Chapitre 5 : L'aveu de Cornelius Fudge

À l'image du père qui venait d'apprendre le décès de ses enfants et du vieillard de 110 ans, Dumbledore descendit le tas de décombres du manoir Malefoy avec Pitbull et un employé du Service d'incendie magique. Les deux hommes l'aidèrent à marcher jusqu'à une large souche sur laquelle il pouvait s'assoir. Une femme d'un certain âge, d'apparence sévère et vêtue d'une grande robe émeraude accourut vers son chef.

— Monsieur, avez-vous un chef adjoint qui puisse prendre la relève? demanda Pitbull qui lui tendit une boîte de mouchoirs.

— Si, moi-même! répondit précipitamment la femme.

— Professeur McGonagall, vous n'auriez pas dû, protesta tristement Dumbledore.

— Non, professeur Dumbledore! objecta-t-elle sur un ton qui n'invitait pas a lui tenir tête.

Elle se tourna vers Pitbull et ils se présentèrent.

— J'ai vu l'incendie chez des amis moldus. Ils sont morts tous les quatre?

— Non, il y a seulement les corps de monsieur et madame Malefoy, répondit Pitbull en baissant la voix.

On demanda aux curieux et aux journalistes de s'éloigner. Un employé de la Justice magique du Ministère confirma qu'il y avait eu incendie criminel et meurtres. Les gens criaient et certains lançaient des insultes. Le ministre Fudge appliqua la pointe de sa baguette magique à l'endroit de ses cordes vocales et il parla comme s'il tenait un micro.

— Pour ne pas nuire au déroulement de l'enquête, veuillez reculer de l'autre côté de la bande jaune.

— Monsieur le ministre? Monsieur le ministre? Rita Skeeter de La Gazette du sorcier! cria la journaliste blonde qui agita une plume rose au-dessus de sa tête.

— Reculez, madame, intervint Dimitri d'un ton calme et autoritaire.

— Mais je suis spécialiste en matière de crime, monsieur! répliqua Skeeter.

— Laissez-nous d'abord faire notre travail et quelqu'un sera désigné pour répondre à vos questions lorsque nous aurons des preuves solides.

— Laissez-nous? répéta la journaliste, mécontente. Vous, les américains, vous refusez d'aider le Minis... Hé! Lâchez-moi! ...

Dimitri saisit la journaliste par un bras et il la conduisit de l'autre côté du périmètre de sécurité. En plus de la bande jaune, on jeta un sort pour empêcher les gens d'aller sur le terrain. Les enquêteurs du Ministère, de l'Ordre et de Salem fouillaient minutieusement le domaine Malefoy et d'autres individus venaient avec des informations puis repartaient.

— Alors? demanda Dimitri qui rejoint Peter près de la clôture, la ou le détraqueur avait attaqué le petit Drago et l'enfant moldu.

— C'est étrange, répondit le jeune auror. J'ai retrouvé d'autres poils du même animal et...

— La chauve-souris?

— Oui, mais les chauves-souris du coin sont grisés et celle-ci est noire.

Dimitri se gratta le menton. En effet, il y avait matière à énigme.

— Un animagus?

— Ça se pourrait bien, dit Peter qui fixait Rogue. Tu as ton MagicPad?

Un homme au physique robuste et vêtu d'un long manteau beige apparut près du ministre Fudge. Pitbull reconnut le ministre de Salem, Bob Hope.

— Cornelius, qu'est-ce qui s'est passé ici? Ou sont les Malefoy et madame Poveda? cria Hope, faisant retourner tout le monde qui travaillait et discutait.

— Oh! Je vais devoir intervenir. Attendez moi, dit Pitbull au professeur McGonagall, a Dumbledore et à trois autres personnes.

Le chef auror américain alla d'un pas rapide. Hope était furieux et il savait tout. Fudge et son confrère communiquaient régulièrement.

— Hier, le petit a été attaqué par un détraqueur et aujourd'hui, les deux parents sont morts dans leur maison incendiée, hurla Hope en agrippant Fudge par le collet. Tu te rends compte? L'élu de la prophétie est mort et le petit se retrouve orphelin par ta faute!

— Monsieur Hope... Je vous..., pria Fudge, mal à l'aise.

