Note d'auteur : Avant toute chose : où avez vous lu que Lily était préfète ? JKR ne l'a jamais écris dans les livres et sur EHP on lit qu'elle a été préfète en chef. Or, le titre de préfète en chef n'est pas forcément dépendant de celui de préfet puisque James Potter aussi a été préfet en chef (tome 1, chapitre où Hagrid va chercher Harry) bien que ce soit Remus qui ait été nommé Préfet.

Le titre de préfet en chef est probablement un titre donné par les préfets en chef précédents aux élève ayant les meilleurs capacités par rapport aux autres (autant pour les regrouper que pour les matière scolaires), souvent il est donné à un préfet car il a eu l'occasion de prouver sa valeur grâce à son titre mais pas forcément.

Ensuite, pour "c'est pas dans son caractère de Lily de ne pas aider les gens"...Euh ...elle aide Severus car c'est son meilleur ami mais à part ça, pourquoi aiderait-elle quelqu'un d'autre ? Elle est colérique mais ce n'est pas Hermione (qui aide Neville, Pattenrond, les elfes...).

Chapitre 7 : Suspicions préconçues

Quelques minutes après le départ des professeurs de l'infirmerie, les maraudeurs s'incrustent grâce à ma cape d'invisibilité. Après quelques remarques sur mon état, Sirius commence à me bombarder de questions :

-Qu'est-ce qui s'est passé alors ?

Je leur raconte mon aventure, en usant de termes grandiloquents afin d'augmenter le suspense et le combat que j'ai mené, bien que Peter soit le seul à être réellement mené en bateau. Remus y croit à moitié et Sirius sait exactement la valeur qu'a chacun de mes mots.

-Mais pourquoi avoir volé le bureau de Slughorn si ce n'est pour rien y prendre ? demande Peter.

-Le voleur, ou la voleuse, a prit quelque chose, j'ai vu qu'il avait les bras chargé, mais ce n'étaient pas des ingrédients, nuance, je précise. En plus, on le sait mieux que quiconque que ses réserves personnelles sont aussi bien gardées que l'or à Gringotts.

-Des livres ? propose Remus, les sourcils froncés sous la réflexion.

-Oui, ce serait le plus plausible : il doit sûrement y avoir des raretés dans les étagères de ce professeur. Tu en penses quoi Patmol ?

-Hein ? Ah, oui, je suis d'accord pour les livres, mais alors c'est quelque chose qui n'est pas présent dans la réserve : il est plus facile de subtiliser un ouvrage dans la bibliothèque que de forcer la porte protégée d'un enseignant.

-A quoi tu pensais au début ? Je l'interroge, curieux de son temps de réaction.

-Tu as dit que tu t'es précipité vers le bureau au moment où tu as entendu l'explosion. Le temps de parcourir la distance entre les cuisines et le dit bureau, en courant, ne dépasse pas les trois minutes, or, tu as percuté le voleur alors qu'il s'enfuyait lui aussi.

-Qu'est-ce que tu cherches à nous dire ? Demande Remus, un peu perdu.

-Le voleur a mis moins d'une minute pour réaliser son délit, je termine à la place de Sirius. Donc c'est quelqu'un qui savait exactement comment obtenir le ou les livres en questions, qui les avait déjà repérés mais qui ne savait pas comment ouvrir la porte du bureau sans faire de bruit.

-De plus, il savait exactement par où s'enfuir afin de ne pas perdre de temps, précise Sirius. Donc il connaît bien les cachots.

Remus semble réfléchir mais Peter parle le premier :

-C'est soit un septième année pour si bien connaître le château, soit un Serpentard puisque les cachots sont plus ou moins « leur territoire ». Et en plus, pour le septième année ça concorde d'autant plus parce qu'ainsi il aurait pu fouiller la réserve de la bibliothèque sans souci et se serait rendu compte que ce qu'il cherchait n'était pas là ! Et puis, pour connaître un sort de cette force...

-Oui, c'est vrai, approuva Remus.

Peter gonfla le torse, ragaillardi face à cet accord.

-Rogue aussi connaît des maléfices plutôt effrayants, je réplique.

-Rogue était dans la grande salle quand c'est arrivé, ça ne peut pas être lui, répond Sirius.

-Je voulais juste montrer qu'il ne fallait pas se baser sur l'âge.

