Disclamer : Si j'avais tué cette chère J. K. Rowling et pris son identité, tout serait à moi. Hélas, ce n'est pas le cas.
Avertissement : C'est du yaoi, du pur, du dur, alors si ça ne vous plait pas, vous pouvez parfaitement aller voir ailleurs : ce site regorge également de fictions hétérosexuelles.
Rating/Slash : HPDM version M. Ben oui, il va y avoir du slash, du lemon, du sexe, de la baise ! -s'étouffe devant sa grossièreté-
Bonne lecture !
Chapitre septième : Convalescence accompagnée.
Le mot de passe, Draco le connaissait grâce à Rogue. Après leurs petits soucis nocturnes pour rentrer dans la tour, le professeur avait décidé qu'il serait plus sage de confier à son élève adoré la clé de la salle de bain. Au cas où, on ne sait jamais. Et aucun autre code n'aurait mieux convenu que celui-là.
- Orgie de vinasse, orgie sensas.
- Je ne v-vous… l'fais pas dire ! balbutia le gros maître romain avant de rouler au bas de son grand fauteuil.
Maintenant qu'il ne craignait plus pour la vie de ses amis, Harry eut le temps d'admirer la décoration de la salle d'eau. Au centre du bassin encastré dans le sol carrelé se trouvait une statue du dieu Poséidon qu'il n'avait pas remarqué la première fois malgré sa taille imposante. Et à ses pieds, une ribambelle de poissons d'or exhibaient le fond de leur gorge. De grands miroirs parcouraient les murs et des tapisseries représentant des scènes de l'antiquité comblaient les vides. Et pour que l'atmosphère soit parfaite, un lierre recouvrait partiellement le plafond. D'un coup de baguette, Harry enflamma les torches pendant que Draco déposait ses affaires sur un banc de pierre. Chaque seconde qui passait persuadait un peu plus le jeune homme que cette séance de mouillette n'était pas une bonne idée.
Ce fut encore pire quand ils se retrouvèrent tous les deux devant la baignoire sans trop savoir quoi faire. Draco prit heureusement la résolution d'ôter son pull et sa chemise, ce qui réveilla un peu Harry. Evitant soigneusement de laisser trainer ses yeux, il revêtit aussi sa tenue d'Adam et plongea vite dans l'eau. A sa grande surprise, ses dernières écailles se décollèrent d'elles-mêmes au contact du liquide bénéfique. D'une pression sur la nageoire d'un des poissons de Neptune, une mousse parfumée vint recouvrir la surface. Mais la mousse c'est silencieux, alors le blanc qui s'était installé pouvait être difficilement ignoré.
- C'est la folle ambiance ce soir, reprocha Draco entre deux soufflages d'écume.
- C'était ton idée, ce bain.
- Je pensais que ça te ferait plaisir, répondit-il nonchalamment.
Ah ouais, lui faire plaisir, carrément ? Ça méritait bien un petit effort, ça.
- C'est le cas. Merci, sourit Harry.
- Mmh… Au fait, très belle prestation à l'infirmerie. J'ai rarement vu Rogue aussi mal à l'aise.
- C'est vrai que sa tête méritait de prendre le risque. Il n'osait même plus s'approcher de moi à la fin… Hé ! Quelque chose vient de me toucher le pied ! J'en suis sûr, rigole pas ! … Ah, ça a recommencé ! Là, juste sur ma jambe ! C'est quoi ces trucs ?!
Franchement pas rassuré, Harry fit quelques brasses pour se rapprocher du serpentard qui, lui, était visiblement très à l'aise.
- Ce sont juste des petits poissons, chochotte, sourit-il en écartant la mousse pour prouver ses dires. Regarde, tu vois le machin bleu là ? C'en est un. Ce sont eux qui rendent cette eau bienfaitrice.
- Mouais… t'aurais pu me prévenir quand même, maugréa le brun.
- Si je l'avais fait, je n'aurais pas eu le plaisir de te voir paniquer et ça aurait été vraiment dommage, se moqua Draco.
