Voici le chapitre 7 :D
Comme dit dans les chapitres précédents, il est possible que les chapitres qui suivent soient un peu plus tardifs qu'avant car mes cours ont repris entre-temps (encore une fois, ce chapitre est un peu plus long pour compenser).
Un seul petit commentaire pour chipoter, lorsque Logan utilise une griffe pour déverrouiller une voiture. Ça parait totalement improbable (et ça l'est un peu) mais je m'en défends parce qu'il le fait dans X-men 2 voilà X)
Sinon comme toujours, toi, qui lis ma fanfiction et qui l'apprécie (ou non), tu peux :
- Me signaler les fautes d'orthographe pour que je les corrige (même si je fais de mon mieux)
- Laisser un petit commentaire (positif ou négatif, petit ou grand,…) pour me donner ton avis parce que ça fait toujours plaisir ;)
Merci et bonne lecture :p
Cette fois-ci, il en était sûr, ce n'était pas un rêve. Il avait bel et bien Logan devant lui, une main lui serrant le coup et l'autre le menaçant avec ses griffes contre sa gorge. Logan avait les yeux gorgés de sang et de haine, les veines qui pulsaient au rythme de ses battements frénétiques et le bonjour d'Erik ne semblait pas l'avoir persuadé de ne pas le déchiqueter en morceau.
- Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te buter ! Là ! Maintenant !
Entre la pression sur sa gorge qui s'intensifiait secondes après secondes et sa mince envie de mourir, rien ne put sortir de sa bouche. Logan n'arrêtait pas de le fixer. Charles, à peine éveillé, paniqua devant ce tragique spectacle.
- Logan ! Arrête !
Logan ne prit même pas la peine de lui répondre et continuait de fixer sauvagement Erik qui sentait sa respiration s'amenuiser et son cerveau lentement manquer d'oxygène. Quand soudain, entra dans la pièce Laura qui avait sorti instinctivement ses griffes. Logan se retourna et s'immobilisa en la voyant. Pendant qu'il la fixait, la pression de ses mains descendit et permit à Erik de respirer à nouveau ce qui soulagea Charles impuissant. Il examinait Laura et surtout ses griffes familières, les yeux pleins d'interrogations et Laura lui rendit son regard avec la même étincelle de doute. Charles profita de son étonnement pour lui dire :
- Logan…Je te présente Laura. Laura, Voici Logan.
Charles marqua une pause en se tournant vers le corps raide d'Erik contre le mur puis fixa Logan droit dans les yeux :
- C'est ta fille, Logan…
Il baissa son bras armé, tout en continuant de maintenir Erik avec l'autre.
- C'est quoi cette putain de plaisanterie ?
A son tour, une autre personne entra. Erik et Charles reconnurent l'albinos aux yeux transparent à qui le temps avait pris le peu de couleur qu'il lui restait sur la peau.
- Désolé, Logan. Je n'ai pas pu la bloquer. Et… j'en avais pas beaucoup envie non plus quand j'ai vu ses griffes… ça doit être elle, le mutant étonnamment familier dont je te parlais.
Erik reprenait son souffle mais n'eut ni la force ni l'envie d'essayer de lutter de peur que Logan se rappelle de son existence. La tension était palpable et aucun n'osait parler sauf l'albinos qui était anormalement trop serein devant l'image de Logan découvrant sa fille et l'homme dont il voulait la mort. Laura ne bougeait pas et regardait, elle aussi, les lames de Wolverine et eut pendant un instant une étincelle indescriptible entre la joie et la déception.
- Bon, lança l'albinos d'un calme olympien, je crois que nous ferions mieux de nous asseoir et de calmement discuter autour d'un bon café avant de faire des choses qu'on pourrait regretter.
Il ajouta cette dernière phrase en se regardant Logan avec une petite moue compatissante. Logan le vit puis rejeta son regard vers le pauvre Erik qui peinait à respirer. Ses yeux alternaient entre Erik et Laura, entre haine profonde et sombre attrait. Il leva son bras armé, le dirigea vers Erik et l'enfonça dans le mur en frôlant sa gorge.