-Peut être qu'il s'est enfui en balais une fois au niveau du lac...Mais alors on ne peut plus être sûr que c'est un Serpentard, rah je m'embrouille ! râle mon meilleur ami.

Moi même je commence à me perdre dans cette réflexion et, avec ma tempe douloureuse, je ne fais que me fatiguer inutilement.

-Pour quoi faire..., je murmure, fatigué.

Mes amis me fixent, ne comprenant pas ma phrase.

-Je viens de me demander : pour quelle raison a-t-il volé ces bouquins ?

-Ben pour une po..., commence Peter, mais je le coupe rapidement.

-Bon sang ! Réfléchis un peu Peter ! On a tous compris qu'il voulait faire une potion, mais pour quoi faire ? C'est forcément une potion issue de la magie noire pour qu'il ait dû aller chercher la préparation dans les affaires de Slughorn !

-Et ce ne doit pas être des moindres pour que les professeurs soient inquiets, rajoute Sirius, l'air sombre.

Remus regarde autour de lui, l'air inquiet puis murmure :

-J'imagine que je paraîtrais pour le plus grand des naïfs si j'émettais la possibilité que le voleur voulait juste élargir ses connaissances.

-Et prendre autant de risques ? je répond avec un rire jaune. Le voleur a l'intention de réaliser cette potion...

-Et sans connaître la nature de celle-ci, on ne peut comprendre les intentions du criminel.

-Vous croyez qu'il va empoisonner quelqu'un ? S'exclame Peter dans un petit cri aigu.

-C'est l'une des possibilités : empoisonner, corrompre, menacer, tuer...

-Espérons que ce ne soit que menacer, soupire Remus, ou revendre les affaires de Slughorn, ce serait plus sûr.

-Non, même cette possibilité serait dévastatrice, réponds Sirius. Non, ce qu'il faut espérer c'est que le voleur soit franchement nul en potion et que son chaudron lui explose à la figure !

Nous éclatons tous de rire en même temps, effaçant légèrement nos craintes et récupérant un peu de bonne humeur.

-Ca va mieux ta blessure ? demande Remus, changeant totalement de sujet.

-Pour une fois que ce n'est pas toi le blessé, je plaisante, le faisant rougir de gêne. D'ailleurs, ça fait combien de temps que vous attendez pour me voir ?

-James, ta tête gonfle, me précise Sirius.

-On t'a immédiatement rejoint lorsque tu as été emmené à l'infirmerie.

-Hein ? Vous êtes vous aussi descendus dans les cachots ?

-Non, on a rien entendu mais Slughorn a dû utiliser un sortilège d'alerte pour savoir que son bureau venait d'être fouillé et il s'est précipité avec Dumbledore en dehors de la grande salle. Ca a fait un sacré choc aux élèves mais personne ne s'est vraiment déplacé ou ne les a suivit. Ce n'est que dix minutes plus tard qu'on a su que tu avais été agressé.

Remus jette en rougissant un regard à Sirius, comme pour savoir s'il devait continuer son explication. Sirius fixe un défaut sur le mur derrière moi tandis que Peter nous regarde à tour de rôle.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien, réponds Lunard qui se met à regarder du côté opposé à Patmol.

-Toute l'école est au courant que j'ai été assommé par un fou psychopathe ? Ou la rumeur cours que je me suis évanouie comme une fille sans raison valable ?

-Non, on est les seuls et on a fait attention à ce que ça ne se sache pas. Les professeurs aussi font leur possible pour éviter toute fuite, tu imagines l'effet que ça aurait sur les élèves de savoir qu'un type se met à blesser gravement les gens sur son passage ! explique Lunard.

-Oui, on l'a même fait promettre à Foist ! s'exclame Peter avec engouement.

-Foist ? je m'exclame. Tu veux dire Rebbeca Foist ?

-Oui, elle...Pourquoi ? demande Peter qui se met à hésiter de ses propos.

-Pourquoi vous êtes allé lui dire que j'étais...

-Tu inverses les choses : Rebbeca a croisé Dumbledore au troisième étage alors qu'il t'amenait à l'infirmerie, je pense qu'elle a paniqué en voyant ton sang et s'est précipitée pour venir m'avertir que tu étais à l'infirmerie. Au début ça nous a surpris qu'elle nous parle puis on est monté et lorsqu'on l'a revue plus tard, on lui a demandé de ne rien dire à personne. Elle a accepté sans dire un mot avant de...s'enfuir.

