Jour 35...

Elle avait cinq appels en absence quand elle ralluma éventuellement son téléphone. Trois de ses parents et deux de lui. Elle avait envie d'effacer son nom et son numéro, mais si elle le faisait, alors elle ne saurait jamais quel numéro ignorer. Il n'y avait pas que ça, à chaque fois qu'elle essayait de l'effacer, son doigt refusait simplement d'appuyer sur le bouton pour confirmer.

Cordélia abandonna finalement après la onzième fois et lança la stupide chose de l'autre côté du lit, où il resta pour la plus grande partie de la matinée. Elle était trop occupée pour se soucier de quelque chose qu'elle payait très cher. Trop occupée à se ressasser la nuit dernière en essayant de comprendre ce qui lui était arrivé.

Bien sûr elle aurait dû réaliser ce qu'elle faisait, mais il avait été dedans avec elle. Puis il en était sortit et avait dit des choses qui faisaient plus mal qu'elle ne voulait l'admettre. Peut-être qu'elle était légèrement jalouse que Buffy soit passée en premier, mais et quoi? Elle était jalouse que Colin Firth ait une femme sensuelle et titulaire d'un doctorat d'Etat. Ca ne voulait rien dire.

Il y avait bien plus que ça. Il y avait le pari qui détruisait lentement sa vie et ce qui restait de sa santé mentale, qui ne ferait pas long feu si ces fichus fantasmes n'arrêtaient pas de survenir. Il était peut-être un fragment de son imagination, mais il avait raison. Elle n'avait pas le droit d'être moralisatrice alors que c'était elle qui trompait. Puis, et si le pari n'avait pas existé?

Elle pourrait être morte dans son lit maintenant et personne ne le saurait avant que son corps sans vie et en décomposition ne soit découvert par la police suite à des plaintes d'odeur infecte. Enfin, au moins une bonne chose en serait sortie, et c'était qu'elle ne serait pas morte vierge. La pensée la fit sourire d'un air affecté, l'amertume ayant un goût immonde.

Cordélia fit semblant de ne pas avoir regardé son téléphone briller de façon tentant au bord de son lit et passa juste à côté. Il n'était pas là, il n'existait pas, et ça aurait marché si la sonnerie qu'elle lui avait attribuée ne s'était pas mise en marche.

Comme si elle allait répondre. "Pfff."

Le fichu truc continua de sonner jusqu'à ce qu'elle soit forcée de refuser l'appel et de refermer le portable. "Je ne te parle pas," sa voix était faible et douce à ses oreilles, donc Dieu seul savait l'impression qu'elle lui aurait donnée. Probablement larmoyante et geignarde, et ça ne lui ressemblait tellement pas.

Son menton resta dans sa main pendant un petit moment avant qu'elle ne se force à bouger. Elle avait intérêt à verrouiller les portes de son balcon. Elle fit une pause avant de les atteindre tandis qu'elle pensait aux conversations tard dans la nuit. Elles ne se produiraient plus.

L'ennuie frappa assez rapidement après ça et elle se prit à flâner dans la maison, dans l'espoir de trouver quelque chose à faire. Malheureusement, il y avait encore moins que rien. Puisqu'elle n'avait pas de projets, elle pouvait tout aussi bien en profiter pour prendre une journée pour elle, toute seule. Peut-être aller au centre commercial et s'offrir une jolie nouvelle robe ou de nouvelles chaussures, ou même aller chez Mancini pour un dessert ridiculeusement malsain.

Cordélia jeta un oeil à l'horloge de la cuisine et cligna des yeux quand elle vu qu'il n'était que midi. Elle avait l'impression qu'il était plus tard, pour une raison ou pour une autre, mais peu importe. Au moins, elle avait assez de temps pour des achats thérapeutiques décents et une glace, peut-être même un film. Selon le Sunnydale Ledger, le film du week-end était Le journal de Bridget Jones et si quelqu'un avait besoin d'une dose de Mr. Firth, c'était bien elle.


La glace au chocolat avec la sauce caramel chaude n'avait jamais eu un goût aussi bon et fade à la fois. C'était définitivement une expérience inhabituelle, pensa-t-elle en plongeant une autre cuillerée dans sa bouche, la laissant fondre sur sa langue avant d'avaler. Elle fixa la chaise vide en face d'elle et ses lèvres se pincèrent.

Sans perdre une autre seconde, Cordélia enfonça plus de glace dans sa bouche. Avec ce truc, les gens étaient censés se sentir mieux, pas pires. Elle ricana silencieusement. Ce n'était pas comme si elle devait se sentir mal pour quoi que ce soit puisqu'elle n'avait pas vraiment fait quelque chose de mal. Enfin, si sa tentative pour être mordue n'était pas prise comme mal.

Soudainement, son plaisir ne sembla plus si chouette. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû faire ça, mais lui, il n'aurait pas dû dire ces choses. Puis, il y avait le pari à prendre en considération. L'aurait-il mordue s'il n'avait pas existé? Si oui, qu'est-ce qu'il aurait fait d'autre? Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, pas quand c'était elle qui lui avait offert le café. Il n'aurait probablement rien fait de toute façon, puisqu'elle ne pouvait même pas garder l'intérêt d'un humain.

Que devait-il penser d'elle? Quelque chose lui disait qu'elle ne voulait vraiment pas savoir, mais elle supposait que traînée à vampire était une assez bonne description de ce qu'il pourrait inventer. Parce que Dieu seul savait que c'était exactement ce qu'elle était. Une traînée à vampire.

Ce fait prit ce qui restait de la sauce succulente et la transforma en un amas écoeurant, froid et gluant qu'elle écrasa avec sa cuillère, puis dans lequel elle essaya de faire un visage souriant pour essayer de se dérider. Comme on pouvait s'y attendre, ça ne marcha pas, alors que le visage souriant fini moins que souriant. Il avait deux yeux, un nez et une bouche avec une petite paire de crocs faits par les pépites de chocolat.

