Chapitre 7
Jour 9
- Lestrade ! Lestrade ! LESTRADE ! Réveillez-vous bon sang ! LESTRADE !
- Hm...
Lestrade ouvrit la porte de son bureau et fit entrer Donovan, qui lui tendit un café.
- La nuit a été bonne ?
- Je ne dormais pas ! Je me suis juste assoupi.
Lestrade jeta un coup d'œil à son bureau. Son meuble fétiche était recouvert d'un monticule de dossiers et de papiers en tous genres, sacs à preuves, emballages de plats à emporter, gobelets en plastiques... Il ressemblait davantage à la table de la cuisine de Sherlock Holmes qu'au bureau d'un DI respecté.
- Nous venons juste d'avoir un appel des « frogs ». Ils veulent avoir notre avis sur deux corps qu'ils viennent de découvrir à la frontière belge.
- La Police Française ? Ils ont découvert des corps si tôt dans la journée ? D'habitude...
- Si tôt ? Si TÔT ? Il est une heure passée de l'après-midi, Lestrade ! l'interrompit la B Alpha en le fustigeant du regard.
- Désolé Sally, j'ai vraiment dû perdre la notion du temps la nuit dernière... balbutia Lestrade qui venait d'en prendre pour son ego.
- Bref, les deux corps valident les critères que nous avons établi sur les victimes. Soit les tueurs ont traversé la Manche...
- Soit nous en avons d'autres. Cela laisse deux possibilités. Avez-vous scanné le fichier de migration ?
- Oui, sans résultat probant. La majorité est constituée de touristes désespérés en quête de soleil. Nous sommes en juillet et il n'a pas arrêté de pleuvoir ! A vrai dire, je pense que nous devrions tous partir pour la France si vous voulez mon avis.
- Avec Sherlock. Et John.
- Dans ce cas, ce sera sans moi. Je préfèrerais rester sous un ciel gris que de me jeter dans un combat de gladiateur contre un A Alpha, lui lança Donovan.
- John ! Prépares tes bagages, nous allons en France !
- Pardon ?
- Oui John, ne fais pas l'idiot. Lestrade vient d'appeler : les français ont découvert deux corps ce matin et ils sollicitent notre aide. Pour une fois qu'ils sont efficaces et le savent ! déballa Sherlock tout en jetant des affaires dans un sac de voyage.
John fut plus rapide. Il courut dans sa chambre, et l'ancien soldat prépara son sac militaire en deux-trois mouvements. Quand il redescendit dans le salon, Sherlock n'avait toujours pas terminé le sien. Levant les yeux au ciel, le soldat prit les chemises des bras de son ami et lui fit ses bagages, laissant Sherlock les bras ballants.
- Va prendre les tickets sur Internet si tu ne sais pas quoi faire ! lui ordonna John de sa voix de capitaine.
Sherlock s'exécuta aussitôt, non sans frissonner d'excitation, et s'arrangea pour se trouver dans le même train que Gregory Lestrade et à côté de John.
Lestrade regarda successivement Donovan, Dimmock et le sergent de ce dernier. Il fallait départager les rôles entre les deux équipes durant une absence qui pourrait s'avérer longue.
- DS Donovan se chargera de la liaison entre nos deux équipes durant notre absence, suggéra Lestrade.
C'était la meilleure solution car il était impossible pour la B Alpha de travailler sous l'ordre d'un Bêta, même si Dimmock avait davantage la trempe d'un Alpha que d'un Bêta.
- Je suis d'accord. Mon équipe et moi nous chargerons de l'enquête durant ces quelques jours. S'il y a de nouveaux indices, je les transmettrai à Donovan. De cette manière, nous éviterons toutes querelles. Donovan et le reste de votre équipe pourront ainsi continuer son enquête sur les indices en cours.
Le tact de Dimmock rassura Lestrade. Son collègue savait quand il fallait mettre son ego de côté. Sur une telle affaire, une dispute entre un DS et un DI aurait constitué un comble !
Lestrade remercia intérieurement ses supérieurs de lui avoir proposé Dimmock comme co-équipier. Les deux DI s'entendaient à merveille, et chacun connaissait sa place: Dimmock étant plus jeune, moins expérimenté et un Bêta, n'avait aucun problème à écouter les conseils de son mentor Lestrade.
Le seul problème était Donovan qui, en l'absence de son supérieur, était certes parfaitement capable de prendre en charge une enquête mais ne pourrait jamais accepter les ordres d'un autre DI, surtout si celui-ci était un Bêta. Et voilà encore l'éternel débat entre hiérarchie et dynamique ! soupira-t-il.
Restait un dernier problème: la police française. New Scotland Yard avait déjà prévenu la Criminelle française de leur arrivée imminente par Eurostar dans la soirée. Avec un peu de chance, ils arriveraient à collaborer sans problème. Mais avec Sherlock Holmes à ses côtés, ils auraient certainement du mal à travailler ensemble. Heureusement que John les accompagnait. Un Oméga tempérait toujours une équipe pleine d'Alphas. Et la Police Française était connue pour employer avant tout des B Alphas, et ne rechignait pas non plus sur les A Alpha, chose rare en Europe !