Je fixe Remus de mon regard le plus noir, le plus meurtrier, le plus maléfique...Je veux lui faire peur en gros ! Bouh !

-Qu'est-ce que j'ai encore fait ? s'exclame-t-il avec indignation.

-Primo : tu as appelé Foist par son prénom...

-Mais elle est dans notre...

-Deuxio : pourquoi est-elle allée te voir toi ?

-Ah ! Cette question est plus intéressante je dois avouer, s'exclame Sirius, souriant à notre lycanthrope préféré.

-J'imagine que c'est...Parce qu'on est dans la même classe -donc pas les autres-, que je suis ami avec toi -donc pas les filles- et que je suis préfet -donc pas Sirius ni Peter-, elle voulait me mettre au courant. Il n'y a rien entre elle et moi. On a dû se parler deux fois dans notre vie et c'était juste pour une histoire de plume tombée par terre.

-Tu te souviens quand même de votre première discussion, remarque Sirius de plus en plus curieux.

-Pourquoi ça t'intéresse soudainement ? Tu ne veux pas qu'on s'approche d'elle ? réplique Remus.

-Ne fait pas de ton cas une généralité !

-LA FERME ! Je ne veux plus entendre parler d'elle ! je hurle.

Je reprends mon souffle, passablement énervé sous le regard étonné de mes amis. Je ne sais pas ce qu'ils ont à toujours vouloir que l'autre soit amoureux d'une fille : c'est leur nouveau jeu ? Parce que si c'est le cas, je n'aime pas et ne participerai pas !

-Mais qu'est-ce qui te prends ? Ca ne va pas James ? C'est le coup d'hier soir qui t'a fait perdre tes derniers neurones ?

-Non, c'est vous qui me saoulez avec cette idiote de Rebbeca, à vous dire amoureux d'elle ou non alors que c'est la dernière des mochetés et des imbéciles à moitié folle.

Remus et Sirius rougissent en fronçant les sourcils lorsque j'énonce le mot « amoureux ».

-T'es un peu cruel là : elle n'est pas très jolie mais elle n'est pas « moche » et elle ne montre pas de signe de folie, commence Remus, de plus en plus rouge.

-Tu as eu une mauvaise expérience avec elle ? me taquine Sirius, bien que je sente qu'il cherche réellement à connaître la vérité.

-Non, arrête.

-Tu es sortie avec elle ? Elle t'a plaqué ?

-Arrête, personne ne me plaquerait et surtout pas elle.

-Trompé ? Elle aime les filles ?

-Non non et non ! Tu vas te taire oui ?

-Tu as un problème avec le fait de sortir avec une fille non populaire ?

-SIRIUS ! C'EST MA COUSINE !

Le silence s'installe tandis que mes amis me fixent, bouche bée, alors que je sens le rouge me monter aux joues à mon tour.

-Tu comprends maintenant que je ne ressens rien pour elle mit à part de la honte de voir qu'elle n'a pas une once de courage ? je termine dans un souffle afin de mettre les choses au clair.

Et voilà, maintenant ils savent ce secret : Rebbeca Foist et James Potter sont cousins, la fille la moins aimée du collège fait partie de la même famille que le garçon le plus populaire, et ça, je ne peux pas le supporter.

Sirius, la bouche refermée, fait alors la pire chose qu'il pouvait faire : il se met à afficher une grimace et à contracter son visage en se retenant de glousser puis me tourne le dos afin de laisser un grand éclat de rire s'échapper.

J'en connais un qui va se retrouver en robe rose bonbon demain.

Voilà plusieurs jours que ma blessure a guéri et, ces temps ci, mes chers amis deviennent de plus en plus colorés, comme c'est étrange !

-Alors, on y va... « James Foist », me demande Sirius avec un sourire en coin.

PAF ! Un bleu en plus pour Sirius...Qu'est-ce que je disais ! De plus en plus colorés.

Je m'éloigne rapidement en faisant une moue boudeuse, suivit de près par Peter qui ne sait pas comment réagir.

-D'un côté, si tu fais partie de la famille de Foist, Sirius aussi, non ? pense-t-il à voix haute.