Super, c'était juste fichtrement super. Les rumeurs sur lui étaient vraies. Il n'y avait vraiment aucun moyen d'échapper à Angélus et, à cet instant, elle le détesta véritablement. Elle le détesta parce qu'il était un idiot, parce qu'il était l'ex de Buffy, parce qu'il avait arranger sa voiture, parce qu'il ne l'avait pas mordue, et parce qu'il était honnête. Ce qu'il avait dit sur le fait qu'elle n'était pas capable de garder un garçon était entièrement vrai et plus d'une fois ces mots avaient amenées des larmes dans ses yeux.

Elle n'avait pas demandé à être trompée et publiquement humiliée, mais peu importe. C'était arrivé, et elle devait vivre avec. Ses amies en avaient profité pour provoquer une bonne dose de chagrin. Cordélia ne pouvait pas leur en vouloir. Quel genre de fille abandonne ses amies à cause d'un garçon? Une imbécile. Elle se rappela s'être demandée si, au fond, elle était une blonde naturelle et que le truc du brun était juste de l'intelligence artificielle. Au moins comme ça, elle aurait eu une excuse pour avoir été aussi stupide.

A quel point était-elle idiote?

"Ne fais pas attention à moi, poussin. Continue de te morfondre."

Elle était tellement misérable qu'elle ne prit même pas la peine d'être choquée par sa présence et elle ne le regarda pas non plus pour l'accueillir. "Qu'est-ce que tu veux Spike?" Elle n'était vraiment pas d'humeur à jouer à ses jeux.

"Une petite discussion, c'est tout," répondit-il. "Imagine ma surprise quand ton Angel est revenu hier soir avec une poignée de contusions. Il a donné une bonne vielle raclée à un pauvre démon. Mais en a reçu une en échange, ne t'en fais pas." Il fit une pause et elle su qu'il y avait un énorme sourire affecté plaqué sur son visage.

"Tu parles de se mettre à l'aise à la maison," marmonna Cordélia. "Il va bien?"

"Comme un fichu charme."

"Je ne m'inquiétais pas pour Angel."

Ouais, bien sûr que non. Il la laissa vivre dans le déni un moment et puis reparla. "Je me demande pourquoi."

"Comment je le saurais? Je ne suis pas sa gardienne."

Devant le ton morose, Spike hocha lentement la tête, ses lèvres se pinçant alors qu'il étudiait la brunette. "Je veux toute l'histoire," dit-il avec un ton de voix qu'elle n'avait jamais entendu. "Pas de bobards maintenant, poussin."

"Je ne veux pas en parler, ni maintenant ni jamais."

"Que dirais-tu que je le demande gentiment? Qu'est-ce qui s'est passé pour transformer mon grand-sire en Terminator?"

"Tu aimes Terminator?" Facilement distraite, ton nom est Cordélia Chase.

"Arnie qui porte des Ray-Bans? C'est un classique."

Parfois elle avait les conversations les plus bizarres avec les gens. "Tu as besoin d'aide." Elle aurait pu dire la même chose pour elle-même, mais elle doutait qu'il y ait un psy avec une vie assez longue.

Il ricana un rire qui était totalement sincère. "Dit la fille qui s'est frayée un chemin jusqu'au devant de la file pour Bridget Jones." Elle lui lança un regard noir et reçu un petit rire pour la peine. "Ce Mr. Darcy, hein? Il est assez désirable, pas vrai? Grand, ténébreux, séduisant. Comme ton Angel quand on y réfléchi."

Est-ce qu'il allait arrêter ça? "Ce n'est pas mon Angel."

"Oh non?" La tête de Spike se pencha sur le côté alors qu'il continuait de la regarder. "Alors explique-moi les raisons de la petite panique d'hier soir."

"Demande-lui."

Ses sourcils se levèrent devant le ton triste et maussade. "Allez, on y va? Qu'est-ce qu'il a fait?"

Cordélia dévoila la vérité sur la question. "Rien." C'était ce qu'Angel avait fait. Absolument rien, si ce n'est lancer quelques piques durement franches.

"Et rien te fait pleurer."

Elle le regarda ensuite, de la surprise inscrite partout sur le visage. Comment savait-il qu'elle avait versé quelques larmes?

Spike se tapota le côté de la tête. "Vampire." Lorsqu'elle ne montra aucune intention de lui dire quoi que ce soit, il soupira et secoua la tête. L'encourageant, "Je suis toute ouïe, poussin."

Que Dieu lui vienne en aide, mais elle avait besoin de parler à quelqu'un, et ce n'était pas comme si elle pouvait parler de ça à quelqu'un qu'elle connaissait, pas vrai? La moitié d'entre eux lui rirait au visage et l'autre moitié la ferait interner avant qu'elle n'ait eu le temps de dire ouf. Elle prit une profonde respiration, laissa sa cuillère dans le sundae ruiné, et expira avec un soupir.

La tristesse abjecte sur son joli visage lui fit se demander ce qui avait bien pu se passer entre eux, par l'enfer.

"J'ai essayé de le pousser à me mordre."

"Tu peux répéter, chaton?"

Elle continua comme s'il ne l'avait pas interrompue. "Je ne veux plus faire ça. Tu peux reprendre tes mèches et la robe et les chaussures. Trouve-toi quelqu'un d'autre pour le faire et laisse-moi en dehors de ça à partir de maintenant." La tromperie n'avait jamais été un de ses hobby favoris et encore moins dernièrement. Surtout lorsque la personne qu'elle trompait n'avait rien fait pour la blesser. Combiné au fait qu'il ferait probablement pire que la blesser quand il le découvrirait.

