Correctrice : Miyakano.

Note : Alors là je pense qu'après 7 mois, ce n'est plus des excuses que je vous dois. Le pire c'est que je ne peux pas vous expliquer pourquoi j'ai été si longue. Je n'en ai aucune idée. Bref voici un petit chapitre de plus, ne suivant pas forcément la saison 2 avec fidélité. Alors non je n'ai pas envie de voir Stiles souffrir, j'aime beaucoup ce personnage. Et si je peux écrire des choses amusantes mais mon humour est assez pince-sans rire et personnel. Et peut-être que j'ai des actions chez kleenex et que vous faire pleurer est le but...

Ceci dit, blague à part merci pour ceux qui ont lu et ceux qui auront le courage de la reprendre après cette longue pause.

FanFictionFan : suite que voici ! En espérant que tu l'aimes.

Leslie : je ne sais pas, mieux vaut tard que jamais ? J'ai honte du temps mis ...

caradya : merci du commentaire !

Bonne lecture


Chapitre 7 : Âme brisée

Il se sentait brisé, comme si on lui avait arraché quelque chose de vital et précieux. Il n'en avait d'ailleurs pas dormi de la nuit, forçant ses sanglots incontrôlables à rester silencieux. Même si son père était de garde cette nuit, Stiles avait l'habitude de pleurer silencieusement et il ne comptait pas changer cela. L'oreiller était humide de larmes salées dont l'odeur emplissait ses narines. Quelle heure était-il ? Il faisait toujours nuit et sombre. Mais il n'avait plus besoin de lumière pour voir en pleine nuit. Assis en tailleur sur son lit, la gorge brûlante de ses pleurs et douloureuse, les yeux rougis et l'air absent, il observait les photographies et autres petites choses étalées sur son lit. Après des heures de lamentation silencieuse, au bord de la perte de contrôle et de la crise de nerfs, il avait sorti de sa cachette la boite et pris en main chaque chose qu'elle contenait. C'était tout ce qui lui restait de sa mère. Elle n'était plus là mais elle était son point d'ancrage. Alors il avait sorti ses souvenirs pour se maîtriser et s'apaiser. Il aurait pu aller voir Derek, mais il n'en avait pas le courage. Pas après la vieille au lycée, pas après ce qu'il avait appris.

Il ne se souvenait pas de comment le sujet était arrivé sur la table au repas. En réalité, depuis quelques jours, Stiles vivait dans sa bulle doucereuse et en profitait largement. Il sortait avec Derek, ils formaient un couple. Et même si à la base l'idée était surprenante, elle apportait à Stiles son confort et équilibre. Il comptait pour quelqu'un d'autre que son père et Scott. En fait, l'idée d'être aimé et important de cette manière, désiré aussi, était rassurante. Il s'était un peu fermé au reste. Il aimait par-dessus tout les moments qu'il passait avec son petit-ami. Bon d'accord, le but premier de Derek restait d'entraîner son Bêta à se battre et se contrôler. Et il était un maître relativement sévère mais Stiles arrivait à se faire câliner. Au final, après quelques séances de combat et autres exercices, il obtenait aisément câlins et baisers en récompense. On avait peine à imaginer que Derek Hale pouvait être tendre et doux, mais en réalité il l'était avec son compagnon. Peut-être parce qu'il savait aussi que Stiles en avait besoin pour ne plus sombrer, pour réellement avancer et aller mieux. Ce que l'alpha n'avait sûrement pas prévu était le fait que ses camarades de classe pouvaient détruire d'un coup le peu de sérénité qu'il lui apportait.

C'était Scott qui avait dû lâcher qu'il était avec Derek et qu'il était un Loup-garou, parce qu'il était le seul au courant. Cela avait eu pour effet de ramener temporairement Stiles sur terre. Et oh comme il aurait aimé ne pas avoir été rappelé à la réalité. Qui avait commencé réellement ? Lydia qui avait fait remarquer qu'il était surprenant que quelqu'un comme Derek s'intéresse à lui ? Oh pas qu'elle niait que Stiles devait être intéressant pour certaines personnes mais quand même il y avait un monde entre lui et l'alpha, non ? Ou bien Jackson, qui désireux d'être Lycan et ayant été mordu sans conséquence, l'avait toisé narquoisement et lui avait demandé combien de temps avant qu'il ne se fasse tuer. La jalousie parlait clairement, mais Stiles avait juste retenu la perte de contrôle et son angoisse de tout faire foirer, d'être un danger, était revenue à la surface. Le capitaine de l'équipe de Lacrosse avait raison, il souffrait toujours d'hyperactivité doublée d'un trouble de l'attention représentant un plus grand danger maintenant. Profitant de la conversation pour aborder le sujet, Scott lui avait rappelé que Derek était un Alpha maintenant et qu'il avait besoin d'une meute comme Peter... Seconde fissure plus importante dans son âme. Peter... Son simple nom avait ramené dans son esprit la nuit où il l'avait mordu et les conséquences... Et l'idée que Derek l'utilise, comme Allison avait enchéri dessus de manière protectrice.

