Désolée pour le retard... voici le dernier chapitre d'Andromeda (enfin !). J'espère qu'il vous plaira…
Dernier chapitre :
- Dis papa…ça veut dire quoi, « sys una markus lethrin weit pyr eckleyia » ?
- Hmmm ? Que… Mais pourquoi tu me demandes ça ? Qui t'en a parlé ?
- Scorpius…
Harry se renfrogna. Satanés Malefoy…
Quelque part il se sentait vexé. Draco… Malefoy avait divulgué leur secret ? Enfin, secret… quel secret… Il n'était même pas sûr que Draco – que Malefoy ! sache ce que lui avait dit le Dröw sur la montagne enneigée…
Créature violette et montagne enneigée. Tout ceci était décidément bien folklorique !
- Alors ? Tu ne sais pas ?
- …Non. Je n'ai jamais su. Va jouer avec ta petite sœur, elle s'ennuie. J'ai… quelque chose à… à dire à ta mère.
- Tu ne sais pas… C'est dommage. Moi je sais.
Albus sourit, d'un rictus sans joie, et sortit, laissant son père désemparé et interdit.
- Cette graine de Serpentard me rend dingue, murmura le Survivant à voix basse.
De quel Serpentard parlait-il, c'est quelque chose qu'il n'était pas sûr de savoir lui-même.
Quand Albus sortit, il fut accueilli dans le jardin par une grande giclée d'eau froide : James braquait un tuyau d'arrosage sur lui. Alors qu'il se lançait dans la bataille d'eau qui allait faire rugir sa mère, il repassait la voix de Scorpius dans sa tête – cette voix à la fois sûre et hésitante, manipulatrice et sincère, froide et… hum…
Scorpius l'avait invité à s'asseoir près de lui dans la salle commune. Il s'était assis en face, simplement pour avoir plus de place dans le fauteil.
- Tu te souviens du premier repas à Poudlard ? avait demandé le blond.
- Bien sûr ! avait-il répondu.
Il s'était remémoré la scène dans les moindres détails grâce à sa mémoire photographique qui lui avait sauvé la vie bien des fois en cours.
Plus de trois ans auparavant :
- SERPENTARD !!!
Le niveau sonore de la Grande Salle baissa brusquement. Impassible, le Choixpeau continua son office :
- Pursons, James !
A la table des Gryffondor, un autre James murmurait :
- Si j'avais su… Si j'avais su…
Et à la table des Serpentard s'attablait Albus Severus Potter, un petit sourire ironique au coin des lèvres. Nul ne lui adressa la parole, pas même le blond qu'il avait vu sur le quai de la gare, qui se contenta de lui lancer un regard indéfinissable avant de se détourner pour continuer sa conversation avec une fille à côté de lui.
Il baissa les yeux vers son assiette et ne les releva que lorsqu'il se prit une salière sur la tête. Une dispute semblait être sur le point d'éclater. Rectification : elle avait déjà commencé.
- Alors, comme ça, lança une montagne de muscles à un première année dont il avait oublié le nom, t'es pas un sang-pur ?
- Non, en effet. Seule ma mère est sorcière, répondit l'autre sans se rendre apparemment compte de la situation dans laquelle il se mettait.
- Sale Sang-de-Bourbe !
Le petit renifla et dit :
- Il me semble bien que tu n'aie pas un sang si pur que ça, toi non plus.
- Quoi ? Tu me cherches ?
Le ton n'était plus méprisant mais hargneux, cependant on sentait bien que la confiance du grand Serpentard s'était fissurée.
Le plus jeune des deux belligérants sourit à l'autre avec les yeux – sa bouche ne bougea pas d'un millimètre – et but une gorgée à son verre. Albus remarqua qu'il n'avait pas touché à la portion qui s'était matérialisée dans son assiette. Il observa son condisciple, qui lui rendit son regard. C'était un garçon assez grand, qui faisait plus que ses onze ans. Il semblait tranquille et sûr de lui, et Albus trouva à ses yeux une lueur dangereuse, sans qu'il puisse dire pourquoi. Ses cheveux blond foncé étaient lissés en arrière. Il passa une main dedans et prit une deuxième gorgée. La montagne de muscles, sentant le vent tourner, s'était désintéressée à lui.