"Attend deux secondes." Spike était toujours coincé sur sa déclaration précédente. "Tu as essayé de pousser mon grand-sire à te mordre?"

Cordélia haussa familièrement les épaules en un effort pour minimiser la situation. "Il ne l'a pas fait, donc ce n'est vraiment pas si grave. Il ne m'a pas touchée ni embrassée non plus. Tu as encore un jeu à gagner."

Il resta silencieux pendant un moment ou deux et se pencha en avant sur sa chaise, cligna une ou deux fois des yeux, et puis se rassit en arrière. "Tu es copine avec une tueuse, non?"

"J'étais." Devant son regard, "J'ai démissionné."

"Tu as appris toutes les bêtises sur les vampires?"

Son menton se leva avec défi. "Je connais les vampires et leur penchant à être maléfique." Elle connaissait également leur penchant à être horrible avec les filles qui leur offraient leur gorge à boire. Angel avait raison. Elle était cinglée.

"A l'époque," dit Spike après quelques minutes de silence. "Ton Angel ne vidait pas directement ses victimes de leur sang. Il les mordait et laissait une marque, juste pour que les gens sachent qu'il était passé par là. Il prenait la propriété des autres, tu vois. Il causait toutes sortes de problèmes."

Il y eut une pause tandis que ses yeux errèrent sur son dessert. "Tu manges ça?"

"Je t'en prie," Cordélia poussa le bol vers lui.

Il plongea un doigt dedans et le lécha avec un mmm d'appréciation. "Bref," continua-t-il après une grosse bouchée. "La morsure était sa signature. Dieu seul sait pourquoi. Tous les vampires savent mordre. Ce n'était pas comme s'il était le seul avec une paire de crocs et un désir pour le sang, mais Angélus? Il en a fait une forme d'art. Avec des parties assorties et tout. Cou, poitrine, cuisse... Tu vois où je veux en venir, j'en suis sûr."

"Tu as déjà entendu toute cette courtoisie de la part de l'observateur. Angélus est un célèbre petit pédéraste, pas vrai?" Spike observa un minuscule sourire briser son mur de tristesse. "Il n'était pas le seul gros méchant à marcher sur la surface de la terre. Pleins d'autres le surpassaient, crois-moi. Il y avait cette fille. C'était une jolie petite chose. Des boucles rousses, de grands yeux verts, des tâches de rousseurs. Elle appartenait à un vampire nommé Alexander."

"Ton Angel était comme une chienne en chaleur quand elle était dans les parages. Tout comme quelques autres hommes, je peux te le dire. Pas moi, bien évidemment. Ma Dru est plus qu'assez." Il s'arrêta assez longtemps pour soupirer alors que des images de sa petite princesse flottaient dans son esprit. "Quoi qu'il en soit. Angélus a sorti l'artillerie lourde un soir et, quand il s'est faufilé dans la chambre de la fille, Alexander était là."

Cette fois, quand il s'arrêta de parler, ce fut pour regarder l'éclair intrigué dans ses yeux noisettes et Cordélia garda le silence jusqu'à ce que l'attente devienne trop longue. "Hé bien?"

Spike laissa sortir un petit sifflement. "Donc il y avait Angélus, ivre comme un putois et marmonnant qu'il lui donnerait le monde et toute sa splendeur. Il a reçu une raclée sanglante. C'est à peine s'il a réussi à rentrer à la maison avant que l'aube ne se lève. Du sang et des contusions partout."

"Et cette fille? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé? Elle voulait Angel?"

C'était lui ou elle rentrait dans l'histoire? Il secoua la tête. "Pas du tout. Elle était amoureuse d'Alex depuis qu'il l'avait achetée sur le marché aux bestiaux."

"Le marché aux bestiaux?"

"Des esclaves," expliqua Spike à son plus grand dégoût. "C'était différent de leurs jours, poussin. Les vampires et les vivants, ce qu'on appelle..."

"Battements et pouls, je sais. Angel me l'a dit."

"Ah oui?" N'était-ce pas intéressant? "Les vampires et les humains avaient une sorte d'arrangement. On les éloignait des trafiquants, on les sortait des rues, on leur donnait une maison et un métier et une protection, et ils fournissaient le sang et les soins journaliers."

Cordélia prit en compte l'époque dont il parlait et acquiesça. "Ca ressemble à un marché assez équitable. Donc cette fille aimait Alexander parce qu'il l'avait sauvée, ou quelque chose comme ça?"

"Un cas concret du culte du héros. Non pas que ça ennuyait le vieil Alex évidemment. Il avait un joli morceau pour chauffer son lit. Angélus était fâché, c'est le moins qu'on puisse dire. Non seulement il s'était pris un pied dans son pauvre derrière, mais la petite ne s'était jamais retournée sur lui. Il a boudé pendant des semaines. Ce que mon histoire veut montrer, c'est que quand ton Angel ne peut pas avoir ce qu'il veut, il devient un tantinet irrité. Comme hier soir par exemple. Non pas que je connaisse les détails, évidemment, parce que le petit oiseau ne me les a pas encore racontés."

Ca attira son attention. "Quoi?"

Spike sourit d'un air affecté. "Tu lui as offert ta gorge et il ne pouvait pas la prendre." Son sourire s'élargit en un rictus glacial. "Ca fait réfléchir, pas vrai? Qu'est-ce qui ce serait passé si ça n'avait été pour sa fierté. Notre conversation ne serait pas en train de se produire parce que tes chevilles seraient encore enroulées autour de sa taille. Félicitation poussin, bienvenue au premier stade de l'obsession. Tu as de la chance."