*xXx*
Sa montre indiquait quatorze heures trente et Lestrade couru à sa Mercedes. Il préférait de loin son ancienne BMW série 5, mais il fallait faire avec ce que le MET lui donnait, et Mercedes avait certainement proposé une offre très alléchante au gouvernement. Il avait réservé un aller simple pour Lille dans le train de seize heures, et il lui fallait encore faire ses bagages.
Rassemblant ses affaires, il vérifia s'il n'avait rien oublié. Son passeport, ses papiers du MET, son portefeuille, son portable et son arme de fonction étaient dans sa veste. Il fouilla dans ses tiroirs et sorti un guide du français un peu défraîchi.
Il n'oublia surtout pas ses gels et autres parfums corporels. Il lui fallait à tout prix garder sa dynamique secrète. Personne n'était au courant, pas même le gouvernement. Il avait dénié sa nature dès son plus jeune âge, et ce n'était pas aujourd'hui qu'il la révélerait au grand jour !
Il était quinze heures lorsque les trois hommes se retrouvèrent dans le hall de la gare internationale St Pancras.
John regarda successivement Lestrade et Sherlock. L'inspecteur portait un sac gris de taille moyenne. Il était vêtu de sa veste bleue nuit habituelle. John non plus ne s'était pas embêté à préparer ses affaires. Il avait juste suivi le protocole militaire.
Quant à Sherlock, c'était Sherlock. Le détective portait un trench Burberry par dessus son costume fétiche. John l'avait vu plier un nombre incalculable de chemises, caleçons, pantalons et même deux paires de chaussures ! Qui pouvait bien être aussi compliqué ? Mycroft peut-être. Et son sac était en réalité une valise !
Il se souvint de lui avoir préparé son sac avant de sortir acheter les produits nécessaires à tout Oméga en déplacement. Sherlock avait dû rajouter des affaires en son absence et comme il n'avait plus assez de place, il avait tout simplement pris une valise.
- Tenez, voici vos nouvelles identités en France. Comme vous ne faites pas officiellement partie du MET, je me suis débrouillé pour vous faire des identifications, dit Lestrade en leur tendant deux passeports.
- Heu... je ne pense pas que j'arriverai à me faire à cette identité, Greg. N'as-tu vraiment pas d'autres options pour moi ? implora John.
- Depuis quand vous vous tutoyez, tous les deux ? Et puis... comment ça Paul Dimmock ? Je ne vais quand même pas faire semblant d'avoir un nom aussi commun ! s'énerva Sherlock avant de faire la moue.
Greg avait collé sa photo sur le passeport de son collègue, et avait juste eu le temps de réaliser quelques changements dans la base de données britannique.
- C'est mieux que de s'appeler Arthur Anderson, ajouta John.
- Je n'avais pas d'autres choix que de prendre les leurs.
- Ils sont au courant j'espère, Greg ? demanda John.
- Heu... Dimmock oui, mais Anderson... je le lui ai emprunté. Et puis j'étais pressé par le temps ! Il fallait faire avec les moyens du bord. En tout cas, vous êtes désormais tous les deux membres de mon équipe. Je me suis également arrangé avec le MET. Comme vous le voyez, nous ne sommes que trois. Parce que de une, il n'y a que moi qui puisse et veuille supporter Sherlock, et de deux, je ne vous laisserai jamais partir seuls contre une équipe de « frogs » qui nous attend de l'autre côté de la Manche ! Alors durant tout ce périple, vous allez m'écouter tous les deux, surtout Sherlock, mon nouveau Detective Sergeant !
Tout en prenant place dans le train, John vit Sherlock prendre de l'importance face à Lestrade malgré sa nouvelle identité, et se dit qu'ils avaient de la chance de partir avec Greg -certainement un Alpha-. Mais il tremblait néanmoins à l'idée de laisser les deux hommes seuls entre eux. Deux Alphas, et moi, et moi Oméga ! chantonna-t-il.
Chose dite, chose faîte. Voici le chapitre 7 qui contient pas mal de référence.
Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire économique (quel grand mot!), Arthur Andersen était un des "Big Five" en audit et conseil. Le scandale Enron mit fin à cette vaste entreprise et je n'ai pas pu résister de nommer Anderson par le prénom Arthur. Si vous continuez à lire cette histoire, vous serez capable à la fois de savoir ce que je fais comme étude et ce que je fais comme stage! Bonne devinette!
Je remercie comme d'habitude Roxanne33 qui arrive à me relire malgré ses "vacances" très crevantes et à vous chers lecteurs pour votre fidélité et vos reviews! Je sais que je suis bavarde, surtout avec mes reviews à rallonge, mais j'aime vraiment ce que vous me soumettez comme avis et conseils! J'essaye d'avancer de mon mieux et de continuer à progresser... alors continuez à baratiner sur cette histoire (prévisions, avis, histoire même...)
Un grand Merci encore et encore!
