KD :Pour info: les malheurs de Marie ne font que commencer mais House ne sera jamais loin!

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Un mois était passé pendant lequel Marie ne vivait que pour son « travail » à l'hôpital. Elle mit du temps pour s'adapter au rythme frénétique des consultations surtout en plein automne. Elle profitait des rares moments de libre que lui laissait son travail purement alimentaire, trouvé dans un fast-food, pour dormir. Elle avait laissé tomber l'idée de faire son jogging matinal mais s'octroyait parfois 1ou 2 heures par semaine pour nager.

De son côté, House n'avait pas chômé. Par un stratagème diaboliquement ingénieux, il avait réussi à faire dire à Cuddy, au détour d'une conversation, le nom de l'inconnue et même son grade de médecin. Il n'avait pas caché sa jubilation devant une Cuddy exaspérée. Cependant, la doyenne se félicita de n'avoir rien dévoilé du réel contrat qui liait Marie à l'hôpital. Cuddy n'osait imaginer les dégâts que cet homme aurait pu causer, si elle l'avait mis dans la confidence et elle se demanda si elle avait bien fait d'engager la jeune médecin avec House dans les parages. Il fallait vraiment qu'elle soit inconsciente pour relever des défis pareils : d'abord, un médecin certes brillant mais complètement incontrôlable ,ensuite une autre effectuant des heures de TIG pouvant mettre en péril la réputation de l'hôpital. Elle se rassura en pensant qu'House avait obtenu ce qu'il voulait et qu'il ne chercherait pas plus loin. Quoique !

En effet, il ne fallu pas plus de 2 heures à House pour faire part à Wilson de ses interrogations:

-Qu'est-ce Cuddy est allée chercher un médecin,.. français en plus..., pour faire des heures de consultations? C'est pas nous qui devons faire ça normalement? Elle veut nous mettre au chômage ou quoi!Et bien moi je dis: NON A LA MONDIALISATION!!! avait-il rajouté en criant tel un slogan, la canne en l'air.

Wilson avait cessé de s'étonner des délires de son ami et fit abstraction des regards ahuris des personnes présentes dans le hall, pour répondre :

-Tu n'as vraiment que ça à faire? Après tout, peut-être que Cuddy l'a embauché pour suppléer à tes absences.

-Cool, si ça pouvait m'en dispenser définitivement, j'irai donné généreusement un French Kiss à notre chère Marie, notre mère à tous. ...Ce serait pas une forme d'insecte,non?

-Tu parles d'une récompense!

Ils montèrent dans l'ascenseur

-Mais biensûr que c'en est une! Toutes les femmes rêvent de me rouler une pelle! Dit-il en regardant autour de lui. Une vieille femme le fixait avec un sourire édenté.

Ils avaient atteint leur étage.

-Appelle une call-girl!lui lança Wilson

-Pas la peine, j'ai déjà appelé ton ex-femme : elle raffole de mon corps.

-Très drôle.

-Oh, te vexe pas. D'ailleurs, ça fait à peine trois mois que tu es divorcé et tu flirtes déjà avec Brenda, la sécrétaire...

-N'importe quoi!

-Si,c'est vrai : t'as même ressorti tes chemises violettes!

-House, t'es lourd!

-J'ai vu juste,hein?

-Bonne soirée, House! Wilson mit fin à la conversation et ferma la porte de son bureau au nez de son ami.

Le sourire aux lèvres, House alla vers son poste d'observation qu'il affectionnait depuis quelques semaines. Il restait là quelques minutes, avant de quitter l'hôpital, afin d'apercevoir Marie qui conduisait avec attention son futur patient dans une des salles de consultations. Elle était mystérieuse et cela l'intriguait. D'autant plus qu'il n'avait pas réussi à consulter son dossier car Cuddy le gardait d'une manière inexpliquée dans le tiroir de son bureau. Il était allé sur internet et avait lu le CV de la jeune femme ainsi que plusieurs articles qu'ils connaissaient déjà sans savoir qu'elle en était l'auteur. Il avait été réellement impressionné par son parcours aussi rapide que brillant et se demanda comment et pourquoi elle se contentait de faire des heures de consultation à mi-temps dans un hôpital américain. Lorsqu'il avait questionné Cuddy , elle lui avait répondu d'une manière évasive : que Marie cherchait à multiplier ses expériences professionnelles

-Biensûr , en faisant des consultations! C'est vrai que les malades américains sont beaucoup plus intéressant que les français!