Quand Cordélia ne répondit pas avec une protestation sincère ou un cri de détresse pour l'aide de la tueuse, il la regarda attentivement, très attentivement. Il n'avait pas besoin qu'elle parle puisque la réponse était écrite sur son joli visage. Et Seigneur, c'était vraiment sans prix. Elle craquait, elle craquait vraiment pour le maquereau.

Ses lèvres s'étirèrent en le sourire le plus large qu'elle ait jamais vu chez un homme. "La Reine de Promo et le Vampire. Ca c'est sacrément fort. Il t'a eue avec sa charmante personnalité et son magnétisme animal? Ou était-ce le sourire angélique et les grands yeux bruns qui l'ont fait?"

Elle resta silencieuse, le laissant penser et dire ce qu'il voulait. "C'était le bisou 'bonne nuit'? Ou le bisou 'bonne nuit' que tu n'as jamais eu ?"

Quand l'émotion traversa ses yeux, Spike su exactement ce qu'il s'était passé. Il lui fallu moins de deux secondes pour exploser de rire, ravi, et taper des mains. "Tu lui as joué le grand jeu et sa fierté s'est mise en travers de la route. Raconte-moi le reste et ne laisse rien de côté."

Cordélia n'avait absolument aucune intention de lui dire quoi que ce soit, mais voir ses doigts s'enrouler autour du poignet de la serveuse la fit réfléchir à deux fois. "Fini Cor?" demanda Lucy, ses joues s'empourprèrent légèrement avec la démonstration d'affection trompeuse de Spike. Elle essaya de se dégager, mais il serra sa prise.

"Ouais," répondit la pom-pom en soutenant le regard du vampire. "C'est tout, merci. Je peux avoir l'addition, s'il-te-plait?"

"Biensûr."

Spike parla quand il lâcha le poignet de Lucy. "C'est pour moi." Son attention retourna sur la brunette. "Où en étions-nous? Oh ouais, tu t'es offerte comme collation de minuit. Rappelle-toi, maintenant, les détails."

Elle attendit que Lucy parte avant de dire quoi que ce soit, et même là, elle ne dit que les choses avec lesquelles elle était à l'aise. Tout le reste était privé. "On a été faire les magasins avant-hier soir pour acheter un téléphone et hier je lui ai montré comment l'utiliser. Il m'a ramenée à la maison et je me suis proposée comme plat du jour." Très intelligent, étant donné qu'Angel ne voulait rien d'elle.

"Qu'est-ce qu'il a fait?" Il fit un sourire effronté. "Ou qu'est-ce qu'il n'a pas fait, comme c'est peut-être le cas."

"Rien," dit-elle. "Rien du tout." Plus elle réalisait qu'Angel n'était pas intéressé par elle, plus elle devenait fâchée contre Spike parce qu'il l'avait forcée à faire ça. "Et tu sais quoi? J'en ai assez que tu me bourres avec lui, alors pourquoi tu n'irais pas trouver quelqu'un qui soit plus son genre, parce que ce n'est pas juste." Pas juste pour elle ni Angel.

"Je vais te dire, poussin. Et si je te transformais en son genre? Ca sera facile. Va le voir avec des bas et des jarretelles, des talons pointus et un panneau qui dit, Je suis à toi. Tu serais posée pour l'éternité."

Cordélia se fichait réellement qu'il assassine la population de Sunnydale en la faisant regarder. Sa fierté et sa dignité ne lui permettaient pas de rester assise là et, en gros, supporter toutes les plaisanteries qu'il pouvait imaginer. "Fais ce que tu veux, Spike. Je rentre chez moi. Un endroit où tu n'es pas invité."

Il la laissa arriver devant la porte du magasin avant de parler. "Ton Angel va passer, je suppose. Je ne vois pas d'autres raisons pour lesquelles je ne suis pas le bienvenu."

Elle s'arrêta et se tourna lentement pour lui faire face, et elle était visiblement secouée. "Excuse-moi?"

"Tu l'as invité à prendre un café, pas vrai?"

"Je n'ai pas dit entr..." Elle se rattrapa juste avant de finir la phrase et se corrigea rapidement, à son plus grand amusement. "Ce mot. J'ai dit qu'il pouvait en avoir un s'il le voulait."

Spike y réfléchit pendant une seconde, se demandant comment il pourrait tourner ça à son avantage. "Donc, qu'il pouvait entrer s'il le voulait. Tu as donné une invitation et laissé la balle dans son camp." Elle n'avait pas vraiment donné une invitation, mais elle n'avait pas besoin de le savoir. Les jeux d'esprit avaient toujours été un passe-temps favori d'Angélus.

Cordélia était visiblement surprise. "Je n'ai pas dit les mots."

"Offrir un café et le laisser à sa discrétion? Tu aurais tout aussi bien pu, chaton."

L'inquiétude sur son visage était mieux qu'un film et il était très content d'en être le responsable. Il se demanda juste si elle s'inquiétait parce qu'Angélus était peut-être dans sa maison, ou parce qu'Angélus n'était peut-être pas dans sa maison.

Elle avait une dernière question avant de se précipiter dans sa maison pour s'assurer qu'elle était aussi vide qu'elle l'avait laissée. "Comment tu savais que j'étais là?"

Spike haussa familièrement les épaules. "Une pouliche avec une carte de crédit bien nourrie? Il ne faut pas être un génie, si?"

Peu importe. Cordélia secoua la tête devant son raisonnement, mais ne discuta pas pour pouvoir s'en aller pronto.


Apprendre que quelqu'un était peut-être dans sa maison était habituellement assez pour surmener le cerveau. Chaque petit bruit, chaque ombre qui passait sur fenêtre la faisait sursauter. C'était au point où elle faisait les cent pas de façon agitée et avait vérifié les verrous plus de deux fois. Non pas qu'un simple verrou pourrait empêcher Angélus d'entrer s'il le voulait, mais ils donnaient une sensation supplémentaire de sécurité.

