Note de l'auteur : Il est 8 h 23. A 8 h 00 pile mon réveil à sonné et j'ai été prise d'un grand sursaut. Non pas parce que ça m'a réveillée, puisque je ne me suis même pas couchée, mais parce que ça m'a simplement surprise. J'ai passé la moitié de la nuit à finir et à relire ce chapitre qui est en partie consacré à l'intégration d'un nouveau personnage que vous risquez fort bien de ne pas trop apprécier. Pas grave, il n'est pas fait pas pour ça, de toutes façons. Bref, maintenant, il est 8 h 26, je suis fatiguée par la chaleur, j'ai le soleil matinal en pleine gueule, j'ai faim, je suis triste parce que les Italiens ont gagnés la Coupe alors que selon moi, ils ne la méritaient pas. Ouais, débat. M'en fous, pour moi, c'est la France le véritable grand vainqueur. Na. D'ailleurs, même les statistiques le prouve. Maintenant, je vais aller me repasser un clip de RoBERT, cette si bonne chanteuse dont j'ai vu un live cette nuit sur M6. Ensuite, je vais essayer de regarder Charlie et la chocolaterie, si mon p°tain de divix fonctionne et après j'irai sûrement piquer un petit somme. Vala, vous pouvez lire.

Disclaimer : Ces quatre si charmants garçons que j'emprunte à Madame Rowling, hélas, ne m'appartiennent en rien. Prière de ne pas m'attaquer en justice (de toute façon, s'il fallait attaquer tous les écrivains de fanfictions de la planète, hum...).



Chapitre 7 : Noël en Transylvanie 2.

21 Décembre, 8 h 00. Un bruit d'enfer ébranla toute la maison. Comme un corps qui dévale par inadvertance un escalier sur les fesses. Ou le dos, au choix, hé. Siaali se réveilla en sursaut dans son lit, les cheveux tout emmêlés.

« Merde, qu'est-ce qui se passe encore…? » rumina-t-elle en se retournant.

Elle se leva, mit un gilet par-dessus sa courte chemise de nuit, et ouvrit la porte.

Remus fut immédiatement tiré du sommeil. Il sursauta si fort qu'il faillit faire tomber Lily, complètement écroulée sur lui à présent. La jeune fille aussi avait les yeux bien ouverts et se rattrapa quelque peu avant de ne toucher le sol. Ils se levèrent et se précipitèrent vers le hall, d'où venait le bruit. Tout au bas de l'escalier, ils aperçurent alors Liasia, par terre, se tenant la cheville. L'on devinait aisément ce qui venait de se passer.

« Eh ben alors, ma puce. » dit Lily doucement en venant s'accroupir près d'elle.

« Il faut croire que je n'étais pas assez réveillée… » grimaça la jeune brune.

« J'espère que ce ne sont pas les signes d'une vieillesse avancée. » clama alors la voix de Siaali, en haut de l'escalier. Elle descendit calmement les marches, faisant bien attention de ne pas s'emmêler les pieds pour effectuer à son tour une cascade.

« Tu as la cheville bien enflée… » remarqua-t-elle en l'observant.

« Oui… »

« La mère de Remus est infirmière. Il devrait pouvoir assurer. » lança la joyeuse voix de Sirius, qui rejoignait le petit groupe, en glissant sur la rampe.

« Hein ? Je…ah non mais je n'y connais rien. »

« C'est pas toi qui m'a dit que ta mère t'avais appris à faire les bandages ? » dit Sirius, haussant un sourcil, après s'être posé sur le sol.

« Si… »

« Bon, eh bien ! Où se trouve le nécessaire ? »

« Dans la salle de pharmacie. » répondit Liasia, le rouge aux joues.

« Vous avez une salle de pharmacie ? Une salle entière pleine de médicaments ? » demanda Lily, étonnée.

« Eh bien, oui… » répondit Liasia comme si cela était une évidence pure.

« Bon, où se trouve-t-elle ? » demanda Sirius.

« Dans les sous-sols. Tu trouveras. »

« Ok. »

Le brun partit en direction de la fameuse salle, et 2 minutes après, Siaali, sourcils froncés, s'adressa à Lily.

« Dis-moi, t'as dormi dans le canapé toi ou quoi ? »

« Pourquoi ça ? » dit Lily, le cœur battant.

« Il n'y a seulement qu'à te regarder… »

Son regard alla de la rousse, jusqu'à Remus, qu'elle regardait avec soupçon également.

« Eh bien, on s'est endormis dans le canapé… hier soir, on lisait et puis…pouf. Haha.» confia Lily, rouge, un faible sourire accroché aux lèvres.

« Oh… » fit Siaali, sceptique.

Blanc. À ce moment-là, James arriva, encore un peu dans les choux également. Apparemment, la belle chute de Liasia semblait avoir réveillé tout le monde sauf Peter. À croire que rien ne pouvait troubler le sommeil du garçon. Oo.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Ce fut précisément ce moment-là que Lily décida de mettre les voiles. Elle se dirigea droit vers la bibliothèque, d'un pas très mal assuré. Le jeune homme redressa ses lunettes, étonné.

« Liasia a voulu imiter un singe. » ironisa Siaali.

« Et Evans ? Qu'est-ce qui lui prend ? »

« Lily a pris Remus pour un coussin, à la suite d'une passionnante lecture. »

Le regard de James s'attarda un instant sur Remus, qui vira cramoisi, puis, il reporta toute son attention sur Liasia.

« Tu t'es foulée la cheville ? »

« Oui… »

« Mais Remus peut aisément tout arranger. » dit Siaali, un sourire aux lèvres, s'appuyant contre la rampe.

« Ah oui c'est vrai que ta mère est infirmière. » dit James en baillant. « Bon, bah je vais me préparer. »

« Moi, j'ai été réveillée bien trop tôt. » dit Siaali, en se détournant alors pour retourner piquer un somme.

Quelques secondes après, Sirius avait ramené le nécessaire sous forme de petite mallette et était repartit rejoindre son lit aussi. Remus aida alors Liasia à se lever et se diriger jusqu'au canapé.

« Tes parents ne sont pas là ? Ils t'auraient entendue tout de même… »

« Nan, ils partent assez tôt des fois. » répondit Liasia, réprimant une grimace.

« Ok… »

Le jeune lycanthrope déposa la jeune fille sur le canapé et farfouilla dans la mallette. Il y trouva une espèce d'onction apaisante et des bandages. Ça ferait bien l'affaire…après avoir observé la belle gonflette qu'avait prise la cheville de Liasia, il lui appliqua la pâte froide et commença un massage.

« Aïe… » grogna la jeune fille telle une enfant.

« Excuse-moi, je n'ai pas vraiment l'habitude. Et je ne dois pas bien contrôler ma force… » dit Remus.

« Il m'est arrivé pire va… »

« Quoi par exemple ? »

« Fracture, brûlure, grosse coupure, et je suis aussi tombée de cheval il y a deux ans. Sans compter les points de sutures après m'être planté un couteau de boucher dans le bras… »

« Une véritable aventurière. » rit le jeune homme.

« Hem, en effet. »

Plusieurs secondes passèrent et Liasia se sentait de mieux en mieux. Remus lui proposa par la suite de prendre le petit déjeuner tous les deux. Ce qu'elle accepta, avec joie.

°O°

9 h 00. Une masse…une lourde masse. Siaali sortit la tête de sous les couvertures. Et croisa le regard métallique de Sirius, allongé de tout son long en travers du dos de la jeune fille, déjà prêt. Il souriait de toutes ses dents.

« Tu fais chier, t'es collant. »

« C'est pour que tu m'aimes encore plus. »

« C'est plutôt l'inverse qu'il en résulte. »

« Tu me fends le cœur. »

« Tiens donc… » lança-t-elle froidement.

