Merci merci merci pour vos commentaires janeetteresa, filament-de-lune (je ne vais pas te mentir, j'ai habité quelques temps a NYC. Je connais un peu... et j'adore cette ville), Silhara (x3!), Sweetylove30, Plume d'Ocre, LittleMissFierce et MaRiOn.
Merci aux habitué(e)s (le fait que vous reveniez donner votre avis me motive) et bienvenues aux nouvelles (LittleMissFierce par exemple) dans la ronde des commentaires.
1000 fois merci pour vos commentaires qui feraient rougir un berserker... C'est vous qui donnez envie de continuer toujours un cran plus haut...
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Enjoy.
Dans sa salle de bain, Lisbon avait parfois la folie de penser qu'elle n'était pas un si mauvais chef d'équipe que çà.
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La veille, elle avait donné quartier libre à son gang malgré une première journée d'enquête un peu décevante.
Van Pelt devait juste tâter le terrain avec French.
Cho avait décroché à la dernière minute une place pour Phantom of the Opera.
Rigsby devait dîner avec un collègue qui habitait en ville. Il avait disparu sans que l'on s'en rende compte.
Lisbon, elle, avait commencé à mettre au propre toutes les notes et les pistes recueillies durant la journée.
Elle avait composé ses dossiers comme d'habitude. Une méthode de travail qui a fait ses preuves. Et elle savait de toute façon, qu'elle devrait rendre des comptes. Autant que tout soit carré.
Elle avait mit un point final à son dernier dossier quand Jane frappa à la porte de sa chambre.
Il lui proposait de sortir dîner.
Lorsqu'ils débouchèrent sur Times Square, un vertige de couleur et de sons s'abattit sur Lisbon : les néons, les flashes d'appareil photos, la musique, Motorola, Sony, Le Roi Lion, Budweiser, « hé t'as vu, t'as vu ? », « papa, papa ! », « Wouahou ! ». Tout se mêla dans sa tête au milieu de la foule.
Elle se laissait guider par Jane qui la tenait par le bras.
Ils marchèrent quelques blocs et le tumulte disparut. Il ne restait plus dans la rue que les timides enseignes des restaurants japonais et des drugstores.
Ils marchèrent un petit moment : Lisbon raconta les affaires du CBI de ces six derniers mois. Jane expliqua son implication dans le groupe de recherche.
Jane avait montré un nouveau visage. Elle s'en été rendue compte sans peine.
Ils dinèrent dans un restaurant SouthWestern sur Broadway Avenue, au niveau de la 15ème rue, loin des attractions touristiques.
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Elle se prépara en chantonnant.
Le petit déjeuner était prévu à 7h30.
Elle avait repensé aux consignes de la journée.
Elle quitta sa chambre pour se trouver nez à nez avec Rigsby. Il sortait avec précaution de chez Van Pelt.
- Rigsby ?
La surprise passa sur son visage : Merde ! La boss !
- Hé patron ! Van Pelt vient de m'appeler. Elle a dû choper un courant d'air, hier, elle est patraque… Elle voulait savoir si je pouvais vous demander si elle pouvait être dispensée d'enquête ce matin ?
Il pensa que phrase plus emberlificotée, il ne pouvait pas faire… juste ce qu'il faut pour alarmer de Lisbomètre…
- Et vous vous déplacez dans un costume froissé chez Van Pelt pour çà ? Dit Lisbon suspicieuse.
- Ah ? Ca ? euh, ouai… la soirée a été pas mal arrosée avec mon pote et je me suis endormi devant la télé, hier soir, en rentrant…
- Mouai… vous direz à Van Pelt qu'elle est dispensée pour la mâtinée mais cet aprem', je la veux sur le pont avec le reste de l'équipage…
Rigsby fit un salut militaire.
- A vos ordres, mon capitaine…
Lisbon lui fit un signe de la tête. Elle allait prendre l'ascenseur lorsqu'elle se retourna comme si quelque chose lui été revenu. Elle revint un peu sur ses pas.
- Oh Rigsby ! Vous irez chez l'éditeur d'Edwardsson ce matin… tôt… voir cette histoire de bouquins… J'attends votre rapport par téléphone dès que vous en sortirez… j'irai voir les Centologues dans la foulée avec Jane … j'ai juste besoin de savoir où Edwardsson en était avec la parution de ses livres.
- Je peux y aller seul, si vous voulez… Cho est peut être utile ailleurs… je dois ensuite passer voir French dans la matinée pour éclaircir un ou deux points que m'a signalé Van Pelt… Apparemment, contrairement à ce qu'il a dit, il connaissait bien Edwardsson…
- Alors, raison de plus pour que Cho vienne avec vous… il a déjà pratiqué « l'animal »…
Vous avez trouvé le bon mot, pensa Rigsby en faisant glisser la carte d'accès de sa chambre dans le lecteur.
