Bien le bonsoir tout le monde !

Je vous ai manqué la semaine dernière ? Oui ? Non ? On s'en fout ? Ok, on s'en fout. Je m'excuse, je ne vous avais pas prévenu, mais je vous rassure, si vous n'avez pas eu de chapitre, ce n'est pas parce que je vous avais oublié, non. Je faisais juste une petite pause entre les deux parties. En parlant de la deuxième partie, personne n'a trouvé le titre exact, qui vous était pourtant soufflé dans mon résumé, m'enfin. Pas de paquet de marshmallow pour vous aujourd'hui ! :p

Je m'excuse également, je passe en coup de vent. J'ai eu un week-end hyper chargé, et je n'ai pas pris le temps de répondre à vos adorables messages. Et je n'aurai sans doute pas le temps ce soir. J'espère que vous ne m'en voudrez pas pour ce fâcheux retard…

En vous rappelant que One Piece ne m'appartient pas, que seuls quelques personnages sont de mon invention, et en vous souhaitant une bonne lecture !


Expérience Inachevée.

Partie 2 : apprivoisement et apprentissage.

Chapitre 1 : De nouveaux décors.

- Attention, pardon, dégagez l'passage siouplaît !

Traversant les couloirs au pas de course, les bras chargés de planches, de clous, de vis et d'outils en tout genre, Penguin tente tant bien que mal de se frayer un passage parmi l'agitation de l'équipage. Équipage en pleine frénésie, et pour cause : leur capitaine adoré leur a donné rendez-vous dans le salon commun pour leur présenter la « nouvelle ». C'est ainsi que la rumeur nomme l'étrange jeune fille ramenée sur le navire, lors de leur dernière escale au laboratoire-mystère.

- Poussez-vous, excusez-moi, poussez-vous, excusez-moi, poussez-moi, excusez-vous…

Sachi, sur ses talons, se fait bousculer par Bepo qui s'excuse aussitôt. Il fait la moue, pendant que son comparse se contente de soupirer de désolation. Ils traversent ainsi difficilement le salon commun, où leur capitaine commence à réclamer le silence. Ils s'éclipsent par une porte, menant sur un long couloir, laissant les présentations à leur capitaine et son second.

Le salon commun du navire des Heart est assez grand, mais pas trop. Disons, juste assez pour y contenir la petite vingtaine d'homme qui constitue l'équipage. Assis sur les canapés, sur les accoudoirs, ou même par terre, debout accoudés au mur, ou encore appuyés sur les dossiers des différents fauteuils, ils discutent tranquillement, attendant leur capitaine. Ils ont tous été convoqués ici, et même si le capitaine ne leur a pas explicitement précisé le motif de ce rassemblement, ils sont tous certains que c'est au sujet de la nouvelle.

Et effectivement, lorsque Trafalgar Law demande le silence, il est accompagné de Bepo et de son fauteuil de bureau.

- De son fauteuil de bureau ? demande Maximilien à son voisin.

Ce dernier hausse les épaules, ne sachant pas plus que lui ce que fait son fauteuil de bureau ici, tourné vers le mur du fond, qui plus est.

- Je ne vais pas être trop long, commence le capitaine pirate. Vous me connaissez, et vous savez très bien que la parlotte n'est pas trop mon truc. De plus, je suis absolument certain que vous savez déjà tous pourquoi vous êtes ici.

Face à cette remarque quelque peu ironique, une rumeur monte dans le salon, bien vite dissipée par la voix grave et posée du capitaine qui poursuit.

- Lors de notre dernière escale, j'ai effectivement enrôlé une personne, sans prendre le temps de vous la présenter, ni même de vous en dire quoi que ce soit. Cela fait déjà trois jours que nous avons repris la mer. Trois jours qu'elle est restée enfermée dans mon bureau. Trois jours pendant lesquels vous avez eu le temps de vous imaginer tous les scénarios possibles à son sujet. C'est pourquoi je me suis dit qu'il était peut-être temps de faire les présentations.

Là encore, un chuchotement massif monte en crescendo, avant de s'enfuir mollement par la porte d'entrée laissée ouverte.

- Je vous présente donc votre nouveau camarade.

Et disant ces mots, il fait un signe de tête à Bepo, qui fait pivoter le grand fauteuil de cuir, laissant apparaître en son sein une jeune femme, encore en blouse d'hôpital, les cheveux hirsutes et les yeux hagards. Toute petite, toute menue, elle semble si fragile que même ses petits poings fermement accrochés aux accoudoirs paraissent faibles et tremblotants.

Devant elle, l'équipage retient son souffle. C'est sans doute la première fois que les pirates voient un tel être. Est-elle vraiment humaine ?

Un petit curieux, dénommé Edouard, posté juste devant elle, ose s'adresser à son capitaine, parlant pour tout le monde en même temps.

- Mais, rassure moi Cap'taine, elle est pas restée toute seule dans le labo pendant tout le temps qu'il est resté sous terre !

Law sourit plus pour lui-même que pour ses hommes puis répond d'une voix calme et pédagogue.

