She's not her

Résumé : Deux choix s'imposaient à moi, soit j'aidais Potter à conquérir la belle de son coeur, soit je le laissais se débrouiller en sachant pertinemment que ça se solderait pas un échec et qu'il ne me laisserait jamais tranquille....

Nous sommes toujours 2 à écrire cette fic.

Cadeau pour Ccilia

Chapitre corrigé par ALTHEA BLACK

Bonne lecture.

Bézo et Sémiramis !

OoOoO

Chapitre 6 : La persévérance gagne le succès [Michel Dupuy]

- Ôte-toi de ma vue Potter et enfonce-toi une bonne fois dans le crâne que je ne sortirais jamais avec toi ! Et je ne suis pas ta princesse ! Pour être mon prince, il faudrait d'abord que ton faciès ressemble moins au derrière d'une grenouille et que ton cerveau dépasse la taille d'un œuf de poule !

Un silence accablant s'installa dans la pièce qui fut rapidement brisé par le soupir désespéré de Cléo.

- Ce n'est pas encore ça, murmurais-je pour approuver son sentiment.

James se releva et poussa à son tour un énième soupir. Voilà plus de deux heures que nous tentions d'écrire la plus belle déclaration d'amour jamais écrite et imaginions toutes les réactions qu'elle était susceptible de provoquer chez Elle. Sous notre œil attentif et critique, James déclamait des vers à Hélicia qui s'amusait tantôt à jouer le rôle de l'amoureuse transie qui succombait aux charmes de notre ami tantôt le rôle de la harpie qui décidait de ne pas croire un mot de ce qu'il pourrait dire. Il faut dire que ce deuxième rôle amusait follement Hélicia et que l'enthousiasme dont elle faisait preuve alors était indéniable. Elle pouvait parfois faire preuve d'une grande imagination en matière d'insultes tout en restant réaliste et cadrant parfaitement avec le rôle qu'elle jouait à la base, c'est-à-dire celui de la furie médisante (a.k.a Elle). Elle n'avait pas après tout observé sans aucun manquement les rejets de James année après année sans rien avoir retenu !

Tandis que Sirius congratulait encore une fois Hélicia pour son incroyable talent en tant que sosie de la plus grande mégère de la terre – Il était fortement impressionné par le vocabulaire coloré de notre amie ainsi que son sens inné de la répartie qu'ils avaient d'ailleurs en commun - tandis que Remus, Peter, James, Cléo et moi nous replongions à nouveau dans nos bouquins.

Nous avions passé la matinée à fouiller la bibliothèque en quête de tous bouquins traitant de la poésie ou des plus grandes déclarations. J'avais prétexté un devoir à rendre très prochainement pour annuler mon rendez-vous avec Cody et avait filé rejoindre le reste du groupe qui m'attendait déjà à la bibliothèque. Une fois la collecte de livres terminée, nous avions décidé de travailler notre « devoir » dans le dortoir des garçons où nous risquions le moins d'être entendu. A peine sortie de la bibliothèque, je me rappelais avoir laissé mon sac de cours dans la très pauvre et maigre section littérature moldu.

Tout en pestant une centième fois contre ma nature distraite, je fourguais en vitesse les deux, trois bouquins que j'avais en main dans les bras de Peter qui faillit tomber à la renverse et filais vers l'entrée de la bibliothèque. James voulu m'accompagner mais je déclinais rapidement sa proposition et les enjoignais à rejoindre la tour sans m'attendre. Inutile d'aggraver la situation en me promenant dans les couloirs en compagnie de James. De plus j'avais une peur bleue de tomber sur Cody à cet instant. Il aurait été en effet difficile d'expliquer en quoi la compagnie de James ne me dérangeait pas tandis que je travaillais alors que j'avais refusé la sienne. Heureusement pour moi je ne croisais personne dans les couloirs et poussais un soupir de soulagement quand je passais le tableau de l'entrée de la salle commune, mon sac serré entre mes mains.

Par cette journée ensoleillée, il y avait peu de monde présent dans la salle commune et je remarquais tout de suite mon meilleur ami qui m'attendait, nonchalamment appuyé sur le bras d'un fauteuil.

