Titre: Le Fil De Ma Vie

Auteur: Akira Makkuro

Remarques et autres notes: Que dire sinon que... Non, je ne suis pas morte, j'ai juste eu un passage à vide pour la fin de cette fic, couplé avec la niassance d'une autre fic dans un genre totalement différent que je vous offrirai quand j'aurai fini de l'écrire, histoire de ne pas vous laisser poirauter 15 000 ans comme je le fais actuellement. Ce chapitre devait être un épilogue... Vous commencez à me connaitre, ce n'en est pas un mais l'avant dernier chapitre de cette fic. Le suivant est déjà bien avancé mais je bloque à un moment donc je ne promets aucune date. Voila! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, en attendant, bonne lecture!

Akira


Chapitre Sept: Renouveau

« Vous avez tous eu vos consignes. Il y a des questions ? Personne ? Ok. Vous pouvez vous rendre de vos bureaux où vous découvrirez vos nouveaux collègues de travail. Vos premières missions seront disponibles sur vos bureaux demain à la première heure. »

Le silence du bureau du Capitaine des Aurors fut troublé par un brouhaha de pas et de murmures. Des chaises raclaient le sol, des portes s'ouvrant rapidement. Drago se laissa guider par le flot afin de rejoindre le couloir. Les autres discutaient avec animation de la nouvelle réforme. Bien que certains parlaient de leurs nouveaux compagnons de travail avec une certaine colère ou hésitation contenue, tout le monde semblait d'accord sur un point. Cette réforme avait eu le mérite de réduire les tensions dans les Quartiers des Aurors, et même au sein du Ministère dans son ensemble.

Drago remonta le couloir en laissant ses pensées passaient en revue les trois derniers mois. La révélation de l'existence de la Guilde mythique des Chevaucheurs d'Ombres ainsi que l'identité de certains de ses membres avaient chamboulé l'Angleterre magique toute entière. Le Capitaine Williamson avait été démis de ses fonctions et l'Auror Cardiem avait pris sa place. L'accord signé entre le Ministère de la Magie et Sylvia Potter, dirigeante de la Guilde Draskell avait été respecté, Dark-Sylver avait transmis une liste plus que conséquence, et non exhaustive selon elle, des criminels cachaient au sein du gouvernement et les Aurors avaient écumés les services. Cependant plusieurs suspects, voir coupables d'ailleurs, avaient réussi à s'échapper. Le Capitaine Cardiem et Sylvia Potter avaient eu de nombreux rendez-vous et le résultat de leur travail se trouvait là, juste sous ses yeux. Drago soupira avant de poser sa main sur la clenche de la porte de son bureau. Derrière le panneau de bois, son nouveau partenaire de travail. A partir d'aujourd'hui, chaque Auror serait couplé avec un porteur du Draskell afin de gagner en efficacité. Des partenaires anonymes, au visage dissimulé sous une capuche et répondant à un pseudonyme. Quoi de plus normal pour la plus grande Guilde de tous les temps. Cette absence d'identité faisait de chaque Chevaucheur d'Ombres un adversaire plus redoutable, surtout avec la réputation qu'ils avaient. Un moyen de pression hautement efficace liait à des capacités qui n'étaient plus à prouver après leur action lors du bal de Poudlard au trimestre précédent. Personne ne savait avec qui il allait travailler ni avec qui ses collègues allaient travaillaient. Seuls Dark-Sylver et le Capitaine des Aurors le savaient et se garderaient bien de dévoiler ce secret.

Le jeune Auror poussa la porte, se demandant comment son nouveau collègue allait le surprendre. Serait-il dans un recoin sombre du bureau ? Derrière la porte ? Il s'attendait à tout de la part de ces hommes surentraînés à se tapir dans l'ombre. Atout mais pas à ça. La silhouette noire était assise sur son bureau, lui tournant le dos, apparemment plongée dans la lecture d'un dossier. Drago claqua la porte, sans tiré le moindre sursaut à l'intrus.

« Surtout ne vous gênez pas ! Faites comme chez vous ! »

La silhouette releva à peine la tête, faisant grincer les dents du dernier Malfoy. Non seulement le porteur de Draskell n'avait aucun respect pour ses affaires et sa personne, mais en plus, il n'avait aucune politesse ! La silhouette finie par refermer le dossier qu'il posa à côté de lui avait de bondir du bureau et de se planter devant lui. Sa voix résonna, froide, comme tous les Chevaucheurs d'Ombres, mais teintée de malice.

