La puissance du jeune dieu se révèle ... tant pis pour son grand frère.

Bonne lecture ^^


Sirius pour sa part, avait les yeux fixés sur sa cousine. Autant qu'il pouvait avec tous ces cadavres devant. Rhéania … celle qui était venue le retrouver, tout lui révéler, l'avait soutenu et épaulé dans cette histoire … était étendue sur le sol, inerte. A cause d'Arès. Une colère sans nom affluait. Comme l'autre jour avec Rosier. Mais son frère était cent fois pire. Déjà Aménix et Nadjatep se démenaient contre les soldats des ténèbres. Sirius serra les dents. Maudit … maudit … il ferma les yeux un instant, au risque de se faire empaler par les ennemis autour. L'un des squelettes pointait d'ailleurs une lance vers lui.

« Sirius ! » cria Nadjatep.

Il rouvrit les yeux à ce moment-là. Un hurlement qui dut s'entendre à des kilomètres jaillit, en même temps qu'une vague de magie qui déferla telle une avalanche. Tout autour fut désintégré sur plusieurs mètres à la ronde. Arès plissa les yeux devant le spectacle.

« Il a du potentiel ce gosse. » se dit-il.

Sirius se précipita vers Rhéania qu'il prit dans ses bras. Elle avait les yeux clos.

« Rhéania ! Rhéania ! »

Pas de réponse. Il la serra contre lui. La terre se mit alors à trembler. S'ouvrant par endroit, elle engloutit tout sur son passage.

« Wolà ! » s'exclama Aménix en s'écartant d'une faille.

La lave remonta des profondeurs de la terre. Le vent souffla avec force, devenant tornade aspirant l'armée des morts. Des éclairs tombèrent sur le sol en pluie. L'eau jaillit du sol en geysers, puis balaya par le milieu les créatures d'Arès. Ce dernier songea qu'il était temps d'en finir. Sirius reposa doucement sa cousine sur le sol. Il se leva, face à son aîné. Arès lança une onde de choc. Le jeune dieu tendit la main, arrêtant l'attaque. Le dieu guerrier matérialisa alors une catapulte. Un énorme rocher fut lancé sur Sirius. Ce dernier regarda venir la pierre. D'un revers de main, il la chassa comme l'on chassait une mouche. Ensuite, il se mit à avancer en direction d'Arès. Son visage était un masque de fureur, de haine contenue qui ne demandait à exploser.

Arès fit apparaître une dizaine d'archers. Les flèches sifflèrent vers Sirius. Il leva la main gauche. Les flammes consumèrent les projectiles, puis leurs lanceurs. Des lances les remplacèrent, qu'un puissant souffle dévia. Black continuait sa marche sans s'arrêter.

« L'a l'air parti pour lui pilonner la tête. » constata Aménix.

« On devrait peut-être intervenir. » suggéra Nadjatep.

« Je ne crois pas. »

Sirius balayait successivement toutes les attaques que lui envoyaient son frère. Des armes anciennes, mais des modernes aussi qui ne parvenaient pas à lui causer la plus petite éraflure. Arès se dit donc qu'il allait l'avoir au corps à corps. Tout comme il l'avait fait avec sa nièce, il espéra le prendre de vitesse. Le bras armé se leva, prêt à frapper. Black stoppa le coup en tenant le poignet de son frère.

« Dis-moi Arès, tu sais pourquoi les dieux mâles approchent rarement leurs enfants avant un certain âge ? » demanda Sirius, polaire.

Arès fronça les sourcils, déstabilisé par la question. Il sentit tout à coup son bras s'affaiblir. Il ne parvenait plus à le maintenir en l'air. C'est alors qu'il se rappela, qu'il comprit. Les jeunes dieux étaient des dévoreurs de magie. Il voulut se dégager, mais l'emprise de son petit frère était trop forte. Plus il perdait en force, plus Sirius en gagnait. Il résolut alors de le frapper du pied au ventre. Le jeune dieu glissa sur le côté. Il saisit la cheville de son frère, opéra un demi-tour et le projeta au loin. Non sans absorber encore de sa magie. Arès ricocha sur le sol aussi bien qu'un galet sur l'eau. Il roula ensuite sur l'herbe. Vive l'écologie.

