Auteur: Kuro-Hagi & PeriginTouque – 30/10/2018

Genre: RP - Yaoi – Romance – POV internes

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Note: HAPPY BIRTHDAY HIMURO !

Un couple pas du tout original cette fois ! Mais avec lequel nous n'avons pas souvent l'habitude de jouer toutes les deux :)

Nous avons pris beaucoup de plaisir à l'écrire ! Ce petit challenge est vraiment chouette pour nous inviter à découvrir de nouveaux personnages !

N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires :) Nous sommes ouvertes à la critique !

Et sinon, nous avons fini nos Writober (un texte par jour pendant tout le mois d'octobre) ! N'hésitez pas à découvrir le résultat sur nos comptes respectifs si ça vous dit et à un laisser un petit commentaire ^^ il n'est jamais trop tard !

Remerciements : Peri pour accepter ce challenge… Qui va nous prendre l'année ! XD C'est trop fun !

Et merci Futae pour le rappel j'avais zappé que c'état aujourd'hui ^^ J'aurai posté en retard sans toi :p

NdP : le mois d'octobre nous a achevé avec deux anniversaires et le Writober mais nous avons survécus. J'ai une tendresse toute particulière pour ce couple tout doux… On espère qu'il vous plaira. Et je pense que Kuro va m'achever d'ici la fin de l'année, mais je suis consentante c'est bien ça le pire !


Et je te ferais exprès un gâteau aux noix de pélican

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Premier anniversaire

Himuro Tatsuya

Cette année, son anniversaire est plutôt calme. Revenu au Japon au printemps, c'est la première fois depuis longtemps qu'il le fête sans les décors d'Halloween. Il s'en est toujours plaint, mais aujourd'hui ça lui manque. Il est seul pour le fêter, et il n'y a même pas cette ambiance de fête si particulière. En vrai, il aime Halloween et les bonbons. La sonnette de son appartement retentit. Il va ouvrir avec étonnement sur deux membres de son équipe de basket.

— BON ANNIVERSAIRE !

Himuro est surpris. Très surpris. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Les deux jeunes hommes le poussent dans son appartement en riant.

— Himuro-kun ! Faut te changer les autres vont pas tarder !

— Pas tarder de quoi ?

— Ben on vient fêter ton anniv évidemment ! T'as un frigo où on peut mettre ça ?

Himuro les laisse s'installer et va rapidement s'habiller. Quand il revient, les deux basketteurs sont en train de décorer son appartement de quelques guirlandes et ballons. On sonne une nouvelle fois et trois autres membres de l'équipe entrent eux aussi les bras chargés de vivres et de cadeaux. Le jeune homme au visage si impassible habituellement, affiche un léger sourire et son cœur se réchauffe. Il a des coéquipiers en or, ils se sont tous concertés pour ne pas le laisser fêter son anniversaire seul. On sert les boissons, on commence à grignoter. Himuro se demande si Murasakibara le géant de l'équipe va venir. Il adore ce garçon un peu différent. Il est d'humeur changeante, mais il le trouve attendrissant. Il suffit de savoir le brosser dans le sens du poil pour qu'il soit obéissant. C'est devenu un peu son job dans l'équipe aujourd'hui de gérer le géant. Et cette tâche ne lui déplait pas. Oui vraiment, il espère que Murasakibara sera là aussi ce soir.

La sonnette retentit encore une fois. Himuro se lève, ce ne peut-être que lui. Il ouvre en souriant. Murasakibara est là, son visage las comme d'habitude, un paquet de bonbon ouvert dans la main et la bouche pleine.

— Désolé Muro-chin… Je voulais t'offrir mes bonbons préférés mais j'avais trop faim, je les ai mangés. Tiens, bon anniversaire.

Himuro rit de bon cœur et accepte le paquet de bonbons entamé de bonne grâce. Finalement, Halloween ne lui manque pas. Il est juste content, vraiment, que le géant soit là.

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Murasakibara Atsushi

Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'Himuro. Enfin Muro-chin, comme aime à l'appeler Murasakibara.