- La ferme, bouda l'autre en éclaboussant son perfide camarade de bain.
- Ne commence pas ou tu risques de méchamment te ramasser…
Par pure provocation, Harry accompagna sa deuxième projection d'un grand sourire innocent. Sourire qu'il perdit lorsque Draco fondit sur lui pour l'entrainer sous l'eau. Maintenant que ses branchies s'étaient fait la malle, il allait avoir un peu plus de mal à s'en sortir. Regagnant difficilement la surface, il entendit Draco lui ordonner de s'excuser sous peine de mourir bêtement noyé dans un bain. Harry devrait peut-être faire carrière dans la prédiction finalement…
- Okay, okay ! Je m'excuse ! suffoca-t-il.
- Maintenant, appelle-moi par mon prénom, continua le serpentard d'une drôle de voix.
- D-Draco ! haleta Harry sans faire attention à l'étrangeté de la question.
La pression sur ses épaules disparut et il put reprendre son souffle. En face de lui, son bourreau regardait ses doigts faire des petits clapotis sur la surface.
- Encore une fois ? murmura-t-il d'une petite voix que personne n'aurait pu identifier comme la sienne.
- Draco, souffla Harry sans réfléchir, mais également sans ignorer la chaleur qui faisait picoter son visage.
- Encore une fois… ?
Il avait dû tendre l'oreille pour entendre le chuchotis. Le gryffondor se pencha et capta le regard du blond, qui admirait toujours ses doigts.
- Draco, Draco, Draco, Draco..., sourit-il.
Sans crier gare, Malfoy s'élança et s'accrocha avec force au cou de Harry. Sous le choc, ce dernier ouvrit une bouche digne d'un poisson de Neptune et se dit que, là, il y avait vraiment quelque chose de génial qui était entrain de se passer mais, qu'en même temps, ce n'était vraiment pas normal. Oui, d'accord, il faisait soudain chaud et c'était très agréable. Oui, une peau mouillée contre la vôtre, ce n'est jamais de refus. Mais là, il le serrait un peu trop fort que pour juste le remercier d'avoir prononcé son prénom. D'ailleurs, c'était quoi ce revirement ? Ça faisait des années qu'il l'appelait Malfoy et ça ne l'avait jamais ennuyé.
- Attends encore un peu avant de me frapper, je voudrais en profiter…, dit doucement Draco en donnant naissance à des frissons dans le cou de son prisonnier.
Finalement, réfléchir, c'était bon pour les serdaigles. Reprenant conscience, Harry délia ses bras, les posa chastement dans le dos de Draco et nicha sa tête sur son épaule.
- Pourquoi je te frapperais ? sourit-il, charmé par l'étreinte.
- Parce que je sens que tu bandes, ricana le blond, visiblement ravi de son coup.
Mort de honte, Harry le repoussa violemment. Le pire, c'est que ce n'était pas la première fois qu'il avait ce genre de réaction. Avisant son unique bouée de sauvetage dans l'immédiat, il se planqua derrière Poséidon et souffla pour remettre de l'ordre chez les hormones.
- Il n'y a pas de honte, tu sais. Je suis plutôt séduisant, il faut bien l'avouer ! jubila Draco.
- Comme si c'était à cause de toi ! Ça arrive, c'est tout.
- Je ne vois que moi dans ce bain. A moins que… Oh non, ne me dis pas que les poissons et toi…
- Arrête ça ! Je savais que c'était une mauvaise idée, je n'aurais jamais dû venir !
- Non, tu as bien fait, répondit Draco en surgissant de derrière les poissons. Est-ce que tu sais pourquoi je t'ai suivi quand tu es parti voir Rogue ? (Harry prit sa moue boudeuse des jours de grande mauvaise foi) Parce que je m'inquiétais pour toi, petite tête. Et est-ce que tu sais qui t'a ramené à la tour au prix d'efforts incommensurables ? Moi, bien sûr. Et qui a convaincu Pomfresh d'organiser les consultations par ordre alphabétique ? Encore moi. Et qui a supporté tes idioties pour passer un peu de temps avec toi quand tu étais coincé dans ta baignoire ? Allez, devine…
- On dirait que tu m'adores, ironisa Harry en roulant des yeux.
