avait toujours sa main sur son dos et la retira.

"J'en sais rien." il s'étouffa presque. "Je te jure. Je ne me souviens de rien." Sauf que maintenant, il avait un vague souvenir d'avoir jeté sa culotte par-dessus son épaule. Oh mon dieu ...

Elle s'éloigna lentement de lui, attentive à rester bien couverte par le drap pendant qu'elle roulait sur le dos.

«Est-ce que t'es nu?" demanda-t-elle en fixant le plafond.

Il regarda sous le drap, heureux de voir qu'il portait encore son boxer.

"Pas entièrement." murmura-t-il, en se sentant comme s'il allait mourir de honte.

Il avait réalisé la nuit dernière quand il lui parlait au téléphone qu'elle lui plaisait vraiment. Il était excité d'avoir une personne à appeler. Quelqu'un qui ne se laissait pas décourager par les rumeurs qu'elle avait entendu sur lui.

Et il avait tout foutu par terre. En une seule stupide nuit il avait ruiné toutes ses chances d'avoir quelqu'un dans sa vie. Quelqu'un qui le regarde avec le sourire et pas avec dégoût ou carrément avec de la peur pure et simple. Tout ça était fini et qu'il l'avait eu pendant seulement une journée.

"Je me souviens presque de rien." Elle gémit en couvrant son visage avec ses mains. Sa voix se brisa. "Je n'aurais jamais dû te demander de rester ici."

Ca faisait mal de l'entendre. Il soupira. "Écoute, je vais ramasser mes affaires et y aller, d'accord. Si aucun de nous ne se rappelle de ce qui s'est passé alors on à qu'à faire comme si ce n'était pas arrivé. On peut reprendre nos petites vies et oublier la journée d'hier. Pas de problème." mentit-il. C'était un problème énorme. Pour lui en tout cas.

Elle arracha ses mains de son visage et le regarda. «Tu veux juste partir? Et puis quoi? M'éviter comme la peste à cause de ... à cause de ça ? Daryl Dixon, c'est la chose la plus méchante que je t'ai jamais entendue dire."

Elle avait l'air d'être sur le point de pleurer maintenant et il n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle voulait dire.

"Qu'est-ce que tu veux que je fasse alors?" Il avait l'air exaspéré, mais un peu soulagé aussi. Elle ne voulait pas qu'il parte. Pas tout de suite en tout cas.

Elle le foudroya du regard. "Fais ce que tu veux." dit-elle sèchement. "Je ne vais pas te supplier de rester. Connard."

"J'essaie de rendre les choses plus faciles pour toi. Qu'est ce que tu veux que je fasse bordel ?"Il fronça les sourcils. Il n'avait pas la moindre idée de pourquoi elle était si énervée contre lui.

La seule fois où il avait parlé à des filles c'était quand il virait les pétasses de Merle de leur appartement.

Il pensait qu'elle serait juste soulagée qu'il s'en aille s'en faire d'histoires.

Elle leva la tête et plissa les yeux. Rien qu'à soutenir son regard, il avait encore plus mal au crâne.

"Plus facile pour moi? C'est ça. Tu viens ici pour tirer ton coup et après tu ne veux plus me parler. Tu n'es pas stupide, Daryl. Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais."

C'était des conneries! Il la foudroya du regard. "Tu m'as invité à rester ici, t'as oublié ? Je ne suis pas venu ici pour te sauter et partir. T'es toujours aussi chienne le matin ?"

Sa bouche s'ouvrit puis se referma rapidement. "Tu viens vraiment de me traiter de chienne? Après avoir insinué que tout est de ma faute? Je ne voulais pas que tu restes pour coucher avec toi espèce de crétin d'adolescent ! Peut-être que je deviens nerveuse quand je suis seule. Peut-être que quand tu es là je me sens en sécurité. Peut-être que je voulais que tu restes parce que je t'aime bien. Et je pensais que c'était réciproque. Mais si ça te facilite la vie de partir et de ne plus jamais m'adresser la parole, alors ne te gêne surtout pas pour moi, Daryl."

A la fin de sa petite tirade, elle hurlait. Le bruit provoquant une douleur insupportable dans son cerveau. Peut-être que tout ce temps Merle avait eu raison. Les femmes étaient complètement dingues.

"C'est pas ce que je veux." dit-il calmement, en fermant les yeux et en se pinçant l'arête de son nez.