- Oui et non. Il se trouve que cette jeune femme est le prototype d'une expérience inachevée que j'ai bien la ferme intention de terminer. Imaginez vous des scientifiques, tous en blouse blanche, avec des masques sur la bouche, commence-t-il à décrire. Imaginez-vous une table d'opération totalement vide. Aucun matériel, si ce n'est quelques outils, deux trois fils de fer, et une petite boîte contenant un élevage de bactérie. Vous avez l'image en tête ? Et bien voilà, vous savez comment a été créée cette poupée vivante.

L'explication de Law est suivie d'un lourd silence de concentration. Quelques murmurent s'échappent cependant de la masse. « Mais, elle est humaine ou pas, alors ? », « Donc c'est un cyborg ? », « Une zombie ? », « Donc, si je comprends bien, elle serait… Ou aurait été créée avec… nan, en fait j'ai rien compris. »

- Donc, elle est cyborg ou humaine ?

Mickaël a élevé la voix pour se faire entendre. Appuyé contre l'accoudoir du canapé d'angle, il a les sourcils froncés de celui qui cherche à comprendre sans y parvenir vraiment.

- Elle est les deux, corrige Law. Une partie d'elle-même est faite de mécanique, une autre de cellules miraculeusement créées en laboratoire, et fonctionnelles qui plus est. Et du reste, elle est vide.

- Vide ? demande une voix plus proche.

- Oui Edouard, vide, confirme le capitaine. Elle est comme un enfant qui vient de naître, et ignore tout du monde qui l'entoure. Vous pourriez lui parler, si vous le vouliez. Mais elle ne comprendrait pas le moindre mot qu'elle entendrait, et même si elle comprenait, elle serait bien incapable de vous répondre. Je vous l'ai dit, elle ignore tout, du langage jusqu'à l'équilibre de son propre corps. Elle ne sait pas marcher seule. Pas encore. Mais rassurez-vous, elle ne restera pas toute sa vie comme ça. Nous allons avoir pour mission de lui apprendre la vie. Ca vous tente ?

Cette dernière question est suivie d'une exclamation contenue d'enthousiasme et de curiosité. Satisfait de l'engouement de ses hommes, Trafalgar conclut en quelques mots.

- Par contre, elle devra rester un certain temps dans mon bureau. Je ne vous cache pas que je n'oserai jamais la lâcher parmi les primates que vous êtes, alors qu'elle ne sait même pas se tenir debout toute seule. Mais je promets que dès qu'elle saura se débrouiller en autonomie, elle sera un membre d'équipage comme vous autres. Y a-t-il des questions ? Des réclamations ?

Un bras se lève, et à nouveau, la voix de Mickaël s'élève :

- Qui est-ce qui va se charger de lui apprendre les bases ? Pas toi quand même Cap'taine ?

- Plus ou moins, si. Mais pas seul, assure Law. Bepo, Sachi et Penguin m'aideront dans cette tâche.

Un léger murmure monte de l'assemblée. Et comme personne d'autre ne semble vouloir prendre la parole, Law fait signe à Bepo de ramener la jeune fille dans le bureau. Ni une ni deux, l'ours polaire se met à faire rouler le fauteuil jusque dans le couloir, sous les regards curieux des plus intrigués.

Loin de l'agitation frénétique de l'équipage, Sachi et Penguin bricolent en sifflotant et se racontant des histories drôles.

- Qu'est-ce qui est bleu, blanc et rouge ? demande Sachi, un sourire idiot fiché sur le visage.

- Euh… Le drapeau d'un pays lointain ? tente Penguin.

- Non ! Un schtroumf qui saigne !

La consternation de Penguin n'empêche pas Sachi d'éclater de rire à sa propre blague. En souriant, l'homme à la casquette rétorque :

- Moi j'ai une histoire drôle, si tu veux.

- Ouais, vas-y, vas-y !

- C'est l'histoire d'un schtroumpf qui tombe et qui se fait un bleu.

Et Sachi d'éclater de rire. Le coup de marteau qu'il se prend sur le doigt en tentant d'enfoncer un clou dans une planche le ramène un instant sur terre, mais il repart bien vite en interpellant Penguin.

- Moi aussi j'en ai une !

- Vas-y, dit toujours pour voir.

- C'est un mec, qui rentre dans un café, et plouf.

- Oooooooh, Sachi… Elle est trop connue celle-là ! gronde gentiment Penguin.

Ils arrêtent un instant leurs bêtises et considèrent leur travail de haut. Ils ont déjà aidé leur capitaine à ranger un tant soit peu son bureau la veille, et aujourd'hui, ils se sont attelés à la construction de la banquette matelassée. Elle trônera juste sous le hublot, lui-même positionné en face du bureau de Law. De cette manière, la nouvelle pourra soit regarder les poissons, soit les activités intenses en réflexions de son nouveau capitaine. Et Law, quant à lui, aura tout à loisir de l'observer dès qu'il le voudra.

En considérant la pièce dans son intégralité, entre deux coups de marteau, Penguin se dit que de toute manière, il n'y avait pas d'autre place où la mettre. Le bureau de Law est tellement petit.