Sous les yeux quelque peu étonnés du jeune brun, elle le repoussa et s'assit sur le bord de son lit.

« Tu es énervée, ce matin. » remarqua-t-il.

« C'est toujours comme ça chaque matin. »

« Ah. »

« Tu peux sortir ? J'aimerais me doucher et m'habiller. »

« Bien sûr. » répondit Sirius.

Il se leva, et sortit rapidement de la salle. La jeune fille attendit qu'il soit réellement loin, puis elle se leva, et sortit à son tour, se dirigeant vers la salle de bain numéro 3. Elle se débarrassa de sa tenue de nuit, et se retrouva bientôt sous le jet d'eau presque bouillante de la poire.

Crétin…pensa-t-elle, de mauvaise humeur.

°O°

Lily farfouillait, encore et toujours à la recherche d'un livre qu'elle ne voulait même pas lire. Elle arrêta de tourner en rond et s'assit sur une chaise pour se calmer. Zen…il fallait respirer. Bon, quoi faire ? Elle n'allait tout de même aller se rendormir, mais elle ne pouvait pas non plus se tourner les pouces…

« Je m'ennuie… » dit-elle à voix haute.

« Voudrais-tu que James vienne remédier à ton malaise ? » lança une voix amusée.

« Black…ton si bel humour me laissera toujours sur le carreau. » répondit Lily d'un ton mou.

Sirius prit une chaise et s'assit à l'envers de celle-ci, fixant la rousse. Celle-ci haussa un sourcil au bout de 20 secondes.

« Quoi ! » fit-elle.

« J'étais en train de t'examiner plus en profondeur…pour voir ce que James trouve de charmant en toi. »

Lily détourna brusquement le regard.

« Eh, je ne voulais pas te vexer ! »

« Ben c'est réussi… »

« Ce que je voulais dire c'est que je ne comprend pas ce qu'il peut trouver à une fille qui ne veut pas de lui. » expliqua le brun.

« C'est peut-être ça justement qu'il aime chez moi : il ne peut pas m'avoir ! »

« Tu ne l'aimes pas ? »

« Pas comme il le voudrait… »

« Cela changera-t-il un jour ? »

« Je ne peux pas prévoir l'avenir… »

« Mais tu peux arranger le présent. »

« Mais enfin, tu vas me lâcher les basques ? En quoi tout cela te regarde déjà ? »

« James est mon meilleur ami, comme… »

« …un frère, je sais ! » l'interrompit Lily. « Puisque tu tiens tant que ça à son bonheur, épouse-le toi ! »

« Haha. Pourquoi pas tiens. Le problème c'est qu'il ne peut pas choisir. »

« Mais si. »

« Mais non. C'est son cœur qui décide. »

« Tiens, Sirius Black connaît le romantisme ? »

« Ce doit être à force de fréquenter ta copine. » suggéra Sirius.

« Siaali ? Elle a franchement plus de tact que toi. »

« Pas avec moi en tout cas. »

« C'est ton problème. » dit Lily avec vigueur.

« Et le tien, c'est James. » dit Sirius sur le même ton que la rousse.

« Ja…mh, Potter n'est pas mon problème du moment ! »

« Nan tu as raison, pour le moment ton problème du moment, c'est moi. »

« Tu comprends vite. »

« Mais ton problème quotidien, c'est James. » dit ensuite le brun en souriant d'une oreille à l'autre.

« …tu es tellement… »

« Observateur ? Calculateur ? Beau ? Imprévisible ? Irrési… »

« Trop sûr de toi ! » le coupa Lily.

« Ah ptet bien… » admit Sirius, feignant de réfléchir.

« Bon ! Pas que je m'ennuie, mais…si, en fait je m'ennuie avec toi, Black, tout ce que tu me dis n'est en rien intéressant. » dit Lily en se levant dans l'idée de se diriger vers le parc.

« Tu y réfléchiras quand même. » répondit le beau brun en la suivant.

La jeune fille accéléra le pas, ne voulant en entendre plus ; même si elle devait admettre que dans sa dernière phrase, Sirius avait totalement raison.

°O°

Pour une fois, une fois depuis qu'ils étaient arrivés…le soleil était éclatant ! Pas pour très longtemps, certes, mais l'on pouvait tout de même en profiter un peu. C'est exactement ce que faisaient Lily et Siaali, essayant par ailleurs de ne pas se perdre. Liasia avait pris la poudre d'escampette on ne sait où. Les deux jeunes filles s'étaient arrêtées devant un magasin de décoration. Beaucoup de loup-garous étaient représentés, soit en tasse, soit en lampe, ou même en pinces à linge…d'autres créatures et hybrides avaient servis de modèles mais le lycan était celui qui revenait le plus souvent…

« Mh… » fit Lily en observant quelque chose. « Tu pourrais te curer les dents avec une griffe de loup-garou limée toi ? »

« Mon Dieu… » fit Siaali en observant ainsi des petits cure-dents façon griffes de lou-loup.

« Il faut reconnaître tout de même qu'ici les gens vouent peut-être un trop grand…culte à leurs habitudes… » dit Lily.

« Moui…m'enfin bon, ils doivent quand même faire un break de temps en temps. Lia nous a dit qu'il y avait deux, trois boites de nuits… »

« Oho, je te vois venir. » dit Lily malicieusement.

« Avoue quand même que ça te détendrai. » dit la brune.

« Oui, peut-être… » dit Lily.

Ce fut à ce moment qu'une phrase enfouit dans sa mémoire lui revint de plein fouet. Je ne suis pas autant coincé que toi…

Foutu Potter.

« Si, tu as raison ! Ça me ferait un bien fou ! » s'écria soudainement la rousse.

« Wow…ravie de voir un tel enthousiasme. » sourit Siaali, riant quelque peu. « Viens, on bouge. »

Les deux jeunes filles se remirent en marche et se perdirent dans la foule des Transylvaniens avides d'aventure…

°O°

Qu'il était fatiguant de se sentir perdant…ce jour-là, Remus devait avoué qu'il se faisait bien rouler. Peter enchaînait les victoires des parties d'échec disputées avec son ami loupiot depuis 1 petite heure maintenant. Ils décidèrent d'arrêter, un coucou caché quelque part dans la maison indiquant qu'il était 17 h 00. James et Sirius étaient partis faire un tour sur des balais empruntés dans la cave, tandis que les deux autres avaient préféré rester dans le confort tiède de l'habitat. Le jeune lycanthrope se leva et alla jusqu'à la cuisine pour se servir un verre d'eau. À ce moment précis, une porte claqua et de forts murmures se firent entendre dans le hall d'entrée. Remus, curieux, se dirigea par là et aperçut passer en un éclair Mr et Mme Wander qui discutaient fortement, les bras chargés de cartons pleins.

« Avoue tout de même que ces gens sont spéciaux, ma chérie. » disait Mr Wander.

« Mais chacun son mode de vie, enfin ! » répondit sa femme, en posant son carton près d'un porte manteaux.

« Bref, quoiqu'il en soit, n'oublie pas : William vient dîner ce soir, il faudra qu'il se tienne à carreau impérativement. »

Les deux adultes ne remarquèrent pas Remus qui était à moitié caché dans la cuisine et s'éloignèrent dans l'escalier continuant de parler avec énergie.

William…William ? Qui était William ?

°O°

Lorsque Liasia rentra, plus tard, de la neige plein les cheveux, le froid étant revenu tellement vite, Remus s'empressa de lui sauter dessus (nd/a : au sens figuré, il en convient. ).

« Je voulais te poser une question. » dit-il d'abord.

« Oui, qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Liasia en défaisant son écharpe.

Elle entra ensuite dans le salon, la posa sur un fauteuil quelconque et se retourna alors vers Remus qui n'avais pas ouvert la bouche. Elle le fixa et attendit.

