- Alors cette petite discussion ?
Il l'observa sans broncher l'air satisfait et supérieur de sa petite amie. Il s'avança lentement vers elle, leva sa main et lorsqu'elle sentit celle-ci se rabattre, Sakura eut le réflexe de fermer les yeux. Mais ce sont des doigts rabattant une mèche derrière son oreille qu'elle sentit et non ce qu'elle présageait. En ouvrant les yeux, elle vit qu'il lui souriait.
- Ta mèche était mal mise. Est-ce que ça va ? Tu fais une drôle de tête
- Oui… oui ça va, je ne m'attendais pas à ce geste c'est tout
- Tu croyais que j'allais te frapper ? elle hocha la tête, Sakura comment peux tu croire cela ?
-Bah tu as le droit d'être fâché … Mais reconnais que ce n'est que pure rendu de ce que tu m'as fait subir !
- Bien entendu, je n'ai jamais dit le contraire
- Tu veux dire que tu n'es pas en colère?
Il leva son index et lui répondit
- Sache jeune fille que tu connaitras pourquoi mon nom est l'éternel quand sur toi s'abattra la vengeance du tout puissant
- …Ha… d'acc-ord… tu m'fais peur là
- J'espère bien, bon passe moi un essuie qu'on passe au tant attendu DESSEEERT !
Il avait prit la peine de crier le dernier mot afin qu'il soit bien réceptionné à l'étage par une certaine peluche. Fujitaka ne chercha pas à comprendre mettant cela sur le compte de la faim.
Plus tard dans la soirée…
- Et bien merci pour tout monsieur Kinomoto, je vais rentrer maintenant il se fait tard
- Ce fut un plaisir et n'oublie pas notre petite réunion de samedi
- Ha oui… j'en cache ma joie ! il eut un sourire forcé
- J'te raccompagne
Il suivit Sakura et s'arrêta une fois dehors pour l'embrasser.
- Merci pour l'invitation, on se voit demain en cours ?
- Je n'en reviens pas que tu prennes si bien ton rendez-vous de samedi avec mon père, j'suis limite déçue d'ailleurs
Elle fit la moue ce qui ne manqua pas de faire sourire son bourreau
- Honnêtement Sakura je ne crois pas que tu aies conscience à qui tu t'attaques
- Désolée mais tu ne me fais plus peur depuis bien longtemps Shaoran Li
- Compte sur moi pour mettre cette phrase au passé, il lui fit un clin d'œil, tu es libre dimanche soir ?
- Pourquoi qu'est-ce qu'il y a dimanche soir ?
- Tout va dépendre de ta réponse
- Hummm j'ai un week end chargé mais je pense que j'peux me libérer, c'est pourquoi ?
- Pour que tu dormes à la maison, il faudra que je mette en pratique les conseils précieux de ton pèr…Hey ne me frappe pas c'est ta faute j'te signale
- Mouai…
- Mais ma proposition tient toujours
- Si tu es sage. Et si j'avais répondu que je n'étais pas libre tu aurais proposé quoi ?
- Que tu me passes le numéro d'une de tes pompom girls, elle le frappa
- Même pas en rêve ! Bonne nuit à demain
Il l'embrassa une dernière fois et prit le chemin du retour. La température ne dépassait pas les dix degrés mais au moins il avait arrêté de neiger. Eriol l'avait mis en garde de ne pas trop s'en réjouir, que ce n'était qu'un prélude aux prochaines semaines. Il faisait cependant beaucoup trop froid pour une fin d'automne. Cette soirée fut assez surprenante, Sakura n'avait pas eu tord, elle l'avait touché. Il n'avait rien laissé paraitre, ne voulant pas s'avouer vaincu surtout que trottait, dans sa tête, une idée des plus savoureuse.
Il arriva enfin devant son appartement et voulu introduire les clefs dans la porte quand celle-ci s'ouvrit révélant un Eriol mécontent.
- Tu as vu l'heure ?
- Oh excuse moi ma biche tu t'es inquiétée ?
- Je ne plaisante pas Shaoran, quand tu m'as dis « à tout à l'heure » je croyais que cela signifiait « à dans dix minutes » et non pas « à dans six heures » !
- Je ne t'ai pas dis que je soupais chez Sakura ?
- Non tu ne m'as pas dit que «tu soupais chez Sakura», l'imita t'il
- Eriol calme toi s'il te plaît les gens vont se poser des questions
En effet, autour d'eux les portes voisines s'entrouvraient et laissaient s'échappées quelques têtes curieuses.
- Mais j'm'en moque ! J'avais pas mes clés et j't'ai attendu ici comme un con pendant près de trois heures. Si la concierge ne m'avait pas aidé j'aurais jamais pu entrer !
