Un mois que je savais. Un mois que les Cullen et moi nous nous tournions autour. Et deux mois que l'école jasait. Officiellement, je m'étais rapprochée de Rosalie, quand celle-ci m'avait reconduite, et de Jasper après qu'il m'ait sauvé. Du coup, même si les gens étaient étonnés quand Alice ou Emmet me disait bonjour, cela sembla quand même logique aux yeux des autres. Personne ne soupçonnait que j'allais souvent chez eux pour parler vampirisme et écouter leurs histoires. Bien sûr ils ne me confiaient pas leurs secrets ou des choses douloureuses, mais j'avais par exemple noué avec Esmée autour du roman « Les hauts de Hurlevent » ainsi qu'autour de l'évolution des droits des femmes. C'était une personne formidable et cela ne m'étonnerait pas qu'elle m'avoue un jour avoir milité pour le droit des femmes dans les années 50/60 ! Il y avait Carlisle aussi, avec qui j'avais moins d'affinités, le voyant plus comme une figure paternelle qui veillait sur les autres. Il était venu me voir, un soir où Charlie était absent, pour parler d'une chose plus sérieuse : garder le secret. Garder le secret à tout prix. Il m'avait éclairé sur les 'autorités' vampiriques. Un clan nombreux qui veillait depuis des années à ce que les vampires ne dépassent pas les limites afin de préserver le secret. J'avais ressenti une certaine froideur dans sa voix quand il en avait parlé et j'en avais été surprise. Mais cela m'avait aussi rendue nerveuse. Etaient-ils dangereux ? Est-ce qu'ils allaient s'en prendre aux Cullen parce qu'ils avaient suivis les visions d'Alice et m'avaient inclus ? Malgré toute la gentillesse, et la bienveillance qui avaient guidée son discours, je n'avais pas pu fermer l'œil de la nuit face à ces nouvelles informations.
Jasper qui avait senti mon anxiété le jour suivant m'avait pris à part au lycée pour me demander si tout allait bien. Je me rendis compte que Jasper ne savait pas calmer les gens qu'avec son don, mais aussi avec ses paroles. Il avait trouvé les mots justes ce jour-là. Il m'avait même fait sourire un peu et je m'étais sentie moins anxieuse. Je savais qu'il faudrait que je me méfie, mais un danger imminent n'était pas à prévoir. Du moins pas du côté de ce clan. Volturi…. J'avais trouvé ce nom bien étrange mais je m'étais gardée de faire des recherches sur internet pour en apprendre plus, de peur de me faire repérer ou autre. Les joies d'avoir un père policier ce qui me rendait parfois légèrement méfiante. Mais à part ce clan mystérieux, j'acceptais plutôt bien les caractéristiques de mes nouveaux amis. Emmet ne ratait pas une occasion de me charrier sur ma « maladresse humaine », comme il disait, et bien que nos caractères soient opposés, nous arrivions à passer de bons moments ensembles. Rosalie prenait le temps de m'expliquer des choses, et je devais avouer que je la prenais de plus en plus comme une référente. Sa manière d'aborder le sujet me convenait parfaitement. Pas trop brusque mais assez sincère que pour comprendre le tout et avoir toutes les cartes possibles en main. Alice quant à elle s'était un peu calmée et se tenait en retrait. Jasper m'avait raconté qu'il lui avait parlé et qu'elle avait arrêté de bouder. Il avait rigolé face à mes excuses et avait simplement clos le sujet en disant que c'était agréable de voir quelqu'un qui ne prenait pas les visions d'Alice pour acquises. Je n'avais pas su quoi répondre et avait simplement haussé les épaules, ne voulant pas m'engager dans l'exposition de mon avis sur ces visions.
Les visions d'Alice… Ce n'était pas son don en sois qui me rendait mal à l'aise mais l'utilisation qu'elle et sa famille en faisait. Elle m'avait appelée par un surnom juste sur la base d'une vision alors que je n'étais clairement pas prête pour ce genre de rapprochement… Mais c'était son fonctionnement. Pour reprendre les mots de jasper : les visions sont prises pour acquises. Mais elle n'était pas la seule à se baser sur son don. Edward aussi le faisait énormément. Il répondait à une question encore informulée, ou coupait quelqu'un dans sa réflexion ou réagissais à une pensée d'une autre personne que celle qui lui parle. Je le plaignais d'être toujours entouré de bruits et de voix et je pense que je ne supporterais pas ce genre d'expérience. Je vénérais trop ma bulle. Ma bulle qui d'ailleurs, restait impénétrable pour lui. Il m'avait finalement avoué qu'il ne pouvait pas lire mon esprit. En plus d'avoir une odeur plus alléchante pour lui, je demeurais totalement silencieuse mentalement, ce qui ne faisait qu'accroitre son intérêt pour moi. Je ne savais pas si le fait que cet intérêt soit plus clinique qu'autre chose devait me rassurer ou non. Heureusement il gardait ses distances pour l'instant. Je pense bien que je serais devenue folle à force de le voir me fixer ou émettre des hypothèses avec Carlisle. Ce dernier prenait, tout comme Esmée, extrêmement soin des siens. Il passait beaucoup de temps à parler avec Edward de cette situation pour éviter qu'il n'y ait un débordement, ou qu'il ne se sente trop mal. Il avait aussi pris le temps de me parler à moi un après midi. Je compris directement avec ses questions, que malgré mes efforts pour cacher mon malaise, il était bien au courant que cette situation n'était pas simple à vivre pour moi. Je n'avais pas osé me plaindre, ou expliquer plus amplement mon ressentit, ne voulant pas qu'Edward se sente mal ou autre, mais j'avais profité de l'opportunité pour demander s'il y avait moyen de faire quelque chose vis-à-vis de cette histoire d'odeur. Afin de simplifier la vie d'Edward, et du coup aussi celle de Jasper. Au fil de la discussion nous étions tombés sur une idée d'habituation. Habituer Edward à mon odeur pour qu'elle devienne moins intense, et ainsi diminuer l'impact sur Jasper. L'idée fut approuvée par les deux vampires et je me mis à faire une tournante de foulards et d'écharpes avec Edward, pour qu'il puisse se familiariser avec mon odeur. D'après Jasper cela fonctionnait doucement, mais surement.
