Soupirs

Chapitre 7

Bétalecture : Delphine, la seule, l'unique .


Tes lèvres sont si douces sous les miennes…

Et ta langue enflamme mes sens…

Et ta peau me brûle…

Et je sens ton souffle rebondir contre ma joue en un hoquet de surprise alors que je m'attaque à la peau délicate de ton cou.

Jamais je ne pourrais me rassasier de toi.

Jamais.

oO§Oo

Les vacances de Pâques se révélèrent mortellement ennuyeuses.

Aucune de mes lectures ne me permit de trouver une solution à mon problème et quand je revins à Poudlard, je n'avais pas la plus petite idée de comment le résoudre.

Pour résumer la situation : quand j'usais de la bague abeille, je ne pouvais pas utiliser la boussole organique pour repérer Potter et quand j'employais la boussole organique, je ne pouvais pas éviter de me faire repérer par Potter.

C'était insoluble.

Et pour couronner le tout, ce que je redoutais arriva le lendemain de la rentrée, au petit déjeuner. Enfin, disons plutôt que ce que je redoutais apporta ses conséquences à ce moment là.

Rogue ne s'était pas montré au souper la veille, mais ce n'était pas inquiétant en soi, l'homme ayant l'habitude de sauter des repas afin de se morfondre au fond de son donjon.

Il appelait cela 'mener des expérimentations'.

Personnellement, j'appelais cela 'bouder dans son coin'.

Ne le voyant pas la veille au soir, nous nous étions tous (en tous cas ceux qui étaient capables d'aligner deux pensées de suite) dit qu'il était dans sa phase 'expérimentation'.

Seulement, au matin, un elfe apparut, absolument paniqué devant la table des professeurs et d'un seul mouvement, dans un grand bruit de coutellerie tombant sur le sol, Dumbledore, McGonnagall et Pomfresh se levèrent et sortirent précipitamment du réfectoire.

Malgré moi, mon regard se dirigea vers Potter qui s'était levé, blême.

Nos regards se croisèrent et la pointe d'angoisse qui avait commencé à m'aiguillonner le cœur fleurit comme une tâche de sang.

Lorsque Potter se mit à courir, je me levais aussi sec pour le suivre, sans prêter plus d'attention aux questions que ce simple geste ne manquerait pas de déclencher.

J'aurais certainement le temps de me fustiger plus tard, mais pour le moment, tout ce que j'entendais chanter dans ma tête, c'était « non, non, non, non, non… »

J'eus du mal à rattraper Potter mais nous entrâmes presque au même moment dans l'infirmerie.

J'eus juste le temps de voir un Rogue livide étendu sur un lit d'hôpital avant que Pomfresh ne nous fasse sortir et ne verrouille la porte.

Que s'était-il passé ?

Etait-ce en rapport avec les séances d'entraînement à l'occlumencie que j'avais surprises il y avait si longtemps ?

Potter frappa la porte de son poing et je sursautais.

Il n'avait pas fait cela pour que Pomfresh ouvre, mais par rage.

Il tourna vers moi son regard étincelant de colère et de haine et, malgré moi, je reculais d'un pas.

Puis, les lèvres serrées, il se détourna de moi et commença à s'éloigner.

« Attends ! Qu'est-ce qui se passe ? » M'énervais-je contre lui.

Il ne me répondit pas et continua d'un pas rageur.

Furieux et inquiet, je le poursuivis.

« Réponds, Potter ! Tu sais quelque chose ! Qu'est-il arrivé à Rogue ? »

« Et toi ? » Se contenta-t-il de répondre à travers ses lèvres serrées.

« Quoi moi ? »

« Tu sais quelque chose, ou tu ne te serais pas précipité comme ça ! »

Je ne pus m'empêcher de rougir, mais Potter ne me regardais pas donc il n'y avait pas de mal.

« Je me suis juste dit que si tu comptais faire une bêtise, autant que je sois témoin ! »

Il renifla avec dédain.

Nos pas nous menaient vers la tour d'astronomie.

« Mais bien sûr. Tu as de sacrés bons réflexes quand il s'agit de me prendre sur le fait. Dommage que tu ne les utilises pas à des fins plus constructives… Genre au Quidditch… » Persifla-t-il.

