Chapitre 6
Les plaisirs de retourner à l'école
Point de vue commun
Le lendemain, après la cérémonie, les filles ont dû se lever tôt, par l'intermédiaire de Melissa, sauf Akira qui n'eut pas besoin de son aide. Étant une déesse du soleil, elle se lève à l'aube, comme le soleil, quoi.
Pourtant, Laurence s'était levée une heure avant tout le monde, car elle voulait aller à la bibliothèque afin de demander conseil à Hathor. Seule, car Melissa devait rester pour réveiller les autres.
La jeune femme sortit des dortoirs et se dirigea vers la maison de la lecture. Elle poussa les deux portes de bois ornées de dorures, rappelant l'entrée d'un palais.
Dès qu'elle pénétra dans la pièce, Laurence se sentit comme Belle quand elle fit la même chose dans son film. Il n'y avait que des étagères du plafond au plancher, remplies de livres. Des tas de livres. Encore plus gigantesque et magnifique que la bibliothèque de Ville-Vieille dans Game of Thrones.
La représentante des humains chercha du regard son amie, mais ne trouva que Thot en train de préparer son cours, sans doute. Il était de dos, habillé comme la vieille.
— Tiens donc, ils changent pas de vêtements, ces dieux… pensa Laurence, intriguée.
— Que puis-je faire pour toi? demanda-t-il en levant la tête.
— Tu le sais pas déjà? répondit-elle en souriant. T'es le dieu du savoir, je te signale.
Thot se retourna en éclatant de rire.
— Oui, en effet, mais je ne lis pas dans les pensées. Par contre, je sais que tu veux me demander conseil.
— Il est pas le dieu du savoir pour rien, se dit Laurence.
— Je voulais en parler avec Hathor, mais puisqu'elle est pas là, je vais me contenter de toi. En fait, on est censé faire quoi en classe, tantôt?
Thot réfléchit un instant.
— Vous serez ce que vous appelez des stagiaires. Vous resterez en arrière et vous devez être prête à aider ceux qui vont en avoir besoin.
— Ah, c'est plus clair de même! s'exclama la jeune femme.
— Bon, lâcha Thot en hochant la tête, je vais préparer ma classe.
Il s'éloigna, non sans oublier de lui préciser le numéro de la classe où ils suivront leur premier cours. Ainsi confiante, Laurence retourna aux dortoirs, le sourire aux lèvres.
XXX
Point de vue Laurence
Ça fait un bon trente minutes que le cours est commencé. Thot nous parle de biologie, plus précisément du corps humain. Nos amis ressemblaient à des élèves du primaire qui comprenaient pas une opération mathématique. Mais merde, les Dieux se sont jamais demandé qu'est-ce qu'ils avaient en dessous de leur peau ''divine''?
Pourtant, je dois avouer que le Dieu du savoir fait bien sa job. Ainsi que nous. Je vois soudain Apollon nous faire signe. Je m'apprête à me lever quand il pointe Molly, qui est à ma gauche. C'est donc sa petite fée qui se lève en poussant un soupire de désespoir pour aller l'aider.
On dirait que tout va pour le mieux. Quelque chose attire mon regard. C'est Tsukito. Il est en diagonale à gauche de mon bureau. Je m'approche lentement en laissant Melissa sauter sur mon épaule.
Il prend des notes très très denses de manière extrêmement rapide.
— Tu comprends ce que t'écris, au moins? lui chuchotais-je, voulant m'assurer qu'il ne faisait pas juste écrire sans raison apparente.
Tsukito cesse d'écrire et tourne sa tête mauve vers moi.
— C'est ma mission de tout comprendre, me répond-il avant de reprendre son ''travail''.
— Maudit que je m'y attendais, marmottais-je en mes dents.
— Ne t'en fais pas, me rassure Melissa, alors que je reviens à mon bureau, c'est pas s'il allait dans la mauvaise direction.
— Mais quand même, dis-je pendant que je m'assois, je l'admire. Jamais je serais capable de tout retenir pour ensuite le réécrire tel quel sur la feuille comme Tsukito le fait.
— Une incantation?
Hein? Je me tourne vers la personne qui venait de parler. C'était Apollon.
— Est-ce une incantation? répète-t-il, scandalisé.
— Rassure-toi, Apollon, lui dis-je en souriant pour lui montrer que tout va bien. C'est pas le cas.
— Elle a raison, m'appuie Molly, Alors, calme-toi et écoute Monsieur Thot.
Le Dieu hocha la tête et revient à ses affaires. Satisfaite, je porte mon attention sur Alexe, me demandant qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire depuis une demi-heure, puisque ma bff s'était pas levée une fois.