- J'en ai pas fini avec toi…
Il le lâcha et Erik s'écrasa sur le sol, les blessures de la veille veillant à renforcer ce châtiment. Logan rentra ses griffes puis vit Laura le regarder avec intérêt et mystère alors il partit, énervé, vers la cuisine, en prétendant ne pas faire attention à elle. Laura s'en attrista et rangea ses griffes aussi. Elle se dirigea vers Erik pour l'aider à se relever et l'albinos s'occupa de faire asseoir Charles sur son fauteuil.
- Ça fait plaisir de te revoir Caliban.
- De même professeur.
Erik s'étonna qu'il nomme Charles professeur alors qu'il n'était plus professeur et qu'il n'avait jamais été son élève. Cet homme n'avait jamais été l'élève de quiconque d'ailleurs. Il avait longtemps été un avide et cupide homme d'affaires qui vendait aux mutants en cavale une nouvelle identité. C'était un vendu, une sale race. Aux dernières nouvelles, il travaillait avec Alkali et les aidait à traquer les mutants avec sa mutation. Erik le savait parce que certains anciens compagnons l'avaient rencontré pour la première et la toute dernière fois. Erik le lui rappela en lui jetant un regard noir qu'il fit mine de ne pas voir. Il levait Charles qui regardait Erik avec une pointe de soulagement et une pointe d'angoisse. Erik lui sourit pour le rassurer ce qui sembla pendant un petit moment lui décrocha un sourire aussi.
Erik arriva dans la cuisine avec Laura qui le supportait physiquement puisqu'elle l'aidait à marcher, et moralement en lui adressant un sourire compatissant. Caliban poussa le fauteuil de Charles jusqu'à la table. Logan était assis et ne savait pas s'il les attendait pour discuter ou essayait de simplement gagner du temps pour se calmer. Il avait eu des jours pour se calmer mais c'était comme le simple fait de revoir le visage de ce traite d'Erik avait suffit à les effacer d'un coup. Ils étaient tous installés autour de la table, excepté Caliban qui mettait les restes d'un vieux sachet de poudre à café dans le percolateur pour préparer du café. Un silence berça cette scène aussi gênante que tendue. Logan respirait toujours bruyamment en se demandant ce qu'il attendait pour l'achever. Charles fixait les mains de Logan tremblantes avec inquiétudes. Erik détournait le regard de son agresseur pour se tourner vers le visage inquiet de Charles et tenter de paraître confiant à ses yeux. Caliban, pas du tout impressionné par la tension, alluma le percolateur et ajouta, au silence gênant, le vrombissement de la machine. Et Laura voulait croiser le regard de Logan. Quand Logan croisa le sien, il s'énerva à nouveau et écrasa son poing sur la table et dit, presque trop doucement, à Erik :
- Maintenant, tu vas nous expliquer tout depuis le début !
Erik se tourna vers Charles qui hocha la tête pour lui laisser raconter les événements. Il inspira et lui expliqua tout : qu'ils étaient partis le lendemain, qu'ils avaient rencontré Gabriella et Laura, que Charles avait vu dans les pensées de Gabriella les atrocités qu'avait fait Alkali à des jeunes mutants, qu'ils avaient conduit Gabriella à l'hôpital, qu'ils avaient pris sa voiture pour aller au Dakota, qu'ils avaient été confrontés à un barrage, qu'ils avaient voulu fuir, que Charles avait fais une crise, qu'Erik s'était blessé en voulant conduire la voiture et en forçant sur ses tiges. Logan les écoutait attentivement, en gardant son visage sombre à l'égard d'Erik qui lui expliquait qu'il avait quand même failli y rester. Caliban cherchait, dans les étagères, des tasses pendant que le café se faisait dans le percolateur. Erik termina sur le fait qu'ils étaient finalement venus ici pour se reposer et qu'ils comptaient repartir maintenant mais qu'ils avaient eu la visite d'anciennes connaissances. Charles ne s'étonna pas de voir Erik osé prendre en dérision les menaces de mort de Logan. Erik s'arrêta et regarda Logan qui avait les poings serrés sur la table et encore saignants. Charles ne disait rien non plus. Le percolateur cessa son vrombissement et Caliban remplit les tasses de café. Logan leva les yeux et lui sourit de façon beaucoup trop exagérée pour qu'une quelconque lueur de sincérité puisse y vivre :
- Dés le lendemain matin vous êtes partis… Hé bien…Je vois que tu n'as pas mis longtemps à me trahir…
Caliban s'approcha de la table avec deux tasses. Il en déposa une devant Erik qui répondit à Logan :
- Si je n'y étais pas allé, ça aurait été Charles que j'aurais trahis.