Jasper était d'ailleurs celui avait qui j'avais développé le plus d'affinités. Il avait su me rassurer inconsciemment qu'ils n'étaient pas juste des vampires. Chacun d'eux avait une personnalité, des loisirs, des goûts et il avait su me montrer, sans le vouloir, que le vampirisme impliquait certaines barrières physiques avec les humains, mais que des liens étaient quand même possibles. En effet, quelques jours après ce fameux Weekend où j'étais passé lui rendre son livre, il était revenu me voir. J'étais encore dans ma phase d'acceptation quand il était venu et j'avais eu peur qu'il ne me donne de nouvelles informations à digérer. Je fus donc agréablement surprise de voir qu'il venait pour autre chose. Il était venu me parler de livres. Un tas de livres… Nous n'avions jamais évoqué l'ouvrage de Bram Stoker cependant et c'est ce qui avait enrichit l'échange. J'avais appris qu'il aimait beaucoup les nouveaux livres fantastiques, adorant ceux qui parlaient de mondes parallèles et magiques. Moi je préférais plus les classiques, l'ancienne littérature portant plus sur la finesse et la psychologie des personnages. Pourtant nous nous étions trouvé des points communs, n'excluant pas d'autres genres à nos piles à lire !
Nous parlions beaucoup d'ailleurs avec Jasper. Enfin nous écrivions beaucoup. Entre mes cours, mes fréquentations humaines, Charlie et les autres Cullen il ne me restait pas tellement de temps, et que j'avais souvent besoin de ma bulle de solitude et de silence. Je n'avais jamais eu une vie sociale remplie, rien que le fait de pouvoir dire que j'avais des amis, avec toutes les conventions sociales que ça implique, était une nouveauté pour moi. Au début je ne me rendais même pas compte que cela me fatiguait, c'était venu petit à petit : je devenais plus silencieuse, plus renfermée. Plus intolérante aussi à ce qu'on pouvait me dire. C'était mon père qui m'avait fait remarquer que je semblais plus distante. Depuis j'essayais d'avoir mes jours à moi. Les weekends je refusais souvent les sorties si on m'en proposait, et je savourais le calme. C'était agréable. Je vaquais à mes occupations sans devoir croiser des gens. Un ressourcement en quelque sorte. Et c'est là, souvent, que j'écrivais à Jasper. Des emails principalement, nos échanges devenant trop long avec le temps pour rester au stade de textos. Souvent sur des analyses littéraires plus poussées. Au début je me montrais réticente à donner mon opinion, mais c'était plus facile maintenant. De plus il n'était pas du genre buté, c'était même agréable de discuter avec lui de points divergents car cela amenait une nouvelle perspective. Là où Alice et Edward me rendaient mal à l'aise, Jasper rattrapait le coup. Sa personnalité était très agréable pour quelqu'un comme moi. Comme Rosalie, il avait son franc parlé tout en étant moins direct que sa sœur, plus calme et posé. Il prenait le temps d'observer et d'évaluer. Rosalie était plus du genre à foncer ou pas, mais sans juste milieu, et même si cela ne me déplaisait pas, Jasper était plus nuancé.
En sois J'aurais dû être contente d'être tombé sur quelqu'un ayant d'excellents goûts en matière de lecture, mais devenir amis avec les Cullen amenait aussi son lot de points négatifs. Et ceux-ci ne concernaient pas nécessairement le vampirisme. En effet, j'étais actuellement assise face à Lauren et Jessica et ces deux dernières me fixaient avec de grands sourires. Elles venaient de m'exposer un super plan pour pouvoir se rapprocher des Cullen. Bien sûr elles avaient été intelligentes et n'avaient pas clairement décrit leurs intentions, mais Edward avait été assez gentil pour faire passer le mot. Non elles étaient venues me trouver en me disant que ce serait chouette de tous se voir une fois en dehors du contexte des cours et de l'école. Une sorte d'action sociale pour que nous nous rapprochions tous. Seigneur j'étais malade rien que d'entendre le mot « fête ». Je su garder mon sang froid de manière remarquable. Bon, ce n'était pas si étonnant que ça si on savait qu'un certain empathe était présent dans la pièce. J'allais répondre quand une voix dans mon dos me coupa la parole.
« Une fête ? Oh mais se serait super ! »
Les deux filles regardèrent la personne derrière moi avec des grands yeux alors que je me tournais vers celle qui venait de nous rejoindre.
« Alice ! Tu nous as entendues ? »
La voyante me regardait avec un immense sourire chaleureux et penchait un peu sa tête sur le côté.