- Les autres sont déjà en haut, mais tu sais bien que c'est de toi que j'ai le plus besoin, me dit-il avec un sourire sincère.

- Oh arrête ton char Potter et monte les escaliers, on a du boulot sur la planche ! Dis-je amusée mais aussi pour cacher à quel point j'avais été sincèrement touchée.

- Hi, Hi capt'ain ! Dit-il en se mettant au garde à vous.

Une claque sur l'arrière de la tête plus tard, je me retrouvais à courir dans les escaliers, lui à mes trousses comme des gamins de cinq ans.

Nous déboulâmes à grand bruit dans la chambre des garçons, le souffle coupé par l'effort et le rire.

- On peut partager la plaisanterie, demanda Sirius.

Pour toute réponse James et moi nous contentâmes de sourire et haussant les épaules, Sirius abandonna le sujet.

- Bien, nous pouvons commencer ! Applaudit Cléo.

Nous terminâmes la réunion vers cinq heures, complètement abattus et aussi peu avancés que ce matin. Nous étions tellement absorbés par notre travail que nous avions accidentellement sauté le dîner et avions du nous contenter de restes chipés à la cuisine par Peter et Sirius. Cela risquait aussi de nous valoir une explication avec Cody et Alex pour Cléo et moi car nous leur avions promis de les rejoindre devant les portes de la Grande Salle à midi et demie. N'ayant pas le courage d'affronter une discussion immédiatement avec eux et le travail étant loin d'être finit nous étions restées dans la chambre. Le problème avec les déclarations déjà existantes c'est qu'aucune ne collait vraiment au contexte dans lequel nous nous trouvions. Et si il arrivait à l'une d'entre elles de correspondre, elle était si médiocre que nous ne pouvions même pas envisager de s'en inspirer. De plus aucun de nous n'était vraiment poète et adapter des vers déjà parfaits n'étaient pas un travail facile. La preuve, nous avions lamentablement échoué et la seule chose que nous savions lorsque nous décidâmes d'abandonner pour aujourd'hui était qu'une autre journée comme celle-ci nous attendait très prochainement. C'était à se taper la tête contre les murs; ce que James avait tenté de faire mais nous l'avions vite rasséréné.

- Impossible n'est pas Handerson, avait clamé Hélicia. Et tu es verni, avait-elle ajouté à son attention, puisque tu en as deux à tes cotés !

J'étais affalée dans le lit en compagnie de James tandis qu'Hélicia menaçait de s'endormir à tout moment dans celui de Remus et que Cléo somnolait elle aussi dans celui de Peter. Un silence, apaisant après la cacophonie qui avait régné sur la chambre toute la journée, s'installa et plongea un peu plus la chambre dans un sentiment de torpeur. La fatigue du avoir raison de nous tous car je fus soudainement tirée de mon sommeil par une claque sur la joue.

- Non mais t'es malade ! Chuchotais-je furieusement à James qui souriait de toutes ses dents.

- Oh pardonne moi, minauda-t-il, je voulais juste t'éviter un torticolis !

Je reconnus immédiatement la phrase que je lui avais sortie lorsqu'une fois il s'était endormi dans la salle commune. Étant incapable de le réveiller de manière douce tant il était profondément endormi, je m'étais résolu à utiliser la manière forte. La différence, c'est qu'à l'époque, moi je n'avais vraiment pas eu le choix. J'avais le sommeil léger, une simple secousse m'aurait réveillé.

- Bien sur, marmonnais-je en le fusillant du regard.

Je plissais des yeux et remarquais alors pour la première fois que la pièce était plongée dans la pénombre. Par Merlin, quelle heure était-il donc ?! Ayant formulé cette question à voix haute mon ami m'informa généreusement qu'il était sept heure passé de quelques minutes et que le souper allait être servi dans peu de temps. Je sautais hors du lit, notant au passage que quelqu'un m'avait bordé. Si j'avais bonne mémoire je m'étais endormie sur la couverture et non dessous.

