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Chapitre 7 : Jouons ensembles
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POV Roy
Edward sortit du labo après m'avoir effleuré les lèvres, provoquant chez moi une vague de désir que je sentis passer dans tout mon corps, quand bien même il fut parti.
Il me cherchait, ce gosse ! Mais je ne comptais en aucun cas craquer, par fierté masculine, mais aussi parce que je me serai senti coupable de payer un gosse pour satisfaire mon désir et mes fantasmes mal placés.
- Oh mais regarde comme il me nargue !, soufflais-je à Jean tout en regardant Edward assis sur la photocopieuse en train de parler avec Riza, qui avait passé les deux derniers jours à user de ses charmes.
- Je te signale que tu fais la même chose., intervint Maes, revenant de sa visite à la machine à café.
- Je croyais qu'Evelyne te satisfaisait entièrement ?, glissa sournoisement Jean.
Je ne répliquais rien ; après tout, il avait raison. Avant que ce jeu ne s'installe en Edward et moi, mon manque s'était passé. Maintenant, c'était lui qui me faisait envie, malgré le sentiment de me sentir coupable de le désirer qui me hantait.
Je m'accoudais à ma table, et réfléchis. Edward était très distant, ne me parlait pas ou presque pas, et aucun contact stable ne s'était établi entre lui et moi. Pourquoi ? Il s'était tout de suite lié d'amitié avec Jean, Herman et Riza, et Maes, Vato et Kain étaient sur la bonne voie. Moi, j'avais du rater un tournant.
Je voulais en savoir plus sur lui, savoir pourquoi et comment un gamin s'était-il retrouve prostitué. Même si sa mère en était une, quoique j'avais des doutes sur leurs liens de parenté, il fallait de la volonté. A moins qu'il passe son temps à se faire violer ; mais ce n'était pas possible, sinon il ne se laisserait pas prendre dans notre jeu.
- Dis, Roy, ça serai bien que tu ailles voir où en sont les analyses au labo ?
- Ouais, je vais y aller., soupirais-je en me levant.
- Je t'envoie le petit blond ?, demanda Maes.
- Ouais, bonne idée. Ça lui évitera de glander.
Je me dirigeais donc vers le laboratoire, croisant dans le couloir la femme du patron, deux stagiaires à lunettes relisant leurs notes et une secrétaire au téléphone. D'ordinaire, je me serais retourné pour mater son cul, mais je ne le fis pas. J'avais d'autres projets en tête ; comme faire craquer le petit blond qui me rattrapa alors que j'ouvrais la porte du labo.
- Dis donc, tu me cherches depuis deux jours ?, lançais-je tout en inspectant sans vraiment le faire les résultats des analyses de la première série d'éprouvettes.
- Vous aussi, mais ça ne marche pas., répondit-il d'un ton qui se voulait insolent, un tantinet charmeur.
Je me retournais. Edward était appuyé contre le mur à côté de la porte, jouant avec une cigarette éteinte, la faisant voyager entre ses doigts. Ceux-ci me parurent très agiles, des mains expertes. Je pouvais sans grand mal imaginer ces mains parcourant avec agilité les corps qui lui tombaient sous la main. Je me rapprochais mine de rien du mur contre lequel il s'était appuyé, contournant une table où étaient posés tout un tas de petites fioles, et de piles de dossiers, similaires à ceux qui encombraient mon bureau.
Il sentit ma manœuvre et s'écarta par l'autre côté, sans pour autant arrêter de me jeter des coups d'œil, surveillant ma trajectoire. En passant à mon tour près de la porte, je verrouillais celle-ci et observais sa réaction. Il sourit nerveusement, d'autant plus qu'il savait très bien que je ne bougerais pas et qu'il n'aurait, cette fois, aucun moyen de s'échapper.
- C'est de la séquestration., murmura-t-il
- Si tu le prends comme ça.
Je marchais lentement vers lui, connaissant parfaitement le métabolisme de la pièce, et petit à petit, réussis à le coincer entre moi et l'armoire où nous rangions les dossiers et les rapports des analyses.
- C'est de la triche., souffla-t-il alors que ma main remontait lentement le long de sa cuisse.
- Tu as peur ?