« Qui est William ? » demanda-t-il alors.

La jeune fille l'interrogea du regard à son tour.

« J'ai entendu tes parents en parler lorsqu'ils sont rentrés, un peu avant toi. »

« Oh. Oui, j'avais oublié. Il vient manger ici ce soir. Ça fait longtemps que je le connais. C'est un loup-garou. »

Cette dernière phrase, et Liasia s'en doutait, avait fait l'effet d'une petite pierre tombant lourdement dans l'estomac de Remus. La jeune fille sourit gentiment.

« Il ne mord pas. »

Puis elle partit, rapidement.

Moi non plus, pensa Remus. Il espérait simplement que tout se passerai bien entre eux deux. Et qu'il fermerait sa bouche à son sujet car, il n'en doutait pas, William s'apercevrait directement que Remus était de la même trempe que lui.

°O°

Remus les regarda passer tour à tour. Parce qu'il n'y avait pas que William d'invité au final…mais une vingtaine d'autres personnes, amies des Wander. À chaque être qu'il voyait passer, il se demandait s'il était un hybride ou pas. Au fur et à mesure que les gens arrivaient, ses pensées se mélangeaient un peu plus. Il se sentait mal. Pourtant il n'aurait pas dû. Il le savait. Il n'avait rien à craindre, vu que pour une fois, il se retrouvait en compagnie d'une population qui ne le regarderait pas de travers s'il avouait ce qu'il était. Pourtant il n'était pas à l'aise. Mais avec le monde mortel non plus. Alors où trouver le juste milieu d'une place en ça monde ? Se sentait-il si exclu ? En ce moment, il ne se comprenait plus lui-même…

« Ça va Moony ? » demanda Sirius à sa gauche.

« Oui, oui. Parfaitement. »

« Si ce n'est que nous sommes totalement inconnus aux yeux de ces gens. » dit alors Peter.

« Tout à fait. » affirma James, qui avait tout oublié de sa dispute avec Wormtail. (n/da : chapitre précédent.)

Les 4 garçons s'étaient regroupés sur un des divans du grand salon, et observaient tous ces gens euphoriques qui souriaient à s'en déchirer les lèvres et riaient de bon cœur. Lily et Siaali, quant à elles, se postaient sur les bras dudit divan, et semblaient toutes aussi perdues. Le jeune lycanthrope lui, regardait encore et encore tous ces gens, tellement qu'il connaissait leur tête presque par cœur maintenant. Ce fut alors qu'il en remarqua une inconnue. Une nouvelle. Fraîchement débarquée. Il se mit à détailler ce nouveau venu. Un jeune homme, d'environ son âge., peut-être un peu plus âgé. Et plus grand que lui. La couleur de ses cheveux mi-longs était d'un châtain clair éclatant. Un sourire chaleureux, qui indiquait le joie de vivre de ce personnage. Mais le regard…perçant, traître qui montrait un certain mépris ou une moquerie. Remus en fut étonné. À première vue, il n'avait rien de méchant. Mais il eut l'impression qu'il fallait s'en méfier. Il se prit soudainement un coup de coude.

« Hey, Moony, t'as vu le type ? Il te ressemble vachement, dis donc. »

« Oui, j'ai remarqué Sirius… »

Effectivement, physiquement on aurait presque pu confondre les deux jeunes hommes. Mais ce n'était pas du tout les mêmes personnes, Remus s'en doutait bien.

Quelqu'un coupa le lien visuel en passant devant l'inconnu. Plusieurs personnes succédèrent et lorsque Remus put l'apercevoir à nouveau, il avait les yeux tournés vers lui. Il le regardait profondément, tellement que le jeune homme en eut quelques frissons. Soudainement, Liasia débarqua, prit le bras du grand gaillard, et l'entraîna un peu plus loin. Remus fronça les sourcils et observa les deux jeunes gens discuter près d'une table.

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« Pas de gaffe hein ? »

« Promis. » soupira William.

« Je ne voudrais pas qu'il soit mis à nu comme ça devant tout le monde. » dit Liasia.

« Écoute, je n'y peux rien s'il n'assume pas ce qu'il est ! »

« Je sais bien, et je te demande spécialement de ne rien dire, parce que justement, il n'est pas bien avec ça. »

« Un grand timide qui se fait passer pour la pauvre victime qui doit souffrir trois fois par mois, mh ? » ironisa le jeune homme.

« William… »

« Excuse-moi mais j'ai du mal avec ce genre de lou-loup. »

« Tu n'as pas vécu dans la même ambiance. »

« Oh oui, c'est sûr qu'en Angleterre il n'y a que des méchants. » continua William d'un ton mauvais.

« Tu n'y es jamais allé ! Et puis comment tu peux juger les gens comme ça ! Ça ne m'étonne pas que tu sois si nerveux à chaque pleine lune, tu es impulsif William et borné ! »

« Je suis désolé. Tu as peut-être raison. Mais dans ce cas-là, les autres aussi doivent fermer leur bouche sur son compte. »

William regarda autour de lui les autres invités et Liasia répondit :

« Ils vont le faire. Mes parents leur ont parlé. »

« Oui et toi, tu viens me le dire personnellement parce que, vu que je suis…tellement impulsif, tu préfères t'en charger, je me trompe ? »

« Non, c'est plutôt correct… »

« Haha, tu me connais assez bien. » dit William en attrapant un verre d'alcool sur la table.

« Alors ? »

Le jeune homme but une gorgée de sa boisson et répondit :

« Je le fais parce que tu le veux bien, pas parce que je respecte ses états d'âme, vu ? »

Liasia acquiesça de la tête, puis William la contourna et se confondit dans la masse des gens.

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Remus aperçut la jeune brune s'avancer vers eux et se planter devant le divan.

« Te voilà. » dit Siaali. « Tu commençais à nous manquer dans ce torrent d'inconnus. »

« Désolée de ne pas vous avoir prévenu, je ne le savais pas moi-même. En fait, c'est…c'est souvent comme ça, il n'y a pas d'occasions particulières pour inviter les amis. »

« Ouais…c'est comme à l'église en gros. » fit Sirius, affalé sur le bras du divan.

« C'était lui William ? » demanda brusquement Remus.

Liasia tourna la tête vers lui, un peu décontenancée. Elle tourna ensuite les yeux, se passa rapidement la langue sur les lèvres et répondit :

« Oui…c'était lui. »

« De quoi vous parlez ? » demanda James.

« Tiens, ce n'est pas celui dont tu nous a parlé ? » fit Lily, en se redressant, les yeux brillants.

« Si…William est un ami à moi d'ici. Je pourrai vous le présenter. »

« Tu as dis qu'il était un loup-garou, non ? » précisa Siaali.

« En effet…il a 19 ans. »

« Il ressemble assez à Rem'… » dit Sirius, qui voyait maintenant clairement de qui la jeune fille parlait.

Pas moralement en tout cas…pensa Liasia dans sa tête.

