Oui, vous ne rêvez pas. Je suis ponctuelle, pour une fois ! Je ne vous promets pas que ça se reproduira la semaine prochaine. J'ai juste eu un peu plus de temps que prévu cette semaine alors je me suis occupée de ce chapitre. Merci de vos petites reviews je me fais toujours un plaisir de les lire. Si vous avez des questions, des choses que vous aimeriez voir prochainement ou des conseils à me donner n'hésitez pas. Je vous souhaite une bonne lecture, à la prochaine !
CHAPITRE 7 : REMONTANTS
Le lendemain de ma soirée catastrophique, je me réveillai avec le moral dans les chaussettes. Pire encore, j'avais un sacré mal de crâne. Je n'arrivais pas à me lever malgré la sonnerie incessante de mon réveil. Comme un réflexe, je tapotai à l'aveugle avec ma main sur la commode à côté de mon lit. Je lâchai un soupir en me rappelant soudainement que l'objet que je cherchais n'était plus avec moi. Le gardien m'avait confisqué mon téléphone.
Je manquai de basculer en avant lorsque je me levai de mon lit. Je fermai fortement les yeux en tenant ma tête dans les mains. J'avais l'impression qu'un marteau était entrain de me taper sur le crâne. Je parvins tout de même à me déplacer jusqu'à la salle de bain. Lorsque je me regardai dans le miroir, un profond dégoût me submergea. Ma tête faisait vraiment peur. J'étais censé aller à l'école avec cette mine affreuse ?
Marchant comme un zombie, je rejoignis la cuisine. J'avais besoin d'un bon café pour me réveiller. Une fois préparé, je fouillai dans le placard à médicaments afin d'apaiser ma migraine. Malheureusement pour moi, le sort s'acharnait. La boîte était vide.
Je trainai des pieds jusqu'à la table puis m'assis sur une des chaises. Je restai un instant immobile en repensant à ma soirée d'hier. Mes souvenirs étaient flous, je me rappelais pratiquement de rien. Je me souvenais seulement de m'être faite botté les fesses par le gardien lorsque j'avais voulu le prendre au dépourvu. Je me rappelais aussi avoir sali le tapis dans l'entrée et avoir passé au moins une heure à le nettoyer. Ses mots si froids résonnaient encore dans ma tête. Je savais que j'avais fait quelque chose de mal. Je savais que j'étais complétement en tort dans cette histoire.
Au même moment, le gardien arriva dans la cuisine. Il ne prêta pas attention à moi, comme à son habitude. Il attrapa une tasse de café dans l'un des placards pour se servir puis s'éclipsa dans le salon. Il avait l'air encore si énervé. Je pouvais le comprendre. Hanji aurait réagi de la même manière. Sauf qu'avec elle, je n'aurais jamais désobéi. Avec lui, j'avais l'impression d'être invisible et de ne pas importer. Je m'étais dis à quoi bon faire semblant ? Il m'ignorait toute la journée et maintenant il jouait le parent modèle qui me donnait un couvre-feu ? Je pensais qu'il s'en ficherait si j'étais en retard. Visiblement, ce n'était pas le cas.
J'essayai tant bien que mal de me faire une apparence convenable. Une fois préparée, j'enfilai ma veste puis patientai devant la porte. J'attendais le gardien. Cependant, les minutes défilèrent et devenaient de plus en plus longues. Il ne venait pas. En voyant l'heure qu'affichait la pendule dans le hall, je commençai à sérieusement me poser des questions.
-Vous ne venez pas ? criai-je dans le vide.
-Non, répondit-il très froidement, tu te débrouilles.
Je manquai de lui répondre méchamment avant de me rendre compte que je n'étais pas vraiment en position de me plaindre. Agacée, je partis en claquant la porte derrière moi.
Sur le chemin de l'école, je marchais de travers et manquai à maintes reprises de bousculer plusieurs personnes. Ma vision se dédoublait et je n'arrivais pas à me concentrer sur un point précis. Heureusement pour moi, je finis par atteindre le portail entière. Il n'y avait plus personne. Je n'avais pas mon téléphone pour vérifier l'heure mais j'étais certainement en retard.
