Bonjour chers Cobayes,
Je vous ai préparé un nouveau chapitre, et le suivant est déjà bien avancé. Vous n'aurez donc techniquement pas trop longtemps à attendre ! J'espère que vous prenez toujours du plaisir à lire cette fiction. Merci pour votre soutien mes petits loups, et à tout de suite.
Chapitre 7 : La fourmilière.
Obscène. Obscène, obscène, obscène.
- Arrêtes ça Lucifer, ou je force le fonctionnement de JARVIS et une tribu de Vengeurs mécontents va venir te botter le …
- Silence, mortel. Ta voix me perturbe.
Tony dut donc se contenter de subir en silence la vision de Loki, fort occupé à essayer l'un de ses prototypes fétiches du moment : les gants à rétro pulsion auto-alimentés.
Il y avait quelque chose de parfaitement obscène à regarder ainsi l'homme qui avait détruit Manhattan ouvrir et fermer la main, le métal s'adaptant parfaitement à chacun de ses mouvements.
- Cela m'ennuie de le reconnaître, mais tu es un artiste, dans ton genre.
Je rêve ou le sataniste centrifugeur de poussins vient de me faire un compliment ?
Tony ne répondit pas. Les mots de miel du demi-dieu ne suffiraient pas à lui faire oublier le mauvais moment qu'il vivait à l'heure actuelle. Coincé sur le propre toit de sa tour, épiant la progression de sa Némésis à l'intérieur de ses ateliers, il était obligé de guider Loki pour que celui-ci parvienne à bout des différents systèmes de sécurité.
- Amène la caméra près de la cellule de détection, ordonna le milliardaire alors que Loki se trouvait face à une porte blindée.
Le dispositif de sécurité scanna la pupille de Tony par caméra interposée, avant d'émettre un léger déclic. La porte coulissa, et Loki se coula dans la réserve d'Iron Man.
- On ne se refuse rien, commenta-t-il, un sourire aux lèvres, déambulant parmi les merveilles de technologie qui hantaient l'atelier.
- Hey, mollo hein, j'ai vu tes appartements à Asgard, t'es mal placé pour me faire la morale !
- Laquelle dois-je prendre ?
Tony avait prévu sa réponse depuis longtemps. Extremis était de loin sa meilleure armure. Avec elle, il pourrait sans difficultés coller une raclé au gothique si besoin.
- N'importe laquelle, mais pas celle du fond. Lors du dernier combat, le multiplicateur de force à été abîmé.
- Et ? S'enquit Loki, visiblement intéressé.
- Et, du coup elle multiplie ma force par deux au lieu de la multiplier par quatre-vingt-seize.
- Mais elle remplit son rôle de boîte de conserve ?
- A priori oui…
- Parfait, on va prendre ça.
Tony râla pour la forme. Intérieurement, il débordait de fierté.
J'ai dupé le dieu des mensonges, je suis vraiment, vraiment fort. Mais attend une minute… Est-ce que ça fait pas de moi un être pire que tout ?
Cette réflexion d'une profondeur inquiétante fut interrompue par une cacophonie dans l'oreillette qu'il portait pour communiquer avec Loki. Tony grinça des dents alors que le bruit lui vrillait les tympans. La caméra venait d'être coupée, le privant d'une vision claire sur les événements en cours.
- Arrêtes de casser ma maison !
Un bruit de combat étouffé lui parvint comme simple réponse. Un craquement sinistre retentit et de nouveau, la voix de l'Asgardien s'éleva à travers le micro :
- Tu as une seconde pour m'expliquer la présence de quatre agents du SHIELD dans cette pièce !
Tony se mordilla les lèvres.
- Ils ont probablement mis la tour sous surveillance. D'autres ne vont peut-être pas tarder…
- Humain, je vais te tuer.
- Pour changer. Attend, je vais pirater le système pour détruire les enregistrements. Personne ne saura que c'est toi. Ils s'en douteront juste, mais pas de preuves. Tu ferais bien de partir maintenant.
