Merci à Devil Horse pour sa review !
Titre: Bullets and Blood's Family
Chapitre 4: AK-51 part 2 / La confiance, une affaire de temps
Auteur: Edeinn
Rating: T (Attention aux plus jeunes: Langage vulgaire/Mots de sexe ….)
Spoilers: Saison1 pour le moment/ Episode 6 AK-51 (Frères d'armes en français)
Résumé général: Sept ans qu'elle avait fait le chemin inverse pour fuir à l'Est. Fuir toute cette merde, toute cette haine et cette douleur qui l'avaient bouffée, presque détruite. Jamais Charlie n'aurait pensé revenir. Et pourtant, elle revenait.
Disclaimer: Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.
Bonne Lecture...
— « Je sais ce que tu es en train de faire, Chibs, le sermonna Baxie en descendant de la Dyna. »
Ils n'étaient pas allés bien loin tous les trois, juste une petite ballade, pour rien. Mais Charlie s'était sentie revivre. L'air qui fouettait son visage. Les vibrations de la moto sous elle. Le bruit sourd et apaisant de la Dyna. L'impression de liberté. Blottie contre Chibs, elle avait profité de chaque instant et elle lui était vraiment reconnaissante de cette initiative : il avait raison, elle en avait besoin.
— « Ranger mon casque ? répondit innocemment l'écossais.
— Cette ballade, corrigea-t-elle. Tout ce que tu m'as dit tout à l'heure. Chibs, je n'crois pas que je réussirai à rester.
— Peut-être, admit le biker en se renfrognant. Mais y'a rien qui m'empêche d'essayer, fit-il avant de repartir vers le Club.
— Nan Chibs, attends, dit-elle en le retenant par le bras. Daddy, je n'veux pas que tu te fasses des illusions : je n'ai pas envie que tu sois malheureux, avoua-t-elle, consciente que s'il se persuadait qu'elle allait rester, il en souffrirait quand inévitablement elle repartirait.
— Alors ne pars pas, répondit-il simplement, prenant le regard de la jeune fille en otage.
— Tu sais que ce n'est pas si simple.
— Jimmy O m'a déjà volé ma famille. Je n'laisserai pas filer celle là, trancha-t-il avec une dureté que Baxie ne lui connaissait pas.
— Mais y'a pas de Jimmy O, là ! s'opposa Baxie. C'est moi. Juste moi. Opie a raison…
— Sur quoi ?
— Sur moi. Ce qu'il m'a dit m'a fait du mal, se rappela-t-elle. Mais il n'a pas tort, c'était un mal nécessaire, admit-elle en repensant à la conversation qu'ils avaient eu lors de la kermesse – ou plutôt le procès que Opie lui avait fait. Ça m'a fait réfléchir sur beaucoup de choses : je crois que c'était le but d'ailleurs. Dans le genre allié de Gemma, il assure aussi celui-là ! s'insurgea-t-elle à demi.
— Et ? l'obligea à continuer Chibs.
— Je fuis. C'est ce que j'ai toujours fait, Chibs, avoua-t-elle, les mots d'Opie ayant donné un tout nouvel éclairage à son passé. Ma vie n'est qu'une fuite sans avenir.
— Ton avenir il est là, bébé, juste devant tes yeux.
— Je n'suis pas prête. Pas prête à revenir. Pas prête à rester. Pas prête à pardonner.
— Mais on t'aime, protesta le biker, persuadé qu'avec un peu de temps, cela suffirait à lui redonner le goût de vivre parmi eux.
— Et j'vous aime, dit-elle en retour. Mais … Ope, il a raison. Y'a un deuil que je n'ai pas encore fait et qui continue de m'empêcher d'avancer.
— Gia ?
— Celui de mon enfance, Chibs. Ça fait psychothérapie à deux balles ce que je te raconte là, mais Opie a mis le doigt dessus, reconnut Charlie. Il me connait trop bien, peut-être même mieux que toi. Et il sait ce que je refuse de voir et ce pourquoi je fuis. C'est ce que je suis, ma raison d'être, laissa tomber Baxie avec fatalité.
— Alors je vais trouver ce que tu fuis, bébé, j'te l'jure, promis Chibs en prenant son visage dans ses mains. Et je vais régler le problème. Et ça n'arrivera plus.
— Ce n'est pas à toi de le régler, Chibs, refusa Baxie, attristée de savoir la peine que ressentirait Chibs face à son impuissance pour l'aider. Cette fois, daddy, tu n'peux pas m'aider : c'est mon combat.
— Hum, hum… se fit entendre Kip, coincé entre les deux Dynas, en se raclant la gorge mal à l'aise.
— Qu'est-ce que tu fous encore là, Mi-Couille ? se fâcha l'écossais en jetant un regard noir au Prospect.
— Ben c'est que,… vous bloquez le passage, s'excusa le rouquin. Je n'peux pas…
— Oh, désolée Kip, dit Charlie en apaisant Chibs d'une main. Vas-y. Parait que la merde n'attend que toi ! plaisanta-t-elle en se rappelant que la fosse septique du Club avait débordé en inondant les toilettes, et qu'évidement le travail de nettoyage avait été assigné au jeune homme.
— Oh merde ! se lamenta-t-il déjà vaincu par l'ampleur de la tâche.
— Ah bah, c'est l'cas de l'dire, renchérit Chibs avec humour en donnant une tape franche dans le dos de son apprenti.
— Eh Chibs ! le héla Bobby en brandissant un portable. Trammel !
— J'arrive ! répondit Chibs.
— Trammel… répéta Charlie se rappelant de l'officier rencontré quelques heures plus tôt.
— Un ami. Un…
— Sheriff Trammel, finit Baxie sous le regard étonné de l'écossais. J'viens avec vous, décréta-t-elle en emboitant le pas aux deux bikers.
— On vient d'avoir Trammel, annonça Bobby une fois qu'ils furent tous les trois entrés dans le Club. Les fédéraux ont un mandat pour fouiller le Club, annonça-t-il, déclenchant du même coup les soupirs de ses frères.
— Oh et merde ! Dans la cabane et tout de suite ! ordonna-t-il à Piney d'un ton qui choqua sa sœur : qu'est-ce qu'il lui prenait de parler ainsi au vieux biker.
— A qui tu crois qu'tu es en train de parler ? s'énerva Piney en arrachant de son nez les tuyaux de le bouteille d'oxygène qu'il trimballait constamment.
— Oh ça va, ça va ! s'interposa Opie pour calmer son père, alors que lui et Jax semblaient prêts à en venir aux mains, et que Juice s'emportait aussi, prenant la défense de son Vice-président.
— On s'calme, on s'calme, on s'calme ! scanda Jax crescendo pour apaiser l'agitation ambiante, alors qu'Opie emmenait son père, pour l'accompagner à la cabane qui servait de repli et de planque aux Sons.
— On n'arrivera jamais à faire sortir ces armes d'ici, se désespéra Juice quand ils furent tous sortis pour constater qu'une voiture de fédéraux se tenait toujours devant le garage, interdisant toute tentative d'évacuation des AK.
— Ouais, renchérit Bobby. Si les fédéraux ouvrent ces barils, on aura plus qu'à déménager à la prison d'état de Stockton.
— Ouais. Vas voir Leroy, et récupère not' fric, ordonna Jax à Bobby. Dis-lui qu'il aura ses armes avant la fin de la journée.
— Tu vas jouer les Houdini pour les faire disparaitre ? ironisa Chibs, perplexe.
