PRESENT
Castiel ne comprenait pas pourquoi mais il avait parcouru tout son classeur et noté tout ce que Luc y avait souligné ou entouré. Il se dit que le bibliothécaire s'ennuyait sans doute, qu'il voulait juste s'amuser un peu. Il n'avait pas une confiance absolue en un homme qui saluait Sam chaque matin d'un « Good Morning Vietnam » tonitruant sans aucune raison apparente.
Il regarda sa feuille couverte de notes en cherchant un lien entre : « La dépression a une composante génétique » et « Le travail de deuil comporte cinq étapes. » ou entre « la primo expérience addictive peut aussi résulter d'un choc psychologique » et « les cas de Secret familiaux peuvent être extrêmement préjudiciables aux enfants d'une même famille. »
Ce fut sans doute cette phrase qui l'aiguilla sur le cheminement de pensées de Luc. Il se mit à mordiller distraitement son crayon en laissant son esprit divaguer. Un Secret Familial expliquerait beaucoup de chose chez les Winchester. Leur difficulté à vivre l'un sans l'autre, les comportements addictifs et auto destructeurs de Sam, l'incapacité de Dean à rester au même endroit très longtemps, à supporter qu'on s'attache à lui...
Mais quel secret ?
Ils n'avaient plus qu'eux, personne pour répondre à la question. Sauf...
Il leva les yeux vers Luc qui, de l'autre coté du comptoir faisait semblant de lire une revue. « La dépression a une composante génétique. »
Luc avait parlé de Freud.
Castiel se prit la tête à deux mains, essayant de se concentrer sur une fine idée qui lui échappait dès qu'il s'en approchait. Il lui manquait un élément. Un élément que ni Sam ni Dean ne pourraient lui fournir, eux même n'en ayant pas connaissance. Il retraça tout ce qu'il savait d'eux. Chercha pendant ce qui lui semblait des heures l'élément manquant dans leur histoire, ce qu'on leur avait caché et qui avait créé en eux un manque dont ils n'avaient pas conscience. Pourquoi à cet instant précis eut il la vision très nette de Dean, assis à sa chaise de bureau, regardant distraitement par la fenêtre ?
« Il était saoul et j'ai rien pu faire pour le sauver. »
C'était une des rares fois où il avait évoqué la mort de son père. Et d'un coup, tout se mit en place, il entendit presque le déclic dans son cerveau. Il ne prit pas le temps de refermer son classeur et se jeta sur un ordinateur à la recherche d'une rubrique nécrologique, d'un fait divers, vingt ans plus tôt à Lawrence au Kansas. Juste pour être sur.
Le feu qui avait tué Mary Winchester avait pris dans la nursery. Dans une maison neuve. Prévue pour l'arrivée d'un enfant. La nursery était sécurisée contre tout, forcément. John était un marines. Et Dean avait été un petit garçon turbulent. Leur maison devait être sécurisée. Forcément sécurisée.
« Tu as comprit gamin ? » La voix de Luc par dessus son épaule le fit sursauter mais il hocha la tête.
« Ce n'était pas un accident. »
« Probablement pas. » Acquiesça Luc.
« Dean était là... Il a vu... C'est pour ça qu'il a toujours protégé Sam. Parce qu'il n'a pas pu empêcher le feu... et ensuite... »
« Ensuite il n'a pas pu empêcher son père de boire, il n'a pas pu l'empêcher de mourir lui aussi. »
« Et il a faillit perdre Sam après la mort de leur père... Et il n'a pas comprit pourquoi... Parce qu'on ne le lui a jamais dit.. » Castiel se sentait mal, la tête lui tournait et sa voix tremblait. « On ne lui a jamais dit que ce n'était pas sa faute. »
Luc hocha la tête.
« Comment vous avez su ? » Demanda-t-il en se tournant vers le bibliothécaire.
« Sam est un bon gamin, et je sais reconnaître un môme qui a besoin d'aide quand j'en vois un. J'ai juste cherché pourquoi. »
Castiel reporta son attention sur l'écran. « Il faut qu'il sache. Dean, il faut qu'il sache que rien de tout ça n'était sa faute et que... »
Luc attendit que l'étudiant comprenne la suite tout seule. Il voyait presque les rouages tourner dans sa tête produisant de la fumée et des étincelles.
« Que ce n'est pas lui qui fait du mal aux gens qu'il aime. Ce n'est pas sa faute si ses parents sont morts. Ce n'est pas sa faute si son départ nous a tous brisés... c'est pas sa faute si on lui demande plus que ce qu'il peut offrir. »
« Bien gamin. » Dit Luc en hochant la tête. « Appelle le et dis lui ça. Vous en avez besoin tout les deux. »
Castiel lui lança un regard interrogateur et Luc sourit.