°O°

Joyeux dîner. Tout le monde avait l'air de respirer une telle dose de bonne humeur que ça aurait presque pu en énerver certains. Les garçons, Lily et Siaali s'étaient reculés plus loin, et ne participaient pas aux discussions des groupes de table. Liasia, elle, était bien plus loin, aux côtés de William et d'autres jeunes gens qu'ils ne connaissaient pas. Elle souriait gaiement et semblait absorbée dans sa discussion, sans se soucier des jeunes sorciers, qui eux, ne souriaient pas réellement, à l'autre bout de la table. Remus observait fixement William, auquel il s'était vu apparaître une certaine fascination. Il n'arrivait pas à le cerner. Pour une fois…il n'arrivait pas à le cerner lui. Peut-être était-ce bien parce qu'il était à son niveau. Qu'il n'était pas qu'un simple mortel. Il se sentait ridiculement tout petit, comme si chaque force quelque fut-elle, s'était échappée de son corps. Soudainement, alors qu'il l'observait toujours, le jeune homme tourna la tête vers lui. Là, il put voir la couleur que ses yeux transportaient. Un mélange de cuivre et d'or, qui ne faisait qu'accentuer la profondeur de son regard. Il le dévisagea tout aussi longuement, jouant avec son verre de la main gauche. Il était apparu comme une lueur de défi dans ses yeux. Remus déglutit mais ne cessa pas de le regarder pour autant. William but une gorgée de sa boisson, et un sourire narquois s'afficha sur ses lèvres. Pour la première fois, Remus ressentit une autre peur que celle qu'il avait toujours connue qui avait été de se confondre parmi les autres êtres humains normaux. Maintenant, il percevait nettement celle qui était la plus profonde, la plue cruelle, et qui l'obligeait maintenant à affronter quasiment sa propre personne, la bête en lui, en plongeant pleinement dans cet univers qui était le sien, et qu'il n'avait pourtant jamais connu. La peur de l'inconnu, la peur de lui-même, d'un tout autre point de vue.

°O°

Le lendemain matin, le soleil se pointa tôt et eut vite fait de réveiller tout le monde. À l'étonnement général, Remus déclara qu'il partait faire un tour, seul, en ville. Ainsi donc, il se retrouva vite dehors. Aujourd'hui, il ne neigeait pas. Le soleil souriait gaiement à nouveau et rien ne semblait pouvoir l'encrasser. Tandis que le jeune homme marchait, il regardait partout autour de lui ; les gens, les magasins, les animaux, les paysages. Il remarquait bien qu'on l'observait également. Il se doutait qu'on devait tout deviner de son appartenance au monde lycanthrope. Mais lui ne s'y retrouvait pas. Son flair le laissait deviner mille et une odeurs, toutes confondues et il ne pouvait dire à qui elles appartenaient. Il était comme un ver au milieu d'escargots. Il baissa ensuite la tête, gêné et mis les mains dans les poches, avançant en ne regardant dorénavant que le sol. Il ne faisait plus attention à rien et ses sens semblaient s'être carapatés en vitesse. Mais, comme il fallait s'y attendre, il finit par entrer en collision avec quelqu'un. Il releva vite la tête, prêt à s'excuser, quand il reconnu la personne en question. Il sentit son cœur chavirer tandis que l'autre l'examina rapidement.

« Tiens, le lycanthrope anglais. » sourit malicieusement William. « Il faut regarder devant soi, ce pays est pas mal peuplé, tu sais. »

« Je suis désolé. »

« Tu vas rester ici jusqu'à la fin de la semaine ? » enchaîna son interlocuteur directement.

« Oui… » répondit Remus, le regard ailleurs.

William se remit à le dévisager. Comme s'il essayait de retenir par cœur chaque détail de son physique. Remus se doutait bien qu'il tentait plutôt de voir ce qu'il avait dans le crâne. Soudainement, un sourire carnassier se dessina sur le visage de William.

« T'es pas à l'aise ici, hein ? »

« Comment ça ? »

« Fais pas l'ignorant, toi et moi on est pareils, à quelques détails près. »

« Je n'ai franchement pas envie de parler de ça avec toi. » répliqua Remus en tournant les talons.

« Tu n'as envie d'en parler avec personne de toute façon, alors pour ce que ça change. Lâche. »

Remus s'arrêta net et se retourna.

« Tu cherches quoi au juste ? On ne se connaît pas, à ce que je sache. » dit-il.

« Mais moi je te connais. » dit William, toujours tout sourire.

« Ben voyons… »

Le jeune homme en face de lui s'approcha de près - il dépassait Remus d'une bonne tête - et se pencha.

« Tu ne te connais même pas toi-même…j'en ai connu d'autres jeunes comme toi, qui voulaient jouer la victime sous le poids d'une méchante bébête poilue. Et je déteste ce genre de comportement. Ne compte pas sur moi pour avoir pitié de ta personne. Chaque fois que je te verrai, je te regarderai avec mépris, comme un insecte futile auquel tu ressembles. Tu n'es pas fragile et encore moins malheureux. »

Remus essaya de s'éloigner mais d'une incroyable agilité, William lui attrapa le col de sa chemise et le maintint fermement.

« Certes, tu es a plaindre mais certainement pas pour ton problème de pilosité abondante, mais pour ton égoïsme et ton hypocrisie. Tu devrais prendre sur toi et penser aux autres, qui souffrent aussi mais qui s'en foutent, ils vivent, ils ne sont pas traités comme des handicapés comme j'imagine que tu dois l'être. »

Remus avalait difficilement toutes ces paroles, qui le blessèrent alors plus qu'elles n'auraient dû. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'écouter. Il était, en cet instant même, une bête dominée.

« Au fond, je suis sûr que tu te sens fier et supérieur aux autres, nous le sommes tous. C'est un pouvoir, une étincelle dominatrice, que ton esprit ne peut rejeter malgré que tu te supplies toi-même en silence. Nous vivons dans un monde cruel ou survivent les plus forts. Et tu fais partie des dominants, si tu n'en profites pas, alors tu vas te faire écraser, comme beaucoup de monde. »

Par il ne sait quelle force, Remus parvint alors à repousser furieusement William loin de lui. Il se sauva rapidement sans demander son rester et sans même faire attention à où il allait. Son esprit bourré de ces paroles, le regard perdu et brouillé par des larmes naissantes. Et merde…

°O°

« Je t'ai encore battu, Padfoot. »

Sirius regarda avec dépit les cartes fières de James qui dansaient la samba, sur l'herbe fraîche du jardin situé derrière la maison, à côté de Peter. Puis, son regard se dirigea un peu plus loin derrière son meilleur ami et il put apercevoir Siaali, auprès d'un arbre, avec Liasia, toutes deux absorbées dans une conversation pour le moins intéressante à en juger par le sourire des deux jeunes filles. Pis, Siaali releva la tête et croisa le regard du brun. Son sourire fana instantanément et Sirius détourna la tête. Charmant tiens…

Ce fut là que Remus débarqua en trombe dans le jardin, qu'il traversa sans faire attention à personne. À ce moment même, Mme Wander sortit par la grande porte vitrée avec un plateau sur lequel avait était placé une théière apparemment bien remplie et des tasses. Elle tenta tant bien que mal de garder son équilibre lorsque Remus passa comme une flèche près d'elle.

« Qu'il est lunatique ce garçon. » dit-elle, tout sourire, posant son plateau sur une table basse qu'elle venait de faire apparaître.

Cependant, les autres ne semblaient pas prendre la chose de la même façon. À travers la grande vitre, James aperçut Lily se précipiter à la suite de Remus. Immédiatement, il se leva et pénétra à son tour dans la maison. Mme Wander brandit sa théière.

« Qui veut du thé ? »

°O°

« Remus, attends ! »

Le jeune homme semblait décidé à ne rien écouter du tout. Il ouvrit la porte de sa chambre, s'engouffra dedans et claqua violemment la porte. Lily, plantée en plein devant, se demanda une seconde s'il était poli de pénétrer comme ça dans la chambre d'un des garçons…et puis, zut. Elle posa sa main sur la poignée.

« Remus ? » demanda-t-elle, ouvrant la porte.

Elle le trouva assis sur son lit en Indien, la tête baissée, le regard dans le vide. Elle s'empressa de le rejoindre et lui entoura les épaules d'un bras.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle d'une voix douce.

Le jeune homme ne répondit pas, et baissa un peu plus la tête.

« À moi tu me parleras. » fit alors une voix près de la porte.

Lily se retourna et aperçut James, bras croisés, tel un gendarme. Elle se passa la langue sur les lèvres, et reporta son regard sur Remus.