— J'trouverais un moyen, lui assura-t-il. Et ouais !
— Eh, Jackie boy, lui murmura Chibs à l'oreille avant de rejoindre Bobby. Parle à ta sœur.
— Un problème ? s'inquiéta le jeune homme en regardant Charlie rentrer dans le Club avec Juice.
— Baxie est un problème, rétorqua l'écossais. Elle est un peu perdue. J'veux qu'elle reste, Jackie boy, insista-t-il.
— On l'veut tous. »
Jax regarda ses frères partir sur leurs Dyna, puis monta sur le toit, cherchant à prendre de la hauteur sur les événements ; à s'isoler un peu pour trouver une solution à cet épineux problème. Il alluma une cigarette, puis s'installa avec le manuscrit de John Teller, priant que celui-ci le mette sur la voie. Plus je vieillis, et plus je me rends compte que l'âge n'apporte pas la sagesse, mais seulement la lassitude, lût Jax. Je ne suis pas plus intelligent qu'il y'a trente ans. Je suis simplement trop fatigué pour continuer à jongler avec les mensonges et à cacher mes peurs. Le fait d'être conscient ne permet pas de révéler ses faiblesses, c'est l'épuisement qui les révèle.
— Encore les histoires de papa Teller ? l'apostropha Charlie en le tirant de sa lecture.
— Ouais, soupira-t-il en souriant. J'espère… je n'sais pas, que ça m'aide à y voir clair, souhaita-t-il en s'appuyant contre le parapet pour observer la cour.
— A trouver une solution pour cette merde là par exemple ? énonça Charlie en s'asseyant derrière lui.
— Ouais par exemple. Attends, qu'est-ce que tu viens de dire ? s'exclama-t-il en se redressant d'un bond, tournant toujours le dos à sa sœur, tandis qu'il fixait quelque chose dans la cour du garage.
— Que tu cherchais une solution pour éviter que l'ATF, qui va débarquer dans un peu moins d'une heure, ne trouvent tes flingues… répondit Charlie, perplexe.
— Non, non, tu as dis : cette merde, corrigea Jax l'air songeur.
— Oh c'est bon Jax ! protesta la jeune femme en allumant une cigarette. J'ai plus douze ans, j'ai bien le droit d'être vulgaire si j'veux !
— Autant qu'tu veux ! T'es un génie, frangine ! se réjouit-il en l'embrassant sur le front avant de filer à toute vitesse par l'échelle.
— Euh, si tu l'dis…, marmonna Baxie en le regardant disparaitre.
— Eh ! la héla Jax en faisant réapparaitre sa tête par-dessus le parapet.
— Ouaip ? Tu veux qu'on parle de pipi, maintenant ? plaisanta-t-elle.
— Est-ce que ça va, toi ?
— Ben … commença-t-elle avant de comprendre d'où pouvait venir l'air crispé de son frère. Oh ! Chibs…
— Ouais, admit Jax.
— Ça va Jax, le rassura-t-elle. Fais ce que tu as à faire. Avec Clay qui prend le thé chez l'ATF, c'est à toi de régler cette merde.
— Oh oui je vais l'faire ! s'exclama-t-il l'air toujours aussi joyeux, sans que Charlie ne sache pourquoi. Mais après, toi et moi, on parle ok ? Je n't'ai pas beaucoup vue ces derniers temps, regretta-t-il.
— Et c'est le temps qui court… Vas bosser un peu feignasse ! lui ordonna-t-elle.
— Je t'aime.
— Aussi.
— Dis, c'était quoi déjà ton jouet préféré quand t'étais gosse ? lui demanda-t-il soudain, alors qu'il s'apprêtait à descendre les barreaux de l'échelle.
— Le AK-51 ! scanda-t-elle avec un large sourire. Je savais les remonter plus vite que Tig ! J'adorais voir sa tête à chaque fois que je le battais.
— Ben y'a pas Tig ; et c'est des 47, mais si tu veux jouer avec nous… proposa Jax.
— Qu'est ce qu'on attend ? répliqua Charlie en jetant sa clope pour suivre son frère.
Une fois au sol, Jax lui ordonna de fermer les portes du garage et de virer les mécanos. Tandis que sa sœur s'exécutait, Jax embarqua Juice et Mi-couille et ils rejoignirent le garage tous les trois. Le VP avait une solution pour sortir les AK, et leur demanda de sortir les armes des barils et de les emballer dans des sacs poubelles, un par un, puis de bien les fermer. Sans poser de questions, les trois jeunes gens se mirent au travail. Ils n'avaient pas encore terminé quand Bobby et Chibs revinrent.
— Alors, les Niners, ils veulent plus acheter nos AK, les informa-t-il, se plaçant directement numéro deux – après Stahl – sur la liste des messagers à abattre du jour.
— Quoi ? répliqua Jax, atterré.
— Plus personne n'en voudra. Pas après le bordel de c'matin, argumenta Chibs.
— Holy shit ! jura Jax. Bon, on cherchera un autre acheteur plus tard. Pour l'instant, tout ce qui compte, c'est la merde, dit-il en ouvrant l'une des portes du garage, juste devant laquelle se tenait le camion citerne qui vidait la fosse septique.
— Mais t'as raison, frangin : je suis un génie ! s'exclama Charlie en comprenant la première l'idée brillante de son frère pour faire sortir les armes.
— T'es mon génie ! répondit-il gaiement en l'embrassant sur la joue.
— Faut frotter la lampe ? demanda Bobby avec un air pervers, en s'approchant de Charlie pour lui adresser une œillade entendue.
— Tig, sors du corps de ce gros tas barbu ! ordonna Baxie, amusée par l'humour décalé du gros biker. Bon, on s'amuse ? demanda-t-elle en se frottant les mains, prête à s'attaquer à cette dégoutante besogne avec eux.
— Les princesses ne mettent pas les mains dans la merde, contra Jax, en la prenant par les épaules. Toi, tu vas aller t'amuser. Plus loin… précisa-t-il en désignant du menton l'employé qui vidait la fosse.
— Ben, elle n'peut pas nous aider ? s'étonna Juice.
— Mhh, mhh… Diversion, comprit Charlie. A moi le gentil monsieur des fosses septiques ! répondit joyeusement la jeune femme en se frottant les mains à nouveau.
— C'est pour ça qu'je t'aime !
— Mon propre frère me prostituerait pour un AK : mais où va le monde ? demanda-t-elle faussement outrée, en levant les yeux au ciel. Mais, j'te préviens, tu me revaudras ça l'ancien, parce que ce n'est pas vraiment Clooney, ton bonhomme là, murmura-t-elle en s'éloignant. Monsieur ! lança Charlie en accourant vers l'homme en plein travail. Excusez-moi, mais à propos de la fosse, j'ai un énorme doute, minauda-t-elle, cherchant à captiver l'attention de l'homme. Nan parce que je n'voudrais pas qu'on ait encore ce genre d'ennuis… ajouta-t-elle en posant une main sur le bras du type, accrochant son regard : le poisson était ferré. Les toilettes sont de l'autre côté : dans le bar, indiqua-t-elle en répondant à son sourire avant de l'entrainer vers le Club, loin du garage et de sa citerne, levant un pouce dans son dos pour donner le feu vert à Jax et les autres. »
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— « Et c'est parti pour le show ! grincha Baxie en voyant débarquer les voitures des fédéraux, sirènes hurlantes. »
Les cowboys étaient de sortie et en faisaient beaucoup trop. Braquant leurs armes sur les Sons et Charlie, tranquillement assis une bière à la main sur la terrasse, ils se mirent à lancer des ordres pêle-mêle :
— « Levez doucement les mains, obéissez ! lança l'un.
