Bonjour !
Je profite d'une petite pause entre deux clientes pour vous poster le chapitre 7 ! Celui-là j'ai adoré l'écrire contrairement au précédent mdr
Un énorme merci à Saya600, Maricia1805 et xGothicAngel pour vos reviews ! J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre !
Pour la musique : Your love is a gift d'Izia, Life is going down d'Izia et Poet in the wind d'Asaf Avidan :)
Je ne sais pas encore si j'aurais le temps d'écrire avant la semaine prochaine, je pars trois jours à Toulouse ça risque d'être compliqué ^^'
Bonne lecture mes petits rôdeurs !
Chapitre 7 – L'homme qui tombe à pic
LOLA
- Il t'a cru ? demanda Michonne tandis que j'émergeais du bloc A.
Je me tournai vers la samouraï, adossée contre le mur de briques aux côtés de Barry, avant de secouer la tête en signe de négation. Le soleil couchant caressait de ses rayons dorés la façade du bâtiment bétonné, conférant une ambiance chaleureuse, presque apaisante, malgré la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvions.
- Je suis un foutu livre ouvert pour lui, répliquai-je, morose.
- Qu'est-ce-que tu veux faire ? s'enquit-elle en s'approchant de moi pendant que le poète humoriste, un sourire béat aux lèvres, observait une coccinelle posée sur son index.
- Hershel m'a fait passer la liste des médicaments à récupérer. Je prends mes affaires et je décolle.
- Tu sais que ça risque de ne pas lui plaire, constata mon amie.
- Il est pas en état de discuter pour le moment, déclarai-je en me dirigeant d'un pas décidé vers la salle commune
- J'imagine que ça ne sert à rien d'essayer de te faire changer d'avis ? lança-t-elle dans mon dos.
Je m'immobilisai une seconde, serrant dans ma main le morceau de papier que le patriarche m'avait confié quelques minutes plus tôt.
- Je ne peux pas rester ici à attendre un miracle, Michonne. Daryl est là dedans, avec Glenn et tous les autres. Je refuse de les abandonner. Lui ne le ferait pas, ajoutai-je avant de pénétrer dans le pénitencier.
Je me précipitai vers notre cellule, la gorge nouée par le calme des lieux habituellement si vivants. Finalement, l'agitation qui m'avait tant étouffé ces derniers mois, me manquait. Le bourdonnement des discussions, les enfants qui couraient dans tous les sens, les pleurs de Judith, les disputes, les éclats de rire...toutes ces choses du quotidien, résonnaient désormais par leur silence. C'était pesant. Voire même carrément angoissant.
J'attrapai mon sac à dos dans lequel je fourrai une veste, une bouteille d'eau et deux barres de céréales, puis m'emparai de ma machette que j'avais abandonné en fin de matinée contre le lit. Les choses avaient dégénéré tellement vite. J'avais presque du mal à croire que quelques heures plus tôt, Daryl et moi jouions les adolescents à chercher un coin tranquille pour laisser libre court à nos pulsions érotiques. Mon estomac se noua en repensant à cet instant de tendresse volé à l'apocalypse. Putain de merde, Lolita, c'est pas le moment de déprimer ! me réprimandai-je.
En redescendant, je croisai Rick et Maggie en pleine discussion. A en voir la mine renfrognée de l'aînée des Greene, celle-ci devait être fort déplaisante. Je décidai de ne pas m'attarder et me dirigeai déjà vers la grille lorsque le shérif m'interpella.
- Tu vas quelque part ?
- L'école vétérinaire, répondis-je en redressant mon sac sur mon épaule.
- Je ne peux pas te laisser faire ça, déclara-t-il, ses prunelles glaciales plantées dans les miennes.
- J'ai jamais dit que tu avais le choix, Shérif.
- Daryl ne serait jamais d'accord avec ça !
- Peut-être, mais il ferait la même chose à ma place, et tu ne l'en empêcherais pas, remarquai-je.
- Lola, reprit-il doucement, on ne sait pas comment vont évoluer les choses. Il ne lui reste peut-être pas beaucoup de temps.
- Tu crois que je le sais pas ? m'écriai-je, excédée. Il est là dedans, Glenn et Lori aussi...et...je dois au moins essayer. Il le faut, on a besoin de ces médicaments.
- Tu ne peux pas y aller !