La télé et la radio étaient éteintes, les lumières étaient allumées dans la cuisine, le salon et à l'étage, mais elle était toujours nerveuse. Elle ne pouvait pas s'empêcher de regarder dehors à intervalles irréguliers, et si elle n'en savait pas plus, elle aurait dit qu'elle avait envie qu'il vienne. Elle ne voulait pas qu'il lui rende visite, parce que ça serait stupide. Plus stupide que penser qu'ils étaient quelque chose qu'ils n'étaient clairement pas.

Ce n'était pas comme si Angélus lui rendrait visite de toute façon, pas après sa petite démonstration idiote de désespoir. Seigneur, le simple fait d'y penser lui faisait baisser la tête avec honte.

Qu'est-ce que c'était? On aurait dit qu'il y avait quelqu'un dans l'arrière-cour. Cordélia alla vite regarder par la fenêtre et elle écuma ce qu'elle pouvait voir, mais il n'y avait rien. Elle se mordilla la lèvre et fut sur le point de se rasseoir quand elle l'entendit à nouveau. A nouveau, elle regarda dehors et, à nouveau, elle ne vit rien.

"C'est juste ton imagination, Cor," se dit-elle alors que son coeur commençait à battre la chamade. "Il n'y a rien ici." Rien, rien, rien. Elle devait se concentrer sur quelque chose d'autre que son cerveau cinglé. Il devait y avoir quelque chose de bien à la télé et sinon, elle allait juste faire du pop-corn et lancer un DVD.

Avant d'aller chercher le pop-corn, elle vérifia le téléphone et soupira quand elle ne vit aucun nouveau texto ou appel. Elle n'était pas populaire aujourd'hui. Oh, enfin. Oui, pop-corn et DVD...

Il était de retour. Le bruit de l'extérieur. Après un examen plus rapproché du bruit, elle supposa que ça ressemblait à de l'herbe écrasée, et fronça les sourcils. Elle était toute seule et de l'herbe écrasée par des pieds n'était pas ce qu'une fille toute seule voulait entendre. Surtout quand les dits pieds pouvaient appartenir à un vampire qui avait une invitation libre dans sa maison.

Elle s'arrêta avant de réagir de façon excessive. La dernière fois qu'elle avait entendu des pas à l'extérieur, c'était quand Alex avait essayé de se faire pardonner en récitant mal les nombreuses raisons pour lesquelles il était un idiot et pour lesquelles elle ne devrait pas lui pardonner. Si c'était Alex là dehors, elle allait le tuer.

Cordélia marcha jusqu'à la porte arrière, la déverrouilla et alluma les lumières du cambrioleur en l'ouvrant toute grande. "Tu peux tout aussi bien arrêter, Harris." Elle secoua la tête quand elle n'eut pas de réponse. "Ca ne marchera pas."

Le manque de réponse commençait à la faire flipper. "Rentre chez toi, Alex." Elle eut une réponse cette fois et ce fut sous la forme de quelque chose lancé dans sa piscine, l'éclaboussure résonnant dans ses oreilles et elle claqua rapidement la porte, la verrouillant une fraction de seconde plus tard. Si elle n'était pas nerveuse avant, elle l'était certainement maintenant.

Attendez une minute. Les lumières de sécurité ne s'étaient allumées que lorsqu'elle avait ouvert la porte, donc ça voulait dire que personne n'était dehors, pas vrai? Ouais. Le truc de la piscine était probablement un crapaud ou un autre animal. C'était vraiment juste dans son imagination et Seigneur que la pensée était réconfortante. Maintenant que c'était arrangé, elle pouvait aller se faire du pop-corn et choisir le DVD.

Cordélia était à mi-chemin vers le four à micro-ondes quand une pierre frappa la fenêtre, et elle déglutit. Juste son imagination, rien de plus. Elle se contenta de ça jusqu'à ce qu'une autre pierre frappe, puis une autre et une autre. Elle sortit de la cuisine plus vite que l'éclair et entra dans le salon, téléphone en main et doigt prêt à composer le numéro.

Les minutes passèrent et il n'y eu pas d'autres bruits, et elle expira un soupire de soulagement. Elle se dit qu'aller directement au lit était mieux que rester debout et regarder un film. Donc elle éteignit les lumières et vérifia trois fois les verrous, ne se relaxant complètement que lorsque le silence continua.

Elle était au-dessus des escaliers quand une autre pierre frappa la fenêtre. Cette fois la fenêtre en question était sur la façade, qui était vachement plus près de l'entrée, et, par conséquent, d'elle. Sans attendre, Cordélia ouvrit son téléphone et téléphona.

"Angel?"

"Je croyais que tu ne me parlais plus," répondit sa voix lisse et soyeuse.

"Je crois qu'il y a quelqu'un chez moi. J'ai peur."

"J'arrive."

Tremblant, elle s'assit sur le dessus des marches sans autre choix que d'écouter et observer la poignée de la porte d'entrée tourner et crépiter. Elle avait dix-huit ans, dix-neuf dans quelques mois, et tout ce qu'elle voulait faire, c'était agir comme une fillette de cinq ans et tirer la couverture au-dessus de sa tête. Cinq minutes passèrent avant que la poignée ne s'immobilise et cinq se transformèrent en dix quand les pierres cessèrent enfin.

Au total, quinze longues et horribles minutes passèrent jusqu'à qu'il y ait un coup bienséant sur sa porte, amenant avec lui une voix familière et bienvenue. "Cordélia? C'est moi."

Juste pour être sûre, "Angel?"

"Ouaip."