- Pourquoi tu ne m'as pas sonné ? il sortit son gsm et lu, septante neuf appels manqués… ha mais tu vas rire mon portable était en silencieux, il se stoppa en apercevant de la fumée s'évader des oreilles de son colocataire, ok ça ne te fais pas rire…
Il entendit quelques murmures s'élever autour de lui
- C'est son petit ami ?
- Tu crois qu'il l'a trompé ?
- Il est gay ? quel gâchis… j'comprend mieux certaine chose maintenant
Shaoran pâli et poussa Eriol à l'intérieur avant de refermer la porte.
- Ecoute j'suis vraiment désolé, j'pouvais pas savoir que tu comptais sur moi niveau des clés et je te promets que ça ne se reproduira plus
- Atchoum ! sorry j'suis allergique aux conneries. Fais-moi mon petit déj' toute cette semaine et tu seras pardonné
- J'dois te faire ton petit déjeuner tous les matins parce que tu n'es pas foutu de prendre une clé avec toi ?!
- Jusque vendredi je le prendrais dans la cuisine mais le week-end tu peux me l'apporter dans ma chambre, merci et bonne nuit. Il clapa la porte de sa chambre et alla se coucher
Shaolan décida de suivre son exemple et passa par la salle de bain avant de sombrer dans un profond sommeil.
Le lendemain matin…
« Ding, ding, ding , ding », Le chinois pressa son cousin sur sa tête encore plus fort. C'était la troisième série de clochette qui lui parvenait et la moutarde lui montait tout doucement au nez. Il releva la tête sur son réveil : six heure vingt. Là il était de mauvaise humeur, bravo. Il jeta son cousin à terre, s'arracha de la couverture olive et fonça vers l'origine du bruit.
Celui faisait maintenant près de quinze minutes qu'Eriol, accoudé au bar de la cuisine, secouait son grelot. Il vu enfin arriver la personne qu'il attendait désespérément.
- Ohoh de la rage, que dis-je de la fureur. C'est dans des moments pareils que je suis heureux de vivre avec toi. Et non tu ne peux pas me tuer, tu as besoin de moi pour faire ta lessive je t'en laisse seul juger… je ne suis peut être pas encore ton meilleur ami mais tu verras, tu changeras d'avis. Mais n'oublie jamais, la vie sans moi serait encore plus… insoutenable
- Compte sur moi pour l'écrire sur ta tombe
- Bien, je prendrais des pancakes aujourd'hui esclave
Shaoran respira calmement avant d'entreprendre l'exécution des ordres de l'anglais. Lorsqu'il eut fini, il préféra aller prendre sa douche et s'apprêter que de partager plus longtemps son temps avec lui.
Sur le chemin de l'école…
- Shaoran t'as pas envie d'arrêter de grimacer et de toucher à cette maudite cravate
- Je déteste ces uniformes japonais
- Fais au moins l'effort de mettre ta chemise dans ton pantalon et de resserrer ta cravate
- J'étouffe si j'fais ça, j'suis le seul à trouver que ces vêtements serrent ?!
- Il fallait prendre des vêtements à ta taille que veux que je te dise moi
- C'est à ma taille ! Et même en essayant les tailles au dessus ce pantalon moule toujours autant
- Vois le bon côté des choses, ça t'fais un cul d'enfer d'après ce que j'ai entendu
Son voisin se stoppa
- Pardon ?!
- Ce n'est pas moi qui le dis désolé de te décevoir, tu n'es pas mon genre j'les préfère avec des jupes
- J'peux mettre une jupe s'il n'y que ça pour te faire plaisir
- Ne me tente pas
Ils rirent tous les deux et continuèrent leur route sous un temps toujours aussi frais.
Arrivés dans leur classe, ils furent accueillis pas Tomoyo
- Vous en avez mis du temps !
- On serait là effectivement plus tôt si monsieur Li ne faisait pas son difficile et acceptait de prendre la voiture que lui a loué sa mère
- Le jour où tu me verras rouler en japonaise…
- Et le jour où tu apprendras à t'habiller correctement…, elle s'approcha de lui et entreprit de réajuster sa cravate, pour la chemise j'te laisse faire car si Sakura entre à ce moment là ça sera ma fête
Il grogna
- Une école où l'on peut venir en jeans c'est trop demandé ?
- La société en est ainsi bien foutue, elle met des uniformes aux cons pour qu'on les reconnaisse
Tous se retournèrent sur Naoko, poches sous des yeux dirigés vers le tableau, menton sur son bureau et bras ballants. Elle poursuivi sans pour autant changer de position
- Et quand j'vois passer une veste bleue ciel et un pantalon bleu marine j'me dis qu'il y a des chances pour qu'ils appartiennent au sadique qui me demande d'écrire une pièce de théâtre en quatre jours
- Cinq jours Naoko, reprit-il, et tu n'es pas toute seule sur l'écriture
- C'est encore pire de travailler à plusieurs ! Ils n'ont aucun talent littéraire…, elle souffla et se retourna vers son bourreau, bisous magique ?