Lorsqu'il s'arrêta, il n'eut pas le temps de se relever. Une poigne l'enserra au cou et le souleva presque. Sirius serra à l'en étrangler. Arès lança un coup de poing, stoppé par son frère. Sirius le relâcha soudain. Il attrapa son frère par le col de sa cape, avant de le mordre au cou. Si vite que le dieu ne put réagir. Arès sentit toute son énergie divine, la plus haute forme de magie quitter son corps, affluer vers la morsure de son frère.

Il hurla de colère, tenta de se libérer. En vain. Implacablement, inexorablement Sirius dévorait son aîné. La peau de ce dernier commença d'ailleurs à noircir. Elle se rida, se fissura, se déchira, tomba en lambeaux et en poussière. Il ne resta plus rien du dieu. Les mâchoires du jeune dieu se refermèrent. Il laissa choir les vêtements d'Arès. Durant un instant, il contempla le tas de chiffons à ses pieds. Il tendit ensuite une main, de laquelle jaillit une gerbe de feu. Ceci fait il tourna les talons.


Aménix et Nadjatep le virent revenir. Ils échangèrent un regard incertain. Avait-il réussi ? Mais comment ?

Sirius pour sa part, approcha de Rhéania. Ses deux amis vinrent le rejoindre.

« Dites-moi que vous savez comment la soigner ! » implora Black.

« Il lui faut du nectar, le nectar des dieux. » répondit Nadjatep.

« Hébé ! » appela aussitôt Sirius.

La déesse de la jeunesse accourut. Elle versa de sa boisson sur la plaie de la jeune déesse. Elle se referma. Hébé lui en fit couler dans la bouche. Le liquide sacré se répandit dans le corps de Rhéania. Qui eut une inspiration.

« Rhéania ! » sourit Sirius en la voyant rouvrir les yeux.

« Sirius ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle.

« Arès t'a fait un joli piercing au ventre. » répondit Aménix.

Rhéania se redressa, et regarda autour d'elle. Plus d'armée, plus d'Arès. Elle interrogea son cousin du regard.

« Arès n'est plus. » dit-il.

« Comment as-tu fait ? » s'étonna Rhéania.

« J'ai instinctivement compris ce que voulait dire Héphaïstos en parlant de ma jeunesse. Seules les déesses osent approcher leur progéniture, et encore avec précaution. Parce qu'ils ont un gros appétit. » révéla Sirius.

Rhéania le dévisagea.

« Tu l'as … euh … mangé ? »

« On peut dire ça. Sa magie en tout cas. »

« Ah ouais ! C'est radical ça ! » fit Aménix stupéfait.

C'était la seule manière pour un enfant dieu d'avoir le dessus sur un adulte, aguerri qui plus est. Sirius se releva et aida sa cousine à se mettre debout. Ils firent ensuite route vers le Poudlard Express. Dumbledore vint à leur rencontre, souriant.

« Je suppose que vous avez réussi. » dit-il.

Sirius acquiesça. Il annonça que les jeunes pouvaient regagner l'école. Enfin, dès qu'elle serait de nouveau entière. En attendant, ce serait une bonne idée de remettre la locomotive devant le train et non à côté. Black s'en chargea, pendant que Rhéania allait à l'arrière. Le jeune dieu souleva la locomotive. Il l'apporta jusqu'aux rails sur lesquels il la déposa. Il la rattacha ensuite. De son côté, Rhéania saisit l'arrière du dernier wagon. Elle se mit à tirer. Un grondement se fit entendre, suivit d'un grincement. Les wagons retrouvèrent leur position initiale. Albus se chargea de faire disparaître les traces du choc.

« Un peu d'aide pour faire demi-tour ? » demanda Rhéania.

« C'est une idée, si vous pouvez. » répondit Dumbledore.

« Nous sommes des descendants des Titans, qui étaient aussi forts que des montagnes. Alors je pense qu'un train ne devrait pas poser de problèmes. » répondit Rhéania.

Bien sûr, étant encore jeunes ils devraient s'y mettre à deux. Les dieux décollèrent afin de se retrouver au niveau du toit. Ceci fait, chacun attrapa le rebord du dernier wagon pour l'un et de la cheminée pour l'autre. Ensemble, ils soulevèrent le Poudlard Express. Tournant ensuite, ils le reposèrent en direction de l'école. Les élèves à l'intérieur se demandèrent ce qui se passait encore.

« Merci beaucoup ! » lança Dumbledore.