-HAHA ! je m'exclame en pointant mon meilleur ami d'un doigt vengeur. Ca t'apprendra à te moquer de moi ! Toi aussi tu es lié à cette fille !

Sirius a un sursaut de surprise face à mon geste brusque puis me fixe d'un air nonchalant.

-Ca ne me gêne pas du tout de faire partie de sa famille...on est un peu pareil d'un côté : on est la honte de nos familles…Et de nos cousins.

-Elle aime son sang contrairement à toi ! je m'exclame, effaré. Et elle rejette les autres, tu aimes être lié à une raciste solitaire et désagréable ?

-Je suis solitaire aussi...Mais c'est vrai que le reste ne me plaît pas trop, répond-il plus calmement avec un froncement de sourcils.

-Je ne l'ai jamais entendue tenir des propos raciste, déclare Remus, perplexe.

-Alors pourquoi elle ne traîne pas avec...Evans par exemple ?

-Ben...Elle n'a pas d'amis, c'est toi même qui l'a dit...

-Parce qu'elle est raciste ! je m'exclame.

-James...

-Quoi ?

-Toi même tu te rends compte que tu fais preuve de mauvaise foi, alors arrête de dire ça, déclare Sirius.

Je pousse un énorme soupir tandis qu'une petite voix dans ma tête approuve ce que viens de dire mon meilleur ami. Je la fais rapidement taire. Bon, c'est vrai, j'ai le droit de ne pas l'aimer mais c'est mal de juger les gens quand on ne sait pas. Cependant, maintenant j'ai un doute : elle pense quoi des moldus ? On n'en a jamais parlé...Enfin, on n'a jamais vraiment parlé elle et moi.

Tant mieux !

-D'accord, mais on peut arrêter de parler d'elle ?

-Ok. Désolé d'avoir imaginé que tu puisses sortir avec ta cousine, c'est franchement gore en fait, continue Remus.

Sirius arrête soudainement de rire, je sens qu'il pense à sa famille : ses parents sont cousins directs et il a toujours eu honte d'être né d'une relation aussi...Critiquable, sauf dans ce genre de famille. Tout ça à cause du sang.

-En fait c'est ma cousine au deuxième degré je crois. Nos pères sont eux même cousins.

-Ah ? Tu cherches des excuses pour pouvoir...

PAF.

Remus vient de se prendre mon poing dans le ventre. Peter a réalisé un bond sur le côté pour éviter toute attaque.

-J'ai dit on ne discute plus de ça ! Ou Cornedrue s'en ira le coeur guilleret et vous laissera vous débrouiller entre les griffes de Lunard tout seul la prochaine fois !

Les trois idiots acquiescent vivement et cessent enfin de me charrier.

Je ne supporte pas qu'on me parle d'elle. J'ai l'impression qu'ils veulent que je l'apprécie mais plus ils font ça, plus ils m'énervent et plus je vais la haïr. Quand vont-ils comprendre que je la déteste ?!

Elle et moi n'avons rien en commun : elle est fade, inintéressante, raciste -enfin je crois-, elle parle toute seule, elle n'aime personne et...Franchement, physiquement je vaux mieux qu'elle ! Elle ne fait pas de sports, ses cheveux sont plats, son visage trop masculin, elle fait tout le temps la tête, elle est tout le temps courbée, elle n'a pas de caractère, aucun humour...

On raconte plein de choses sur son dos...Je ne veux pas être lié à ça ! Ca me retomberait dessus. Je fais déjà tant d'effort pour être populaire et apprécié des filles qui me plaisent…Et qu'on n'aille pas me dire que c'est égoïste de se rendre plus agréable pour les gens qui nous semblent intéressants !

Quand on était petits, elle me suivait partout lors des repas de famille. On s'imaginait des aventures, on se faisait poursuivre par des dragons et des vampires, on battait de terribles sorciers maléfiques...Elle a toujours été moins active que moi mais au moins elle bougeait à cette époque. Maintenant, même une vieille goule empâtée serait plus dynamique qu'elle.