C'est une pièce rectangulaire, assez encombrée de meubles en tout genre. Lorsque l'on ouvre la porte d'entrée, on a dès notre gauche le bureau du capitaine. Juste en face se trouve le mur avec le hublot – et bientôt la banquette. Entre les deux, une vaste bibliothèque occupe le pan de mur de droite, et une porte menant aux appartements personnels du capitaine trône sur celui de gauche. Et au milieu de tout ça, un beau bordel. Des revues scientifiques, des maquettes, des carnets griffonnés et noircis de croquis, des chaussettes sales – des chaussettes sales ? – quelques poufs trop petits, des feuilles volantes, des verres en plastique, et même une tasse de café froid laissée à l'abandon sur le coin d'un meuble de stockage d'archives. Penguin soupire. Et après, ils se font engueuler quand ils laissent traîner leurs caleçons sales dans les couloirs…

Sachi sort son ami de sa rêverie en lui tapotant sur l'épaule.

- Mec ! Tu rêves ou quoi ? Je te demande s'il faut la faire plus haute, ou bien si cette hauteur suffit !

Penguin regarde la banquette, et hoche du chef.

- Non, comme ça c'est bien je pense. Tu as consolidé le sommier ?

- Pas vraiment… Il fallait ?

- C'est mieux, affirme Penguin en reprenant la confection de la tête de lit. C'est pas parce que c'est un poids plume qu'il faut se permettre de mettre sa sécurité en jeu. Peut-être que notre petit oisillon va prendre du poids et de la carrure, avec le temps !

Sachi dodeline de la tête pour lui-même, en se disant que « petit oisillon », c'est pas mal non plus. Il prend un clou, et se remet à la tâche. Ils se sont répartis le travail. Lui doit s'occuper du sommier et des pieds de la banquette, tandis que Penguin se penche sur la fabrication des bords du lit. Car la banquette fera aussi office de lit pour la jeune fille. Il semblerait même qu'elle nécessite des barrières pour enfant dans un premier temps. On n'est jamais trop prudent.

Dans le silence de la pièce, simplement interrompu par les coups de marteau, et les bruit de planches, les deux compères perçoivent au loin la rumeur du salon commun. Ils se savent privilégiés : ayant découvert la poupée en premier, et étant chargé eux-mêmes de la confection de son environnement, leurs rapports avec la jeune femme sont particuliers. Ils ont hâte d'essayer de lui apprendre les quelques premières bases de la vie.

Un bruit de roues sur le carrelage les tire de leurs pensées profondes. Ils relèvent le nez juste à temps pour voir Bepo ouvrir la porte et entrer dans la pièce, précédé du fauteuil de bureau du capitaine.

- Revoilà la petite ! s'écrie Sachi le sourire aux lèvres.

Et il s'empresse d'aller la chercher, la menant là où elle a toujours été depuis son arrivée, c'est-à-dire, à côté de la bibliothèque.

- Ça va ? Les mecs n'ont pas été trop bruyants ?

Bien que la question semblait adressée à la jeune femme, c'est bien l'ours polaire qui répond.

- Non, ça va. Certains sont un peu envieux de vous, mais pour le reste tout va bien. Le capitaine devrait pas tarder à passer voir où vous en êtes, désolé. Vous avez besoin d'aide ?

Penguin lui sourit, en lui disant que s'il voulait bien l'aider à monter la tête de lit, ce serait aimable de sa part. Bepo s'excuse et s'exécute rapidement.

Quelques minutes plus tard, Law passe en coup de vent, pour voir le travail de ses hommes. Il est content de constater que la construction de la banquette avance vite, et qu'avec un peu de chance, elle sera terminée le soir même. Sachi lui assure que ce sera fait, Penguin relativise en ajoutant un « peut-être », et Bepo s'excuse, pour changer.

- Bon, je vais vous laisser terminer tout ça. Vous m'appellerez quand vous commencerez à en voir le bout ?

Sachi approuve et demande :

- Tu ne nous aide pas, Cap'taine ?

- Évidemment que non. J'ai promis une partie de poker à Jambart.

Et il sourit narquoisement en s'éclipsant par la porte.

Avant de sortir, il adresse un regard à la jeune femme, immobile sur le fauteuil. Elle est détendue et semble sereine. N'importe quel homme qui la regarderait verrait son regard vide. Mais Law n'est pas n'importe quel homme. Law est un médecin au regard avisé. Et il voit très clairement dans les yeux de son patient une petite lueur qui s'allume, lentement.

« Cap'taine… »


NdK Et voilà notre petit bébé qui commence à ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure. C'est-y pas beau tout ça ? Je précise que tout ce qui sera en italique et entre guillemets seront des pensées, et non des paroles. C'est extrêmement important.

A part ça, vous avez peut-être remarqué les quelques nouveaux prénoms qui commencent à apparaître, doucement. Ne vous en faites pas, je développerai tous ces aimables (ou non) personnages dans les prochains chapitres )

Aller, je vous laisse mes amours. J'ai une valise à faire, et une bonne nuit de sommeil à rattraper. A la semaine prochaine mes choux ! :)