« Pas de quoi ! Allez, à l'école maintenant. » répondit Black.

Aménix et Nadjatep rejoignirent leurs amis dans les airs. Ils se posèrent devant les ruines.


« Wow ! Ça fait vraiment un drôle d'effet de voir le château en pièces détachées. » commenta Sirius.

« Comment comptes-tu t'y prendre pour le remettre en état ? » demanda Nadjatep.

« Ça va aller. » répondit Sirius.

Il tendit les mains, prit une inspiration. La magie pulsa autour de lui. Il agissait encore à l'instinct concernant une partie de ses pouvoirs. Les pierres du château se mirent à décoller. Tel un film en marche arrière, les murs s'élevèrent, leurs pans se scellant entre eux. Les morceaux de vitraux se rassemblèrent, les escaliers se reconstituèrent. Tout fut remis à sa place, en état. Sirius redonna même vie aux tableaux et armures qu'il avait vidés. Poudlard fut comme neuf.

« Bravo Sirius ! Vraiment impressionnant ! Je crois que tu as découvert ce que tu vas incarner en tant que divinité. Tu n'as même pas eu besoin de mon aide pour rendre ce que tu avais pris. » commenta Rhéania.

Sirius contemplait son école avec affection. Même s'il ne devait plus y retourner, il y avait des souvenirs particuliers. Le Poudlard Express arriva juste à temps pour regagner les locaux. Les élèves découvrirent avec étonnement leur collège de nouveau sur pieds. Ils se mirent à chuchoter entre eux tout en le regardant. Ses trois amis vinrent le rejoindre pour le féliciter et le remercier.

« C'est toi qui l'a reconstruit ? » demanda James.

« Oui, tout seul comme un grand. » répondit Nadjatep.

« Eh ben !

« Et maintenant que va-t-il se passer pour toi ? » questionna Remus.

« Je ne sais pas. Je vais sûrement me rendre sur le Mont Olympe dans un premier temps. C'est ma maison après tout. » répondit Sirius.

« Mais est-ce qu'on te reverra ? » demanda Peter.

« J'espère bien. »

Il les étreignit ensuite un par un. Il était temps de rentrer. Rhéania approcha de son cousin.

« Les autres n'ont peut-être pas besoin de se souvenir. » dit-elle à mi-voix.

Sirius jeta un œil à l'assemblée d'élèves.

« En effet. »

Il tendit de nouveau les mains vers eux. Ils sursautèrent, se demandant ce qu'il allait leur faire. Rosier lança un avertissement à ses camarades : selon lui Sirius allait s'en prendre à eux comme il l'avait fait avec lui.

« Crétin. » murmura Black.

Le sort se répandit sur l'ensemble de ses condisciples avant qu'un seul ne puisse réagir.

« Oubliettes. »

Le regard des étudiants devint vitreux. Minerva en profita pour leur demander de rentrer. Seuls deux personnes du corps enseignant et trois élèves sauraient ce qui s'était passé. Sauraient à propos de lui. Remus, James et Peter lancèrent un au-revoir à leur camarade avant de franchir la grande porte du collège à leur tour. Aménix et Nadjatep regagnèrent leur pays, pendant que les deux autres se posèrent au pied du Mont Olympe. Sirius soupira. Il allait faire connaissance avec le reste de ses semblables. Il sentit une douce pression sur son épaule. Rhéania lui souriait doucement. Il lui rendit son sourire, avant de la suivre.

Les jeunes dieux disparurent. Ils arrivèrent devant un immense palais tout de marbre. La décoration se composait essentiellement de scènes de la mythologie grecque. Des peintures aux couleurs éclatantes. Rhéania mena son cousin à travers les couloirs, jusqu'au cœur du palais. Là où son père Zeus et le reste des dieux se réunissaient. Ils étaient tous là d'ailleurs, en train de manger et boire, papotant gentiment. Zeus les remarqua et redressa la tête.


« Mes enfants, dieux de toute sorte, nous avons de la visite. » annonça-t-il en tendant la main vers les arrivants.

Toutes les têtes se tournèrent vers eux. Ils dévisagèrent avec curiosité le garçon à côté de Rhéania.

« Je vous présente mon dernier fils, Sirius. » reprit Zeus.

