Chapitre 7 : Une position délicate.
_Que les mariés ouvrent la danse !, clama un valet.
Drago entraina Hermione au centre de la salle de réception du manoir, la fit élégamment tournoyer et la ramena contre lui, sa main droite sur la taille fine de la jeune femme alors qu'il tenait sa main droite dans sa paume gauche. Les invités étaient regroupés en cercle, admirant les jeunes mariés valser avec grâce, bien que la brunette semblait hésitante sur quelques pas.
_Souris Malefoy-Granger, marmonna Drago en affichant un air impassible.
_Eh ? Si tu ne souris pas, pourquoi devrais-je avoir l'air d'une idiote à sourire ?
_Tu es censée m'aimer je te rappelle, soupira-t-il en la faisant tournoyer.
Attrapant la longue traine de sa lourde robe, Hermione suivit le mouvement et retourna contre le torse du blond. Ronchonnant légèrement elle fit un immense sourire et se remit à valser, toujours légèrement hésitante. Constatant son trouble, Drago ne put retenir son sempiternel rictus moqueur et décida de la complimenter pour la détendre un peu :
_Tu as fais d'excellents progrès.
_Tu trouves ?
_Si je te le dis.
Elle piqua un fard absolument adorable, ses joues se colorant d'un rouge vif.
_Eh bien euh... Merci.
Il rit légèrement, une lueur malicieuse pétillant dans son regard. Ils tournoyèrent encore quelques instants avant de séparer leurs mains pour inviter les autres couples à les rejoindre. Tous les rejoignirent, exceptés Lucius et Narcissa qui restaient en retrait. Si le premier affichait une expression fermée, les mains posées sur le dossier de la chaise où sa femme était assise, la seconde, elle regardait d'un air nostalgique son fils et sa belle-fille évoluer au gré de la musique.
_Tu ne danses pas ?, demanda Lucius en regardant les couples.
_Inutile. Partager une valse avec quelqu'un qui m'insupporte serait une chose idiote, souffla-t-elle avec calme.
_Quand cesseras-tu d'être aussi rancunière ?
Elle se leva, essayant de garder un minimum de contenance tandis que ses pupilles azurs fusillaient Lucius du regard.
_Lorsque tu pourras concevoir le fait que tu m'as blessé.
_Mais je le conçois, tonna-t-il froidement. Parfait, j'ai saisi l'idée que ce mensonge t'avais blessée, mais comment veux-tu que je te dise que j'étais déjà père alors que toi même tu allais bientôt donner naissance à Drago ?
_P-Pardon ? Mais ça, tu aurais dû y songer avant d'aller tirer ton coup, abruti !, persiffla-t-elle avant de s'en aller.
Peine perdue, à peine avaient-ils quitté la salle de réception qu'il la plaqua doucement mais fermement contre un mur, remarquant les goûtes salées qui menacèrent de franchir la barrière de ses paupières.
_Je t'ai trop laissé filé, maintenant, on discute, ordonna froidement Lucius.
_Je t'écoute.
Il sembla hésiter un instant.
_Eh bien ? N'est-ce pas toi qui me dire des choses ? Je t'écoute, s'impatienta la blonde.
Il darda sur elle un regard froid, tandis qu'elle le jaugeait avec mépris. Inspirant une grande bouffée d'air, Lucius commença son histoire.
_Graziella et moi, expliqua-t-il, cela dure depuis des années. Bien avant même que toi et moi nous nous soyons retrouvés liés. Je la trouvais belle, gentille et attachante. Tout ton inverse en réalité. Enfin, excepté pour la beauté, inutile de te dire que tu es la femme la plus magnifique de toute l'Angleterre aux yeux de beaucoup de gens. Enfin soit, Graziella et moi avions été ensemble à l'époque de Poudlard, tu n'es pas sans le savoir, bien avant que j'apprenne l'existence du pacte qui nous liait toi et moi. Lorsque je l'ai appris, j'ai cherché à te connaître, mais toi, toi et ton entêtement m'ont vite fait comprendre que tu ne tolèrerais pas ce mariage...
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Poudlard, vingt deux ans plutôt.
