Merci a mes cinq reviewers (dont une forcée...) J'espère que la suite vous plaira...

7/ Requêtes

Harry, Ron et Hermione revinrent en même temps dans la salle commune aux alentours de 23h. Ron revenait de sa punition avec les Serpentard alors que les deux autres étaient allés, ainsi qu'avec l'équipe de Quidditch, au premier entraînement de la saison. Harry et Hermione étaient restés plus longtemps pour ranger le coffre qui contenait Souafle, Cognards et Vif d'Or dans le bureau de Mme Bibine. Leurs mines fatiguées réclamaient un lit de toute urgence.

Hermione entra dans la chambre contiguë en claquant la porte.

- "Mais Harry, qu'est-ce que tu fais encore là ! On doit être en cours dans dix minutes !"

- "Quoi ! Dix minutes !" sursauta-t-il.

Il sauta de son lit et s'habilla en vitesse sans même se soucier d'Hermione qui se rinçait l'œil discrètement. Il attrapa son sac de cours qu'il avait (Dieu merci...) préparé la veille. Hermione et Harry descendirent ensemble en courant vers le premier étage. Ils rentrèrent pile au moment de la sonnerie, sous le regard courroucé du professeur Mc Gonagall.

Son ventre gargouilla jusqu'à la dernière minute du cours de Soins aux Créatures Magiques, regrettant amèrement de ne pas avoir pris de petit déjeuner. Alors qu'il s'attablait aux côtés de Ron, le vol des hiboux lui fit lever la tête. Il chercha désespérément sa chouette, mais reporta son attention vers les plats qui se remplissaient d'eux-mêmes.

- "Tu attends une lettre ?" demanda Hermione, qui avait regardé la scène.

- "Oui, de Sniffle. Ca fait deux semaines que je lui ai envoyé Hedwige." Il avait dit cela sur un ton inquiet.

- "Il est peut-être assez loin, tu sais..." rassura Ron.

- "Non, il m'a dit qu'il était plus proche que ce qu'on croyait..."

- "Bizarre", ajouta Hermione.

Le plumage blanc de la chouette effraie ne se manifesta que le soir venu. Il était en pleine lecture de Nos pouvoirs cachés, un livre qu'Hermione lui avait demandé de lire pour faire leurs recherches sur les Marques. Un picotement contre la vitre le sortit du livre, et il se releva de son lit pour ouvrir la fenêtre. Hedwige entra et se posa sur l'épaule de son maître. Il détacha la lettre chiffonnée qui pendait à la patte du volatile. Il la déplia.

Harry,

Je comprend très bien pourquoi tu veux le faire, mais, ce sera assez pénible et long. Sache quand même qu'on a mis trois ans pour le faire avec James et Peter. Certes, nous n'avons pas été aidés.

Je veux bien te servir de professeur, et vu que tu veux y parvenir au plus vite, deux fois par semaines sera parfait. Pour le lieu, la Cabane Hurlante sera idéale. Je suis déjà à proximité. Nous ne fixerons les rendez-vous que d'un jour à l'autre pour ne pas nous faire repérer. Pour le premier, je te dit dimanche prochain à minuit. Renvoie-moi ta réponse au plus vite pour me confirmer la date.

A bientôt, Sniffle.

Ca y est. Son plan à lui était en place. Il ne manquait plus qu'un détail qu'il devait résoudre vendredi, et il serait prêt. Il reprit alors la lecture de son très ennuyeux livre.

Le vendredi midi en question arriva. Hermione et Ron se disputaient encore à cause d'un désaccord. Harry, habitué à ses comportements, traîna les pieds vers le quatrième étage en ignorant la tempête qui sévissait à coté de lui. Le cours de Duel avait lieu dans l'habituelle salle capitonnée munie d'immenses fenêtres (où Ron et la bande à Malefoy avaient éliminés toutes traces de doigts...). Ils s'assirent sur des coussins ou des poufs épars. Harry replia les jambes pour être en tailleur.

- "Bien. Aujourd'hui, nous commençons le cours sur les Quatre éléments. Nous verrons pour commencer le sort de l'Air. Le plus simple. Il sert à déstabiliser l'adversaire, en faisant s'abattre une tempête sur lui. Cela peut aller de la brise légère à l'ouragan, tout dépend de votre concentration, de votre hargne. Ne vous inquiétez pas si juste un filet d'air sort de votre baguette, c'est tout à fait normal. La formule est "Enventare". Le geste est une simple boucle effectuée par le poignet, puis d'un coup vif dans la direction souhaitée. Vous vous mettrez par deux. L'un lance le sort, et l'autre fait "Protego" pour contrer. Tout le monde en place. Je vous évaluerez en même temps sur vos aptitudes à contrer. Allez-y." Et le professeur Kimberley se replongea dans ses notes.

Ron et Hermione s'étaient mis ensemble, pour déverser leur colère librement, donc Harry chercha Neville du regard. Il se souvint alors qu'il s'était cassé le nez tout-à-l'heure dans les escaliers.

- "Euh, professeur. Je... je n'ai pas de partenaire..." bredouilla Harry.

- "D'accord. Donc tu te mettra avec moi." Et sur ce, elle se leva de son siège et pris sa baguette.

