Je publie la suite et fin de l'arc pour ne pas trop m'avancer et laisser de la marge entre les chapitres que j'écris et ceux que je publie.
Enjoy~ :D
Chapitre 7 : Histoire de fantôme V
« Mais alors, il existe vraiment !
- Incroyable.
- Dans ce cas, pourquoi ce Middleford nous aurait invité ici ?
- Bande d'imbéciles ! Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre ! Regardez son apparence, il est ridicule ! Il n'a rien d'un véritable fantôme. »
La bibliothèque était inondée par le chahut que faisait la masse d'élèves qui venaient d'y pénétrer. Ils observaient la scène d'un air stupéfait. Le « fantôme » se tenait debout, méconnaissable. La lumière l'éclairait entièrement et son visage apparaissait moins effrayant, ressemblant plus à un déguisement raté d'Halloween.
« Ciel, que font tous ces gens ici ? » questionna Alois qui ne comprenait pas.
Ciel s'épousseta et offrit à l'assemblée un de ses sourires les plus hypocritement charmants, les yeux clos en une expression gaie et la tête légèrement inclinée. Il appelait cette technique « la ruse de l'adorable garçon » et elle était une des plus efficaces.
La masse d'élève fut immédiatement séduite et il parvint à retenir toute leur attention.
« Woaaah, Ciel est même capable de faire ça ! » s'extasia Alois, découvrant une nouvelle facette de son ami.
« Je vous remercie tous de vous être déplacé jusqu'ici ce soir. » lança Ciel en souriant avant de poursuivre. « Je vous ai fait venir dans le but de vous révéler l'identité de ce fantôme ridicule. »
Déchainement de l'assemblée.
Ciel se rapprocha de la créature qui se tenait à quelques mètres plus loin.
« Ce que vous avez devant vous n'est pas un fantôme. C'est Germain, un deuxième année du dortoir des Sapphire Owl. révéla-t-il en pointant le dit fantôme du doigt qui afficha une mine abasourdie.
- Germain ? Ce garçon effacé ?
- C'est bien beau de l'accuser mais as-tu des preuves de ce que tu avances, Middleford ?
- Ah, veuillez m'excuser. Tout ceci me paraît tellement évident que j'en oublie de m'expliquer. » plastronna Ciel, se moquant ouvertement du manque d'intelligence de ses camarades.
« Pour vous faire croire qu'il était un fantôme, Germain a eu recours à trois éléments. commença-t-il.
Premièrement, il a voulu vous empêcher de bien le voir en focalisant votre attention sur son visage qu'il éclairait avec ceci. », poursuivit-il en sortant une lampe de poche à verre bombé attachée à une ficelle que l'on pouvait passer autour du cou. Il la porta et l'alluma rapidement.
« Il l'utilisait de cette manière pour illuminer son visage et se donner un aspect fantomatique. Ensuite, afin d'éclairer uniquement son visage, il devait poser quelque chose contre la paroi externe de la lampe et ainsi créer une sorte de mur pour empêcher la lumière d'illuminer autre chose. Il pouvait également l'éteindre selon sa volonté, profitant de l'obscurité de la salle pour donner l'impression qu'il disparaissait. »
L'assemblée d'élèves et McMillan, qui les avait rejoint entre temps, réagirent à l'explication de Ciel et se mirent à chahuter, débâtant sur la cohérence de son raisonnement.
Alois sembla réfléchir avant de se rappeler d'un détail et de lever les yeux vers le brun.
« Mais pourquoi y'avait-il autant de lumière ce soir où on l'a vu ? demanda-t-il, intrigué et voulant tout comprendre jusqu'au détail près.
- Ah ça, c'est très simple. Germain a dû être en retard et n'a pas eu le temps de préparer assez soigneusement son équipement. C'est pour cela que la lumière était aussi forte.» expliqua Ciel avant de se retourner vers Germain. « Ai-je tort ? »
Ce dernier claqua de la langue et tourna le visage vers le côté. Les révélations de Ciel semblaient le désarçonner et il ne dit rien, un air de défaite sur le visage.
« Middleford, interpella McMillan, Et comment expliques-tu cette lourde brume ?» interrogea-t-il.
Ciel plia un doigt sous son menton en un signe de réflexion.
« Eh bien… commença-t-il. Il existe plusieurs façons de faire. L'une des plus simples consiste à utiliser de l'eau chaude et de l'eau froide, un récipient en verre, une plaque métallique, des glaçons* et une torche. Il suffit ensuite de suivre la recette et l'on obtient une brume parfaite. Ceci n'est qu'une basique histoire de chimie ! Et c'est de cela dont disposa Germain comme deuxième élément. » exposa-t-il avec ingéniosité.
« Mais qu'est-ce que c'était cette rafale de vent, tout à l'heure ? ajouta McMillan, curieux.
- Ah, ça… commenta Ciel avant de se rendre dans un rayon et de revenir avec un objet mécanique comportant une hélice.