"Mais tu dois me dire ce que tu veux toi."

Il entrouvrit un œil et la regarda une fois de plus. Elle l'étudiait, sceptique.

"Je suis d'accord avec toi. On doit oublier tout ça. Et ce que je veux, c'est que tu restes ici pendant que je prends une douche. Et quand je sortirai, nous serons tous les deux habillés et décents et juste Daryl et Carol, d'accord?" Elle s'éclaircit la voix . "Et je vais même te préparer un petit déjeuner."

Il ne s'attendait pas à ça du tout. "T'es sérieuse?"

Elle hocha la tête. "Oui je le suis."

Il se sentait encore plus embarrassé par tout ce gâchis, mais elle avait raison. Ils pourraient tout simplement oublier que c'était arrivé. Ni l'un ni l'autre ne savait vraiment ce qui s'était passé de toutes façons. Et c'était une bonne chose.

"Très bien, va prendre ta douche alors."

Elle jeta un oreiller sur son visage. "Ne regarde pas jusqu'à ce que tu m'entendes refermer la porte. OK?"

Il hocha la tête, puis se mit à rire. Ce n'était pas si terrible. Le pire semblait être passé maintenant. Elle avait flippé un peu mais c'était surtout parce qu'elle pensait qu'il allait partir. Il entendit des cintres tinter pendant qu'elle fouillait dans son armoire. Il a garda l'oreiller sur son visage, en faisant un gros effort de volonté.

Il le lança dès qu'il entendit la porte se refermer. Il se redressa, tenant sa tête dans ses mains et gémit à haute voix. Assis c'était encore pire. Il se leva avec les paumes de ses mains toujours pressées contre ses yeux.

Il attendit que la douleur se calme un peu avant d'enlever les mains de ses yeux.

Il repéra son pantalon au milieu de la pièce, mais son t-shirt n'était

nulle part en vue.

Il étudia la pièce pendant quelques minutes avant de la quitter. Il n'avait jamais eu de chambre comme ça. Spacieuse et propre. Il y avait quelques objets sur la commode et pour une raison quelconque, il se trouva en face d'elle. Il y avait quelques photos encadrées qui le firent sourire. Elle, gamine, sur les épaules d'un vieux type. Une autre qui ressemblait à un de ces portraits pour les annuaires de lycée ou elle souriait à l'appareil. Le reste c'était des trucs de fille, parfums, crèmes pour le corps et le visage et autres conneries. Il ramassa une des bouteilles et la renifla rapidement. Ouais, certainement le parfum de Carol. Il reposa le flacon et se sentit stupide de l'avoir reniflé.

Quand il arriva dans le couloir, il s'arrêta. Il y avait une table avec la moitié de son contenu brisé sur le sol à côté de lui et il y avait la chemise de Carol jetée par-dessus la rambarde des escaliers. Petit Jésus, qu'est-ce qu'ils avaient fait?

Malgré la migraine il commençait à se rappeler quelques moments de la nuit. L'avoir soulevée sur cette table. La sensation de sa langue qui glissait sur sa gorge ...

Putain ... Mais au moins il se souvenait un peu plus maintenant. Et elle semble avoir aimé. Du peu qu'il s'en souvienne. C'était bien. Ou pas, puisque c'était quelque chose qu'ils allaient essayer d'oublier. Il en était presque à souhaiter qu'il cesserait de se rappeler. Parce que si ses souvenirs devenaient plus clairs et qu'il se souvenait ce que c'était d'être vraiment avec elle, alors il n'allait pas être en mesure de faire comme si rien ne s'était passé.

Un fort coup à la porte le tira de sa rêverie.

Merde.

C'était probablement l'un des voisins, l'un de ses amis ou de ce connard grand flic qui semblait être si aimable avec elle. Connard. Il se tenait devant la porte de la salle de bains. Il pouvait entendre la douche couler.

"Carol?" appela-t-il.

"Quoi!"

"Il y a quelqu'un qui frappe à la porte aussi fort que si c'était les flics"

Il entendit son rire. "Va ouvrir alors."

Il se précipita dans les escaliers, ignorant la douleur dans sa tête.

Il devrait démonter la tête de ceux qui frappaient aussi fort à cette porte, c'était pas permis de faire autant de bruit.

Il ouvrit la porte, prête à s'énerver, mais il était trop surpris quand il vit de qui il s'agissait pour penser à râler.