Une fois assise sur le lit je levais les yeux sur la pièce et la scène qui se déroulait à quelques mètres de moi m'attendrit : Sirius était penché sur Hélicia qui s'était endormie sur le lit de Remus et tentait de la réveiller en lui murmurant à l'oreille des mots que je ne saisissais pas de là où je me trouvais et lui caressait le visage à intervalle régulier. Cela me rappela le réveil auquel j'avais eu droit et je fusillais à nouveau James du regard. Lui aussi avait aperçu nos amis et les mêmes pensées semblant traverser son esprit, il se tourna dans ma direction, pris conscience de mon regard très, très peu chaleureux et éclata de rire. Réveillant au passage Cléo et Hélicia.

Je fus amusée de voir Sirius mitrailler son ami d'un regard noir à son tour tandis que Cléo interrogeait Remus sur l'endroit où elle se trouvait. Quand nous fumes toutes les trois plus ou moins réveillées et prêtes à redescendre les garçons nous expliquèrent que c'est eux qui nous avaient mis au lit. Quand ils s'étaient aperçus que nous ne répondions définitivement plus à l'appel de nos noms, ils n'avaient pas eu le cœur à nous réveiller et s'étaient contentés de nous installer plus confortablement. Mi attendries, mi-gênées et aussi encore bien dans les vapes, nous ne fîmes aucun commentaire.

Pas pour longtemps. Le chemin jusqu'à la Grande Salle fut ponctué des rires des garçons qui s'amusaient à se moquer des habitudes que nous avions en dormant. Celle de parler pour Cléo - ils pleuraient encore de rire en nous narrant une phrase qu'elle aurait prononcée sur Alex incluant le mot bisounours et pays des licornes colorées – celle qu'avait Hélicia de donner des coups dans son sommeil mais les rires de Sirius tournèrent court cette fois quand les garçons insistèrent pour qu'il montre le bleu qu'il s'était collé sur la cuisse quand il s'était trop approché du lit. Il ne le montra évidemment pas mais ses joues rouges carmin nous empêchèrent de douter de la sincérité des trois autres. Et ils se moquèrent aussi de ma manie d'agripper tout objet à portée de main et de le porter à mon cœur. Quand je leur demandais comment il s'en était aperçu (c'était peut-être un hasard si j'avais agripper la chemise de James qui traînait sur son lit !) je le regrettais aussitôt.

- Je suis désolé mais Sirius n'a pas résisté à la tentation de mettre un de ses caleçons sur mon lit, m'expliqua James entre deux éclats de rire.

Je manquais de m'étouffer avec ma propre salive.

- Pardon ?!

Ils étaient tellement pliés en deux que je dus attendre cinq minutes avant d'être informée que cette assertion était (bien heureusement !) fausse. Mon cœur reprit un rythme normal et je sentis le sang irriguer à nouveau les vaisseaux de mon visage. Finalement le temps de descendre tous ces couloirs et escaliers, la discussion avait dérivée sur les habitudes du sommeil des garçons et lors du dernier virage avant de se retrouver devant les portes de la Grande Salle, Remus nous racontait comment une nuit il avait découvert que Peter était somnambule. Il l'avait surpris en train d'essayer de grimper dans le lit de James et n'avait pas oser le déranger. Le matin même il avait tous été réveillés par le hurlement de James qui venait de remarquer la présence de son visiteur nocturne à ses cotés. Nous étions tous les sept pliés en deux tandis que Peter nous mimait la tête de James à son réveil mouvementé. Hélicia du se rattraper au mur pour éviter de tomber tant elle riait. Pourtant, une fois le tournant passé, nos rires s'arrêtèrent nets.

Devant les portes de la Grande Salle, formant un barrage hostile, se trouvait Alex et Cody. Dire qu'ils n'étaient pas ravis de nous voir et encore moins de si bonne humeur était un euphémisme. Cléo courut rejoindre son petit ami et sans un mot disparu avec lui derrière les portes. Cody lui, ne bougeait pas et j'étais bien trop honteuse et terrifiée pour me jeter dans la gueule du loup. Finalement le groupe avança de concert mais très vite mes amis dépassèrent Cody qui n'avait toujours pas bougé d'un cil et m'abandonnèrent à leur tour me laissant seule avec mon effrayant petit ami dans le couloir. Une minute entière s'écoula avant qu'il ne prononce un mot.