- Comment tu t'appelles ? fit Albus.
- David Margopyr, répondit laconiquement l'intéressé, sans lui retourner sa question.
Sans plus se soucier de lui, David se frotta le nez et se tourna sur la droite. Il passa le bras sous le nez d'une autre première année pour aller toucher le bras de son voisin.
- Scorpius Malefoy ? demanda David.
- C'est bien moi, grommela l'interpellé, n'appréciant guère d'être interrompu en pleine conversation.
David poussa carrément l'élève qui se trouvait entre eux en arrière, et la pauvre se retrouva par terre.
- Tu m'as l'air…intéressant.
Scorpius le foudroya du regard. Tous les élèves proches suivaient désormais leur échange des yeux, mais ils ne disaient plus rien, se contentant de se fixer. David avait une expression neutre, mais Albus pouvait deviner qu'il était étonné. Étonné et ravi. Scorpius, par contre, semblait très en colère.
Soudain, Scorpius se leva, saisit le verre de David et le renversa sur la table. Le liquide coula, rouge, sur la nappe blanche. Albus posa sa main sur une des tâches. C'était chaud.
A côté de lui, quelqu'un cria.
Scorpius lâcha un :
- Je ne suis pas comme toi, vampire.
…qui fut perdu dans la rumeur du reste des élèves qui se levaient. C'était la fin du repas.
Albus hocha la tête. Il se souvenait de tout cela.
- Ce jour-là, Margopyr avait senti que… je n'étais pas tout à fait, disons, … humain, déclara lentement Malefoy Jr.
Mal à l'aise, Scorpius n'arrêtait pas de croiser et décroiser les doigts. Il chercha sur le visage de son vis-à-vis un signe d'incrédulité dégoûtée, mais Albus leva simplement les sourcils, l'enjoignant de continuer.
- Depuis tout petit, mon père a cherché à voir si j'étais… comme lui, mais je n'ai jamais manifesté de… disons, de particularités qui…
- Et lui il est comment ? le coupa Albus.
- Hein ? fit très aristocratiquement Scorpius (ah les jeunes, de nos jours…)
- Ton père… Qu'est-ce qu'il a de « pas tout à fait humain » ?
- Je ne sais pas si je peux te le dire, soupira le blond.
- Alors pourquoi tu m'en parles ? lâcha brusquement son interlocuteur excédé.
Scorpius fit une pause. Peut-être s'était-il trompé… Tant pis, il continuerait quand même comme il l'avait décidé.
- Mon père dit que ça à un rapport avec… avec ton père.
- Quoi ? Il a été transformé pendant la Guerre, ou un truc comme ça ?
- J'en sais rien, mentit Scorpius, il m'a juste dit que ça avait à voir avec « sys una markus lethrin weit pyr eckleyia »…
- … C'est cette phrase que tu marmonnes toujours quand tu dors, remarqua Albus.
« Je sais » pensa Scorpius en souriant intérieurement.
- Ah bon ? fit-il mine de s'étonner. Je n'ai aucune idée de ce que ça pourrait vouloir dire. Mais il parait que ton père le sait. Qu'il l'a su, tout au moins.
- Ça veut dire quoi, ça ? fit Albus, méfiant.
Le brun était difficile à manipuler, il fallait être un maître pour y arriver. Mais Scorpius était un maître.
Une voix féminine retentit dans son dos :
- Salut, les garçons !
« Pas question que qui que ce soit gâche mon plan ! Qu'est-ce qu'elle veut, celle-là ? »
Il se retourna. C'était Leïla.
Sa mauvaise humeur s'en accentua davantage. Il avait eu un faible pour Leïla.
Et elle l'avait humilié.