« Tu veux bien nous laisser ? » demanda le brun à lunettes, d'un ton extrêmement mielleux.

Lily opina du chef et se leva vivement pour se diriger vers la porte. James lui céda le passage, la frôlant tout de même au passage. La rousse disparut ensuite bien vite. Le jeune homme s'avança ensuite vers Remus et s'assis à la même place que Lily.

« Parle-moi. Tu sais qu'on ne peut pas se mentir. »

Remus leva la tête et fixa son ami droit dans les yeux.

°O°

Ce fut une sorte de pile électrique rouge aux lunettes rondes qui fit irruption dans le jardin, alors que chacun s'était maintenant pris une tasse de thé. Il se dirigea directement vers Liasia.

« Dis donc, ton William, il s'est cru à l'époque de glace ? D'où se permet-il de faire des réflexions à Remus ? »

Lily, qui avait rejoint ses deux amies, le regarda fixement. James essaya de ne pas se concentrer sur elle et attendit patiemment une réponse de Liasia. Celle-ci se leva finalement.

« Je me doute à peu près de l'échange qu'il a pu y avoir. Et franchement, James, je m'en moque. »

« Pardon ? »

« Cette histoire ne me concerne en rien du tout. »

« William est ton pote. »

« William n'est pas un enfant. Je ne suis certainement pas responsable de lui, et je ne peux rien faire. Il dit ce qu'il veut à qui ça lui chante, ce n'est pas moi qui pourrait changer ça. »

Ce fut là que la mère de Liasia décida d'intervenir.

« Oh James. Je suis tellement désolée. Je n'aurais pas voulu que cela se passe comme ça. William est un garçon très spécial, impulsif et terriblement orgueilleux. Remus à l'air d'être son contraire, très calme et réfléchis. Ça ne lui plait pas. »

James crut halluciner.

« Ça ne lui plait pas ? Je me moque de ce qui lui plaît ou pas, qu'il ne s'avise plus de parler comme ça à Remus. Il ne le connaît en rien. »

Là, il partit comme une furie. Sirius se leva et le suivit dans la seconde. Il n'y avait de toute évidence que lui dont James supporterait la présence. Liasia, les poings serrés, se rassit. La mâchoire crispée, elle semblait soudainement d'aussi mauvaise humeur que le brun. Plus personne ne disait rien. Mme Wander soupira. « Ah ce William, de pire en pire… »

°O°

Durant la journée, tout le monde s'était évité. Les filles d'un côté, les garçons de l'autre. Mme Wander semblait totalement attristée de la situation. « Ce n'est vraiment pas ce que j'avais prévu, excuse-moi. » avait-elle dit à sa fille. Vers la fin de l'après-midi cependant, Lily vint cogner à la porte de la chambre de James.

« Oui… »

La jeune fille entra et resta aussi muette qu'une carpe, la main toujours sur la poignée. Ne voyant aucun signe de vie de la part de son visiteur, James, assis sur son lit devant plusieurs parchemins, tourna la tête vers la porte. Il fronça les sourcils.

« Je ne te dérange pas ? » demanda finalement la jeune fille.

« Non…hum…assieds-toi. »

Lily referma la porte et vint s'asseoir à côté du jeune homme. Sachant qu'il y avait une chaise juste à côté, et que la rousse aurait pu la choisir elle plutôt que le lit à ses côtés, James en fut quelque part, bien heureux. Lily fut incapable de parler pendant une minute ; une boule venait de lui tordre l'estomac.

« Comment va Remus ? » osa-t-elle finalement.

« Mieux. » répondit sombrement James.

« Qu'est-ce…qu'est-ce que lui a dit William ? »

« Il a refusé de me le dire. Il m'a simplement raconté en gros, il n'est pas entré dans les détails. Mais ça l'a beaucoup blessé. »

« Toi aussi… » constata Lily.

« … »

Sans vraiment bien réfléchir à ce qui se passait, Lily avait serré la main de James, et elle observait tous ses moindres gestes. Surpris, il leva la tête et la regarda aussi. C'était la première fois que Lily voyait ses yeux de si près. C'était même la première fois qu'elle le voyait de si près tout court. Comme l'autre jour, elle ne lui vit pas cet air arrogant qu'il affichait généralement en cours ou dans les couloirs. Il était…différent. Pour la première fois, elle réussit à lui trouver un charme, qui était autre que celui de play-boy dont on l'affublait à Hogwarts. Il l'attirait…

Lily commençait à se pencher de plus en plus vers James, qui lui eut le réflexe de reculer un peu, décidément étonné. Puis, il avança aussi vers elle. Alors que leurs lèvres se frôlèrent, une sonnerie retentit violemment dans l'esprit de Lily. On ne changeait pas quelqu'un. James Potter, resterait, dans le fond, l'éternel enfant qu'il était habituellement, et si Lily craquait, elle ne pourrait jamais le supporter.

La jeune fille s'éloigna brusquement, lâcha la main de James et se leva. Le regard perdu, elle se dirigea vers la porte, respirant un bon coup, puis sortit, laissant un jeune homme brun dépité et totalement désemparé. Elle allait l'embrasser. Et puis, elle s'était soudainement rétractée. James supposa qu'elle avait eu ce comportement envers lui uniquement parce qu'elle l'avait certainement vu assez misérable pour tenter par gentillesse de lui remonter le moral. Mais elle avait dû se rappeler qu'elle allait donné un baiser à James Potter, le joueur de Quidditch pompeux et voilà. Chassez le naturel, il revient au galop. Désespérant…

°O°

Liasia marchait dans la maison, sans trop savoir quoi chercher. Elle était un peu embrouillée pour tout dire. Un verre d'eau. Elle avait soif. Elle se dirigea donc vers la cuisine mais s'arrêta net en entendant des voix parvenir de la pièce. Elle reconnut ses parents.

« La situation ne peut pas continuer. » disait son père.

« Ça passera, tu le connais, il fait un peu le méchant comme ça, mais il est inoffensif. »

« Tu sais très bien qu'on ne contrôle plus rien vis-à-vis de William. C'est un loup-garou impulsif, jaloux, orgueilleux. Remus n'est pas la première personne à être victime de ses sarcasmes. »

« William est ici depuis qu'il est tout petit, on le connaît. Tu n'envisages tout de même pas de l'envoyer ailleurs ? »

« Je n'ai pas vraiment le choix, Sylvia. Il y a un temps où il faut tourner la page. William est insupportable. »

« Que dirons les gens ? Liasia ? »

« Sincèrement, je ne pense pas que William soit à présent quelqu'un de fréquentable pour notre fille. »

« Elle a pratiquement été élevée avec lui. On peut lui demander son avis. »

« Non. C'est notre travail, pas le sien. Elle a beau savoir beaucoup de choses, elle n'a jamais que 17 ans. »

« Mais… »

« William est dangereux. La dernière pleine lune nous l'a pleinement montré d'ailleurs. »

« C'était un accident, il a trouvé le moyen de sortir de son abri, certes, mais il n'y a eu aucun blessé. »

« Parce que Mr Jers faisait le gai et a prévenu tout le monde de se barricader chez soi. Il a fallu s'y prendre à plusieurs pour le maîtriser, même les flèches anesthésiantes n'ont eu aucun effet. Rends-toi compte. »

La femme de Mr Wander ne dit plus rien.

« Je parlerai de son cas à l'administration. En attendant, que je n'entende plus parler de lui. »

Liasia entendit son père marcher vers la porte de la cuisine, aussi elle se dépêcha de décamper en vitesse vers l'escalier. Elle se dirigea jusqu'à sa chambre et n'en ressortit pas. Le lendemain, il lui faudrait sérieusement parler à William.