Assise à la bibliothèque, lisant un ouvrage qu'elle jugeait passionnant, Narcissa dévorait une à une les pages de l'ancien manuscrit. La regardant du bout de la bibliothèque, Lucius plaça correctement sa chevelure et se donnant une allure nonchalante, alla à la rencontre de la petite blonde qui lui jeta un regard ennuyé.
_Bonjour, salua-t-il d'un ton charmeur, nous sommes dans la même maison, mais pour autant, je n'ai pas eu le plaisir de faire ta connaissance.
_Peut-être est-ce parce que je ne veux pas faire la tienne, Malefoy, rétorqua-t-elle en l'ignorant royalement.
Le blond déglutit. Merlin, son ton avait tout le temps réussi à faire craquer n'importe laquelle de ces dévergondées qui étudiaient à Poudlard, et cette espèce de sauvageonne allait le rembarrer ? Alors là, plutôt se terrer dans un refuge moldu plutôt que de tolérer cet affront.
_Nous allons nous marier tu sais, insista-t-il.
Elle claqua son livre et releva ses grands yeux bleus vers lui.
_Ben quoi encore Malefoy ? Oui nous allons nous marier, non je ne t'aime pas, et que Merlin m'en préserve parce que tu m'as l'air plus idiot encore que ces crétins de trolls !, cria-t-elle d'un ton suraigu.
Lucius écarquilla les yeux au même moment qu'elle claquait les lourdes portes boisées. Merlin que ce bout de femme pouvait déjà l'agacer.
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Mariage Lucius Abraxas Malefoy et Narcissa Druella Black, vingt et un ans plutôt.
Comme la tradition l'exigeait, Narcissa pénétra dans la chapelle du domaine Malefoy avec la Lady Malefoy à sa droite, et sa mère, Druella Rosier-Black, à sa gauche. Lorsqu'elle arriva près de l'autel et de son futur époux, sa magnifique robe ivoire fut dévoilée à tous. L'archimage commença sa cérémonie tandis que les deux jeunes sorciers gardaient tête baissée.
_Vous êtes magnifique chère future Malefoy, sourit-il un chouïa moqueur.
_La ferme idiot où tu ne pourras jamais avoir de descendance.
_Parce que tu croyais quand même pas que j'allais te toucher ?, s'indigna-t-il en se relevant.
Elle en fit de même et se tourna vers lui.
_Moi c'est certain que non, mais tu ne toucheras jamais aucune femme si je place réellement mon genou où j'ai envie qu'il soit, sourit-elle avec une lueur sadique.
_Cinglée, souffla Lucius en soupirant.
_Et pire encore, rétorqua-t-elle en faisant un grand sourire.
L'archimage leva les bras et les tendis en direction de l'assemblée, tout en faisant un petite sourire n'ayant rien manqué de la tirade des deux jeunes époux.
_Lucius Abraxas Malefoy consentez-vous à épouser Narcissa Druella Black ici présente ?
_J'y consens.
_Narcissa Druella Black, consentez-vous à prendre pour époux Lucius Abraxas Malefoy ici présent ?
_J'ai le choix ?, grommela-t-elle avec mauvaise grâce.
Le blond lui lança un regard peu amène et Narcissa cru nettement lire sur ses lèvres un « tu refuses et je t'étrangle sur place. » Faisant son sourire le plus hypocrite possible, elle se tourna vers l'archimage et répondit d'une vois faussement enjouée :
_J'y consens, naturellement.
_Je vous déclare donc mari et femme, Lucius vous pouvez embrasser la mariée.
Le blond s'approcha de se femme, posa ses mains sur ses épaules nues et rapprocha dangereusement sa tête de celle de la petite blonde.
_Devant Merlin je jure que si tu poses tes lèvres sur les miennes je t'assassine, persifla-t-elle.
Lucius s'arrêta à quelques centimètres d'elle, la tête inclinée de manière à ce que l'on puisse croire qu'ils scellaient ce mariage. L'archimage, lui, ne loupa rien de la scène et ne put retenir un léger rire.
_Merlin, pourquoi c'est aussi long !, geignit Narcissa.
_Ils veulent peut-être un vrai baiser, on ne sait jamais...
_Ose, défia-t-elle.