Sa fierté n'avait pas supporté qu'elle le rejette, encore moins qu'elle le traite de « petit garçon » (le terme lui été resté à l'esprit). Elle n'avait pas supporté non plus qu'il paraisse faible. Il avait donc caché sa peine si bien que personne ne s'était aperçu qu'il souffrait (Il faut dire aussi qu'il n'était particulièrement proche de personne). C'était surtout pour ça qu'il lui en voulait. Elle l'avait fait souffrir et le pire, c'était qu'elle ne s'en était même pas rendu compte.
- Salut, Leïla, sourit Albus.
Le brun occupait un très large fauteuil. Elle se glissa sur son siège, se collant ainsi à lui. Scorpius eut soudain envie de vomir.
De son côté, Albus sentait le rouge lui monter doucement aux joues. Leïla Zabini était une fille magnifique. Ses cheveux lissés, sa peau chocolat, ses pommettes hautes, ses lèvres pleines… tout était désirable chez elle. Enfin… c'était plus le genre de Scorpius que le sien.
Cela ne faisait que quelques mois qu'ils étaient amis, bien qu'ils aient partagé le même dortoir depuis leur première année, mais Albus avait déjà remarqué l'attirance du blond pour des filles très brunes, des africaines ou des métisses, assez sauvages, et généralement plus grandes que lui.
Lui, au contraire, fantasmait sur de délicates sylphides évanescentes, fines à s'envoler, pâles et rêveuses. Autant le dire, ils ne risquaient pas de convoiter la même.
Il jeta un coup d'œil à Scorpius, essayant de trouver quelque chose à dire, car même si Leïla n'était pas son genre, elle était quand même sacrément jolie, et quand on a quatorze ans...
Le blond avait sorti son agenda et une plume, et paraissait plongé dans la lecture de leur liste de devoirs. Ses sourcils froncés se décrispèrent.
« Sortilèges, déjà fait, potions, facile, il m'aidera, quand il en aura fini avec cette… noooon, soins aux créatures magiques ? On a soins aux créatures magiques demain ? Et merde… »
Scorpius faisait de son mieux pour rayer de son esprit ce qu'il se passait juste devant lui. Son mécontentement commençait à l'envahir, cependant : entre la discussion ratée, Leïla, et ces deux rouleaux de parchemin à rédiger sur les licornes… Qu'est-ce qu'il en avait à faire des licornes, hein ?
Il se leva brusquement.
- Où tu vas ? interrogea Albus, qui commençait à avoir chaud et cherchait une échappatoire.
- A la bibliothèque, maugréa-t-il, on a deux rouleaux de parchemins sur les licornes pour demain.
- Je vais avec toi, je ne l'ai pas fait non plus !
Une fois à la bibliothèque, le brun s'installa et laissa son camarade aller chercher les livres dont ils avaient besoin. Ce ne fut que quand il revint qu'il sortit son devoir déjà complètement rédigé.
- C'est tout ce que tu as pris comme livres ? se moqua-t-il.
En effet, Scorpius n'avait pris que deux livres. Il se contenta de hausser les épaules. Ça allait déjà le pomper de chercher dans deux livres, alors s'il en avait pris dix ! De plus, le rayon licorne était assez dégarni, vu que le cours du lendemain était en commun avec les Pouffsoufle, qui en avait emprunté la majeure partie. En vérité, il avait pris les deux derniers ouvrages. Il s'aperçut d'ailleurs que l'un des deux venait du rayon « Sorciers Célèbres » et n'était autre que le cinquième tome d'une des nombreuses biographies de d'Albus Dumbledore.
Albus…
Une feuille glissa sous ses yeux.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Mon devoir sur les licornes, répondit sobrement le brun.
- Tu l'as déjà fait ? Mais pourquoi tu es venu alors ?
- J'en ai marre de Leïla, elle fait que me tourner autour j'ai l'impression.
-Oh, pauvre chéri, ironisa Scorpius.