Indolent la plupart du temps, le géant de Yosen se moque royalement des obligations, des fêtes et des autres. Ce n'est simplement pas sa priorité. Sauf… Sauf cas exceptionnel. Dans ces cas l'on peut placer Akashi, Kuroko et les autres miracles mais surtout son ex capitaine qui continue de le suivre de loin. Depuis toujours il a besoin de son opinion, c'est même lui qui prend les décisions de sa vie.

Ça c'était avant comme on dit. Depuis qu'il étudie à Akita, une autre personne prend une importance capitale dans son quotidien. Un garçon discret de prime abord néanmoins sûr de lui. Naturellement, son nouveau partenaire de jeu a pris la place de guide. Sans s'en formaliser, Atsushi remet sa confiance ainsi que sa destinée entre les mains de ce garçon énigmatique. Il ne sait pas la teneur de ses sentiments à son égard, seule certitude : quand son coéquipier n'est pas là, un grand vide s'infiltre dans son être.

Atsushi s'est demandé toute la veille au soir si se rendre à sa fête d'anniversaire était une bonne idée. Est-ce qu'il a envie d'y aller ?

Une petite moue chiffonnée anime son visage impassible. Il n'aime pas la foule, les soirées bondées. Bon d'accord, là en l'occurrence il ne va y avoir que des gens qu'il connaît dont ses camarades de basket. En vérité il souhaiterait ne passer cette soirée qu'en compagnie de Muro-chin. Avec lui, il se sent bien. Le garçon au grain de beauté ne pose pas des tonnes de questions débiles, ni ne le traite comme un gosse ou un monstre. De plus il n'hésite pas à le remettre à sa place quand il le faut. Et Atsushi a besoin de limites parce que personne ne lui en donne jamais. Bref.

Oui bref, Atsushi s'est demandé toute la veille au soir s'il devait aller à la fête de son ami. Et pour une fois, ô miracle, il n'a pas eu besoin de téléphoner à Akashi afin d'obtenir un éclairage sur son comportement à tenir. La réponse est déjà gravée au fond de son cœur.

L'adolescent présente un regard déterminé devant le combini du quartier. Il va y aller finalement. Non seulement il va le faire mais aussi offrir un cadeau qui compte beaucoup pour lui : une édition limitée de ses friandises préférées, des nerunerunerune au candy corn, exclusivement pour Halloween et pour son Muro-chin.

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Deuxième anniversaire

Himuro Tatsuya

Le nez de Murasakibara se frotte contre son ventre. Himuro ouvre les yeux en souriant, les cheveux mauves lui chatouillent les flancs. Tendrement, les lèvres douces du pivot se posent sur sa peau, elles remontent entre ses abdominaux jusqu'à son sternum le faisant frémir et elles viennent embrasser sa bouche. Une langue caressante en dessine le contour pour y accéder. Himuro accède à cette tendre demande et vient cajoler la langue amie de la sienne.

Murasakibara aime les baisers, comme il aime les sucreries. C'est un gros nounours tendre qui apprécie qu'on le cajole. Il a souvent l'air d'un enfant capricieux, mais il sait aussi être tellement attentif. Himuro gémit. Murasakibara aime les baisers et il les fait bien.

— Bon anniversaire Muro-chin.

— Merci Atsushi.

Himuro sourit et plonge son regard dans ses magnifiques yeux couleur lilas.

— Il faut qu'on se prépare Atsushi. On a cours aujourd'hui…

— J'ai pas envie. Je veux qu'on reste ensemble, que nous deux.

Il fait glisser ses doigts dans ses longs cheveux. Ils sont si doux, le geste l'apaise toujours et Atsushi adore ça.

— Ce n'est pas très raisonnable… ça veut dire sécher l'entraînement aussi…

— Oh mais c'est pas grave ça. Et pis j'en ai pas besoin, je suis déjà assez fort comme ça et toi aussi.

Murasakibara commence à faire voguer ses grandes mains sur son corps. Le géant semble si innocent et pourtant, il est très gourmand en matière de jeux à l'horizontal. Et ce n'est pas pour lui déplaire.

Il était doux, attentionné et patient. Il avait été parfait, quand il l'avait aimé pour la première fois, qui était aussi la première fois tout court pour Tatsuya. Ses doigts glissent sur lui, connaissant par cœur les zones sensibles de son corps. Un soupir d'extase s'échappe de sa gorge. Il abandonne. Atsushi a gagné. Pour son anniversaire, il va se laisser cajoler.