Je haussais les épaules mais, encore une fois, il ne le vit pas.

Quel intérêt de mettre toute mon énergie dans le Quidditch s'il n'était pas mon adversaire ?

J'avais mieux à faire.

« Alors ? Et Rogue ? »

Potter haussa les épaules et entreprit de gravir les marches de la tour.

Je le suivis jusqu'au sommet où il s'assit à même le sol, le dos appuyé contre les remparts, sans me répondre.

Je l'observai un moment avec ce que j'espérais une expression désapprobatrice, les bras croisés, mais mes efforts étaient perdus pour Potter. Il continua de m'ignorer, augmentant ma rage.

« Je crois que tu sais ce qui est arrivé à Rogue. Je crois que tu en es responsable et que tu aurais parfaitement pu l'empêcher. » Tentai-je avec aplomb.

Il continua de m'ignorer, cette espèce de sale petit…

« Après tout, » continuais-je, « ce n'est pas la première fois que tu serais responsable de la mort de quelqu'un chargé de veiller sur toi ! »

Même cela n'eut pas d'autre effet que de lui faire crisper sa mâchoire davantage.

Ce qu'il pouvait m'énerver !

« Et puis, qu'est-ce que ça peut te faire que Rogue meurt, hein ? Tu le détestes ! » Je décroisais les bras et me mis à crier, aveuglé par la rage. « Tu n'as aucune reconnaissance alors qu'il passe son temps à veiller sur toi ! Alors qu'il prend même le risque de t'enseigner l'occlumencie ! Alors que… »

Et soudain, il fut sur moi, serrant ses mains autour de mon cou, fort, comme dans le train en septembre, au point que je vois des étoiles danser devant mes yeux.

« Alors c'était toi, hein ? Je le savais ! Je le savais ! » Cria-t-il, mais sa voix me paraissait si lointaine. « C'est ta faute s'ils s'en sont pris à lui ! Si tu n'avais pas été baver auprès de ton salopard de Maître, il ne s'en serait JAMAIS pris à lui ! »

J'avais de plus en plus de mal à respirer.

De quoi me parlait-il ?

Et soudain, la pression effroyable disparut et je pus à nouveau respirer. La première goulée d'air me donna l'impression de me brûler les poumons. La seconde me fit tousser comme un perdu. La troisième me tira des larmes de douleur que j'essuyais avec honte.

Puis, mon cœur battant la chamade, je me redressais péniblement et cherchais mon assaillant du regard. Potter était non loin de moi, accroupi, comme prêt à me sauter dessus au moindre faux mouvement, une expression de dégoût immense sur le visage.

« Je… » Une quinte de toux m'empêcha de continuer.

Le regard de Potter me transperçait comme un poignard, l'atmosphère était chargée de sa magie. Et celle ci n'avait rien de bénéfique. Elle se répandait sur moi en vagues d'énergie me donnant la chair de poule au point de me faire ressentir une terreur abjecte qui me glaça les membres. Potter aurait été capable de me tuer d'une simple pensée, j'en étais convaincu en cet instant.

« Je sais que tu me suis depuis des semaines. » Murmura Potter, la voix basse et lourde de menaces. « En général, je n'ai aucun mal à te voir, tu n'es pas très discret. Par contre, par moment tu es bien là avec moi, mais je ne te vois pas… Tes déplacements sont trop rapides pour un être humain dans ces cas là. » Ses lèvres dénudèrent ses dents et ses mâchoires en un rictus déplaisant alors que ses yeux brillaient de colère.

Je continuais de tousser, avalant goulée d'air sur goulée d'air avec l'impression que les parois de ma gorge se détachaient en lambeaux à chaque inspiration.

« Alors ? » Demanda-t-il en se rapprochant de moi, accroupi, l'air menaçant.

Frénétiquement, je me reculais jusqu'à ce que mes épaules touchent le mur, m'arrachant un gémissement. Dieu que je détestais être aussi impuissant face à lui ! L'enseignement de folie que m'avait infligé Bellatrix n'avait-il donc servi à rien ? J'avais beau fouiller ma mémoire, je ne trouvais rien me permettant de m'opposer à Potter.