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Lisbon prit son petit-déjeuner et revint dans sa chambre pour revoir ses dossiers. S'imprégner des données.
Quand elle aurait les informations que Rigsby devait lui fournir, ils iraient, avec Jane, voir d'un peu plus près ce que ces Centologues avaient d'inquiétant.
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Vers 10h00, Rigsby l'appela. Il avait vu l'éditeur.
Si le livre sur le satanisme sortirait sans problème – ce n'était qu'une mise à jour d'un ancien bouquin d'Edwardsson -, il n'en était pas de même pour celui sur la Centologie.
Depuis quelques semaines, Edwardsson avait pris du retard dans ses livraisons et ses corrections. Il disait que cela provenait des difficultés qu'il avait à joindre son informateur, un adepte « repenti ». Il n'avait pas donné de plus amples explications.
- Et le nom du contact ? Demanda Lisbon.
- Inconnu de l'éditeur, patron. Répondit Rigsby à l'autre bout du fil. Edwardsson protégeait jalousement sa source.
- Bien… merci, Rigsby… on a un peu avancé quand même.
Lorsqu'elle raccrocha, elle mit immédiatement son dossier à jour.
Elle composa le numéro d'O'Leary.
Une voix pâteuse décrocha.
- Mouai…
- Détective O'Leary ? Ici l'agent Lisbon… je souhaitais faire un point avec…
Elle reçut comme réponse un chapelet d'injures. Il était question de café trop chaud et de « putain de gobelet de merde ». Elle était presque persuadée qu'aucun des noms d'oiseaux qu'elle avait entendus ne la concernait.
- Agent Lisbon… on a passé notre nuit à courir après les satanistes… y'en a pas un qui a montré le bout de son nez… les saligauds… donc, le point qu'on peut faire… bernique… et vous ?
- La piste Centologue se réchauffe… je…
- Bon ben… réchauffez-la et appelez-moi quand vous aurez de vraies infos à partager…
Il lui raccrocha au nez.
- Quel con cet O'Leary… murmura Lisbon en appelant Jane sur son portable.
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Sur le chemin de l'hôtel Carlyle, Rigsby n'eut pas d'autre choix que d'expliquer la soirée de la veille à Cho.
Il expliqua sa filature de Van Pelt, combien il n'était pas très fier de jouer les amants éconduits jaloux mais qu'à la lueur de ce qu'il s'était passé…
Il regretta à voix haute de ne pas avoir cassé la gueule à French.
Cho ne dit rien. Il avait juste serré les poings et la mâchoire.
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Rigsby tapa à la porte de French. Une fois, deux fois, dix fois sans discontinuer. Dans la chambre, ils entendirent French qui hurlait en s'approchant.
- Ouai, ouai ! Vous savez pas lire ! NE PAS DERANG…
Le magicien ouvrit violemment. Il était en caleçon. Il s'arrêta net de crier en voyant Rigsby dans l'encadrement de la porte. French avait un hématome noir au travers de sa gorge qui débordait sur la mâchoire.
Rigsby posa sa paume sur le visage du magicien et d'une poussée l'envoya bouler sur le lit.
Cho posa une main sur l'épaule de son ami.
- Hé ! mollo Wayne…
Rigsby, sans tourner la tête, lui souffla.
- T'inquiète, je sais ce que je fais… si ca te pose un problème attends-moi en bas… no offense…
Ils entrèrent tous les deux dans la pièce et refermèrent la porte.
French s'était relevé ! Il n'en menait pas large…
Cho alla tirer les rideaux et le soleil de 11h00 entra dans la chambre.
- Asseyez-vous, Monsieur French… dit-il
Rigsby tournait dans la pièce comme un lion en cage.
French regardait nerveusement Cho et Rigsby à tour de rôle… il eut un petit rire…
- Ah ouai… je vois… bon flic, mauvais flic…
Cho passa derrière French et en lui mettant une taloche, dit.
- Ta gueule…
French reprit.
- Ouai, ouai… mauvais flic et mauvais flic… bon ok… j'ai pas été cool avec ViPi…
- Ellle s'appelle Agent. Van. Pelt, connard… soupira Rigsby… Agent. Van. .Pelt…
- Bon, ok… j'ai pas été cool avec l'agent Van Pelt… j'avais picolé… j'ai déconné… mais je voulais pas lui faire de mal…
French ne vit pas la gifle partir. Rigsby s'était retourné d'un seul coup et avait laissé à sa main tout le temps de prendre la vitesse nécessaire à assommer quelqu'un. French alla valser sur le lit. Cho fit un pas vers son collègue mais celui-ci lui jeta un regard qui disait « reste où tu es ». French se releva à demi, une main sur le côté gauche du visage. Il geignait.