- On dirait bien, oui…
Draco se pencha et, avant que sa cible ait pu faire un seul geste pour l'éviter, déposa un petit bisou sur le front du gryffondor grognon.
- Ca ne te dérange pas, au moins ? continua le blond en constatant l'air troublé de Harry.
- Non, je… suis content que nous soyons amis, répondit-il en insistant sur le dernier mot l'air de rien.
- Oui… moi aussi.
Draco détourna le regard et s'éloigna, fendant la mousse. Il actionna en passant une autre queue de poisson et une musique apaisante s'éleva alors dans la pièce pour accompagner son savonnage. Son changement d'attitude, bien qu'infime, n'échappa pas à Harry et il se dit qu'il avait bien fait de préciser qu'il ne souhaitait que de l'amitié. On ne sait jamais, Draco avait été un peu ambigu ces derniers temps. Se faire mordiller le cou, être enlacé, recevoir des petits bisous tout tendres… il fallait bien qu'il admette que tout ça n'était pas pour lui déplaire. C'était juste dommage que ce soit Draco… non, c'était dommage que ce soit un garçon qui ait fait tout ça. Enfin, non… Parce que si ça avait été Blaise Zabini, par exemple, ça n'aurait pas été pareil. Pas du tout. A la moindre approche douteuse, il aurait été dégoûté et l'aurait remballé comme un malpropre. Alors quoi ? C'était dommage que quoi ?
Se rappelant de la raison initiale de sa venue, Harry s'empara aussi de son éponge magique, qui se mit aussitôt à mousser et onduler. Tout en la passant sur ses bras, il jetait des petits coups d'œil à son voisin. Draco avait l'air appliqué et pas le moins du monde préoccupé par quoi que ce soit. C'est ce que n'importe quel élève aurait dit, mais Harry percevait tout de même la contrariété qui rendait la mâchoire du serpentard plus crispée que d'ordinaire. Et il se sentit coupable. Et si, dans un sens, il l'avait rejeté ? Sans pour autant être certain de sa théorie, il décida qu'il devait bien quelque chose à Malfoy pour l'avoir mis dans cet état. Lui faire confiance en lui faisant quelques confidences, par exemple. De toute façon, c'était tout ce qu'il avait sous la main.
- Ce n'est pas chez mon oncle et ma tante que j'aurais pu me laver dans un aussi grand bain, dit-il d'un air amusé.
- Tu vis vraiment chez des moldus alors ? s'étonna Draco en oubliant son mécontentement pour un instant (bingo !). Je pensais que ce n'était qu'une rumeur.
- Tu n'imagines même pas à quel point c'est la réalité, grimaça-t-il en se souvenant du placard et des corvées.
- Ils ne te traitent pas bien ?
- Ça pourrait être pire, hésita Harry indulgent, comme trop souvent.
Draco eut l'air navré, puis s'appliqua de nouveau à se rincer avant d'appuyer sur une queue de poisson au hasard. De la brume se déversa alors voluptueusement de toutes les bouches de la statue. Pas d'humeur à abandonner, le gryffondor fit une seconde tentative.
- Et toi, tu... tu vis avec tes parents et ta fiancée ?
Oups, 'fiancée' ? Ce n'était pas prévu au programme, ça.
- Ma fiancée ? répéta Draco interpellé.
- Oui, cette fille aux cheveux courts, là… Atkinson, non ? mentit Harry. En réalité, il connaissait parfaitement le nom et le prénom de cette dinde mal plumée qu'il exécrait.
- Pansy n'est absolument pas ma fiancée, Merlin merci ! rit Draco, visiblement soulagé.