Gênée, je toquai à la porte de ma classe. Une voix plutôt froide me demanda d'entrer. Je m'excusais de mon retard puis attendis l'approbation de notre professeur pour aller m'asseoir. Mademoiselle Ral avait l'air énervée.
-Tu es souvent en retard Ren, grogna la rousse, ça ne peut plus continuer ainsi.
Elle m'indiqua qu'elle allait prochainement en parler au directeur. Je n'étais pas aussi souvent en retard qu'elle le laissait prétendre. Elle était clairement de mauvaise humeur.
À la pause, je sortis dehors puis partis m'asseoir sur un banc. J'avais besoin de prendre l'air, j'étouffais. Quelques minutes passèrent puis deux têtes vinrent me faire de l'ombre. Celles de Eren et Sasha. Les concernant, je n'avais aucune rancœur contre eux même si c'était indirectement de leur faute si j'avais atterri dans cette boîte de nuit. Néanmoins, ils ne m'avaient pas mis le couteau sous la gorge. Je savais que j'étais la seule et unique coupable.
-On est sincèrement désolés ! crièrent-ils tous les deux en s'abaissant.
Je restai stoïque, un peu perdue de leur comportement. À présent gênée, je leur demandai de se redresser.
-Vous n'avez pas à vous excuser, leur répondis-je, vraiment.
-Si ! insista le brun. C'est moi qui ai eu l'idée de vous amener là-bas.
-Et c'est moi qui ai ramené les premières boissons, enchérit Sasha en pleurnichant.
Je ne savais pas comment réagir, surtout face à leur mines si déboussolées. Je leur expliquai donc que j'acceptais leur excuses puis leur demandai comment s'était passée la suite des événements une fois rentrés chez eux. Eren me raconta que ses parents avaient littéralement disjoncté, surtout sa mère. Son père était resté silencieux mais le brun savait à quel point il l'avait déçu. Quant à Sasha, son père lui avait ordonné de ne plus jamais recommencer sous peine d'être privée de nourriture.
-Et toi ? me questionna Eren.
-D'ailleurs, enchaîna la brune, pourquoi est ce que c'est le gardien de l'école qui est venu nous récupérer ?
Je devais avouer que j'avais oublié ce léger détail. J'essayai donc de chercher un mensonge crédible dans ma tête. Au final, je leur racontai que ma tutrice connaissait très bien le gardien. Puisqu'elle était inquiète et qu'elle avait peur de sortir la nuit, elle lui avait demandé de rendre service. J'ajoutai aussi qu'elle m'avait sévèrement puni en rentrant.
La sonnerie retentit quelques secondes plus tard. Sasha, peureuse d'arriver en retard, s'échappa à toute vitesse pour rejoindre la classe. Lorsque je me levai pour suivre le mouvement, Eren me barra la route. J'arquai un sourcil face à son comportement.
-J'aimerais te parler de quelque chose.
-Oui ? demandai-je perplexe.
-Est ce que tu te souviens de, bégaya-t-il, enfin je veux dire tu sais bien ?
-Très franchement, je ne me souviens plus de rien. Je crois que j'ai vraiment abusé hier soir et je ne recommencerai pas. Du coup, désolée mais me souvenir de quoi ?
Il resta muet. Il enchaîna avec un rire gêné puis ajouta que ce n'était pas important et qu'on en parlerait plus tard. Notre conversation se termina sur cette phrase ce qui me laissa encore plus perplexe. Que s'était-il passé avec Eren ?
C'était une question qui ne resta pas longtemps dans mon esprit. De nouveau en cours, j'avais le front collé sur la table. Je n'en pouvais plus. J'avais mal au ventre et à la tête. En plus de ça, j'étais fatiguée. Sentant que mon corps était vraiment à bout, je demandai à aller à l'infirmerie.