La porte d'entrée fut ouverte en quelques secondes et elle se tint là, fixant le vampire avec des yeux de biches. Elle supposa qu'il voyait qu'elle tremblait comme une feuille et ne prit tellement pas la peine de le cacher. Cordélia n'avait jamais été aussi heureuse de voir quelqu'un de sa vie.

Il s'appuya contre le chambranle, les bras croisés sur sa poitrine. "Tu vas bien?"

"Tu as vu quelqu'un?"

"Ouaip."

Cordélia essaya de regarder derrière lui, mais il bloquait sa ligne de mire. "Ils sont partis?"

Angélus sourit. "Ouaip. Tu les connais peut-être. Un grand, assez maigrichon avec les cheveux foncés, et deux blonds, ils portaient tous des vestes Razorbacks."

Elle acquiesça. "Ouais, je les connais. Ils cherchaient probablement une soirée puisque mes parents son partis. Harmony et les autres étaient probablement avec eux et se moquaient indubitablement de moi. J'ai de gentils amis, hein?"

"Pas tous gentils, j'espère."

Il y avait quelque chose dans sa voix qui la fit commencer à sourire. Le regardant avec l'autre soir à l'esprit et disant avec une totale franchise, "Pas tous gentils."

Un silence embarrassé tomba et elle remua, attendant qu'il parle, mais il ne le fit pas. Il se contenta simplement de la regarder avec une expression qu'elle n'arrivait pas à lire. Le silence demeura pendant un moment et ça lui tapa sur les nerfs, la forçant à ouvrir la bouche, mais elle n'eut pas le cran de vraiment parler, donc il la devança.

"J'ai fait mon travail," dit-il. "A la prochaine."

Il fallu le temps qu'il ouvre la portière de sa porte pour qu'elle rassemble assez de courage pour dire quelque chose. "Mes pieds me font mal." Lâcha Cordélia et elle eut envie de se gifler. Quelque chose ne voulait pas dire n'importe quoi. "J'ai été debout toute la journée et ils font mal. Tu m'as fait du mal aussi."

"Et?"

"Et je peux soit te laisser partir ou je peux passer au-dessus, et on peut regarder un film."

Angélus plissa les yeux avec suspicion. "Quel film?"

Cordélia allait dire Flashdance, mais supposa qu'il partirait en courant. "Poltergeist ou Psychose peut-être. Je ne suis pas sûre."

Il souleva un sourcil. "Tu n'as pas eu assez de peur ce soir?"

"Je n'étais pas effrayée." Terrifiée oui, mais pas effrayée.

"Tu en es sûre?"

"Pas trop, en tout cas. Bon, tu entres ou pas?"


Poltergeist était sur pause pendant qu'elle faisait un sandwich sous la supervision attentive du vampire, et il observa avec stupeur la quantité de choses qu'elle mettait dessus. Elle était excentrique quand il était question de nourriture. Elle ne la mangeait pas seulement de façon méticuleuse, elle la préparait de la même manière. Evidemment, il ne s'en plaignait pas, c'était trop amusent de la regarder faire.

Deux bocaux avec des substances jaunes et blanches étaient posés près de son assiette, puis étaient venues les rondelles de tomates, un paquet de jambon fumé, et de la salade. Après l'expédition dans le frigo, fut l'expédition dans le tiroir, et elle sorti des sachets de chips au sel et de cacahuètes grillées. Bon sang, où est-ce qu'elle mettait tout ça?

"Mmm," Cordélia mâchouillait une tranche de pain avec du beurre, les miettes tombant dans toutes les directions possibles. "Il n'y a rien de mieux que le vrai beurre." Lui dit-elle positivement. "On n'en voit presque plus. Normalement, c'est de la margarine light qui diminue le cholestérol. Ou qui est censée diminuer le cholestérol. Ce n'est pas de la margarine. C'est dégoûtant. Comme la mayonnaise light."

Angélus était sur le point de dire quelque chose, mais une main levée l'en empêcha. "Je me fiche de ce que disent les gens. Ce n'est pas de la mayonnaise." Son petit casse-croûte fut fini et elle commença à faire le vrai sandwich.

D'abord, une bonne couche de mayonnaise fut enduite d'une croûte à l'autre, puis le jambon fut placé, suivi par la salade et quelques tomates, et une autre tranche de jambon, et elle le fini avec un peu de moutarde. Ensuite, elle beurra deux tranches de pain et recommença jusqu'à ce qu'elle ait deux sandwichs assez gros pour nourrir un régiment.

"Tu es affamée, pas vrai?" demanda-t-il, ses lèvres s'étirant aux coins.

Cordélia prit un instant pour passer outre le moment, ce qui ne fut pas dur étant donné que sa question souleva une vague rafraîchissante de confusion qui chassa les restes d'excitation. "Qu'est-ce qui ne va pas avec mon sandwich?"

"Tu as la moitié de ton frigo dedans."

"J'aime ma nourriture," expliqua-t-elle alors qu'elle commençait à ranger les choses. "Et puis, j'ai besoin d'un bon régime à cause de mes activités."

"Comme?"

Elle sembla un peu surprise qu'il veuille connaître ses activités, mais lui répondit tout de même. "Le tennis, la natation, les séances de pom-pom girl, la danse, et la fuite devant les bêtes effrayantes de l'enfer."

Angélus rit devant le dernier. "J'était un assez bon chasseur quand j'étais humain."

C'était irrésistible. "Il n'y a rien de nouveau là, alors." Elle le regarda et ils échangèrent un sourire. "Qu'est-ce que tu chassais?" Normalement, quand quelqu'un lui disait qu'ils chassaient, elle leur arrachait la tête pour le simple fait qu'ils blessaient de pauvres petits animaux, mais c'était différent à cette époque-là. Il chassait probablement pour nourrir sa famille ou un truc du genre.