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Murasakibara Atsushi

Muro-chin est beau quand il dort. Il est beau aussi quand il sourit. Il est encore plus beau quand il a ce petit air intriguant. En fait il est beau tout le temps. Mais ce n'est pas pour cette raison qu'Atsushi l'aime, oh non.

Ça ne s'explique pas, l'amour.

Ça se vit.

Atsushi profite de ce moment matinal pour admirer les traits endormis de son chéri. Il ne voit jamais ses deux yeux, ça l'énerve. Alors de sa grande main, il écarte délicatement les cheveux de jais qui entravent son doux visage. Dommage, ses paupières sont closes, Atsushi ne peut profiter de la couleur exceptionnelle de ses pierres de lune. Elles sont si translucides, comme si la lumière les pénétrait de l'intérieur. C'est bizarre.

Le géant s'ingénie à picorer la peau sans imperfection de son homme, d'abord sur son ventre, puis sur ses pectoraux. A son contact, ses tétons se dressent, petits bonbons rosés façonnés pour son plaisir. Mais il n'est pas l'heure. Une sucrerie mille fois plus tentante l'appelle ; ses lèvres charnues n'attendent plus que d'être goûtées. Atsushi connaît leur saveur unique, presque sucrée. C'est doux les lèvres d'un homme, le sien en fait. Il ne peut résister à l'envie de les presser contre sa bouche, ordonnant implicitement à l'endormi de se réveiller.

Muro-chin ouvre enfin les yeux, les deux puisque les doigts du jeune homme à la chevelure parme retiennent la mèche gênante. L'autre sourit, découvrant ses dents blanches. Il est beau même au réveil, chiffonné de la nuit passée.

— Il faut qu'on se prépare Atsushi. On a cours aujourd'hui…

— J'ai pas envie. Je veux qu'on reste ensemble, que nous deux.

A son tour il sent des doigts glisser le long de ses cheveux.

— Ce n'est pas très raisonnable… ça veut dire sécher l'entraînement aussi…

— Oh mais c'est pas grave ça. Et pis j'en ai pas besoin, je suis déjà assez fort comme ça et toi aussi.

Égoïste, il veut simplement profiter en tête à tête et sous la couette de sa journée avec son homme. Comme ça, personne d'autre ne l'accaparera. Car sûr qu'avec son anniversaire, Muro-chin recevra encore un monticule de déclaration d'amour de la part de toutes les filles du lycée et Atsushi n'aime pas partager, c'est bien connu. Pour l'heure, il laisse sa main parcourir le grain de peau lisse et admire l'éclat sombre qui tâche peu à peu le regard sélénite de son amant.

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Troisième anniversaire

Himuro Tatsuya

Le bip du réveil le tire de son sommeil. Il fait des études de droit, suivant sa voie pour être avocat. Cette année particulièrement importante est la plus difficile. C'est cette certitude qui l'aide à surmonter son absence. Ainsi, Atsushi étant de l'autre côté de la planète, il a tout son temps pour travailler, sans la distraction de préférer être avec lui plus qu'en présence de ses bouquins. Au contraire étudier l'empêche de penser au manque. Il s'assoit dans son lit les coudes pliés sur ses genoux relevés. Depuis sept mois il ne l'a pas vu. Ils essaient de se joindre par téléphone ou vidéo quotidiennement. Mais ça ne remplace pas la présence physique de l'autre. Encore cinq mois. C'est si long. Il est sept heures au Japon, minuit là où vit son chéri. Habituellement c'est le soir que Murasakibara lui manque le plus, mais ce matin est spécial. Ensemble depuis la deuxième année de lycée, six ans maintenant, chacune de ces années Atsushi était là pour le réveiller en douceur pour son anniversaire. Il soupire et se lève. Il faudra attendre midi pour avoir un petit message de son géant et vingt-trois heures pour entendre sa voix.

La journée passe. Les camarades étudiants le lui souhaitent bon. Son visage toujours si inexpressif le sauve. Parce que non cette année, il n'est pas joyeux son anniversaire. A midi, son cœur se réchauffe un peu quand il prend l'appel vidéo de Taiga lui aussi à l'autre bout du monde, mais dès l'écran redevenu noir il se sent plus seul que jamais sans son meilleur ami et son amoureux à ses côtés.