Il fit un grand sourire et se dégagea d'elle. Il était un homme marié à présent...
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Rencontre entre Graziella Valentine et Lucius Abraxas Malefoy, Londres moldu, dix-neuf ans plutôt.
_Je ne peux plus te voir, annonça calmement le lord d'un ton impassible.
_Mais... Pourquoi ?
_C'est simple. Narcissa et moi sommes mariés, et par respect pour elle, je me refuse qu'elle soit la risée de l'Angleterre en apprenant mes relations extra-conjugales.
_Ça ne semblait pas te déranger plus que cela la nuit dernière, cingla Graziella furieuse.
Lucius soupira. Il savait très bien que se débarrasser d'elle ne serait pas une chose aisée, mais qu'elle s'accroche ainsi à lui l'ennuyait très, très profondément.
_Tu commences à éprouver des sentiments pour elle, n'est ce pas ?
_Je...
_Elle n'est pas comme moi, l'interrompit-elle en souriant tristement. Si tu l'aimes, dis-lui, elle ne le comprendra pas d'elle-même. Si tu l'aimes, sincèrement et profondément... Dis-lui, sinon tu la perdras.
_Tu ne m'en veux pas ?
_Depuis le temps que je suis ta maîtresse, je savais que ce jour arriverait.
_Sois heureuse, Grace, déclara le blond en s'en allant.
Elle fit un sourire.
_Profite, ça ne sera pas éternel.
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Manoir Malefoy, fin de grossesse de Narcissa Druella Malefoy, dix-huit ans plutôt.
Assise dans une causeuse, lisant vaguement la Gazette, Narcissa caressait distraitement son ventre nettement arrondi par ses huit mois et demie de grossesse. Elle fit un léger sourire en sentant un coup. Merlin que son enfant pouvait être gênant lorsqu'il s'y mettait. Voyant un elfe lui apporter une tisane relaxante, elle l'apostropha :
_Dis-moi Elendil, tu ne sais pas où se trouve mon mari ?
L'elfe de maison s'inclina et répondit de sa petite voix :
_Je ne sais point, madame. Il semblerait que monsieur soit sortir il y a déjà plusieurs heures.
_Et personne ne sait où il est partit ?
_Non, madame. Peut-être devrais-je demander qu'on le cherche ?
_C'est inutile, vous pourrez me prévenir quand il reviendra ?
_Fort bien madame, s'inclina-t-il en s'en allant.
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Appartement de Graziella Valentine, au même moment.
_Tu as un enfant ?
Lucius Malefoy avait craché cela comme une insulte, tandis que Graziella lui souriait poliment.
_Espèce de sale garce, persiffla-t-il. Comment as-tu osé garder cette progéniture bâtarde, fruit d'une relation déjà morte et enterrée depuis des années ?
_C'est aussi mon fils, Lucius ! Je voulais que tu saches que Dario existe, et qu'il est en parfaite santé et que c'est un amour de petit bonhomme.
_Que désires-tu pour ton silence ?, soupira-t-il en faisant apparaître un parchemin et une baguette.
Elle lui fit un immense sourire, purement hypocrite.
_Beaucoup de gallions, et que tu uses de ta réputation pour qu'il ait les meilleures écoles.
_Ce sera fait, annonça-t-il en remplissant le parchemin. Signe.
_Qu'est ce que c'est ?
_Un contrat. Tu gardes ta grande bouche close, il va à tes écoles prestigieuses, et je ne veux pas le rencontrer. C'est clair ?
_Parfaitement. Tu es certains que tu ne veux pas le voir ?, proposa-t-elle en désignant la chambre du bébé de sa main droite.
Lucius soupira devant la porte d'entrée.
_Ce n'est pas mon fils, je ne veux pas le voir.
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Manoir Malefoy, présent.
_Et c'est donc pour cette raison que lorsque tu es rentré tu as subitement déclaré m'aimer, n'est ce pas ?, acheva Narcissa.
_Je le pensais réellement, lorsque je te l'ai dis... Je savais que si Graziella te disait la vérité, ça me ferait te perdre. Et... J'ai presque cru te perdre à ce moment là, c'est pour cela que lorsque je suis rentré, j'ai avoué t'aimer, annonça-t-il avec amertume.