Armin, étant le représentant de classe, m'y accompagna. Une fois arrivée, j'expliquai à l'infirmière mon problème. Bien évidemment, je ne pouvais pas lui raconter mes péripéties de la veille. J'inventai donc un mensonge de toute pièce. Elle me laissa m'allonger sur un lit avant de m'amener un médicament et un verre d'eau.
-Si ça va vraiment pas, m'expliqua-t-elle, j'appellerai tes parents.
-Oui, dis-je en baissant la tête, enfin non !
Elle se stoppa un instant, me regardant soudainement bizarrement. J'avais oublié qu'actuellement je n'avais plus de parents, que ma tutrice était absente et que le gardien de l'école vivait dans le même appartement que moi. Je décidai de ne pas en dire plus, c'était mieux ainsi. J'inventai donc que mes parents étaient beaucoup occupés par leur travail et qu'ils ne pourraient certainement pas venir me chercher.
-Ne vous en faîtes pas, si vraiment je dois m'en aller je rentrerai toute seule.
Au final, je restai couchée une bonne heure. Mon état ne s'était pas amélioré alors l'infirmière me signa un papier qui me dispensa de cours le restant de la journée. Je repris mes affaires avant de sortir de l'établissement. Je devais voir quelqu'un avant de rentrer. Je ne voulais pas aggraver mon cas et continuait à vivre ma petite vie dans ma bulle. La boule au ventre, je me dirigeai vers l'atelier du gardien de l'école.
J'hésitai en avançant en direction de sa petite cabane. Elle n'était plus qu'à quelques mètres de moi. Je ne l'avais pas croisé dans la cour, je supposais qu'il ne restait que cet endroit. Je toquai plusieurs fois, nerveuse. Plus il mettait de temps à répondre, et plus le stress était entrain de monter. Et si il me rejetait à nouveau ? Après ce que j'avais fait, cela ne m'étonnerait pas et je le méritais amplement. Je voulais simplement bien faire.
Voyant que je ne recevais aucune réponse, je posai ma main sur la poignée pour l'enclencher. Je pestai intérieurement, c'était fermé. Je fis donc une dernière fois le tour de la cour, toujours rien. Je n'allais pas passer mon après-midi à le chercher. Sans oublier que mon mal de crâne m'affectait de plus en plus. Je décidai alors de lui laisser un mot, le prévenant que je rentrais à la maison plus tôt que prévu, que je glissai sous la porte.
Après une vingtaine de minutes, j'arrivai tant bien que mal à l'appartement. La première chose que je fis en rentrant était de me laisser tomber sur le canapé. Je fixai le plafond un instant, j'avais juste envie de dormir. Je fermai alors doucement mes paupières pour essayer de trouver le sommeil. Seulement, je repensai subitement à quelque chose. Le gardien n'était pas présent. J'étais seule. Mon téléphone était quelque part dans cet appartement. Faisant rapidement le lien, je bondis du canapé.
Je commençai à fouiller dans tous les tiroirs et toutes les étagères. Je ne trouvai rien. Je cherchai sous les coussins, derrière les meubles et même dans la poubelle. Aucun signe de mon téléphone. Une bonne heure était passée. Il n'y avait qu'un seul endroit où je n'avais pas mis les pieds. C'était sa chambre. Cependant, c'était très malpoli de ma part d'entrer ainsi dans son espace privé. Une morale qui resta que très peu de temps dans mon esprit. J'avais vraiment envie de retrouver mon téléphone et surtout de retrouver Kobe.
Face à la porte de sa chambre, j'hésitai encore un moment. Et si j'aggravais mon cas en agissant comme tel ? Je me sentais coupable. Néanmoins, je pris mon courage à deux mains puis poussai cette fameuse porte. Je découvris alors une pièce que je n'avais jamais vu. C'était la troisième chambre dont m'avait parlé Hanji. Cependant, je n'avais pas le temps de m'attarder. Je commençai à chercher un peu partout sans trop bouger ses affaires jusqu'à ce qu'enfin je tombai sur ce que je cherchais. Il l'avait caché dans une poche de manteau dans son armoire.