- Vous voudriez…, répondit-il en approchant ses lèvres de mon cou, me faisant frissonner.
Il le remarqua et sourit. Des bruits de paroles dans le couloir nous tirèrent de notre « jeu ».
- Je crois que c'est pas prudent de jouer ici.
- Tu préfères continuer chez moi ?, glissais-je, profitant de sa petite remarque pour me lancer sur un terrain qui était le sien.
- Vous abandonnez ?
- Pas avant toi., répondis-je d'un ton décidé en m'écartant de lui pour aller déverrouiller la porte, signe que je ne comptais en aucun cas me laisser aller. Je voulais entendre sa propre voix me demander, et non le contraire.
Le soir même, je rentrais en voiture à cause de grèves de transports. Même les taxis s'y mettaient. Sur le bord de la route, pas mal de gens faisaient du stop pour rentrer chez eux, n'ayant pas prévus que les taxis ne seraient pas en service, ou pas beaucoup.
Les rues étaient bondées de passants cherchant un moyen de transport, de voitures coincées aux feux rouges ou par des jeunes qui traversaient la route en dehors des passages piétons rien que pour emmerder pépé et mémé qui rentrent de leur visite chez Jeannette.
Malgré tout ce monde et toute cette agitation, je repairais parmi la foule un visage qui ne m'était pas inconnu.
Sur le coup, je ne réagissais pas, mais une fois mes pensées à nouveau tournées vers Edward, je tiltais. J'arrêtais ma voiture sur le bas-côté et descendais sur le trottoir.
A quelques mètres de là, une jeune femme blonde attendait en vain un taxi. Cette jeune femme, je l'avais déjà vue.
- Mademoiselle ?, interpellais-je
- Oui, monsieur ?
- Vous êtes bien une amie d'Edward ?, demandais-je le cœur battant.
- Oui, c'est exact. Pourquoi ?
- C'est long à expliquer. Je vous raconte en chemin ?, proposais-je.
- Euh, je ne sais pas…
- Vous prenez combien la nuit ?, lançais-je
La jeune blonde n'avait pas eu l'air surprise lorsque je lui avais demandé un prix ; mais après tout, c'était normal.
Pendant le trajet, malgré sa timidité flagrante nous parlâmes de tout et de rien, des embouteillages, du métro et de la fermeture du fleuriste rue de Seine en passant par le caniche de la femme de mon patron.
Elle fit quelques allusions aux goûts et habitudes d'Edward, sans pourtant sembler s'en rendre compte. Profitant de quelques feu rouges, j'observais son profil, régulier, avec de belles pommettes et de longs cils sous les yeux.
- Vous habitez une belle rue !, s'exclama-t-elle en descendant de voiture.
- Vous trouvez ? Content que ça vous plaise.
Je tournais la clé dans la serrure et poussais la porte. La blonde entra à ma suite dans le salon du deux-pièces que j'occupais.
- Vous vivez seul ?, s'étonna-t-elle
- Eh oui… Vous avez l'air surprise ?
- Vous savez, dans mon métier, c'est courant de voir des hommes tromper leurs femmes. Je pensais que vous étiez au moins avec quelqu'un.
- Non non., mentais-je, car en réalité, je sortais avec Evelyne.
La soirée fut plutôt chaude et mouvementée. Catherine possédait une poitrine « généreuse », des lèvres pulpeuses et d'autres qualités que je pus admirer. (ndla : je vais pas épiloguer la dessus…)
Après nos ébats, je me retrouvais couché près d'elle dans la peine ombre, une clarté fine provenant des lampadaires de la rue passant à travers les stores baissés à la va-vite.
Je l'observais discrètement ; elle inspectait du coin de l'œil la pièce.
- Pourquoi m'avez-vous demandé si j'étais bien une amie d'Edward ?, questionna-t-elle soudain, me devançant sur ce sujet.
Je me raclais la gorge, plutôt assez gêné.
- Edward est mon assistant au laboratoire de recherches. Je suis … comment dire … un peu inquiet du fait qu'il se prostitue à cet âge.
- Je vois ce que vous voulez dire. C'est son choix, je ne vois pas vraiment comment nous pourrions l'empêcher…
- Sa mère ne dit rien ?