Alexandra écoute de la musique avec son iPad. Contente de voir qu'elle est encore vivante. Soudain, on me tapote sur le bras droit. C'est sans doute Cath qui tente d'attirer mon attention :
— Regarde Dio!
Je regarde dans la direction du Dieu du vin et je remarque avec surprise et exaspération qu'il s'était endormi, l'écoeurant. Pour ponctuer mes paroles, Dionysos se mit à parler en dormant :
— Ces raisins sont délicieux…
— Ah, c'est pas vrai? m'exclamais-je, mais assez fort pour pas que Thot m'entende, pouvant pas y croire, mais regarde-moi ça, il dort!
Mais quand on parle du loup, Thot sursauta, soit à cause de mon commentaire ou parce qu'il a entendu les paroles du Dieu endormi. Il se tourne vers nous. Le Dieu du savoir le voit bien que ce con dort en plein dans sa face. Laissant faire, Thot reprend son cours.
— Il faudrait le réveiller, lançais-je à Cath.
Balder se tourne alors vers moi, ayant probablement entendu mon commentaire tout droit tirer du Donjon de Naheulbeurk. Je sais, j'ai fait exprès. Ou parce qu'il a entendu ma déclaration à Catherine. Ouin, c'est plus ça.
Je lui fais signe, à Balder, pas au Donjon — en même temps, je vois pas comment — en pointant Dionysos. Comprenant ce que je veux dire, il tend le bras et secoue doucement la manche du Dieu du vin afin de tenter de le réveiller.
— Hey, ce n'est pas une bonne idée…
Tu parles que c'est pas une bonne idée de s'endormir pendant le cours. Voyant que ça fait rien pantoute, Balder se lève un peu plus en continuant de le secouer et de lui parler :
— Allez, Dionysos…
Le Dieu de la lumière se lève davantage et le secoua plus durement en lui disant qu'il doit se lever et maintenant. Mais ce dernier — en parlant de Balder — s'enfarge alors dans ses pieds, ou avec probablement rien, comme toujours, et tombe par-dessus la chaise.
— Balu-balu! s'exclame Apollon en se levant de sa chaise.
Wow, il lui a trouvé un surnom aussi? J'avais même pas remarqué.
— Tu vas bien? Tu vas bien, Balu-balu ? ajoute-t-il en se précipitant vers le Dieu de la lumière.
La situation devient alors trop incontrôlable pour qu'on puisse y changer de quoi. Nous restons donc à nos places, en tant que spectatrices VIP.
C'est à ce moment que choisit Dionysos pour se réveiller en hurlant :
— Hein? Quoi? Les montres nous attaquent?
Are you fucking kidding me? Des monstres? C'est pas comme si Hadès avait ramené des montres des Enfers. D'ailleurs, il est même pas là.
Comme une chaine, Tsukito répète la phrase tout en l'écrivant dans son cahier.
— Il est sérieux là? m'exclamais-je.
— Tu connais Tsukito, me répond Melissa, se faisant tout petit.
Soudain, les autres élèves se mirent à paniquer eux aussi. Il manquait plus que ça.
— Mais calmez-vous, merde, dis-je en vain, il y a pas de montre. Mais, arrêtez de courir comme des poules pas de tête.
— Des quoi? s'écria Melissa, confus.
— C'est une expression qui exprime… bah qui exprime ça.
Catherine se mit à rire à côté de moi, bientôt suivi par Alexandra, dont le boucan était plus fort que sa musique, trouvant ça totalement drôle. Seules moi et Molly rions pas. Quoique je commence à trouver la scène drôle, en mon for intérieur évidemment.
Soudain, un bruit sourd se fit entendre. Je me tourne vers la source du bruit. Hey ben, Thot a tenté de calmer tout le monde en frappant la surface de son bureau. Le regard qui nous lance est quasiment à glacer le sang — quasiment, j'ai dit.
Tout le monde se tait. Ben pratique comme technique, mon Thoto.
Ce dernier prend alors ses affaires et sort de la classe.
Mais qu'est-ce qu'il fait? Il vient pas juste d'abandonner son tout premier cours juste parce que c'est des élèves turbulents?
En deux, trois mouvements, je m'élance à sa poursuite dans le couloir sans prendre le temps de prévenir les autres. Personne se serait levé, de toute façon.
XXX
Je retrouve vite Thot un peu plus loin dans le corridor.
— Attends une minute, Thot!
Il se retourne vers moi et semble rassurer que ça soit moi qui l'aie suivi.
— Pourquoi t'es parti? Tu sais, c'est jamais arrivé qu'un prof soit parti de son cours parce que son groupe est turbulent. Crois-moi, j'étais pognée dans des classes de même tout mon secondaire.