Sirius du reste n'était pas très à l'aise sous ces regards curieux. Sirius remarqua Tirénias dans un coin, qui lui adressa un signe de tête en souriant. Zeus vint rejoindre son fils, qu'il prit par la main. Il l'amena près de son trône.

« Si tu es là, j'imagine que Arès n'existe plus. » dit-il.

« Non en effet. »

Rhéania alla rejoindre sa mère et son grand-père Poséidon. En apprenant qu'Arès avait été vaincu et même détruit, ce fut la stupeur parmi les dieux. Qu'un des leurs soit capable de terrasser un adulte était un véritable exploit.

« Bravo mon enfant. Cela nous fait un souci en moins. Bien, je vais te présenter à ta famille. Voici Héra, mon épouse. »

Sirius porta le regard sur Héra. Belle comme toutes les déesses, mais avec un air sévère. Elle le toisa froidement. Sirius inclina la tête devant elle.

« Reine Héra. »

« Au moins ce n'est pas le fils d'une mortelle. Et il a l'air d'avoir des manières.» dit-elle.

Zeus haussa légèrement les sourcils. Un compliment venant de la déesse connue pour sa jalousie … se pourrait-il qu'elle l'accepte ? Une bonne chose pour lui en ce cas. Zeus fit le tour de la famille. Il lui présenta notamment ses autres enfants : Héraclès, Persée, Hélène de Troie, Dionysos tous issus d'une mortelle, Athéna, Apollon, Artémis, Hermès, Perséphone l'épouse d'Hadès … il termina enfin par Poséidon et sa famille.

« Ma fratrie semble soulagée de me voir. » fit remarquer doucement Sirius à Rhéania.

« Oui … c'est parce qu'ils pensent que Zeus va leur ficher la paix maintenant que son petit dernier est là. »

« Ah ... »

Sirius ne savait comment prendre la nouvelle.

« Quelqu'un sait où est Aphrodite ? » interrogea le dieu des dieux tout en présentant son fils aux Muses.

« Sur terre dans un bloc de glace. Elle a essayé d'attirer ton fils dans ses filets. » répondit Rhéania.

« Ah ! Eh bien je l'en sortirais plus tard. » déclara Zeus.

Les Muses avaient accaparé Sirius. Elles lui ébouriffaient les cheveux, lui caressaient la tête et les joues, le serraient contre elles.

« Il est trop mignon ! » fit Clio, muse de l'Histoire.

« Je me demande ce qu'il va incarner. » ajouta Terpsichore, patronne de la danse.

« Il faut que tu viennes danser et chanter avec nous un de ces jours ! » ajouta la muse de la musique, Euterpe.

« Euh … » répondit Sirius, qui ne savait plus ou donner de la tête.

« A ce propos, je crois qu'il va être temps de l'introniser. » lança Zeus.

« Déjà ? On peut dire que tu perds pas de temps toi. Si tu le laissais s'habituer un peu ? » intervint Hadès.

« Roooh mais ça va bien se passer ! Mon fifilstounet qui a déjà accompli un exploit digne des plus grands alors qu'il est si jeune ! » lança Zeus en le soulevant de terre.

Plus loin, Sirius aperçut Héraclès et Persée pouffer de rire. En effet, il allait avoir son père sur le dos pendant un moment. Yay.

« On va pouvoir faire la fête ! » s'exclama Euphrosine une des Trois Charitès (ndla :Grâces), incarnant la joie et l'hilarité.

« Bonne idée ! » ajouta sa sœur Thalie, gérant la bonne chère et la floraison (et qui porte le même nom qu'une muse).

Zeus reposa son fils par terre. Ce fut ensuite un branle-bas de combat pour préparer la cérémonie d'intronisation du nouveau dieu. Il fut conduit dans un pièce où trônait un bassin en pierre circulaire. Selon le roi des dieux, l'eau qui s'y trouvait était issue de l'océan primordial, de laquelle les dieux étaient sortis.

Sirius entra dans le bassin tout habillé. Il était revêtu pour l'occasion de riches tissus. L'habiller n'avait été une mince affaire, étant donné que les Muses avaient absolument voulu s'en charger. Or le jeune n'était pas pour se dévêtir devant neuf femmes encore inconnues pour lui. Leur mère Eurynomé avait dû intervenir pour qu'elles le laissent en paix. Sirius fut totalement immergé dans l'eau première. Celle-ci se mit alors en mouvement autour de lui. Elle se resserra jusqu'à le compresser. Sirius ouvrit les yeux. Non … quelque chose devait mal se passer. Il fallait qu'il remonte. Ce fur alors qu'il amorçait les premiers mouvements qu'une voix se fit entendre dans sa tête.