"Des oiseaux, des lapins. En gros, le gibier habituel. Je vendais la viande sur le marché, ou je la donnais à ma mère pour cuisiner."

"Et maintenant? Qu'est-ce qu'un vampire fait pour s'amuser durant les heures ensoleillées de la journée?" Il ne répondit pas directement et elle se demanda si elle avait dépassé les bornes ou non, et donc elle commença à s'excuser. "Je n'ai pas l'intention de fouiner... Ok, j'ai bien l'intention de fouiner. Mais tu n'es pas obligé de me le dire."

"Il n'y a pas grand chose à dire, pour être honnête." Devant son regard surpris, "Vraiment. Ce n'est pas comme si je pouvais sortir pour une ballade romantique le long de la plage, pas vrai?"

Il marquait un point. Le visage de Cordélia se plissa pendant un moment. "Je doute que ça serait ton truc même si tu pouvais. Tu n'es pas ce genre de gars, je pense. Une ballade romantique te donnerait envie de vomir, ou t'ennuierait jusqu'aux larmes."

Angélus était enclin à approuver. "Tu es pour le fait de se tenir la main durant une ballade en amoureux?"

Elle réfléchit pendant un moment. "J'admets que j'aime les démonstrations occasionnelles de romances, mais quelque chose d'exagéré me ferait fuir en courant. Je préfère de loin une partie de bowling à une promenade. De retour à tes hobby du jour. Tu ne joues pas aux cartes ou quelque chose du genre?"

"Si, mais c'est habituellement pour prendre l'argent d'Abruti. J'ai tendance à préférer l'art quand je m'ennuie. Le dessin, la peinture. Ma préférence actuelle est le fusain." Il remarqua qu'elle le regardait avec une expression étrange sur le visage. "Quoi?"

"Rien," Cordélia se sortit de l'étourdissement dans lequel sa réponse l'avait mise. "C'est juste que je n'avais jamais imaginé que tu avais la fibre artistique. Tu dessines quel genre de truc?"

N'était-elle pas simplement pleine de surprises? "Ce qui me passe par la tête," répondit-il et il reçu un sourire chaleureux et doux. Joli.

"Ahh. L'esprit libre de l'artiste. C'est vrai que tous les artistes sont à la frontière de la démence?"

Angélus fit semblant de toucher ses oreilles, un mouvement qui transforma son rictus en un sourire éblouissant. "Complètement. J'ai donné un cadeau à la tueuse une fois. Elle ne l'a pas apprécié."

Cordélia resta silencieuse à la mention de la tueuse, ne voulant pas reconnaître la petite vague d'envie. "J'en ai entendu parler, et j'ai eu un aperçu de ce que tu as fait à Mlle Calendar." Soudainement, ses capacités artistiques ne semblaient plus aussi charmantes. Elle essaya de changer de sujet, mais découvrit que son cerveau développait une fascination morbide pour son talent. "Est-ce que tu... Laisse tomber." Quel genre de malade était-elle?

"Demande-moi."

Très bien. Elle allait demander. "Est-ce tu dessines ce que tu vas faire avant, ou est-ce que tu attends de les avoir tués?" Malade, malade, écoeurante, malade.

Il n'était pas sûr de ce qui le surprenait le plus. Le fait qu'elle y ait pensé, ou le fait qu'elle l'ait réellement demandé. "J'avoue préférer les portraits sans vie."

"Oh." Elle n'avait rien à dire à ça. "Je suppose que ça serait plus dur de faire que les choses ressemblent exactement à une photo." Hein. Elle supposait qu'elle avait bien quelque chose à dire après tout. Elle n'aurait vraiment pas dû parler comme ça, et le comprendre non plus. Elle n'était pas l'Agent Starling.

"Il y a ça, je suppose." Angélus lutta fort pour empêcher le sourire de toucher son visage. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme elle. C'était rafraîchissant. Elle était rafraîchissante. "Il y a aussi l'absence de complaintes de devoir rester assis sans bouger pendant des heures."

Il observa ses lèvres s'étirer vers le haut tandis qu'elle essayait bravement de ne pas rire à la blague morbide. "Bonus," parvint à dire Cordélia.

"La danse est une forme d'art. Quelle est ta préférence?" Il pouvait la voir vêtue d'un tutu et de bas roses, représentant Giselle pour un public respectueux

Même si, malgré elle, elle trouvait son humour séduisant, Cordélia fut reconnaissante du changement de sujet. "Je n'ai pas de style arrêté. Ma préférée, quand j'étais petite, c'était les claquettes, principalement parce que je pouvais faire beaucoup de bruit sans me faire réprimander par mes parents. J'ai avancé vers la gymnastique quand j'avais environs neuf ou dix ans, et à partir de là, vers les stages d'été où on apprenait tout sur la danse."

Elle fit mine de s'arrêter là, mais Angélus l'encouragea à continuer, purement pour pouvoir voir ses yeux s'illuminer et ses mains faire de grands gestes. "Comment faire le portrait d'une émotion à travers le langage corporel et les expressions faciales, comment donner à l'audience l'impression que c'est eux qui font la performance, quel muscle chaque pas utilise, comment corriger les erreurs. On avait huit heures de théories par semaine qui couvraient tout ça, et le reste c'était l'aspect physique. J'aimais les classes de chorégraphies, non pas que j'étais très douée pour trouver des pas de danses, mais j'aimais quand même."

"Tu es la chef des pom-pom girl, pas vrai?"

"Ouais, et quoi?"

Faisant remarquer, "Qui chorégraphie les figures?"

Cordélia sentit son visage rougir devant le compliment évident. C'était mieux que recevoir un dessin n'importe quand. "C'est moi. Enfin, Harmony et moi travaillons ensemble. Aussi stupide qu'elle est, elle est bonne à ce qu'elle fait."