« Mais je fais comme chez moi. Après tout, ce n'est pas la première fois que je viens ici. Et puis, ce dossier n'est pas vraiment top secret pour moi »

Drago jeta un coup d'œil au dossier en question. C'était le dossier Potter, un pavé de 1600 pages environs qui avait été classé après son apparition dans la Grande Salle. Le blond releva son regard son sur interlocuteur.

« Harry ?

- Non, Orion. Je te l'ai déjà dit, Harry est mort il y a un peu plus de cinq ans maintenant, deux jours après sa victoire sur Jedusort

- Mais… Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi es-tu ici ?

- Pour travailler, évidemment. Sylv' avait l'air de penser que ça pourrait être amusant qu'on bosse tous les deux, mais apparemment, ça n'a pas l'air de te plaire. Si ça te dérange tant, je peux toujours aller la voir pour faire modifier les équipes. »

Il y avait une note légèrement amère dans la voix du brun, et celle-ci fit sursauter intérieurement l'Auror.

« Non. Ce n'est pas ça. Je croyais que tu étais le bras droit de Dark-Sylver. Et puis, tu disais que tu disparaissais de nouveau la dernière fois que l'on s'est vu.

- J'ai dit que je repartais en chasse, pour reprendre ta propre expression. Et vu votre efficacité à laisser filer des proies plus grosses que vous, je me suis dit que ça ne ferait pas de mal que je glisse dans vos rangs. Et puis, tu m'avais demandé si j'allais revenir un jour… Il semble que ce jour soit arrivé. »

La conversation tira sur la vie de Drago pendant toutes ces années où Harry, pardon, Orion avait disparu de la surface connue de ce monde. Ce dernier avait retiré son capuchon, laissant la crinière sombre cascadait sur ses épaules, et avait repris sa place sur le bureau tandis que Drago se tenait appuyé contre le mur, une tasse de café dans les mains. Ils en étaient venus à parler du dossier Potter quand la porte s'ouvrit brutalement.

« Drago !!! Tu ne devineras jamais qui… »

Blaise laissa sa phrase en suspend devant le regard vert argenté sui s'était fixé sur lui. Orion s'était retourné brusquement, dardant un regard perçant sur le nouveau venu. Drago remarqua qu'il avait déjà la main sur sa baguette. 'Efficace' pensa le blond avant de se regarder son ami.

« Qu'est ce que je suis sensé ne pas deviner, Blaise ?

- Euh… »Celui-ci hésitait à répondre, son regard indiquant clairement sa méfiance envers Orion. Orion qui, retenant un éclat de rire, lança d'une voix moqueuse :

« Tu peux parler devant moi, Zabini. Je sais très bien que c'est Io qui travailleras avec toi et qu'elle a dévoilé son identité. »

Blaise rougit violemment sous le regard goguenard du brun. Un bruit de pas dans son dos le fit se retourner et il rencontra le regard noisette de la précédemment citée Io. Celle-ci lança à son coéquipier :

« Ben alors ? Je croyais que tu étais parti chercher un café ?

- Euh…

- Blaise tu as perdu ta langue ? Orion, ne me dit pas que tu as déjà martyrisé mon pauvre partenaire. Tu ne pouvais pas t'en empêcher ?

- Mais Io ! Tu sais bien que c'est très amusant de jouer avec les Serpentards.

- Bien sur que je le sais, sinon je ne m'amuserai pas avec toi, 'Rion. Mais tu ne pouvais pas le laisser intact celui là ? C'est mon partenaire. C'était donc à moi de jouer avec lui.

- Dois-je te rappeler ce qui est arrivé à ton ancien partenaire, Io ?

- Tu veux parler de 'Mède ? Il n'avait qu'à pas essayer de me peloter à longueur de temps. Et puis, tu veux que l'on parle de Jocaste ?

- Quoi, Jocaste ? Je sais bien que j'ai dû la faire taire, mais bon, elle n'avait pas à vendre les renseignements de la Guilde au plus offrant. Donc moi, j'avais une raison politiquement valable. Et puis au moins, elle était reconnaissable, pas comme une certaine personne si je me souviens bien.

- Bon, j'admets que j'y suis peut être allée un peu fort. »

Blaise avait pâli au cours de l'échange mais les deux dernières répliques furent de trop et il s'effondra sur le sol. Drago hésitait entre rire et paniquer. D'un autre côté, il était curieux. Quelque chose lui disait qu'il connaissait Io mais celle-ci avait gardait son capuchon, l'empêchant de mettre un visage sur la voix qui lui titillait la mémoire. En tous cas, chapeau. Mettre Blaise dans les pommes n'était pas une mince affaire. D'ailleurs, ce n'était pas normal. Des conversations de ce type, ils en avaient entendues toutes leurs enfances avec leurs Mangemorts de parents, alors pourquoi avait-il flanché aujourd'hui ? Et pourquoi avait-il déboulé aussi excité qu'un lutin de Cornouailles ?