- J'ai dû user de ceci pour écarter le brouillard. C'est est un modèle réduit de ventilateur que j'ai pu emprunter. Ce genre d'appareil est beaucoup utilisé dans les usines industrielles afin de refroidir les différentes machines.» expliqua-t-il en appuyant sur le bouton, libérant une puissante bourrasque d'air.
Alois ne put s'empêcher de laisser échapper un sifflement d'admiration devant l'habilité de Ciel et de son raisonnement.
L'assemblée d'élèves, elle, était silencieuse, écoutant attentivement les explications du jeune garçon. Comme s'ils étaient arrivé à cette partie d'un polar où le détective faisait la lumière sur l'origine des crimes, révélant à tous l'identité du coupable, son mobile et les moyens qu'il avait utilisé.
« Enfin, le troisième et dernier élément qu'il a utilisé afin de vous berner, » reprit-t-il avant de s'abaisser et de ramasser une mallette.
Mickael écarquilla les yeux en voyant l'objet.
« Impossible ! Comment as-tu trouvé ça ?! fulmina-t-il en tentant de se libérer du joug d'Alois.
- Toi ! Arrête de te débattre ! » lui intima le blond en s'asseyant plus confortablement sur le garçon afin de l'empêcher de faire le moindre mouvement.
Ciel ouvrit la mallette et présenta son contenu à la masse d'élèves, découvrant une large palette de maquillage.
« Aidé de son ami Mickael, il se maquillait tous les soirs afin de se donner ce visage laid et ridiculement effrayant. Il cachait ensuite ses accessoires quelque part dans les toilettes de la cour et s'amusait à jouer les fantômes jusqu'à pas d'heure. » acheva-t-il, un sourire triomphal sur les lèvres alors que tous les yeux étaient rivés sur lui, subjugués par ses explications et son sérieux.
« Ça ne m'étonne pas tant que ça. Après tout, c'est lui qui a commencé à parler de cette histoire de fantôme ! »
McMillan se retourna vers son ami Germain, incrédule et croyant pourtant aux paroles de son camarade Ciel.
« Pourquoi aurais-tu fais tout ça ? demanda-t-il, tentant de comprendre alors qu'il se souvenait douloureusement de cet instant où le fantôme l'approchait dangereusement.
- Je ne vois pas où vous voulez en venir. tenta de répondre Germain, mais une boule se formant dans sa gorge l'empêchait d'user proprement de sa voix de fantôme et il ne put empêcher la sienne de ressortir.
- Inutile de nier maintenant, on sait tous que tu es Germain ! attaquèrent des élèves de l'assemblée avec rage, emportant avec eux toute envie de résister.
- Eh bien, c'est que… » commença le jeune garçon à se confesser avant d'être interrompu.
« Bon Dieu, que se passe-t-il ici ? »
Tout le monde se retourna vers l'origine du bruit et découvrit les quatre préfets se tenant à l'entrée de la bibliothèque, l'air hagard alors qu'ils balayaient le lieu du regard.
« Les P4 ! » s'enjoua McMillan, un air presque fanatique sur le visage à la vue des quatre garçons.
Le regard de ses derniers s'attarda sur Ciel, qui se tenait au centre de la pièce, à côté d'un garçon déguisé en fantôme et d'un Alois légèrement blessé assis sur un Mickael vautré par terre…
Claude fronça les sourcils lorsqu'il remarqua le blond.
« … »
Edgar, le chef du dortoir de Scarlet Fox, s'efforça de retenir un hurlement mais finit par céder, une veine gonflant péniblement sur son front.
« JE VEUX TOUS VOUS VOIR DANS LE BUREAU DE VOS PREFETS RESPECTIFS ! »
Ciel et Alois étaient assis en face du chef du dortoir de Scarlet Fox, Edgar Redmond. Les jambes croisées, il humait le parfum d'une rose rouge qu'il s'amusait à tournoyer alors que le jeune brun lui expliquait la situation.
Une fois qu'il eut fini, un sourire se dessina sur les lèvres d'Edgar qui ouvrit les yeux.
« Je suis impressionné, Middleford. Impressionné par ton sérieux et ton dévouement. complimenta-t-il, provoquant l'apparition d'une adorable teinture rouge sur les joues du plus jeune.
Cette école devrait avoir plus d'élèves comme toi passionnés et se battant pour les valeurs que nous défendons tant comme la justice et l'honnêteté. ajouta-t-il avec détermination.
- Je vous remercie de me complimenter ainsi, mais je ne pense pas avoir fait grand-chose. avoua Ciel en esquissant un sourire gratifiant.
Alois fit de grands yeux devant la réaction de son ami habituellement si fier et se retint difficilement de rire.
- Le voilà qui se montre humble en plus de ça… » rehaussa Edgar, ravi par l'attitude de son cadet
Il se releva doucement et accompagna les deux garçons jusqu'à la porte.
« Tu es un parfait modèle pour cette école, Middleford. ajouta-t-il avant de se retourner vers Alois, l'air ravi.