« Alors ! » Insista-t-il, rageur. Et sa main jaillit comme une flèche, me saisissant le devant de la robe. « Tu vas répondre ? Qu'est-ce que c'est ? »

« Qu… Quoi ? » Articulai-je en un gargouillis répugnant qui me faisait honte.

Il s'avança davantage, rampant entre mes jambes écartées jusqu'à me toucher. Son poing se serra davantage sur ma robe, m'attirant vers lui.

« Ton animagus ! » Me hurla-t-il dessus. « Qu'est-ce que c'est, hein ? Un rat ? Un corbeau ? Qu'est-ce que c'est ? »

Je clignais des yeux et éclatais d'un rire hystérique, à la fois pétrifié par la terreur et stupéfait par la bêtise crasse de Potter. Il avait suivi les mêmes cours que moi en métamorphose humaine, il savait bien que s'il fallait des mois pour apprendre à changer la couleur d'un seul cheveu, il fallait bien des années pour maîtriser l'animagie.

« TAIS TOI ! » Cria-t-il. « TAIS TOI, TAIS TOI ! »

Mais j'étais bien incapable de m'arrêter.

« TAIS TOI ! » Hurla-t-il en me secouant une dernière fois.

Je glissais le long de la pierre et me retrouvais cloué au sol par un Potter soudain secoué de sanglots, la tête appuyée sur mon épaule et les mains crispées sur mes vêtements au point que je sentais chaque articulation me rentrer dans la peau, malgré la double épaisseur de ma robe de cours et celle que je portais par dessous.

Potter pleurait.

Cela coupa court à ma crise de rire hystérique.

Potter pleurait et moi je ne trouvais pas la force en moi d'utiliser sa soudaine faiblesse contre lui.

Pourtant, j'avais toutes les raisons de le faire. Dieu savait qu'il le méritait.

Je le détestais.

A cause de lui, Père était en prison.

A cause de lui, Mère était contrainte de sortir de son rôle d'oisive châtelaine afin de prendre le relais sur les activités de Père.

A cause de lui, toute la renommée qui m'était due de par ma naissance m'était refusée.

A cause de lui, Rogue avait été blessé.

Rogue avait été blessé.

Je détestais Rogue.

Oh oui.

Il n'était pas meilleur avec nous qu'avec les élèves des autres maisons. Devant tout le monde il nous favorisait, mais quand nous étions seuls avec lui, il était dur et intraitable. Chaque faveur qu'il nous faisait en nous sauvant la mise, chaque point qu'il nous accordait étaient repayés au centuple. Oh, parfois, la simple satisfaction de contrarier McGonnagal et ses précieux Gryffondors lui suffisait, mais en général, les actes de complaisance et les privilèges étaient calculés en fonction du rang social de la famille : quand les plus pauvres d'entre nous corrigeaient les devoirs de vacances et contrôles des 1ère années, les plus hauts placés devaient obtenir des faveurs administratives ou bancaires à leurs parents…

C'était à cause de cela, à cause de la fortune et du rang de mon père que j'étais son favori.

J'en étais bien conscient.

Mais il lui arrivait parfois, oh peu souvent il est vrai, de me favoriser sans rien attendre de moi en retour. Le fait que rien ne me soit demandé me laissait avec une drôle d'impression, comme si j'avais une dette… Et je n'arrivais pas à me dire qu'il s'agissait d'un stratagème supplémentaire pour accélérer les faveurs de Père.

Je détestais Rogue…

Son comportement, immuable, rigide et obstiné me rendait souvent fou.

Mais, alors qu'autour de nous, de ma famille, les gens orbitaient en fonction du degré de renommée de notre rang, en quête qui d'une faveur, qui d'un moyen de nous nuire, lui demeurait le même. Toujours prêt à marchander ses services, quelle que fut notre situation.

Je le détestais. Mais il était ma constante, la seule chose ne changeant pas autour de moi…

Je sentais le front de Potter sur mon épaule et ses articulations qui me rentraient douloureusement dans la peau et soudain, soudain, ce fut trop pour moi.