« En fait je venais t'inviter à manger avec nous, Edward comptait te demander un truc pour le cours de biologie. Et puis j'ai entendu Jessica parler d'une fête avec nous tous. Ce serait super ! Vous avez déjà une idée de quand vous voulez la faire ? »
A ce moment précis je bénissais qu'Edward n'ait pas accès à mes pensées. Je suis sure qu'il aurait moyennement apprécié que je torture sa sœur mentalement. En lançant un coup d'œil à la table je voyais d'ailleurs ce premier froncer les sourcils dans notre direction, son regard porté sur Alice. Mon regard croisa alors celui de Jasper, rieur, qui me fixait. Je détournais la tête essayant de ne pas me dire qu'il avait dû sentir mes pulsions meurtrières et qu'il s'en amusait. Alice avait pris place à notre table et complotait avec Jessica et Lauren pour cette fameuse fête. Je n'avais pas compris comment, mais Alice était devenue une des organisatrices et j'étais attendue le weekend prochain. Mais pourquoi une fête ? Et qu'est ce qui avait piqué Alice pour qu'elle se lance là-dedans ? Me retournant pour la énième fois, j'abandonnais l'idée de dormir tout de suite et pris mon téléphone. J'hésitais un instant avant de taper mon message, l'effacer, en écrire un nouveau, le réeffacer et juste envoyer un « salut, je te dérange ? » à Jasper. Naturellement la réponse arriva presque instantanément ce qui me fit sourire. Un jour je lui avais demandé comment il faisait pour l'écrire si vite alors qu'il était en train de jouer à un jeu vidéo avec Emmet. Il m'avait répondu en riant que c'était le miracle de la vitesse vampirique. Depuis je l'imaginais toujours faire quelque chose qui normalement rendrait l'écriture d'un texte compliqué, ou du moins plus long, et m'écrire en même temps.
« Non pas du tout. Un souci ? :) »
Ah les smileys. Moi qui détestais en écrire j'avais vite appris à en mettre avec Jasper. Il avait l'habitude de toujours sentir les émotions des autres alors il était perdu face à des sms sans smiley, ne sachant pas comment les interpréter. Je me souviens qu'au début il avait plus d'une fois cru que j'étais de mauvaise humeur. En avait suivi une longue conversation sur l'intrusion des smileys dans les échanges écrits. Mon argument avait été que personne n'utilisait ces symboles avant en écrivant une lettre et la personne lisant la lettre ne s'imaginait jamais que l'autre était fâché à cause de ce manque. Il avait ri et avoué que c'était un bon argument, mais avait pointé le fait qu'à l'époque les gens avaient tendance à coucher leurs sentiments sur papier, tandis qu'aujourd'hui beaucoup de personnes se cachaient derrière un écran pour éviter de trop se dévoiler. Ce qui n'était pas faux non plus. J'adorais débattre avec lui, pour l'un comme pour l'autre c'était dur d'avouer que l'autre avait de bons arguments, mais c'était aussi un sentiment de victoire de voir l'autre l'avouer. Mais ce soir je n'avais pas trop la tête à ça je devais bien l'avouer.
« Tu sais pourquoi Alice a accepté cette idée de fête ? :/ »
« Apparemment elle a vu que ça se passerait bien et avait envie pour une fois de se mélanger aux humains. :) »
« Apparemment ? »
« Elle est partie chassée, mais en tout cas elle était d'humeur taquine toute la journée donc je me dis qu'elle a dû voir un autre truc… ça t'ennuie toujours autant ses visions ? :/ »
« Un peu j'avoue… J'ai du mal à me dire qu'il faut que j'agisse d'une certaine manière pour que sa vision se réalise ou qu'elle réagisse d'une manière car de toute façon elle l'a vu... C'est, je crois, la chose qui me dérange le plus dans tout ce bazar de vampires… »
« Oui ce n'est pas toujours simple à suivre… Elle le fait depuis 50 ans, c'est compliqué aussi pour elle d'imaginer une autre manière de faire. C'est son harnais de sécurité à elle. ^^ »
« Je me doute… Et donc, je te dérange dans qu'elle activité ce soir ? :) »
« Quel changement subtil de conversation mademoiselle Swann ! :p Eh bien… dans rien de particulier ! »
« Que voulez-vous damoiseau Hale, je suis une fille talentueuse ! :p Rien de particulier ? C'est ta manière de me dire que tu chassais ? »
« Ha ha ha ! –' Cela fait bien longtemps que je ne suis plus un damoiseau miss Swan ! Et non, c'est ma manière de dire que je ne fais rien, allongé sur un lit à contempler le plafond et à me perdre dans mes souvenirs… »
Je relisais le message plusieurs fois. Pas besoin de smileys pour ressentir qu'il n'était pas des plus joyeux ce soir.
« Est-ce que ça te manque de pouvoir dormir ? »
« Oui et non… Autant c'est un gain de temps considérable, autant cela nous force à rester toujours connecté à la réalité. Il n'y a pas moyen de décrocher complètement un instant… Mais en parlant de sommeil, tu sais qu'il va être deux heures du matin ? :p »
« Le sommeil ne venait pas mais je pense que je vais aller lui donner une seconde chance en effet ! ^^' Merci de supporter mes tourments nocturnes ! :) »
« Le plaisir est pour moi, miss Swan ! A demain, dors bien ! :) »
Je soupirais et posais mon portable. Était-il vraiment seul dans son lit à ne rien faire à part ressasser le passer ? J'espérais que non. Cette image avait une touche mélancolique que je ne souhaitais pas à Jasper. Après… Si on vivait depuis aussi longtemps que lui, prendre une pause et ressasser le passé pouvait parfois être nécessaire. Un bâillement m'échappa et je me sentis partir preste directement après. Peut-être que cette idée de fête aura l'air moins terrifiante demain… Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les invitations avaient fusé et tout le monde ne parlait que de ça. Cela ne se calma pas jusqu'au weekend. La fête aurait lieu dans la maison de Lauren, et elle était chargée avec Alice de la déco et de la musique, tandis que Jessica devait s'occuper des boissons et de la nourriture. Du moins elle devait s'occuper à inciter les autres à prendre un petit quelque chose. Moi j'essayais de me faire discrète. Bien sûr que j'allais aller à la fête, Rosalie était venue me dire qu'elle aimerait qu'on y passe du temps toutes les deux, sous entendant qu'elle aussi devait supporter la nouvelle lubie d'Alice. Au moins on serait deux. J'avais même demandé de l'aide à la blonde pour m'habiller, sachant pertinemment qu'y aller en chemise à carreau n'était pas la meilleure option et ne voulant pas non plus me trouver dans les griffes d'Alice qui s'était tournée vers moi avec un grand sourire quand les filles avaient émis l'idée de se préparer toutes ensemble. Parfois elle me faisait peur, et encore une fois cela n'avait rien à voir avec son côté vampire.