— A plat ventre ! cria l'autre en tenant les gars en joue.
— Jambes écartées ! ordonna un autre en écartant avec ses pieds les jambes de Charlie allongée sur le bitume.
— Allons, allons, on peut prendre un café avant messieurs, non ? plaisanta la jeune femme sereine : après tout ils repartiraient bredouilles et frustrés, alors ils pouvaient bien faire leur show s'ils le souhaitaient.
— Voyez-vous ça, une pute qui a de l'humour, cracha Stahl en passant devant elle.
— Eh ! gronda Bobby furieux de l'insulte que proférait l'agent à l'encontre de sa jeune amie.
— C'est bon Bob, c'est bon, le calma Baxie, préférant ne pas donner une occasion à cette pétasse blonde et à ses hommes de distribuer des coups. Moi aussi je suis enchantée de faire votre connaissance, lança-t-elle à Stahl, narquoise. Enfin celle de vos chaussures. Et pour la prostitution, je n'suis pas encore dedans, mais je vais y penser : parait que ça rapporte, railla la brune. Des tuyaux ?
— Les seins, chérie. De gros nibards, ça double le tarif, répondit la blonde sur le même ton.
— Oh ! Va falloir songer à la mammoplastie alors, répliqua Charlie en levant les yeux sans pouvoir accrocher le regard de l'agent de l'ATF vu sa position. Votre chirurgien, il a pris combien pour la votre ? Pas trop cher j'espère : y'en a un qui dit merde à l'autre.
— Marre toi encore tant que tu le peux, chérie, siffla la femme venimeuse, avant d'être appelée ailleurs par l'un de ses subordonnés. »
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— « Qu'est ce que tu fous encore là, Kip ? gronda Charlie en voyant le Prospect qui sortait deux poubelles de la cabane. »
L'ATF était reparti bredouille du garage, les armes plongées dans la merde du camion citerne. Chibs n'avait eu qu'à emmener Juice et Kip au dépôt de camions à la nuit tombée : ils avaient récupéré les AK et les avaient ramenés à la cabane, où tout le monde s'était mis à l'œuvre pour les nettoyer et les réassembler pour la vente du lendemain. Charlie venait seulement de les rejoindre, et s'étonnait que Kip soit encore là.
— « Quoi ? Ben les armes, elles… bredouilla-t-il sans comprendre le reproche de Baxie.
— … s'en sortiront très bien sans tes sales pattes de rouquin.
— Qu'est ce que t'as contre les roux ?
— Contre les roux rien. C'est les idiots qui me rendent dingue. Bon sang Kip, dégage ! ordonna-t-elle devant son air atterré. Vas la voir.
— Non, j'ai… marmonna le Prospect en faisant demi-tour.
— Oublie ça ! protesta Charlie en le retenant par le bras. Tu parles à la reine de l'esquive et des excuses : ça n'marchera pas avec moi tes prétextes à deux balles. T'as la tête à l'envers depuis ce matin. Et y'a deux AK qui sont dans le même état tellement t'es pas concentré, lui reprocha-t-elle. T'inquiète, ils ont rien vu : je suis passée derrière toi.
— Merci.
— Ouais. Tu sais Kippy…
— Nan pas Kippy, soupira le jeune homme.
— Moi j'aime bien, rétorqua la jeune femme avec un sourire satisfait. Pis tant que tu n'seras pas dans la chambre de ta poule du Nevada, tu vas en bouffer du Kippy, mon gars, l'avertit-elle. Ecoute, je peux réparer tes conneries avec les AK. Je peux persuader Jax, Chibs et les autres que tu peux gérer ça tout seul. Je peux même gérer la crise de Gemma s'il le faut, énuméra-t-elle. La seule chose que je n'peux pas gérer, c'est ce qui est en train de se passer dans ta p'tite tête. Quant à ton foutu cœur... même la Doc et ses doigts magiques n'y pourront rien après ça. Ouais, ouais je sais, c'est super guimauve, ajouta Baxie en voyant la moue consternée de Kip, mais… Tu sais, je n'vais pas te raconter mon histoire, ce n'est pas le moment, mais en revanche j'vais te dire ce que j'ai vu toutes ces années ; et j'te conseille de le garder pour toi, ou ils m'arracheront la tête. Opie, c'était un mec perdu, sans envie, sans avenir, expliqua-t-elle. Jusqu'à ce qu'il trouve Donna : cette nana lui a remis la tête sur les épaules ; redonné le goût de vivre et de faire des projets. Sans Donna, Opie ne serait pas grand-chose aujourd'hui, ça j'en suis sûre. T'as qu'à voir, aujourd'hui, malgré toutes les merdes qu'il traverse, la prison et tout le reste, il tient debout. Il est heureux parce qu'il a sa régulière et ses gosses, argumenta-t-elle. Quant à Jax… Tu vois, Jax a laissé filé le seul amour de sa vie il y'a douze ans : il l'a sacrifié à cause de Gemma et du Club, comme toi tu t'apprêtes à le faire avec Miss Planche à Pain ! Alors même s'il fait semblant que tout va bien, j'le connais, sans doute mieux que moi-même. Et c'putain de trou béant dans sa poitrine, je vois que ça ! Mais c'qui importe vraiment, ce n'est pas leurs histoires, c'est plutôt tout ce que ça raconte au fond. Je cherche juste à te dire que tous ces types ; mes frères ; ma famille, je les ai jamais vu heureux que quand ils ont ouvert leur putain de cœur de biker, conclut Baxie en fixant Kip. Cette nana, tu l'as dans la peau !
— Mais avec Gemma, Clay… c'est compliqué, regretta le Prospect à raison : oui, Gemma et Clay n'étaient pas ravis de l'arrivée de Cherry, mais ils savaient aussi tous deux que ce qui importait vraiment, c'était le bonheur de chacun des leurs.
— Ils feront avec. Eh merde quoi ! Elle n'a tué personne ! tempêta-t-elle. Ok, elle a merdé : mais ce n'est pas irréparable. La laisse pas filer à cause du Club. A cause de Clay. Et surtout à cause de ta putain de peur, l'accusa Baxie tandis que Kip se redressait en protestant.
— Je n'ai pas…
— Tu t'chies dessus, mec ! claqua Charlie. T'as la trouille qu'elle ne soit pas revenue pour toi, hein ?
— Rien ne me dit que…
— Moi j'te l'dis, sweet heart, et t'as plutôt intérêt à me croire ! Alors soit tu montes sur ta foutue bécane tout seul comme un grand, lui ordonna-t-elle, menaçante, soit j'entre dans cette cabane et demande à Chibs et Opie de t'y emmener par la peau de ton joli p'tit cul !
— T'as plutôt intérêt à faire ce qu'elle te dit, Mi-couille, intervint Jax en sortant de l'ombre derrière Charlie, ayant écouté, sans se faire repérer, une bonne partie de leur conversation. Elle n'est pas du genre à plaisanter : j'ai failli perdre une couille ce matin ! se marra-t-il.
— Et j'te rappelle que t'en as plus qu'une, mec ! renchérit Charlie en essayant de ne pas trop penser à tout ce que son frère avait bien pu entendre de la discussion, et qui lui vaudrait sans doute un sérieux remontage de bretelles.