Bon, l'important c'est que personne d'autre que mes amis ne sache que nous faisons partie de la même famille...Ca m'énerve de ne pas pouvoir dire que c'est de sa faute. Peut être devrais-je aller la voir pour lui dire de ne rien dire à personne ? D'ailleurs, Pénélope Trafter est venue nous demander plusieurs fois pourquoi j'étais à l'infirmerie l'autre jour. Il paraît même qu'elle aurait réclamé une réponse à Rebbeca qui lui aurait répondu d'aller nous voir si elle voulait savoir. Hmm...J'espère que ce n'est qu'une coïncidence et que cette fille ne se doute de rien. D'un côté, maintenant qu'on l'a rejetée un peu plus froidement, elle a dû comprendre de ne pas se mêler des affaires des autres. Oui, ça devrait aller.

Et puis, demander à Rebbeca de se taire, c'est lui donner un moyen de me faire du chantage, et qui sait ce qu'elle pourrait me réclamer ! Non, il faut que je contrôle la situation tout seul sans rien dire à personne. Et si je la vois en parler à qui que ce soit, elle le regrettera.

D'ailleurs on a peut être été un peu dur avec Pénélope. Alors que si ça se trouve, c'est Rebbeca qui est allée la voir en se pavanant parce qu'elle savait quelque chose, attisant ainsi sa curiosité. Faudra qu'on soit plus sympa la prochaine fois qu'on la voit : avec ce genre de personne, pas la peine de se rabaisser à des excuses publiques, elles savent se satisfaire d'un comportement chaleureux...Enfin je crois. C'est compliquées les filles.

-Aïe ! Tu pourrais faire attention, espèce de folle ! s'exclame une voix féminine qui appartient justement à Pénélope.

Quand on parle du loup. Nous nous rapprochons avec curiosité du couloir d'où a surgit le cri et découvrons Pénélope qui ramasse ses affaires d'un geste de baguettes magique, son sac étant déchiré, tandis que Rebbeca reste par terre, à genoux, apparemment sonnée. Plus loin, quelques élèves de serdaigle courent avec empressement vers l'autre extrémité du couloir.

-Qu'est-ce qui se passe ? demande Sirius d'un air nonchalant.

Pénélope nous remarque enfin et passe machinalement une main dans ses cheveux noir et bouclés en affichant un air blessé.

-C'est cette idiote, elle a déchiré mon sac...Regardez : il n'arrive plus à se fermer maintenant...

-Bah, un reparo et tout sera réglé, marmonne Remus, recevant un regard noir de la jeune fille.

Remus et son manque de tact avec la gente féminine...Moi au moins je fais des efforts !

-Oui mais ce n'est pas une raison de le faire !

-C'est vrai que tu pourrais t'excuser, Foist, je lâche sur un ton glacial, me recevant un sourire de Pénélope et un regard terne de ma cousine.

-Je l'ai fait, murmure-t-elle faiblement en se redressant lentement.

-Ah bon ? Je n'ai rien entendu...

-Tu n'étais tout simplement pas là, soupire-t-elle avec fatigue et mépris.

Je sors ma baguette magique et affiche un sourire mauvais. Pénélope semble ravie que quelqu'un prenne sa défense alors que Foist fixe alternativement ma baguette et mon visage, fronçant de plus en plus les sourcils.

-Alors répète-le, et ça sera fait.

-Je viens de te dire que j'ai déjà demandé pardon, donc...

-Ne me force pas à te...

-Qu'est-ce qui se passe ici ? demande une voix forte derrière moi.

Je me retourne vivement et croise le regard du professeur Opieka. D'un geste rapide je range ma baguette dans ma poche. Une fois à notre niveau, il nous fixe un à un puis répète sa question.

-C'est Foist qui a déchiré mon sac ! Elle m'est tombée dessus et l'a déchiré, regardez...

-Est-ce vrai ? demande-t-il en fixant Rebbeca.

-On m'a bousculée. J'ai essayé de me rattraper. C'est tout, lance-t-elle en regardant ses pieds, cachant son visage peu élégant entre de longues mèches.

-Arrête, ils t'ont à peine frôlée ! C'est nul comme excuse.

Opieka nous regarde, hésitant à nous demander ce qu'on faisait là, puis retourne son attention sur les deux filles.

-Bien, ce n'est pas la peine que vous restiez ici toute les deux. A l'avenir, faites attention Miss Foist. Quant à vous, Miss Trafter, montrez-moi ce sac afin que je le répare.