Il ne fut pas le seul à l'être. Oh, pas pour les raisons que vous croyez. C'est juste que cette fille ne méritait clairement pas d'avoir une relation privilégiée avec l'héritier Malfoy, du moins d'après Harry. Elle était aussi subtile que Grabbe et Goyle, mais avec une sale tête de souris en prime. Tout ce qu'elle disait et faisait respirait l'hypocrisie et, d'après ce qu'il avait entendu, son sujet de conversation le plus philosophique tournait autour de la meilleure technique d'épilation. Au moins, elle avait les jambes lisses.
En y réfléchissant bien, peu de personnes méritaient Draco Malfoy. Harry passa en revue le peu de filles serpentardes qu'il connaissait vaguement et aucune d'elles ne faisait le poids. Pareil dans les trois autres maisons. Chaque nouveau couplage le répugnait un peu plus que le précédent. Qui avait chuchoté jalousie ? Quel qu'il soit, c'était un abruti fini, voilà.
- Et toi et la petite chinoise, ça roucoule bien ? s'enquit d'un air faussement détaché le centre des pensées de Harry.
- Oh, arrête, comme si tu ne savais pas. Ca fait des lustres et je ne peux même pas dire qu'on soit vraiment sortis ensemble. Je crois qu'elle m'a plus pris pour un grand mouchoir en papier qu'autre chose.
Se mordant la lèvre et papillonnant des yeux, Harry se lança dans une imitation de Cho. Et, s'oubliant un peu, il se pendit au cou de Draco et minauda les yeux brillants « qu'il ne savait plus quoi faire » et « qu'il était perdu ». Alors que la brume commençait à s'étendre autour d'eux, le blond sourit malgré son malaise et posa un doigt sur le nez du gryffondor. Ce dernier arrêta immédiatement ses gesticulations et leva des yeux interrogateurs et libérés de toute lunette vers Draco.
- Si tu continues comme ça, je crains de ne pas pouvoir être ton ami très longtemps…, articula-t-il d'une voix enrouée.
Ne comprenant pas – ou faisant exprès de ne pas comprendre – l'allusion, le gryffondor resta accroché et dévisagea intensément son 'ami'. Pourquoi est-ce qu'il n'était pas moche et con ? Ça aurait facilité bien des choses. Il ne l'aurait pas laissé s'approcher aussi près et pénétrer aussi loin dans son cœur, pour commencer. Brouillant ces pensées dépareillées, le doigt de Draco glissa doucement et épousa les lèvres du jeune homme tourmenté qui ouvrit légèrement la bouche à ce contact délicat.
- Je ne ferai rien, c'est à toi de voir…, murmura-t-il.
La bonne blague, comme s'il avait le choix après ça ! Mais il ne pouvait pas se lancer, lui ? Ça aiderait Harry à faire face à ses scrupules et à sa culpabilité. Car si c'était lui qui faisait le vrai premier pas, impossible de rejeter la faute sur qui que soit quand il regretterait.
- Je ne suis pas… je préfère les filles, se lamenta-t-il d'un air désemparé.
- Moi aussi, avoua Draco. Mais toi, tu es spécial. Ne va pas croire que si ça avait été un autre, j'aurais agi pareillement.
Ces paroles médusèrent Harry en lui rappelant ses propres constatations. Et puis, comment il faisait pour oser lui dire ça, comme ça, en le regardant droit dans les yeux ? Peu à peu, il sentait sa volonté faiblir. Alors, ça y était ? Il allait faire un truc vraiment dingue et sans même y réfléchir plus longtemps que ça ?
Harry était complètement paniqué, en train de réfléchir le plus vite possible à ses sentiments, la meilleure solution, les problèmes qui lui pendaient au nez,… plein de choses qui se mélangeaient au fur et à mesure de sa tentation grandissante. Si seulement il avait eu du temps pour réfléchir… mais Draco n'allait pas rester dans cette position le temps qu'il fasse le point sur sa sexualité (il était hétéro), ses repères (Draco était tout juste un ami et encore), et ses envies (rester célibataire était tellement moins prise de tête). Mais l'homme n'est pas une machine logique et il lui arrive d'en avoir marre de cogiter et d'évaluer tout ce qui passe sous son nez – surtout lorsqu'il s'agit du doigt d'un beau blond.