Les épaules tressautant de rire, Orion et Io relevèrent l'évanoui et l'installèrent sur la chaise de Drago. Celui-ci réveilla son ami d'un 'enervatum' négligeant. Blaise ouvrit des yeux qui braqua aussitôt sur Io, une lueur d'appréhension dans ses prunelles chocolat. La jeune femme regarda Orion qui acquiesça de la tête à sa question silencieuse. Celle-ci retira alors sa capuche et Drago compris aussitôt la réaction de celui qui avait été son ami depuis le début. Libérée du tissu noir, une cascade de feu, domptée en une lourde tresse, glissa jusque sur ses hanches, encadrant un visage fin orné de fines tâches de rousseur et illuminé par deux yeux noisette pailletés d'or et de malice. Un éclat métallique dansait au fon de ses prunelles, signe qui semblait commun aux membres de la Guilde Draskell

« Ginny Weasley ?

- Tu as l'air surpris Malfoy.

- Ben, vu la réaction de ton frère, je pensais que ta famille n'acceptait pas l'existence de la Guilde et encore moins qu'Orion y soit entré.

- Ne me compare pas à cet imbécile ! Rétorqua Ginny – non, Io - en crachant le dernier mot. « Seuls les jumeaux ont compris la nécessité de la Guide.

- Fred et Georges nous ont d'ailleurs rejoint il y a un an et demi maintenant.

- Je vois. Et depuis quand tu fais partit des Chevaucheurs d'Ombres, Io ?

- Depuis quatre ans à peu prés. Depuis qu'Orion a commencé à agir dans les ombres. »

La conversation détourna sur les rares informations que les nouveaux partenaires des Aurors pouvaient transmettre sur leur nouvelle famille. Puis chacun rentra chez soi, se donnant rendez vous dans le bureau de Drago le lendemain à la première heure. Les deux porteurs de Draskell disparurent rapidement dans la pénombre de la soirée, se glissant sans problème loin des regards des hommes, retrouvant certainement les autres Chevaucheurs d'Ombres pour rentrer dans leur repère.

Quand Drago et Blaise pénétrèrent dans le bureau du premier, ils furent accueillit par deux silhouettes noires. Orion avait repris sa place sur le bureau tendit qu'Io le tenait appuyé contre la fenêtre, observant les gouttes d'eau fictives dégoulinaient le long de la vitre. Quelques instants plus tard, un petit nouveau du service vint leur apporté leur première mission, lançant des regards de peur et d'admiration mêlés aux quatre personnes se tenant dans le bureau. Le hasard, ou Sylvia selon Orion, faisait bien les choses et ils se retrouvaient tous les quatre sur la même mission. Il s'agissait de retrouver et d'arrêter un certain Zacharias, qui faisait du trafic d'objets magiques volés et trafiqués. Les indices qu'ils possédaient étaient maigres et ils durent commençaient par récupérer des informations un peu plus fraîches. Blaise et Io se chargèrent du réseau d'information de la jeune femme tandis que Drago et Orion se chargeaient du réseau des Aurors.

Sa capuche rabattue sur son visage, le bras droit des Chevaucheurs d'Ombres marchait sur les talons de Drago, se glissant dans les ombres pour ne pas attirer les regards. Quoiqu'avec la pluie drue qui tombait sur Londres, les regards qui fouillaient la ville n'étaient pas très nombreux. Dans la salle du Chaudron Baveur, l'héritier de la famille Malfoy tomba sur sa source personnelle : Pansy Parkinson. L'ex-Serpentarde avait troquée son éternelle robe verte de responsable de l'herboristerie Xakard, dans l'allée des Embrumes contre une robe noire et passe-partout. Elle eut un sourire quand elle vit pénétrer son ancien camarade de classe, et ne remarqua même pas la silhouette noire qui le suivait comme son ombre. Elle le va la main pour appeler un serveur.

« Drago chéri ! Quelle bonne surprise de te voir par ici. Comment vas-tu ?

- Comme je peux. Et toi ?

- Oh, beaucoup mieux depuis que tu es rentré dans ce bar » minauda-t-elle. Elle passa sa commande sans accorder un regard au serveur. « Deux bièreaubeurres.

