Disclaimer : Les personnages et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling. Le titre de l'histoire est celle d'une chanson du groupe "A Fine Frenzy".
Rating : K+
Bonne lecture !
-O'O- You picked me -O'O-
Chapitre 7 : Une bonne nuit
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La détruire.
Avait-il bien entendu ? Potter envisageait de la détruire ! Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez le Balafré ? Il ne pouvait pas être sérieux, quand même ! LA DETRUIRE ! Il en était hors de question ! Draco aurait pu hurler ses pensées, s'il n' avait pas eu l'impression qu'on le frappait dans l'estomac. Il avait du mal à respirer. Cette idée était horrible. Il ne pouvait pas laisser Potter faire ça. Draco n'était pas prêt à l'abandonner (ni à proposer à Harry de sortir avec lui, mais ça, c'était un autre problème.)
Il se sentit submerger par l'émotion d'un seul coup : la date d'anniversaire de son défunt ami combinée à ce lieu (comme si venir ici - où sa vie tourna d'un cauchemar à l'Enfer- était une bonne idée) et le regard rempli d'une inquiétude sincère dans ces magnifiques yeux vert émeraude. (Vraiment une idée stupide d'inviter Potter ici.) Tout ça était trop.
Il devait partir.
Maintenant.
« J'ai... Je dois... »
Les mots étaient bloqués dans sa gorge.
« ...partir... réfléchir... » bredouilla-t-il, avant de se diriger vers la sortie.
« Attends ! »
Potter le retint par la manche. Draco s'arrêta et contrairement à ce matin-là, il ne fit rien pour se dégager. Harry le fit par lui-même, lentement.
« Tu ne peux pas partir comme ça, sauf si tu veux que Rusard te voit après le couvre-feu et te donne une heure de colle. »
Potter avait raison : C'était risqué de s'aventurer dans les couloirs à cette heure-ci, mais Draco ne lui ferait pas le plaisir de l'admettre à voix haute.
« Qu'est-ce que... hum, il se racla la gorge... qu'est-ce que tu suggères alors comme solution ? »
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Le regard d'incrédulité sur le visage de Malfoy était marrant à voir et inestimable. Il disait : "Je ne sais pas qui est le plus dingue : Potter, s'il pense vraiment que je vais accepter de me cacher avec lui sous cette cape ou moi pour accepter ce plan stupide ? "
Harry le trouvait... Quel était le mot ? Adorable, en quelque sorte. Il y avait un côté vulnérable au fond des prunelles grises, mais Harry ne savait pas comment l'atteindre.
Ils marchaient, côte à côte, cachés sous la cape d'invisibilité. Ce n'était pas si mal et moins gênant -considérant leur passé et ce début d'année- que ce qu'Harry avait imaginé.
Après un pied droit écrasé à deux reprises et deux : "désolé, Malfoy", un accord de paix silencieux fut instauré et ils se rendirent tranquillement jusqu'à leur dortoir.
« Je ne veux pas que tu la détruises, pour l'instant, indiqua Malfoy, à voix basse, quand ils arrivèrent près de la porte.
- D'accord. »
Harry pouvait parfaitement comprendre ses réticences. Il connaissait ce sentiment désagréable d'être privé d'un bien précieux et il avait été ravi et reconnaissant de pouvoir réparer sa baguette cassée durant la chasse aux Horcruxes. Cependant, il lui était impossible de redonner celle en bois d'aubépine à Malfoy. En plus, le blond avait acquis une nouvelle baguette et elle semblait lui convenir très bien. La détruire était une possibilité parfaitement envisageable. Il attendrait que le blond donne son accord.
Draco le remercia avec ce même ton sincère et quelque peu désespéré qu'il avait employé quand il avait offert de faire tout ce qu'Harry lui demanderait en échange.
"Je ferais tout ce que tu voudras."
Si seulement ça pouvait être aussi simple. Il y a quelques semaines en arrière, Harry lui aurait dit : "Laisse-moi tranquille."
Aujourd'hui, il n'était pas certain que ça serait sa réponse.
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Le lendemain soir, Théo et Blaise passaient leur soirée au Chaudron Baveur. Draco s'apprêtait à se brosser les dents, quand Potter frappa à la porte de la salle de bain. Le blond était tenté de lui demander d'attendre une minute, mais à la place, il l'autorisa à entrer.
« Désolé, j'ai juste oublié mon pantalon de pyjama... et de suspendre ma serviette de bain. »
Draco sourit, intérieurement (il se brossait les dents, il ne pouvait pas le faire vraiment) car Potter venait enfin d'assimiler la règle numéro 6. Draco se sentit assez de bonne humeur pour lui pardonner de le voir se balader vêtu d'un tee-shirt et d'un caleçon. À dire vrai, il ne piperait mots et ne serait pas contrarié, si l'envie prenait à Harry de se balader sans tee-shirt, ni caleçon.