« Je ne pensais pas qu'il lui arriverait quelque chose. Pas après si longtemps. Je le craignais, bien sûr, mais je ne pensais pas… Je ne pensais pas… » Je sentais les larmes m'inonder les yeux et je les refoulais rageusement, furieux que Potter se permette de me voler ma peine, se permette d'exposer son cœur sur le revers de sa veste, m'empêchant par là de faire de même, de me montrer aussi faible que lui.

« Je pensais que Bella agirait plus tôt… Que si… Que si Rogue était des nôtres et s'il nous avait trahi, alors la sentence tomberait tout de suite… Mais après si longtemps… Si longtemps… »

« C'est ta faute… » Chuchota Potter.

Il avait arrêté de pleurer.

Soudain, toute l'importance de mes paroles, toute la culpabilité que j'aurais du ressentir vinrent me frapper de plein fouet.

Oui c'était ma faute.

Même si j'avais envie de la rejeter sur lui, ce n'était pas la faute de Potter, mais la mienne.

« Oui. » Murmurais-je. « Ma faute. »

Je ne ressentais aucune culpabilité pourtant. J'avais fait ce qu'on m'avait demandé. J'avais pris mes responsabilités.

J'étais très certainement responsable de l'état de Rogue, quel qu'il fut, mais lui aussi était responsable.

Il était responsable de ses choix. Responsable d'avoir menti au Seigneur car jamais Il ne l'aurait puni s'il ne l'avait trahi. Et jamais le Seigneur n'aurait pensé que Rogue l'avait trahi si celui-ci ne lui avait pas laissé croire au préalable qu'il était de son côté.

Il avait choisi son camp et s'était trompé.

Mes pensées étaient si claires… Jamais je n'aurai cru que sentir la chaleur de Potter irradier sur tout mon corps pouvait me rendre l'esprit aussi clair.

Puis la magie se brisa.

Potter se releva, desserrant son étreinte sur ma robe, me tournant le dos et recommençant à m'ignorer.

Et moi, je restais allongé, les yeux fixés sur le ciel nuageux.

oO§Oo

Je ne sus pas ce qui était arrivé à Rogue.

Dumbledore nous annonça au repas du midi qu'un 'regrettable accident' empêcherait Rogue d'achever le semestre et qu'il assurerait lui même les cours de potion en attendant l'arrivée d'un remplaçant.

Pour sa décharge, il sembla très mécontent des cris de joies qui éclatèrent un peu partout dans le réfectoire.

Des points furent enlevés sèchement en rapport avec le degré de liesse, donc autant dire que si les Serpentards ne perdirent aucun point, les Gryffondors passèrent directement en négatif.

De mon côté, je fusillais du regard Serdaigles et Poufsouffles. Ces sales petits hypocrites dissimulaient mal leur joie. Au moins les Gryffondors avaient-ils le courage d'afficher leurs opinions.

Sauf Potter, qui demeura les yeux baissés sur la table alors que ses camarades explosaient en cris de joie.

Je l'observais longtemps.

A un moment, il redressa la tête, croisa mon regard et arbora, très brièvement, une expression perdue et absolument désarmée qui me donna une étrange sensation au creux du ventre. Mais, rapidement, le masque austère et vaguement méprisant retomba sur ses traits.

Le soir même, j'écrivais à ma mère et lui racontais les événements de la journée. Néanmoins, je passais sous silence ma confrontation avec Potter au sommet de la tour d'astronomie.

Je réussis à me convaincre que c'était par crainte que mon courrier ne soit intercepté.

Mère ne répondit pas à cette lettre.

Je ne revis jamais Severus Rogue et ne sus jamais ce qui lui était arrivé, même une fois intronisé dans le cercle très fermé des Mangemorts.

J'imagine que c'est ainsi que les traîtres étaient traités : punis, effacés du tableau et le souvenir de leur trahison gardé secret.

Je ne sais pas.

J'ai perdu ma seule constante, mon seul ancrage en ce monde ce jour là, car plus rien ne fut pareil, désormais.

oO§Oo

Je continuais d'observer Potter, n'ayant reçu aucun contre-ordre de la part de Mère.