- Non, vous nous en mettrez trois s'il vous plait. »

La voix glaciale d'Orion avait tracée son chemin dans l'air enfumé de la pièce comme une lame aiguisée, stoppant net la tirade que Pansy préparait. Elle leva un regard noir à la personne en capuchonné qui venait de s'asseoir entre elle et Drago sans que personne ne l'ai invité.

« Dégage de la, cloporte. On ne t'a pas invité que je sache.

- Navré Parkinson, mais Drago et moi, on est là pour le travail.

- Drago ? Drago ?!? Non mais t'es qui pour l'appeler par son prénom ? Espèce de sale rat !

- Pansy, je te présente Orion Black, mon nouveau partenaire de travail. Et il a raison, je suis venu pour savoir si tu n'avais pas une info à me refiler.

- Pff ! Je me doutais bien que tu ne venais pas uniquement pour me voir. Mais je ne vois pas pourquoi je parlerai devant un mec qui se cache sous une cape noire comme un vulgaire Mangemort.

- Crois moi, Parkinson, tu n'as pas envie de me voir.

- Ah ouais ?

- Oui.

- Alors tes informations, tu peux toujours leur courir après !

- Tu vois Drago. Je t'avais dit qu'il ne fallait pas que je vienne.

- Non. Tu travailles avec moi donc je ne vois pas pourquoi tu n'aurais pas à être là.

- Peut être parce que tes informateurs ne veulent pas livrer leurs secrets devant moi ?

- … »

Orion lança un regard goguenard à Drago, sous le sourire victorieux de Pansy. Sourire qui disparut quand elle sentit une puissante poigne attraper sa robe au niveau du col. Face à elle, à quelques centimètres à peine de son visage et dans les profondeurs ténébreuses de sa capuche, deux billes d'émeraudes métalliques vrillaient sur la jeune herboriste un regard glacial. Elle gigota, mal à l'aise, un frisson lui parcourant la colonne vertébrale. Puis, Orion la relâcha et se réinstalla tranquillement contre son dossier, le dos au mur et le regard balayant prudemment la salle, sondant chaque sorcier, décryptant chaque expression, repérant les issues possibles, les faiblesses et les positions tenables. L'héritier Malfoy retint un sourire devant la pâleur du teint de son ancienne condisciple. Il attendit que les boissons arrivent puis entama plus directement la conversation, parlant d'une voix basse après avoir lancé un sortilège de silence autour d'eux.

« Bien. Pansy, je voudrais savoir ce qui se dit sur un certain Zacharias et son trafic d'objets ensorcelés.

- Zacharias ? Jamais entendu parler. Par contre, pour ce qui est du trafic d'objets, faudrait voir du côté des nouveaux propriétaires de Barjow et Beurk. Ils ont une façade plutôt clean maintenant mais on les soupçonne de recycler de la magie noire dans leur sous-sol. Il paraît que certains se vendent aussi au niveau des bazars des Cours Brumeuses. Les colporteurs vont viennent, mais va savoir où ils se fournissent.

- Je vois. D'autres choses un peu bizarres dans les environs ?

- Les environs ? Non. Mais cela fait une paire de semaines que l'on vient acheter des quantités assez effarantes d'Herbe de Malrune… J'avoue ne pas savoir ce que l'on peut en faire. Je sais qu'elle sert dans diverses potions de haut niveau, mais dans de telles proportions !

- Ok. Sinon, le boulot ? Tout roule dans la boutique ? »

La conversation repartit sur des sujets moins sensibles et moins mystérieux, l'échange d'information avant cessé.

OoOoOoOoOoOoO

Dans une ruelle sombre et brumeuse, au plus profond du quartier des Embrumes dont la rue qui en porte le nom n'est que l'entrée d'un monde ténébreux et noir, un duo étrange attendait avec impatiente l'arrivée de leur informateur. Si Io était bien à l'abri de l'humidité dans son manteau noir, la capuche relevée sur son éclatante crinière, l'Auror Zabini frissonnait sous sa robe de service et regretté amèrement son manteau, resté sur la panthère derrière la porte de son bureau. Heureusement que le Ministère avait fini par accepté que les uniformes de la Brigade des Aurors soient plus discrets, sinon, on aurait vu que lui dans la rue ! Un ricanement sur sa gauche lui appris que sa nouvelle collègue était en train de moquer éperdument de lui tout en essayant de rester discrète.