« Ne te débats pas. C'est normal que l'eau se serre autour de toi. Calme-toi et tu verras que ce n'est pas pénible. »

Sirius reconnut Rhéania. Il tenta de faire ainsi qu'elle conseillait. Ne plus bouger. Il constata alors que l'étreinte devenait douce, comme si quelqu'un le serrait contre lui. L'eau prit un autre aspect, devenant comme soie ou velours. Il se sentait bien. Comme un fœtus dans le ventre de sa mère. Le jeune dieu ressentit une grande force l'envahir. Du bruit, beaucoup de bruit en quelques secondes, auquel succéda tout un panel d'émotions. Du chaud, du froid, de la lumière, la noirceur. Le monde. Il ressentait le monde comme s'il était lui. Sirius se sentit poussé vers le haut. Il émergea de l'eau étincelant.

Zeus prononça un discours signifiant l'acceptation de Sirius parmi les dieux de l'Olympe, la main sur la tête de son fils. Dioné sa mère était revenue parmi les siens, et assistait avec émotion à la cérémonie.

Un copieux banquet s'ensuivit ensuite. Les Trois Charitès se chargèrent comme à l'accoutumée de mettre l'ambiance avec les Muses, pendant qu'Héphaïstos servait tout le monde en nectar et ambroisie, assistant par là Hébé.

« Félicitations pour ton intronisation parmi nous. » dit-il à Sirius, qui bavardait avec Hermès.

« Merci beaucoup, et merci pour ton conseil. Il m'a été très utile. » sourit Sirius.

« Et bravo aussi pour avoir marqué des points auprès d'Héra. Nous savons tous ici à quel point c'est difficile. »

Héphaïstos continua son tour de table. Sirius mangea la nourriture la plus délicieuse qu'il eut jamais goûtée, toute faite à base d'ambroisie en dépit de sa forme ordinaire.


Un matin, alors qu'ils arrivaient dans la Grande Salle pour prendre leur petit-déjeuner, les trois amis de Sirius eurent la surprise de le découvrir déjà attablé. Il portait sa robe de sorcier ainsi que la cravate aux couleurs de Gryffondor.

« Sirius ? Ben ça pour une surprise ! Qu'est-ce que tu fais là ? » s'étonna James en s'asseyant en face de lui.

« A ton avis ? J'ai fais connaissance avec tout le panthéon grec, mais malgré ça j'ai eu envie de terminer les quatre années qui me restent ici. Avec mes amis. » sourit Sirius.

« C'est vraiment gentil à toi. Alors raconte : comment ça s'est passé avec les autres dieux ? » dit Remus.

« Bien. Même Héra, l'épouse de mon père qui est connue pour être jalouse m'a accepté. Bon nous ne sommes pas de grands amis, mais elle ne me dit rien. Les autres sont gentils. Comme je vous l'ai expliqué, mon paternel a eu un bon paquet d'enfants. Qui du reste sont plutôt contents de mon arrivée, car Zeus a tendance à être un peu collant, ce que je confirme. » expliqua Sirius tout en se versant du jus de citrouille.

« Et tu es le dieu de quoi alors ? » interrogea Peter.

« De la magie, de l'amitié, l'amusement et de la loyauté. »

« Tout ça ? » releva James.

« Oui. La magie est ma principale caractéristique. Zeus pense que ça fera de moi un dieu puissant. Le reste me décrit aussi. D'ailleurs en parlant d'amusement, il faudra que je vous présente Hermès. C'est un sacré blagueur, et il est vivement intéressé par nos tours. » expliqua Sirius.

« Ça ils s'entendent comme larrons en foire. » fit une voix.

« Hé Rhéania. » fit James.

La brunette s'assit à côté de Sirius, saluant les trois autres au passage.

« Et comment ça s'est passé avec Arès au fait ? Tu ne nous a pas expliqué. » relança Remus.