Elle se dégagea de lui, marchant calmement dans le hall. Elle se sentait infiniment soulagée de savoir la vérité, mais restait profondément peinée pour Graziella et Dario.
_Tu vas devoir rattraper les dix-huit années qui t'ont séparées de Dario, c'est un garçon extrêmement délicat et gentil.
_D'où sors-tu cela ?
_D'Hermione, elle l'apprécie beaucoup tu sais.
_Bah tiens, il ne manquerait plus qu'elle s'entiche de lui, nous serions dans de beaux-draps.
Narcissa leva les yeux au ciel tout en secouant la tête, désespérée.
_Tu ne pourras t'en prendre qu'à toi même. Il n'empêche que je t'ordonne de te rapprocher de Dario, ainsi que de Drago. Tu n'as que trop longtemps joué les pères absent, ordonna-t-elle fermement.
_Il n'est pas mon fils, je te l'ai déjà dis !
Un raclement de gorge les fit tous les deux se retourner vers la petite porte qui menait dans la grande salle de réception. Dario appuyé contre le chambranle de la porte les regardaient tous les deux avec indifférence. Il portait un costume entièrement noir, avec une chemise en soie de la même couleur déboutonnée au niveau du col.
_Désolé de vous interrompre, s'excusa-t-il calmement, mais Hermione désirerait vous voir Madame Malefoy, elle m'a demandé de vous chercher.
_Merci jeune homme, sourit Narcissa.
Elle passa devant Lucius elle lui ordonna sèchement de prendre ses responsabilités avant de faire un sourire aimable à Dario et de retourner dans la salle. Père et fils se dévisagèrent sans piper mot, chacun détaillant l'autre. Dario se sentit mal à l'aise face à son père qu'il voyait pour la deuxième fois en dix-huit ans.
_Je suppose que nous devrions discuter, lâcha subitement Lucius.
_Comme vous l'avez déclarer plus tôt, je ne suis point votre fils, par conséquent vous n'êtes pas mon père. Aussi, une discussion serait aussi inutile qu'inintéressante.
_Fort bien, cela me fait gagner du temps. Bonne journée et profitez des festivités.
_De même.
Dario qui était toujours appuyé contre la porte regardait Lucius qui lui le regardait avec le même regard froid dont il l'avait gratifié cinq minutes auparavant.
_Vous êtes devant la porte, jeune homme, indiqua Lucius.
_Pardonnez-moi, soupira Dario en se décalant.
Lucius lui fit un signe de tête tout en retournant dans la salle bondée de monde. Dario, lui, retira les pans de sa chemise de son pantalon et sortit précipitamment dans les jardins. Il marchait sans vraiment regarder où il allait, le cœur en miettes. Quel idiot d'avoir pu espérer que maintenant que la vérité avait éclaté, il aurait pu profiter d'un père. C'était voué à l'échec.
Arrivé à l'Annexe, il gravit les marches lentement, avançant tel un automate avant de se laisser tomber sur les petits bancs en bois. Il mit ses coudes sur ses genoux, et posa sa tête au creux de ses mains, laissant quelques larmes couler.
Autant il comprenait Lucius, autant il haïssait Drago.
Lui, cet idiot arrogant qui ne vivait que par l'argent de son père, lui qui avait grandis avec ses deux parents, lui qui avait épousé l'une des personnes qui lui étaient chères. Parce que oui, Dario sentait au plus profond de lui qu'Hermione était importante pour lui.
Depuis la première fois qu'il l'avait remarqué au bal au tournois des Trois Sorciers. Dans sa robe rose pâle, elle lui avait semblé être un ange. Il ne s'était pas formalisé de cette attirance qu'il éprouvait envers la jeune fille. Il était un adolescent bourré d'hormones, il avait donc trouvé cela normal.
Mais, étrangement, lorsque la F.E.M.S l'avait contacté pour qu'il soit son parrain durant la première année de la jeune femme qu'elle était devenue, il n'avait pas pu s'empêcher de sentir son cœur s'emballer. Il allait la revoir, celle qui hantait ses rêves de jeune garçon.