« Il te va mieux que tout les autres. Ne le laisse pas partir à cause d'une histoire stupide. »
« Il m'a quitté le premier. »
Luc eut un soupir exaspéré. « Il ne t'a pas quitté. Il a eut peur de ne pas être à la hauteur de ton amour. Il a voulu vous protéger tout les deux. Tu peux lui en vouloir d'être amoureux et idiot, mais pas d'avoir voulut te protéger. »
Castiel n'avait rien à redire à ça. Il lui fallut quelques secondes pour digérer l'information avant qu'il se précipite sur ses cahiers, les fourre dans son sac et compose le numéro de l'aîné des Winchester. Il n'était pas encore sorti de la bibliothèque quand il tomba sur la messagerie.
« Dean, c'est Castiel... Écoute » Il parcourut l'allée qui menait à la bibliothèque en courant. « Je viens te voir, j'ai quelque chose à te dire et... » Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait mis le pied sur la route, ni qu'une voiture venait de tourner à l'angle de la rue, là où le conducteur ne pouvait pas le voir.
Quand Dean reçut le message, il entendit un crissement de freins puis un choc sourd et comme un bruit d'explosion quand le téléphone de Castiel heurta le bitume.
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Six mois plus tôt -CUBA
Il faisait excessivement chaud. Le jour comme la nuit et Dean avait le front perpétuellement en sueur, ses vêtements toujours plaqués au corps par l'humidité. Il n'y avait pas l'air conditionné dans le bar et il s'installait toujours sous les ventilateurs dans l'espoir que le faible déplacement d'air qu'ils provoquaient le rafraîchiraient. Le barman le connaissait, à force et lui versait son whisky avant même qu'il ne se soit assis au bar. Les jours où il était de repos, quelqu'un d'autre prenait sa place et Dean prononçait ses seuls mots de la soirée. « Un whisky s'il vous plaît. »
Il en buvait un seul, en écoutant le bruit du bar. C'était un bruit différent de celui qu'il entendait le jour. Les grenouilles à l'extérieur (qu'il avait prit pour des grillons avant qu'on le détrompe) produisaient un bruit de fond aigu qui lui faisait grincer des dents et les conversations dont il ne comprenait pas tout les mots étaient une distraction agréable.
Ce soir là il y avait une fille. Ils travaillaient ensemble et c'était la seule raison pour laquelle Dean avait pris la peine de retenir son nom. C'était une gentille fille mais un peu curieuse et elle le pressait de questions depuis une heure agacée qu'il ne répondait à aucune d'entre elles.
«C'est quoi ce tatouage ? » Demanda-t-elle entre autres questions en désignant son poignet.
Il tourna la tête vers elle pour la première fois de la soirée et la regarda fixement comme s'il se moquait d'elle. Même dans la pénombre il avait des yeux magnifiques, légèrement injectés de sang à cause de la fatigue.
« Ça me regarde. » Dit il froidement.
« Mais... »
« Ne t'occupe pas de mes affaires. »
Il vit la fille serrer les dents, prendre son sac et partir. La troisième gorgée de son whisky fut la première qu'il savoura en même temps que le bruit familier du bar. Il laissa l'alcool se dissiper sur sa langue, se mordit la lèvre pour faire glisser dans sa bouche deux gouttes de boisson qui le brûlaient. Pendant une fraction de seconde, le whisky qu'il faisait tourner dans son verre eut l'exacte couleur du sable sur la plage non loin d'Ocean Avenue quelques mois plus tôt. La seconde d'après la couleur était devenue celle des yeux de Gabriel ce même jour.
« Je sais reconnaître des gosses qui iront loin quand j'en vois. »
Dean haussa les sourcils pour lui même à l'évocation du professeur. « Ou pas. » Marmonna-t-il avant d'avaler la dernière gorgée.
Il faisait rituellement le chemin de retour au chantier les mains enfoncées dans les poches de son jean, la ceinture frottait contre la peau toujours sensible de son poignet. C'était une nuit de Février et à cette heure il n'y avait déjà plus que des ivrognes et des petits délinquants dans les rues. Le soleil se levait toujours tôt ici et se couchait à l'avenant. Dean avait appris à regarder le jour s'éclairer en avalant son café matinal. Le café était infect ici, les paquets arrivaient éventés et insipides. Celui du RoadHouse lui manquait et il pensait aux mains de Castiel chaque jour en faisant couler le sien. Il logeait non loin du chantier où il travaillait, le chauffe eau fonctionnait quand il était de bonne humeur et l'électricité à peu près jamais. Mais Dean s'en moquait. Ses journées étaient chargées et épuisantes, en rentrant chez lui il n'aspirait qu'à se coucher , la moustiquaire enroulée autour de lui pour se protéger des insectes zonzonnant, et dormir.