Ignorant son ordre, je m'élançai vers l'extérieur, consciente que mon attitude était tout sauf raisonnable, surtout si on tenait compte de ma chance légendaire. Mais il s'agissait de Daryl. Et pour Daryl, j'étais prête à tout. Tant pis si je devais y laisser ma vie, ou pire, me prendre la tête avec lui à mon retour. Ouais, j'avais un drôle de sens des priorités en ce qui le concernait.
- Attends ! appela Maggie tandis que je franchissais la porte métallique.
- Je ne changerai pas d'avis.
- Je sais, dit-elle avant de me serrer dans ses bras. Merci.
- T'emballe pas, m'esclaffai-je, histoire de détendre l'atmosphère particulièrement lourde, j'ai pas encore réussi.
- Prends ça, déclara la jeune femme en me tendant son 9mm et son holster.
Je la remerciai silencieusement avant d'attacher l'attirail autour de mes hanches, ajoutant ainsi la touche de sexytude qu'il manquait à mon look post apocalyptique.
- Tu vas réussir, affirma-t-elle. J'ai confiance.
- Fais attention à toi, répliquai-je en tournant les talons.
La main crispée autour du manche de ma machette, je retournai à la voiture pour découvrir Barry installé derrière le volant et Michonne qui déposait ses affaires dans le coffre.
- Qu'est-ce-que vous faites ?
- On t'accompagne Lo, répliqua la samouraï en prenant place côté passager.
- L'adorable Lola a besoin d'un cocher et d'une escorte pour cette entreprise périlleuse, déclama le colosse d'un ton monocorde en passant la tête par sa vitre ouverte.
- Un cocher ? sourcillai-je.
Je jetai un dernier regard vers le bloc A, implorant silencieusement l'archer de tenir bon. Il m'avait sauvé un nombre incalculable de fois. A présent, c'était à mon tour.
DARYL
J'sais plus. J'sais que je suis en colère. Mais j'sais plus pourquoi. Cette foutue fièvre m'empêche d'avoir les idées claires. J'suis là depuis quoi ? Une heure ? Deux ? J'en sais rien. Y a encore eu deux morts. Le Docteur S. dépérit à vue d'œil. Lori n'est pas mieux. Elle crache de plus en plus de sang. Hershel pense qu'elle tiendra pas le coup. J'suis pas proche d'elle, mais c'est triste quand même. On se connaît depuis le début de ce merdier. A part Carol, Rick, Carl, Lola et moi, tous ceux du début sont partis. Sont peut-être mieux où ils sont en fin de compte. Je tousse. Je m'étouffe. Et merde. J'me mets à cracher du sang moi aussi.
Je m'allonge sur le sol. La joue collée contre le béton froid. J'regarde Lola. Elle est étendue face à moi. Elle me parle. Mais j'comprends rien à ce qu'elle me dit. Elle parle du schtroumpf messie. Pourquoi elle parle de ça ? Et c'est quoi son délire avec la tarte aux myrtilles ? J'capte que dalle. J'ferme les yeux, épuisé par cette foutue crève. Mais quand je les rouvre, elle est plus là. Merle a pris sa place. Putain. Mais il sort d'où ? Il se fout de ma gueule. J'le vois à son sourire goguenard. Cet enfoiré se marre. Ça l'éclate de m'voir dans cet état. Et puis j'me souviens. Il peut pas être là. Il est mort merde. Alors pourquoi j'le vois ?
Je sombre. Mes paupières sont lourdes. Lola est revenue. Elle sourit. Et son sourire éclaire tout. Bordel. J'me transforme en Barry. Elle se lève, lentement. Pourquoi elle porte cette robe ? C'est celle qu'elle avait à New York...pour son audition. Elle s'élance...et elle danse. Putain. Elle danse. J'pensais pas revoir ça un jour. Ça me rend heureux. J'la contemple, la gorge nouée. Je m'en lasserai jamais. J'ai jamais connu quelqu'un comme elle. Avec Hana, c'était autre chose. Pas de l'amour finalement. Même si j'y ai cru. Le temps que ça a duré. Avec Lola, c'est douloureux. C'est intense. Ça me bouffe...ça me dévore de l'intérieur. J'donnerai ma vie pour elle, putain. Elle est tellement différente. Tellement forte. Tellement unique. Tellement elle.
- Je t'aime plus que la vie elle-même, je m'entends dire.