- Maria ? Ce n'est pas sa mère, elle n'a que pour mission de le surveiller, et de subvenir à ses besoins. Si il était majeur, elle le laisserais se débrouiller seul.
Je me relevais précipitamment, comme si tout s'éclairait d'un coup dans ma tête. J'allumais la lumière et regardais Catherine sans vraiment la voir, le regard dans le vide, dans mes pensées.
- Je me disais bien qu'ils n'avaient aucune ressemblance., concluais-je
- Comment connaissez-vous Maria ?
- Elle loue un étage de l'hôtel particulier de mon oncle, près des Champs Elysées. J'ai eu l'occasion de lui parler.
- Je vois. Juste une question : il bosse bien Edward ou il glande ?
Je m'esclaffais, suivit de Catherine.
- Sérieusement ?, demanda-t-elle une fois notre sérieux repris.
-Sérieusement ? Il fait assez bien ce qu'on lui dit, mais commence à prendre un certain plaisir à s'asseoir sur la photocopieuse pour regarder voler les mouches.
D'après ce que Catherine put me dire pendant les minutes qui suivirent, Maria avait la garde de Edward, pour une raison inconnue. En tant que tutrice elle se devait de l'éduquer, mais apparemment, ne faisait rien de tel, vu que Rose se chargeait souvent de le reprendre lorsqu'il dépassait les limites.
Mais d'après celle-ci, Edward avait du recevoir une éducation irréprochable durant son enfance, et était surement issu d'une famille bourgeoise, peut-être bien même riche pour avoir une connaissance parfaite de la gession des sommes d'argent qu'il récoltait. Elle me glissa aussi que Winry savait quelque chose sans pour autant vouloir le dire, car Edward lui avait fait jurer de ne rien raconter, un soir où il s'était effondré en pleurs dans ses bras.
Elle me raconta qu'il était arrivé un matin, et leur avait demandé si il pouvait attendre avec elles. Plus tard, elle avaient appris qu'il était le fils de Maria, la leadeuse de la bande adverse. Puis Winry avait décidé de fonder son groupe, que Maria avait rejoint.
- Alors comme ça, vous ne savez rien., concluais-je
- Non, juste que Ed est sous la garde de Maria.
- Il n'a pas de famille ?
- Nous savons juste qu'il a un petit frère. Rose est tombée sur une photo de lui et son frère qui était tombée du porte-feuille d'Ed. Et à chaque fois que nous essayons d'en savoir plus, Maria nous envoie balader en nous disant que se sont les affaires personnelles d'Ed. Lui, il nous répond qu'il ne veut pas en parler.
- Je vois., soupirais-je., Mais ça m'inquiète tout ça.
Catherine hocha la tête, puis haussa les épaules.
- Ce qu'il faut à Ed, c'est de la fermeté, de l'encadrement...Maria le laisse tout faire.
Je me levais, me rhabillais en vitesse et allais allumer la lumière du salon.
- Vous voulez quelque chose à dîner ?, demandais-je à la jeune femme qui s'habillait à son tour.
- Mafoi, c'est pas de refus ! En ce qui concerne Ed..., ajouta-t-elle en me suivant dans le salon, son t-shirt à la main., Si vous pouviez ....
- Le surveiller ?, finissais-je à sa place.
- Voilà.
- Ne vous inquiétez pas, je l'ai à l'oeil.
- C'est gentil.
Je lui souriais, répondais que c'était normal que je le surveille un minimum, que c'était mon rôle en tant qu'adulte de garder un oeil sur un gamin dont les activités sont douteuses.
- Mais que ça ne vous embête pas, surtout., s'enquit-elle.
- Non, non.
Je saisis le téléphone, et me tournais vers Catherine, qui, assis sur l'accoudoir du canapé se débattait avec ses cheveux. Finalement, elle posa son ruban bleu sur la table, et leva ses yeux vers moi.
- Une pizza, ça vous va ? Je ne suis pas très doué en cuisine...
- Vraiment ? Je peux vous aider si ça ne vous dérange pas, j'adore cuisiner !, s'exclama-t-elle
- Si vous voulez., répondis-je en reposant le téléphone. Vous avez une spécialité ?
- Oui, les crèpes ! J'en fais souvent lorsqu'Edward vient à l'appartement que j'occupe avec Rose et Winry., dit-elle en me suivant à la cuisine.