Quelques instants plus tard, Pénélope récupéra son sac qui semblait comme neuf et remercia en rougissant le professeur de défense contre les forces du mal. Foist était resté derrière eux, ne sachant si elle pouvait partir. Et moi, j'espérais qu'il la punisse, comme lorsque je fais une blague à Rogue et que grâce à une machination, les professeurs le croient coupable et non victime. D'ailleurs, c'est étrange d'habitude je ne ressens ce sentiment que pour lui.

-Vous allez retirer des points à Foist ? je demande, l'air de rien.

Vu que nous sommes tous de Gryffondor, il serait injuste de retirer des points, donc il se retrouve obligé de lui mettre une colle…Ca permettra de mettre un peu plus de distance entre nous, et ainsi, éviter tout soupçon sur le lien entre nous deux.

-Pourquoi donc ? C'est juste une maladresse de sa part. Si la gaucherie était punie, je ne serai pas professeur à Poudlard mais pensionnaire à Azkaban ! plaisante-t-il avant de nous conseiller de partir d'ici et de s'éloigner.

Pénélope part dans la même direction que nous et nous restons à ses côté tandis que Foist semble perdue et hésite sur quel chemin prendre par la suite.

-Ca m'énerve qu'il ne l'ait pas punie alors qu'elle m'a fait mal, se plaint notre camarade en frottant douloureusement son avant bras.

-Ouais, je marmonne. Tout ça parce qu'elle est la préférée des professeurs...

-Je ne dirais pas préférée, réplique Pénélope, mais chien-chien. Elle est juste lèche-botte, elle n'a rien d'intéressant.

Je ricane méchamment et d'une manière assez forte avec elle, étant certain que Foist, toujours dans le couloir a dû entendre.

Sirius me jette un regard sombre, presque étonné mais pas de la bonne manière...Serait-il déçu ? Peter reste un peu derrière et écoute attentivement la discussion, ne sachant quand il pourra prendre la parole et...Où est Remus ?

Je me retourne et remarque qu'il est allé rejoindre Foist. Celle-ci ne le regarde pas mais parle malgré tout, il fait quelques gestes, apparemment inquiet puis elle part dans la direction opposée à la nôtre avec sa démarche saccadée et désagréable à voir. Remus baisse les épaules en la regardant partir avant de venir nous rejoindre.

-Qu'est-ce que tu fichais avec elle ? je lui demande, mon ton penchant plus sur le reproche que la question.

-Je voulais savoir qui l'avait bousculée..., murmure-t-il avant de se faire couper la parole par la jeune fille qui nous accompagne en direction de la salle commune.

-Personne ne l'a bousculée, un groupe est passé à côté de nous et ils l'ont à peine touché -qui voudrait la toucher d'ailleurs ?- qu'elle s'est jetée sur mon sac. Je ne sais pas ce qu'elle a contre moi, j'ai toujours été cool avec elle. J'ai même été amie avec elle alors que tout le monde la rejetait. Au moins, ça m'apprendra à vouloir l'aider.

Je hoche la tête mais remarque que Remus ne semble pas du même avis. Il fixe d'un regard inquisiteur Pénélope qui me parle de choses et d'autres. Puis je vois Sirius le tirer en arrière discrètement pour discuter avec lui. Je n'écoute que d'une oreille ce que me raconte la sorcière afin d'entendre ce que se disent mes amis.

-Qu'est-ce que tu lui as demandé ? demande Sirius. Dit la vérité cette fois.

-Je voulais savoir si la personne qui l'a poussée n'était pas celle qui avait attaqué James, murmure Remus. Et...Je lui ai proposé d'aller à l'infirmerie.

-Pourquoi ?

-Tu n'as pas remarqué que le contour de son oeil s'assombrissait de secondes en seconde ? Je pense qu'on l'a plus que « bousculée ».

Sirius serre la mâchoire tandis que je m'occupe à nouveau de Pénélope, mes côtes semblant se tordre lentement.

Je veux que tout le monde voie que je ne l'aime pas, je veux qu'on comprenne que j'ai honte d'elle, que je la hais.

Quitte à être injuste, quitte à dire des mensonges, quitte à être cruel avec elle.

Alors pourquoi je me sens si mal de savoir qu'elle a été frappée ?

Sûrement des séquelles de ma blessure à la tête !

Espérons qu'elles s'en aillent rapidement.

Si ça se trouve, j'ai juste l'impression d'avoir l'exclusivité sur elle, être le seul à avoir le droit de lui montrer ce qu'elle est.

Euh...