Lorsqu'il avait appris ses fiançailles avec son petit frère, il avait sentit une rage sans nom s'insinuer en lui. Merlin s'il aurait put, il l'aurait tué.
Elle, tellement gentille, tellement insouciante, généreuse et attachante, voulait toujours épouser ce crétin pour le sauver de la prison qu'il méritait amplement. Ça l'avait plongé dans une fureur innommable, il l'aurait bien de nouveau étrangler de ses propres mains.
Cependant, lorsqu'il l'avait vu pénétrer dans la chapelle, il avait constaté que la détermination dont elle faisait preuve était inébranlable. Hermione était la femme de Drago à présent, et aussi douloureux et dégoûtant que cela puisse lui paraître, il devait se résoudre à cette idée.
Il rejeta sa tête en arrière, contemplant le ciel azur qui allait bientôt se colorer d'orangé. Ouais... Il ferait tout pour s'y résoudre.
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Les festivités s'étendaient de plus en plus, et Hermione commença à tomber de fatigue. Lorsque l'horloge au dessus de la cheminée indiqua trois heures du matin, elle s'inclina respectueusement, s'excusa auprès de ses convives et s'en alla dans les jardins, escarpins à la main, cheveux détachés, profitant de la douce fraicheur estivale.
Elle s'approcha près des berges du grand lac de la propriété, trempant ses pieds meurtris par ses nouvelles chaussures luxueuses, dans l'eau fraiche et douce, mouillant le bas de son jupon par la même occasion.
Drago arriva de sa démarche éternellement trainante, les mains dans les poches, décoiffé et débraillé. Le remarquant ainsi vêtu, Hermione retourna rapidement dans l'herbe, le regardant avec inquiétude.
_Les Walsh sont déjà partis ? Mince, je n'ai pas eu le temps d'aller les voir, couina-t-elle. Narcissa va vouloir me tuer.
_Je leurs ai dis que tu étais partie te coucher, exténuée. Ils n'ont rien dis d'autres.
Hermione baissa la tête, contemplant ses jupons maculés de boue, ainsi que sa tenue toute entière qui ne ressemblait plus à rien.
_Un bain de trois heures du mat, ça te tente ?, proposa Drago en retirant ses bottes.
_Euh... Maintenant ?
_Tu ne vas tout de même pas te baigner en maillot de bain Granger ?
_Mais, et ma robe ?
Il fit un grand sourire.
_Viens par-là !
Il enserra la taille fine de la jeune fille de son bras gauche et dénoua sa large ceinture d'organza. La déposant sur le rocher près de la berge, il ota le tissus de la robe, puis le jupon en crinoline avant de rapidement détourner le regard en lui offrant sa chemise.
Il plongea la tête la première dans l'eau, uniquement vêtu de son pantalon, tandis que la brunette y allait plus modérément, serrant les pans de la chemise de Drago contre elle.
_Oh, Granger, allez, dépêche toi sinon tu n'auras pas encore mouillé ta taille qu'il fera déjà jour.
_Ce que tu peux être désagréable, bougonna-t-elle en rentrant progressivement dans l'eau.
Ne l'entendant pas de cette oreille, le blond l'attrapa et la jeta là où il était persuadé qu'elle serait complètement immergée. Visant juste, il sourit en la voyant sortir rapidement la tête de l'eau, le fusillant du regard tout en s'approchant lentement de lui, une lueur meurtrière et dévastatrice brillant au fond de ses yeux noisettes.
_Tu viens d'attenter à ta vie, Monsieur Malefoy, annonça-t-elle d'un ton sadique.
_Tu essaies d'attenter à la tienne, Madame Malefoy-Granger ?, répliqua-t-il en souriant narquoisement.
_Mou, alors toi...
Elle lui sauta dessus avec agilité tandis qu'il se secouait comme un dément pour la faire descendre de son dos. Elle noua ses fermement jambes autour de la taille du blond et s'agrippa fermement à ses épaules, n'hésitant pas à presque planter ses ongles dans la peau diaphane du jeune homme qui grimaça.
_Je te préviens Granger, si tu ne cesses pas de faire ta guenon, tu vas te plaindre de ce que je vais te faire, prévint-il avec calme.