— Mais c'est sûr que ça va pas poser… tenta une dernière fois le Prospect.
— Dégage ! ordonnèrent les deux frangins à l'unisson, faisant reculer Kip d'un bond. »
Le rouquin abdiqua et rejoignit sa Harley, non sans adresser un regard reconnaissant à Charlie, conscient que cet avatar de sermon ne visait qu'un seul et unique but : l'encourager à saisir sa chance avant qu'elle ne passe. Kip ignorait toujours pourquoi la fille de Clay se souciait soudain de son sort, mais il appréciait le geste, autant qu'il commençait à véritablement estimer la jeune femme. Un soupir exaspéré de Charlie et un regard autoritaire de Jax lui rappelèrent qu'il valait mieux, pour sa propre intégrité physique, qu'il filât au plus vite. Le cœur plus léger, chargé d'un espoir fou, il enfourcha sa Dyna et fila vers St Thomas.
Baxie regarda la moto du Prospect s'éloigner, un peu attendrie et très envieuse, sans vouloir se l'avouer. Attendrie parce qu'elle le voyait se dépêtrer, mal à l'aise avec ses sentiments confus, gauche comme un adolescent, et qu'elle commençait vraiment à apprécier ce garçon un peu rêveur et maladroit. Envieuse parce qu'inconsciemment, elle jalousait la chance qu'avait Kip : tomber amoureux ; sentir son cœur battre pour quelqu'un ; voir sa vie, son avenir suspendu au simple mot d'un autre. Charlie ne se souvenait même plus d'avoir ressenti une telle tornade en elle. Peut-être même jamais, songea-t-elle morose.
— « C'est bien ce que tu viens de faire pour lui, p'tite sœur, dit Jax en sortant brutalement la jeune femme de ses pensées. »
Jax était content que Charlie se soit investie auprès de Kip, c'était ce qu'elle faisait de mieux ; ce qui la ramenait un peu plus à la vie : prendre soin des autres. A défaut de s'occuper d'elle-même…
— « C'est tout moi ça : SOS cœur en détresse, j'écoute, ironisa-t-elle en s'asseyant sur les marches de bois de la cabane, provoquant un grincement lugubre quand les vielles planches craquèrent. Vous avez quelque chose à me dire, M. Teller ?
— Nan de c'côté-là… disons que le trou béant à l'air de se résorber doucement, lui répondit-il avec un sourire entendu, avant de s'assoir près de sa sœur, faisant craquer le bois plus encore.
— Shit ! pesta Baxie en grimaçant. T'as tout entendu, hein ?
— Ouaip ! confirma le biker. Mais t'as eu raison de lui raconter ça : il en avait besoin, la rassura-t-il. Pis, on n'peut pas vraiment dire que tu ais tort : c'était même plutôt pertinent. Pour Opie. Pour moi. Pour nous tous en fait. Sans régulière, on est moins…
— …vivants, termina-t-elle à sa place. Les régulières, elles vous gardent un pied du bon côté, celui de la lumière, ajouta-t-elle, c'était une observation qu'elle avait fait depuis toute petite. Quand je regarde Tig… j'me demande depuis quand il n'a pas vue cette putain de lumière. Je crois qu'il a presque atteint le point de non-retour, regretta-t-elle, l'air morose, le regard vide.
— Eh princesse ! Ça va ? s'inquiéta franchement Jax devant l'air perdu et douloureux de sa petite sœur.
— Ouais, répondit-elle sans convaincre son frère.
— Secouée par cette perquisition tout à l'heure ? demanda-t-il, se rappelant qu'il y avait une conversation qu'ils devaient avoir tous les deux, et cherchant à identifier l'origine du problème, que semblait avoir soulevé Chibs un peu plus tôt.
— Nan, j'ai trouvé ça plutôt fun en fait !
— Bad girl ! railla-t-il en lui donnant une petite tape sur le bras.
— J't'interdis de le répéter : j'ai une réputation à préserver VP !
— Motus et bouche cousue ! promit-il en mimant le glissement d'une fermeture éclair sur ses lèvres. »
Ni l'un, ni l'autre ne renchérirent, et le silence, seulement troublé par les bruits nocturnes de la forêt qui les entourait, se fit pesant d'un coup. Jax était mal à l'aise, sa sœur continuait de fixer des yeux un point plus loin dans l'obscurité, les lèvres closes, le visage fermé et songeur. Même s'il connaissait parfaitement les tendances paternelles hyper-protectrices de l'écossais à l'égard de Baxie, le VP réalisa que peut-être Chibs avait des raisons de s'inquiéter. Sa frangine lui semblait distante, effacée, et ça ne lui ressemblait pas. Il se doutait bien que sept ans passés avaient dû changer pas mal de choses, mais pas son caractère, ça il en était sûr. Et là, elle n'était pas Baxie ; pas sa « princesse ». Elle semblait éteinte et grave, partie loin, trop loin peut-être, craignit-il, pour qu'il puisse la ramener parmi les siens. Cette gravité, ce flegme, il ne les lui connaissait pas. Que se passait-il ? N'avait-il pas été assez présent pour la rassurer sur sa place auprès de lui, au sein de sa famille ? Etait-il fautif ? Avec douceur, il saisit la main de la jeune femme et la serra fort dans la sienne, avant de passer la seconde autour de sa taille, pour l'amener à lui. Instinctivement, Charlie se laissa aller à l'étreinte, posant sa tête sur l'épaule de son frère, non sans apercevoir avant son air soucieux.
— « C'est ok, Jax, voulut-elle le rassurer, se doutant bien que c'était son propre mutisme qui inquiétait son frère. N'te prends pas la tête.
— Chibs avait l'air inquiet, rétorqua Jax, pas du tout convaincu.
— Chibs en fait toujours mille fois trop, Jackie-boy, ricana Baxie en adoptant un mauvais accent écossais.
— Surtout s'il s'agit de toi, admit le biker en souriant. Mais tu sais, il est comme moi : il a besoin de toi. De sa famille.
— Arrête Jax, le stoppa-t-elle en soupirant. Pas le couplet sur la famille et tout le toutim, tu veux. Je commence à en avoir assez, protesta Charlie en se détachant de son frère.
— De nous ?
— Que tout le monde fasse comme si rien n'avait changé ; comme si je pouvais reprendre une certaine place juste en claquant des doigts ! Sauf que c'est du vent ; des conneries ! Je n'sais pas qui je suis, ni où est ma place. J'crois qu'je n'étais pas prête à revenir.
— Encore une excuse ? intervint la voix d'Opie qui venait d'arriver dans leur dos, sans faire de bruit. »
Charlie s'en étonna en regardant le biker barbu : Opie devait faire plus de quatre-vingt dix kilos, au moins, et pourtant il avait pu se déplacer jusqu'à eux, sans faire grincer une seule planche. Il était là, la toisant de toute sa hauteur, le regard grave, l'air sérieux, attendant la réponse de Charlie avant de réagir. Et Baxie savait bien qu'il hésitait entre lui mettre une raclée pour lui faire cesser ce qu'il jugeait être des caprices ; ou l'écouter, comme l'ami qu'il était avant, et qu'elle espérait qu'il soit encore. Tout ne dépendait que de sa réponse. Elle sourit à Opie avant de se retourner à nouveau pour scruter l'obscurité inquiétante des bois, aussi sombres que pouvaient l'être ses pensées de ces derniers jours.