Thot reste silencieux un moment quand soudain, il fait son truc avec les bras comme il a déjà fait à Alexe, mais sur moi. Génial…
— Ce ne sont pas des humains turbulents comme tu as déjà connu. Là, ce sont des Dieux, aussi prétentieux et narcissiques que tu l'imagines. Mais tout ce qu'ils font c'est faire la sieste et jouer.
Ouaip, Thot a vu Dionysos dormi, ça fait aucun doute.
— Ils ne prennent pas cela au sérieux! s'exclame Thot, quasiment en désespoir de cause. Ils sont trop cernés sur leur petite personne pour comprendre les circonstances.
— Moi si, révélais-je avec sérieux en lui sortant mon regard de détermination, et je ferais tout en œuvre pour que le projet de Zeus se réalise, je te le promets.
— Toi, je n'en doute pas. Mais regarde-moi cela, la scène qu'ils ont faite et ils n'étaient même pas tous là.
— J'ai déjà tenté d'aller leur parler, le rassurais-je en désignant Takeru et les autres, je peux le refaire.
Je vois ben que Thot est à bout. Je dois lui venir en aide.
— T'es un Dieu égyptien, Thot. C'est ma mythologie préférée. Vous êtes mes précieux amis, Hathor et toi. Je ferais tout ce que je pourrais pour vous aider.
Thot sourit en m'entendant dire ça.
— Je n'aurais jamais imaginé entendre cela de la bouche d'une humaine.
— Suis-je vraiment qu'une vulgaire humaine à tes yeux? m'exclamais-je, sarcastique.
Il éclate de rire et reprend ensuite son sérieux. C'est le signe que ce qui me réserve pour la suite va être très important.
— Écoute, tu apportes ton aide et c'est parfait, mais même s'ils font leurs conneries, — comme tu dis souvent — le temps passe quand même! Si on ne peut pas les amener à comprendre les humains et l'amour dans les temps, vous serez tous pris au piège dans ce jardin pour toujours.
Pour ponctuer ses propos, il rapproche son visage du mien.
— Même Hathor et moi serons prisonniers.
— T'es sérieux, là? Même vous deux? Et je présume que Zeus aussi. Il a pris le risque aussi d'être emprisonné avec nous. Il est pas assez débile pour nous laisser.
Soudain, je m'interromps, car j'entends une cloche sonnée. Pas comme une cloche automatique à l'école, mais une vraie cloche de métal. Je sens alors comme un changement de température. Il fait vraiment plus chaud d'un coup et le fait que Thot soit quasiment collé à moi me donne encore plus chaud.
— C'est l'été? murmurais-je, étonnée. Mais comment une saison peut changer aussi vite?
— C'est Zeus.
J'ai mal entendu ?
Je me tourne donc vers Thot à nouveau qui s'est reculé.
— Zeus a dû changer la saison.
— Hein? Zeus qui change les saisons? Mon alarme de bullshit de mythologie s'active.
— C'est pas censé être Déméter qui change les saisons, normalement? demandais-je, confuse.
— Tu as vu Déméter, toi?
— Ouin, reconnais-je, je vois pas comment elle pourrait changer les saisons si elle est même pas ici.
— En effet.
Thot se dégage totalement pour me laisser respirer. Merci Thoto! Ah merde, voilà que je me comporte comme Apollon…
— Parfait. Les vacances d'été débuteront demain.
— Et donc, tu veux que je convainque tout le monde pendant ce laps de temps?
— Exact, me répond-il, heureux que j'aie trouvé toute seule.
Il commence alors à partir.
— Je sens que tes amies et toi êtes des expertes en vacances.
En effet, il a pas tort. Si Alexe fait pas assez vacances, je vois pas ce qu'elle pourrait être d'autre. On fait toujours des activités ensemble et on s'ennuie jamais. On va leur fournir leurs meilleures premières vacances de leur vie de dieux.
Thot s'arrête tout à coup et plonge son regard dans le mien.
— Je te fais confiance. Je sais que tu sauras les convaincre.
Wow. Il me fait vraiment confiance. Tu m'honores vraiment, Thot. J'ai quasiment les larmes aux yeux, tellement que j'ai attendu ce moment.
— Je te décevrais pas.
Je lui sors à nouveau mon regard déterminé et me mis à courir pour rejoindre les autres, en le laissant dans le corridor.
XXX
J'envoie un texto à Molly et lui demande de réunir tout le monde, que j'ai une annonce à faire.
— Ok, où tu veux qu'on se rencontre? m'envoie-t-elle.
Je réfléchis un instant. C'est vrai ça? Avec tout ça, j'ai même pas pensé à un lieu de rendez-vous. Ah, je sais.
— Amène-les dans le salon, dans notre dortoir.
Une fois ceci fait, je prends mes jambes à mon cou et m'élance vers la direction des dortoirs.