Voilà, sa décision était prise, à lui de l'assumer maintenant. De toute sa vie, il n'avait jamais été aussi stressé. Une boule dans la gorge l'empêchait de déglutir correctement et il avait si chaud… heureusement que la brume de Poséidon avait envahi la pièce, sinon il ne se serait peut-être pas senti la force de faire ce qu'il allait faire. Respirant un grand coup aussi discrètement que possible, Harry serra ses doigts contre la peau mouillée de la nuque de Draco et approcha ses lèvres des siennes.
Le serpentard, trop impatient, parcourut le reste du chemin, mais ne donna qu'un petit bisou pour ne pas brusquer son compagnon. Puis, voyant qu'il avait carte blanche, il revint et s'empara langoureusement de sa lèvre inférieure. Encore plus bouillonnant qu'auparavant, Harry se sentit électrisé et eut presque peur pour son cœur qui battait comme un fou. Malgré son état, il répondit au baiser et s'aventura au feeling sur les lèvres du blond. Sur le point de fondre, il les happa également et leur douceur ne le surprit qu'à peine.
Ne sachant plus trop ce qu'il faisait tant ses sens étaient déboussolés par ce baiser étourdissant, Harry s'accrochait à tout ce qu'il pouvait. Lorsqu'il posa sa main sur la joue de Draco, celui-ci eut un sursaut et agrippa sa taille pour l'attirer contre lui. Cette proximité les enflamma plus encore et le blond ne put s'empêcher de lécher sensuellement puis mordre la lèvre de Harry. Sous l'effet de la caresse, il eut un hoquet de plaisir et entrouvrit la bouche. Le prenant comme une invitation, Draco y passa doucement la langue.
Harry ne s'était pas attendu à aller aussi loin, mais c'était tellement différent… tellement plus excitant. Là où les baisers étaient une corvée angoissante avec les autres filles, avec Draco tout devenait incroyablement sexy et délicieux. Aussi, quand il sentit la douce intrusion, il choisit de venir à sa rencontre. Il ne fut pas déçu. Même s'il n'avait pas beaucoup d'expérience pour comparer, il pouvait jurer que Draco embrassait de la façon qu'il adorait. Tant pis pour tout ce que cela impliquait, Harry se plongea dans le baiser et se glissa entre les lèvres de son compagnon en s'accrochant désespérément à lui.
Comme s'ils étaient atteints de fièvre, leurs mouvements étaient tremblants et leurs yeux ne voulaient plus se rouvrir après un tel ravissement. Draco prolongea le plaisir en déposant des baisers appuyé sur sa joue puis, petit à petit, dans son cou. Des picotements envahirent la poitrine de Harry et il profita de l'occasion pour glisser ses doigts entre les mèches blondes et soyeuses. Ça chatouillait et en même temps c'était suave, il n'avait jamais connu une sensation pareille. Même lorsqu'il avait été mordillé dans le bassin de la tour, ce n'était rien à côté de ça. Ne tenant plus en place, il se cala encore un peu plus contre Draco, mais se crispa de délice et d'effroi lorsqu'il se rendit compte qu'il était réellement très excité et qu'il n'était pas le seul. Sentant la soudaine contraction du gryffondor, Draco se détacha légèrement de lui pour ne pas le mettre mal à l'aise plus longtemps.
- Merci, souffla-t-il en déposant un dernier bisou au coin des lèvres de Harry.
- De rien…, répondit bêtement celui-ci, encore un peu perdu, mais visiblement comblé.
S'il avait su que ça pouvait être aussi bon d'embrasser Draco Malfoy, il aurait peut-être moins hésité. Mais en même temps, le fait que ça soit aussi agréable rendait la chose d'autant plus dangereuse. Comme il l'avait rappelé tantôt – et malgré les apparences – Harry n'était absolument pas homosexuel. Bon, il n'était quand même pas frustré au point de se jeter voracement sur tout ce qui passait donc la réponse devait être la suivante : il était Dracophile. Oui, ça faisait un peu idiot comme ça, mais si les garçons n'étaient pas sa tasse de thé et que Draco était carrément son chocolat chaud, bouillant même ; alors c'était la seule solution. Néanmoins, cela restait terriblement choquant.