_Et tu comptes me faire quoi ?, rétorqua la dite Granger en souriant fièrement.
Le blond eut un sourire jusqu'aux oreilles, s'enfonçant un peu plus dans les eaux sombres du lac.
_Ça !
Après cette exclamation, il se pencha violemment en arrière. Hermione, lâchant prise, tomba lourdement dans l'eau et en sortit avec précipitation, crachant de le liquide qui avait envahit sa bouche tout en regardant le blond avec des yeux ronds.
_Alors toi, je vais te tuer, prévint-elle.
Il la vit retourner près du bord avec une pointe de déception, bien qu'il n'en montra rien. Il décida de la taquiner un peu plus, n'ayant pas envie d'interrompre le jeu.
_On abandonne déjà ?
Arrivée à un niveau d'eau qui lui arrivait aux genoux, il vit Hermione se pencher et attraper d'épaisses poignées de boue, tout en avançant dans le lac, un sourire vainqueur sur les lèvres. Comprenant ce qu'elle avait en tête, Drago commença à reculer alors qu'elle avançait toujours vers lui, avec ce même sourire qui déstabilisa Drago.
_Granger tu ne vas pas oser de...
Il fut interrompu par une masse boueuse étalée sur son torse fermement musclé et tonifié par ses heures d'entrainement au Quidditch intensif, et par une autre qui alla s'écraser mollement dans sa chevelure. Ses cheveux, maculés par de la saloperie de boue. Il n'allait pas la laisser s'en sortir vivante.
S'approchant dangereusement de sa femme, il fit un sourire en la voyant paniquer.
_Eh Drago, c'était une blague, hein on va pas se vexer pour ça quand même ?, temporisa Hermione en se reculant prudemment.
_Cours si tu veux sauver ta vie.
Ni d'une, ni de deux, Hermione s'élança vivement vers la berge poussant un cri strident tandis que le blond se rapprochait dangereusement d'elle. Priant tous les Saints elle se mit à courir à vive allure, ses pieds nus foulant l'herbe grasse, dérapant à plusieurs endroits humides. Arrivée dans les graviers, elle couina à chaque pas qui lui entaillait un peu plus la peau à chaque fois et monta quatre à quatre les escaliers de l'Annexe, Drago sur ses pas, tenant un épais tas de boue dans le creux de ses mains.
Remarquant Dario assis sur le banc, la tête entre les mains, Hermione se stoppa net d'avancer et Drago put enfin lui déverser le contenu de ses mains sur ses cheveux trempés, souriant goguenard face à sa victoire.
Tentant malgré tout de garder un minimum de sérieux malgré l'épais liquide marron qui s'écoulait le long de son visage et de sa chevelure, elle se retourna en faisant les gros yeux à Drago.
_Eh ! Valentine, c'est une propriété privée ici, on empiète pas, ordonna fermement Drago.
_J'allais partir de toute façon, souffla Dario en se levant. Hermione, salua-t-il avec hésitation.
Le voyant partir ainsi, l'air profondément dépité, Hermione mit un léger coup de coupe dans les cotes à Drago, faisant des signes de têtes loin d'être discrets en direction du blond qui s'en allait.
_Mais qu'est ce que je vais faire ?
_Roh laisse-tomber, soupira Hermione en suivant Dario.
_Mais où tu vas ?, demanda Drago surpris.
Hermione se retourna et répliqua avec malice :
_Faire un tennis, il y a Steffi Graf qui m'attend dans le jardin.
Le blond écarquilla les yeux en la voyant courir pour rattraper Dario qui s'éloignait déjà considérablement. Il shoota dans le banc et retourna dans l'Annexe, s'asseyant sur l'un des fauteuils de l'entrée, fermement décidé à attendre qu'elle revienne.
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_Dario !, cria-t-elle à bout de souffle.
L'apostrophé se retourna vivement et sourit en la voyant ainsi débraillée, recouverte de boue, un sourire fatigué sur les lèvres.
_Qu'est ce qui ne va pas ?, demanda Hermione une fois arrivée à sa hauteur.
_Je suis fatigué, c'est tout.
L'ex-griffondor lui jeta un regard suspicieux avant de nouer les bras sur sa poitrine, tout en frappant du pied sur le sol.