La tâche était ingrate et ennuyeuse au possible. Je finis par me demander si j'avais perdu toute utilité aux yeux de Mère et de tante Bella. M'avaient-elles oublié ? La surveillance de Potter était-elle un os à ronger pour me faire patienter en attendant qu'on ait besoin de moi, à nouveau ?

A mes lettres outragées réclamant l'attention de ma mère, celle-ci me répondait par des sacs de sucreries et de gallions à dépenser à Pré-au-lard. Mais que croyait-elle dont ? Que j'avais encore douze ans ?

J'enrageais d'être traité de cette manière.

Observer Potter était devenu une corvée, mais je ne parvenais pas à me débarrasser de l'obsession que je ressentais à son égard.

Potter se levait, prenait son petit déjeuner, allait en cours, revenait déjeuner, retournait en cours, étudiait à la bibliothèque, venait souper puis errait sans but dans l'école avant de s'installer au sommet de la tour d'astronomie jusqu'à des heures indues.

Et je le suivais pas à pas.

Passé minuit, il se décidait finalement à rentrer dans la salle commune des Gryffondors pour aller se coucher, et c'est là que je le quittais.

C'était tous les jours le même rituel, comme si Potter était devenu un robot. Cela m'obsédait.

Il avait arrêté de chercher noise à tout le monde, arrêté de provoquer les professeurs et de s'en prendre aux plus jeunes élèves.

Mais il n'était pas pour autant revenu à ce qu'il était avant, oh non.

Granger et Weasley avaient eux aussi noté le changement et avaient tenté de se rapprocher de lui. Mais Potter les ignorait complètement. Ils avaient fini par laisser tomber.

Potter était tombé dans une sorte de somnambulisme, évoluant mécaniquement comme s'il était privé d'âme.

Potter s'était arrêté, tout simplement.

Et pour moi, c'était intenable.

La fin de l'année approchait à grands pas.

La terreur engendrée par le Seigneur faisait trembler le monde extérieur mais nous étions comme isolés dans une bulle de savon, à Poudlard, car aucun événement n'était venu troubler le mois de juin.

Contrairement à ce qui semblait être désormais la tradition, aucune confrontation entre le Seigneur et Potter n'eut lieu, cette année là.

Dans mon for intérieur, j'essayais de me convaincre que c'était parce que Potter était trop faible, trop insignifiant pour que le Seigneur daigne se détourner de son Œuvre.

Mais en réalité, c'était parce que la bataille était gagnée d'avance.

Où était le challenge si l'adversaire refusait le combat ?

Une nuit, alors qu'il était affalé contre les créneaux de la tour d'astronomie, devenue son lieu de prédilection, je n'y tins plus.

« Tu es vraiment devenu une loque. » Murmurais-je, dégoûté.

Potter était assis à même le sol, les doigts jouant dans l'étoffe de sa cape d'invisibilité (j'avais découvert qu'il s'agissait d'une cape… Potter ne me dissimulait plus rien, il était indifférent à tout. J'aurai pu le dénoncer et le faire renvoyer qu'il n'en aurait eu cure…).

« Tu me dégoûtes, je me demande bien ce que je fais ici ! »

Il gardait les yeux obstinément baissés.

Comment la disparition de Rogue avait-elle pu le toucher à ce point ? Qu'était donc Rogue pour lui ?

Soudain ce fut trop.

Encore aujourd'hui, je ne sais pas ce qui m'arriva mais la seule pensée que Potter ait pu ressentir autre chose que de la haine pour Rogue était trop insupportable.

De la même manière que lui des semaines plus tôt, je me jetais sur Potter, crispant mes doigts sur l'étoffe de sa robe et l'attirant à moi.

« De quel droit ? » Criais-je. « De quel droit te permets tu de te morfondre pour Rogue ? Tu n'es rien ! Tu le détestais ! Tu n'as pas le droit ! »

« Qui est là ? » Gronda une voix lointaine avant que ne résonnent des pas pressés sur les marches de pierre.

Je me figeais.

Rusard.