Le vendredi arriva trop vite à mon goût mais malgré moi je me laissais gagner pas l'excitation collective. Ma première fête. Il est vrai qu'à Phoenix je ne me mélangeais pas vraiment donc je n'étais jamais invitée. Ici c'était différent. Et même si je ne les appréciais pas plus que ça, Jessica et Lauren auraient pu entièrement m'exclure de la chose dès le moment où Alice les avait rejoints pour organiser l'évènement. Du coup je me retrouvais le vendredi après-midi à regarder ma garde-robe, sceptique, en compagnie d'Angela qui dépliait ses deux tenues sur mon lit en attendant Rosalie.
« Tu n'avais rien préparé à l'avance Isabella ? »
« Pas vraiment, je n'avais aucune idée quoi mettre. »
Elle me sourit doucement avant de venir regarder avec moi. J'appréciais de plus en plus Angela qui était tout aussi timide et réservée que moi. Pour finir elle dénicha deux hauts un peu plus festifs, qui dataient de l'époque ou Renée remplissait encore mon armoire en croyant que je sortais de temps en temps entre amis. L'un était assez simple : un haut noir à paillettes sur tout le devant, tandis que l'autre était un mixe entre une blouse et un haut avec ci et là des perles et des motifs en relief. Nous décidâmes toutes les deux que le haut noir collerait mieux avec la fête de ce soir. Je venais de l'enfiler quand Rosalie arriva dans la pièce, Charlie avait dû lui ouvrir. Elle me regarda un instant interdit avant d'éclater de rire.
« Alors là ! »
Je la regardais interdite, un léger sourire sur les lèvres, la connaissant elle ne se moquait pas de moi.
« J'ai l'air si ridicule que ça ? »
Elle secoua sa tête avant de sortir de d'un sac qu'elle avait avec elle un haut presque identique.
« Je m'étais dit que ça pourrait t'aller et c'est pour ça que je suis en retard, je n'arrivais plus à mettre la main dessus. Mais du coup je vois qu'on a pensé à la même chose ! »
Je rigolais doucement, ne manquant pas de préciser que c'était l'idée d'Angela. Cette dernière souris, un peu plus en retrait face à Rosalie. Cette dernière brisa cependant vite la glace en aidant mon amie à choisir sa tenue et en lui proposant de faire une coiffure qui irait avec. Bientôt la salle de bain fut réquisitionnée en plus de ma chambre et quand Charlie passa devant la porte ouverte il me regarda légèrement perdu face aux produits et outils amenés par Rosalie. Je lui retournais un regard légèrement paniqué qui le fit sourire avant qu'il ne prenne la fuite à l'étage du dessous. Chançard. Alors que Rosalie et Angela s'étaient lancées dans l'élaboration de coiffures plus ou moins sophistiquées, je penchais pour simplement ramener mes cheveux un peu en arrière, grâce à une pince, tout en les laissant lâché. C'était déjà bien assez différent pour moi. Je m'amusais presque à ces préparatifs jusqu'à ce que nous soyons dans la voiture et que Rosalie me glace le sang d'une phrase :
« Au fait, ça ira ce soir avec la foule Isabella ? »
Ah oui ! Ça ! Foule et espace confiné ! Enfin confiné… Je n'étais jamais allée chez Lauren et Angela devait être télépathe elle aussi car elle embraya :
« De ce que je sais Lauren à un grand jardin et une sorte de chalet dans le fond, je crois que c'est là qu'elle voulait faire la fête, du coup se sera assez aéré. »
Son sourire bienveillant m'en décrocha un et je hochais simplement la tête. Oui, ça devrait aller. Si je le répétais assez souvent j'étais sûr que ça allait finir par se réaliser. De toute façon, il était un peu tard : nous nous garions dans l'allée de Lauren, déjà bien remplie de voitures. Je soufflais une fois avant de sortir et de me lancer dans cette aventure qu'était une soirée entre lycéens. Au moins je pourrais raconter une histoire vraie à ma mère pour une fois, sans devoir piocher dans un livre pour avoir des détails et paraitre crédible…
Le souci, c'est qu'au bout d'à peine dix minutes je regrettais déjà cette pensée, n'ayant qu'une envie : fuir loin d'ici. C'était … sauvage et bruyant… Rempli de monde… Mais qu'est-ce que je faisais là ? Je me cachais derrière mon verre, prenant une énième gorgée de soda en regardant autour de moi. Nous étions dans le grand jardin de Lauren et son chalet de jardin, qui devait servir pour faire des barbecues en été (il n'y avait qu'à Forks qu'un chalet pour un barbecue était utile pour être sûr d'éviter la pluie omniprésente), servait de lieu pour le buffet et d'emplacement pour la musique. Je m'étais réfugiée derrière une colonne du chalet qui en soit devait être très cosy. De forme octogonale, seule la moitié des faces étaient des murs de briques, L'autre moitié était composée de baies vitrées qu'on pouvait faire coulisser, ce qui avait été fait ce soir pour laisser deux trous béant comme point d'accès au bâtiment. Je m'étais mise à l'intérieur, le gazon étant transformé en piste de danse et squattée par un jeu de Ping Pong et couvert de verres de bières. Sans parler des gens : les uns, de plus en plus bourrés hurlaient quand une balle touchait sa cible, les autres criaient au son de la musique et déchainaient dans des mouvements tout sauf en rythme, et finalement des gens comme moi qui restaient entre eux à papoter ou à s'embrasser sauvagement dans des coins pas si discrets que ça. Rosalie avait filé sur la piste de danse en voyant que des filles étaient un peu trop près d'Emmet, tandis qu'Angela avait été invité par Ben à boire un verre un peu plus loin. Vu comme elle rougissait et comme ils rigolaient ça devait bien se passer. J'eu un sourire en les voyant : ils étaient dans leur bulle et semblaient bien. De plus cela me permettait de ne pas céder à la panique : me concentrer sur une amie et essayer d'occulter le reste.