_Tu vas me prendre pour une godiche pendant longtemps ou tu me dis ce qui te chagrine vraiment ?
Soupirant, Dario s'assit à même le sol et regarda les étoiles en souriant doucement. Hermione en fit de même et attendit patiemment qu'il daignait commencer à raconter ce qui lui arrivait.
Dario lui expliqua l'altercation qu'il avait entendu entre Lucius et Narcissa, puis le fait qu'il soit intervenu et la froideur avec laquelle le patriarche Malefoy s'était adressé à lui. Hermione ne put s'empêcher de grimacer, si elle n'avait pas demandé à Dario d'aller lui chercher Narcissa, il n'aurait pas subi l'amabilité légendaire de Lucius.
_Tu sais, commença doucement Hermione quand il eut achevé son récit, je pense qu'en ce moment, il vaut mieux pour toi de ne pas avoir de père qu'en avoir un comme Lucius.
_J'ai vécu dix-huit ans sans lui, je parviendrais encore à m'en passer, mais le fait qu'il me voit... Enfin, je ne sais pas, j'aurais espéré une autre réaction, souffla-t-il abattu.
_Il ne sait pas la chance qu'il a d'avoir un fils comme toi, sourit la brune.
Il releva la tête et plongea son regard émeraude dans celui bienveillant de sa voisine. Il passa son bras gauche autour des épaules de la jeune fille et la serra contre son flanc gauche.
_Et quelle chance penses-tu qu'il ait ?
_Formidable. Tu es un garçon génial Dario, sourit-elle avec bienveillance.
_Dit celle qui s'est mariée à mon petit frère ya pas un jour.
Elle le poussa légèrement, un léger sourire sur les lèvres.
_Tu sais pourquoi je l'ai fait, on ne va pas revenir là-dessus.
_Je n'ai rien dis petite demoiselle, se défendit Dario en souriant.
Hermione se releva vivement, le dominant de toute sa hauteur tandis qu'il restait assis, la toisant, l'air taquin.
_Tu sais ce qu'elle te dit la petite demoiselle ?
_Mais c'est qu'elle se rebelle !
Il se leva, la dominant aisément de son mètre quatre vingt cinq.
_Donc, tu voulais dire ?, sourit-il.
_Idiot, souffla-t-elle en lui mettant un petit coup dans l'estomac. Rentre chez toi, personnellement je vais me coucher !
_On se voit dans trois semaines ?
Hermione réfléchit, pinçant les lèvres en fronçant les sourcils.
_Dans trois semaines ?, reprit-elle.
_La rentrée à la faculté, t'as zappé ?
Les joues d'Hermione se colorèrent immédiatement d'un rouge vermillon, balbutiant qu'elle avait oublié. Dario éclata de rire et lui embrassa la joue avant de partir les mains dans les poches. Hermione regarda l'endroit qu'il venait de quitter, la main sur la joue, écarlate.
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Drago, qui commençait à perdre patience retourna en dehors de l'Annexe, ses yeux gris perçant scrutant l'obscurité afin de trouver sa femme. Lorsqu'il la vit, il put également voir Dario lui poser un baiser sur la joue avant de s'en aller.
Sentant une fureur innommable le gagner, il essaya vainement de temporiser et arpentait le grand hall , tremblant de colère. Lorsqu'Hermione arriva dans le hall, elle fut surprise de le trouver ici.
Sans demander son reste, elle s'en alla dans sa chambre mais fut interrompue par la voix glaciale de Drago.
_Ne le vois plus.
La main sur la poignée, elle arrêta son geste sans pour autant parler.
_Je t'interdis de le revoir, Granger, c'est clair ?, reprit Drago, glacial.
_Et pourquoi ne le reverrais-je pas ?
_C'est ton beau-frère, et je suis ton mari, tu m'obéis c'est tout.
Elle sourit tristement, regardant à travers la vitre les tentures de son baldaquin.
_Je ne t'obéirais pas, déclara-t-elle calmement.
Drago, bien que décontenancé par son ton sans appel, répliqua durement :
_Et crois-tu que je vais te laisser le choix ?