Pourquoi je dis ça ? Putain, elle a fait de moi une vraie gonzesse. Pourquoi elle me fait ça ? Pourquoi elle a disparu encore ? Elle est où ?
Je sens qu'on m'aide à me lever. C'est Sasha, et l'vieux. Lui, il pète la forme. L'afro américaine, moins.
- Daryl, murmure la voix suave de la sœur de Tyreese. Viens t'allonger.
- J'vais bien, je proteste.
- Tu viens de dire à Hershel que tu l'aimais plus que la vie elle-même alors, désolée de te contredire, mais tu ne vas pas bien.
- Merde...j'ai pas fait ça ?
- Je suis très touché Daryl, se moque le vieux, mais gardez cette déclaration enflammée pour Lola.
LOLA
Fidèle à lui-même, le paysage défilait sous mes yeux en une succession d'images sombres sur fond de rôdeurs affamés. La nuit avait commencé à tomber dans un camaïeu de bleu qui se mariait délicieusement avec la carrosserie grisâtre de notre véhicule. La colorimétrie avait toujours été toujours au cœur de mes préoccupations lorsque je contemplais le ciel. Une des rares choses que j'avais en commun avec ma mère d'ailleurs. Je me crispai vaguement en pensant à elle. M'infliger ces réminiscences était un passe-temps auquel je n'avais aucune envie de m'adonner pour le moment.
Nous étions partis depuis près de deux heures. Deux heures pendant lesquelles, les kilomètres s'étaient entassés mollement au rythme plutôt modéré de la conduite du poète humoriste. Putain. Le colosse était un véritable escargot au volant...une calamité !
- Barry, tu veux pas accélérer un peu ? implorai-je, nerveuse en pensant à nos amis restés à la prison.
- Ne confond pas vitesse et précipitation, chère danseuse. Qui veut voyager loin, ménage sa monture.
Je me renfrognai dans la banquette arrière, les bras croisés sur ma poitrine en signe de dépit. A ce rythme là, on aurait dû y aller en trottinette, songeai-je agacée. J'adorais Barry mais, sa façon de conduire...beaucoup moins. J'avais bien tenté à plusieurs reprises de lui faire comprendre que Michonne et moi étions tout aussi capable de nous mener à bon port, mais ce dernier n'avait rien voulu savoir, insistant sur le fait qu'il avait été cocher dans une vie antérieure...cocher dans une vie antérieure ?! Je me mis à glousser bêtement en revoyant son air très sérieux lorsqu'il nous avait annoncé ça de son ton monocorde. Le catcheur était un véritable OVNI au milieu de ce bordel.
Incapable de tenir en place, je me tournai sur la gauche, puis sur la droite, avant de jeter un coup d'œil par la lunette arrière. J'avais les nerfs en pelote. On avait fait quoi ? Quarante kilomètres ? En deux heures ? Nous allions passer la nuit dehors. Mais ce qui m'inquiétait le plus, c'était de ne pas savoir dans quel état se trouvaient nos amis. Enfin, pour être parfaitement honnête, c'était surtout l'état de Daryl qui me terrifiait. Je me retournai une nouvelle fois, soupirant bruyamment, mes jambes tremblant nerveusement sur la moquette de la voiture. Ce voyage allait me rendre dingue.
- Calme toi Lo, tenta Michonne en me lançant un regard amusé à travers le rétroviseur.
- J'y arrive pas, marmonnai-je en posant mes coudes sur les deux sièges avant.
Dans une tentative désespérée pour penser à autre chose, je tendis un bras et tournai le bouton du transistor. Cependant, à part des grésillements plus ou moins mélodieux, il n'y avait pas grand chose. J'espérais quoi ? Entendre le dernier tube à la mode sur Radio Apocalypse ? Après tout, pourquoi pas ? Les White Zombie s'étaient peut-être reformés...
- Attends, intervint la samouraï alors que j'allais éteindre le poste.
- T'as entendu un truc ?
L'afro américaine chercha quelques secondes, faisant aller la molette d'un côté puis de l'autre.
- ...communauté...sanct...ivent...
- C'est quoi ? m'exclamai-je, abasourdie.
- …...
- On capte plus, répliqua-t-elle.
- Bizarre, soupirai-je avant de me tasser à nouveau dans le fond de la banquette.