— « Non Ope, lâcha-t-elle enfin. Pas cette fois. Ce que tu m'as dit m'a fait réfléchir, avoua-t-elle, tandis que le grand biker se détendait et prenait place à côté d'elle ; et cette fois-ci les planches de bois poussèrent une plainte déchirante. Ça me troue le cul de l'avouer, mais t'as sans doute raison : j'en ai pas fini avec Gia, avec ma mère… reconnut-elle en allumant la cigarette que Jax venait de lui donner.
— Et ça signifie quoi pour nous ? l'interrogea Jax, sans chercher à en savoir plus sur ce qu'Opie avait bien pu dire à Charlie. »
Jax n'en demanda pas plus, il savait qu'Opie ruminait depuis longtemps au sujet de Baxie et de son départ, et qu'il n'avait sans doute pas raté la première occasion qui s'était présentée pour confronter la jeune femme. Curieusement, des deux, ce fut lui le premier qui avait pardonné à la brunette son départ. Il n'avait mis que deux jours avant d'avouer à Jax qu'il comprenait les raisons du départ de la jeune fille ; qu'à sa place peut-être qu'il en aurait fait autant ; qu'elle avait besoin de faire et de dire tout ça, avant d'en crever de douleur. Opie savait depuis longtemps que Charlie flottait en équilibre instable entre deux mondes ; entre deux parts de son cœur et de son esprit. Une lutte interne qui aurait sans doute fini par la flinguer. Elle avait déjà commencé à se détruire à l'époque. Des conduites à risque de plus en plus fréquentes et qui montaient en puissance : elle roulait comme une folle ; buvait à la limite du coma éthylique ; cherchait constamment les embrouilles… Baxie cumulait jusqu'à des conduites sexuelles inconsidérées, qui avaient obligé Jax et Opie à la récupérer plus d'une fois, in-extremis, aux bras de types malintentionnés. Bax appelait ça : la liberté. Opie lui donnait un tout autre nom : l'autodestruction. Il n'y avait que les drogues dures qu'elle leur avait épargnées alors. Mais Opie ne se faisait pas d'illusions : c'aurait été l'étape suivante. Mais tout avait dérapé et elle était partie ; leur reprochant à tous d'avoir été la cause de tous ses malheurs, d'avoir été « la pire chose dans son existence », d'avoir « foutu sa vie en l'air ». C'avait été un sacré bordel. Mais Opie l'avait laissée partir. Opie avait compris. Pas Jax. Son ami avait passé des mois à détester Charlie pour – Opie se souvenait de ses mots exacts comme si c'était hier - « son comportement égoïste, ses caprices d'adolescente, sa putain de haine dont elle ne savait pas quoi foutre ! » Opie avait essayé de lui parler ; de lui expliquer. Mais Jax était resté buté et le barbu avait estimé plus judicieux de ne plus en reparler pour quelques temps, que la colère retombe ; que la douleur s'atténue, et que le sujet devienne moins sensible. Le temps avait fait son œuvre, Jax avait écouté. Il avait compris. Opie savait que son VP avait écrit à Charlie pendant qu'elle était en Irak. Il n'ignorait pas non plus qu'elle lui avait répondu, parfois. Pourtant Jax n'avait jamais parlé de ce que contenaient ces lettres, alors son meilleur ami n'avait pas insisté ; alors même que l'envie d'avoir des nouvelles de sa « petite sœur » catapultée au beau milieu d'un champ de bataille lui vrillait les entrailles. Mais Jax s'était tu et Opie avait respecté son silence.
— « J'en sais foutre rien ! lâcha Charlie après un long silence songeur. Pour l'instant… je laisse couler les choses ; j'attends de voir venir.
— Et si ça se complique… marmonna Opie sans finir sa phrase.
— Oui Ope. Je fuirai à nouveau, confirma-t-elle comme si elle pouvait lire distinctement les pensées du biker. Sans doute. Mais maintenant je sais pourquoi, c'est déjà une bonne chose non ?
— Tu n'vas pas faire ça toute ta vie ? s'insurgea Jax, pas certain de supporter un autre départ.
— T'es pas l'mieux placé pour parler, Jax, rétorqua-t-elle d'un ton plein de sous-entendus.
— Pardon ? s'étonna le blond, ne voyant pas du tout quel pouvait être le rapport entre la fuite permanente de Charlie et lui-même.
— Dangereux, Baxie, grommela Opie, sachant parfaitement où elle voulait en venir.
— Non Ope, j'ai ouvert les yeux, contra-t-elle, refusant qu'encore des non-dits ne gâchassent leur relation. La seule chose qui soit vraiment dangereuse, c'est de n'pas savoir. De rester dans l'ignorance de ce qui nous blesse.
— Et donc, super-psy, qu'est-ce qui me blesse ? railla Jax, n'aimant pas du tout être en dehors de la confidence. Parce que moi, je n'fuis pas, Bax.
— Ah non ? ironisa Charlie. Il y'a mille et unes manières de fuir Jax, argumenta-t-elle. Moi j'ai choisi celle au sens propre : quand ça se complique, je prends mes cliques et mes claques et je me barre à toutes jambes. D'autres se lancent à corps perdu dans le Club. Epousent des femmes qu'ils n'aiment pas, adeptes de l'autodestruction. Grimpent sur leur moto pour ne pas affronter la maladie d'un enfant… énuméra Baxie, consciente que, même si elle appuyait là où ça faisait si mal, l'honnêteté était primordiale.
— Waouh… soupira Jax éberlué par tant de franchise qui se révélait douloureuse pour lui.
— Excuse Jax, mais je n'suis pas la seule à ne pas avoir réglé mes différends avec le passé, appuya encore Baxie, ne souhaitant pourtant pas lui faire de mal. C'est juste que toi, tu fais mieux illusion.
— T'es d'accord avec ça Ope ? demanda Jax en cherchant des yeux le soutien de son ami. Ah ok…, soupira-t-il, quand un seul regard d'Opie lui fit réaliser qu'en effet son meilleur ami soutenait cette assertion, vous en avez déjà parlé.
— Ouais, y'a longtemps, confirma Charlie.
— Ici même, ajouta Opie. C'est comme ça que je l'ai convaincue de n'pas partir.
— T'es restée à cause de moi ? s'étonna Jackson en se tournant vers sa sœur.
— J'allais rester, corrigea la jeune femme. Et pas à cause, mais pour toi. Pour moi. Parce qu'à deux, on était plus forts.
— Ouais, on avait réussi, se souvint le barbu. Mais t'es partie.
— Le lendemain c'était… se rappela Jax.