"Merle? Putain, qu'est ce que tu fais ici?" demanda-t-il en louchant à cause de la douleur dans sa tête.

"Je t'ai cherché partout." grogna Merle. Puis il dût finalement se rendre compte de l'apparence échevelée de Daryl. Il était torse nu, pieds nus, et il pouvait dire ses cheveux partaient dans tous les sens. Il passa une main rapide dedans.

"Je savais que tu te tapais cette fille. Je fier de toi petit frère. Une jolie fille comme ça," Il secoua la tête: "C'est difficile à trouver."

"Merle, c'est quoi ce bordel qu' est ce que tu fais ici?" demanda-t-il une fois de plus en jetant un regard vers les escaliers derrière lui.

Le sourire de Merle retomba rapidement. "Tu ne vas pas être content, petit frère. Mais rappelle toi juste que les choses ne seront plus comme avant, d'accord?"

"Merde, qu'est-ce qui se passe?" demanda-t-il, un sentiment d'effroi lui nouant l'estomac.

Il entendit de lourdes bottes résonner sous le porche. Merle lui jeta un dernier regard inquiet, puis s'écarta vers le côté. Le cœur de Daryl tomba à ses pieds.

"Papa?" dit-il d'une voix rauque.

Là se trouvait Buck Dixon. Plus grand encore que dans le souvenir de Daryl. Il faisait pas loin de deux mètres. Cheveux gris coupés courts, des yeux bleus et froids comme la glace et un sourire pour son petit garçon. Bras massifs croisés sur une large poitrine. Il avait l'air presque identique à Merle, juste plus âgés et plus grand.

La prison semblait lui avoir réussi. Il avait l'air en forme ... assez pour briser le cou d'un ours à main nues.

"Ne reste planté là comme ça. Où est l'amour pour ton vieux père, hein?" Sa voix était profonde et familière et Daryl sentit un frisson lui courir dans le dos.

Il sortit sur le perron, puis Buck le choque en le prenant dans ses bras. Et il n'était même pas en train d'essayer de lui briser les os en le faisant.

Daryl était figé sur place, ne sachant pas comment réagir. Il fallait qu'il fiche le camp d'ici avant que Carol descende. Il l'appellerait plus tard et lui expliquerait pourquoi il avait dû décoller.

Buck le lâcha et recula en lui ébouriffant les cheveux.

"Tu as pris du muscle depuis la dernière fois que je t'ai vu, mon garçon." dit-il en lui adressant un hochement de tête.

"Ça fait quoi? Quatre ans? C'est long pour un père sans voir ses garçons."

Les yeux de Merle se déplaçaient de leur père à Daryl. "On avait pas l'argent pour faire le voyage, papa, je te l'ai déjà dit.

Buck plissa les yeux mais Daryl n'était pas sur le point de laisser cela se produire sur le porche de Carol." Laissez-moi aller chercher mes affaires et on peut décoller. "dit-il rapidement.

Buck regarda Daryl puis sourit." Tu ne penses quand même pas que je vais aller ou que ce soit, hein? Je dois rencontrer ta copine. Tu t'en es trouvé une de la bonne société, je vois. "Il regarda autour de lui." Je suis fier de toi."

"Ce n'est pas ma ..."

Buck le contourna par la droite et entra dans la maison sans lui laisser le temps de finir. Daryl se dépêcha de le suivre. Il espérait qu'il n'allait pas essayer de voler quoi que ce soit. Merde. Son père? Il n'était pas censé sortir avant encore quelques années. Oh merde, est-ce qu'il s'était évadé?

"T'as obtenu une libération conditionnelle ? "Daryl a demanda Daryl alors que Buck se tenait au milieu de l'entrée en regardant autour de lui. "Ouais. Bonne conduite. "

Il rit, puis se pencha et ramassa quelque chose sur le sol. Buck leva les sous-vêtements de dentelle noire, il devait les avoir jetés au bas de l'escalier la nuit dernière.

Buck et Merle échangèrent un regard aux yeux écarquillés et se sourirent. Daryl les arracha de la main de Buck et, ne sachant pas quoi en faire, il les fourra dans sa poche.

Ensuite, ce fut au tour de Merle. Il se baissa et ramassa le t-shirt de Daryl qui trainait au sol et le lui tendit.

Il le mit précipitamment puis leva les yeux vers les escaliers à nouveau.