- Dis un peu «je rêve»
Le plaisir de Naoko depuis que Sakura et Shaoran avaient officialisé leur relation, était d'utiliser certaines de leurs phrases amenées à devenir cultes. Ce qui ne manquait pas de pimenter leurs journées scolaires.
Tomoyo en profita pour jeter un coup d'œil par la fenêtre.
- Hey Sakura approche de la grille !
La bande d'amis se rapprocha de la fenêtre, Chiharu sortit un carnet où étaient inscrit leur nom à tous verticalement et des nombres horizontalement, Eriol parla le premier
- Mille trois cent cinquante Yen sur le cinquante huit
- Je relance de sept cent sur le cinquante neuf, ajouta Shaoran
- Je double la mise sur le cinquante cinq ! s'exclama Tomoyo
Chiharu notait avec vitesse et précision les enchères, puis tous observèrent l'horloge au dessus du tableau. La porte s'ouvrit enfin
- Désolée… mon réveil… il a… enfin vous savez
Aucun n'avait lâché l'horloge des yeux : sept heure cinquante cinq. Tomoyo applaudit sous les regards blasés des autres concurrents
- Merci à tous pour cet accueil chaleureux…
Sakura fit la mou avant qu'enfin ses amis viennent lui dire bonjour, puis ils prirent place à leur banc, le cours d'histoire allant commencer. Au même moment la fille de Sonomi sentit quelque chose vibrer dans la poche de sa veste, elle en ressortit son portable et lu «fifty-fifty comme convenu hein », son regard se posa sur sa meilleure amie qui garda son sourire en coin quand elle lui répondit en joignant son puce et son index en signe de «ok».
La matinée passa beaucoup trop lentement pour Sakura et Eriol, ils attendaient avec impatience leur début d'après midi qui annonçait deux heures consécutives de japonais et donc de retrouvailles.
Bien qu'il s'apprêtait à retrouver sa petite amie, c'est sans joie que Shaoran Li entra dans leur classe. Il s'était mit martel en tête que leur professeur principal avait une dent contre lui et ce à cause d'un stupide ballon de foot qui s'était malencontreusement retrouver dans le break familiale de l'enseignant. Quel imbécile aussi de parquer sa voiture à côté du terrain. Ils patientaient tous à leur banc que Kobayashi pointe le bout de son nez.
- Je me demande quand même ce que l'on va faire, on est sensé préparer la pièce vu qu'on a vu tout le programme du deuxième trimestre, mais elle n'est même pas finie
- Si on doit encore peindre des arbres Naoko a intérêt à ce que toute l'intrigue se passe dans une forêt sinon on ne sera pas quoi en faire…
- Asseyez vous la classe commence. J'ai eu une discussion avec nos écrivains, ceux-ci ont écrit pas mal chacun de leur côté et durant cette première heure de cours ils vont pouvoir tenter de former les premières scènes afin qu'en deuxième heure vous puissiez tous commencer à travailler sérieusement
- Mais monsieur nous, nous faisons quoi pendant qu'ils écrivent ?
- Que diriez-vous d'un questionnaire personnel ? Généralement je fais cela avec mes élèves en fin d'année mais si cela vous intéresse
- Ça consiste en quoi professeur ?
- Chacun de vous va écrire sur une feuille les questions qu'il ou elle aimerait poser à un étudiant en particulier. Je ramasserais vos papiers de façon anonyme et vos camarades devront répondre
Les filles furent très enthousiaste, cela ressemblait aux tests dans leurs magazines, quoi de plus merveilleux. Les garçons eurent plus de mal à accepter l'idée mais étant en minorité, ils ne purent que se résoudre à s'y soumettre.
- Bien faites passer les feuilles et indiquez le prénom de l'élève à qui la question est destinée entre parenthèse à côté de chaque. Restez courtois et poli dans vos questions
Quand toutes les feuilles lui firent rendues, il en pêcha une au hasard et débuta
- Mademoiselle Iwao : où vous voyez vous dans une dizaine d'année ?
- Si je survit à votre cours je serait surement internée en asile psychatique… hum non, je ne sais pas je me vois toujours habitant Tomoéda avec mon mari et mes enfants
- Bien, au suiv..
- Ho et un chien aussi ! rajouta la jeune fille
- Merci pour cette réponse précise mademoiselle Iwao… Suivant, Monsieur Hiiragizawa : Quel image illustre votre tapis de souris ?