- Vous croyez qu'elle en savent plus que vous ?
- Non, sincèrement je ne crois pas., soupira-t-elle en farfouillant dans mon frigo pour trouver de quoi faire des crèpes, apparement. Si vous voulez des renseignements sur Ed, il faut demander à Maria, mais ça m'éttonerais qu'elle vous réponde. Déjà qu'elle nous a envoyer balader lorsqu'on a demander d'où venait Ed, au début qu'on se connaisse.
- Parlez-moi d'Edward. Bien que je passe mes journées avec lui dans le labo ou dans les bureaux, je n'ai pas l'occasion de lui parler vraiment. J'ai un peu l'impression de ne pas le connaître vraiment...
- Edward, c'est un ange, mais il faut savoir par quel bout le prendre. L'amitié et la complicité sont dures à avoir avec lui, à moins de trouver un "lien" particulier avec lui, ou même un jeu, une blague personnelle...
Un jeu, enfin quel genre de jeu !
Quoique, ça n'a pas l'air de lui déplaire ce petit jeu de "tu me veut, tu crois m'avoir ... mais tu m'as pas !"
- Mais ce qu'il manque à Edward, c'est un père. Rose, moi et parfois Winry, prenons la place de mère dans son esprit, vu comment il agit vis-à-vis de nous quelques fois. A-t-il des réactions parfois puériles ou ... comment dire ... des marques d'un quelconque respect autre que celui enfant/adulte ?
Je repensais à son attitude avec moi l'autre jour devant l'hôtel. Il avait réagit comme un enfant, en me demandant de ne pas dire à Lori qu'il fricottait avec Jack. Comme un enfant demandant à son père de ne pas dire à sa mère qu'il a fait une bétise.
- Je crois que d'après ce que vous venez de me dire, c'est en vous qu'il voit une image de "père" parfois. Alors, agissez en conscéquence, ça serait gentil, s'il vous plait., murmura Catherine après que je lui ait raconté la scène.
- Bien sûr., assurais-je.
Dès le lendemain, je décidais de prendre les choses en main, de suivre les demandes de Catherine. Pour commencer, je lui pris son paquet de cigarettes des mains lorsque je le croisait devant les bureaux, tout en lançant un "allez, au boulot ! Et puis les gosses, ça doit pas fumer !". Sur le coup il ne répliqua rien, surement intrigué de me voir agir ainsi.
De plus, notre petit "jeu" continuait, et je ne voulais en aucun cas capituler. Mais je me sentais un peu coupable : d'un côté, ce gamin m'attirait, mais d'un autre c'était mon rôle en tant qu'adulte de l'empêcher de continuer sur la voie sur laquelle notre petit jeu l'emmenait. J'étais coincé.Coincé entre mon désir et ma raison.
- Maes, je fais quoi ?!!, implorais-je
- Tu pourrais commencer par m'expliquer ton problème., suggéra Maes, tout en buvant son café matinale, appuyé contre l'armoire à dossier du labo, celle contre laquelle j'avais coincé Edward lors de notre petit jeu.
- Bonne idée. Voilà : c'est mon devoir en tant qu'adulte de ramener Edward sur le bon chemin ... mais ...
- Votre petit jeu t'en empêche.
- ...
- Tu ne peut pas, ou tu ne veut pas arrêter ce jeu ?
- Raaahh, j'en sais riiieeennn !!, m'exaspérais-je
Je soupirais et tentais de m'abstraire dans le travail. Une idée germa dans ma tête pendant que je débalais d'un carton, une nouvelle petite machine qui allait servir à faire des analyses qu'on venait de recevoir : ce jeu ne tournait-il pas à mon avantage si j'étais censé rester de marbre face à ses avances ?
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Coupez ! Elle est bonne !!
Roy : On est dans une Fanfic, pas sur un plateau de tournage, idiote !
La ferme, tu casses mon bel élant ! Chapitre plutôt bien n'est-ce pas ?(Ed : prétentieuse !) J'espère que ça vous a plu ; moi j'ai adoré l'écrire en tout cas. Notre relation Roy/Ed frise le parental là ! Mais c'est fait exprès pour la (lointaine) suite XD