— T'es sûre que c'est une bonne idée?
Je m'arrête et regarde Melissa de manière incrédule. Il est toujours sur mon épaule.
— T'étais là tout ce temps?
— Je n'en reviens pas que tu m'aies oubliée, s'exclame-t-il, outré.
— Ouin, excuse-moi.
— Pas grave. Maintenant, dépêche-toi. Tu dois les prévenir.
Je hoche la tête et reprends ma course vers les dortoirs.
XXX
Point de vue Alexandra
Là voilà qui arrive avec sa poupée vivante merdique. Je l'accueille donc à l'intérieur et je la laisse nous expliquer, alors qu'elle s'assit sur un des divans, à côté de moi et Cath.
— Bon, j'ai une bonne nouvelle. Zeus nous accorde des vacances d'été pour convaincre les autres.
Elle a dit vacances d'été? Je commence à plus l'apprécier ce Zeus.
— Yes, fais-je. Enfin une perspective qui fait mon affaire.
Apollon cesse de mastiquer sa bouchée et nous demande :
— Vacances d'été? Est-ce une pause pour l'été? C'est une pause, n'est-ce pas?
En effet, on a amené des snacks de la cafet, donc c'est pour ça qu'on est en train de manger. D'ailleurs, Laue s'est précipité vers la crème glacée à la pâte à biscuit qu'on lui a laissée, ainsi que la tasse de chocolat chaud.
Je m'empresse donc de répondre à Apollon. Je suis après tout l'experte en chef des vacances. Sinon, Cath vient en deuxième avec son sport.
— En plein ça, Apollon. Une pause où tu peux rien faire et rester chez toi pour lire ou écrire dans le cas de Laurence.
— Tu écris? s'étonne Balder en regardant la principale concernée. Qu'est-ce que tu écris?
— Des romans surtout, mais je suis prises en ce moment avec mes fanfic.
— Des quoi?
— Bon, ça reste de l'écriture pareil, coupe Cath, voulant sans doute pas que Laurence s'étende comme elle le fait tout le temps
— Génial! s'écria Dionysos, qui est accoté au fauteuil de Balder. Je parle des vacances .
— Bon, enfin quelque chose qui te motive, lui lance Cath en lui faisant une bine amicale.
— Ben quoi? On comprend assez vite que c'est plate l'école.
— Entièrement d'accord, approuvais-je en lui tendant mon poing en souriant.
Dionysos en fait autant.
— En plus, les cours viennent juste de commencer et on a déjà des vacances.
— En fait, c'est pas normal, lui explique Laurence. Les cours commencent normalement quand les vacances sont terminées.
— Quoi? s'étonne le Dieu du vin. Vraiment?
— Ouaip, continue Laue. Mais on a aussi des vacances en hiver. Donc, inquiétez-vous pas, on va en avoir d'autres.
— Quoiqu'il en soit, commence Chose aux cheveux mauve —bordel je me souviens jamais comment il s'appelle. Même son surnom je l'oublie. — nous devons en profiter pour faire venir en cours ceux qui ne sont jamais venus.
J'échange un regard étonné avec Laue. Il répète la phrase de personne.
— C'est exact, Tsukito, confirma Laue en souriant. Contente que t'aies compris.
Ah, donc, on le surnom Tsukito. En espérant que je vais m'en souvenir.
— Donc, comment on procède? nous lance Apollon en prenant une gorgée de sa tasse de thé.
— J'ai une idée, déclara Cath, confiante.
— Laisse-moi deviner, bougonnais-je, du sport?
— Ben oui. C'est toujours le fun de faire du sport.
— Parles pour toi, répliquais-je, pas désireux d'en faire.
Laurence réfléchit en prenant une gorgée de sa boisson et nous déclare:
— Et si nous leur montrons le côté amusant de la vie à l'école.
— Mais il y a pas de côté amusant à l'école! tentais-je de la convaincre.
— Mais si, tu verrais, me gronde-t-elle gentiment en balayant l'air de sa main. Je crois que ça existe, des activités scolaires pendant les vacances d'été? Genre qu'on peut faire à l'extérieur.
— Tu veux parler des activités parascolaires? demanda Molly, en replaçant ses lunettes.
— Entre oui. Ça pourrait être intéressant.
— Dépend c'est quoi, marmonnais-je en prenant une bouchée de mon gâteau au fromage.
— Activités parascolaires?
— C'est ça, Apollon, lui affirme Molly. Mais j'ai l'impression que Laue veut plus parler de voyages parascolaires.
— Ça se peut ça?
— Pourquoi pas? lançais-je, en haussant les épaules.
— Un voyage parascolaire, pense ma bff à haute voix. Soit une randonnée pédestre en montagne ou une journée à la mer.