- C'est pas mon style, se défendit Albus, je préfère les blondes !
- Tsssk…
Sans façons, Scorpius lui prit son devoir des mains et se mis à le lire, fourrageant d'une main dans ses cheveux…blonds.
Albus se fit la réflexion qu'il avait de très beaux cheveux. Il se dit aussi qu'ils étaient trop longs pour un garçon. Même son oncle Bill, dans sa jeunesse, les avait eu plus courts.
- Tu devrais te couper les cheveux, pensa-t-il à voix haute.
- Pourquoi ? fit le blond, surpris.
- Parce que là, ça fait fille.
Scorpius le considéra un bon moment, puis il lui rendit doucement sa feuille et dit d'une voix neutre :
- Je vais le faire tout seul.
- Avec deux livres ?
- Non.
- …
- Avec un seul.
Le blond se leva pour aller ranger la biographie de Dumbledore, espérant qu'Albus ne serait plus là quand il reviendrait. Et il maudit son teint de blond lorsqu'il se sentit rougir. Il percevait parfaitement le regard d'Albus dans son dos.
« Heureusement qu'on ne porte plus les uniformes qu'en cours…Qu'est-ce que je raconte, moi ? » pensait Albus, dont les pensées confuses vagabondaient. Ses yeux, par contre, restaient fixés sur la personne de Scorpius Malefoy, un garçon de son âge dont il n'avait jamais été particulièrement proche, même maintenant, c'était plus une relation qu'un ami, mais qui avait décidément, cascadant dans son dos, des cheveux bien trop longs. Et un jean bien trop ajusté.
Le lendemain, juste après le cours de soins aux créatures magiques.
Les deux serpentards ne s'étaient plus parlé depuis la scène de la bibliothèque, la veille.
C'était le dernier cours sur les licornes, créatures qui n'appréciaient guère les garçons en général. Cependant, celles-ci se laissaient bien approcher. Sauf par Scorpius. Dès que le blond s'avançait, elles se mettaient à hennir et ruer dans tous les sens, si bien qu'il avait été prié de s'éloigner du cours, à son vif plaisir.
Albus le vit partir, la chevelure s'envolant sous le vent comme un mouvant éclat de soleil, et repensa à son rêve.
Tout ça était à cause de ce foutu jean. On a pas idée de mettre un truc aussi…Enfin, voilà, quoi. C'était logique qu'il ait rêvé que ce jean dégage. Ce qui est moins logique était la suite.
A son âge c'était normal de faire des rêves érotiques. Ce qui est moins normal c'était que ce soit sur un camarade de dortoir qui ne l'avait jamais particulièrement marqué, dont la famille n'avait jamais été amie avec la sienne et qui était, de plus,… un garçon.
Ce qui était surtout dérangeant c'est qu'il attendait une suite, il s'en rendait compte. Il voulait mordre cette peau marmoréenne pour de vrai, la sentir contre la sienne pour de vrai, empoigner ces cheveux d'un blond presque blanc pour de vrai, voir ces yeux gris s'assombrir pour de vrai…Et entendre sa voix gémir son prénom pour de vrai.
Après cela, tout avait dégénéré, songea Albus en retournant le jet d'eau contre sa sœur qui poussa des cris perçants en s'enfuyant par les parterres de dahlias. Enfin, dégénéré en bien, devait-il admettre. C'était plutôt agréable, plutôt excitant. Vachement chouette.
Il ne pensait pas au lendemain. Enfin, au sens figuré : il ne se préoccupait pas du futur de sa relation avec Scorpius Malefoy. Mais il aimait beaucoup les lendemains matins. La peau de Scorp' était chaude contre la sienne, ses lèvres sèches et ses yeux hésitants embrumés de sommeil…
Ça valait vraiment le coup de faire ce qu'il avait fait : comprendre et accepter ce que voulait dire le Dröw par « sys una markus lethrin weit pyr eckleyia ».
FIN
Une happy end pour Noël ^^