— Hé woh! Du calme! lança un homme.

— Messieurs, messieurs, messieurs..., fit Pitbull qui les sépara prudemment, entouré de Paul Green et une femme. Ce qui risquait d'arriver est fait et ça ne sert à rien d'engueuler qui aurait dû faire quoi. Maintenant, nous devons faire équipe pour retrouver un criminel et protéger l'enfant et madame Poveda.

— Oui, mais est-ce que tu te rends compte? L'élu est mort! répliqua Hope, consterné.

Pitbull se tourna vers Fudge qui renifla. Le ministre britannique venait de perdre deux amis irremplaçables et il savait que son gouvernement était en partie responsable de ce drame. Il fit apparaître un mouchoir d'un coup de baguette, se moucha, puis déclara :

— Je vais tout vous raconter.

L'attroupement s'agrandit autour de lui. Dumbledore, le professeur McGonagall, Rogue. Plusieurs se doutaient de quelque chose et voulaient savoir.

— Lorsque j'étais directeur au Département des accidents et catastrophes magiques, en 1987, j'ai surpris une conversation entre Arthur Weasley, Amos Diggory et Dolores Ombrage. Ils sont les leaders d'une association anti-malefoy. Leurs membres sont des victimes du clan de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, des témoins, des curieux naïfs, ainsi que les parents adoptifs du petit Harry Potter. Je me suis approché d'eux et je leur ai rappelé qu'il restait des mangemorts en liberté. Ceux qui n'ont pas la marque des ténèbres sont difficiles à identifier et ils pourraient très bien s'infiltrer dans leur organisation. Je leur ai demandé de mettre un terme a leurs activités et ils m'avaient promis de le faire. Mais après mon élection, Lucius et Narcissa ont commence a recevoir des menaces de mort par lettres et, il y a deux semaines, j'ai entendu une conversation par la porte entrouverte du bureau du Service des détournements de l'artisanat moldu.

Un groupe anti-malefoy s'activait donc et tout le monde s'entendait pour y rechercher les membres et les interroger. Il était clair que des mangemorts devaient profiter de cette organisation pour se venger des Malefoy et continuer ce que leur défunt maître n'avait pas achevé.

— Laissez-moi m'occuper des funérailles, dit Dumbledore qui savait exactement ce que Lucius et Narcissa voulaient s'ils mouraient. Le professeur McGonagall, Severus et les autres vous aideront à trouver les anti-malefoy.

— Et pour le petit? À qui devrons-nous le confier? demanda Hope.

— Je crois que la garde de Drago revient a Severus. Il est son parrain, répondit le professeur McGonagall.

— Non, s'opposèrent en même temps Rogue et Fudge.

— Mon filleul ne sera pas en sécurité avec moi, car j'ai aussi été un espion parmi les mangemorts. Mon rôle était de protéger cette famille et ma tâche se poursuivra lorsque Drago entrera à Poudlard, expliqua Rogue.

Derrière, Peter souffla a l'oreille de Dimitri de garder un œil sur cet homme chauve-souris.

— Le testament de Lucius et Narcissa est au ministère et je sais qu'ils ont désigné madame Poveda, dit Fudge.

— Horace? Iris et Kristian sont restés à Sainte-Mangoute? interrogea Hope.

— Oui, monsieur, confirma Pitbull.

— Dans ce cas, la tâche de mettre le petit et madame Poveda en sûreté vous revient.

— À vos ordres, monsieur!

Le chef des aurors de Salem sortit de l'attroupement et fit signe à Dimitri. Le désigné obéit et ils s'isolèrent pour parler.

— Va à l'hôpital de Salem et demande qu'on prépare une chambre pour le petit. Je vais aller à Sainte-Mangouste et Iris, Kristian et moi nous occupons de les amener.

— Entendu, patron


Extrait du chapitre suivant : Chapitre 6 Une famille décimée

Dans le cadre de porte de la chambre de Drago, Iris vit son chef courir vers elle.

— Que se passe-t-il là-bas? s'inquiéta-t-elle.

— J'ai arrêté deux individus dans l'ascenseur qui s'en venaient kidnapper le petit, répondit Pitbull qui la fit reculer pour entrer dans la chambre.

— Quoi?