- Ça va ? demanda le chocolat chaud en question.
- Ben… d'après toi ? geignit Harry. Je viens d'embrasser un garçon et j'ai trouvé ça génial alors que je ne suis pas gay…
- J'ai bien aimé aussi, sourit Draco au travers de la vapeur. Et je suis dans le même cas que toi, je te l'ai déjà dit.
- Oui, mais toi ça ne te fait rien ! s'énerva le survivant, agacé par sa propre indécision.
- Tu rigoles ? s'esclaffa alors le blond. Si tu savais comme j'ai eu du mal à l'accepter ! Au début, je me filais des claques pour oser te regarder comme une personne séduisante. C'était affreux, j'ai vraiment cru que j'avais un problème psychologique, ou quelque chose comme ça… mais au fil du temps, ça perd en gravité. Et puis, on s'y fait. J'ai du me résoudre au fait que je te trouvais attirant et que j'avais envie de te serrer dans mes bras à chaque fois que je te croisais. Crois-moi, ça a pris du temps.
- Euh…, bafouilla Harry ébahi et gêné. Et ça fait longtemps que tu… enfin, tu vois…
- Mmh… tu te rappelles notre bagarre devant la salle d'Enchantements ? Eh bien, à ce moment-là, sache que je me prenais déjà la tête à ton sujet mon petit.
- Et tu ne m'as rien dit ! s'exclama-t-il, outré.
- J'aurais bien voulu voir ta tête si je l'avais fait ! Pourquoi, tu regrettes qu'on n'ait pas pris de bain ensemble plus tôt ?
Draco se rapprocha d'un air malicieux et enlaça à nouveau le gryffondor hésitant. Il couvrit son visage de bisous affecteux, l'obligeant à fermer les yeux, et termina une fois encore son périple dans son cou. Harry se fit moins réticent et il s'autorisa alors à descendre jusqu'à la clavicule. Impossible d'aller plus bas cependant – l'eau l'en empêchait – et c'était bien dommage. Il se rattrapa en frôlant de ses doigts l'érection du jeune homme à la cicatrice, qui réagit immédiatement en sursautant.
- Eh !
- Oups, pas fait exprès, mentit Draco entre deux bisous dans le cou.
Il recommenca une seconde fois et s'attarda un peu plus longtemps sur la peau douce. Sous, l'eau, c'était encore plus agréable, aussi bien pour l'un que pour l'autre. Ne recevant aucun poing dans la figure, Draco affirma sa caresse et enserra imperceptiblement le membre déjà bien dur. Mort de honte et de plaisir, Harry oublia ses inhibitions et agrippa plus fermement le corps contre lui. Il ne le savait pas, mais il rendait le serpentard complètement fou. En effet, celui-ci sentait sa respiration lascive tout contre son oreille et cela valait toutes les caresses du monde. Et comme il perdait pied, il se laissa aller et appuya plus encore ses caresses.
- Harry, haleta-t-il. J'ai… j'ai envie d'essayer un truc que j'ai jamais fait…
- Mmh…
- Je peux… ?
- Mm-ah !
Sans attendre la réponse, Draco avait assis le gryffondor sur le rebord du bassin. Gêné, celui-ci dissimula du mieux qu'il put son excitation derrière ses mains. Heureusement, la brume de la statue lui facilitait la tâche. Il fut rapidement rejoint par le blond qui le fit s'allonger sur sa serviette de bain. Enfin, il put détailler correctement le corps de celui pour qui il craquait depuis plusieurs mois. Et les volutes de vapeur qui brouillaient cette vision la rendaient plus appétissante encore. N'y tenant plus, il fondit sur ce corps plus petit que le sien et le dévora de baisers. Il adora particulièrement son ventre, qu'il prit bien soin de caresser, et insista tout particulièrement juste en dessous du nombril.
- Ne regarde pas hein, ordonna Harry, appréhendant ce qui allait se passer tout en étant impatient.