— Le jour où ma vie a basculé ! s'exclama Bax avec une désinvolture feinte qui ne trompa pas les deux hommes. »
Charlie avait ruminé longtemps son départ, sept ans plutôt, et avait fini par le programmer. Mais c'avait été sans compté sur la perspicacité et la pugnacité de ses deux meilleurs amis ; de ses frères. Gia, la seule véritable amie hors SAMCRO de Charlie, avait éventé le secret : elle n'avait pas résisté deux minutes face à l'interrogatoire auquel Jax - celui pour qui son cœur soupirait en secret depuis deux ans déjà – l'avait soumise. Les deux bikers avaient retrouvé Bax à la cabane un soir de juin, préparant minutieusement son départ. Ils ne l'avaient pas laissé faire. Ils avaient discuté une bonne partie de la nuit, faisant vaciller les maigres certitudes de la jeune fille. Et puis, une fois seul avec elle - sur ce même perron qu'ils occupaient maintenant – partageant une cigarette, Opie avait porté le coup de grâce : elle ne pouvait pas abandonner Jax, parce que tôt ou tard, lui aussi affronterait les mêmes démons, même s'il s'en cachait aujourd'hui, et il aurait besoin d'elle. Alors Charlie avait décidé de rester. Elle était prête à reprendre le cours de sa vie et à se débrouiller avec le reste. Comme si de rien était, elle avait accepté de suivre Gia à cette fête. Pourquoi donc n'avait-elle pas écouté son instinct ce jour là ; cette alarme qui avait pourtant hurlé dans sa tête de faire machine arrière ; de ne pas s'arrêter sur cette route si peu fréquentée. Elle n'aurait jamais dû aider cette voiture en warning sur le bas-côté. Mais Gia et elle avaient bu. Pas assez pour être ivres, mais trop pour réagir à temps. Et le cauchemar, qui allait la persuader de quitter Charming et SAMCRO à jamais, avait commencé…
— « Eh, Mi-Couille ? beugla Chibs de l'intérieur de la cabane, faisant sursauter les trois jeunes gens.
— Il est parti, Chibs, lui répondit Baxie en tentant de calmer les battements affolés de son cœur, qui n'aimait pas du tout être surpris.
— Comment ça ? gronda l'écossais, visiblement mécontent que son Prospect se soit fait la malle sans le prévenir.
— C'est moi qui lui ai dit de dégager, Chibs, s'expliqua Jax, pour que Kip ne subisse pas les foudres de son mentor.
— Faites place : le VP prend les commandes, Chiby ! plaisanta Charlie en le rejoignant à l'intérieur. Bon, moi j'trouve ça nettement moins drôle quand je n'peux pas défier Tig ! bougonna-t-elle en s'affalant sur le divan.
— Oh, bienvenue à la maison ! beugla Chibs en voyant arriver Clay, qu'enfin l'ATF avait laissé repartir.
— Content qu'tu sois rentré, dit Jax en serrant le Près contre lui.
— Content d'te revoir, renchérit Chibs.
— Enfin t'es là, souffla Bobby visiblement soulagé, en prenant son vieil ami sans ses bras.
— C'était bien le tea-time avec Stahl ? demanda Charlie, toujours vautrée sur le canapé
— Du pur bonheur, rétorqua Clay avec un sourire narquois en s'asseyant près des autres.
— Bon les fédéraux ont retourné tout le Club, lui rapporta Jax, et ils n'ont rien trouvé du tout. On a fait sortir les armes.
— Oh attends une minute : c'est Jackie boy qui a fait sortir les armes, intervint Chibs avec une certaine fierté dans la voix.
— Bien, répondit simplement Clay, mais tous perçurent bien à quel point il était fier de son beau-fils. L'ATF n'a rien : c'est qu'du vent, soupira-t-il après un silence, visiblement épuisé par sa journée en compagnie de la charmante agent Stahl.
— Ils ont découvert les barils de pétrole, l'informa Bobby.
— Bon, faudra juste trouver un meilleur moyen de faire passer les armes, relativisa le Près', pas trop inquiété par la situation. Quand l'entrepôt sera reconstruit, on ne sera plus qu'un lointain souvenir pour l'ATF.
— M'man est rentrée ? s'enquit Jax en distribuant des bières.
— Elle n'a pas voulu qu'je paie la caution, grimaça Clay avant de se tourner vers sa fille. T'étais dans le vrai Charlie au sujet de …
— Ouaip, j'te l'avais dit ! s'esclaffa Charlie, comprenant l'allusion de Clay : Gemma entrait en ménopause.
— Merde ! Elle doit vraiment être furieuse, ricana Jax, alors que tous se marraient.
— Oh oui. Oui, elle l'est, soupira Clay, sachant qu'il subirait tôt ou tard le courroux de sa femme.
— T'inquiète Clay, le canapé du salon est vachement confortable, ironisa Charlie.
— Et elle sait de quoi elle parle : elle l'a testé sous toutes les coutures, renchérit Jax, avec un sourire en coin.
— Ta gueule VP ! cracha Charlie.
— Putain, j'veux rien savoir les enfants ! supplia presque son père, jamais ravi d'aborder le sujet « ma fille a une vie sexuelle ». J'en sais déjà beaucoup trop.
— Pauvre bureau… se lamenta Piney en faisant éclater de rire ses commensaux.
— Piney ! tonna Bax, honteuse et atterrée que même le doyen des Sons s'y mît. Mais merde, vous allez me lâcher avec ça !
— Bon, on va se charger de Mineke et ses gars, reprit Jax quand le calme fut revenu.
— Attends, je sors, l'interrompit Baxie en se levant, peu désireuse d'en savoir plus. Désolée VP, mais je préfère rester en dehors de cette histoire, tu veux. »
Bien sûr que Charlie savait que la tuerie qu'avaient provoqué Mineke et ses hommes le matin même, avec les AK que Jax et Piney leur avaient vendus, n'allait pas rester sans conséquence. Ils devaient se protéger ; éviter que les flics et l'ATF ne remontent jusqu'à eux. Mais elle préférait ne pas trop en savoir, aussi elle avait adopté cette attitude fuyante toute la journée, dès qu'ils prononçaient le nom de Mineke. En vérité, elle devait bien se l'avouer, c'était d'être arrivée sur les lieux juste après la tuerie qui l'avait à ce point mise mal à l'aise. Elle ne cessait de revoir le regard triste et abattu du Sheriff Trammel quand elle lui avait annoncé que son coéquipier et ami était mort ; les deux cadavres des motards innocents qui avaient eu la malchance d'être simplement au mauvais endroit, au mauvais moment. Au fond d'elle, elle en voulait aux Sons d'avoir vendu ces armes. Pourquoi celles-là, alors que chacune des armes qu'ils vendaient était tout autant destinée à tuer ? Sans doute parce que cette fois, elle avait vu les dégâts causés. Tant qu'elle ne les voyait pas, elle pouvait aisément composer avec. Mais pas là… Alors, elle se sentait un peu coupable, sans véritable raison d'ailleurs. Mais elle préférait en finir une bonne fois pour toute avec cette histoire, et ne plus en entendre parler. Assise sur les marches, elle alluma une cigarette avant d'entendre le plancher grincer derrière elle. A son grand étonnement, ce fut son père qui la rejoignit.
— « On fait ce qui doit être fait Charlie, tu sais, dit Clay en s'installant à ses côtés.
— Je sais, Clay. Du feu ? lui proposa-t-elle en le voyant tâtonner ses poches, un de ses gros cubains à la bouche. C'est juste que…, reprit-elle après avoir allumé le cigare de son père. J'y étais ce matin.
— Quoi ? s'exclama Clay stupéfait. Mais pourquoi… ?
— Je n'vous l'ai pas dit plutôt ? termina Baxie. Parce que vous n'avez pas voulu m'écouter ni Jax, ni toi, se justifia-t-elle sur un ton de reproche qui n'échappa pas au biker. Et puis je n'savais pas que ça avait un lien avec nous… enfin vous, se rattrapa-t-elle.
— Nous, c'est bon aussi. Donc si je t'avais écoutée... commença Clay sur un ton d'excuses. »
— T'aurais raté ton super rencart avec Blondie ! s'exclama Charlie.
— Pour rien au monde, répondit le vieux biker en souriant. Tu veux qu'on en parle ? lui demanda-t-il avec sérieux, l'air vraiment concerné par le trouble que ressentait sa fille après les événements de la matinée.