- Où étais-tu ?

J'avais beau savoir qu'il avait de bonnes raisons d'être fâché et que j'avais une grosse part de responsabilité dans sa mauvaise humeur, tout mon être se révoltait contre le ton utilisé. Surprotecteur, paternaliste, autoritaire. Non mais pour qui se prenait-il ? Mais je du évidemment me rendre à l'évidence que j'avais beaucoup plus de tort que lui et que si je m'engageais dans une bataille – ce dont j'avais très peu envie- j'avais peu de chance de la gagner.

- Je te l'ai dit, dis-je du ton le plus innocent possible, je devais terminer un travail.

- Je sais mais on devait se retrouver à midi, lança-t-il le ton un peu accusateur.

Bon sur ce coup-là je ne pouvais pas lui en vouloir. Je ne sais pas comment j'aurais réagis s'il me posait un lapin et que je n'avais plus de nouvelles de lui avant le soir. Certainement pas de façon calme. Je m'étonnais même à présent que le ton, bien qu'accusateur, soit posé.

- Je suis désolée, dis-je sincèrement, vraiment désolée. Je n'ai pas vu le temps passer et après je me suis endormie.

Ce n'était même pas un mensonge. Mais je me sentais mal car je savais pertinemment bien que nous ne parlions pas de la même chose. Maintenant que j'étais en face de lui, le sentiment de culpabilité ne faisait que croître de seconde en seconde. Je n'aimais pas mentir, n'étant pas vraiment douée mais Cody était quelqu'un de tellement bien que, douée ou pas je me sentais la petite amie la plus nulle de la terre.

- Tu as terminé ton devoir ? Ça a été ?

Le ton était plus doux mais je voyais bien qu'il était réellement blessé.

- Oui. Très bien, dis-je en priant Merlin et toutes les divinités de ne pas me faire rougir à cet instant. J'ai eu quelques difficultés au début mais je suis allée me documenter à la bibliothèque et j'ai trouvé ce que je cherchais.

Tais-toi ! Mais tais-toi ! A force de parler je risquais de lâcher une bêtise qui ruinerait tout mon mensonge. Mais je me contrôlais difficilement. Quand je stressais, j'avais tendance à ouvrir ma bouche et sortir tout ce qui me passait par la tête sans me soucier que ce soit vrai ou cohérent. Et si il était passé à la bibliothèque maintenant ou que ses amis y étaient passés ? J'aurais l'air fine à essayer d'expliquer pourquoi il ne m'y avait pas trouvé.

- Mais ensuite, débitais-je le plus rapidement possible, je suis rentrée à la salle commune pour être plus tranquille… la bibliothèque était beaucoup trop…bruyante ! Et je me sens mieux quand je travaille dans la tour.

Je levais timidement les yeux. Cody me fixait pensivement de ce regard qui me mettait toujours un peu mal à l'aise.

- Je vois, murmura-t-il. La bibliothèque, lieu où il est interdit de parler, était trop bruyante et donc tu as voulu te mettre au calme dans une salle bondée d'élèves pour mieux te concentrer. C'est cela même ?

Aïe ! J'étais mal partie et je n'aimais pas beaucoup le regard ironique qu'il posait sur moi.

- Oui…enfin non…en fait tu vois je suis montée dans mon dortoir…j'aime bien travailler sur mon lit. C'est confortable.

- Je vois. Autre chose ?

Oui. Je t'ai menti j'ai passé la journée avec mes amis pour aider l'un d'entre eux à se caser avec une fille que je déteste mais je ne peux pas te le dire parce que seul les amis de cet ami sont au courant.

- Non.

Et j'allais jusqu'à m'offrir le luxe de sourire. Bon d'accord maigre le sourire mais vu les circonstances, on m'excusera parfaitement…non ?

- Très bien, dit-il.

- Euh…bien. Si c'est réglé, on peut aller manger ? Je meurs de faim.

- Tu m'étonnes, sourit-il –d'un sourire encore plus faible que le mien.