- Vous n'avez aucun droit de me toucher… moi, j'ai des droits !
Rigsby, d'un bond, vint s'écraser à califourchon sur le magicien. Il parlait entre ses dents avec une voix plus menaçante que la veille. Une voix d'outre-tombe.
- Des droits ? des droits ? David French ? T'as des droits, toi ?
Il se redressa, toujours à califourchon sur French, et alla fouiller dans la poche de sa veste. Il en tira une feuille de papier qu'il déplia pour immédiatement la fourrer dans la bouche du violeur.
- Tu m'arrêtes, si tu vois pas de quoi je veux parler… Shauwna Burton ? Cassandra Lewis ? Conchita Iglesias ? Valery Dewers ?...Tu veux que je continue ? J'en ai une liste comme le bras…
French ne bougeait plus sous Rigsby. Il le regardait effaré, la feuille de papier dans la bouche, avec de grands yeux terrifiés. Cho intervint.
- Rigsby… c'est quoi ces noms ?
Rigsby se releva et fit quelques pas dans la pièce en se réajustant. Il semblait tout à coup avoir repris le contrôle de ses émotions. Cho savait qu'il ne l'avait jamais perdu, le contrôle.
- Ces filles, ce sont toutes des victimes de viol à Las Vegas… les victimes de Stanley Frenchward, alias David French…
French retira la feuille de sa bouche et la jeta au loin.
- Elles n'ont jamais apporté la preuve de quoi que ce soit… dit-il d'une voix étranglée alors qu'il s'asseyait sur le lit en se tenant la joue.
- Non… fit Rigsby. Elles n'ont jamais apporté la preuve de quoi que se soit parce qu'elles ont retiré leur plainte suite à des « arrangements pécuniaires » de dernière minute… Etonnant non ?
French sourit. Il avait tout à coup repris sa contenance. Ces flics n'avaient rien. C'était juste une mission punitive pour lui faire comprendre qu'il s'en était pris à la mauvaise personne…
- Mais French… reprit Rigsby… t'as pas de bol, mon vieux… j'ai des potes à Vegas, et ils aimeraient bien te toucher deux mots du cas d'Imelda Ramirez et de Gloria Anderson… deux michetonneuses qui ont porté plainte y'a presque 6 mois pour viol…
French s'affaissa un peu sur le lit. Les salauds.
- Alors, French ? commença Cho… C'est pour ça que t'es parti de Vegas ? C'était les plaintes de trop ? C'est pour ça que tu faisais la gueule quand il a fallu rester 36h00 à New York… sur le territoire, n'importe quel flic un peu curieux – il montra Rigsby d'un coup de menton – peut te fourrer au trou ? Edwardsson, je sais pas comment, l'a appris et tu lui a réglé son compte…
French réagit immédiatement à l'accusation.
- Eh les mecs… non, non… dites ce que vous voulez : que je suis un violeur, une merde qui s'en prends aux femmes… ce que vous voulez mais… oh… non, non… j'ai tué personne… ok? Je faisais de la gym… Vous avez vérifié, agent Cho ?
Il y eut un silence qui sembla s'éterniser. Puis, Cho reprit.
- T'as du bol, mon pote… t'es clean… de ce côté là...
Rigsby et Cho se dirigèrent vers la sortie. Rigsby se retourna vers French qui était resté sur le lit. Il le dégoûtait.
- Tu bouges pas de ta piaule… tu profites du room service et tu te loues des films… on peut revenir à n'importe quel moment… et gare si t'es pas dispo…
Ils ouvrirent la porte. Au moment de sortir, French les interpela.
- Vous pouvez dire à l'agent Van Pelt que je suis désolé ?
- Ve te faire foutre, French… répondit Rigsby en refermant la porte.
Dans le couloir, Cho et Rigsby se regardèrent. Ils se sentaient sales.
Ils n'étaient absolument pas fiers de ce qu'ils venaient de faire. C'était totalement en dehors des limites de la loi. Ce n'était pas eux. Et si Lisbon l'apprenait, ils auraient des problèmes.
Mais le salaud qui était à l'intérieur de cette chambre avait touché à Van Pelt. Et ce n'était pas la première. Ils comptaient bien œuvrer pour que se soit la dernière.
Ils sortirent sur le trottoir de l'hôtel.
Ils avaient besoin d'un café serré.