Soudain, Balder attire l'attention de Laurence alors qu'elle prend une bouchée de sa crème glacée.
— Laurence, tu parlais comme lui, il y a une minute.
Il pointe Apollon. À ce moment, Laurence manque de s'étouffer sur sa bouchée.
Hein? Il serait pas encore jaloux. Ma foi, c'est quoi son problème?
— Qu'est-ce que tu veux dire, mon gars? lui demande Melissa en croisant ses petits bras.
— Elle a répété les mêmes mots.
— Il a dit activités parascolaires et elle a dit voyages parascolaires, fais-je remarquer, sérieuse. C'est clairement pas la même chose.
— Ce n'est rien, Alexe, me rassure Laurence. Il a pas tort quand on y pense. On a dit parascolaires tous les deux. Ce sont des nouveaux mots, après tout.
— Sinon, on peut m'expliquer en quoi consistent ces voyages? demanda Apollon, en ayant complètement l'incident arrivé plus tôt.
— Ce sont des voyages où on part plusieurs jours, lui explique Molly. Pour la randonnée, c'est en forêt ou en montagne et pour la journée à la mer, on part tout simplement à la plage.
— Je vois, sourit Balder. Il s'agit de nouveaux mots, en effet, mais j'apprends vite.
— La plage est vraiment trop géniale! s'exclame le Dieu du soleil grec. J'ai emprunté un tas de livres à la bibliothèque pour en savoir plus sur les humains.
— Au moins un qui prend cœur à l'ouvrage, chuchota Laurence.
— Tu étudies seul? l'interroge Molly. C'est bien. Tu verras que c'est pratique, bien qu'il a toujours un risque que t'aies besoin d'aide.
— D'accord. Et d'ailleurs, le livre le plus utile de tous était celui-là.
Il nous montre… une revue? Alors, nous quatre affichons une face de ''What the fuck?'' comme dans les animes. Manque plus que les barres bleues. En nous ignorant, Apollon nous nomme le titre de sa revue :
— Même Cupidon en Fugue Pied Nus : les 100 folies de l'été.
On se tape le front en même temps, les filles et moi. Ama aussi. Elle a probablement compris la référence.
— Mais où il a trouvé ça? me murmure Laurence. Tu crois que c'est un coup de Loki?
— Tu crois qu'il serait entré dans la bibli pour y mettre ça? lui fais-je remarquer. Il est écrit ''Cupidon''. Non, Apollon nous montre son vrai lui. Un pervers et un cruiseur comme dans Percy Jackson.
— T'es sûre qu'on peut matcher ensemble le voleur nias du donjon et le conducteur d'autobus dans Percy Jackson?
— Peut-être, fais-je remarqué en haussant les épaules.
Apollon continue de parler de son livre, non de sa revue. Il dit que même que ce ''livre'' recommande la plage. Ça m'étonne pas. Cupidon. Pieds nus. Et avec le couple en maillot de bain et le soleil derrière. C'est quasiment le mode d'emploi de comment cruiser à la plage. Ou une revue porno des Grecs de l'Antiquité…
Le voilà qui récite, les yeux fermés en plus, un passage par cœur. Eh merde…
— La plage en plein été, le soleil couchant, le contact entre les corps nus engendre l'amitié…
Wow… Mais que c'est merdique cette prose…
— Si nous allons à la plage, reprend Apollon, je suis sûr que tout le monde voudra venir en cours.
— Ouin, réalisais-je, il a pas tort sur ce coup-là.
— Je suis sûr que Totsuka Takeru viendra à la plage. En tant que Dieu de la mer, il aime la plage.
Merci, capitaine Ovius…je crois que j'avais pas remarqué.
— Alors, on prend la plage? se décide Laurence. Perso, je dis la plage.
— Same, dit Cath en échangeant un regard avec Molly.
— J'inviterai Thor et Loki avec plaisir.
— Tu ferais ça, Balder? s'exclame Laurence, reconnaissante.
— Bien sûr, lui sourit-il. Je veux faire ma part pour te venir en aide.
— Bonne idée, Balu-balu, approuve Apollon. Dee-Dee et moi inviterons Oncle Hadès.
— Ton oncle?
Visiblement, Cath en sait pas autant que nous sur la mythologie.
— On ne vous l'a pas dit? s'enquit Apollon, étonné.
— Pas la peine, on sait.
Laurence, Molly et moi avions parlé en même temps, catégorique. C'était pour leur faire comprendre qu'il a juste Catherine qui le sait pas.
— Mais on va quand même l'expliquer à Catherine, déclara Dionysos.
— Allez-y, lance Catherine, partante. Shoote.
— Hadès est notre oncle.