Vingt-trois heures enfin, il attend son appel avec impatience. Il décroche à la première sonnerie. Il veut se montrer fort toujours pour ne pas faire culpabiliser Atsushi. Le géant ne voulait pas partir c'est lui qui l'y avait poussé. La France était une opportunité en or et ce n'était qu'un an n'est ce pas ? Mais aujourd'hui c'est impossible, à peine le visage de son aimé apparu, ses yeux s'inondent et débordent sur ses joues.

— Muro-chin, pleure pas, j'aime pas te voir triste. Cinq mois c'est pas beaucoup, on fêtera ton diplôme ensemble. Et je te ferais exprès un gâteau aux noix de pélican, ceux que tu préfères.

— Pécan, Atsushi, c'est pécan.

C'est nerveux. Il ne peut pas s'empêcher de rire. Qu'il aime son géant, qu'il a envie de la chaleur de ses bras. Mais cette petite maladresse, tellement lui, réchauffe un peu son cœur.

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Murasakibara Atsushi

Atsushi n'aime pas la France. Il n'aime pas le stage où il travaille. Il n'aime pas en fait être séparé des gens qu'il aime.

En vérité c'est faux, il adore travailler dans un palace cinq étoiles auprès de grands chefs pâtissiers. Il aime l'effervescence dans les cuisines lorsqu'il doit dresser les assiettes, ça lui rappelle les fins de matchs intenses. Il aime la gastronomie de ce pays, découvrir de nouvelles saveurs, sauf que sans Muro-chin, les délicieux gâteaux ont moins de goût parce qu'il rêverait de les partager avec lui. Surtout aujourd'hui.

Il ne voulait pas quitter le Japon. C'est loin la France en plus il ne connaît personne là-bas. Seul pour la première fois de sa vie, il se demandait comment faire.

Parfois il s'en veut d'être parti. Un an c'est long mine de rien même si son fiancé dit le contraire. Il sait qu'il travaille dur de son côté pour obtenir son diplôme, alors Atsushi fait la même chose du sien. Il se donne à fond afin d'être le meilleur.

Heureusement qu'Internet offre la possibilité de se parler à l'autre bout du monde, sans ça sûr qu'ils n'auraient pas tenu un mois, éloignés de la sorte.

Rien que d'entendre la voix douce de son amant le sermonner lorsqu'il ronchonne l'emplit de bien être. Le voir aussi ne serait-ce que par écran interposé, réchauffe son cœur refroidi. Son cœur de glace loin de sa source de chaleur. Atsushi esquisse des demi-sourires qui en disent long. Il voit parfois les cernes sous les yeux gris, un masque d'assurance fissuré en dedans par le manque. Il remarque la voix qui tremble un peu mais ne dit rien.

Atsushi ne sait pas réconforter, et puis ça leur ferait plus de mal que de bien, à tous les deux.

Fébrile devant son écran d'ordinateur, son attention braquée sur la fenêtre de la messagerie instantanée, il attend le cœur battant.

Vingt trois heures précises, il peut enfin appeler son Muro-chin. Cette année est la première fois qu'ils fêtent leurs anniversaires respectifs séparés. Il voudrait le serrer dans ses bras. Le visage tant aimé apparaît. Aussitôt il se couvre de larmes, les yeux couleur de schiste s'humidifient, s'inondant de perles salées.

— Muro-chin, pleure pas, j'aime pas te voir triste. Cinq mois c'est pas beaucoup, on fêtera ton diplôme ensemble.

Pour une fois, ça sera lui le pilier de leur couple, soutenant son amant dans les replis de son chagrin. Il se force à sourire, timide ébauche de réassurance.

— Et je te ferais exprès un gâteau aux noix de pélican, ceux que tu préfères.

— Pécan, Atsushi, c'est pécan.

Le garçon au grain de beauté rit noyé dans ses larmes, effet réussi, enfin en partie.

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Quatrième anniversaire

Himuro Tatsuya

Un bras qui pèse sur son dos. Un baiser léger posé sur son épaule. La caresse de longs cheveux font frissonner sa peau. Quelques mots pour lui souhaiter un joyeux anniversaire murmurés à son oreille. Il soupire de bonheur en remerciant son amoureux dans son sommeil. Le poids de son grand corps quitte le lit. Himuro sourit et referme les yeux, il se rendort bientôt bercé par la musique de l'eau coulant dans la douche.