"On peut pas foutre le camp d'ici?" grogna-t-il en sachant très bien qu'aucun d'eux n'allait passer à côté de l'occasion de le torturer.

Il entendit la porte de la salle de bains s'ouvrir.

"Hey, tu te souviens comment est-ce qu'on a réussi à casser tellement de choses la nuit dernière?" "On dirait qu'une tornade est passée dans la maison. Oh! J'ai trouvé ma chemise de travail. Oh, c'est pas vrai! Tu l'as déchirée Daryl! C'est la seule que ..."

Elle courait dans les escaliers et s'arrêta net dans son élan. Elle ne portait rien du même style qu'hier mais Daryl ne pouvait toujours pas s'empêcher de la regarder. Débardeur rouge , jeans délavés avec un trou dans un genou et pas de chaussures. Ses yeux étaient brillants ses joues colorées, elle était juste incroyable à regarder. Il secoua la tête, sachant que ce n'était pas le moment pour ce genre de conneries.

"Salut." dit-elle après les avoir étudiés tous les trois pendant quelques secondes. Elle continua son chemin, s'arrêtant juste à côté de lui en regardant les deux autres Dixon. "Comment tu vas, Merle?" demanda-t-elle après que personne n'ait dit rien pendant plusieurs secondes.

Merle lui fit juste un clin d'œil.

Buck la regardait mais Daryl était heureux de voir que ce n'était pas de façon flagrante et qu'il ne la déshabillait pas du regard.

Elle se serra un peu plus contre Daryl, mais ensuite elle releva le menton et tendit sa main, rencontrant le regard de Buck.

«Je suis Carol." dit-elle.

Buck regarda sa main comme il ne savait pas quoi en faire pendant un moment, mais il se reprit assez vite et prit sa petite main dans son énorme patte . "Et moi, je suis impressionné, ma petite dame." Ses yeux rencontrèrent ceux de Daryl et il hocha la tête en laissant tomber sa main.

Une fois les présentations faites, la tension sembla retomber une peu.

Mais tous les quatre se tenaient toujours là maladroitement sans savoir quoi dire.

Daryl dût finalement rompre le silence.

"Nous étions sur le point de décoller. Je t'appelle plus tard, OK?."

Il recommença à mâchouiller l'ongle de son pouce et elle fronça les sourcils.

"Tu as dit que tu restais alors tu restes. " dit-elle fermement.

" Vous avez faim, les garçons ? " demanda-t-elle avec un sourire et ses yeux quittèrent Daryl pour se poser sur les deux hommes qui se tenaient devant elle.

Bon Dieu, pourquoi avait-elle besoin de jouer les autoritaire justement devant eux?

"Affamé, ma belle.", déclara Buck avec un sourire.

Elle sourit et hocha la tête. "Et toi qu'est ce que tu en penses Merle? Tu m'as mis la main aux fesses, le moins que tu puisses faire c'est de rester pour le petit déjeuner. Tu crois pas?"

Les yeux de Merle se déportèrent vers Daryl, qui était maintenant en train de le fusiller du regard mais il haussa les épaules. "Je mangerais bien quelque chose"

Elle hocha la tête, puis disparut, se dirigeant vers la cuisine. Les trois hommes la suivirent.

"Quand est-ce que tu as touché son cul sale con? "siffla Daryl.

"Je ne savais même pas que tu la connaissais." murmura Merle en roulant des yeux.

« Et puis, tu as vu son cul. Je ne pouvais pas m'en empêcher."

Daryl le frappa à l'arrière de la tête.

"Ca fait mal, petit con. " grogna Merle à voix basse.

"Va te faire foutre, idiot. Et garde tes mains pour toi. " grogna-t-il dans son dos.

Merle le frappa au bras." Et qu'est ce que tu vas faire si je t'écoutes pas ? "

Daryl regarda en arrière et puis envoya un coup de coude droit dans les reins de Merle.

Merle gémit, Carol et Buck se retournèrent pour le regarder. il leva une main. "Je vais bien. Juste une crampe."

Carol continua d'avancer, mais Buck s'arrêta en les toisant du regard. Enfin, il se retourna et recommença à la suivre.

"Je vais te choper plus tard. " souffla Merle.

Carol s'arrêta dans son élan une fois arrivée dans la cuisine.

Il y avait du verre sur le sol, ses chaussures à lui, une paire de chaussures à talons hauts et au milieu de tout ça, une grande bouteille de whisky vide.