« Et elle se tenait là, en retrait, à observer le monde qui ne l'observa pas en retour. »
Je sursautais légèrement en entendant une voix derrière moi, avant de sourire à Jasper de manière un peu gauche.
« En même temps, comment ne pas observer ce spectacle ? »
Nous nous tournions d'un même mouvement alors que deux garçons légèrement éméchés renversèrent une partie de la table de Ping-Pong dans un bruit de cris et de boisson renversées.
« Ton envie de partir se dénote remarquablement parmi tous ces gens bourrés d'alcool et d'envies sexuelles. »
Je me tournais vers lui choquée. Envies sexuelles ? Pourtant… Ok je voulais partir maintenant.
« Ma bibliothèque entière pour que tu m'emmène ! »
Ce fut à son tour de me regarder surpris avec un sourcil haussé, mon ton implorant laissant clairement transpercer de la supplication, avant de sourire amusé et hocher la tête.
« Je comptais y aller de toute façon... la soirée commence à devenir un peu trop intense pour moi. »
Je me mordillais doucement la lèvre. Oui en tant qu'empathe j'imaginais avec peine le calvaire que Jasper devait subir. Je le laissais me prendre la main et me tirer derrière lui en traversant la foule. Par moments sa poigne se fit un peu plus forte et il me semblait l'avoir vu tanguer un instant, mais bientôt nous quittâmes le jardin de Lauren et Jasper me pressa jusqu'à un 4x4 noir assez sympa même si discret. Il n'y avait pas de siège arrière de sorte que le coffre se retrouve agrandit et envahi d'un tas de choses d'après ce que j'avais pu apercevoir en m'asseyant du côté passager. Une fois la porte fermée et ma ceinture mise je soufflais un coup. Oh seigneur !
« Pourquoi Alice a voulu faire cette fête ? »
Il secoua simplement la tête en haussant les épaules.
« Aucune idée. Mais elle avait tendance à regarder Edward avec un air espiègle donc je ne crois pas que nous étions visés. »
Je le regardais incrédule alors qu'il démarrait.
« Attend, tu veux dire que j'aurais pu ne pas venir à ce truc ? »
Il rigola légèrement.
« Oh, j'éviterais de croire qu'Alice n'en avait qu'après Edward. »
Ohh… ça ce n'était vraiment pas bon signe. Je me laissais retomber dans mon siège en fermant les yeux, me disant qu'au moins pour ce soir j'avais échappé à une fête. Lorsque je les rouvris je me rendais compte qu'on était sur la nationale quittant la ville.
« Tu as raté le tournant pour aller chez moi… »
Jasper se tourna vers moi un instant avant de reporter son attention sur la route, même si la voiture n'avait pas bougé d'un pouce.
« Désolé, je m'étais dit que je t'emmènerais bien découvrir un endroit… Mais tu veux peut-être rentrer chez toi ? »
Le silence s'installa un moment. Charlie avait semblé heureux que j'aille à une fête, et j'avais cru l'entendre dire à Renée que je m'intégrais enfin. Rentrer mainmettant risquerait de l'inquiéter pour rien… Je finis par répondre doucement :
« Quel genre d'endroit ? »
« Un parking qui mène à la randonnée dans les montagnes. »
« Tu veux faire de la randonnée dans les montagnes en pleine nuit ? »
Il éclata de rire avant de bifurquer, suivant un petit chemin en pente menant à l'endroit en question.
« Non, mais c'est un des seuls endroits où on peut observer le ciel sans être gêné par la lumière ou les arbres ! »
« C'est aussi un des endroits favoris des jeunes pour se retrouver en toute intimité et faire des choses inavouables ! »
Alors que Jasper venait de se garer il se tourna vers moi un air à mi sérieux, mi moqueur sur les lèvres.
« Miss Swan, vous me choquez ! Vous la fille du shérif, à avoir… »
« Je n'ai jamais rien fait ici ! »
Bien sûr il n'en avait pas fallu plus que son sous-entendu pour que je rougisse et son sourire victorieux m'indiquait que c'était l'effet recherché. L'envie folle de le frapper avec un livre me démangeait, malheureusement j'avais laissé mon arme de prédilection chez moi.