Ce qui se passa ensuite, cependant, n'était pas pour lui plaire :
« Qu'est-ce que tu fais ? » Draco tenta de lui faire passer le message d'un regard menaçant. Il ne pouvait toujours pas parler avec la bouche pleine de dentifrice à l'eucalyptus. Potter, apparemment, était toujours aussi nul en Légilimencie car il ne capta pas le message qui lui était envoyé par la pensée. Draco soupira et Harry referma le tube de dentifrice, ignorant le mécontentement du blond. Il était bien trop à l'aise à se brosser les dents à côté de Draco, comme s'ils étaient... un vieux couple.
Cette soirée était décidément bien étrange et ça n'irait pas en s'améliorant quand dix secondes après la fin de leur toilette du soir, se dirigeant vers leur lit respectif, Harry s'adressa à Draco :
« Est-ce que je peux te poser une question personnelle ?
- Euh, oui, pourquoi pas ? Juste pour ton information, je me réserve le droit de ne pas y répondre. »
Harry roula des yeux et sourit. Puis, avec sérieux, il questionna :
« Est-ce que tu as déjà eu le béguin pour quelqu'un, alors que tu sais que cette personne ne pourra jamais éprouver la même chose à ton égard ?»
Draco était bien content d'être assis sur son lit. Ses jambes étaient tremblantes. Il était tenté de mentir, mais la question l'intriguait :
« Oui.
- Moi aussi.»
Draco n'était pas surpris : il était évident qu'Harry dirait ça puisqu'il avait initié la conversation. Restait à savoir de qui il parlait.
« Puis-je connaître le nom de cette personne ? Je te dirais le nom de la mienne, si tu me dis la tienne, en premier.
- D'accord, mais, s'il te plaît, ne panique pas.
- Pourquoi le ferais-je ? Est-ce que c'est (moi ?!) un mec que je connais ? (Pitié, dis que c'est moi !)
- Hé bien oui.
- Continue.
- C'est Théo. »
Oh. Bien sûr, logique. Évidemment qu'il s'agissait de Théo et non de lui.
« Je sais ce que tu te dis : je suis stupide. Je n'y peux rien : il est sympa, intelligent, bien foutu. Non disponible, je sais, pas la peine de me le rappeler, ce qui d'une certaine manière me donne encore plus envie de... Merlin, pourquoi est-ce que je te raconte tout ça ? Bien, à ton tour. Je suis curieux de savoir qui peut bien faire battre un peu plus fort ce qui se cache sous cette carapace glacée et que nous autres, nous appelons un cœur ? »
Harry, assis sur le lit lui faisant face, souriait. Draco avait une furieuse envie de frapper Potter et de l'embrasser en même temps, car clairement le brun ne cherchait pas à l'offenser, mais à titiller sa repartie. Même s'il était tenté, juste pour voir sa réaction, Draco ne pouvait pas lui avouer :
« C'est toi, abruti.»
Du coup, il confia :
« Il était à Gryffondor.
- Il ?!
- Hm, je pensais que tu te focaliserais plus sur le fait que je fantasme sur un Gryffondor, peu importe son sexe.
- Pardon, c'est juste que je n'avais pas la moindre idée de ton orientation sexuelle. (Sans blague) Alors quel est son nom ?
- Olivier Dubois.» C'était le premier nom qui lui était venu.
Un silence, puis sa surprise passée, Harry fit une moue approbatrice :
« Très bon choix.»
Un autre ange passa. Draco pensa que la conversation s'achèverait ici, mais Harry était d'humeur bavarde et curieuse :
« C'est pour ça que tu as rejoint l'équipe de Quidditch en deuxième année ?
- Quoi ?! Non ! Potter, contrairement à certains, je ne harcèle pas les gens en les suivants partout. »
Harry ignora la pique. Il eut quand même la décence de s'empourprer légèrement.
« Tu sais, il joue à présent dans l'équipe des Flaquemare et il paraît qu'il est à nouveau célibataire...
- Potter, pitié, arrête de vouloir jouer les entremetteurs. J'ai tourné la page depuis longtemps.
- D'accord, mais si tu changes d'avis, je peux te donner ses coordonnées…
- Potter, laisse tomb…
- Ou on pourrait aller voir un match ensemble ? Et je ferais les présentations…
- Potter ! … Oublie tout ça, okay ?!
- Okay. »
Finalement, après avoir promis l'un et l'autre de garder cette conversation secrète (Draco était même tenté de se jeter un Obliviate ) ils se souhaitèrent, un peu maladroitement, une bonne nuit.
À suivre…