Il retrouva le chantier le lendemain à l'aube. Un jour, le tas de briques serait un orphelinat. Les mômes du quartier passaient régulièrement voir l'avancée des travaux et les ouvriers, Dean inclus ne cessaient de leur répéter que ce serait pour les enfants qui n'avaient pas de parents. Mais les gamins aimaient leur traîner dans les pattes et ici, personne ne les en empêchait. Dean ne comptait plus le nombre de casques qu'il s'était fait dérober (ou qu'il avait discrètement donné) par les gamins. C'était un travail fatiguant et peu gratifiant mais il l'occupait, l'association pour laquelle il s'était porté volontaire quelques mois plus tôt lui donnait de quoi se loger et se nourrir ( il n'en demandait pas plus) et l'impression de faire quelque chose d'utile. Les mômes qui passeraient par ici ne remarqueraient sans doute jamais les signatures des ouvriers disséminées un peu partout dans la structure ( celle de Dean était au pied d'un des poteaux en béton de ce qui deviendrait sans doute le réfectoire), mais pour la majorité d'entre eux, construire ce bâtiment avait une importance particulière. L'importance d'un travail altruiste pour se dire qu'au moins ils auront fait quelque chose de bien dans leur vie.
Dean avait une photo de ses gants posés sur une pile de briques à l'entrée du chantier au dos de laquelle il avait écrit : « Je voulais faire quelque chose de bien pour être digne de toi. »
Il l'avait prise un mois après son arrivée à Cuba et n'avait toujours pas trouvé le courage de l'envoyer à Castiel. Elle était toujours épinglée au dessus de son lit.
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C'était le deuxième semestre de la deuxième année. Pour Charlie cela signifiait que les cours étaient plus nombreux, plus importants, plus complexes. Pour Meg cela signifiait qu'Adam Miligan avait débarqué à Ocean Avenue. Elle s'était arrangée pour l'éviter depuis deux semaines mais elle ne pouvait pas éternellement vivre cloîtrée dans l'appartement, aussi confortable et chaleureux soit il.
Charlie avait proposé de le dénoncer au Doyen Crowley pour le faire expulser mais Meg avait catégoriquement refusé. « J'ai pas envie d'étaler ma vie sur tout les toits Punky ! »
Elle n'avait pas peur d'Adam, pas vraiment. Elle n'avait pas non plus honte de ce qu'il lui avait fait, après tout elle était la victime et lui l'agresseur. Mais elle n'avait aucune envie que cela se sache. Elle regrettait même que Charlie soit au courant parce que parfois, quand elles faisaient l'amour, elle ne pouvait s'empêcher de voir quelque chose dans les yeux de sa partenaire. C'était peut être un tour de son imagination, mais elle la voyait quand même, cette vague lueur de pitié et de peine qu'elle détestait.
Plus que tout, Meg Marsters détestait se sentir faible. Et Adam la faisait se sentir plus mal que ça. Plus que faible: impuissante. Et c'était ce qui la terrifiait. Il avait ce pouvoir sur elle: tout raconter à tout le monde et, par la suite l'obliger à voir cette lueur dans les yeux de tout ses camarades, celle qui la plaignait. Et cette autre lueur, celle qui lui donnait envie d'arracher des gorges, celle qui disait que son interlocuteur, au fond, se demandait si elle ne l'avait pas un peu cherché.
Ce fut Charlie qui décida unilatéralement que la situation ne pouvait plus durer. Ils auraient du être tous ensemble, faire la fête comme des enfants insouciants et pourtant ce n'était pas le cas. Meg refusait de sortir désormais, Jess accompagnait Sam à des soirées elle s'assurait qu'il ne se procure aucune drogue, Castiel... A vrai dire elles n'avaient quasiment plus vu Castiel depuis les résultats du premier semestre.
Il travaillait pour rattraper ses notes catastrophiques. Les rares fois où il levait les yeux de ses cours, il accompagnait Sam et Jess à une fête quelconque, buvait beaucoup trop et terminait dans le lit de quiconque voulait bien de lui. Charlie n'était pas surprise qu'il y ait presque une file d'attente devant sa porte. A chaque fois qu'elle rendait visite à son ami, elle devait se retenir d'effacer rageusement les numéros de téléphone écrits à la craie sur le tableau qui ornait la porte de sa chambre d'étudiant.
Aucun d'eux ne disaient rien. Ils avaient tous leur façon de gérer le départ de Dean. Personne ( à part peut être Jess) ne reprochait à Sam d'être stone du vendredi au lundi. Personne ne reprochait à Castiel de s'envoyer en l'air avec tout le campus. Personne ne reprochait à Meg de ne pas pouvoir parler de Dean sans l'insulter, et personne ne se préoccupait de Charlie qui ne disait rien.
Mais elle en avait assez. Les secrets, l'autodestruction et les conneries c'était très bien dans les livres et les séries télé, beaucoup moins dans la vraie vie.