Angélus sourit à la brunette rougissante. "Tu me semblais assez bonne l'autre soir."

"Contente que tu ais aimé. Maintenant, laisse moi couper mon sandwich pour qu'on puisse finir le film avant que je ne perde mon sang-froid. Ce clown est là pour m'avoir, je le sais."

Il dû lui donner du mérite. Elle savait admirablement comment désamorcer une situation. "Biensûr que oui," approuva Angélus d'un ton solennel

"Imbécile." Cordélia prit un couteau de son réceptacle et il fronça les sourcils quand il la vit commencer à scier à travers le butoir de son assiette. Il lui prit des mains avant qu'ils ne finissent aux urgences, déclarant un doigt perdu comme cause de la venue.

"Hey!" s'exclama-t-elle. "Tu aurais pu me hacher le bras en l'arrachant comme ça."

"Pas avant que tu ne le fasses toi-même," dit simplement Angélus. "C'est du pain que tu coupes, pas du bois." Elle cligna des yeux et il devina qu'elle ne savait presque rien à la cuisine ou l'élaboration de sandwichs. "Viens, donne-moi tes mains." Une fut placée au-dessus du sandwich et l'autre recevait le couteau.

C'était quelque chose quand il devait inventer des excuses pour pouvoir toucher une femme.

Quand Cordélia ne fit aucun mouvement pour lui donner sa main, il roula les yeux et la prit lui-même. Le métal était légèrement chaud dans sa paume et, quand il lui enroula les doigts autour de la poignée, elle sentit qu'elle avait un peu refroidit là où les siens avaient momentanément été. Elle se rapprocha de lui pour que ce soit plus simple et moins dangereux à apprendre et, quand il se mit derrière elle, elle souhaita ne pas l'avoir fait.

A quel point une personne pouvait se torturer elle-même? Huh. Ca ressemblait à quelque chose qu'il devrait savoir.

Angélus se pencha en avant, souriant quand il entendit son coeur commencer à battre la chamade. "Déplace ta main comme ça..." Il serra un peu sa prise et fit glisser le couteau sans à-coups. "Tu vois comme on n'a pas besoin de trop de pression pour que la lame fasse le travail?"

"Uh-huh." Vous voyez comme elle n'avait pas besoin de faire trop attention pour apprendre?

Il répéta le mouvement plus doucement cette fois, lui serrant la main un peu plus fort. Un tout petit pas vers l'avant rapprocha son torse de son dos et son sexe frôla ses fesses si légèrement qu'elle pensa l'avoir imaginer. "Juste comme ça, Cordélia. Doux et régulier. Ca c'est une bonne fille." Les mots entendus marchèrent comme un charme.

Elle agrippa le couteau tandis que sa peau ondulait avec de la chair de poule et que l'éloge était chuchotée de façon haletante dans son oreille. Son soutien-gorge était rugueux contre ses mamelons durcissants et sensibles, et elle ferma les yeux pour essayer de se calmer.

"Concentre-toi, Cordélia. On ne voudrait pas que tu te blesses."

"Ouais," elle déglutit. "Se concentrer." Oui, elle se concentrait. Se concentrait pour ne pas prendre ses attentions pour quelque chose de plus qu'il n'en avait l'intention. Il lui montrait seulement comment couper du pain, rien de plus.

Le sandwich était maintenant coupé en deux morceaux parfaits et Angélus acquiesça avec approbation, puis se déplaça pour se tenir à côté d'elle, le sourire sur son visage inaperçu.

"On va regarder le reste du film?"

Il acquiesça et puis fit une pause avant de l'aider avec la nourriture. "Tu vas vraiment manger tout ça?"

Elle le regarda. "Quoi?"

"Tu as deux morceaux de fruits, des chips et des cacahuètes, deux sodas, plus un sandwich qui pourrait rassasier un hippopotame."

"Oh," Cordélia détourna ses yeux des siens et se racla la gorge alors qu'elle commençait à être un peu mal à l'aise. "Je, euh, n'ai pas de sang donc la moitié est pour toi. Au cas où tu aurais faim." Le dernier mot sortit en un murmure timide tandis qu'hier soir lui traversait à nouveau l'esprit.

"Regarde-moi." Elle le fit et fut récompensée par un regard noir intense qui glaçait et brûlait à la fois. "Une commande pour dix n'arrêterait pas la faim." Son regard s'aiguisa sur sa gorge et il sourit quand les battements de son coeur s'accélèrent à nouveau. "Et tu as plein de sang, mais ne t'inquiète pas pour ta jolie petite tête. Je ne suis pas partisan de la malbouffe."

Il lui fallu quelques secondes pour se rendre compte qu'il venait juste d'insulter non seulement sa nourriture, mais aussi tout son être. Quel culot. Elle insulta la seule chose à laquelle elle pu penser. "C'est quoi la taille moyenne des crocs ces jours-ci? Un demi centimètre?" Ce n'était pas la meilleure des répliques, mais ça allait devoir suffire puisqu'elle était toujours vexée au nom de ses cellules.

Angélus ne sembla pas du tout impressionné. "Ce n'est pas la taille qui importe, c'est comment on l'utilise."

Des dents blanches émoussées pincèrent sa langue. "Ouais, mais pour ça, il faut avoir quelque chose à utiliser."

Sa bouche s'ouvrit et se ferma quelques fois, lui donnant le temps de le laisser débout là, à digérer à l'insulte envers sa virilité vampirique. C'était vraiment une fichue chipie et Seigneur, c'était sérieusement excitant. Des secondes passèrent avant qu'il ne la suive, les bras et les mains remplis de sa nourriture. "Je pourrais te montrer combien j'ai de crocs. Choisis une veine Cordélia, je te mets au défi."