L'attitude de son père rendait Charlie perplexe. Depuis l'épisode de la kermesse, où Clay avait nonchalamment proposé à sa fille de revenir vivre avec lui et Gemma, les rares contacts qu'ils entretenaient avaient perdu de leur froideur et de leur distance. Clay se montrait plus concerné, plus attentif, presque plus paternel. Trop, avait songé Bax. Elle aurait aimé y croire, vraiment; se dire qu'après tout, le temps avait passé et que Clay voulait véritablement tenir sa place de père sur le tard. Oui, Baxie aurait aimé. Mais elle le connaissait trop bien. Ce revirement était louche, trop suspect pour être crédible. La seule chose que Charlie ne comprenait pas, c'était pourquoi Clay cherchait à la manipuler. Qu'attendait-il d'elle ? Bax n'avait absolument rien à apporter à Clay ou au Club. Rien qu'il ne soit obligé d'avoir par la ruse ; qu'elle refuserait de leur donner. Après tout, c'était elle qui leur était redevable. Comme promis, Clay avait soumis la requête de la jeune femme au vote, le vendredi précédent. Et bien que Jax ait réellement hésité, dubitatif quant aux motivations de sa sœur, le oui avait été unanime : le Club acceptait de se lancer avec elle dans l'aventure. Alors pourquoi diable, Clay cherchait-il à la mettre dans sa poche ? Et puis, ce fut comme un déclic venu de nulle part : et si Clay ne cherchait pas à obtenir quelque chose en particulier, mais plutôt à faire passer la pilule ; à enterrer une info. Ou à tenir ma curiosité en laisse, songea Charlie. La coïncidence était trop douteuse : deux semaines plutôt elle découvrait les secrets de sa mère, cachés au fond d'un vieux carton, et maintenant – mais quand elle y repensait, depuis qu'il était revenu d'Indian's Hills – il jouait au parfait papa. Impossible que cela n'ait eu aucun rapport. Cette fois, Baxie en était sûre, Clay ne voulait pas qu'elle pose trop de questions : il lui cachait quelque chose. Comme toujours.
— « Non, répondit-elle à la soudaine attention de son père. Bonne nuit Clay. Oh, juste… relança-t-elle avant de repartir vers l'Impala. Si je reste, va falloir me laisser entrer un peu, Clay.
— De quoi tu parles ? réagit son père, perplexe.
— Je n'suis pas une régulière. Je n'suis pas un membre. Même pas un mec. Mais j'en suis Clay, lui rappela-t-elle. Je suis dans le même bateau, que ça me plaise ou non. J'ai besoin d'être sûre que je peux vous faire confiance, dit-elle d'un ton chargé de sous-entendus qui déclencha une alarme dans l'esprit du Près'. »
La gosse n'était pas idiote, loin de là, et Clay le savait. Il était sûr que cette remarque était loin d'être anodine. Elle se méfiait de lui. Il hésita un moment avant de savoir comment répondre, pour ne pas trop entretenir les soupçons de sa fille. Et puis, puisqu'elle parlait de confiance, il était temps qu'elle comprenne que c'était valable dans les deux sens, et que si elle voulait un jour retrouver sa place au sein de SAMCRO, il devait pouvoir lui faire confiance, entièrement confiance. Il avait besoin qu'elle prouve sa loyauté la plus totale, celle que l'on devait à un père.
— « La confiance, c'est une affaire de temps, Charlie, rétorqua-t-il en la fixant dans les yeux. Ça se gagne.
— Exactement Clay, renchérit-elle sans le quitter du regard, nullement intimidée. Tâche de t'en rappeler, laissa-t-elle tomber telle une menace à peine voilée, avant de tourner les talons pour monter dans sa voiture. »
Clay regarda la jeune femme s'en aller : il fallait lui reconnaitre ça, elle ne se laissait pas impressionner facilement. Elle lui avait tenu tête, et dans son air fier, Clay s'était reconnu. La partie ne serait peut-être pas aussi aisée qu'il l'avait imaginé : jamais encore il n'avait eu à lutter contre son double.
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— « Gemma Teller, posez votre skate-board au sol immédiatement ! ordonna Baxie en mimant un pistolet avec ses mains, qu'elle pointa sur Gemma. Si vous coopérez, aucun mal ne vous sera fait ! »
Baxie avait appris le dernier fait d'armes de sa belle-mère de la bouche du Prospect, hier. La First Old Lady, cette belle femme si fière et distinguée, avait éclaté le nez de la pauvre Cherry avec un skateboard piqué à un gamin. La jeune femme n'avait absolument pas compris ce qu'il lui arrivait, elle ne connaissait même pas Gemma ; elle marchait simplement dans la rue quand la planche à roulettes avait brusquement surgit de nulle part, et entamé un combat avec son nez. La planche avait évidemment été déclarée vainqueur par K.O. sans la moindre difficulté. Et Gemma avait passé la nuit au poste, refusant catégoriquement que Clay payât sa caution, trop fâchée et perdue par le fait que son mari se soit envoyé une gamine de vingt ans, alors qu'elle-même se voyait vieillir irrémédiablement. Et Bax, en arrivant le lendemain matin dans la cour du garage, avait vu Gemma, et n'avait pas pu résister à la taquiner un peu sur le sujet. Evidemment, la réplique de sa belle mère ne se fit pas attendre :
— « Petite conne !
— Nom de dieu ! Un skate-board volé à un gamin ! en rajouta Charlie, ne pouvant s'en empêcher, admirative de l'ingéniosité et de l'originalité de la régulière. T'es mon idole, mam !
— T'as encore tout à apprendre, bébé, railla Gemma en entrant dans le jeu de sa belle-fille. Comment il gère ? lui demanda-t-elle en désignant Kip du menton.
— Kip ? Il gère, répondit Bax. Il va prendre les décisions qui s'imposent, Gem, insista-t-elle en voyant le regard peu convaincu de Gemma. Et puis s'il n'le fait pas… La vieille planche à roulettes de Jax doit être quelque part dans le garage, non ? plaisanta-t-elle cette fois hilare.
— J'ai promis à Clay : plus de skate-board, rétorqua la matriarche avec une pointe de déception dans la voix.
— Décidément, il n'a vraiment aucun sens de l'humour ! Mais moi, j'ai rien promis… Compte sur moi !
— Elle va rester ? reprit la quinqua, fixant de nouveau son regard sur le Prospect.
— Oui. Elle est là pour lui, confirma Charlie en remarquant que Kip arborait un large sourire, visiblement heureux. Et tu sais Gem, j'pense que c'est une bonne chose. Ces garçons ont besoin d'équilibre. Et toi et moi, on sait que seule une régulière peut le leur donner. Regarde Tig.
— Tig est un mauvais exemple, avec ou sans régulière… protesta Gemma en soupirant : même si elle l'aimait profondément, elle ne pouvait pas nier que le biker aux yeux d'azur était le plus déséquilibré de tous. Mais Chibs ? Il n'a pas de régulière lui, et pourtant…
— Il en a toujours une dans le cœur, corrigea Charlie.
— Fichue Fiona ! siffla Gemma, mauvaise comme la gale : s'il y avait bien une femme qu'elle détestait plus que Tara, c'était Fiona Larkin, l'ex-femme de Chibs. Ces irlandais sont vraiment…
— O' Phelan, lâcha simplement Charlie se rappelant une bribe de conversation qu'elle avait eu la veille avec Chibs, et qui avait déclenché un torrent de questions dans sa tête.