« Tout à l'heure, dans notre chambre. Y' a trop de monde ici. »

Il fallut tout de même attendre la pause-déjeuner. Les autres enseignants furent contents de retrouver le jeune homme pour le reste de son année. Une fois les cours pour la matinée terminée, les quatre garçons plus Rhéania se retrouvèrent dans la chambre des Gryffondors. Là, Sirius entreprit de leur raconter son périple depuis leur séparation. Il leur parla donc de son entrevue avec les dieux nordiques, ainsi que celle avec son oncle Hadès.

« T'es allé en enfer ? » s'exclama Peter.

« Oui. Mais ce n'est pas forcément comme on le décrit. » fit Sirius.

« Tout dépend de quel point de vue tu te places. En tant que divinité c'est nettement moins risqué. Par contre pour les mortels … selon ce qu'ils ont fait cela peut en effet être terrible. Tu n'as pas visité le Tartare. » rectifia Rhéania.

« Et c'est quoi ? » demanda Sirius.

« L'endroit où séjournent les suppliciés. Les criminels, les Titans également. »

« Ah oui … c'est effectivement moins sympa vu comme ça. » reconnut Sirius.

« Je trouve aussi. »

Sirius continua son récit, décrivant son affrontement avec sa sœur Aphrodite. Cette dernière avait été libérée de sa prison de glace par Zeus. Elle fut du reste chagrinée par la mort d'Arès comme l'on pouvait s'y attendre. Toutefois, selon les autres elle irait rapidement se consoler dans les bras de quelqu'un. Paraîtrait-il qu'elle aurait des vues sur Thor, le dieu nordique. Vint ensuite la confrontation avec Arès. Le combat avait été difficile, bien que Sirius se soit fait épaulé dans cette bataille. Il expliqua ensuite comment il avait fini par le vaincre. Ses amis firent quelque peu la moue.

« Enfin, t'en es débarrassé c'est le principal. Et puis vu ce qu'il projetait de faire, ce n'est pas une grande perte. » commenta Remus.

« Oui. Tiens ça me fait penser que j'ai quelque chose pour toi Rem'. » annonça Sirius.

« Pour moi ? » s'étonna Lupin.

Sirius acquiesça, se leva de son lit et s'approcha. Il posa ensuite une main sur le torse de son ami, au niveau du cœur. La main brilla. Remus sentit quelque chose se produire en lui, il n'aurait su dire quoi. L'affaire ne dura qu'une minute.

« Voilà. Je t'ai retiré ta malédiction. Ou plutôt je l'ai modifiée : tu sera désormais un animagus loup. Tu pourras donc décider quand te transformer, sans risquer de contaminer qui que ce soit. » révéla Sierius en ôtant sa main.

« C'est … c'est vrai ? »

« Bien sûr. Je suis le dieu de la magie, je suis capable de réaliser ce qui vous est impossible. Essaie tu verras bien. »

Remus le regarda un moment. Il n'était plus maudit … sa malédiction était devenue une bénédiction. Le jeune hésita un moment : il n'osait y croire. De plus, il ignorait comment s'y prendre. Sirius le conseilla donc sur la manière de procéder. Penser intensément à l'animal, s'imaginer dans son corps. Remus fit ainsi qu'on lui indiquait. Il sentit bientôt son corps s'allonger à certains endroits, raccourcir à d'autres. Il retomba à quatre pattes. Quand il rouvrit les yeux, il s'aperçut qu'il avait changé d'angle de vue. Baissant la tête, il découvrit deux pattes. Il avait réussi ! Il n'était plus dangereux. Le loup se dressa sur ses pattes arrières, s'appuya sur les épaules de son ami pour lui lécher le visage d'importance.

« Héhé ! Bon, j'ai rendu ta métamorphose plus facile. Normalement, il faut du temps et de l'entraînement pour devenir animagus. » expliqua Sirius.

Remus reprit forme humaine.

« Merci Sirius. Tu n'imagines pas le service que tu viens de me rendre. »

« Mof c'était pas grand-chose. »

« Voilà qui est très intéressant. Ce genre de don me paraît pratique. On pourrait sûrement explorer Poudlard sous forme animale. Personne ne nous soupçonnerait. » remarqua James.

« Des fois je me dis que tu ferais un bon Serpentard toi. » lança Sirius.

« Hmph ! »

La pause s'acheva sur cette bonne note. Dumbledore fut aussi satisfait d'apprendre la guérison de Remus. En revanche … les jeunes se gardèrent bien de lui signaler le pendant de ce changement. Pas fous les gus.