Alors, Apollon va rejoindre Dionysos et lui passe un bras par-dessus son épaule.
— Et nous sommes frères.
— Plutôt demi-frère, corrigea Laurence.
— Qu'est-ce que tu veux dire, Laue? s'enquit Cath, si c'est eux qui le disent, ça doit être vrai.
— Ils sont peut-être tous les deux, fils de Zeus, mais ils ont pas la même mère, explique Molly.
— C'est exact, ma petite fée, mais comme si on l'était.
— Léto est la mère d'Apollon et de sa jumelle Artémis, continue Laue, quasiment heureuse d'en parler.
— Tu connais ma sœur?
— Oui, je sais c'est qui, soupira-t-elle. Et pour en revenir à Dionysos. Sa mère était humaine.
— Tu sais ça? s'étonne Dionysos. Pas beaucoup de gens à l'Olympe sont au courant. Et d'ailleurs, j'ai jamais su pourquoi elle est morte.
— En fait, elle était une des amantes mortelles de Zeus. Héra, jalouse qu'elle était, a convaincu une des servantes de ta mère pour demander à Zeus qu'il lui montre sa forme divine ultime. Celle que nous, les humains, on peut mourir juste en la voyant. Mais elle le savait pas et donc, elle est morte en t'ayant dans son ventre. Je pense qu'elle s'appelait Sémélé. Ah tiens, c'est semblable à Séléné, la déesse de la pleine lune. Pour conclure, Zeus t'a enlevé du ventre de Sémélé et t'as pu fini ta gestation dans sa cuisse, justifiant que tu es une émanation de ton père. Voilà pourquoi tu es un Dieu et non, un demi-dieu.
Cath et Dio affichent un regard de surprise. Ben oui, même moi, je le savais. Pas comment elle s'appelait et pour le truc d'Héra, mais je savais qu'il était dans la cuisse de Zeus pendant sa gestation.
— Really? s'exclame Catherine. Dans sa cuisse?
— Cela serait le genre de Zeus, en effet, affirme le Dieu du vin.
— En même temps, reprend Cath, tu peux pas te rappeler de ta naissance.
— Qui s'en souvient? réplique sarcastiquement Laurence.
— Mais sais-tu ce que moi, j'ai fait après? demande Dionysos à Laurence.
— Nope. L'envie d'aller voir sur Wikipédia ne m'a pas effleuré et on parle pas trop de toi, à ce que je me souviens, dans Percy Jackson.
— À mettons que je comprenne ce que tu dis. Je suis allé la chercher aux enfers, en rendant une petite visite à Oncle Hadès, par la même occasion et je l'ai amené dans l'Olympe pour en faire une déesse qui se nomme maintenant Thyoné.
— Wow! Même ça, je le savais pas, affirme Laurence, contente d'apprendre une nouvelle chose sur la mythologie. Tu le savais, Molly?
— Non, tu m'apprends aussi quelque chose, Dionysos.
— Et c'est bien beau tous ces trucs de mythologie, mais on fait quoi maintenant? nous rappelle à l'ordre Cath.
— Ah oui, se réveille Laue, où avais-je la tête. Retournez dans vos dortoirs respectifs, après d'être passé vous commandez des maillots de bain à la Réserve. On part demain.
Et nous nous séparons donc pour aller faire nos affaires.
XXX
Point de vue Laurence
Plus tard cette journée-là, me voilà seule dans ma chambre en train de discuter avec Melissa, tous les deux assis sur mon lit en train de bouffer des bonbons. Il me demande justement si je vais aller à la plage.
— Eh comment! Et toi, tu veux venir?
— Certainement. J'ai juste pas de maillot. Bien que j'ai pas besoin.
— Au fait, tu peux te mouiller?
— Oui, ne t'inquiète pas, me répond-t-il. Je peux me sécher comme tu le fais.
— Ouf, je suis soulagée.
— Alors, vous avez tout ce qu'il vous faut?
— Oui. Il sont tous passés à la Réserve et j'ai pris de la bouffe là-bas quand j'y suis allée moi-même et quelques repas à la cafétéria.
— Uh-uh.
Melissa hoche la tête, un ruban de bonbon surette dans la bouche.
— Ça prend un peu de temps à faire les maillots. On va donc les chercher demain matin et on partira après.
— Cela reste soudain, demain, tu ne crois pas?
— Tu te souviens ce qu'à dit Thot? Il faut pas perdre de temps.
— Je vois. J'espère qu'Hadès et les autres viendront.
— Je l'espère aussi, dis-je en souriant. Je l'espère. Bon, je vais prendre l'air un peu.
— Au fait, tu as vérifié s'il avait effectivement une plage au Jardin d'Éden?