Tony s'attela à la tâche, sur le petit ordinateur prévu pour l'occasion.
Il n'est pas difficile de détourner des systèmes de sécurité lorsque l'on en est le concepteur.
- Ça me fait mal au cœur… Qu'est ce que tu fais encore, interrogea-t-il, alors qu'un nouveau vrombissement lui parvenait.
La voix qui lui répondit à travers l'oreillette avait la froideur de Jotunheim.
- Une promenade.
- C'est pas le moment de se toucher !
- Ne soit-pas trop pressé de mon retour, car quelqu'un va devoir subir mon mécontentement…
Ayant fait irruption au cœur du système informatique de la tour Stark, Tony put prendre le contrôle des caméras de sécurité. Il programma la destruction des données, et assista au spectacle. Il faut dire qu'observer un Loki courant dans les couloirs, chargé d'une armure et se débarrassant d'agents du SHIELD comme de vulgaires moustiques se révélait une prestation fort rare.
Alors que le demi-dieu s'élançait à travers les étages, Tony referma vivement l'ordinateur et s'approcha de l'accès.
Dix secondes plus tard, un Asgardien furieux débarquait sur le toit et saisissait l'humain par la manche.
Un estomac en moins plus tard, ils atterrissaient en plein milieu de leur chambre à l'hôtel des quatre vents.
A peine arrivés, Loki expédia l'armure sur le canapé comme s'il s'agissait d'un simple coton-tige, et saisit brusquement l'ingénieur par le col.
- C'était quoi, ça, homme de fer !
Le cœur au bord des lèvres et la vision toujours perturbé par la téléportation, Tony organisa au mieux sa réponse :
- Pouvais pas savoir… Débiles du SHIELD… Nick Fury le fleuriste…
- Tu as une seconde pour me donner une explication plus claire que ça.
Tony se dégagea à grand peine de l'emprise adverse, avant de s'écrouler sur le lit.
- Je ne pouvais pas savoir que ces débiles du SHIELD allaient envahir MA tour suite à MA disparition. Et puis, pas la peine d'en faire un plat, on s'en est bien sortis, ajouta-t-il en caressant du regard sa plus belle invention qui gisait non loin. Le résultat n'est pas trop mal.
- Je suis heureux d'apprendre que tu considères le fait de tuer neufs agents du SHIELD comme un résultat « pas trop mal ».
La remarque, cinglante, réduisit l'ingénieur au silence.
Loki avait raison. Pourquoi Loki avait-il raison ? Depuis quand c'était lui qui se souciait des pertes humaines ?
- Tu les as tué ?
- Evidement, ils m'avaient vu.
Un profond silence les sépara.
- Désolé.
- Pas autant que moi.
Tony s'écroula sur le lit, l'arrête du nez pincée entre deux doigts.
La probabilité que je doive cambrioler ma propre tour, pour voler mon armure ? La probabilité pour que je m'excuse auprès de Loki ? La probabilité qu'il s'inquiète plus de vies humaines que moi ?
Un sentiment de profond mal-être l'envahit. Sentiment renforcé par l'ultime réflexion du dieu moqueur :
- J'aurais dû m'en douter, après tout. C'est comme à l'époque ou tu vendais des armes : tant que ce n'est pas toi qui te salis les mains, ca ne compte pas, c'est ça ?
Tony n'eut pas le courage de répondre.
- Lorsque tu as essayé de conquérir la terre, énonça-t-il enfin après dix minutes de mutisme, Thor est venu me parler. Il a pris ta défense. Il m'a dit qu'il pouvait te comprendre, mais pas te pardonner.
Loki paraissait avoir retrouvé un semblant de calme. Son absence de réaction encouragea Tony à poursuivre.