Les calls client, les réunions avec les associés du bureau, les fouilles dans les textes de lois s'enchaînent comme tous les jours. Mais Tatsuya a le cœur plus léger que d'habitude. La promesse d'une jolie soirée en amoureux. Il parvient à quitter le cabinet vers dix-neuf heures trente. Il prend un taxi pour rentrer au plus vite. Atsushi l'attend. Le véhicule file dans la ville, son regard se perd dans le vague, la nuit tombante et les lumières de Tokyo. Il monte enfin dans l'ascenseur qui ouvre ses portes sur le palier de leur appartement. Il pose sa main sur la poignée. La petite étiquette juste sous l'œilleton du panneau de bois indique Himuro-Murasakibara. Ca lui fait toujours plaisir de la voir là. Il entre dans leur logement, une douce musique se fait entendre et une bonne odeur emplit ses narines. Son petit ami est un vrai cordon bleu, même s'il s'est spécialisé en desserts et sucreries. Il desserre un peu sa cravate en quittant la petite entrée après s'être déchaussé. Il rejoint la cuisine où il le trouvera probablement. Son géant est affairé, ses longs cheveux mauves noués en un chignon rapide. Il s'avance, glisse ses bras autour de sa taille et se colle à lui.

— Atsushi… ça sent bon.

— Attends encore dix minutes, j'ai pas terminé.

Tatsuya sourit. Il embrasse son dos et glisse ses mains sous son t-shirt, caressant les flancs et les abdominaux bien dessinés de son homme, qui malgré sa gourmandise inégalée a toujours un corps de rêve. Il l'entend grogner et il se retourne dans ses bras faussement mécontent du dérangement. La bouche d'Atsushi vient enfin happer la sienne avec délice.

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Murasakibara Atsushi

Les gens disent que Murasakibara est paresseux, qu'il se laisse vivre, qu'il se fiche de tout et de tout le monde.

Les gens ne le connaissent pas.

Atsushi se moque de ce que pensent les autres. Il ne perd pas de temps à leur répondre, le consacrant aux personnes qui comptent pour lui.

Muro-chin reste sa première priorité dans sa vie. Il n'hésite pas à retrousser ses manches afin de concocter de bons petits plats en son honneur, toutes occasions confondues. Et là c'en est une de taille : son anniversaire.

Ils sont installés depuis des années maintenant ensemble, le train-train quotidien forge leur amour au fil des jours. Jamais le colosse ne s'ennuie de cette routine, au contraire, elle le rassure, le cadre chaque seconde de son existence dans une machinerie bien huilée.

Atsushi ne sait pas dire « je t'aime », malgré l'intimité qu'il partage avec son homme, ces mots n'arrivent pas à passer la barrière de ses lèvres. Peut-être est-ce pour compenser, il le traduit avec des actes.

Tous les ans, pour l'anniversaire de Muro-chin, il libère sa journée. Tout se passe toujours de la même façon. Il attend que son compagnon parte travailler, lui fait un bisou en guise d'au-revoir puis il va au marché acheter des produits frais. Une fois revenu à l'appartement, il s'affaire toute la fin de matinée et l'après-midi à mijoter de bons petits plats, les préférés du beau ténébreux. Il ne voit pas les heures passer, occupé et concentré. Dans ces moments là, personne ne doit le déranger. Même pas Akashi, attention. On ne rigole pas avec l'art culinaire. Atsushi met un réveil sinon il louperait l'heure d'arrivée de son homme. Une heure avant, il range, nettoie, dresse une belle table avec décoration et bougies. Oui, Murasakibara sait se faire raffiné. Grâce à sa relation il a su s'ouvrir un peu plus aux autres. Puis il va se faire tout beau.

Alors quand ses habitudes sont chamboulées par l'arrivée inopinée de son amant, le géant bougonne un peu, oh juste pour la forme. La cuisine est son terrain de jeu, il n'aime pas quand on vient empiéter sur ses plates bandes. Oui mais c'était sans compter sur la fourberie touchante d'Himuro qui le serre dans ses bras et le câline tendrement. Atsushi se retourne en grognant, aussitôt qu'il voit cette bouche appétissante, il ne résiste pas à l'envie de la capturer entre ses lèvres.