Il me prit néanmoins par la taille et nous entrâmes dans la Grande Salle. Mais à ma plus grande surprise, alors que je me dirigeais vers mes amis qui levaient vers moi des mines à moitié soulagées (de me voir enfin) et à moitié inquiètes, la prise de Cody se resserra et il nous mena vers la table de sa maison.

- On mange avec mes amis cette fois, ça ne te dérange pas j'espère ?

En fait si, cela me dérangeait un peu mais aujourd'hui je n'étais pas en position de lui refuser quoique ce soit et ce n'était que justice après tout. Voila trois semaines qu'il manquait la plupart des repas avec ses amis pour les passer avec les miens.

Une fois à proximité de la table, nous nous dirigeâmes vers ses amis et nous installâmes à leurs cotés. Coleen, sa meilleure amie me gratifia d'un petit sourire amical tandis que Mark et Sybille ses deux autres meilleurs amis étaient légèrement plus hostiles. Le souper se déroula normalement mais je sentais bien qu'une tension planait et que j'en étais le centre. Ce fut donc avec soulagement que je vis les plats des desserts disparaître et Cody se lever de table. Nous nous étions peu parlés pendant le souper, lui absorbé par une discussion avec Sybille sur les vacances de Pâques qui approchaient et moi plongée dans une admiration sans borne vouée à mon assiette en échangeant quelques phrases parfois avec Coleen. Une fois dans le Hall, je me dirigeais vers amis qui avaient quittés la Salle quelques minutes plus tôt et qui semblaient m'attendre. Cody sur mes talons, je les rejoignis avec une hâte difficilement maîtrisée après la demie heure de torture que je venais de passer.

- Ça va ? M'accueillit James l'air inquiet.

- Très bien, dis-je du ton le plus assuré.

Je dus échouer car leurs sourires se fanèrent un peu. Il fallait que je me concentre et prenne une mine plus enjouée. D'accord je me sentais très mal vis-à-vis de Cody et son attitude, bien que compréhensible, me blessait au plus point mais il fallait que je me reprenne. J'étais une Gryffondor nom de Merlin, pas une chiffe molle ! Malheureusement ma peine me faisait penser à celle qu'avait du ressentir Cody à m'attendre durant tout le dîner et j'avais presque envie de pleurer. Il fallait que je parle à Cody, je savais que je ne pourrais pas dormir et que cette tension me minerait toute la nuit. Je déclinais donc l'offre de mes amis de remonter avec eux et me dirigeais dans la direction opposée me préparant à une ballade qui risquait de ne pas être très agréable.

Nous marchâmes dix minutes à l'aveuglette dans le dédales des couloirs de Poudlard avant que je ne réussisse à prendre mon courage à deux mains et briser ce silence qui allait me rendre folle.

- Cody tu es sur que ça va ?

Bien sur. C'est pour ça qu'il faisait la gueule depuis une heure.

- Certain, marmonnât-il sur un ton qui affirmait à lui seul le contraire.

Soufflant un bon coup, je vins me positionner face à lui, l'empêchant de faire un pas de plus.

- Je t'ai dit que j'étais désolée pour aujourd'hui et je le pense vraiment! Je sais que ça n'a pas du être agréable de devoir m'attendre sans me voir jamais arriver et je ferais tout pour me faire pardonner mais crois-moi je ne voulais pas te blesser ! Alors dis-moi ce que je dois fai…

- Mais arrête ! Explosa-t-il.

Son cri me fit sursauter et je le fixais avec des yeux ronds.

- Que ? quoi ?

- Arrête de me prendre pour un imbécile, lâcha-t-il d'une fureur qu'il avait du contenir depuis plusieurs heures.