Daryl pouvait entendre Merle glousser derrière lui. Buck haussa juste les sourcils vers lui et Carol était si rouge qu'elle semblait sur le point de prendre feu.

"Vous avez dû passer une sacrée nuit, hein?" Merle sourit et lui donna un coup de coude.

Carol se mordit la lèvre inférieure et rencontra les yeux de Daryl mais son regard se déplaça à Merle et elle plissa les yeux. "Merle, il y a un balai dans la buanderie," Elle a désigna une porte battante de la cuisine. "Tu ramasses le verre et je te prépare ton repas."

Merle renifla mais Buck lui lança un regard dur. Il souffla puis s'exécuta.

Daryl devait donner du crédit frère. Au moins, il essayait. Une fois rentrés chez eux ce serait une autre histoire. Mais il essayait maintenant et c'est ce qui comptait.

Carol contourna la zone avec le verre brisé pour accéder à l'ilot central. Elle s'occupa du repas, en levant les yeux vers Daryl de temps en temps avec un regard interrogateur. Elle allait avoir beaucoup de questions à lui poser si Merle et son père s'en allaient. Il espérait qu'ils allaient juste manger et partir.

"Ton frère a un problème, mon garçon." dit Buck calmement.

Daryl détourna ses yeux de Carol et étudia l'autre homme. Il avait l'air troublé. Ce n'était pas le genre de regard que Daryl associait avec l'homme.

Buck lui n'avait pas de problèmes. Il était les problèmes. Mais ses yeux étaient inquiets alors qu'il regardait Merle.

Daryl ne put s'empêcher de sentir la colère monter. "Ouais , eh ben, ça fait longtemps qu'il a un problème et tu le sais très bien, rien de nouveau."

Buck détourna ses yeux de Merle et fixa Daryl avec un regard énervé.

" Tu as quelque chose à me dire, mon garçon? "demanda-t-il, incapable de voiler la menace dans sa voix.

"Non, pas ici. " dit Daryl en serrant les dents.

Il leva les yeux et Carol le regardait avec inquiétude.

"J'ai changé, mon garçon. Je sais que tu vas mettre du temps à me croire, mais c'est la vérité. Tout ce que je demande c'est que vous me donniez une chance. " siffla-t-il.

Daryl ne pouvait pas croire qu'il entendait ça. Il ne pouvait pas rester là et faire comme si tout allait bien.

Rien n'allait bien et depuis longtemps et c'était la faute de cet homme. Il avait besoin d'air. Buck était trop près de lui. Il voulait juste sortir.

Il se retourna et s'engouffra vers la porte d'entrée. Il savait que l'autre fils de pute le suivait, mais il ne se retourna pas avant d'être hors de la maison. Puis il lui fit face brusquement, obligeant presque le colosse à lui rentrer dedans.

"C'est quoi ce bordel qu'est ce que tu veux de nous? Hein? " cracha-t-il puis il se prépara pour le coup qu'il savait venir. Seulement, il ne vint pas. Buck croisa les bras sur sa poitrine, son visage illisible.

"Je suis clean, mon garçon. Qu'est ce que tu veux que je fasse, hein? Tu veux que je te dise à quel point je suis désolé? Ca te ferait te sentir mieux?"

"Tu es clean? "Daryl dit d'une voix faible qu' il reconnaissait à peine.

" C'est vraiment super. Je suis content pour toi. Mais tu sais qui n'est pas clean? Mon frère. Tu l'as rendu accro à cette merde et c'est moi qui ai dû assumer. Tu m'as défoncé le crâne. Putain, comment tu veux que je réagisse au fait que tu te pointes ici ? Je ne savais même pas que t'étais en prison pendant quatre jours. Quatre jours dans le coma à cause de toi. Et quand je me suis réveillé, Merle était mon problème. J'ai dû quitter l'école et bosser pour qu'on ait un toit au dessus de nos têtes, à cause de toi. Tu sais combien de fois je l'ai regardé presque mourir? "Daryl secoua la tête.

Buck était resté là, les bras toujours croisés." Et qu'est-ce que je suis supposé dire à ça?"

Daryl secoua la tête, son esprit vacillait, son ventre était noué et sa tête la martelait au rythme des battements de son cœur.

" Il n'y a rien à dire. Et toutes tes excuses ne peuvent rien changer. Mais ne viens pas maintenant pour retrouver ton fils que t'as laissé pour mort. T'as réussi, il est mort. Juste là ou tu m'as laissé, sur le sol."