°O°

23 Décembre, 8 h 00. La jeune fille gravit les marches qui la séparaient encore de la porte d'entrée. Elle toqua avec force sur le bois et attendit. Ce fut une vieille femme qui lui ouvrit la porte.

« Liasia, quelle surprise. » dit-elle, rayonnante.

« Bonjour Madame Sanders. » répondit Liasia avec un sourire.

« Entre donc. »

« Non, je ne resterai pas longtemps. Je cherche William, il faut que je lui parle. »

« William est partit tôt ce matin, bien avant que tu n'arrives. »

« Zut…vous ne sauriez pas où je puisse le trouver ? »

« Essaie de voir dans la Grande Vallée. Il aime bien se promener près de la rivière. »

« Oui…je sais…Merci Madame Sanders. »

Liasia se détourna, redescendit les marches et prit la direction de la vallée à droite. Elle connaissait le chemin par cœur, pour y être aller déjà si souvent. Et avec William, la plupart du temps…et ça c'était il y a longtemps. Trop longtemps…

La jeune fille marcha pendant à peu près 10 minutes, gravit quelques pierres, descendit un petit chemin caillouteux, et aperçut la rivière. Il était là. Debout contre un arbre, les mains dans les poches. Tout à fait tranquille. Liasia avança lentement.

« Laisse-moi deviner. » dit William, regardant le ciel. « Tu viens me faire la morale parce que j'ai vexé ton loup-garou. »

« Tu n'avais aucune raison de le blesser. »

« C'est la loi de la jungle, chérie. Je suis comme ça et la plupart des gens de notre espèce le sont. S'il ne peut ni s'intégrer parmi nous, ni parmi les humains, je n'y peux strictement rien. »

« Alors je te demande simplement de le laisser tranquille. »

« Il m'amuse. »

« Mais moi, ça ne m'amuse pas ! »

William la regarda enfin. Il ne répondit pas.

« Chaque jour, tu empires les choses avec n'importe qui. On commence à mal te supporter. Et…mon père envisage de t'envoyer dans une autre base d'hybrides. »

Un ange passa. Liasia attendait, ne bougeant pas, debout devant le jeune homme qui daigna finalement répondre.

« Je suis majeur, Lia. Je peux choisir de vivre librement, tout comme ton anglais. »

« Pas sous cette loi. En Angleterre, les hybrides sont totalement indépendants mais rejetés. Ici, ce n'est pas pareil, tu le sais bien. Tu es Transylvanien depuis ta naissance. Tu n'es pas aussi libre que tu le penses, tu auras toujours une attache au pays. Ou alors, il faudra que tu convainques l'administration. Et je ne crois pas que tu le puisses… »

« Ton père pourrait m'aider, il y travaille. »

« Mon père…n'est pas non plus…comment dire…il ne te fait plus confiance William. »

« Je ne vois vraiment pas en quoi j'ai changé. »

« Mais nous on le voit. »

« Tu es de leur avis ? »

« Tu n'es plus le garçon que j'ai connu… »

William la fixa. Pendant plusieurs secondes, il n'y eu plus d'échanges. Puis, Liasia reprit la parole.

« Si tu ne te calmes pas, mon père mettra sa décision à exécution. Et tu ne pourras rien y faire. »

Le jeune homme se décolla alors de son arbre et se rapprocha de son interlocutrice. Il se pencha vers elle et lui murmura fermement :

« Je refuse… »

Et il s'en alla, toujours aussi tranquille, une pointe de colère visible, cependant. Liasia soupira. Elle n'attendait déjà, de toute évidence, aucun effort de la part du loup-garou. Puis, sans se retourner, le regard dans le vide, elle s'adressa à William.

« C'est de ta faute…tu n'en serais pas là si tu n'avais pas pris cette…décision. »

Elle sentit que le jeune homme avait arrêté sa course. Il soupira puis reprit son chemin, sans répondre ni se retourner. Une larme coula sur la joue de Liasia.

°O°

Allongés par terre, dans le jardin, tête contre tête, Remus et Peter réfléchissaient en silence, tandis que James et Sirius avaient disparus on ne sait où.

« Remus… »

« Mh ? »

« Tu…tu le vois comment William ? »

« Comment ça ? » demanda Remus en se raidissant quelque peu.

« Après qu'il t'ait parlé, tu t'en fais quelle idée ? »

« Il est très orgueilleux… »

« Il pense que tu lui es inférieur ? »

« Oui et de très loin… »

« Tu veux qu'on en discute tous ce soir ? » proposa timidement Peter.

« Tous ? »

« En Maraudeurs. »

« …pourquoi pas… »

Les deux garçons replongèrent dans un silence total, que perturbaient seuls les gazouillements des oiseaux.

°O°

James venait juste d'entrer dans le salon, un livre de Quidditch sous le bras (au moins le cinquantième…) lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir derrière lui. Il se retourna et vit Liasia se diriger vers lui, les joues rosies, portant son manteau. Il comprit qu'elle revenait juste de dehors.

« James, j'ai quelques mots à te dire. »

« Vas-y… »

« C'est à propos de Remus. »

« … »

« Assieds-toi s'il te plaît. »

Avec un soupir, James posa son livre sur une table à proximité et s'assis sur une chaise. Liasia, elle, resta debout, se tenant devant lui.

« Je suis terriblement désolée de ce qui s'est passé entre Remus et William. »

« Ce n'est pas ça qui changera quoique ce soit… »

« Non, je le sais. Mais dis-toi que vous ne le reverrez sûrement pas de sitôt. »

« Peut-être mais ce genre de paroles est marquant. »

« Cesse de croire que Remus est aussi fragile qu'un moineau tombé de son nid, James. »

« Je ne le pense pas fragile… »

« Tu le prends en pitié ! »

« Je ne le prends pas en pitié ! » s'écria James en se levant soudain.

Liasia ne recula pas pour autant. Le jeune homme l'attrapa alors par les épaules et la rapprocha de lui.

« Je n'ai jamais pris Remus en pitié. Je ne pense absolument pas qu'il soit fragile. Je sais que Remus peut tenir le coup. Il a beau rire et se montrer joyeux, je sais seulement qu'il n'est pas tranquille. Il y pense constamment, les soirs de pleine lune sont terribles. Toi-même tu le sais parfaitement. Comment veux-tu que je fasse autrement, il est dur pour moi aussi de faire face des fois. »

« Laisse-le tomber James. Il ne se relèvera que mieux. »

« Et s'il ne se relève pas ? »

« Il se relèvera. J'en suis persuadée. Cesse simplement de le surprotéger, ou sinon ça pourrait lui causer beaucoup de tort. Parce que tu ne pourras pas toujours être là… »

James lâcha alors Liasia. Il la regarda, un peu perdu, confus.

« Mais pour l'instant je suis là. C'est tout ce qui compte. »

« Il n'est pas toujours bon de vivre l'instant présent sans se soucier de l'avenir. »

« Pourquoi pas ? »

« Parce que ça fait mal par la suite, très mal. »

James déglutit puis il prit son livre et s'en alla rapidement du salon, tourmenté. Peut-être à cause d'une vérité qu'il s'obstinait à repousser…

°O°

Le soir arriva bien vite. La bonne humeur qui s'était récemment installée s'était envolée comme une feuille de riz poussée par un vent colérique. Tout le monde avait mangé dans un silence effrayant et seule Siaali avait un tant soit peu retrouvé le sourire lorsque Sirius, en face d'elle, lui avait envoyé un clin d'œil et un sourire chargés d'espièglerie, comme pour lui remonter le moral et lui faire oublier leur petite tension. Car même si Siaali ne savait trop comment réagir à la situation de tension qui s'était étendue sur le groupe, son moral avait nettement chuté de voir Lily contrariée. Puis, les jeunes s'étaient dirigés vers leurs chambres. Seul Remus était resté en bas. Il avait prétendu vouloir finir un livre sur des sortilèges du moyen-âge, mais personne n'y avait grandement cru. Même James n'était pas intervenu.