« Ils sont tous occupés chez Lauren ce soir, crois-moi ! Je me suis dit qu'on pourrait profitez du calme de l'endroit pour ce soir ! »
Il me fit un clin d'œil avant de disparaitre d'un coup. J'entendis le coffre s'ouvrir et se refermer, mais le temps que je sorte de sa voiture pour en faire le tour, il avait à nouveau disparu. J'étais prête à l'appeler quand une voix résonna au-dessus de moi.
« Donne-moi ta main, je vais t'aider à monter. »
Levant la tête je vis Jasper accroupi sur le toit de sa voiture qui me tendait une main. Je fus hésitante une seconde avant de sentir une vague de confiance me submerger.
« Promis tu ne risques rien. »
Je me laissais aller au son de sa voix calme et face à son regard, tendant ma main à mon tour et le laissant m'aider à arriver jusqu'au toit. Une couverture avait été dépliée et une veste avait été pliée en un coussin d'appoint.
« Je me suis dit que ce serait plus confortable pour une humaine comme ça. »
« Parce que pour un vampire ce n'est pas inconfortable d'être couché sur du métal dur ? »
Il secoua la tête en m'aidant à m'installer sans que je ne tombe avant de faire pareil.
« On a des muscles d'acier, on peut tenir une position assez longtemps. Rien qu'en gainage j'ai tenu trois mois avant de m'ennuyer et de reprendre mes activités. »
« Tu as gainé pendant trois moi ? »
« Une sorte d'expérience avec un amis, on a arrêté par ennui en concluant que le corps vampirique, dû à sa solidité ne ressentait plus d'inconfort comme le corps humain. D'ailleurs l'inconfort physique réside souvent dans une mauvaise position du corps qui entraine une douleur musculaire ou aux tendons ou autre. Et vu qu'on a des muscles et autres composant corporel renforcés… »
« Il n'y a plus d'inconfort. Ça doit être sympa ! »
Jasper eu un petit rire cynique alors qu'on s'était mis à regarder le ciel, moi essayant de trouver une position confortable durant sa tirade.
« Tu es bien une des premières à dire que l'état vampirique est sympa. »
Je ne détournais pas le regard du ciel, qui je devais l'avouer était magnifique ce soir, même si c'était une nuit sans lune.
« Ça te pèse par moment ? »
Le ton plaisantin avait laissé place à une intonation plus sérieuse mais aussi plus douce. Je repensais à son livre qu'il m'avait donné et à ses annotations.
« Ça ne doit pas être évident de vivre sans fin. »
Je sentais Jasper hausser les épaules.
« J'ai de la chance, j'ai ma famille… Mais c'est que parfois… Les jours semblent simplement se répéter, la nuit n'étant pas signe de fin ou de coupure pour nous. Juste un autre état de la nature. Parfois j'ai l'impression d'être figé, alors que les humains avancent… les choses comme les fêtes de Noël, ou encore le weekend semblent vide de sens, tout comme les horaires rythmant normalement la vie d'un humain. Tous ces points de repères sont vides de sens pour nous… »
Je restais silencieuse un instant, méditant à ses mots. Ça ne devait pas être simple tous les jours. Surtout que sa famille avait décidé de vivre sans boire de sang humain.
« Parfois quand je vois Esmée et Carlisle j'éprouve de la pitié pour eux. »
Je tournais la tête vers lui surprise par ses mots et l'intonation profonde qu'il y avait mis, même s'il avait en grande partie murmuré.
« Ils se raccrochent à un rythme de vie qui n'est pas le nôtre insistant sur des traditions et essayant d'afficher une manière de vivre la plus normale possible. Mais parfois cela accentue encore plus le fait que nous ne faisons plus partie des vivants … j'ai l'impression qu'ils se bercent d'illusion pour pouvoir avancer. Mais parfois… Parfois je les envie aussi. Ils n'éprouvent jamais le regret quant à notre nature… Ils sont juste heureux d'être à deux… »
La voix de Jasper s'était éteinte sur une note plus mélancolique encore. Il avait levé son bras et contemplais sa main à la lueur des étoiles, perdus dans ses pensées avant de la laisser retomber et tourner sa tête vers moi, un petit sourire désolé sur les lèvres.
« Je ne suis pas la meilleure compagnie qu'il soit ce soir, désolé. »
Je secouais la tête répondant à son sourire.
« Tu es une excellente compagnie Jasper, n'en doute jamais ! Et ça ne me dérange pas… Tu as ça sur le cœur et je crois que… Enfin les amis sont faits pour ça aussi non ? Ecouter nos tracas ? »
J'avais hésité. Le but premier était qu'il ne se sente pas coupable de s'être exprimé, mais je ne voulais pas m'imposer comme son amie. On n'avait jamais dit clairement qu'on était amis, mais les choses s'étaient faites si naturellement que jusqu'à ce que je prononce ces mots ça m'avait semblé être une évidence. Le sourire de Jasper suffit amplement à calmer mon inquiétude.
« C'est agréable d'entendre quelqu'un le dire. »
Il me scruta un instant du regard avant de se retourner vers les étoiles. Je fis de même un instant plus tard, captivée un instant par ses traits. Le silence resta mais était plus qu'agréable. Jasper respirait régulièrement à mon grand étonnement, mais cela me permis de caller ma respiration à la sienne et bientôt j'étais apaisée et savourais l'instant présent. A tel point que je ne tournais même pas la tête quand il murmura.
« Tu voudrais faire quoi plus tard ? »
Sa question me décrocha un sourire.