Daryl arrivait à bout de souffle. Et il attendait toujours que ça se produise. Attendait que les coups commencent à pleuvoir. Mais ils ne vinrent pas.

Buck, pour la première fois de la vie de Daryl, avait l'air vaincu.

Tous les deux se tournèrent vers la porte en l'entendant s'ouvrir. "le petit déjeuner est servi" dit Carol tranquillement, en regardant de Daryl à Buck.

"Mais dépêches toi, Buck. Merle est déjà en train de lorgner sur ton assiette.

" Buck lui sourit, mais c'était un sourire forcé. Il passa devant elle, mais Daryl ne bougea pas.

Elle avait un regard inquiet sur le visage et il espérait vraiment qu'elle n'avait pas entendu tout ça.

"Tu vas bien?" demanda-t-elle en s'approchant un peu plus près et en fermant la porte.

Il hocha la tête, ne se fiant pas sa voix. Il recula contre la rambarde.

"Alors, ton père .."

"Je n'ai pas envie d'en parler. "dit-il, sa voix rauque à cause du poids de l'émotion qu'il ressentait.

Elle hocha la tête." Très bien. Alors on n'en parlera pas. "elle était encore en train de s'approcher et il n'avait nulle part ou aller pour s'éloigner d'elle.

Il n'arrivait pas à la regarder en face et ses mains tremblaient.

Bon dieu, est-ce qu'elle n'était pas fichue de voir qu'il avait besoin d'un peu de temps tranquille pour se ressaisir ?

Il sentit ses mains sur ses épaules avant de finalement lever les yeux et de rencontrer ses yeux. Il sentit ses muscles se tendre sous ses doigts. «Qu'est-ce que tu fais ...»

Elle pressa un doigt fermement contre ses lèvres, pour le faire taire. "On ne parle pas." dit-elle sévèrement.

Son expression sévère lui donna presque envie de rire. Presque. Elle continua d'approcher jusqu'à être pressée contre lui, il plissa les yeux et elle déplaça finalement son doigt de sur ses lèvres. Elle glissa ses bras autour de son cou. "Qu'est-ce que tu fais ..."

"Shhh. Tu as dit qu'on ne parlait pas. Tu ne suis jamais tes propres règles ?"

"Non " grommela-t-il mais finalement il céda et lui passa les bras autour de la taille.

Elle sourit." Ca. " elle lui serra le cou " C'est ce qu'on appelle un câlin, Daryl. Parfois, les gens ont besoin. " Elle sourit.

"Moi pas." grogna-t-il.

"Mmm hmm. Je vois ça à la façon dont tu refuses de mettre tes bras autour de moi. Les grands méchants Dixons ne font pas de câlins et surtout pas à des femmes casse pieds comme moi. "Elle lui fit un clin d'œil.

Il secoua la tête." T'es une idiote."

Elle baissa les bras de son cou et il laissa les siens retomber sur ses côtés.

" Et moi, j'ai vu des glaciers plus faciles à dégeler que toi, Daryl. Tu me brise le cœur. Enfin, quelque chose me dit que t'étais pas aussi grincheux hier soir. "Elle lui fit un clin d'œil, puis se retourna pour rentrer dans la maison.

Quelle saleté. Il sentit son visage rougir et se souvint alors de quelque chose." Hey, Carol?"

Elle se retourna avec toujours un regard espiègle dans les yeux.

"J'ai trouvé quelque chose qui t'appartient." il fourra la main dans sa poche et en sortit la culotte qu'il avait arraché à son père un peu plus tôt.

Il sourit puis regarda ses yeux s'écarquiller puis se rétrécir rapidement. Le sourire sur son visage se crispa.

Il pensait bien que ça serait drôle, il pouvait voir son visage devenir de plus en plus rouge, mais ensuite elle se mordit les lèvres et braqua ses yeux sur les siens.

Elle haussa les épaules. "Garde-la."

Son sourire se figea." Quoi?"

Elle cligna de l'œil à nouveau." Garde la, Daryl."

Elle se retourna et retourna à l'intérieur, fermant la porte derrière elle.

Il regarda la chose fragile dans sa main, regarda autour de lui pendant seconde, puis la remit dans sa poche.

Et puis merde. Il était un Dixon. Ce ne serait pas plus mal pour lui d'agir comme tel une fois de temps en temps.