Bonsoir mes petits amis! Je suis désolé du temps qu'il m'a fallu pour poster un chapitre aussi court, mais mes études et la prépa m'a demandé beaucoup plus de temps que prévu.

Malheureusement, ce n'est pas vraiment fini, mais je ferai de mon mieux à l'avenir pour poursuivre cette histoire.

Gros bisous sur vos fesses poilus, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez et bonne lecture à tous!


Juena, dimanche 16 juin, 8h :

Je fixe longuement le plafond de mon lit à baldaquin en bois noir. Quand j'étais petite ma femme de chambre y avait accroché une myriade d'étoiles phosphorescentes dans le but de me distraire la nuit. Ne pouvant pas aller à l'extérieur, c'était le seul moyen pour moi de voir les lumières de la nuit.

Cela fait plusieurs heures que je suis réveillée et les fameuses étoiles se sont arrêtées de briller il y a un moment déjà.

Je soupirs, je ne peux rien faire d'autre qu'attendre que Katy reçoive l'ordre de venir me chercher. Comme d'habitude mon père la pressera pour qu'elle m'apporte mon petit-déjeuner et qu'elle m'envoie en salle d'étude aussi vite que possible. Bien sûr, c'est encore un lieu particulier de la maison qui m'est dédié, je n'étudie pas avec ma petite sœur, mais bien dans une salle à part.

Il y a quelques mois encore, j'essayais encore de me sortir seule de ce foutu lit. Dans le but de m'occuper un peu, de retrouver mon ordinateur, j'essayais de rejoindre ce maudit fauteuil roulant à la force de mes bras. Mais après de nombreuses chutes sans gravités, mon père m'a déclaré trop imprudente et énergique. Alors pour mon propre bien, il fut décidé que mon fauteuil roulant reste à l'extérieur de ma chambre la nuit et ce jusqu'à nouvel ordre. Cette décision m'a mise dans une colère noire, mais que pouvais-je bien y faire ? Et comment pourrais-je en vouloir à Katy ? Elle ne fait que suivre les ordres de mon père après tout.

Je ferme les yeux et tente de me concentrer sur mon corps encore une fois. Un rituel que j'ai instauré depuis quelques années déjà, mais qui n'a jamais permis de retrouver mes jambes.

Je sens ma tête qui s'enfonce dans les oreilles en plus d'oie, mes cheveux éparpillés me chatouillent la nuque et les oreilles. Je ressens la courbure entre mon cou sur les coussins et mes épaules sur le matelas. La légère pression qu'exerce la couette sur moi et mes bras qui froissent les couvertures. Mon ventre et ma poitrine contre lesquelles frissonne ma chemise en coton. Je sens mon dos qui se courbe, mes hanches qui écrasent le lit. Et mes…jambes que je ne sens plus du tout…elles sont là, je le sais, mais alors pourquoi ne puis-je plus les sentir… Une larme roule sur ma joue, je sais très bien pourquoi je ne les sens pas, mais je ne peux pas m'y résoudre. J'aurais tellement aimé être comme les autres.

Je n'ai pas vraiment le temps d'y penser plus longtemps, car Katy entre dans ma chambre. Elle fait du mieux qu'elle peut pour éviter de faire du bruit, malgré le lourd plateau qu'elle porte. J'ai normalement ordre de dormir jusqu'à l'arrivé de la bonne. Comme si mon père pouvait contrôler ma vie le jour et la nuit.

Je fais mine de dormir. Elle ferme tout doucement la porte derrière elle et dépose sans un bruit le plateau en argent sur la commode. J'entends les pas légers de Katy sur la moquette qui contourne mon lit et vont doucement ouvrir les rideaux.

Le soleil d'été pénètre dans la chambre et arrose copieusement le lit. J'ouvre les yeux sous le regard bienfaiteur de Katy. Elle me sourit doucement et se décale.

« - Avez-vous bien dormis mademoiselle ? »

J'hoche la tête et la laisse me redresser à l'aide de coussin. Je ne dis rien, tandis qu'elle recule mes couvertures. Katy est une personne adorable, elle se met à me parler de l'air chaud qu'il y a déjà dehors (nous avons atteint 10°C), du chat de ma tante qui a renversé une théière de Chine particulièrement rare pendant une réunion chez elle et de la dernière compétition de karaté de ma petit-sœur, sorti gagnante après avoir cassé deux nez.

C'est ce que j'aime chez Katy, rien n'est jamais prise de tête, je n'ai pas besoin de parler, juste l'écouter et cela me plait. Elle continue la liste non-exhaustive des petits tracas du quotidien et des dernières nouvelles de la famille, tandis qu'elle retire ma couette et m'assoie calmement sur le bord de mon lit.