- Je n'ai pas de rongeur, je supporte déjà mal l'Akita de Shaoran alors une souris…
Une goute manga passa sur l'ensemble de la classe
- Quand je parle de souris c'est celle de votre ordinateur monsieur Hiiragizawa…
- Oh…. Et bien je n'ai pas d'ordinateur à moi, il sentit un regard pesant sur lui et se retourna sur l'occupant du dernier banc
- Alors comme ça mon chien t'insupporte !?
- Je vais poursuivre si ça ne vous dérange pas messieurs. Justement monsieur Li vous qui désirez parler voici : Si vous pouviez avoir un tatouage, que vous feriez vous et où ?
- J'ai déjà un tatouage, deux même, répondit-il d'une voix neutre
Toute classe se retourna subitement semblant trouver un intérêt tout particulier à cette nouvelle qui pour certain n'en était pas une.
- Ohoh vous pouvez donc répondre de façon simple au reste de la question
Li souffla exaspéré puis répondit
- Une phrase en mandarin sur le haut de ma colonne vertébrale et un autre qui ne vous regarde pas
Cet autre tatouage était son tout premier, il l'avait fait avec Sakura peu avant Noel de l'an dernier, c'était plus symbolique qu'esthétique. Ils avaient décidé de le faire à des endroits peu visibles : pour lui à l'intérieur de la cuisse droite et pour elle, bas du ventre à gauche. Ils ne faisaient que cinq centimètres et représentaient un huit allongés horizontalement : le cycle de l'infini.
Shaoran avait, à son retour à Hong Kong, décidé d'en faire un deuxième long de treize centimètre et s'étirant verticalement sur le début du haut de ses vertèbres dorsales. L'adage grec de Socrate « Gnôthi Seauton » (Nosce te ipsum en latin et connais toi toi-même en français) le suivait dès lors partout.
- Héhé moi j'parie que le deuxième c'est à un endroit intime où il a noté «bienvenu à bord», suggéra un élève
La classe rigola sur les inepties d'Oata que le professeur réprima immédiatement
- Mademoiselle Kinomoto voilà une question intéressante pour vous dont la réponse m'intéresse également même si j'ai une vague idée : Quel est la première chose à laquelle vous pensez en vous réveillant ?
- Par ordre ça donne «Où suis-je ? Qui suis-je ?», ensuite «où est ce maudit réveil» et enfin «Oh mon dieu j'vais être en retard !»
- C'est bien ce qui me semblait… Mademoiselle Daidoji, voici pour vous : Croyez-vous au coup de foudre ?
Eriol s'empourpra automatiquement, cette question c'était la sienne. Il observa Tomoyo réfléchir avec la plus grande concentration avant de déclarer
- Non, pas contre aux raz-de marées…
C'est sur ces derniers mots que la classe eut un moment de pause. Kobayashi se reprit vite et continua le jeu de questions-réponses.
Le lendemain matin à l'école…
Tous les élèves du lycée étaient présents dans le grand auditoire pour le traditionnel mot du directeur en vue des préparatifs pour les fêtes de noël. Les élèves des dernières années étaient répartis aux stands de ventes ainsi qu'à différents postes durant les représentations.
Sakura, Tomoyo ainsi que leurs amies étaient situées vers l'avant milieu de la salle tandis qu'Eriol, Shaoran et Takashi avaient prit place tout au fond.
Le directeur apparut sous les applaudissements de l'auditoire et débuta son discours une fois que tous furent à nouveau assis.
Une demi-heure plus tard…
Bien maintenant nous allons procéder au visionnage des préparatifs de l'an passé, merci mademoiselle Daidoji pour cette copie, et commenter ce qui allait ou n'allait pas
- Admire Eriol tu vas assister à un grand moment dans l'histoire de cette école
Son voisin le regarda perplexe
- Heu Shao d'où tu sors ce pop corn ? Et c'est pas Inglorious Basterds qu'on va se taper bouge moi ce sourire enjoué
- Crois moi, ce que tu t'apprêtes à vivre c'est mieux que du Tarantino, il croisa ses jambes et posa ses pieds sur le dossier du siège d'en face
La salle s'assombrit et la toile géante de l'amphithéâtre s'anima en même temps que le visage de Sakura pâlit.
Elle se leva d'un coup et se tourna en direction du fond de la salle, le visage rouge
- LI !
Celui-ci ne put que lui adresser son plus beau sourire tout en lui faisait signe de sa main gauche, la droite tenant contre lui son paquet de pop corn, puis reporta son attention comme tous les autres élèves sur la toile. Il annonça dans un soupir
- Et Li repasse en tête