Je l'allumai immédiatement. Il mettait du temps. Les secondes me paraissaient comme des heures. Plusieurs petites bannières apparurent alors sur mon écran. Des messages qui dataient de hier soir, de Sasha et Eren, qui me demandaient si j'étais bien rentrée. Puis enfin, je tombai sur le message que je souhaitais, celui de Kobe. Du moins, il m'en avait envoyé deux.
Kobe : Tu as l'air de passé un bon moment, ça me fait plaisir. Je regarde le même ciel que toi de ma fenêtre et je dois avouer qu'il est magnifique. Dommage qu'on ne puisse pas l'admirer ensemble.
Kobe : Oublie ma dernière phrase.
J'arquai un sourcil. Malgré mon étonnement, je restai très touchée. Avec le sourire aux lèvres, je commençai à tapoter sur mon écran. J'écrivais tout ce qui s'était passé récemment. Le départ d'Hanji, la venue du gardien de l'école, mon escapade en boîte de nuit. Puis soudain, je me stoppai. Est ce que je n'étais pas entrain de faire une erreur ? On s'était mis d'accord pour n'en parler à personne. Cependant, cela m'ennuyait de lui mentir. Il méritait de savoir étant donné sa position. Que faire ? Faire confiance au gardien ou à Kobe ?
Moi : Faisons ça lors de notre première rencontre.
Je préférais ne rien lui dire même si ça me peinait énormément de ne pas pouvoir lui partager ce que je vivais actuellement. Au même moment, un nouveau message s'afficha sur mon écran. Son expéditeur me surprit davantage. Eren. Malheureusement, je n'eus pas le temps de cliquer dessus. Je venais d'entendre la clé de la maison s'introduire dans la serrure. À une vitesse fulgurante, je replaçai le téléphone dans la bonne poche. Je sortis de la chambre puis me jetai sur le canapé pour faire semblant de dormir.
J'essayai de me concentrer pour écouter s'il venait dans ma direction. Pendant plusieurs minutes, je n'entendis plus aucun signe de vie. J'entrouvris lentement un œil puis d'une seconde à l'autre il déboula dans le salon. Je l'entendais se rapprocher, de plus en plus. Je sentis soudainement quelque chose de mouiller sur mon front, une serviette. Mon visage était entrain de bouillir, je ne m'y attendais pas. Je suppliais mentalement pour qu'il ne remarque rien et qu'il s'en aille au plus vite. En réalité, cette serviette me faisait le plus grand bien. Je me sentais mieux. Au final, à force de faire semblant de dormir, je rejoignis réellement les bras de Morphée.
Je me réveillai quelques heures plus tard. Mon mal de tête était pratiquement parti. Je ressentis malgré tout un sentiment de malaise en me redressant. La serviette que j'avais sur le front tomba sur mes jambes. Je tournai la tête, cherchant le gardien du regard. Je ne le voyais pas. Soudain, une sonnerie de téléphone parvint jusqu'à mes oreilles. Je me levai lentement, me dirigeant vers le téléphone de la maison. Qui pouvait bien appeler à cette heure ?
-Allô ? prononçai-je hésitante.
-Ren enfin ! se plaignit la voix féminine à l'autre bout du fil. J'essaye de t'appeler depuis ce matin mais tu ne réponds pas.
Mon cœur loupa un battement. Je ne rêvais pas. Cette voix, je la connaissais.
-Hanji ?
-Qui veux-tu que ce soit d'autre ? ricana la brune.
J'en avais presque les larmes aux yeux. J'étais tellement contente.
-Dis-moi, ça te dit qu'on s'appelle en vidéo ? Prends l'ordinateur dans ma chambre, je te rappelle tout de suite.
Je m'exécutai immédiatement. J'allais enfin pouvoir la voir et prendre de ses nouvelles. J'allumai rapidement l'ordinateur puis m'installai dans la cuisine. Quelques minutes plus tard, le visage d'Hanji s'afficha enfin sur mon écran. Elle n'avait pas changé. Elle était juste habillée d'une façon différente. C'était bizarre de l'observer en uniforme de soldat. J'avais l'impression de voir une autre femme. Plus important encore, j'avais l'impression de voir mon père.