Je reportai mon attention sur l'extérieur, observant avec un calme tout relatif ces cadavres pitoyables. Ils avançaient sans but, mâchoires grandes ouvertes, traînant derrière eux leurs membres putréfiés répugnants. L'un deux se prit les pieds dans ses intestins qui pendouillaient joyeusement de son abdomen éventré avant de trébucher lamentablement. Les yeux écarquillés, je regardai la scène se dérouler presque au ralenti tant elle était ridicule. Je m'esclaffai silencieusement lorsque Barry freina brutalement.
- Qu'est-ce-qui se passe ? m'enquis-je en massant mon front qui avait heurté l'appui-tête devant moi.
- Il semblerait qu'une âme égarée se dresse sur notre chemin.
Je plissai les yeux pour découvrir à travers le pare-brise, un homme, se tenant les mains en l'air en plein milieu de la route.
- On fait quoi ? murmurai-je.
- Il n'a pas l'air bien dangereux, remarqua Michonne.
- Il fait presque nuit, comment tu peux le savoir ? pouffai-je.
- Une intuition. Tu devrais aller lui parler Lo.
- Pourquoi moi ? chuchotai-je.
- Les gens t'adorent, en particulier les hommes, plaisanta-t-elle.
- Ouais super, et on a vu comment ça s'est terminé, grommelai-je.
- Tu es la plus ancienne du groupe.
- Et alors ? m'exclamai-je à voix basse.
- Alors ça fait que Rick aura plus confiance en ton jugement, qu'en le mien ou en celui de Barry.
- Pour ce qui est de Barry je ne sais pas mais Rick te fait confiance, répliquai-je avec un haussement de sourcils.
- Je me charge de notre visiteur, déclara alors le colosse qui s'apprêtait déjà à sortir de la voiture.
- Non, l'interrompis-je, j'y vais.
Après avoir pris une grande inspiration, je m'extirpai de la voiture tout en maugréant. Pourquoi fallait-il toujours que je me retrouve dans ce genre de situation ? Je devais avoir un gêne en commun avec Glenn pour être systématiquement dans les plans foireux.
Le 9mm de Maggie pointé devant moi, l'inconnu dans mon viseur, je m'approchai prudemment. Avec la chance que j'avais, ce type devait être pote avec le Gouverneur...ou J.C...ou les deux, me crispai-je. Bordel. Dans la précipitation, je les avais complètement oublié ces deux là. Je m'immobilisai une seconde, réfléchissant vaguement à la situation. J'étais armée, Michonne et Barry également. A priori, ce mec était seul...enfin, en apparence. Priant pour que ma bonne étoile ne m'ait pas une nouvelle fois abandonnée, je m'avançai d'encore quelques pas, gardant toutefois une distance de sécurité que je jugeai plus ou moins raisonnable. D'origine afro américaine, le crâne quasiment rasé, une barbe de plusieurs jours et un sourire sympathique aux lèvres, l'homme avait l'air plutôt avenant.
- Bonsoir, lança-t-il, les mains toujours en l'air.
- Salut, dis-je avec méfiance. T'es perdu ?
- J'avais un groupe, répondit-il tristement.
- Et ils sont où ? m'enquis-je sans pour autant baisser mon arme.
- Ils sont...morts...ça fait des semaines.
- Tu t'appelles comment ?
- Bob. Bob Stookey.
- Ok Bob...
Putain...j'étais nulle...complètement nulle. J'étais censée faire quoi maintenant ? Pourquoi Rick n'était jamais là quand on avait besoin de lui ?
- Euh...enchantée Bob, moi c'est Lola. Tu faisais quoi avant tout ça ?
- J'étais infirmier dans l'armée.
Infirmier dans l'armée?! Jackpot ! J'attrapai d'une main le morceau de papier sur lequel Hershel avait griffonné les noms des médicaments que nous devions rapporter et le lui tendis.
- Tu saurais déchiffrer ça ?
L'homme y jeta un œil avant d'acquiescer tout en me faisant l'inventaire des notes du patriarche. Ce mec tombé du ciel était un putain de cadeau. N'arrivant pas à croire ce que je m'apprêtais à faire, je repliai la feuille en quatre et la remis dans ma poche arrière de mon jean. Dire que je m'étais foutue de la gueule du shérif pour ça...
- Combien de rôdeurs t'as tué ?