Dean était parti et il leur manquait à tous. C'était un fait que rien ne viendrait changer. Même pas les rares cartes qu'il leur envoyait à tour de rôle, à tous sauf à Castiel ( chose que Charlie ne comprenait absolument pas.)
Mais le pleurer et faire n'importe quoi sous prétexte qu'il leur manquait un repère était ridicule. Leurs vies ne dépendaient pas de Dean, ou du moins n'auraient pas du dépendre de lui. Son ami lui manquait. Beaucoup. Mais elle avait vécu presque vingt ans sans lui, elle pourrait bien faire sans encore un peu.
Un Dimanche matin, fin Mars, elle décida qu'il était temps de prendre le taureau par les cornes.
« Tu crains qu'il raconte à tout le monde ce qu'il t'a fait ? Eh bien on n'a plus qu'à obtenir un moyen de pression sur lui ! » Dit elle à Meg en ouvrant son ordinateur. Sa petite amie haussa un sourcil par dessus le muffin dans lequel elle venait de mordre. « Et on va en profiter pour sortir Castiel de ses bouquins. »
« Bon courage avec ça Punky ! » Grinça Meg. « Et si tu dis quoi que ce soit à qui que ce soit, petite amie ou pas, je t'égorge ! »
« Bon courage avec ça Princesse ! » Grogna Charlie. Il lui fallut une demi journée pour mettre un plan au point et l'après midi même, elle toquait à la porte de Castiel. Il l'écouta patiemment exposer son plan.
« Et pourquoi au juste toi, qui est de loin la personne la moins prompte à détester qui que ce soit que je connaisse, as tu à ce point envie de détruire la vie de ce mec ? » Demanda-t-il quand elle eut finit.
« Fais moi confiance, il le mérite. »
Castiel l'observa un moment, perplexe. Il avait les yeux rouges, les cheveux en bataille et Charlie se rendit compte qu'elle ne l'avait pas vu depuis des semaines, qu'elle n'était venue toquer à sa porte que pour l'aider à usurper l'identité de quelqu'un dans le but de faire de sa vie un enfer. Elle se sentit honteuse du genre d'amie qu'elle était. Elle avait grandi seule, entourée d'autres enfants seuls, cela apprenait l'importance de se serrer les coudes entre amis. Et elle n'avait été d'aucun secours pour Castiel ces derniers mois, trop prise par ses cours, sa propre histoire avec Meg et son propre chagrin de l'absence de Dean.
« Ça va toi ? » Demanda-t-elle doucement, honteuse. Il hocha la tête, sachant parfaitement quelle question non formulée gisait dans le silence de son amie.
« Je vais bien. » Dit il. « Et je te fais confiance, si tu dis qu'il le mérite... Mais ce que tu envisages est un crime. »
« Non, juste un délit majeur dans cet état ! » Argumenta-t-elle. « J'ai demandé à Sam. » Expliqua-t-elle devant son regard perplexe. Cela le fit sourire.
« J'ai une meilleure idée. Comment tu dis qu'il s'appelle ? »
« Adam Miligan. »
Castiel hocha pensivement la tête en imprimant le nom dans sa mémoire. « Donne moi une semaine. » Dit il.
Une semaine après, Charlie reçut une enveloppe contenant une clef USB et venant de Castiel. Elle contenait un seul fichier vidéo qu'elle regarda avec Meg.
La vidéo était absolument sans équivoque quoique manifestement faite avec une caméra cachée.
« Désolé mec, mais je ne joue pas dans ton équipe. » Était la première chose qu'on entendait venant d'Adam juste avant que la caméra bouge abruptement et que l'image devienne particulièrement sombre.
« Personne ne t'a fait parvenir le mémo ? »Pouvait on entendre Castiel dire. « Ici tout le monde joue dans mon équipe. »
Meg et Charlie se regardèrent.
« Il n'a pas... »
Charlie hocha la tête en reportant son attention sur l'écran. « Si. Meg... Cas vient de te fournir une sextape d'Adam Miligan. »
Meg ferma l'ordinateur d'un geste un peu trop brusque et croisa les bras comme pour se protéger. « A quel moment on s'inquiète pour lui ? »
« On aurait du s'en inquiéter il y a des semaines je crois. » Dit Charlie doucement. « Des mois peut être ...On est nulles sur ce coup là. »
Meg hocha la tête. Charlie rouvrit l'ordinateur juste le temps de couper la vidéo
« Est ce que tu vas t'en servir ? » Demanda-t-elle doucement. Meg secoua la tête.
« Ça mettrait Cas en aussi mauvaise posture qu'Adam... mais je peux le menacer avec. Est ce que tu peux couper la vidéo avant que ça devienne compromettant et me l'envoyer sur mon téléphone ? »
Charlie hocha la tête et s'exécuta en tentant de ne pas regarder les images floues sur son écran. Ça la mettait incroyablement mal à l'aise, et ce n'était rien à coté du fait que c'était elle qui avait parlé d'Adam à Castiel. Elle n'avait jamais eut aussi honte d'elle même.
