Et voilà le prochain chapitre! Je fais apparaitre un autre personnage de Durarara!, vous pourrez me dire si vous le trouvez IC ou pas (moi je pense qu'il est un peu OOC, mais j'ai besoin de le faire comme ça pour l'histoire).
Sinon, mauvaise nouvelle: je ne publierai rien avant la fin de ma session (mi ou fin décembre). Pourquoi? Parce que les seuls moments où je compte écrire, ça va être pour écrire mes travaux... Alors, désolé, mais pas de chapitre vendredi prochain!
Je vous souhaite tout de même une bonne lecture!
POV: Shizuo
Cela va faire à peu près une heure que je suis ici, je crois. Mais ça pourrait n'être qu'une demi-heure ou au contraire quelques heures, je n'en sais rien. Comment pourrais-je le savoir, je n'ai pas de montre! Pour la millième fois surement, j'étire ma jambe, mais rien à faire, la clé est beaucoup trop loin pour moi. Je frissonne involontairement et réalise par le fait même qu'il fait fichtrement froid. Je suis quand même sur le toit d'un immeuble assez haut et le vent souffle fort. Mes dents claquent et j'ai la chair de poule. Qu'est-ce qui va m'arriver? Est-ce que je vais tomber malade, voire mourir? Après tout, personne sauf l'asticot ne sait que je suis ici, et il serait bien foutu de me laisser crever sans autre forme de procès!
Je tire sur mes menottes encore une fois. Le sang coule sur mes paumes, mais je n'en ai rien à faire. Je ne veux pas mourir, mais je ne veux pas non plus perdre mes mains! Putain, je ne me suis jamais senti aussi impuissant de toute ma vie. C'est clair que je tue l'asticot si je m'en sors, je ne lui pardonnerai jamais!
J'entends un bruit et me tourne vers la porte. Des cheveux noirs, est-ce que ce serait le vermisseau...? La silhouette s'approche et je réalise que c'est plutôt Shinra. Il affiche une mine vraiment surprise et me demande :
- Shizuo-kun, qu'est-ce que...?
Avec un soupir de soulagement, je lui lance :
- Ah, Shinra, tu peux me libérer? L'asticot m'a enchainé et je peux pas m'en sortir. J'ai pas trop compris, mais c'est des menottes bizarres et j'arrive pas à les briser... La clé est juste là.
Sur ce, je lui pointe la clé avec mon pied. Il s'approche, la prend dans ses mains, mais il marque soudainement une pause pour réfléchir à quelque chose. Son silence ne me dit rien qui vaille. D'ailleurs, qu'est-ce qu'il fait ici? Il ne peut pas être venu par hasard, quand même! Ce serait le puceron qui lui aurait demandé de venir me libérer? Mais pourquoi?
- Shinra, qu'est-ce que tu fais ici? Me dis pas que t'es de mèche avec l'asticot...!
- C'est bien Izaya-kun qui... mais...
Il marque une pause de plus et semble réfléchir intensément. Je répète son nom pour le sortir de sa transe, mais rien à faire, il ne m'entend pas. Peu importe s'il est venu sur ordre de la peste, tout ce que je veux, c'est être libéré! J'ai une bonne tolérance à la souffrance, mais ça fait quand même mal, ces menottes débiles!
- Shinra, tu veux bien me libérer? Tu pourras réfléchir après!
- Ah oui... Désolé!
Il se penche vers moi, mais, juste comme la clé s'approche la serrure, il la ressort et s'éloigne un peu. Il affiche un sourire qui ressemble à celui de l'asticot. Pourquoi est-ce que je suis ami avec lui déjà? Merde, je suis entouré de salauds, ce n'est pas croyable!
- Shiiiinra, que je lance avec un air menaçant.
- Shizuo-kun, je te libère à une seule condition.
Putain, mais tout est contre moi ou quoi? Je grogne et concède :
- Bon, d'accord, c'est quoi cette condition?
- Il faut que tu me promettes d'arrêter de faire du mal à Izaya-kun.
Ma mâchoire se défait sous la surprise et mon cerveau peine à enregistrer sa phrase. Moi, arrêter de lui faire du mal? Mais c'est lui qui m'en fait! C'est lui qui m'a enchainé ici, c'est lui qui m'envoie des gangs, c'est lui qui m'a fait avoir un accident avec une voiture, c'est lui qui me coupe sans arrêt! C'est à peine si j'arrive à lui faire quelques blessures de temps en temps! Sans compter que je le déteste, il me déteste, nous voulons tous les deux que l'autre meure, alors pourquoi arrêterais-je?