- C'est l'histoire d'un mec qui rentre dans un café et qui dit « Salut ! C'est moi ! »...sauf que c'était pas lui.
Je me tournai vers Barry avant d'éclater bêtement de rire à la vanne la plus pourrie de toute l'apocalypse.
- Hilarant, sourcilla Michonne, la main crispée sur le manche de son katana, tandis que notre nouveau compagnon de route observait le colosse, hésitant visiblement entre rire et se sauver en courant.
Une nouvelle fois, le catcheur avait fait son petit effet. Ceci étant dit, lui n'avait pas eu droit au fameux « J'ai mangé ma mère » que m'avait sorti le poète humoriste lors de notre première rencontre.
- On a quand même la poisse, grimaçai-je, les muscles engourdis par les dix kilomètres de marche déjà effectués.
Après une halte de quelques heures dans une petite bourgade dont les seuls habitants se déplaçaient à coup de grognements et de claquements de mâchoire, notre véhicule avait décidé de rendre l'âme lorsque j'avais mis le contact aux premières lueurs du jour.
- C'est pas nous qui avons la poisse, me fit remarquer la samouraï avec un sourire amusé.
- Je n'y suis pour rien, m'exclamai-je en décapitant le cadavre d'une femme vêtu d'un superbe ensemble de lingerie Victoria Secret.
Je frissonnai de dégoût en réalisant subitement que j'avais eu le même dans mon ancienne vie. Une soit disant pièce unique qui en plus de m'avoir coûté les yeux de la tête, avait été fabriqué en série à en juger la dépouille grotesque étendue sur l'asphalte.
- On est encore loin ? s'enquit Bob.
- Cinq ou six kilomètres d'après les indications d'Hershel, répliqua Michonne avant de planter la lame de son sabre dans le crâne d'un rôdeur particulièrement décomposé.
Ce dernier s'écroula mollement sur le bitume, déversant des résidus de matière grise liquéfiée par la putréfaction dans un borborygme humide. Je retroussai le nez, retenant une brusque nausée tant l'odeur qui s'en dégageait était insoutenable. Bob se plaqua la main sur la bouche, imité de près par l'afro américaine. Seul Barry semblait s'accommoder de ces relents putrides.
- C'est quand même con d'avoir perdu notre moyen de transport si près du but, soupirai-je. Sans compter qu'on a tout le trajet du retour à se farcir.
- On va en trouver un autre, assura la samouraï.
Je priai silencieusement pour qu'elle ait raison. L'inquiétude me rongeait les entrailles. Littéralement. N'avoir aucune nouvelle de l'archer m'enserrait douloureusement la poitrine et quelque part, je me sentais égoïste de ne penser qu'à lui alors que Glenn, Sasha, Lori et les autres se trouvaient dans le même état. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Je n'y arrivais pas. Il était et avait toujours été ma priorité. Je me devais d'être forte, pour lui...et tant pis si pour ça j'oubliais un instant que nous n'étions pas seuls au monde.
Levant une seconde les yeux sur le ciel azur parsemé de nuages de cotons se diffusant dans le firmament en boules de barbe à papa blanches, je resserrai ma main sur le manche de ma machette avant de l'abattre fermement dans la tête d'un rôdeur barbu, lointain cousin de Rob Zombie si je tenais compte de son look de métalleux. Je contemplai néanmoins son t-shirt de Céline Dion avec une grimace. Merde. Finalement, il n'avait rien du cousin de Rob Zombie.
DARYL
J'ouvre les paupières. Le drap sur lequel j'ai dormi est trempé de sueur. Foutue fièvre. Je suis faible. Encore. Je déteste me sentir comme ça. Inutile. C'est c'que j'suis putain. Quand j'pense que c'est Lola qui est partie chercher les médocs à ma place...ça me tue. Ça me rend dingue qu'elle prenne des risques pour moi. J'le supporte pas. J'espère qu'elle va bien. Qu'elle s'est pas encore attirée des emmerdes. Surtout avec ce trou du cul de J.C et l'autre connard de Gouverneur dans la nature. Manquerait plus qu'elle tombe sur eux. Fait chier. J'veux me barrer d'ici. Ras le cul d'être enfermé et de servir à rien. Ça me ressemble pas. C'est pas moi. J'agis. Je reste pas en retrait. Jamais. Parce que je suis un Dixon. C'est dans mes gênes. C'est ce que j'suis.