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Les filles se trouvaient réunies dans la chambre de Lily, mais Liasia était totalement ailleurs.

« On sait que t'as envie d'aller le voir, alors va lui dire ce qui te tracasses ou sinon ta bouderie finira par nous donner envie de te tordre le cou. » dit alors Siaali au bout d'un moment.

Liasia éclata de rire puis, elle se leva et partit en direction des escaliers.

Elle déboula en trombe dans le salon et aperçut Remus, lui tournant le dos, assis par terre devant la cheminée où le feu crépitait de joie. La jeune fille soupira et s'avança vers lui. Elle s'agenouilla ensuite à ses côtés. Remus se doutait de sa présence depuis qu'elle était entrée dans la pièce, il connaissait son odeur assez bien. Et il avait décidé de jouer le jeu franchement, Liasia n'était certainement pas stupide et elle savait parfaitement ce qu'était Remus. Et sans aucun doute ce qu'avait cherché William…

« Depuis quand tu sais ? » lui demanda-t-il.

« Un peu avant que je ne vois ta soit-disant blessure de hibou. Mais je n'étais pas totalement sûre. Ceci a fini d'achever de te soupçonner. »

« Pourquoi tu n'es pas venue m'en parler ? »

« Parce que c'était à toi de faire ce pas-là. Je n'allais pas te forcer à tout révéler comme ça. Je comprends très bien que tu puisses…fuir un peu. »

Remus se raidit.

« C'est ce que William m'a dit. »

« Et ça ne m'étonne pas. Tu veux bien me raconter ? »

Quelque peu réticent d'abord, Remus accepta finalement et il lui fit le récit de l'échange. Liasia le regarda sans surprise.

« C'et de la provocation. Une sorte de défi lycanthrope. Il voit d'une certaine manière que tu es…plus faible que lui. C'est un jeu pour lui. Il te met à rude épreuve, pour te tester. »

« Je n'ai absolument rien demandé. »

« Tu n'as jamais connu les détails de la vie de ton espèce. Et ceci est très courant, tu ne peux pas faire grand-chose, moi non plus. Apprend seulement à tenir tête aux autres. Parce que les loup-garous ne sont pas très indulgents en général. Toi, tu es une exception par contre. On n'en voit pas beaucoup qui sont super doux. Malheureusement, ce n'est pas profitable… »

« Donc en gros je passe pour une belette pleurnicharde et misérable ? C'est charmant… »

Remus détourna les yeux un peu plus loin pour que la jeune fille ne le voit pas. Il était à présent en colère. Était-il donc pleinement prisonnier à vie de sa condition ?

« Je sais qu'au fond, on a tous un point explosif. Je sais que tu est nettement capable de te défendre et de t'énerver parfois. Même si c'est long, ta patience possède des limites. Et ce, surtout parce que tu es malgré tout un loup-garou. »

« … »

« Je suis simplement désolée d'avoir conduit William jusqu'à toi comme tel. »

« Bah, à la fin des vacances je ne le verrai plus. »

« Certes…mais il voyage beaucoup, ça ne m'étonnerai pas que tu le croises à nouveau. »

« Ce n'est rien. Je…Parlons d'autre chose. J'en ai marre. »

« D'accord mais…je voulais te demander quelque chose… »

« Oui ? »

« Je…je peux voir ta blessure ? »

« Ma blessure…j'en ai plein tu sais. » dit Remus avec amertume.

« Non je veux dire…celle qui a tout provoqué. »

Remus tourna subitement la tête et planta son regard miel dans celui violet de Liasia. Les reflets du feu donnaient au garçon un air envoûtant, mais agressif. La jeune fille voulait donc parler de la morsure du loup-garou qui l'avait mordu.

« … »

« Ce n'est pas grave si… » commença Liasia.

Mais elle fut coupé par le jeune homme qui commençait à enlever sa chemise. Il se tourna légèrement et Liasia put la voir. Sur l'épaule. Elle était assez grande, et on voyait les longues traces que les dents avaient laissées courir plus bas sur l'omoplate. Le loup-garou qui l'avait agressé n'y était pas allé de main morte. Liasia avança la main et comme pour l'autre blessure, la retraça du doigt. Elle parut soudain troublée, presque peinée, mais n'en laissa par la suite rien transparaître.

« Tu connais l'identité du loup-garou qui t'as mordu ? » demanda-t-elle.

« Non…mon père le sait. Mais il ne veut pas me le dire. Ma mère non plus. »

« Je pense que tu as le droit de savoir. »

« Sûr. Je le saurai un jour quand même. Je n'ai pas envie de rester planté dans une telle ignorance. »

Liasia enleva sa main et Remus remit correctement sa chemise.

« Tu avais quel âge ? »

« 6 ans… »

« C'est vraiment jeune. »

« Oui… »

La pièce plongea dans un silence uniquement perturbé par les cris du feu que Remus s'était remis à regarder. Liasia vint alors se placer derrière le jeune homme et sans crier gare l'enlaça contre elle. Remus ne réagit pas, continuant sa contemplation. Il posa néanmoins une main timide sur le bras droit de la jeune fille.

°O°

Ce fut avec le cœur plus léger qu'auparavant que le loup-garou entra dans la chambre de James où ses trois compagnons s'étaient rassemblés. Ils s'arrêtèrent de parler lorsqu'ils le virent pénétrer dans la pièce et s'installer à leurs côtés. Un silence pesant s'installa que Remus rompit.

« Arrêtez de faire ces têtes d'enterrement. Je vais bien. »

« Ou tu vas mieux plutôt. » précisa Sirius.

« Disons que ma vision de la situation a quelque peu changée… »

« Et la conclusion est ? » demanda James.

« Que je ne me laisserai pas écraser. Que ce soit par William ou un autre loup-garou. Je pense pouvoir largement m'en sortir tout seul…il faut bien. »

Remus regarda alors James qui se remit les lunettes en place et détourna le regard.

« Tu as raison. » admit-il.

« Allez, quand on sera de retour à Hogwarts, on fera un joli cadeau à Servilus en guise de nos retrouvailles. » déclara Sirius avec enjouement pour mettre un terme à cette discution.

« Bonne idée, tiens. » approuva James qui semblait avoir d'un coup retrouver toute sa gaminerie.

« Bon, vous voulez qu'on joue au cartes ? » proposa Peter.

« Pourquoi pas. » répondit Remus, le sourire aux lèvres.

« D'accord. » dit James, bondissant sur le tiroir de sa table de nuit pour en sortir le jeu.

« Commencez à jouer, je vous rejoins plus tard. Padfoot à besoin de se dégourdir les pattes. » dit Sirius.

« Ok. » dirent les autres en cœur.

Sirius sortit alors de la chambre et se précipita vers la sortie. Rapidement, il se retrouva dehors. Il s'éloigna un peu de la maison, et se dirigea vers des arbustes pour être sûr qu'on le vit pas se transformer. À peine une minute plus tard, Padfoot bondissait sur la terre joyeusement.

°O°

Dans la chambre de Lily, où Liasia était réapparue, la conversation commençait à tourner sur les informations douteuses que pouvaient comporter certains journaux. Les jeunes filles en étaient à discuter d'affaires de meurtres qui avaient eu lieu aux mois d'été, à Oxford, par des malfrats apparemment cagoulés. Mais le ministère n'avait rien laisser entendre d'autre. Siaali, assise sur le rebord de la fenêtre ouverte, finit par se désintéresser totalement du sujet et contempla le ciel noir et l'éclat de la lune avec fascination. Soudain, regardant l'heure sur l'horloge accrochée au mur (minuit), un déclic retentit dans sa tête.