_Tu me gardes ici, j'accepte, on se marie, j'accepte, j'aide ta mère, je subis les foudres de ton père, j'ai à peine eut le temps de parler cinq minutes avec mes parents aujourd'hui alors que ça faisait un mois que je ne les avais pas vu, j'accepte des tas de choses, Drago, mais tu ne contrôleras pas mes fréquentations, acheva-t-elle lasse.
_Tu es la prochaine Lady Malefoy, tâche de garder en tête où tu te dois de te situer sur les photos, cingla-t-il.
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux mais s'interdit formellement d'en laisser couler ne serait-ce qu'une seule.
_Je serais à ma place, là où je dois être. Finalement, ce n'est pas forcément parce que c'est moi. Dire que je pensais vraiment ce que tu as dis toute à l'heure sur le fait que nous serions amis...
Elle ravala difficilement ses larmes, inspira fortement et reprit son discours :
_Tu veux juste une Lady Malefoy pour poser à tes côtés et faire la potiche, et tu m'as choisi moi parce que tu n'iras pas à Azkaban avec mon immunité. Bien, faisons ainsi. Je respecterai tes décisions, quand à toi je te demande juste de comprendre mon envie de côtoyer Dario parce que je l'apprécie.
Sur ces mots, elle rentra brièvement dans sa chambre et tira rapidement les rideaux, avant de se laisser glisser contre eux, laissant ses larmes traîtresses rouler le long de ses joues pâles.
De l'autre côté de la porte, Drago s'appuya contre le mur et se passa la main sur le visage, poussant un soupir à fendre l'âme, tout en regardant le ciel de par le dôme transparent.
_Pourquoi tu ne comprends pas que lorsqu'il est si proche de toi, ça me rend fou, murmura-t-il pour lui même.
Réponses aux reviews anonymes :
Andrea Malefoy : Bah pour la même robe, j'te conseille de faire appelle à un styliste et de lui donner ce modèle :P. Merci beaucoup pour ton engouement, et j'espère que cette suite t'a aussi plu :D.
Anonyme (Tu n'as pas laissé de pseudo :o) : Ravie que ma fiction te plaise, j'espère que ce chapitre t'a aussi plu ^^.
sasou5 : On veut toutes un Drago je crois, va falloir faire une liste de commande :D. J'espère que ça t'a plu ! =D
Elliot : Merci pour ta review et ta correction, j'ai honte [Part se cacher]. Enfin, quoiqu'il en soit j'espère sincèrement que ça t'a plu ! =). Bisouuuuus.
Lady Hope : Alors là ma chère Lady Hope, j'espère vraiment avoir ta réaction par rapport à Dario dans ce chapitre. Sachant que t'es sa fan number one, je risque d'être bien amusée par ta réaction :D. Je continue à écrire, même si j'ai eu un peu de galère avec ce chapitre =O. Bref, j'espère que ça t'a plu, bisous :D.
Anna : Merci j'espère que ça t'a plu :D.
M : Te voilà servie, en espérant que ça t'a plu ^^.
Les petits potins de l'Auteur : Bonjouuuuuuur :D. Enfin, plutôt bonsoir mais bref, j'espère que vous allez bien ? Moi, ça va tranquillement, les vacances sont arrivées et avec ça, je ne vais pas pouvoir écrire pendant environ une semaine :o.
Comme je m'en vais jusqu'à vendredi, promis je m'avance sur papier et j'essaie de vous pondre un chapitre au mieux, vendredi soir, au pire dimanche soir (dîner de famille... Youhou ! -_-)
Bref ! J'attends avec impatience vos réactions, avis, commentaires coups de gueule... Je vous écouuuuuuuuute =D.
Merci à tous et à toutes pour vos reviews, vos gentils commentaire, ça me toucher énormément.
J'ai mis en place une adresse MSN pour ceux qui voudraient discuter avec moi. Si vous la désirez, envoyez moi un message, je vous y répondrai avec plaisir :p.
Alors je vous préviens maintenant, lorsque cette fiction sera terminée, j'enchaînerai avec la suite de mon O-S Diluculo.
Sur ce je vous laisse, bisous
Votre Ely Sword. (Qui attend avec impatience vos reviews .)