« La version officielle ? »
« Parce qu'il y a une version officieuse ? »
Je hochais doucement la tête en faisant un petit 'hm hm', affirmant ses dires. Je sentis d'ici qu'il avait dû hausser un sourcil ce qui me fit sourire.
« Officiellement j'aimerais faire des études de littérature et devenir professeur ou éditrice. Officieusement… j'aimerais juste pouvoir profiter d'une pièce remplie de livres, installée dans un bon fauteuil avec un feu de cheminé et … peut-être un ou deux chats pour me tenir compagnie ! »
Le rire de Jasper fit légèrement trembler le toit de la voiture.
« Et toi ? Qu'est-ce que tu aimerais faire plus tard ? »
Cela pouvait sembler idiot de retourner la question, mais j'étais curieuse. Peut-être qu'il avait des plans ? Rosalie m'avait parlé qu'elle voyageait parfois un certain temps avec Emmet avant de revenir vers la famille. Des sortes de mini vacances.
« Me faire pardonner… »
Sa phrase n'avait été qu'un murmure mais son expression démontrait quelque chose de fort. Les sourcils froncés il avait l'air déterminé, mais en même temps extrêmement triste. Ne sachant pas quoi dire je retournais mon regard vers les étoiles. Le ciel était dégagé ce soir et en effet il n'y avait que peu de lumières électriques dans les environs, permettant ainsi d'apercevoir des centaines de petits points briller au loin. Quoique Jasper eût à se faire pardonner, j'espérais sincèrement qu'il allait y arriver.
Le silence ne resta pas longtemps entre nous, Jasper enchaînant avec d'autres questions. Certaines étant plus simples comme mon plat favori et la description du sien, d'autres plus philosophiques comme ce que je pensais de la religion, et d'autres encore assez personnelles : est-ce que ma mère me manquait ? Par moment, l'un de nous bougeait, se réajustant à la position de l'autre. Je lui demandais s'il se souvenait de ses parents humains et les brefs souvenirs qu'il avait encore me firent sourire. L'odeur du gâteau aux pommes de sa mère, la voix grave de son père. Il avait un frère et il lui semblait avoir une sœur, sans pour autant en être sûr. Il se souvenait s'être engagé dans l'armée confédérée à l'âge de dix-sept ans, en prétendant en avoir vingt. A ce moment-là je me redressais sur un de mes coudes et lui fit face :
« Attends ! Tu t'es engagé dans l'armée confédérée à dix-sept ans ? Mais tes parents ils n'ont… »
« Je n'avais plus personne. Mon frère avait rejoint l'armée deux ans auparavant, ma mère était morte peu de temps après et mon père était partit se battre lui aussi. Je n'avais rien d'autre à faire et juste cette envie de me battre pour compagnie. »
Il avait parlé d'un ton détaché, presque neutre. Comme s'il me racontait le dernier documentaire qu'il avait vu. En l'observant je me disais que ça devait être quelque chose comme ça. Carlisle m'avait parlé des souvenirs humains qui disparaissaient aussi petit à petit. Autant j'aurais pu m'étendre sur la tristesse de la chose, autant ce n'était pas mon histoire. Je n'aurais pas supporté qu'on me prenne en pitié pour quelque chose qui ne m'affecte pas, c'est ce qui me fit répondre sur une touche plus humoristique en me recouchant.
« Eh bien ! Je ne savais pas que je fréquentais un hors la loi monsieur Hale. »
« En fait…. Je m'appelle Withlock. »
Je tournais la tête vers lui, perdue, alors que lui me regardait aussi avec un sourire joueur sur les lèvres. Jasper Whithlock... Le nom sonnait bien... Aventureux! Je retournais la tête vers les étoiles rigolant doucement :
« Papa ne vas pas s'en remettre si je lui dis que j'ai passé la nuit avec un hors-la-lois qui a de faux papiers ! Ma mère en revanche adorerait l'histoire et la touche d'aventure que ça amène à ma vie. »
Jasper suivis mon rire avant de demander :
« Ça te manque ? Pas le côté délinquant mais vivre avec ta mère je veux dire ? »
Je haussais doucement les épaules.
« Elle me manque oui, c'est ma mère après tout… Mais d'un autre côté… Elle n'a jamais su à quel point j'étais solitaire, ni que parfois je lui mentais : prétendant avoir des sorties entre amis alors qu'à la place j'allais voir un film en solo ou lisais un bon livre dans un café. Je ne voulais pas lui faire de la peine… »
Malgré moi ma bonne humeur avait été remplacée par un ton plus triste et ma voix se brisa légèrement à la fin. Oui d'un côté ma mère me manquait, mais d'un autre chez Charlie j'avais plus l'opportunité d'être moi : le petit rat de bibliothèque introverti. Un frisson me parcouru et je pris un peu de couverture pour la disposer sur mes épaules avant de relever doucement mon visage vers Jasper qui me scrutait songeur :
« Pourquoi tu lui mentais ? Il n'y a rien de mal à lire des livres ou être introvertie ? »
Je haussais les épaules et jouais avec le bout de la couverture :
« Elle s'inquiétais pour moi, voulant que j'aie une vie sociale épanouie comme la sienne. Parfois je n'étais juste pas d'humeur à supporter ses encouragements et je prétendais sortir avec des amis. Elle était heureuse quand je rentrais en ayant une histoire ou une autre à raconter. J'avais même inventé un couple fictif sympa mais qui vivait un moment difficile. »
J'eu un petit rire à l'évocation de ce petit mensonge la mais l'humeur n'était plus à la plaisanterie. Je ne savais pas quoi dire d'autre et je me sentais particulièrement idiote. Mentir à ma mère qui voulait juste que je sorte un peu pour qu'elle arrête de m'ennuyer… cela sonnait idiot à mes oreilles maintenant que je l'avais dit à haute voix. Elle s'inquiétait juste pour moi et moi je…
« Au début, les autres me poussaient aussi à sortir, me changer les idées ou encore rencontrer d'autres vampire. Alice la première tu imagines bien. D'abord j'ai utilisé l'excuse de mon don, étant trop mal, entouré d'émotions différentes… Mais au bout d'un moment ils ont commencé à être plus insistants et j'ai cédé jusqu'au jour où j'avais vraiment besoin d'être seul et d'avoir un moment à moi. J'en suis venu aux mains avec Emmet lui collant une raclée avant de m'isoler. Quand je suis revenu j'ai pu me confier et depuis ils respectent mon choix. Je sais que ça attriste Esmée car elle aimerait me voir heureux, entourés d'amis, de famille, avec éventuellement une compagne, mais elle sait aussi que dans ces moments-là je suis bien alors elle est quand même contente… »
Je regardais Jasper stupéfaite alors qu'il parlait, me sentant petit à petit soulagée en entendant qu'il ressentait la même chose que moi.