Je suis heureux de te voir plus souvent en classe. Je pense que ton amitié avec Middleford a une bonne influence sur toi. » s'exprima-t-il.
A cette remarque Ciel se retourna vers le blond, un air suspicieux sur le visage qui, lui, ne répondit rien.
Ils quittèrent la pièce après une brève salutation et empruntèrent les escaliers, se dirigeant vers leur chambre.
« Alois ! » résonna une voix dans le dortoir silencieux.
L'interpellé écarquilla les yeux et se retourna vivement, découvrant Claude, se tenant à l'autre bout du couloir. Ce dernier ne semblait pas de bonne humeur puisqu'il fronçait les sourcils de contrariété et scrutait Alois d'un air mécontent. Il s'approcha des deux garçons d'un pas rapide et décidé et, une fois arrivé, il attrapa la main du jeune blond et le traîna derrière lui.
« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé pour que tu sois à ce point en rogne ? Et puis lâche-moi, tu ne vois pas que je suis occupé, là ! se plaignit-il alors que le préfet ne lui prêtait pas attention.
- Hé, où l'emmènes-tu comme ça ? » intervint Ciel, une once d'inquiétude dans la voix.
Claude s'arrêta un instant et se retourna vers lui, un air sévère sur le visage.
« Je n'ai malheureusement pas le temps de te punir correctement pour t'être ainsi adressé à un préfet. Mais n'aies crainte, je m'occuperais de ton cas plus tard, Middleford. » menaça-t-il en redressant ses lunettes et disparaissant dans le sombre couloir.
Ciel resta hébété un instant devant la réaction du chef du dortoir de Sapphire Owl avant de claquer de la langue et de faire demi-tour, se rendant à la D-23 tout seul.
Alois fut violemment éjecté contre le mur et libéra un cri de douleur.
Claude, encore plus énervé qu'à l'accoutumé posa ses mains sur les épaules du plus jeune et le secoua.
« Alois, imbécile ! Que faisais-tu là-bas ? As-tu pas la moindre idée de ce qu'il aurait pu t'arriver ?! le gronda-t-il, visiblement inquiet bien que son visage demeurait sombre.
Nous avons trouvé des bombes lacrymogènes et des armes dans les affaires de ce psychopathe. Des armes, tu m'entends ? » gueula-t-il en secouant le blond à nouveau.
Ce dernier leva la tête vers son aîné et, d'un air attendri, le dévisagea longuement. Il sourit avec gêne et posa une main sur son visage, effleurant la peau blanche et ferme du préfet.
« Je suis si content, Claude. Tu t'inquiètes pour moi… » se réjouit-il, ne pouvant empêcher des larmes de perler au coin de ses yeux.
Le brun fut pris d'un étrange frisson et son corps bougea de lui-même il prit Alois dans ses bras et le serra fort contre lui.
Le petit cœur du garçon rata un battement et il se lova contre le torse doux et puissant du brun. Ses doigts agrippaient le tissu de sa veste avec force.
« Bien sûr que je m'inquiète, idiot. »
Ils restèrent ainsi un moment avant que Claude ne se sépare de leur étreinte, prenant le visage de son cadet en coupe.
« Cet abruti ne t'a pas raté. » remarqua-t-il en observant le cou meurtri alors qu'il passait ses doigts dessus.
Alois ne dit rien et se laissa faire, les joues rougies et un sourire satisfait sur le visage. Claude plongea son regard dans les yeux bleu rouille du garçon avant de se baisser et de poser un doux baiser sur ses lèvres.
Dans la chambre de Germain~
Toc toc toc
Le garçon, emmitouflé dans ses draps, sursauta. Il se releva d'un bond et ouvrit délicatement la porte.
Un élève sauta sur lui et le fit tomber à la renverse avant de le faire taire en le bâillonnant avec force. Il sortit ensuite une seringue et la brandit en l'air.
« Désolé, mais si jamais quelqu'un venait à découvrir que c'est moi qui t'as demandé de faire tout ça, je pourrais avoir de gros ennuis ! s'excusa-t-il faussement, un sourire de psychopathe étirant ses lèvres.
- Au revoir, Germain ! » chuchota-t-il en abaissant la seringue et l'enfonçant dans le bras du garçon.
Les yeux écarquillés de ce dernier suppliaient son agresseur alors qu'il sentait ses dernières forces le quitter.
« J'ai bien tenu ma promesse on ne parle plus que de toi maintenant. »
*. Le premier bac à glaçon commercialisé, fut breveté en 1932 et produit par la General Appliances Mfg. Company.
NDA : Voili, voilou, ce sera tout pour aujourd'hui. Comme je l'avais dit dans un chapitre précédent, ça me ferait vraiment plaisir de lire vos impressions, vos hypothèses Est-ce que cet arc vous a plu ? Est-ce que vous saviez dès le début que Germain était derrière tout ça ? Sinon, qui ou quoi ?
A vos clavieeeers~ !
Bisous bisous.