Et Stiles s'était totalement brisé intérieurement. Mais son sourire était resté figé sur ses lèvres pâles.

Tout au long de leur heure de table, il avait maintenu en place son masque impénétrable alors qu'en lui tout se brisait. Sa petite bulle doucereuse avait explosé sous la pression d'une pointe d'aiguille. Ce qui l'avait apaisé et rassuré était analysé sous un autre jour. Derek le manipulait. Il n'y avait aucun mot de vrai dans ses discours. Il ne tenait pas à lui, il avait besoin d'un Bêta pas d'un amant ou compagnon. Stiles avait tenu et comme il n'avait cours avec personne après le repas, il avait filé en douce. Se réfugier chez lui dans sa chambre avant que son père ne parte n'avait pas été si compliqué. Ses sens lupins l'avaient aidé. Une fois sûr qu'il était seul, il s'était simplement effondré sur son lit. Il avait juste mal, il n'arrivait plus à penser sereinement. Il était de nouveau revenu à la case départ. Il n'avait pas été à l'entraînement au hangar, il n'avait même pas prévenu Derek. Son téléphone portable était sur vibreur, posé sur sa table de nuit depuis son retour. Il s'était juste enfermé dans sa douleur. Stiles sombrait tel le Titanic en plein Atlantique nord. Il se noyait dans sa souffrance redevenue palpable après la morsure. Dire qu'il avait cru avoir dépassé cela depuis le temps...

Le téléphone vibra sur le bois laqué et le son se répercuta étrangement fort pour ses oreilles sensibles. Mais Stiles ne bougea pas. Il n'avait pas une seule fois regardé son téléphone portable, pas répondu à un seul message ou coup de téléphone. Il ignorait le monde extérieur. A quoi bon y répondre ? C'était sûrement Scott qui lui parlait d'Allison ou lui posait une question. Ou pire Derek qui s'énervait qu'il ait osé manquer leur séance d'exercices. Il s'en foutait. Il avait envie que tout s'arrête. Il voulait être avec sa mère. Une larme ruissela le long de sa joue rougie et irritée. Sa mère... La seule personne capable de l'aimer et de le supporter, son soutient trop vite arraché. Combien de fois avait-il réfléchi lors d'une nuit d'insomnie à comment la rejoindre ? Combien de griffes rougeâtres et piquantes, combien de bleus inexplicables son père avait-il soigné après le départ de sa mère ? Combien de temps avait-il mis pour ressortir la tête de l'eau, redevenir l'enfant joyeux et bavard qu'il était ? Avait-il le droit d'imposer cela à son père à nouveau ? Il ne méritait sûrement pas cela. Il avait déjà perdu sa femme alors lui arrache son fils... De toute manière, ce n'était pas comme si maintenant Stiles pouvait vraiment se blesser. Fichu système de régénération !

« Sors. Va-t'en. » Murmura l'adolescent sans tourner la tête, ses doigts caressant la photographie de sa mère lentement. « Tu peux crier, me malmener. Je m'en tape. »

« Non. » Court et bref et un peu brusque, l'adolescent tourna lentement la tête vers son alpha.

Ils s'observèrent en silence un long moment. Derek semblait analyser Stiles et le plus jeune chercher à deviner la raison de sa présence. L'alpha se débarrassa de sa veste sans attendre une invitation et vient s'asseoir près de lui sur le lit. Il posa son regard clair sur les objets divers et épars. Doucement, avec respect, il prit en main une des photographies et l'observa un moment avant de la déposer sur la couverture à sa place. Stiles, lui, admirait toujours d'un air absent l'image qu'il avait en main. Il ne bougeait pas, tendu comme un fil à couper le beurre, et luttant contre les larmes. Il n'avait pas le droit de pleurer devant Derek, d'être faible. Ce n'était pas ce que l'alpha attendait de lui.