Sur ses mots, Logan était à deux doigts de craquer. Il se leva d'un coup de sa chaise, et était sur le poing de sortir ses griffes pour lui bondir dessus. Caliban s'approcha de lui pour lui tendre sa tasse avec nonchalance. Logan le foudroya du regard et envoya, d'un geste de la main, la tasse de l'autre côté de la pièce.
- Je t'avais laissé la plus jolie, Logan…
Le silence revient quelques instants puis Charles prit la parole pour calmer Logan.
- Et toi, Logan… Comment nous as-tu retrouvés ici ?
Logan se rassit et prit la tasse de café posée devant Erik. Il en but une gorgée qui lui brûla la gorge et commença à leur raconter.
Logan venait à peine de déposer son premier client de la journée, qu'il sentait déjà la fatigue lui monter à la tête. Il se sentait de plus en plus faible ces temps-ci mais savait que ses horaires de chiens n'arrangeaient rien. Mais il savait aussi qu'il n'avait pas le choix s'il voulait pouvoir trouver l'argent pour les médicaments de Charles et économiser pour un bateau et partir loin de toutes ses emmerdes. Il remonta dans sa limousine, prit une lichette d'alcool pour se donner un peu de force et un peu de courage. Il repensa pendant moins d'une seconde à ce qu'il avait dit à Erik avant de partir ce matin. Mais se ravisa vite quand il vit un passager inattendu monter à l'arrière. Il se retourna, déboussolé. L'inconnu était un jeune blond, tatoué, avec des lunettes de soleil qui contrastait avec la pluie et le mauvais temps à l'extérieur.
- Est-ce que c'est bel et bien lui… le Wolverine ? Et dans un piteux état désormais…
Logan s'étonna d'entendre le titre qu'il n'avait plus entendu ni porter depuis longtemps dans la bouche d'un inconnu après des mois d'anonymats. Il regardait sa mine réjouie et lui balança :
- Mais t'es qui, toi ?
- Moi… Non… ce n'est pas la bonne question ? La bonne question c'est : Qu'est-ce que je pourrais bien vouloir te toi ? Mais la vérité, c'est que ce n'est pas toi que je veux, Wolvie. Non… la personne qui m'intéresse, c'est la personne qui te veut toi. Gabriella, une Mexicaine, … Ca te dit quelque chose peut-être…
Logan le regardait sans comprendre un traite mot.
- Cette femme m'a pris quelque chose à mon insu et ça m'embête car j'en suis responsable... Elle va venir ici et son premier réflexe va être de te contacter.
- Je ne connais pas de Gabriella, alors tu fous le camp de ma voiture ! lui cracha-t-il au visage en le coupant.
Le blondinet fit semblant de s'offusquer de sa remarque et s'approcha de lui.
- Oh… écoute Wolvie… Je sais que tu caches quelque chose, amigo. Ton vieux déplumé, au Sud de la frontière.
Logan sentit la rage et la crainte monter en lui. Mais il savait que l'inconnu n'était pas la première personne à faire le lien entre sa recherche assidue de médicaments et l'existence de Charles. N'était-ce pas comme ça qu'Erik les avait trouvés, il y avait 9 mois. Et malgré les précautions qu'il avait prises, il se retrouvait face à un homme qui voulait le faire chanter.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Un peu de coopération, Wolvie…
Il lui tendit sa carte avec un grand sourire. Logan ne daigna même pas la regarder. Le blondinet, déçu, le lui jeta. Avant de partir, il lui lança avec un sourire niais :
- Et en passant… Je suis un vrai fan.
La peur face à cette nouvelle l'empêcha de le rattraper pour le découper en morceaux mais le poussa à se jeter sur la carte. Il la prit la carte et lut :
Alkali-transigen. Donald Pierce, chef de sécurité.