-Alors raconte-moi, comment ça se passe depuis que je suis partie ?
-Bien.
-Bien ? répéta-t-elle étonnée. C'est tout ?
-Oui, insistai-je, tout se passe bien.
-Tu es toute seule ? s'inquiéta la brune. Où est Livaï ?
-Je ne sais pas.
-Appelle-le s'il te plaît.
-Euh, hésitai-je nerveuse, Livaï ?
Pas de réponse. Drôle de sensation de l'appeler par son prénom. Tandis qu'Hanji pesta de l'absence du gardien, j'observai la pièce dans laquelle elle était. Il n'y avait pas beaucoup de meubles. Une table, des chaises et quelques étagères. Tout était en bois. Certainement un abris en attendant que l'opération commence. Je n'avais pas envie de lui demander. Je savais que l'entendre parler de son travail allait me faire remonter de mauvais souvenirs.
-Tu as un problème avec ton téléphone ? me questionna-t-elle suspicieuse. Parce que ça ne te ressemble pas de ne pas répondre.
-Non ne t'inquiète pas ! C'est juste qu'il n'a plus de batterie et j'ai perdu mon chargeur.
-Ah bon ? dit-elle songeuse. Dis, j'espère qu'il s'occupe bien de toi ? Il ne te maltraite pas au moins ?
-Non vraiment il est.. parfait.
Ma réponse la laissa muette. Cependant, elle n'eut pas le temps de répondre que le bruit de la porte d'entrée de l'appartement coupa notre conversation. Le gardien entra dans le champs de la caméra, ce qui le surprit légèrement. Moi non plus à sa place, je ne m'attendrais pas à voir Hanji dans la cuisine.
-Enfin tu es là ! le disputa Hanji.
-J'étais au travail, pesta-t-il.
Il attrapa une chaise pour se mettre à côté de moi. Nos épaules se frôlèrent une demi seconde. Une proximité qui me perturba bizarrement. Nous observions Hanji tous les deux et elle nous fixait en retour. Elle faisait une drôle de tête. Puis soudain, un chaleureux sourire se dessina sur ses lèvres.
-Vous êtes beaux tous les deux.
-Sinon, enchérit le gardien, comment ça se passe de ton côté ?
-Et bien..
-Je vous laisse, la coupai-je. Hanji merci d'avoir appelé j'espère que tout se passera bien pour toi. À bientôt , rappelle dès que tu peux !
Ils me regardèrent sortir de la cuisine perplexe. Je préférais ne pas entendre la suite de leur discussion. Et j'avais surtout peur de les laisser voir ma réaction si Hanji annonçait une mauvaise nouvelle. Cependant, une force en moi m'empêchait de partir. Je ne voulais pas me voiler la face mais d'un autre côté j'étais vraiment apeurée. Pour cette raison, je fermai la porte de la cuisine mais restai collée derrière elle. J'entendais à peine ce qu'ils disaient, comme si ils faisaient exprès de parler à voix basse.
-Nous sommes vraiment en sous nombre en ce moment, expliqua tristement Hanji, on déplore beaucoup trop de pertes. Il nous reste quelques soldats talentueux mais ils ne peuvent pas s'occuper de tout. Tu manques beaucoup ici.
Je fronçai les sourcils. Je devais avouer que je ne comprenais le sens de sa dernière phrase.
-J'ai d'autres priorités en ce moment, soupira le gardien, tu le sais très bien.
Je n'entendis plus très clairement la suite de la conversation, ce qui je devais l'avouer m'énerva énormément. Au bout de quelques minutes à essayer d'écouter, je lâchai l'affaire puis retournai dans ma chambre.