- Pour m'expliquer, il avait fait une métaphore… Vous autres, Asgardiens, vivez des milliers d'années. A vos yeux, notre existence est fugace, et nos prétentions ridicules. Un peu comme les humains regardent des fourmis s'agiter vainement sous leurs pieds. Thor m'a dit « mon frère est un humain, et cette ville une fourmilière »
- Mon frère n'est pas aussi stupide qu'il veut bien le laisser croire, rétorqua Loki. Admettons que toi, mortel, ton objectif soit un pommier au milieu d'un champ. Pour le rejoindre, tu dois traverser un terrain ou les fourmis ont élu domicile. Tu va y aller, écrasant les ouvrières et tout un tas d'autres insectes au passage, estimant que ton objectif est bien plus important que leurs vies éphémères. En fait, il est même probable que tu ne te poses pas la question. Que tu n'y fasses pas attention. Connais-tu beaucoup d'humains qui renonceraient à leurs objectifs pour épargner une poignée d'insectes ? Il s'agit de la même chose pour les Asgardien envers les autres races.
- Pourtant Thor protège la terre et ses habitants…
- Je suis sur qu'il existe parmi les mortels des hommes qui défendent les fourmis.
Pas faux. Ça voudrait dire que moi aussi, j'oublie de considérer la vie humaine ? Je me crois à ce point supérieur ?
Le poids sur les épaules de Tony, loin de se dissiper, lui donna une forte envie de Cognac.
- Si nous ne sommes que des insectes, pourquoi regrettes-tu la mort de ces agents ?
- Je ne prends pas particulièrement de plaisir à tuer, surtout lorsque cela est parfaitement inutile.
L'heure qui suivi fut loin d'être joyeuse. Lorsque Tony émergea enfin de sa méditation, une cheminée se dessinait dans un coin de la pièce.
- L'étape suivante ? interrogea le milliardaire.
Loki installa quelques bûches dans la cheminée et vint s'asseoir sur son fauteuil fétiche, bientôt rejoint par son nouvel allié. Le feu pris tranquillement, et émis des craquements qui réchauffèrent un peu l'atmosphère glaciale. Le Jotun croisa les bras, attendant patiemment que Tony fasse un sort à la bouteille de Cognac. La tension un peu retombée, l'aîné prit la parole :
- Déjà entendu parler de projection astrale ?
- Vaguement.
- Tu as le droit à la version résumé, car nous sommes pressés. La bibliothèque dans laquelle nous nous rendrons n'est pas matérielle. Les corps ne peuvent s'y rendre.
- Ca va être pratique…
- Silence. Seul l'esprit est capable d'y voyager. Si cela n'est pas un problème pour ma part – la dissociation du corps et de l'âme est une chose assez basique-, vous autres, stupides créatures, ne possédez pas naturellement cette capacité.
- Tu veux séparer mon âme de mon corps ? tu veux faire de moi un Horcruxe ? C'est mort !
- Je ne t'ai pas demandé ton avis. Avant de nous rendre à Asgard, donc, nous allons devoir trouver de quoi te permettre le voyage…
Le sourire mauvais qui flottait désormais sur les lèvres de Loki n'augurait rien de bon.
- Ce sera douloureux. Et terrifiant. Et probablement addictif.
Tony finit son verre plus vite que prévu.
- Un peu comme toi.
Tony réalisa un peu tard l'étrangeté de sa dernière remarque.
Je viens de dire à Loki qu'il est addictif ? Misère, c'est le début d'un bon vieux syndrome de Stockholm ou quoi ?
Pour couper court à toute remarque sarcastique, il ajouta avec empressement :
- Rien ne sera jamais plus pénible que ces soixante-douze dernières heures.
Loki se redressa et s'étira, le regard perdu dans les flammes qui léchaient désormais l'âtre.
- N'en soit pas si sûr…
C'est tout pour aujourd'hui. Si vous êtes sages, la suite très bientôt =)
La bise,
Laukaz-The Lab.