— Ouaip, je suis passée voir Zeus en même temps. Il m'a dit qu'il en avait une précisément de l'autre côté du ravin de la montagne de cristal.
Je me lève de mon lit et entre dans mon Walk-in, nouvellement rempli.
— Pourquoi tu veux sortir à cette heure-là?
— Je me suis procurée une épée double à la Réserve aujourd'hui, lançais-je en sortant en tenue de sport : camisole verte et shorts noires.
À la main, je tenais dans un étui, une épée semblable à la mienne. En fait, elle est pareille à celle qu'à le personnage basé sur moi dans un de mes romans : noire avec une émeraude au centre. J'étais très excité quand je l'ai eu. Les objets comme ça, ça prend moins de temps que le linge.
Je dis à plus tard à Melissa et je me rue à l'extérieur, l'étui sur mon dos et un mannequin de bois sous le bras. Rendu dehors, je me choisis un spot où l'on voyait pas trop les étoiles — bien que je dois avouer que c'est vraiment beau quand même —. L'endroit où vu Usumaro pour la première fois, mais dehors, me semble parfait. Je sors mon épée, dépose le mannequin de bois et commence à faire quelques passes en faisant tourner la cible.
Après une bonne série de dix coups accompagnés de moulinets, je prends une pause bien méritée.
— Décidément, m'entraîner à l'épée m'avait manqué, pensais-je haute voix.
— Je vois que tu capable de te défendre.
Je me tourne vers Apollon, car j'avais reconnu sa voix.
— Mais qu'est-ce que tu fais là? lui demandais-je, surprise de le trouver là.
Il est seul? Je me demande si Balder va finir par le savoir. Je sais pas pourquoi, mais il me fait toujours remarqué des trucs sur Apollon et moi et ça commence à un peu m'énerver. Bon, il a pas l'air d'être là.
— J'étais tellement inquiet à propos du voyage de demain que je n'arrivais pas à me détendre. Dis, ma petite fée est avec toi?
— Nope, il y a juste moi.
— Sinon, cela va? Vous êtes quand même loin de chez vous.
— C'est correct. J'ai fini par m'y habituer. Vous êtes tous sympas. J'étais d'ailleurs la première a vraiment comprendre les raisons qui ont poussé Zeus à agir comme il a fait. Il devrait pas avoir autant de distance entre les Dieux et les humains. Pas à cause de nos erreurs du passé.
Évidemment, je pensais à l'histoire d'Adam et Ève, la boîte de Pandore, mais aussi toutes les autres erreurs que les humains ont commises, car quand on y pense, les humains sont pas si différents des Dieux.
— Tu as raison, murmure Apollon si bas que j'ai eu du mal à le comprendre.
Je sus que mes paroles lui ont rappelé quelque chose. J'ai aucun idée quoi, mais il trouve que j'ai un fond de vérité dans mes propos.
Voyant le doute sur mon visage, il retrouve une ombre de sourire et reprend la parole.
— Comme tu l'as dit, plus tôt aujourd'hui, Zeus est bien mon père. Il fait tout lui-même. Il n'écoute jamais aucun d'entre nous. Mais toi, j'ai l'impression qu'il t'écoute. Une première. N'empêche, ce jardin… ce n'était pas une idée qu'il avait l'habitude.
Ouin. En même temps, je vois Zeus créer des paradis comme notre Jardin d'Éden tous les jours.
— Je comprends pourquoi Loki-loki et Take-take se sont énervés. Je comprends. Cependant, cela m'a étonné que mon père fasse confiance à des humaines, comme je l'ai mentionné il y a quelques secondes. À vous. Vous devez être extraordinaire pour l'avoir impressionné comme vous l'avez fait.
— Si ça suffit de considérer les Dieux comme des amis potentiels, j'ai pas eu à faire grand chose.
Il éclate de rire et se tourne vers moi.
— Pendant que nous serons à la plage, j'espère que nous pourrons leur faire comprendre les raisons que l'on doit obtenir notre diplôme… et tout le reste.
Je souris et pose une main sur son bras.
— J'ai confiance. Thot aussi. Plus en moi, mais bon. Je lui ai dit que je le décevrais pas.
— Cela me rassure.
Je recule, envahie par une pensée. Je souris.
— Tu penserais pas à Molly, en ce moment? Tu t'attendais à la trouver ici avec moi?
— En effet.
— Un petit conseil, dis-je en lui faisant un clin d'œil. Tu la trouveras pas dehors. À cette heure-ci, elle doit être dans son atelier en train de dessiner, de peindre, what ever…
— D'accord. Et ne t'inquiète pas, j'apprécie tout de même ta compagnie. C'est juste que l'aime beaucoup, ma petite fée. Je n'ai jamais été autant obsédé par une humaine que maintenant.