Meg transféra la vidéo à Adam et quand il l'appela pour l'insulter, la menacer, elle se contenta de sourire en regardant Charlie.
« Un mot sur moi Miligan. Un mot et la vidéo devient publique. »
« Tu n'oserais pas ! »
« Essaye pour voir. »
« Salope ! »
Meg raccrocha. Elle n'avait pas l'air soulagée ni heureuse. Elle regarda son téléphone quelques secondes, s'interrogeant sur son propre ressenti, sur sa propre morale. Elle sortit en trombe, sans prendre ses clefs ni son sac. Elle aurait courut tout le long du chemin si elle en avait été capable et malgré le temps frais et humide, elle était en nage et échevelée quand elle toqua à la porte de Castiel. Il lui ouvrit et elle le serra dans ses bras sans même lui dire bonjour. Il lui rendit son étreinte par habitude.
« Merci. » Dit elle en se dressant sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue. « Merci Clarence. »
Puis elle avisa la forme gisant dans le lit derrière son ami. Elle lui prit le visage à deux mains et le regarda en essayant d'être impressionnante même s'il faisait une tête de plus qu'elle. Il lui suffisait de planter ses yeux dans ceux de son ami et d'imiter le regard sévère et glacial de son père.
« Vire le. » Dit elle.
Il cligna des yeux une fois ou deux et hocha doucement la tête, sa mâchoire mal rasée frottant contre les paumes de Meg. Il se dirigea vers le lit et secoua son amant d'une nuit pour le réveiller, lui tendit ses vêtements et lui enjoignit de partir.
Meg resta dans le couloir jusqu'à voir le garçon sortir de la chambre de Castiel. Elle se faufila par la porte avant que celle ci se referme et jeta à son ami le premier t shirt qui lui tomba sous la main.
« Plus jamais, d'accord Clarence ? Tu arrêtes maintenant. »
« J'arrête quoi ? » Ronchonna-t-il.
« Les mecs, les conneries... C'est pas ce que Dean aurait voulut ! »
« Ne parle pas de lui ! » Siffla Castiel en fronçant les sourcils. Meg s'adossa à la porte pendant qu'il enfilait son t shirt.
« Il va pourtant falloir que quelqu'un le fasse ! Cas, on s'en balance tous d'avec qui tu couches, mais ne le fait pas pour les mauvaises raisons ! Aucun d'eux ne t'a fait oublier Mc Queen, fais avec ! »
Castiel lui lança un regard mauvais. «Tu veux vraiment qu'on parle des choses qui fâchent Meg ? Parce que j'ai une longue liste te concernant ! »
« Je disais juste... Je m'inquiète pour toi, c'est tout. »
Castiel s'assit sur le lit défait sans la quitter des yeux. « Qu'est ce qu'il avait fait ce mec ? A part être un crétin finit ? »
Meg sourit. « Je n'ai pas envie d'en parler. »
« Très bien. On ne parle pas de lui, et on ne parle pas de ... » Il avala sa salive sans finir sa phrase.
« Deal. » Dit Meg en venant s'asseoir à coté de lui. « Mais promet moi que la prochaine fois que tu t'envoies en l'air, c'est parce que tu trouves ça cool, pas pour essayer de l'oublier. »
« Ça ne marche pas de toute façon. »
« Raison de plus. »
Elle lui passa un bras autour des épaules. « Et ce soir, tu viens m'aider à supporter le film que Charlie a choisit. Si je vois encore un « Saw » toute seule avec elle, il va y avoir une morte chez nous. »
Castiel sourit et lui donna un léger coup de coude dans les côtes. « Chochotte. »
« Oh ta gueule Clarence ! » Soupira-t-elle en lui rendant son coup.
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Cuba
L'orphelinat était terminé et Dean clignait des yeux sous un soleil de plomb le jour de l'inauguration, un gamin accroché à chacune de ses jambes, un troisième en équilibre précaire sur sa hanche et qui commençait à peser lourd sur son bras.
« C'est quoi ça ? » Demanda le petit garçon en posant son doigt sur le tatouage qu'il avait au poignet. Dean sourit.
« Un souvenir de quelqu'un que j'aime. »
« C'est un ange ? » Demanda la petite fille qui avait passé un bras autour de sa jambe en tirant sur sa main pour mieux voir le dessin des ailes qui semblaient jaillir de l'intérieur de son poignet et dont les plumes se frôlaient sur le dos de sa main.
« Oui, mais il ne le sait pas. » Dean s'accroupit pour être à la hauteur des enfants et poser par terre le petit garçon qu'il avait dans les bras avant de leur tendre la main pour qu'ils puissent examiner le tatouage tout à loisir.