« Parfois j'ai l'impression qu'on est deux Aliens sur terre ! Mais je suis content qu'on soit deux au moins ! »
Je souris doucement avant de poser la question qui me brûlait les lèvres :
« Est-ce que c'est pour ça qu'Alice t'a conseillé de me dire la vérité ? Parce qu'elle a vu qu'on deviendrait amis ? »
Je regrettais aussitôt d'avoir posé ma question en sentant Jasper se crisper à côté de moi, mais bien vite se sentiment fut balayé par un calme on ne peut plus artificiel, que je devais surement grâce à son don.
« Peut-être oui… Est-ce que… Est-ce que ça te gène que je t'ai initié au secret sous une impulsion d'Alice ? »
Je ne savais pas quoi répondre. Sans Alice il est vrai que j'aurais pu être une humaines de plus aux yeux de Jasper et de sa famille : sans aucun intérêt. D'un autre côté il y avait Edward avec son don qui ne fonctionnait pas sur moi et mon odeur qui l'attirait plus que mesure. J'aurais peut-être été différente aux yeux de ce dernier du coup, mais aux yeux de Jasper ? Est-ce qu'on aurait parlé de littérature ? Est-ce qu'on se serait rapproché de la sorte ? Comme disait le dicton, avec des 'si'… je finis par hausser les épaules avant de répondre doucement.
« Je suis contente de t'avoir rencontré et d'être ton amie. »
Je ne bougeais pas, fixant toujours le ciel noir au-dessous de nous. J'étais toujours calme, mais je ne savais dire si c'était le don de Jasper qui faisait toujours effet ou juste moi qui était de cette humeur. Pour finir je me disais que ça devait être lui car je ne sursautais pas quand il passa un bras autour de mes épaules et m'attira à lui, me laissant simplement aller contre lui.
« Saches que je le suis également ! »
Je ne tournais pas la tête, mes propres émotions ayant refait surface et mes joues devant être d'une couleur rouge assez visible, mais j'avais l'impression qu'il souriait. J'hésitais un instant à me bouger ressentant une gêne quant à cette proximité inattendue mais d'un autre côté
Je n'avais pas envie … de casser le moment. On était calme tous les deux et sincèrement c'était une situation plus tôt agréable. Certainement plus qu'être coincée à une fête avec des étudiants bourrés. Alors je ne bougeais pas, me relaxant petit à petit et priant pour que mes joues refroidissent un peu avec le temps.
Et voilààà ** On se retrouve enfin pour un nouveau chapitre! \o/
Encore un grand merci à Mystylight pour la correction de ce chapitre! :D
Et un grand merci à vous qui me lisez! :3 Du coup pour répondre à vos petits reviews qui m'ont fait super plaisir:
AnnabelleHWJ: heureuse d'avoir su te captivée et contente que ça te plaise! :D Alors concernant la remarque sur le présent, j'avoue que ce serait plus simple mais j'aime bien justement utiliser des tournures de phrases plus complexe et accorder mes verbes au passé simple pour m'entraîner et ne pas perdre mon langage en quelques sortes. Du coup oui je fais des fautes, j'essaye de minimiser mais bon... Je n'ai pas envie de perdre la richesse d'une langue parce que je rencontre des difficultés! :/ Après je ne prends absolument pas ta remarque mal, bien au contraire, je vais essayer de m'améliorer! ;)
aiana02: ça fait toujours plaisir de faire découvrir quelque chose de nouveau aux lecteurs! Contente que ça te plaise :D
Pims10: je réserve encore pas mal de choses à Alice, mais de l'évolution est a prévoir! ;)
PercabethHP: il y a un peu plus d'action dans celui ci malgré qu'il reste assez calme quand même. J'avais besoin de deux chapitre plus axés sur la mise en point pour bien entamer la suite, sinon j'aurais eu le sentiment d'aller trop vite et de forcer la chose! Mais le prochain chapitre sera vraiment riche en action, j'ai déjà mes idées en tête! ;)
Et merci aussi à Grazie, bayruna et A.F d'avoir laissé un petit mot! :D vraiment c'est toujours sympa et ça fait plaisir ^^
Alors pour me faire pardonner de la longue attente, je vous tease un peu le prochain chapitre ... En trois mots! :D
- loups - Charlie - Texas -
Alors, une idée de ce qu'il va se passer? ;)
Merci encore de me lire et au prochain chapitre :*
- Lareveuse15-