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Cinquième anniversaire

Himuro Tatsuya

Les pleurs lui vrillent les tympans. Himuro gémit. Trois fois cette nuit, il n'en peut plus, il veut dormir. Il entend du bruit dans le salon, du mouvement et des chuchotements. Les cris du bébé se taisent alors qu'une voix de baryton fredonne. Il soupire de soulagement et se rendort.

Une main se glisse dans ses cheveux. Un petit corps chaud est blotti contre lui et gazouille. Des lèvres charnues se posent sur son front. Tatsuya ouvre les yeux sur ceux mimosas de son mari. Un sourire étire ses lèvres qui viennent se poser sur les siennes avant de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Une petite main frôle son épaule. Himuro tourne la tête pour regarder le troisième protagoniste de cette scène.

— Bonjour Kaoru.

Le bébé agite ses petits bras, il a tout juste un mois et demi. Les deux hommes sont fatigués. Il ne fait pas encore ses nuits et leur demande une énergie folle mais ils ont tant attendu d'accueillir cet enfant au sein leur foyer. Himuro se redresse et se glisse dans les bras de son mari s'installant sur ses genoux. Il caresse sa joue tendrement et l'embrasse.

— Je t'aime Atsushi.

— Moi aussi Muro-chin.

Le sourire de son géant l'envoûte. Il dessine le contour de ses lèvres de son pouce et repose une nouvelle fois les siennes contre elles. Il fait glisser ses doigts dans ses cheveux longs qu'il aime tant et les entortille autour de ses doigts. Il le cajole, profitant d'un petit instant à deux, apaisé par les petits bruits rassurants émis par le petit être allongé au milieu du lit. Puis, il se retourne et vient prendre l'enfant dans ses bras. Atsushi pose sa main sur le ventre du bébé, elle est si immense qu'il pourrait le bercer avec elle seule. Il sourit. Il est fatigué, épuisé mais heureux. Aujourd'hui, il a trente-cinq ans, un mari aimant et un enfant ravissant.

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Himuro Atsushi

Si un jour on avait dit à Himuro Atsushi, le détenteur du marteau de Thor, le mur inébranlable de Teiko, l'arbre aux racines millénaires de Yosen qu'il serait papa, il aurait écrasé l'imprudent qui aurait osé émettre une telle absurdité. Sur le champ en prime.

Comme quoi, les miracles existent…

Pourtant, lorsqu'il tient le petit Kaoru dans ses bras, si frêle, si friable soumis à sa puissance, il ne voit pas sa vie autrement. Ses pleurs ne le mettent pas en colère, non, ils l'angoissent parce qu'il n'en comprend pas toujours la raison. Le géant voudrait l'apaiser, ne plus le voir s'époumoner de la sorte. Il a l'impression que son bébé pourrait suffoquer d'une seconde à l'autre, tout rouge, hoquetant de chagrin. Atsushi ne supporte pas de le voir ainsi. Son mari lui dit de ne pas s'inquiéter pour rien, que les nourrissons ont besoin de se faire la voix, qu'ils n'ont pas forcément mal quelque part.

Seulement l'homme aux cheveux lilas n'en fait qu'à sa tête, comme d'habitude. N'écoutant pas son Muro-chin, il s'empresse de bercer le petit être afin de le calmer, lui signifier sa présence. Tendrement, comme s'il était constitué de cristal, il le cale contre son torse, entre son immense bras, sa tête posée sur son biceps et de son autre main il masse son ventre.
Il ne pensait pas aimer quelqu'un aussi fort que son mari mais force était de constater que ce fait s'avérait faux. Aujourd'hui deux personnes sont entrées dans son cœur de glace qui a totalement fondu avec les années, le remplaçant par un nuage de guimauve. Il ne changerait rien à son quotidien. Surtout pas lorsque son fils s'endort en grognonnant et que son homme le cajole gentiment, entremêlant ses doigts fins dans ses mèches lavandes. Il a absolument tout ce qu'il a toujours désiré, même sans s'en douter.