- Shinra, tu t'es cogné la tête ou quoi?
- Shizuo-kun, tu t'es jamais demandé pourquoi Izaya-kun s'acharnait sur toi?
Pourquoi me pose-t-il une question aussi évidente? La réponse est simple, enfin! C'est pourtant avec une hésitation et sous la forme d'une question que je lui réponds :
- Parce qu'il me déteste...?
- Un indice : tu es le seul qu'il traite comme ça. On dirait que tu t'en rends pas compte, mais Izaya-kun te porte une attention toute particulière. Que toi tu le pourchasses, c'est normal, tu es porté par ton instinct et ta colère, mais tu t'es déjà demandé pourquoi il vient te voir et te provoquer consciemment?
- Parce qu'il trouve ça amusant? Tout ce qu'il fait est dans le but de s'amuser, je le sais bien, il aime me faire souffrir. Il est tordu, après tout! Mais je comprends pas le lien avec ta demande, Shinra...
- Tu dois le deviner par toi-même, sinon ça a aucune valeur. De toute façon... je savais bien que c'était impossible de te faire jurer pareille chose. Sans compter qu'Izaya-kun m'en voudrait à mort si tu arrêtais par ma faute. Mais je veux juste te dire une dernière chose : tu es la seule personne qu'Izaya-kun maltraite.
J'en reste bouche bée. Vraiment, je serais la seule personne à faire les frais de sa personnalité tordue? J'avais déduit sans vraiment me le demander qu'il agissait pareil avec tout le monde. Cela me paraissait logique, voire évident. C'est le vermisseau, après tout, c'est normal, non? C'est vrai qu'il passe beaucoup de temps à me harceler, mais je ne me suis jamais demandé si j'étais sa seule victime. Et qu'est-ce que ça veut dire au juste? En quoi ça me concerne, en fait? Peu importe si je suis sa seule victime, cela ne change rien au fait qu'il prend plaisir à me torturer! Alors pourquoi devrais-je arrêter de lui rendre la pareille?
Shinra me libère finalement de mes liens et je ramène mes mains vers moi. C'est sans y porter d'attention particulière que j'observe mes blessures. Elles restent assez superficielles, étant donné que je n'ai pas forcé plus qu'il faut pour me libérer. Mon pseudoami sort des bandages de ses poches comme par magie et commence à en enrouler un autour de chacun de mes poignets. Pendant qu'il s'exécute, je lui demande :
- Pourquoi t'as des bandages avec toi? Tu savais?
- Ha ha ha, non, Shizuo-kun, j'en ai toujours avec moi, au cas où. Et à cause d'une certaine personne, ils me servent souvent.
J'ignore sa remarque et lui pose plutôt la question qui me brule les lèvres :
- C'est vraiment l'asticot qui t'a envoyé ici?
Il soupire de manière exagérée et me rétorque :
- Shizuo-kun, « l'asticot » a un nom, tu sais?
- J'aime pas le dire, que je murmure, ça me met en colère.
- Je sais, mais Izaya-kun est aussi mon ami, j'aimerais que tu lui montres un peu plus de respect, même si je sais que tu le détestes... Et puis, oui, c'est vrai, il m'a envoyé un SMS me disant qu'il avait un truc urgent à me dire. Il m'a donné rendez-vous ici. J'aurais jamais deviné que je t'y trouverais...
Je l'observe sans répondre. À bien y penser, il n'a rien du tout de l'asticot, et je le sais bien. Il parle beaucoup et son sourire ressemble au sien, mais je sais qu'il cache une bonne nature derrière tout cela. D'ailleurs, il est bien le seul à rester mon ami malgré tout ce que je lui fais subir. Ce que je ne comprends pas, c'est la raison pour laquelle il tient tant à être ami avec mon pire ennemi. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il me trahit par la même occasion. Je m'en veux d'être aussi possessif, je sais qu'il ne faut pas empêcher ses amis d'être amis avec d'autres personnes si cela leur chante, mais dans ce cas-ci, j'ai vraiment l'impression qu'il prend le parti du vermisseau plutôt que le mien.
- Shinra, pourquoi tu restes ami avec l'ast – euh, je veux dire, I-Iza... I-iiii-z-z-z-a... enfin, tu comprends...
Il part à rire et me rétorque :
- T'arrives même pas à dire son prénom? On dirait presque une jeune adolescente parlant de son amour!