À l'heure du dîner, je mangeai mon repas seule. La gardien me l'avait préparé mais visiblement il avait dégusté le sien sans moi. Ce froid entre nous commençait sérieusement à me peser. Je voulais retrouver cette taquinerie des premiers jours. Une fois mon assiette terminée, je retournai une nouvelle fois dans ma chambre. Je n'avais plus de téléphone. Je m'ennuyais beaucoup. C'était dans ces instants que Kobe me manquait beaucoup aussi. En regardant les autres maisons à travers ma fenêtre, je me demandai ce qu'il était entrain de faire en ce moment. Se faisait-il du soucis pour moi ?
Il faisait nuit à présent. Et je n'arrivais pas à dormir. Je m'étais trop reposée tout à l'heure. Au bout de quelques heures, je trouvai le sommeil. Néanmoins, je me réveillai en sursaut quelques temps après. Je venais de faire un horrible cauchemar. Un cauchemar dans lequel je voyais Hanji mourir, tombant raide à cause d'incessants coups de feu qu'elle avait reçu dans la poitrine. Je revoyais son visage sale à cause du sang, ses yeux vides. Après sa mort, les ennemis étaient venus jusqu'ici pour tuer le gardien et me kidnapper. Ils m'avaient ensuite emmené dans une pièce sans lumière puis ligoté à une chaise. Mon cauchemar s'était fini sur la vision de trois cadavres. Celui de Hanji, du gardien et de mon père. Ils étaient tous les trois alignés devant moi sur le sol.
Mon cauchemar, le manque de Hanji et ma situation catastrophique avec le gardien me donnèrent l'envie de pleurer. Je me laissai aller pendant quelques minutes, espérant relâcher la pression avec mes quelques larmes. J'essayai de dormir après cela mais c'était impossible. J'avais peur et je me sentais seule. Hésitante, je me levai en direction de mon armoire. J'attrapai la veste verte de mon père puis l'enroulai autour de moi. Je sortis ensuite de ma chambre pour me diriger vers celle du gardien.
Je toquai plusieurs fois à sa porte mais je ne reçus aucune réponse. J'étais dans le couloir, seule. Il faisait noir et je commençai à voir des ombres qui me déplaisaient fortement. J'ouvris alors la porte puis la refermai discrètement derrière moi.
-Pshht, chuchotai-je.
J'essayai d'attirer son attention du mieux que je pouvais. Je ne voulais pas lui faire peur. Un instant plus tard, il se réveilla puis sursauta légèrement en me voyant debout devant sa porte. Je me grattai le front, gênée. En se redressant, sa couverture avait glissé. Il était torse-nu.
-Quelle heure il est ? grogna-t-il en regardant son réveil. Il est 3h du matin ! Qu'est ce que tu fiches ici ?
-Est ce que je peux dormir avec vous ?
-Quoi ? dit-il surprit.
-Avant quand je n'arrivais pas à dormir la nuit, bégayai-je, je dormais avec mon père.
-Je ne suis pas ton père, râla-t-il en se recouchant, signe qu'il ne voulait plus parler.
Sa phrase me rappela soudainement la mienne. Je lui avais dit la même chose lors de notre dernière altercation. J'étais un peu blessée de sa réaction mais je la comprenais. Je ne voulais pas forcer. Du coup, je me laissai tomber le long de la porte. Je me recroquevillai sur moi-même, enroulé dans ma veste qui me servait de couverture. Même si je dormais dans une position très peu confortable, au moins je ne me sentais pas seule.
-Tu me fatigues, pesta-t-il en soupirant.
Il se leva, pris un T-shirt dans son armoire puis se recoucha.
-Dépêche-toi avant que je change d'avis, ajouta-t-il en retirant la couverture de l'autre côté du lit.
J'étais surprise, assez surprise pour devenir aussi immobile qu'une statue. Néanmoins, il me demanda une seconde de me dépêcher et cette fois-ci, je me levai pour rejoindre le lit. Je me glissai lentement à l'intérieur des couvertures. Soudainement, je me sentis très mal à l'aise. Mon visage était rouge et j'avais chaud. Je n'avais pas réalisé le poids de mes mots. J'avais encore moins anticipé sa réponse. Je ne pouvais cependant pas le nier. Je me sentais incroyablement mieux.