« Pourquoi il est pas là avec toi ? »
« Parce que moi je ne suis pas un ange, je suis venu ici pour gagner mes ailes. »Répondit Dean en s'asseyant dans la poussière. La petite fille jeta un regard curieux à son dos et sembla déçue de n'y trouver aucune plume. « C'est une façon de parler mon cœur ! Il ne va pas me pousser d'ailes, mais quand on fait de bonnes actions, on se sent plus à la hauteur des gens qu'on aime. Tu comprends ? »
La petite fille hocha solennellement la tête. Le garçon qui n'avait pas quitté la sécurité de son bras replié le serra contre lui aussi fort qu'il le put. « Tu mérites plus d'ailes que tout les oiseaux de la terre parce que tu es gentil ! » Dit il.
La fille passa ses petits bras autour de son cou et lui fit un bisou sur la joue. « Et plus d'ailes que les poissons volant ! » Dit elle. Dean rit en serrant les enfants dans ses bras.
« Les poissons n'ont pas d'ailes ! »
« Mais ceux qui volent ? » Elle le regardait en le mettant au défi de la trahir en lui racontant la vérité. Il sourit et lui rendit son bisou.
« Non, tu as raison, ceux qui volent ont des ailes sinon ils se contenteraient de nager. »
Il les poussa doucement vers le groupe de travailleurs sociaux qui faisaient visiter l'orphelinat aux enfants et resta assis dans la poussière. Il avait fait quelque chose, quelque chose de bien.
Il n'avait pas sauvé le monde, il n'avait pas encore voyagé jusqu'aux confins de la terre et il n'était pas encore Indiana Jones. Mais pour l'instant ce serait suffisant. La maison lui manquait. Sam lui manquait. Ses amis lui manquaient depuis des semaines ( non, des mois!). Il regarda son poignet, comme chaque jour.
Les ailes ne se touchaient jamais, quelques centimètre de peau les séparait, comme autant de choses qui le séparaient de Castiel. Ils étaient différents. Castiel était ce garçon si parfaitement intégré à la vie, si parfaitement à sa place ou qu'il aille, quoi qu'il fasse que ça en devenait fascinant. Dean n'avait pas envie de ça, pas envie d'une vie calme et tranquille, pas un instant. Il n'avait pas envie qu'on l'attache, ni qu'on s'attache à lui juste pour lui donner la possibilité de trahir ceux qui croyaient en lui à la moindre faiblesse.
Mais une vie d'aventure, sans Castiel, seul... il ne voulait pas de ça non plus. Le soleil de Cuba ne valait pas la chaleur qu'il avait au creux du cœur quand il pensait au sourire de Castiel. La mer des Caraibes ne l'intéressait pas s'il ne pouvait pas la comparer à ses yeux. Même si c'était un truc de filles totalement ridicule. Toutes les ailes des oiseaux n'avaient aucun d'intérêt s'il ne les voyait pas battre avec Castiel.
Il resta assis dans la poussière, à respirer encore une fois l'air humide chargé de l'odeur du ciment, de la mer, loin là bas derrière les maison, de la cuisine épicée qu'il avait finit par apprécier. Il resta assis dans la poussière à contempler ce qui était un peu son œuvre.
Il n'avait pas changé le monde. Il s'était juste prouvé qu'il n'était pas comme tout ces gens qui caressent un rêve toute leur vie et meurent aigris et désespérés de ne l'avoir jamais réalisé. Il l'avait fait. Il était parti en courant à la poursuite d'un rêve qui lui tordait les tripes chaque jour, il l'avait attrapé et l'avait vécu un an durant.
Et un an durant, il avait cultivé, poli un rêve dont il n'avait pas eut conscience jusque là. Un an durant il avait entendu le rire de Castiel au creux de ses nuits, vu ses yeux dans le ciel et dans les vagues (« Parce que nous sommes comme la mer et le sable... ») .
Un an durant il avait pensé à lui, sans chercher à s'en empêcher, sans chercher à s'en cacher. (« Je ne partirai jamais »)
Il avait mis un an à comprendre, et maintenant, il était temps de rentrer. (« Tu ne resteras pas. »)
Il déplia ses jambes, se releva et, avec un dernier regard pour les enfants qui jouaient dans la poussière, rentra chez lui empaqueter ses affaires. Il décrocha en dernier la photo de ses gants devant l'orphelinat en construction et la lissa du bout du pouce.
La journée s'achevait quand il revint à l'orphelinat et les enfants se précipitèrent vers lui. Il les serra tous contre son cœur, leur promettant de leur écrire, leur expliquant qu'il devait partir.
« Tu vas retrouver ton ange ? »
Il hocha la tête.