-Elle veut être au contact des praticiens américains

-Ah bah fallait le dire plus tôt. Si elle recherche le contact je peux lui en donner moi, et gratuitement! Trouvez une autre raison Cuddy! Elle n'a jamais mis les pieds dans un autre service de l'hôpital.

-Vous l'espionnez?

-Nop, je m'interroge.

-Ecoutez House, pensez ce que vous voulez. Maintenant sortez, j'ai du travail!

-Pourquoi les consultations?

-Parce qu'elle acceptait tous les postes et qu'il n'y avait de la place que là.

-Et?

-Elle veut mettre un pied dans l'hôpital pour pouvoir prétendre à des postes en interne.,mentit Cuddy.

Elle remarqua qu'House ne disait plus rien. Il avait les yeux posés sur le mur derrière elle : il réfléchissait. Finalement, il annonça:

-Vous savez que Cameron nous quitte pour la Californie. Entre nous, elle veut se faire faire des implants mammaires pour se fondre dans le paysage. ... J'ai donc besoin d'un nouveau larbin. Vous allez commencer les entretiens dans deux semaines. Dites-lui de se présenter.

-VOUS ferez les entretiens!

-Oui bon d'accord, qui ne tente rien n'a rien,non?

Alors qu'il s'apprêtait à fermer la porte en partant, il passa la tête et ajouta:

- Et dites lui de venir en portes-jarretelles et corset. Il se pourrait que je lui demande de danser le French-cancan!

Il laissa Cuddy consternée : il ne changerait jamais!

Bien qu'elle ne laissa rien paraître, Marie n'était pas tout à fait ravie de la nouvelle que lui annonça Cuddy. Depuis un mois 1/2, elle galérait. Son petit boulot à mi-temps ne lui avait pas permis de garder le studio : son salaire lui permettait juste de manger. D'où le terme bien choisi d'emploi-alimentaire! Par l'intermédiaire de Philipp, elle avait réussi à trouver une place dans une foyer pour jeunes femmes dans lequel elle partageait une chambre avec 4 autres filles. Elle se gardait bien de dévoiler son passé ni d'ailleurs le fait qu'elle travaillait à l'hôpital. Encore heureux qu'elle n'avait pas encore eu à faire à l'une des filles lors d'une consultation! Pour son petit boulot, Marie avait volontairement choisi un fast-food éloigné du centre-ville pour réduire les chances de tomber sur un collègue de l'hôpital. Elle le regrettait maintenant car ses trois lieux de vie étaient aux antipodes géographiques les uns des autres. Marie passait sa vie dans les transports et rentrait au foyer exténuée.

La perspective d'un entretien ne l'enchantait pas. Non, qu'elle fut consciente de l'opportunité, mais ses chances d'être prise n'étaient pas à la hauteur du risque de prendre un congès sans solde, ne serait-ce que d'une journée. Elle ne pouvait pas se le permettre. Le jeune femme avait épuisé toute les économies qu'elle avait constitué en France. Ce n'est que lorsque Cuddy lui annonça qu'elle était convoquée un jour où elle était d'astreinte à l'hôpital que Marie repris confiance. Elle n'avait jamais douté de ses capacités. Si certains auraient angoissé à la veille de l'entretien, Marie se sentait apaisée par la perspéctive de s'en sortir. Sa détermination s'affichait d'une manière incompréhensible par une décontraction qui paraissait presque de l'insconscience.