- Merde, cria-t-il en reconnaissant le nom d'Alkali
Il passa le reste de la journée à conduire de riches personnes ici et là entre un enterrement, une réunion d'affaires ou des hôtels de luxe. Entre un de ses trajets, il appela le vendeur de bateau pour lui demander de le prendre le plus tôt possible mais, l'argent manquant, il lui raccrocha au nez. La nuit n'allait pas tarder à tomber et c'était à ses heures qu'il gagnait le plus à conduire de jeunes Américains pleins d'argent, de rêves, d'orgueils et d'alcool à d'autres endroits remplis de dépenses faciles, d'abandon, de faux-semblants et d'encore plus d'alcool. Mais la visite de son maître-chanteur, Donald Pierce, le fit hésiter. Il se souvient de ce dont Erik lui avait parlé : du mutant avec qui Charles communiquait, qui avait besoin d'eux, qui s'était enfui. Ça ne pouvait pas être une coïncidence. Il se souvient du doute d'Erik à croire Charles et à sa volonté d'aller fourrer son nez dans tout ce merdiers. Il aurait pu lui téléphoner mais il se souvenait lui avoir demandé de se débarrasser de son téléphone pour empêcher qu'on ne le localise. Il se résigna à travailler cette nuit-là et partit en direction de la frontière mexicaine.
Il arriva à la ferme dans le noir complet et ce n'est qu'en approchant la lumière de ses phares à la barrière qu'il se rendit compte de sa disparition. Il sortit en catastrophe de la voiture et put mieux constater les dégâts. Elle avait été tout simplement défoncée. Un sentiment de panique intense le fit entrer en transe. Il sortit ses griffes et courra vers le vieux château d'eau. Il s'approcha de la porte qui, elle aussi avait été enfoncée. Il y entra et hurla à pleins poumons :
- Charles !
Il n'était pas là et il put à peine apercevoir les pots des plantes éclatés sur le sol. Puis il courut avec le peu d'espoir qui lui restait vers la ferme en se murmurant une série de « Merde ! » de plus en plus violemment. Il entra dans la cuisine et vit les étagèrent, les boîtes et les autres ustensiles longés le sol. Il hurla le nom d'Erik à qui le silence répondit à nouveau. Logan, achevé par la scène, s'assit sur une des chaises encore debout et hurla à pleins poumons de rage pendant trop longtemps.
Il se leva et décida de rassembler tous les affaires qu'ils avaient laissées pour partir et aller les chercher jusqu'à chez Pierce s'il le fallait. Il remarqua que les ustensiles couvraient la planche sous laquelle il cachait l'argent et se dit qu'il n'avait pas dû la soulever. Il la souleva mais ce qui le trouva le chiffonna. Il y restait de l'argent mais… seulement une petite partie et parfaitement alignée. Il réfléchit et se demanda pourquoi Pierce et ses hommes auraient pris son argent et encore moins qu'une partie de son argent. Il se mit à chercher aussi dans les ustensiles qui semblaient avoir été jetés aléatoirement et s'étonna également de ne pas y voir les médicaments de Charles. Il regarda dans la boîte en métal dans laquelle il les rangeait et vit qu'il y restait uniquement les boîtes vides. Il se dirigea vers la petite salle de bain d'Erik et constata à nouveau que les vêtements d'Erik n'étaient ni sur le sol ni dans l'armoire et que son sac n'était plus là non plus. Peu à peu, les pièces du puzzle commencèrent à s'assembler alors il partit vérifier dans le château d'eau où était autrefois Charles. Il y entra. Entre les pots des plantes qui avaient été renversés, il n'y trouva pas le fauteuil roulant. Mais plus étonnant, il vit, replié sous le lit, le vieux pyjama et peignoir que Charles portait presqu'en permanence couvert de la terre des pots. Quand il le souleva, il constata également qu'il n'y avait pas de terre en dessous. Il se retourna vers la partie d'échec et bien que peu connaisseur, il reconnut la partie qu'ils avaient faite la vieille à la différence qu'un bout de métal était enfoncé entre les pions.
Logan ne mit pas longtemps à comprendre qu'Erik s'était barré avec Charles avant que Pierce et ses hommes ne viennent. Logan sentait un soulagement qui s'accompagna vite d'une immense rage : Erik l'avait trahi et même si sa trahison leur avait permis d'échapper de justesse à Pierce, il l'avait trahi ! Logan tenta de se rappeler de ce qu'Erik lui avait dis pour pouvoir les retracer mais les souvenirs se mélangeaient à sa colère. Il sortit son téléphone et décida d'appeler la seule personne qui pouvait l'aider à localiser Charles et Erik avant Pierce.