- Mais je ne comprends pas …

- Alors laisse-moi t'expliquer, lança-t-il, acide. Ce midi ne te voyant pas arriver, comme l'imbécile que je suis j'ai cru que, trop absorbée par ton « travail » tu n'avais pas vu passer l'heure. Je me suis donc mis à ta recherche pour t'emmener dîner. Tu n'étais pas à la bibliothèque alors je suis monté à la tour et j'ai attendu qu'un Gryffondor se pointe pour venir te prévenir que je t'attendais devant. Une fille de troisième est sortie et je lui ai demandée si tu te trouvais dans la salle commune. Elle m'a dit qu'elle venait d'arriver et ne t'avait pas vue mais elle a été assez généreuse pour aller demander à une de ses amies si elle ne t'avait pas aperçue à un moment de la journée. Deux minutes plus tard, continua-t-il d'un ton de plus en plus dur et de plus en plus incontrôlé, elle est venue m'annoncer joyeusement que son amie t'avait vu monter il y a deux heures dans le dortoir des garçons en compagnie de Potter !

Je me pétrifiais sur place. Par Merlin. Cette fille n'avait pas vu Cléo, Sirius et les autres emprunter le même chemin quelques minutes avant ? Ou bien sachant qu'on ne cherchait qu'après moi n'avait-elle pas senti le besoin de le mentionner. Malheur. Je comprenais mieux sa mauvaise humeur maintenant. Il fallait absolument que je me calme, que je respire, je pouvais tout expliquer ! Mais Cody n'avait pas fini. Il semblerait que cette fureur, trop longtemps contenue, une fois libérée ne pouvait plus s'arrêter.

- Comment crois-tu que je me suis senti ? Je te laisse tranquille pour que tu puisses travailler et on vient m'annoncer que tu passes ton temps à faire je ne sais quoi dans la chambre de Potter !

Je me rappelais juste à-propos qu'avant de me demander de sortir Cody m'avait questionné sur mes sentiments à propos de James. Et si Elle avait remarqué que je passais beaucoup de temps avec lui, pourquoi Cody ne l'aurait-il pas remarquer aussi ? Il n'était pas difficile de comprendre à quelles conclusions il avait sauté. Et n'aurais-je pas été à ma place, je n'aurais pas réagi différemment de lui ; si on m'avait raconté une histoire pareille, je ne suis pas sure que je n'aurais pas douté de la fidélité de cette fille. Cody était essoufflé après sa tirade et s'était reculé d'un pas comme s'il ne supportait pas d'être à mes cotés. Je remarquais que sous le trop de tension que je subissais depuis tout à l'heure j'avais enfin craqué et que mes joues étaient plus qu'humides. Pourtant même dans ma détresse un détail ne m'échappa pas.

- Comment ? Dis-je d'une voix rauque. Comment as-tu su où était la salle commune des Gryffondor ?

Il fut d'abord surpris et rougit légèrement mais il céda vite à la colère.

- C'est tout ce qui t'intéresse ?!

- Non !

Bien que ce détail était légèrement perturbant, il n'était pas vraiment prioritaire à l'instant même.

- Je suis désolée Cody.

- Ça ne suffira pas, dit-il apparemment aussi désolé que moi. Comment veux-tu que je te fasse confiance si tu me fais des coups pareils ?

- Je sais. Encore une fois je suis désolée mais ce n'est pas ce que tu crois !

Oh mon Dieu ! J'avais l'impression de me retrouver plongée au cœur d'une série télévisée à l'eau de rose que ma mère regardait à longueur de journée. Vous savez ces histoires où on croit que Brenda a couché avec Kevin pour se rendre compte qu'en réalité c'est Verity la demie sœur de Brenda dont le grand père est l'homme le plus riche de la ville mais aussi le patron de Kevin. Ce qui est la raison officielle pour laquelle ils cachent leur liaison alors qu'en fait si Verity ne veut pas dévoiler sa liaison c'est parce qu'elle couche aussi avec le copain de Brenda, Kyle qui lui est en secret amoureux de… vous voyez le tableau. Le mien est nettement moins romancé et moins compliqué toutefois.

- Ah oui ! Ricana Cody, me ramenant brutalement sur terre.

- Bien sur que non ! Fis-je, choquée qu'il croit à ce point que je sorte avec James dans son dos.

- Tu vas me dire que vous jouiez aux échecs ! Fulmina-t-il, hors de lui.