Il ne va pas se mettre de la partie lui aussi? Pourquoi tout le monde semble penser que je l'aime? Je le déteste de tout mon être! Je sais bien la différence entre l'amour et la haine, enfin!
- Shiiinra, tu répètes ça et je te jure que je te tue!
Il rit de plus belle et lâche mon deuxième pansement pour se tenir le ventre. Au travers de ses larmes et de ses rires, il me lance :
- Shizuo-kun, t'es tellement pas convaincant!
Je le prends enfin par le cou et je rugis :
- Et là, tu me crois?
- Oui, oui, j'abdique, j'abdique!
Ma main relâche son étreinte et je l'observe se masser le cou. Son visage affiche une douleur que je suis habitué de voir, certes, mais je ressens encore une pointe de culpabilité. J'ai beau me dire que c'est sa faute, qu'il n'avait qu'à ne pas me provoquer, je sais pertinemment qu'il ne s'agit que d'une excuse. J'utilise quand même la force, et ce, contre mon seul ami!
- Mais, Shizuo-kun, sincèrement, je pense pas qu'Izaya-kun te déteste...
- Enfin, c'est évident! Sinon, pourquoi il me causerait autant de soucis?
- T'es vraiment pas possible! Pour attirer ton attention, peut-être?
Pourquoi voudrait-il attirer mon attention? À quoi ça l'avancerait? Je lance un regard interrogatif à mon collègue et il soupire à nouveau. Sans un mot, il finit de placer le pansement sur mon poignet. Lorsque c'est chose faite, je fixe mes mains un moment. Je l'entends se relever légèrement et s'assoir à mes côtés.
- Izaya-kun m'en voudrait vraiment si je te le disais, mais j'en peux plus de te le cacher. Il est pas comme tu le crois, Shizuo-kun. Quand je l'ai rencontré au début du collège, il était complètement dans son monde. Il parlait pas à qui que ce soit, on aurait dit que rien existait autour de lui. Je l'ai approché parce que j'ai senti qu'il était malheureux. Puis, il s'est passé... quelque chose... et il s'est un peu ouvert, jusqu'à devenir celui que tu connais.
Mon regard se pose sur l'apprenti médecin et je vois qu'il joue avec ses mains. Une pointe de culpabilité est visible sur son visage, mais une énorme tristesse est aussi présente. Je ne sais pas quoi faire, quoi dire. Tant de choses me sont arrivées, aujourd'hui, je n'arrive plus à bien suivre. On dirait que depuis tout ce temps, celui que j'appelais « asticot » était en fait une autre personne. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que j'avais raison de le détester dès le premier regard. Tout est tellement contradictoire en moi, cela m'énerve!
- Mais tu sais quoi? Depuis qu'il t'a rencontré, il a changé du tout au tout. Je m'en suis pas rendu compte au départ, mais il est devenu plus ouvert, plus sociable, et en même temps, infiniment plus malheureux. Et tu sais pourquoi? Tu comprends pourquoi?
- Comment je pourrais le savoir, que je murmure tellement bas que je doute qu'il m'entende.
Shinra se relève, secoue la tête, l'air de dire « je le savais », et marche en direction de l'escalier. Je le regarde s'en aller sans rien dire : je suis encore trop secoué pour réagir. Je ne comprends pas ce qu'il essayait de me dire. Je me creuse la tête, mais ses mots perdent de plus en plus de sens. Le vermisseau ne me détesterait pas? Mais alors, pourquoi agit-il de cette façon avec moi? J'ai toujours supposé que ma haine était réciproque, mais à bien y penser, je n'y ai jamais réfléchi... Et s'il ne me déteste pas, que ressent-il pour moi?
Je ne peux m'empêcher de songer aux derniers évènements. J'ai cru que le baiser qu'il m'avait fait n'était qu'une simple technique d'évasion, mais signifie-t-il plus que cela? Quand je l'ai touché plus tôt, pourquoi a-t-il pris peur? Enfin, ce qu'il m'a raconté le concernait-il directement ou était-ce simplement pour me jouer des tours? Jusqu'à quel point puis-je croire en ce qu'il dit, et ce que dit Shinra? Après tout, ce dernier pourrait bien me mentir, même si je crois que ce n'est pas son genre. Comment en être certain? Tout me semble obscur, je ne sais plus que croire, qui croire...
C'est décidé, la prochaine fois que je vois le puceron, je lui demande des éclaircissements. Cela me frustre trop de ne pas savoir alors que tout le monde semble comprendre facilement.