- Regarde : je ferme les yeux, le rassura l'autre.
Trop heureux d'avoir l'accord de son captif, Draco s'empara une nouvelle fois de sa verge et, après quelques hésitations, y passa maladroitement la langue. L'effet fut immédiat, un court gémissement s'échappa des lèvres de Harry. Encouragé, il continua en léchant là où il pensait que ça serait le plus agréable. Puis il s'enhardit et prit finalement le gland en bouche pour le suçoter comme il l'aurait fait avec une grosse sucette. Ça marchait plutôt bien, les jambes de Harry tremblaient légèrement et ses mains se crispaient dans ses cheveux.
Draco accompagna ses coups de langues d'un mouvement rapide de la main. Il s'appliqua et y mit tant de sensualité qu'après quelques minutes Harry se redressa et, les joues roses et le souffle court, le prévint tant bien que mal qu'il était proche de l'orgasme.
Il sentait que ça montait, son membre s'était encore raidi et il avait l'impression qu'il était gonflé à bloc. Quelque chose de puissant envahissait son bas-ventre et malgré son envie de se retenir pour faire durer le plaisir, il savait qu'il ne pourrait rien faire contre la langue taquine de Draco. Soudain, le plaisir devint aigu, intense, profond. Tout le bas de son corps était parcouru d'ondes d'extase, tout était brûlant à l'intérieur et ses membres délicieusement tendus. C'en devint presque intolérable. Harry ne put s'empêcher de gémir indécemment et, oubliant toute culpabilité, il éjacula entre les doigts de Draco. Il sentit chaque giclée le traverser et le rendre dingue. La sensation était impressionnante et le soulagement qui suivit le laissa tout engourdi.
Draco s'essuya les mains et remonta à la hauteur du visage de son compagnon encore troublé. La bouche entrouverte et les yeux flous, Harry se prélassait dans le bien-être et la volupté ; sans pour autant oublier de montrer sa gratitude à son bienfaiteur.
- Merci, murmura-t-il d'une petite voix accompagnée d'un bisou qui laissait transparaitre l'état de lubricité dans lequel il se trouvait. Mais… et toi ?
- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un problème, sourit Draco déjà trop heureux d'avoir pu aller aussi loin, alors qu'il osait à peine espérer un baiser il y a une demi-heure.
- Non, ce n'est pas juste, dit le gryffondor en retrouvant ses forces. Je veux te remercier.
- Tu l'as déjà fait, il me semble. Et puis, tu ne dois pas te sentir obligé.
- Je ne me sens pas obligé, répliqua Harry en roulant sur Draco. Mais… je ne sais pas trop comment faire pour… enfin… t'as appris où, toi ?
- C'était la première fois, patate. Mais si tu n'es pas à l'aise, ne le fais pas. Promis, ça ne m'ennuie pas du tout.
- Mmh… alors, si je ne peux pas faire avec ça (il l'embrassa), je peux essayer avec ça… (il passa ses doigts sur son ventre).
- Tu peux. Mais pour quelqu'un qui voulait qu'on soit amis, tu m'as l'air bien enthousiaste, railla Draco, ses yeux gris pétillants comme ils le faisaient trop rarement.
- Je veux te remercier, c'est la moindre des choses, non ? dit Harry en haussant les épaules avant de descendre avec des hésitations de novice le long du cou du serpentard.
Le fait qu'il soit embarrassé et tatillonne de la sorte le rendait encore plus séduisant. Draco, lui, ne se gêna pas pour observer la main incertaine de son partenaire s'approcher de son érection qui, malgré ses dires, devenait vraiment gênante. Quelques caresses aériennes sur l'extrémité de son gland et un baiser emprunt de luxure suffirent à le rendre pantelant. Et lorsque Harry lui demanda timidement de l'aide, il faillit le bouffer. Leurs mains réunies emmenèrent le blond jusqu'à l'extase et celui-ci se jura qu'il ne mourrait pas avant d'avoir repris un bain avec son ancien ennemi au moins une fois.