« Elle était très belle. Tu lui ressembles pas mal. » Murmura Derek après un moment.

Il sentit ses lèvres trembler et les mordit violemment pour éviter de pleurer réellement. La tension se fit plus forte et contracta définitivement ses muscles. Il devait tenir, ne rien laisser transparaître avant que son alpha ne soit parti... Pourtant quand une main se posa dans le bas de son dos et l'attira fortement contre un torse musclé, il ne résista pas. Avec lenteur et une réelle douceur, Derek l'enlaça, le coinçant contre lui et caressant lentement son dos. Le front posé contre l'épaule de l'autre homme, Stiles laissa tomber ses propres murs et sanglota un long moment. Aucune remarque narquoise n'échappa à son aîné, qui se contenta de le consoler du mieux qu'il pouvait. Et même quand il fut calmé, Derek ne le lâcha pas, le gardant tendrement en sécurité contre lui. Il sentait le mal être de Stiles à un niveau identique qu'après la morsure voire plus prononcé. Il ignorait ce qui s'était passé. Par contre, il avait la certitude qu'il n'allait pas aimer ce qu'il apprendrait et qu'il voudrait remettre à place certaines personnes.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda doucement le plus vieux contre les cheveux de son compagnon.

« Ils ont... » Balbutia difficilement le plus jeune avant de reculer pour fixer l'autre droit dans les yeux. Finalement, il éclata : « Tu m'utilises ! T'as juste besoin d'une meute, et je suis tellement con et à la recherche d'affection que moi je gobe quand tu dis que tu m'aimes. Enfin note tu l'as jamais dit ! Mais t'en a rien à faire de moi ! Pas plus que les autres... T'as juste besoin de moi le temps d'avoir une vraie meute, après je serais trop encombrant... Et puis regarde-toi ! Comment quelqu'un comme toi pourrait vouloir de moi hein ? Comment j'ai pu naïvement croire que tu me trouvais bien un minimum. Et me faire croire que je pouvais me maîtriser ? Alors que c'est en fait impossible vu mes problèmes... Comment j'ai pu... »

Stiles n'eut pas le temps de finir sa phrase. Derek avait planté ses lèvres sur les siennes. Ses mains ancrées sur la taille de son compagnon empêchaient ce dernier de reculer encore. Il avait laissé Stiles sortir en partie tout ce qui le blessait sur le moment. La colère pouvait être salutaire mais il n'allait pas le laisser s'auto-détruire plus longtemps ni faire comme s'il ne ressentait rien. Parce que même si Stiles ne l'avait pas remarqué, l'éclat triste des yeux de Derek prouvait qu'il avait eu mal... Comment pouvait-il accepter qu'on croie qu'il manipulait Stiles ? Et risquer de le perdre ? Non impossible, pas maintenant qu'il s'était fait à l'idée qu'il était son compagnon et qu'il s'était réellement ouvert à ses sentiments. Alors oui, un baiser n'arrangerait pas tout mais il en avait besoin, pour que Stiles se taise, pour le sentir bien présent près de lui.

« Je t'aime. » C'était pur et sincère, non feint et inhabituel. Stiles papillonna des yeux devant l'aveu inattendu. Surtout après ce qu'il venait de sortir à Derek. « J'ignore qui t'a dit que je te manipulais, mais c'est faux. J'ai de vrais sentiments pour toi. Je ne le montre pas ouvertement peut-être parce que c'est compliqué pour moi maintenant... Mais je tiens à toi. Tu n'es pas seulement mon bêta. Et tu es un bon Lycanthrope. »

« Pourquoi tu es ... » Questionna Stiles perdu par les mots de Derek mais incapable d'y répondre de suite.

« Tu n'es pas venu me voir comme tous les jours et tu n'as répondu à aucun message... Je me suis dit que si quelque chose t'était arrivé, Scott aurait débarqué. Donc c'est que tu allais mal. » Expliqua délicatement avec un vague sourire Derek. Il déposa un baiser sur le nez de Stiles.