— Ouais, elle est géniale. C'est toujours elle qui nous sort du pétrin, qui me dit tout le temps que tout va bien aller.
— J'aime aussi sa force et son optimisme. Bien que tu aies ses deux qualités aussi.
Soudain, je sens un changement de ton dans sa voix.
— J'aimerais les avoir. Je voudrais être comme elle. Comme vous deux… Enfin, tu saisis ce que je veux dire.
— Vraiment? Autant que ça? T'es toujours aussi lumineux et joyeux quand t'es avec tout le monde, en particulier avec Molly, tout comme le soleil.
— Je ne dirais pas cela.
Son sentiment de nostalgie mélange à du regret se confirme alors sous mes yeux. Ça devait être en train de penser à son souvenir de toute à l'heure. Disons que je l'avais jamais vu comme ça.
— Au fait, tu crois qu'elle m'aime bien?
Je prends cinq bonnes secondes pour remarquer qu'il avait posé une question et cinq de plus pour comprendre qu'il parle de Molly. Je vois alors des yeux ses véritables sentiments qu'Apollon avait pour mon amie. Je comprends alors qu'il l'aime vraiment. Elle est plus importante à ses yeux que toutes les autres avant elle. Et on peut s'attendre à ce qu'il en aille beaucoup. Rappelez-vous le nombre d'enfants dans le bungalow d'Apollon dans Percy Jackson. Mais celui qui en avait plus c'était celui d'Hermès, mais il comptait aussi les demi-dieux dont les parents étaient des dieux mineurs, donc pas de bungalow.
Voyant qu'Apollon attend que je lui réponde, je m'empresse de lui dire ce que j'en pense :
— Tu sais, l'amour l'a jamais intéressé. D'ailleurs, aucun gars lui plaisait et vice-versa. Trop studieuse pour y pense, tu vois le genre.
Je remarque vite son air dépité.
— Commence d'abord par te rapprocher davantage au niveau de l'amitié, le rassurais-je en souriant. Abandonne pas, ajoutais-je en lui tapant gentiment son épaule. Elle mérite quelqu'un comme toi. Ton vrai toi, pas ta version niasse. On dirait un gamin et ça lui tombe un peu sur les yeux. T'inquiètes, je trouve ça mignon, mais c'est plus l'avis de Molly qui t'importe.
— Ne t'inquiète pas, ton avis m'importe aussi, mais pas autant que celui de ma petite fée, je te l'accorde.
— Et pour ce qui est de ta version perverse que tu tentes de cacher des fois.
Le Dieu du soleil me lance alors un regard confus. J'éclate de rire en lui répondant :
— Désolée, mais à ce qu'on connait sur toi, t'es vraiment un dragueur expérimenté, un peu pervers.
Apollon hoche la tête, semblant enfin comprendre. Il y a pas d'quoi, ma chère Molly!
— Merci Laurence. Tu es vraiment sympa. Si jamais tu as besoin d'un conseil concernant la gent masculine, je suis là. Après tout, tu as dit plus tôt que je suis un dragueur professionnel.
— Un spécialiste de la drague masculine, tu veux dire. Mais c'est noté, Don Juan.
On éclate de rire en même temps.
— Arrête, tu vas me faire rougir, dit Apollon qui continuant notre chaîne de sous-entendus drôles.
— Yay! Tu connais cette référence!
Nous rions jusqu'à que les larmes nous viennent aux yeux. Je l'aime ben Apollon finalement. J'ai l'impression qu'on est devenu de bons amis. Tiens, comme dans les sims… que même ton père ou ton frère peut devenir un bon ami. Je ris mentalement à cette pensée. Pour en revenir à Apollon, je sais et il sait que cette relation qui nous lie restera platonique et ça fait l'affaire de nous deux. C'est vraiment quelqu'un de bien, Molly.
Nous nous disions donc à demain et je retourne dans mon dortoir. Melissa est en train de lire quand j'entre dans ma chambre.
— En a jugé par ton sourire, tu viens de te faire un nouvel ami.
— Ouaip. C'est Apollon. Je viens en quelque sorte de lui donner Molly sur un plateau d'argent, mais il va falloir qu'elle approuve un jour.
— Cela risque de prendre du temps.
— Hihi. En effet, dis-je en regardant mon cadran qui affiche 23h.
— Il est tard. On doit aller dormir.
Je vais me mettre mon pyjama, me brosser les dents et, pour finir, m'enveloppe dans mes couvertures. Je regarde Melissa.
— Je te laisse une place, si tu veux?
— Non, ça ira. J'ai ma maison, déclara-t-il en sautant pour fermer la lumière avant d'atterrir sur ma table de chevet.
— Il me semblait aussi.
On éclate de rire avant de se souhaiter bonne nuit.