Le susnommé ex-ennemi allait justement se lancer dans une torture mentale pour ce qu'il avait fait… mais après que Draco ait fini sa pluie de bisous sur ses lèvres. Bon, d'accord, après qu'il ait terminé de lui mordiller l'oreille. Allez, juste après ce câlin…
- Ah ! s'exclama Harry en se redressant vivement.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta l'auteur de toutes ces merveilles qui l'empêchaient de réfléchir à combien il était un vilain pas beau pervers dégénéré.
- Ben, on est demain maintenant, dit-il en se mordillant la lèvre. Il est minuit passé.
Il fallut deux bonnes secondes à Draco pour réaliser de quoi il parlait. Il eut un rire amusé et attrapa la taille du Gryffondor préoccupé pour l'obliger à se recoucher.
- On s'en fiche qu'on soit demain, je retire ce que j'ai dit tantôt.
- Et après-demain ?
- Pareil.
Rassuré, Harry posa la tête sur le torse qui semblait n'attendre que lui. Il se flagellerait mentalement pour tout ça, oui oui… mais après les adorables caresses dans les cheveux que lui procurait Draco en ce moment.
FIN
Severus Rogue reçut le Grand Prix Arnica pour son antidote à la Dragoncelle et, avec l'argent, fit construire une petite maison éloignée du château où il pourrait se retirer les week-ends pour travailler tranquillement, loin de tous ces élèves crétins comme leurs pieds. Ron et Hermione furent surpris dans une position des plus catholiques au fond d'une classe abandonnée, là où ils avaient décidé de terminer leur conversation du souper. Noiraud, le dragon porteur du virus, fut soigné et renvoyé dans les vertes prairies d'Ecosse. Hagrid ne fut pas viré, mais la plupart des créatures qu'il dissimulait chez lui furent confisquées et confiées au Département des Trucs Pas Nets. Théodore Nott passa justement par là lorsqu'ils capturèrent les bêtes affolées et fut piqué par un croisement entre un Scroutt et un Porlock. Aujourd'hui encore, il est à Sainte-Mangouste. Mais il parait qu'il peut déjà à remuer les doigts.
Et voilà, this is the end. Encore un one-shot qui a pas su s'arrêter à temps, on dirait. Sinon, euh… OMG j'ai écrit le deuxième vrai lemon (ah nan, j'ai appris quelque chose aujourd'hui, il s'agit d'un lime) de ma vie ! Comme vous ne me voyez pas, je vous explique : là, je me ronge les ongles en espérant que ça réponde à vos attentes. Cyzia a tout corrigé, donc normalement ça devrait aller, maiiis… on ne sait jamais. D'ailleurs merci à cette merveilleuse beta qui corrige plus vite que ses doigts !
Et oui, un lime... je les voyais mal faire la totale dès le premier jour, vous comprenez ? Désolée si vous avez été déçue mais, au nom de la cohésion, je me suis permise de freiner un peu leurs pulsions. A charge de revenge, héhé.
Oh, et il y a certaines personnes que j'aimerais spécialement remercier. Bien sûr, toutes mes lectrices (s'il y a UN lecteur, qu'il se manifeste !) ont ma gratitude éternelle, mais celles-là m'ont suivie tout au long de cette minific, chapitre après chapitre, et ce malgré le retard que j'ai pris. Il s'agit de Naughtymily, Love d'Harry, Dalou28, Lyly, Souka, Macatou, Petite-abeille, Cyzia, Spicy Marmelade, Ayuluna, Zaika et Onarluca. Un gros câlin et deux bisous pour chacune d'entre vous, youhou !
On se retrouve très bientôt j'espère et, en attendant, je serais ravie de me gaver de vos commentaires. Je l'avoue, ce sont mes gâteries préférées, héhé. Et si il y a quelque chose à améliorer, dites-le, ça sera mon dessert ! De plus, si ça vous intéresse (et seulement si) il y a (via mon profil) une illustration (de moi, ouh la la) de cette fic (… euh, non rien) .
Mel, qui vous aime tant et plus.