Un rituel bien rôdé depuis tant d'année. Je regarde mes pieds dans le vide, il ne touche pas le seul tant le lit est haut. Katy ramène mon fauteuil roulant, le cale au pied de mon lit et m'aide à m'asseoir dedans. Je me retrouve à nouveau enchainer à cet objet qui me donne pourtant un semblant de liberté.

Katty me débloque le fauteuil et me pousse jusqu'à mon bureau. Je jette un coup d'œil à la fenêtre juste à côté. Il a l'air de faire beau en effet, du moins aussi beau qu'il peut faire dans un pays aussi froid que la Norvège.

Je soupir et me détourne du monde extérieur pour entamer mon petit-déjeuner. Il est semblable à tous les autres, des tartines grillées avec des anchois dans l'huile. Je vous l'accorde, ce n'est pas particulièrement appétissant, mais c'est un petit-déjeuner qui me convient, qui m'aide à aller mieux.

Ma femme de chambre part me chercher une robe blanche et jasmin avec un col haut : mon père m'attend. Je tente de calmer la frayeur qui tord mes boyaux, il va falloir prendre mon courage à deux mains. Je ferme les yeux et le visage sympathique de Kiba s'impose dans mon esprit : c'est pour cette bouille toujours tout sourire que je dois le faire.

Katy s'attaque à mes longs cheveux ébènes, tandis que je me sers une grande tasse de thé vert au citron. Elle ne parle plus du tout, elle se concentre uniquement sur son travail tandis que moi, je laisse mon esprit divaguer vers des terres lointaines, pourrais-je les voir un jour ? Ailleurs que dans mes livres ? Cette vision me réchauffe le cœur et m'arrache un sourire.

Je passe ma chemise de nuit par-dessus ma tête et laisse mon « amie » m'enfiler ma robe de sortie. Katy arrange les plis de la jupe, le corsage, le col, les manches et mes cheveux. Elle me met mes bottines, une chose que je n'ai jamais compris, pourquoi protéger mes pieds qui ne risque déjà rien, d'autant plus que je reste à la maison.

Katy observe son travail et sourit avant de dégager une mèche de mon visage.

« - Je viendrais vous chercher dans une heure mademoiselle. »

Je grignote du bout des lèvres une tartine aux anchois et me connecte au forum de discussion avec mes amis, mais je doute qu'il y ai qui que soit. Encore moins Kiba, il est tard chez lui si je ne me trompe pas.

En effet…il n'y a personne…

Un peu déçu, je décide d'aller faire quelques recherches sur le pays de mon ami. J'aimerais en savoir plus et puis il me faut de bons arguments pour convaincre mon père de me laisser partir aussi loin. Moi qui ne suit jamais sortis plus loin que le jardin d'hiver de la maison.


Narvik, dimanche 16 juin, 10h :

[ShadowMaster est connecté]

ShadowMaster : Ino ?

ShadowMaster : Ino Yamanaka je sais que tu es là, alors répond !

SummerFlower : Oui, oui ! Qu'il y a-t-il Shikamaru Nara ?

ShadowMaster : Je suis à l'aéroport…

SummerFlower : Et alors ? Tu as perdu ton avion ?

ShadowMaster : Non…

SummerFlower : Quoi ? Shika parle s'il y a un problème j'ai pas que ça à faire

ShadowMaster : Penses-tu qu'il faille que je m'achète de la bouffe tout de suite ?

SummerFlower : Hein ? Mais t'es débile ? Non.

SummerFlower : Shika ? Ça va ?

ShadowMaster : Oui pourquoi ?

SummerFlower : Parce que ce genre de question convient plus à Naruto qu'à toi.

SummerFlower : Stresse pas, tout va bien se passer ! 😊

ShadowMaster : Et galère….

[ShadowMaster est déconnecté]

Je souris et ferme le chatt. Ma main s'égare dans ma chevelure et s'entortille dans une mèche blonde autour de mon doigt fin.

Je suis toujours appuyée contre le comptoir du magasin de mes parents, mon téléphone à la main. Je le fixe, perdue dans mes pensées. Pauvre garçon…Shika tu me fais bien rire. Il ne sait absolument pas ce qui l'attends et je sais parfaitement que c'est une torture pour son cerveau brillantissime. Ce génie qui aime calculer l'avenir se retrouve avec beaucoup trop de variable aléatoire pour prédire quoi que ce soit.

Je tire un peu sur ma mèche dorée. Dans le fond, je crois que je l'envie un peu. Il a la chance d'aller voir celle qu'il aime…comme ça, juste en prenant son avion et en franchissant le pas. Et même si ce n'est pas un exercice facile, c'est une chance à ne pas laisser passer.