Je ne saurais dire ce qui m'a prit par la suite. Était-ce ses accusations monstrueuses selon laquelle j'étais non seulement capable de le tromper mais de le faire sciemment en plus. Ou alors le ton dégoulinant de dégoût et de colère avec lequel il avait prononcé cette phrase, ayant apparemment une idée bien précise de ce que j'avais pu faire avec James dans sa chambre. Idée qui me révoltait, non par pour l'acte en lui même, mais pour la façon dont il imaginait ça de moi, qui ne serait même pas capable d'embrasser un autre garçon que lui. Quoiqu'il en soit, après m'être figée face à l'horreur de ses mots, je le giflais, les larmes brouillant ma vue.

- COMMENT OSES-TU DIRE ÇA ?! Hurlais-je à plein poumon, révoltée, blessée et surtout humiliée.

Je me sentais sale. Alors que je n'avais strictement rien fait d'autre qu'aider un ami. Cody, gardant sa main contre sa joue droite, essuya d'un geste rageur les larmes qui commençaient à couler sur ses joues. Je continuais de sangloter, essayant en vain de comprendre comment on avait pu en arriver là. Les mots " Comment ? Pourquoi ? " se répétaient en boucle dans ma tête. Je reniflais bruyamment, et me sentis complètement idiote. Cody se tenait toujours droit devant moi, tendu comme un piquet, les yeux rouges. Comment pouvait-il penser ça de moi ? Me connaissait-il si mal ? De nouveau en colère, je relevais la tête et lui fit face.

- Je. Ne. Te. Trompe. PAS. Avec. James. Assénais-je lentement, les dents serrés, de peur de repartir larmes.

Il allait rajouter quelque chose, et à son expression ça n'allait pas être joli alors je l'interrompis en hurlant :

- ET JE SUIS VIERGE NOM D'UN CHIEN !

Directement mes joues prirent une couleur carmin quand je réalisais ce que je venais de dire. Je portais mes mains devant ma bouche, prise en faute et baissais le visage vers le sol. Oh. Mon. Dieu. Venais-je réellement de crier dans le couloir que j'étais vierge ?! Étais-je complètement stupide ?! Mortifiée n'était pas assez fort pour décrire l'état dans lequel j'étais. J'aurais pu lui dire que j'étais aragnophobe, ou encore claustro, aveugle, unijambiste, borgne, malade que sais-je ! Mais au nom de merlin pourquoi VIERGE ?! Cette fois je n'étais plus dans une série minable à l'eau de rose mais bien le clown d'une comédie dramatique ! Celui qui fait rire tout le monde sans le vouloir, qui sort des débilités plus grosse que lui ou encore qui est le seul à se prendre le poteau que les autres l'ont remarqué à cinquante mètres ! ÇA, c'était moi !

J'aurais pu rire de l'expression de Cody si le moment s'y était prêté. Un silence s'installa dans le couloir. Très long silence.

- Bien.

- Bien, répétais-je après lui.

Prise d'un doute, je fronçais les sourcils. Ce n'était pas fini. Mais bon je ne pouvais pas m'humilier plus que ça et le pire était derrière nous.

- Cody ? Tu me crois quand je te dis que…

- Que tu es vierge ?

Nom d'un crapaud! Dans sa bouche c'était encore plus bizarre, presque obscène ! Mais il l'avait dit calmement comme s'il me demandait ma couleur préférée. Heureusement mon énième empourprement fut assez explicite et il se contenta de soupirer.

- Oui je te crois.

- Mer…

- Je te crois…pour tout.

- Merci, dis-je en souriant à travers mes larmes. Et je suis désolée pour la gifle.

- J'avoue que je ne l'ai pas volée, dit-il dans une tentative de sourire.

La tempête était passée mais il nous faudrait quelque jours pour panser nos blessures. Il faut dire que nous n'y étions pas aller de main morte. Je me demandais vaguement si tous les couples avaient une dispute aussi énorme seulement après trois semaines mais cela devait être très fréquent surtout à notre age.

- Je te raccompagne ?

- Avec plaisir.

Il me prit délicatement la main comme si notre discussion m'avait rendu fragile et s'avança dans le couloir.

So? So ? :D

Bisous à tou(te)s

Bézo et Sémi