« Tu es un ange toi aussi ? »
Dean sourit. « Qu'est ce que tu en penses ? »
Plusieurs enfants hochèrent la tête avec véhémence. « Alors j'en suis un. » Dit il. Il tendit la photo à la petite fille, celle qui n'avait jamais retenu son nom et qui l'appelait Vert à cause de la couleur de ses yeux.
« Qu'est ce qu'il y a d'écrit ? » Demanda-t-elle en montrant le dos de la photo. Dean se pencha pour poser un baiser sur son front.
« Si tu écoutes bien à l'école, bientôt tu pourras le lire toi même. » Dit il. « Ça vaut pour vous tous les petits monstres ! »
Une clameur d'enfants presque innocents lui répondit. Les cris des petits le suivirent tandis qu'il disparaissait dans la nuit.
« Je voulais faire quelque chose de bien pour être digne de toi. »
C'était le 18 Septembre.
Et Dean rentrait chez lui.
Enfin.
*ù*ù*ù*ù**ù*ù*ù*ù*ù*ù*ù*
PRESENT
Ils s'étaient tous relayés au chevet de Castiel depuis quatre jours sans voir aucun signe de vie autre que ses paupières qui battaient de temps à autres et sa respiration lente. Le moniteur bipait doucement à coté de lui indiquant chacun de ses battements de cœur.
Dean envoya Sam se coucher et s'assit sur le fauteuil encore chaud de la présence de son frère en regardant Castiel. Il avait les cheveux emmêlés, les traits détendus, les mains nettement arrangées de part et d'autre de son corps sur les draps. Il faisait chaud et pourtant Dean eut l'envie de le couvrir jusqu'au menton. Castiel ne dormait qu'enroulé dans sa couverture.
Il était fatigué et effrayé. Et si Castiel mourait ? La question le hantait, ne le quittait pas une seule seconde, l'obsédait.
« Cas... » murmura-t-il d'une voix rauque. « Je ne sais pas si tu m'entends mais... » Il s'arrêta, incapable de dire quoi que ce soit. C'était ça le problème il ne savait pas quoi dire, il n'avait jamais su et ne le saurait sans doute jamais. Il soupira et sortit de son sac un lecteur mp3, celui de Castiel qu'il était allé chercher dans sa chambre. Il avait du expliquer la situation au portier de la résidence pour qu'il lui ouvre. A lui, à cet inconnu, Dean avait été capable d'expliquer ce qu'il ressentait. A lui, il avait pu montrer sa terreur. D'aimer Castiel tellement fort qu'il se sentait prisonnier de lui, même quand ils n'étaient pas ensemble. Sa terreur de le perdre, ou de le garder. Son incapacité à faire un choix tout en ignorant s'il ne finirait pas par le regretter. Sa certitude qu'il le regretterait quel que soit son choix, et même s'il n'en faisait aucun. Et tout au fond, très au fond, là où il ne voulait pas regarder, le souvenir du feu qui avait brûlé sa mère, de l'accident qui lui avait pris son père. Le souvenir des instants qui lui avaient pris ceux qu'il aimait et qu'il n'avait pas pu protéger. La certitude qu'en laissant Castiel ou quiconque s'accrocher à lui, il finirait par leur faire du mal.
« Je suis foutu. » Grogna-t-il en cherchant une chanson qui conviendrait dans la liste de Castiel. Leurs goûts s'accordaient mais aucun des titres qu'il voyait défiler ne l'inspirait. Existait il une chanson capable de faire revenir quelqu'un du coma ? Quelle était sa chanson préférée ?
C'était une idée idiote sortie tout droit d'un mauvais film romantique mais après tout Dean n'avait plus vraiment d'autre option. Les gens écrivaient bien des chansons pour dire ce qu'ils n'arrivaient pas à sortir autrement ? Alors quelle chanson pour dire à Castiel qu'il l'aimait et que ça le terrifiait ?
« He smiles, his arms around her
But his eyes are holdin' me, just a captive to his wonder, oh
I say we go this road tonight »
Il sourit, il ignorait que Castiel avait cette chanson dans ses référées. Une toute petite partie de lui espéra un traitre instant qu'il l 'écoutait en pensant à lui. Il régla le volume et déposa un écouteur au creux de l'oreille de Castiel, approcha le fauteuil pour pouvoir oser sa tête sur l'oreiller lui aussi et écouter la chanson par l'autre écouteur.
« I'll be sittin' here, drinking my whiskey I won't say goodnight unless I think ya might miss me »
C'était exactement les mots qu'il voulait dire. Lui dire combien il lui manquait, lui dire à quel point ça avait été difficile de le voir avec tout ces autres qui n'étaient pas lui. Il voulait dire à Castiel de ne pas partir, de ne pas l'abandonner avant qu'il puisse lui dire au revoir et lui demander pardon.