Elle s'avança vers lui et pointa sa baguette sur lui.

- "Tu commence par te défendre." dit-elle plus comme un ordre qu'une question.

Il serra sa main sur sa baguette, prêt à faire ses preuves. Des brises légères jaillissaient déjà près d'eux. Harry savait déjà faire parfaitement ce sort pour l'avoir appris l'an dernier lors du Tournois des Trois Sorciers. Mais là, elle ne le ménagerait pas. Ses pensées furent confirmées en voyant Kimberley avoir un petit sourire légèrement sadique. Puis, elle ouvrit la bouche.

- "Enventa.."

- "Protego" lança Harry en même temps.

Harry sentit l'air s'exploser sur la bulle protectrice qu'il avait formé à temps. Les élèves à proximité furent immédiatement arrêtés dans leur élan, projetés sur le mur derrière Harry. Quant à lui, il avait les pied comme ancrés dans le sol, les genoux fléchis pour lutter un maximum contre le souffle puissant. Puis le vent cessa de vibrer et il dégonfla son bouclier en baissant sa baguette. Il remarqua qu'il avait glissé de plusieurs mètres.

- "Bien..." dit la prof de Duel d'un air appréciateur. Elle nota quelques mots sur une de ses feuilles qui se tenaient à portée de main, puis se retourna vers lui. "A votre tour."

Il se mit en position, et se concentra. Puis il dit enfin : "Enventare". Un souffle de plus de 200 km/h se dirigea droit sur la jeune femme qui, malgré le bouclier, recula de deux mètres, les cheveux au vent. Elle se redressa, étonnée, puis repris le sourire perfide qu'elle avait fait. Elle griffonna encore plus sur sa feuille, puis le regarda.

- "Eh bien, Mr Potter, je m'excuse de vous avoir sous estimer. Je vous félicite de votre prestation."

Et elle se détourna vers les autres élèves qui reprenaient leurs duels, s'affrontant avec des vents atteignant la vitesse d'un escargot. Terrifiant, n'est-ce pas... Le cours s'acheva alors qu'Harry regardait par la fenêtre pour s'occuper. Deux ombres tournoyaient au dessus des feuillages de la Forêt Interdite. Quand les élèves commencèrent à sortir, il se détourna de ce spectacle et s'avança vers son professeur qui rangeait ses affaires dans une serviette bleutée. Il fit signe à Ron et Hermione de ne pas l'attendre.

- "Professeur, je peux vous parler."

- "Allez-y, je vous écoute"

- "Eh bien, voilà. Je voudrait perfectionner ma magie. Vous nous avez dit lors de nos cours que c'était possible, et...".

Il s'arrêta devant le sourire de la jeune femme. Elle baissait les yeux d'un air amusé. Harry trouvait que le surnom "Iceberg-woman", si gentiment donné par Ron, ne lui revenait en aucun cas. Du haut de sa vingtaine d'année, elle avait réussie à se faire immédiatement respecter. La paroi de glace avait fondue, et le visage séduisant de Kimberley était à présent rassurant et rieur. Elle leva enfin les yeux vers lui.

- "Je m'étais étonnée de ne pas vous avoir vue plus tôt..." répondit-elle.

- "Vous... vous saviez qu..que j'allais venir ?" bafouilla-t-il.

- "Le professeur Dumbledore m'avais avertie de votre goût du risque, et du danger que vous courrez en permanence, bien que je le savait déjà." Harry parut choqué par ses derniers mots. "Vous savez, votre réputation et votre passé est aussi connue en France. Moins, certes, mais votre nom n'est pas inconnu."

Elle reprit son souffle, puis dévisagea avec plus d'attention les traits du jeune homme, en reprenant son allure impassible. Iceberg-woman... le retour!

- "Je peux bien sûr vous aider, mais il faut savoir que le professeur Dumbledore est entièrement contre. Il ne veut pas vous déranger pendant vos études, puisque vous êtes assez préoccupé. Il ne veut pas vous faire un poids de plus.

- Mais j'ai besoin de ces cours. Je ne veux pas me sentir vulnérable..." s'énerva-t-il, outré par ce que le directeur pensait.

- "Ce n'est pas une raison pour hausser la voix. Je vous ai dit que je vous aiderai." continua-t-elle d'un calme olympien. "Je vous donnerez des cours particuliers, mais vous devez en parler à personne, compris?

- Compris.

- On fixe nos séances le lundi midi. Je n'ai que ce créneau horaire à vous proposer.

- C'est parfait", ajouta-t-il, satisfait.

- "Soit. maintenant, je vais vous demander de disposer. On se revoit alors près des serres de botanique à l'heure de manger."

- D'accord" et il partit de la salle de cours.

Il continua de marcher jusqu'à la salle commune des Gryffondor. Il s'étonna lui-même d'avoir réussi cette partie de son plan. Le plus étonnant était sans doute la façon rapide et autoritaire de son professeur d'avoir accepter sa proposition. Tout se déroulait comme il le voulait. Il resta dans ses pensées, et il ressenti un horrible mal à son front. Non, ce n'était pas sa cicatrice. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un venait de le percuter de plein fouet à la tête et il tomba sur les fesses, ainsi que l'agresseur...