- Et c'est comme ça qu'il m'a contacté, dit Caliban en terminant la phrase de Logan et en buvant son café. Logan s'est souvenu que tu lui avais parlé du Dakota du Nord. Puis, sur le chemin, on a entendu parler de l'accident de l'hélicoptère qui a mystérieusement perdu le contrôle en même temps que deux voitures. On était allé fouiller là, et j'ai senti votre présence dans cette maison. Et celle de Laura aussi. Même si je ne la connaissais pas et en même temps j'avais l'impression de la connaitre… Maintenant, c'est tout de suite plus clair…
Erik fronça les sourcils en remarquant un détail.
- Tu n'as pas trouvé ma lettre ? Celle que j'avais laissée sur l'échiquier ?
Charles, Caliban et Logan le regardèrent l'un en réalisant ce qu'il voulait dire et les deux autres avec incompréhension.
- Je n'ai trouvé qu'un morceau de métal, enfoncé dans l'échiquier.
Le sang d'Erik ne fit qu'un tour. Ce n'était pas possible. Ils n'avaient pas pu… Quand il réalisa, Logan s'énerva et lui demanda :
- Qu'est-ce qu'il était marqué sur cette lettre ?
- J'ai écrit que nous allions au Dakota du Nord trouver l'Eden avec Charles pour aider la jeune mutante et…, j'ai signé la lettre.
Logan se leva mais cette fois-ci bien plus dépité qu'énervé en voyant le visage d'Erik fondre, comme si voir Erik affrontés les conséquences de sa trahison avait permis d'évacuer une partie de sa rage.
Erik ne put rien dire. La culpabilité lui mangeait les entrailles et puisait ses dernières forces pour laisser sa rage l'envahir. La culpabilité, encore et toujours elle. Elle l'avait nourri toutes les années de sa vie et elle arrivait encore et toujours à le surprendre et à lui faire aussi mal. Charles le regardait rougir ses yeux de fureur et prit sa défense:
- Ce n'était pas son intention, Logan. Sa seule erreur fut de ne pas avoir eu envie de te laisser sans aucune information. Si tu nous avais suivis et que tu m'avais cru, nous n'aurions pas eu à la faire.
Logan se leva en baissant les yeux. Charles avait touché juste mais uniquement pour Logan puisqu'Erik continuait à sentir le poids de ses erreurs. Erik se leva et dit, dans son impulsivité et sa rage d'antant :
- Écoute-moi, Logan ! Aujourd'hui ce qui compte, c'est Laura. Il est d'autant plus urgent que nous rejoignons les autres mutants avec elle. S'ils savent qu'ils sont quelque part dans le Dakota, nous devons les rejoindre et les prévenir pour qu'ils fuient au plus vite vers le Canada. Et si Pierce les a déjà trouvés, nous devons les aider.
- Ça va être plus compliqué que ça, lui répondit Caliban en posant sa tasse vide sur la table. Le point central de leur équipe, Logan et moi avons a pu l'éviter parce qu'ils étaient accompagnés d'un mutant. Enfin… c'est difficile à expliquer mais on dirait qu'une entité qui soit à la fois un mutant vivant et à la fois quelque chose qui s'en éloigne et qui semble presque mort, les accompagne. Ils doivent avoir un mutant que je connais pas pour les aider, ils recrutent parfois...
Erik était toujours dans une douloureuse rage et visa froidement Caliban en lui répondant :
- Tu dois en savoir quelque chose puisqu'aux dernières nouvelles, tu travaillais avec eux. Tu les aidais à traquer tes frères et sœurs mutants ! Lui cracha-t-il en sentant l'ancien magnéto prendre les rênes dans sa colère.
- Je travaillais à Alkali. Mais je m'y suis échappé en voyant les horreurs qu'ils faisaient subir aux mutants. Contrairement à toi, je n'ai pas attendu la disparition des mutants pour arrêter de les faire souffrir avec tes plans de dominations foireux!
Erik avait réussi à faire sortir de Caliban une colère qu'il ignorait lui-même et à s'entendre s'énerver, il se calma d'un coup. Il baissa les yeux de honte et se tourna vers Logan qui dit à Charles :
- On n'a pas à se mêler des affaires des autres ! Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne trouve votre fameux Eden avec les enfants qui y attendent pour traverser la frontière. Et depuis votre incident d'hélicoptère, ils vous cherchent, accompagnés d'un mutant, dans toute la région. De toute façon, vous comptiez repartir avec votre poubelle roulante ?