« And we can keep this up 'til the morning light, And you can hold me deep in your eyes »
Il avait envie de pleurer tandis que la chanson se déroulait entre eux, sans que Castiel réagisse. Il aurait donné n'importe quoi pour voir ses yeux s'ouvrir et son sourire, juste une fois encore. Les yeux de Castiel, pleins de tout ses rêves d'enfant sage, son sourire plein de sa gentillesse même quand ses lèvres se tordaient curieusement pour signifier à Dean qu'il se comportait comme un crétin. Même ça, juste une réaction, n'importe quoi !
« Of all the girls and boys to look my way,Ain't no body ever hit me this way, So won't you come back with me, And lay with me a while »
Il se souvenait de l'incrédulité de Castiel, les premiers temps, et de la façon dont il lui demandait doucement « Pourquoi moi ? » Et Dean n'avait jamais répondu. Les mots ne lui étaient jamais venus et il les avait cachés derrière des caresses et des baisers pour le distraire. A la longue, Castiel n'avait plus posé la question. Il avait cette intelligence que Dean n'avait pas, de ne jamais compliquer des choses simples. Il avait pris l'amour de Dean pour acquis puisque c'était ainsi qu'il lui était présenté.
Et Dean avait détruit cela. Il ne pouvait qu'imaginer ce que Castiel avait pu ressentir. Et sans doute était il trop égoïste ou trop borné pour en avoir une bonne idée. Mais ça expliquait le comportement erratique. Ça expliquait l'alcool et le sexe sans importance. Ça expliquait même qu'ils en soient là. Dean pleurant presque, la tête posée à coté de celle de Castiel sur un lit d'hôpital.
« And you can have my heart and my soul and my body »
« Je suis tellement désolé. » murmura-t-il. « Je n'ai pas voulut ça. »
Il se souvenait de leur première fois et de l'émerveillement dans les yeux de Castiel. Il se souvenait des mots qu'il avait murmuré à son oreille en le caressant avec douceur. Il les entendait encore durant ses rêves préférés. Ceux où il était en sécurité, dans un endroit paradisiaque et les bras de Castiel autour de lui, et sa voix qui murmurait encore et toujours à son oreille « Tu es magnifique, J'aimerais voir ton âme, je suis sur qu'elle est belle aussi. »
Sur le moment les mots l'avaient presque arrêté net, l'avaient amusé et il avait répliqué que Castiel était vraiment lamentable pour chauffer l'ambiance. L'autre avait souri. «C'est quand même ce que je pense. »
« Je n'ai pas voulut te faire de mal... Mais j'ai eut peur. J'ai eut tellement peur Cas... et maintenant c'est encore pire parce que si tu ne te réveilles pas... je ne pourrai jamais te dire tout ça et … Cas réveille toi, je t'en prie réveille toi ! Ne me fais pas te perdre toi aussi... J'ai besoin de toi !» Gémit Dean en tendant la main sur le drap pour saisir celle du jeune comme inconscient. Il fut surpris de la trouver chaude.
« And we can keep this up 'til the morning light, And you can hold me deep in your eyes ,It's alright, alright »
Il avait les yeux étroitement clos pour ne pas pleurer, et il ne sentit pas la respiration de Castiel changer, n'entendit pas le moniteur biper un peu plus vite. Castiel ouvrit lentement les yeux en grognant.
« D...Dean ? »
Dean redressa la tête, son cœur manqua plusieurs battements d'affilée, son sang lui semblait glacé dans ses veines, il resta la bouche ouverte, stupéfait à regarder les yeux bleus brumeux de Castiel qui clignait des paupières pour se réhabituer à la lumière. « Dean ? » Cette fois sa voix était plus assurée quoique rauque de ne pas avoir été utilisée depuis plusieurs jours.
« Je suis là... Je suis là Cas. » Parvint il à articuler. Il tremblait de tout ses membres, il voulait l'embrasser, il voulait le couvrir de son corps et lui pleurer des excuses et des mots d'amour à l'infini. Mais pour une fois, il fit ce qu'il fallait et non ce qu'il voulait. Il serra la main de Castiel et appuya sur le bouton d'appel de l'infirmière. Mais juste avant qu'elle arrive, il écarta les cheveux de l'autre de son front et y déposa un baiser. « Je suis là. » Assura-t-il.
« Tu en as mis du temps. »
Dean sourit en baissant les yeux, gêné. « Arrête ça... »
L'infirmière entra et le poussa gentiment vers la porte en lui promettant qu'il pourrait rentrer dès qu'elle aurait examiné son ami.
Castiel le suivit du regard, encore à moitié comateux, les yeux pleins de détresse. Depuis la porte, Dean lui fit un clin d'oeil. « Je reviens. Promis, je reviens dans pas longtemps. »
et il eut la satisfaction de voir Castiel se détendre et sourire.