« Je vais faire un tour. » déclara-t-elle.

« Dehors ? » demanda Lily, étonnée.

« Oui. Je ne sais pas moi-même pourquoi j'en ai envie, mais, faut écouter ses instincts. »

« Vas-y alors. Ah d'ailleurs, Siaali… » fit Liasia.

« Mh ? »

« Il y a des balançoires plus loin à l'est de la maison. » informa la jeune fille avec un sourire.

« Merci. » chantonna Siaali.

À son tour, elle déboula les escaliers pour se retrouver dans l'air frais de la nuit. Les mains, dans les poches, elle se dirigea avidement vers les balançoires, passion de son enfance.

°O°

Padfoot sauta par-dessus le gros buisson qui lui barrait le passage, glissa sous les branches basses d'un jeune arbre, et se remit à courir de plus belle. Il rebondit sur le muret qui séparait la demeure des Wander de celle du voisin, puis fonça vers l'Est. Soudain, il freina brutalement sa course et tendit l'oreille. Un grincement perçant de métal sifflait fort plus loin. Trottinant, l'animal se dirigea vers l'origine du bruit. Passant derrière une rangée de plantation de framboises, il passa sa mince tête de canidé parmi les branchages et observa. Il reconnut tout de suite la jeune brunette qui se balançait sur l'engin de métal. Il l'observa un court instant, se demandant ce qu'il devait faire. En pleine réflexion, il sursauta lorsqu'une framboise se détacha de sa branche pour aller s'écraser sur son museau. D'un coup de langue il balaya l'aliment juteux qui se révéla délicieux. Se dégageant des feuillages, il se mit à déguster les fruits rouges avec un petit appétit naissant. Au final, il se décida à se montrer. La plantation était assez grande pour cacher sa forme humaine ; Padfoot se retransforma alors et Sirius sortit à pas de loup de sa cachette. Entre-temps, Siaali s'était arrêtée dans son activité, et restait maintenant assise sur la balançoire regardant le ciel. Le jeune homme se déplaça jusqu'à se trouver derrière elle. Avec un sourire…appétissant, il prit la parole.

« N'est-il pas un peu tard pour faire de la balançoire ? »

Siaali reçut comme un coup de jus et sans se lever, elle retourna la chaise de métal pour faire face au nouvel arrivant.

« N'es-tu pas un peu trop jeune pour me faire la morale ? » dit-elle sur le même ton, un sourire en coin.

« De ce point de vue… » admit Sirius en s'asseyant sur une autre balançoire à côté de Siaali qui se remit à sa place initiale.

« Toi aussi, ça t'as pris de prendre l'air ? » demanda la jeune fille.

« On peut dire ça comme ça. »

« Et…dis-moi, tu t'es roulé par terre ? » demanda la jeune fille, se retenant d'éclater de rire en observant un peu mieux son interlocuteur.

Sirius s'examina alors. Ce n'était franchement pas glorieux. Des traces de terre sèche parsemaient sa chemise blanche et trois quatre feuilles avaient réussies à s'y accrocher. Il les dégagea rapidement et balaya la terre de ses mains.

« Une malheureuse chute. » mentit-il.

À l'image dans sa tête d'un Sirius s'étalant par terre de tout son long, Siaali ne put, malgré tous ses efforts, retenir plus longtemps un éclat de rire.

« C'est ça, moque-toi. » bouda le brun, croisant bras et jambes sur sa balançoire. Situation qui fit encore plus rire Siaali, cramponnée aux chaînes qui retenaient son siège.

« Putain, Sirius, t'es unique. » dit-elle, les larmes aux yeux, sur un ton sincère.

Quelque part, au fond de son âme, cette phrase toucha le jeune homme plus qu'il ne l'aurait cru. Même si elle n'avait à première vue rien de bien merveilleux, le ton qu'avait employé Siaali augmenta sa joie. Il sourit à la jeune fille et répondit :

« Je l'espère bien. Je déteste l'idée d'être confondue avec la personnalité d'une autre personne. »

« Pourquoi ? »

« Parce que chaque être est unique et possède ses spécialités. Il n'est jamais bon d'être tapi dans l'ombre de quelqu'un d'autre. »

« C'est vrai… » dit Siaali, doucement, en le fixant.

Le cœur de la jeune fille venait de faire un petit bond. Elle était quelque peu étonnée des paroles de Sirius, qu'elle pensait bien moins mature. Elle eut alors la surprise de le voir rougir, sans savoir pourquoi. Elle détourna le regard deux secondes et elle l'aperçut alors du coin de l'œil perdre à moitié l'équilibre et manquer de tomber en arrière. Il se rattrapa juste à temps dans un juron et la jeune fille se remit à rire de plus belle. Son naturel et sa maladresse la touchait. C'est vrai qu'il était lourd avec ses conneries, ses potes et sa façon dégagée de parler aux autres parfois, mais ça faisait partie de sa personne, et en se plaçant d'un certain point de vue, c'était charmeur. En cet instant, Siaali était séduite par cet ado à la réflexion poussée à la fois gamine et adulte.

Soudainement, une goutte, puis deux, se fit sentir sur le visage de la brune et une pluie diluvienne se mit à tomber. Prise d'un élan de bonheur bondissant, Siaali, pour la troisième fois consécutive, se laissa aller et rit encore, d'un rire absolument retentissant, qui donnait joie et bonne humeur à Sirius, qui ne put que la suivre dans ce sens-là. Il se lâcha totalement, de sa voix jeune et masculine qu'aimait tant la jeune fille maintenant.

La pluie ralentit un peu sa course et la tombée se fit plus douce, plus chaleureuse, sans pour autant s'arrêter, et les deux adolescents s'arrêtèrent progressivement de rire, se regardant attentivement, comme pour essayer de connaître chaque détail du visage de l'autre. Siaali sentit son estomac se contracter à la vue du visage trempé de Sirius, rendu atrocement plus séduisant par l'eau qui se laissait glisser sur chaque mèche de cheveux du jeune homme. Lui-même se sentit un certain poids sur le cœur, laissant son regard errer sur les lèvres de Siaali, observant des gouttes d'eau s'y laisser mourir. Pivotant avec la balançoire, il attrapa alors le siège de métal de la jeune fille de chaque côté pour la ramener jusqu'à lui. Siaali le laissa faire, le regard plongé dans le sien. Elle aurait pu fixer ces yeux pendant une éternité tant leur couleur gris à tendance argent la fascinait. Elle lâcha ses propres chaînes pour s'agripper à celles de la balançoire de Sirius. Celui-ci ne se posa plus aucune question. De la main gauche, il maintint la jeune fille dans le dos, tenant toujours fermement le siège de l'autre. Il se pencha vers elle. Et Siaali ne réfléchit pas plus que lui, elle franchit les derniers mètres qui séparaient leurs lèvres brûlantes et mouillées. La jeune fille, timide au début, ne laissa plus transparaître aucune gêne lorsqu'elle s'aperçut que Sirius semblait prendre pleinement confiance alors qu'il pressa un peu plus ses lèvres contre celles de la brune, dont il se détacha par la suite, appuyant son front contre celui de Siaali, et ils se regardèrent dans les yeux pendant cinq secondes. Un sourire malicieux étira les lèvres du jeune homme et la jeune fille en eut un timide. Une succession de baisers ardents s'en suivit.

« J'espère que ces framboises étaient bonnes. » dit alors Siaali, souriante.

« Très. » affirma joyeusement Sirius avant de capturer de nouveau les lèvres de sa partenaire tout en se raccrochant à ses chaînes à elle comme elle le faisait depuis tout à l'heure, emmêlant ses propres jambes avec les siennes.

La pluie, continuant toujours de tomber avec délicatesse, ne sembla pas déranger les deux jeunes gens le moins du monde pour les minutes qui suivirent.