- Nous avions prévu de partir avec une des voitures de la maison dans le garage et la déverrouiller grâce à Erik.
Logan était à cran à cause de cette conversation qui tournait en rond, il était frustré de ne pas pouvoir se défouler sur Erik et en même temps frustré de voir la petite Laura qui regardait la scène sans rien dire et qui devait le prendre pour le plus odieux des connards. Il trouva une idée pour gagner du temps et s'éloigner avec Caliban.
- Je vais aller voir cette voiture avec Caliban. En attendant, rassemblez vos affaires !
Logan partit, les pieds lourds et Caliban le suivit. Erik se tourna vers Charles puis vers Laura qui avait les yeux baissés et tristes et ça le calma à son tour. C'était la première image de son père, se disait Erik. Il savait que Logan n'était pas tant à blâmer que ça. Après tout, c'était lui qui était partis avec sa fille sans le lui dire.
Charles et Erik n'avaient pas vraiment de bagages à faire puisqu'ils avaient déjà tout emballé la veille alors Charles dit à Laura avec un visage, comme à son habitude, le plus calme et compatissant possible pour la rassurer :
- Va faire tes bagages, Laura.
Laura lui répondit d'un petit sourire tordu et partit dans la bibliothèque rechercher ses comics et prendre, pour ne pas dire voler, quelques livres pour enfants.
Erik voulut parler à Charles mais le vit fermer les yeux et se concentrer. Il les rouvrit et lui dit en lui tendant ses doigts :
- Tu veux les écouter ?
Erik prit peur en voyant son geste puis se rassura en voyant son beau sourire paisible et lui fit confiance.
- Je ne te connaissais pas aussi… sournois.
- Les gens changent, Erik…
Il s'approcha de lui et s'agenouilla à sa hauteur. Charles posa ses doigts sur sa tempe et ils fermèrent les yeux. Quand Erik crut rouvrir les yeux, il avait Logan devant lui qui avait une griffe dans de le contact de la voiture et qui la déverrouilla d'un coup puis s'assit sur le siège et souffla bruyamment. Quand Erik entendit parler Caliban, il comprit que c'était depuis son esprit qu'ils allaient pouvoir espionner leur conversation.
- Alors ? C'est la seule excuse que t'as trouvé pour me demander mon avis. D'ailleurs, je suis étonné que le solitaire Wolverine demande l'avis de quiconque.
Logan souffla et le regarda, partagé entre cette colère qu'il gardait, malgré tout, pour ce traitre d'Erik, l'incertitude face à l'avenir et face à la décision qu'il devait prendre mais surtout la nouvelle d'avoir une fille devant qui il avait menacé tuer.
- Au point où nous en sommes, Logan, fuir sera tout aussi difficile que d'aller au Dakota. Ils savent qu'Erik et Charles sont dans les environs et ils ne prendront longtemps avant de découvrir que nous les avons rejoins. On a toujours été traqué, Logan. Peut-être que rejoindre ses jeunes mutants au Canada est notre chance aussi. Mais s'il se trouvait qu'ils avaient découvert l'Eden, alors nous aurions perdu du temps…
- C'est des conneries cet Eden. S'il nous cherche au Dakota, on peut gagner du temps en partant dans l'autre sens.
- Et fuir encore et encore.
- Alors tu voudrais les affronter ?
- Je ne sais pas. L'idée de fuir jusqu'à ma mort ne m'arrange guère non plus.
- La mort, on l'aura si on va se jeter dans la gueule du loup.
Ils marquèrent, tous les deux, un silence et Caliban osa lui demander alors qu'il sentait encore la colère bouillir en lui :
- Et Charles ? Crois-tu qu'il acceptera de suivre si tu décides de ne pas y aller ?
Caliban n'osa quand même pas aller jusqu'à inclure Erik. Logan se tut puis eut un petit rire sans le vouloir.
- Aux yeux de Charles, j'ai toujours été une déception. Je suis près à endosser ce rôle si je peux lui sauver la vie, tout comme il a sauvé la mienne à l'époque.
- Avec les x-men… C'est avec eux qu'il t'a sauvé. Eux qui se sont toujours battus pour les autres.