Hershel se pointe avec une tasse de j'sais pas trop quoi. Ça pue son truc. En plus, ça fume. Il essaierait pas de m'empoisonner à cause de ma déclaration d'hier ?! Putain, j'ai vraiment déconné. Il va m'prendre pour un con.
- C'est quoi ?
- Infusion de sureau, dit-il en me tendant sa mixture brûlante. C'est excellent contre la fièvre.
J'me redresse. J'le remercie d'un signe de tête. Ses traits son creusés. Ses yeux fatigués. Il a l'air éreinté.
- Vous avez pas dormi ?
J'sais même pas pourquoi je demande ça. J'connais déjà la réponse. Cet homme est un saint. Toujours à faire passer les autres d'abord. J'ai du respect pour lui. Beaucoup de respect. J'crois que j'envie même Maggie et Beth. Avoir un père comme lui, ça doit être...autre chose que c'que j'ai connu. J'avale une gorgée de son truc. Ça a le goût de l'odeur. C'est dégueu. Mais ça a le mérite de me réveiller. Pt'être que ça passerait mieux avec une clope ?
- Caleb est mort cette nuit, annonce-t-il sombrement.
J'me fige. C'est une foutue hécatombe. On est en train de tous crever d'un rhume. Tu parles d'une ironie.
- Merde. Y en a eu d'autres ?
Il secoue la tête. Mais il est inquiet. Je commence à le connaître. Glenn se pointe. Il fait peur à voir. Autant que moi certainement.
- Mme Jacobson est en train de s'étouffer, dit-il à bout de souffle.
J'me lève aussi vite que je peux. Mes jambes vacillent sous mon poids. La cellule tourne autour de moi. Ma vue se brouille. Mais j'y prête pas attention. Le vieux a besoin d'un coup de main. Et j'me suis assez reposé comme ça. J'peux pas rester sans rien faire pendant que lui se tape tout le sale boulot.
- Vous devez vous reposer. Tous les deux, ajoute-t-il en nous désignant le coréen et moi.
- Plus tard.
J'le suis à l'extérieur. Je m'accroche au mur. J'peux pas croire que j'arrive même pas à faire deux pas sans me sentir mal. Ça me rappelle l'après Woodbury. Quand on s'est barré Lola, Merle et moi. Cet enfoiré arrêtait pas de se foutre d'elle. Elle avait le dos en miettes. Et on a rien vu. J'ai rien vu.
Cet endroit sent la maladie. Et la mort. Le couloir de la mort n'a jamais aussi bien porté son nom. C'est un foutu cauchemar. La gamine Lizzie est là. Elle se tient dans un coin, les bras croisés, elle observe. Elle attend. C'est un vautour, cette gosse. Comment Carol a pu la prendre sous son aile ? Lori sort de sa cellule. Elle titube. Elle tousse. Elle se prend la gorge entre les mains. Incapable de reprendre son souffle. Elle suffoque. Sa respiration est sifflante. Rauque. Effrayante. Je m'approche. J'suis tellement shooté, que la scène se passe au ralenti. Elle me repousse et elle s'écroule, dans un bruit mat. Sa tête heurte le béton dans sa chute. Elle rampe. Elle crache encore. Inonde le sol de son sang. Elle souffre, j'le vois. Et...tout va très vite. J'ai à peine le temps de comprendre ce qui se passe que la vieille Jacobson se jette sur elle et lui déchire la carotide avec les dents. Ça gicle partout.
Elle se vide de son hémoglobine sous mes yeux. Je sors de ma torpeur. Je me précipite comme je peux sur le cadavre ambulant. Je lui éclate la tête contre le mur. Mais c'est trop tard. Y en a déjà deux autres occupés à bouffer les intestins de la femme du shérif. Putain de merde. Hershel débarque. Glenn et Sasha aussi. J'ordonne aux vivants de s'enfermer dans leurs cellules. Et c'est reparti. Ça recommence. Les morts s'entassent. Et moi, j'dois encore survivre à ça.
A suivre...
Haha oui je sais, je ne vous abandonne pas au meilleur moment lol
Je vais essayer de faire au mieux pour écrire la suite avant mon départ !
J'espère que ce chapitre vous a plu ? Que pensez-vous du petit road trip de Lola, Barry et Michonne ?
A bientôt !