— Quoi ?
— Jimmy O, précisa Baxie en faisant face à sa belle-mère. Un rapport avec William O'Phelan. Celui à qui ma mère était fiancée ?
— Je n'crois pas, hésita Gemma en se retournant pour rejoindre son bureau.
— Tu mens Gem, l'accusa Bax en l'attrapant par le bras, pour l'obliger à faire volte face.
— Oui, avoua la régulière.
— J'trouverai toute seule. Alors fais-moi gagner du temps.
— Tu as parlé de ça à Chibs ? lui demanda Gemma avec inquiétude, songeant qu'en plus de foutre un beau bordel, cela risquait de faire souffrir l'écossais.
— Non, ce n'était pas le bon moment.
— Ne le fais pas ! la supplia Gemma. Déjà qu'il veut la tête de Jimmy sur une pique. Alors si en plus on lui donne une occasion de … s'interrompit-elle subitement, avec l'air de celle qui en avait trop dit.
— De quoi Gem ? grinça Charlie à bout de patience, fatiguée des mensonges et des secrets.
— William était le frère ainé de Jimmy, souffla la matriarche après un long silence hésitant : elle jugeait préférable de donner des petites infos, dont elle espérait que sa belle-fille se contenterait, plutôt que se de taire ,et risquer de la voir creuser et déterrer des choses qu'il valait mieux garder secrètes, pour le bien du plus grand nombre.
— Et pourquoi est-ce que ça concernerait Chibs ? Qu'est ce qui… Jésus Christ ! s'étrangla Baxie, en réalisant soudain. Oh Mam, Jimmy O…
— Charlie écoute… commença Gemma sentant le drame venir : comment avait-elle pu croire que Bax se contenterait d'une telle info.
— Est-ce que ce fils de pute irlandais, avec qui vous faites vos affaires, a quelque chose à voir avec le meurtre de ma mère ? demanda-t-elle en détachant chaque syllabe.
— Non Charlie, c'est beaucoup plus compliqué que ça, se défendit Gemma.
— Ça n'a rien de compliqué Gemma : est-ce que Jimmy O'Phelan a tué ma mère, oui ou merde ? tempêta Charlie.
— Non, grogna Clay dans son dos, et sa fille se retourna pour lui jeter son regard le plus noir. Ce n'est pas Jimmy qui a tué Ryanne, c'est même presque le contraire. Jimmy a toujours été un ami de la famille, affirma Clay, créant le doute dans l'esprit de sa fille. Et je te prierai de parler à ta belle-mère sur un autre ton, Charlie.
— Tu te souviens de notre conversation d'hier, Clay ? lui demanda-t-elle acerbe. Cette histoire de confiance ? C'est exactement ce que je voulais dire.
— Ne m'emmerde pas avec…
— Oh, mais je ne vais pas t'emmerder, Clay, l'interrompit-elle sèchement. Je vais te dire les choses telles qu'elles sont : si j'apprends que Jimmy O a un quelconque rapport avec la mort de ma mère. Que vous avez vraiment fini par la vendre, elle et sa mémoire, pour votre putain de trafic d'armes ; je te jure devant Dieu, Clay, que je descendrai ce batârd d'irlandais : armes ou pas armes, IRA ou pas IRA, cracha-t-elle venimeuse et menaçante. Penses-y, Clay. Avant que je ne découvre la vérité toute seule. Réfléchis bien, lui conseilla-t-elle. »
Charlie leur tourna le dos sans plus un mot, l'esprit dans le flou le plus complet. Clay avait le don pour l'embrouiller : « Ce n'est pas Jimmy qui a tué Ryanne, c'est même presque le contraire. Jimmy a toujours été un ami de la famille. » Où voulait-il en venir ? Baxie savait bien qu'elle ne pouvait pas lui faire confiance, mais ce qu'il venait de dire la mettait peut-être sur une piste. Ou sur un énième mensonge, songea-t-elle. Elle claqua la portière de l'Impala et démarra en faisant crisser les pneus, sous les regards nerveux et courroucés de son père et sa belle-mère.
— « Si elle parle de cette merde avec O'Phelan à Chibs, Clay… lâcha Gemma les lèvres pincées, le regard dur.
— Elle n'en parlera pas, Gemma, lui certifia Clay, les sourcils froncés. Fais-moi confiance, elle n'en parlera pas. »
"Sur la plupart des sites, le lecteur a le droit de donner son opinion. Si vous voulez commenter une fanfiction, évitez à tout prix d'expliquer en détail ce que vous aimez ou ce que vous n'aimez pas, l'auteur s'en fout complètement. Ne dites pas que être amélioré, ça risquerait de traumatiser l'auteur ou de le décourager dans ses efforts. Dites spontanément ce qui vous passe par la tête et ne relisez rien. Ne surveillez pas votre orthographe non plus, cela casserait votre spontanéité. Merci desencyclopedie wikia / Fanfiction pour cette définition
Bon, vous avez bien compris le message? Surtout ne laissez pas une review !! (oui oui les mots en gras forment un message subliminal: j'suis forte, hein?)
A suivre, Chapitre 5: Old Bones part 1 / Boulot, Boulot, Charlie !
Note sans inérêt-pour-argumenter-un-choix-alors-qu-on-m-a-rien-demander N°2 :
Peut-être avez-vous pensé que j'en faisait trop de préciser toujours dans le rating des avertissements genre "Langage vulgaire/Mots de sexe". Et sans doute avez vous raison:
Je m'en explique.
- D'abord, je trouve que la définition donnée des ratings n'est pas suffisamment explicite: quelle différence entre scène de sexe implicite - suggérée - explicite? Pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes? Franchement, certains ados de 13 ans sont en capacité d'expliquer mieux que moi des pratiques sexuelles hard-core et d'autres savent à peine comment on fait les bébés ( bon j'exagère un peu, mais vous aurez compris le sens). Du coup qu'est ce qui devient choquant ou non? Le choix du rating dépend donc de l'interprétation de chaque auteur en fonction de ses scènes. Ben moi, je ne sais pas. En plus on sait tous que personne sur ce site ne respecte vraiment les ratings et que donc un public plus jeune est amené à passer sur nos fics. Mieux vaut prévenir que guérir.
- Ensuite, j'ai moi même dans mon entourage des jeunes de plus de 13 ans, et je préférerais qu'ils soient bien avertis de ce qu'ils s'apprêtent à lire. D'autre part en tant que lecteur majeur et vacciné, j'aime être au courant de la teneur de mes lectures. J'en fais donc de même en tant qu'auteur vis-à-vis de mes lecteurs. Prudence est mère de sûreté.
- Enfin, clairement - même si je sais toujours pas si ce que j'écris (pas là, mais dans les prochains chapitres) est du M ou non - j'ai vraiment pas envie de passer ma fiction en M. J'estime que ça reste soft aux yeux de l'interprétation générale des Ratings sur ce site, et donc que ce n'est pas M. Et puis, toute la fiction ne mérite pas d'être classée inaccessible pour une scène non? Mais voilà, je préfère me couvrir en affichant ouvertement ce qui pourrait déranger dans la lecture du chapitre: je répète donc pour chaque chapitre mon avertissement de Rating. Deux précautions valent mieux qu'une.
Bref, encore une note sans intérêt qui ne sert à rien ! Vous me détestez, hein, quand je fais ça? ... Mais c'est pour ça que je les mets en fin de chapitre: z'êtes même pas obligés de les lire !