- Les x-men ne sont plus… Il ne reste que Charles et je ne compte pas le sacrifier pour…
Il s'arrêta avant dire la suite qui impliquait de laisser à Alkali de jeunes enfants innocents.
- Et toi ? Quelle décision tu prendrais à ma place ?
- Si j'ai accepté de t'aider, Logan, tu te doutes bien que c'est parce que j'ai une dette envers les mutants… Mais je pense que tu devrais y aller, pas seulement pour ta fille, mais parce que le temps t'es compté.
Logan ouvrit les yeux de rage, se leva de son siège et s'approcha de lui d'un regard menaçant.
- Ça ! Ca a intérêt à rester entre nous !
Caliban, peu impressionnable, lui répondit :
- Tu sais… ça se voit que tu vas mal.
- Non, tu dis ça parce que tu l'as senti.
- Sentir l'adamantium t'empoisonner est une chose. Mais voir que tu vieillis, que tes blessures ne guérissent presque plus et même que tu portes des lunettes pour lire, c'est une chose beaucoup plus évidente.
Logan réfléchit et ne dit rien. Son visage se figea dans la peine. Caliban s'apprêta à partir quand il eut quand même le courage de lui poser une dernière question :
- Tu ne comptais pas vraiment le tuer, n'est-ce pas ?
Erik se tourna vers lui, le poil hérissé rien qu'à se remémorer son nom.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ?
- Que tu lui demandes une raison pour le tuer… Tu en avais mais ça ne te suffisais pas pour aller jusque là. C'est à cause de lui que tu ne l'as pas tué ?
Logan n'avait rien à lui répondre et Caliban le savait puisqu'il partit, le laissant seul face à son dilemme.
Charles coupa la connexion et Erik ouvrit les yeux et réalisa seulement à cet instant de la petite distance qui le séparait du visage de Charles. Il profita qu'il avait encore les yeux fermés pour pouvoir l'admirer encore quelques secondes. Charles ouvrit les yeux et ils se regardèrent sans un mot jusqu'à ce qu'Erik se lève, en tentant de ne pas paraitre gêné. Il vit sa tristesse face au propos de Logan et tenta de le rassurer :
- Charles… Je suis sûr que Logan prendra la bonne décision.
Caliban revient et les aida à porter les sacs jusqu'à la voiture. Logan installa Charles à l'arrière avec Erik. Et Laura vient avec ses comics et ses nouveaux livres s'installer à côté d'Erik qui occupait la place centrale. Il avait eu le temps de remettre son casque sous ses bandages ce qui avait étonné Caliban jusqu'à ce que Charles lui explique. Ils étaient assis dans la voiture, incertains et stressés, tous, attendant de savoir ce que Logan avait décidé. Caliban était assis au siège passager et attendait Logan qui vérifiait une dernière fois le moteur de la voiture. Il s'avança, s'assit et tout attendirent sa réponse. Il inspira et leur dit :
- Nous allons tenter d'aller à votre foutu Eden.
D'un coup, tous expirèrent de soulagement.
- Mais…
Il se tourna vers Erik et le fixa méchamment :
- Si en arrivant, Caliban sent qu'ils y sont déjà et qu'ils nous attendent. Nous ferons demi-tour sauf Erik qui y restera !
Erik sourit sans grande surprise et s'étonna d'autant de clémence.
- J'accepte, Logan.
Logan alluma le moteur et ils étaient partis. Erik était finalement soulagé même s'il savait que ça n'effacerai en rien sa trahison. Cette trahison qu'il n'avait finalement pas pu expliquer à Logan puisqu'il n'avait pas lu son mot. Peut-être était-ce mieux… Peut-être il ne le fera jamais, se disait-il. Lui, il se souvenait encore des mots qu'il lui avait écrits, sans réfléchir, avant de partir :
« Logan,
Je voudrais pouvoir m'excuser de ce que je m'apprête à faire mais en réalité, je ne le peux pas parce que c'est faux : je fais ce qu'il faut pour les mutants et pour Charles.
Nous allons au Dakota du Nord avec Charles y conduire une jeune mutante, Laura, avec les siens dans un endroit qu'ils nomment « Eden ». J'espère qu'un jour, tu pourras nous y rejoindre, retrouver des mutants après toutes ses années et me pardonner ma trahison.
Bien à toi,
Erik Lehnsherr »