Enfin, je ne suis pas bien placée pour me plaindre…pas comme Hinata ou Kiba. Je ne peux pas me plaindre car il est venu...il était là. Il avait fait escale par chez moi et je n'en n'avais rien fait. Une semaine à l'avoir à côté de moi tous les matins, les soirs…et j'étais resté là les bras ballants à l'entendre me parler de son stage de spécialisation en poisson. J'étais paralysé par la peur et la timidité, pour finalement ne le toucher qu'au bout d'un câlin chaste et discret à l'aéroport.

La sonnette de la boutique me tire de mes pensées. Je me reprends et rejette ma longue queue de cheval derrière mon épaule, un sourire s'étend à nouveau sur mon visage. Il n'est pas réel bien sûr, mais un bon vendeur est un vendeur accueillant.

« - Bonjour ! Que puis-je pour vous ? »

Je sors de derrière mon comptoir pour accueillir le jeune couple qui vient de passer la porte.


Le Caire, lundi 17 juin, 8h :

Je m'étire longuement dans les allées de l'avion qui vient d'atterrir. Je me sens tout bloqué après ces dix heures et demi de vol. C'est fou comme les avions sont inconfortables malgré les progrès de la science.

Dehors le soleil frappe le tarmac malgré l'heure matinale. La chaleur est écrasante, j'en suis presque à suffoquer si je n'étais pas habitué aux rues poussiéreuses et sales de la grande ville. C'est effrayant, il est tôt encore.

Nous descendons en file compacte l'escalier de l'avion et nous regagnons l'aéroport du Caire. Moderne et semblable à tant d'autre dans le monde. Le seul changement notable est la couleur des uniformes des soldats. On sent bien que ce n'est pas le même univers.

Je suis la file qui s'enfonce dans les portiques de sécurité. Mon esprit lui divague sur une mer turquoise.

Je suis au Caire….la ville qui, dans mon esprit, appartient à Temari No Sabaku. Vais-je la croiser au détour d'une allée ? Ce serait une drôle de situation…voir ainsi une amie de longue date, rencontrer enfin la femme derrière l'écran… Voir et sentir celle qui m'envoûte, celle dont je guette la venue sur le forum jusque tard dans la nuit. Qui est-elle en réalité. ? Car elle est de loin la plus mystérieuse de nous tous, la plus discrète sur sa vie de tous les jours. Je serai bien heureux d'en apprendre plus sur elle…

Je récupère machinalement ma valise sur les tapis qui roulent, Ino m'a prévenu que quelqu'un m'attendrait à l'aéroport pour m'emmener là où elle a prévu de m'envoyer crécher. Je ne vois personne dans le hall, c'est surement dehors alors.

Je jette un œil en direction des portes automatiques. Une fois ces dernières passées, je serai en Egypte…Etais-ce qu'il y avait à faire ? Je lui revaudrais ça à l'autre idiote de Yamanaka. En bien ou en mal.

D'un pas trainant je quitte ce lieu de transit. Le soleil me tombe dessus, il n'a jamais fait aussi chaud pour moi qu'à cet instant. Je peine à ouvrir les yeux et à avancer, mais dans la foule qui se presse derrière des barrières en métal.

Un homme attire mon attention. Il est grand et musclé, en costume noir et képi en tenant une pancarte à mon nom à la main. Je saisi ma valise et mon courage, puis contourne la barricade pour rejoindre l'homme.

Arrivé devant lui, je le salue d'un signe de tête polie, ne sachant absolument pas la marche à suivre dans ce genre de situation.

« - Shikamaru Nara ?

Oui ?

Veuillez me suivre, Amira vous attends ? »

Il ne me laisse pas le temps de répondre et s'empare de ma valise. Je réagis un peu tard et doit presser le pas pour rattraper ce que je suppose être mon chauffeur. Nous montons dans une voiture noire aux vitres teintés : moi à l'arrière et lui au volant. L'ambiance est pesante ou bien est-ce mon stress qui m'écrase ?

Il a parlé d'une certaine « Amira » qui est-ce ? Je n'ai jamais entendu parler d'elle… Serait-ce une autre amie d'Ino ? Et si je suis chez cette femme et que je rencontre Temari ne le prendrait elle pas mal ?

Tout se mélange dans mon esprit, rajoutant ces interrogations à mon angoisse grandissante.

La voiture quant à elle, fonce au milieu d'une ville claire et colorée, sous le soleil égyptien qui brûle le sol. Mais je remarque à peine ce nouveau monde qui m'entoure tant je crains de le voir.

Je crois que je vais faire un malaise...