« Io ! Arrête de te foutre de moi ! »

Etrangement, l'appeler Io plutôt que Ginny ne le dérangeait pas plus que cela. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de remarquer les différences entre la Ginny souriante et chaleureuse qu'il croisait de tant en tant à la cafétéria du Départements des Archives et la Io plus froide et plus encline à l'acidité du sarcasme qu'il côtoyait depuis la veille dans le Département des Aurors. La porteuse du Draskell reprit son masque et jeta un regard à con partenaire mais on pouvait lire clairement son amusement dans ses prunelles claires. Celles-ci n'avaient pas l'éclat métallique et triste des yeux d'Orion Black et Blaise en était soulagé. Soutenir le regard du partenaire de Drago était assez dérangeant, surtout après sa déclaration du trimestre dernier lors du Bal, et l'Auror était bien content de ne pas l'avoir tout le temps à ses côtés. Pour son regard et aussi parce que maintenant qu'il allait passer ses journées auprès de la jeune femme qui le subjuguait depuis un moment maintenant, il ne voulait pas laisser passer cette occasion. Il serra les dents et entreprit d'ignorer les frissons qui parcourraient son épiderme sous la caresse insidieuse du vent de novembre. L'attente se poursuivit.

OoOoOoOoOoOoO

Drago arpentait le Chemin de Traverse d'un pas vif. A ses côtés, une ombre glissait sans bruit. Pourtant, les deux ressassaient les informations qu'avait lâchées bon grès mal grès Pansy Parkinson. L'Herbe de Malrune faisait partie des éléments rares de potions et classée dans une catégorie particulièrement dangereuse des planches d'Herbologie car toxique à relativement moyenne dose, entraînant à la dépendance et étouffante sous forme de fumée. Malgré ses différents problèmes, on pouvait la trouver en vente libre dans le commerce car elle entrait dans la composition de potion de haut niveau comme les philtres de restructuration cellulaire, potions de lignage, potions descellement et désherbant massif contre le dragondent, variété magique et particulièrement solide du chiendent. Les pas des deux jeunes hommes les menèrent vers la librairie Fleury et Bott. Avec un sourire et une pensée pour son amie et sœur de cœur Hermione, Orion se dirigea vers la section des potions et commença à éplucher les index par ingrédients du 'Recueil des mille et une potions dédiées aux grands Maîtres' de Méléas Blender tandis que Drago se plongeait dans 'Les plus grandes potions du XX° siècle' par Réa Sumup. Se fut le blond qui trouva la meilleure piste, dans 'Potions et décadence' de Grimm Orridle. Le duo acheta le grimoire et alla s'installer dans une des tables de Florian Fortarome. Le glacier n'avait que peu de clients et les tables étaient séparées par des parois, ce qui conféré une certaine intimité aux gourmands et gourmets venus se rafraîchir avec des boules de crèmes glacées et de cornets.

Installés devant deux coupes à peine entamées, Drago lisait la page qui les intéressait, sentant le regard de son partenaire glissé au dessus de son épaule pour suivre en même temps les lignes sombres qui recouvraient le parchemin du grimoire. Le Philtre de Renaissance fut inventé en 1542 par le Mage Noir et Maître de Potion Abraxas Riefiel. Bien que sans résultat recensé à ce jour, cette potion légendaire permettrait de ramener un mort à la vie. Elle nécessite un élément de cette personne à ressusciter ainsi que divers ingrédients à la fois, rares, coûteux et dangereux à manipuler. Les ingrédients sont à mesurer avec précaution, par rapport au poids de la personne à ramener et les instructions sont disponibles à la page suivante.

Pour un homme de soixante-dix kilogrammes, il faut :

453 décilitres de sang de Basilic ;

7 paires d'yeux de Strangulots Ecarlates ;

1784 grammes de peau de serpent du cap séchée à la pleine lune ;

22 litres de larmes de Phénix noir ;

3 kilogrammes de foie de Magyar à Pointes femelles ;

77 écailles de sirènes mâles des Bermudes ;

5,784 kilogrammes d'Herbe de Malrune ;

4 litres de sang de Vélanes non liées ;

578 cheveux de Banshees des forêts du Grand Nord ;

666 âmes innocentes ;

14 queues de salamandres noires ;

1 sabot de centaure ;

3 cornes de licornes noires ;

82 litres de sang de licornes ailées.

Drago referma le livre avec une grimace de répulsion et repoussa sa coupe de glace au café. Orion, sa cuillère à la main, avait fermé les yeux. Sa cuillère tremblait, jetant sur le visage sombre de son propriétaire des éclats métalliques. Après quelques secondes de réflexion, il siffla hargneusement entre ses dents et se leva. Drago suivit le mouvement, glissant le grimoire dans une de ses poches. Il était temps de mettre en commun les renseignements et amener les déductions qui s'y rattachaient.