Lentement Stiles vient déposer son front contre celui de Derek. Il se sentait plus calme mais les pensées tournaient toujours en boucle en lui. Sans prévenir, Derek bascula et força Stiles à le suivre. Ils se retrouvèrent allongés sur le lit, l'Alpha gardant blotti contre lui son compagnon. L'adolescent nicha sa tête dans le creux de sa nuque et inspira fortement son odeur. Il utilisait ses sens lupins pour s'imprégner de Derek, de sa senteur, de sa chaleur et de sa présence. L'étreinte amoureuse et protectrice se resserra et le silence se fit lentement. Stiles ferma les yeux un moment.

« Je suis crevé. » Murmura-t-il contre la peau chaude de son petit-ami. « Je veux dire c'est fatiguant de pleurer et déprimer... Quelle heure est-il ? »

« Passé minuit depuis un moment. Essaye de dormir, Stiles. » Se contenta de répondre Derek doucement.

« Mon père est de service de nuit... » Tenta-t-il doucement.

« Je vais rester. Je serais encore là demain quand tu t'éveilleras, même si ton père est rentré entre temps. » Répondit rapidement Derek. « Tente de te reposer un peu maintenant. »

«J'aime bien dormir avec toi... T'apporte étrangement un sentiment de sécurité et de réconfort. Je suppose que c'est parce que tu es un Alpha. » Commenta Stiles en jouant du bout des doigts avec le T-shirt de Derek.

« Non, c'est parce que je t'aime et que je te protège. Je ne serais qu'humain tu aurais la même sensation... » Répliqua Derek. « Tu ne comptes pas dormir, n'est-ce pas ? »

«Si je dors, ils vont revenir. » Argumenta d'une voix tremblante Stiles. «Et si je ne parle pas, je vais penser et tout va redevenir... sombre dans ma tête et je vais de nouveau... »

« Ok on peut parler si tu veux. » La voix de Derek était douce, et l'étreinte autour de Stiles se resserra un peu calmant la panique qui commençait à naître en lui.

« T'accepterais qu'on aille au cinéma demain soir ? Je veux dire tous les couples ont des rendez-vous... Enfin sauf si tu veux que personne ne nous voit ensemble parce que ... je ne sais pas moi, t'as peut-être honte et je suis encore mineur ou tu ne veux juste pas qu'on... » Proposa sans trop réfléchir Stiles.

« Stiles... » Se contenta de l'interrompre Derek. Et nul besoin de voir sa tête pour deviner qu'il avait encore roulé des yeux. Stiles en était persuadé.

« Euh oui... » Murmura-t-il à voix basse.

«Quel film veux-tu aller voir ? » Questionna enfin Derek en posant sa main sur sa nuque pour la masser délicatement.

« Aucune idée mais je peux zieuter sur le net. » Stiles se redressa d'un coup, prèt à allumer son ordinateur mais une pression plus forte le fit retomber sur Derek.

« Cela peut attendre demain. » Commenta l'aîné. « Et c'est oui si ton père sait pour nous deux. »

«Attends... Tu veux que je dise à mon père que je sors... qu'on est ensemble ? » Questionna Stiles et cette fois-ci il se redressa pour observer bouche entrouverte Derek. « Et tu crois qu'il va bien le prendre ? »

« Je suppose que la nouvelle sera difficile à assimiler. » Répliqua en s'asseyant l'Alpha. «D'autant plus qu'on peut m'accuser de détournement de mineur, même si on n'a toujours pas été plus loin que quelques baisers. Mais si tu veux aller au cinéma avec moi, oui je veux autorisation de ton père avant. Tu préfères qu'il l'apprenne par Scott ou quelqu'un qui nous aura vus ensemble ? »

« Euh non... J'avoue que je ... Vaut mieux que je lui dise... Tu ... Tu pourrais être à quand je vais... ? » Demanda timidement l'adolescent avec un soupir.

« Si tu veux, je serais là. Et je pense que ton père, le choc passé, devrait accepter l'idée... Pas sans restrictions mais bon. » Derek attira délicatement Stiles contre lui à nouveau et se rallongea. « Maintenant, essaye de dormir un peu en rêvassant à notre rendez-vous. »

Stiles s'installa confortablement et se demanda comment il pouvait annoncer ça à son père sans se refiler une crise de panique. Néanmoins les battements de cœur lents et réguliers de Derek, ses doigts qui massaient sa nuque sensible et son dos, sa chaleur eurent raison de ses dernières forces. Lentement, l'adolescent sombra dans un vrai sommeil réparateur.


Et voilà...