Il ne prenait jamais la peine de monter jusqu'en haut de la tour, il trouvait cela fatiguant pour ses jambes vieillissantes. Donc il se contentait de grimper quelques marches silencieusement, d'écouter s'il y avait des conversations et, au besoin, de monter prendre les resquilleurs la main dans le sac.

Or comme Potter ne disait jamais un mot et que je me contentais de l'observer en silence, Rusard ne s'était jamais inquiété de nous.

Rapidement, je songeais à une échappatoire.

J'étais préfet.

J'avais Potter entre les mains.

Je pouvais… Je pouvais…

Mais Potter fut plus rapide que moi et déploya sa cape d'invisibilité sur nous deux.

La seconde d'après, Rusard émergeait sur la terrasse, une lampe à huile dans la main et son chat dans les pattes.

Miss Teigne miaula et darda ses petits yeux brillants droit sur nous.

Je retins un frisson et me rapprochait de Potter, m'enveloppant davantage dans sa cape.

« J'ai pourtant entendu quelqu'un crier… » Marmonna Rusard. « Qui est-ce ? Mais qui est-ce donc ? »

Il commença à faire lentement le tour de la large terrasse crénelée.

Toujours assis, Potter s'était collé le dos au mur. J'étais accroupi au dessus de lui et voulus suivre le mouvement, mais mes jambes tremblaient dans cette position inconfortable.

J'avais les yeux fixés derrière moi, sur Rusard qui s'approchait, inexorablement.

Mes jambes tremblaient.

Je serrais les dents.

Soudain, le bras de Potter se glissa autour de ma taille tandis qu'il posait l'autre main sur mon genou, poussant dessus comme pour m'inviter à m'asseoir.

Je ne sais pas pourquoi je le laissais faire car, bientôt, je me retrouvais agenouillé sur lui, mes robes relevées, les genoux serrés autour de sa taille alors que les siens soutenaient mon dos.

Et ses bras toujours autour de moi…

Et son visage si près du mien et certaines parties… intimes de nos anatomie en contact direct et… Et…

Et j'eus soudain conscience d'être submergé par son odeur, entêtante et enivrante, me faisant tourner la tête.

La cape.

C'était la faute de la cape.

Il la portait tout le temps, elle avait son odeur.

Les yeux toujours fixés sur Rusard, je respirais par la bouche.

Etait-ce moi ou la température avait grimpé de quelques degrés depuis que nous étions cachés sous cette maudite cape ?

Le corps de Potter irradiait une telle chaleur que je devais user de toute mon énergie pour ne pas me fondre en lui, pour ne pas me serrer davantage contre lui, pour ne pas…

Fugitivement, je jetais un coup d'œil vers Potter.

Il observait Rusard, les lèvres serrées, les sourcils froncés.

Je regardais à nouveau dans la direction du concierge.

La tête me tournait.

Rusard s'approchait toujours et je fut pris de l'impulsion de cacher mon visage dans le creux de l'épaule de Potter, ce qui était absurde : j'étais préfet, j'avais parfaitement le droit de hanter les couloirs de Poudlard afin de confronter les élèves ayant bravé le couvre feu.

Mais dans ce cas, comment expliquer que je me sois caché dans une cape d'invisibilité avec un autre élève ?

Les mains de Potter se crispèrent sur mes hanches, comme s'il avait lu mes pensées, comme s'il cherchait à me dire par des gestes de ne pas faire de bêtise.

Saisi, je le regardais à nouveau et nos regards se croisèrent.

Et il n'exista plus rien pour moi que ces prunelles brûlant d'un feu vert et ardent.

Il était là !

Il était là !

Potter était là !

Je déglutis et ouvris la bouche.

Une main quitta ma hanche mais je n'eus pas le temps de déplorer la perte de contact qu'elle se posa sur ma bouche, m'empêchant de dire un seul mot.

Absurdement, je fus pris de l'envie de lécher cette main, d'en lécher les doigts fins qui me brûlaient la peau.

Et soudain, la magie se brisa, Potter détourna la tête et se détendit, relâchant la pression sur ma hanche.

Hagard, intoxiqué par son odeur et sa chaleur entêtantes, je clignais bêtement des yeux et regardais autour de moi.

Rusard avait disparu.

La main de Potter était toujours sur ma bouche et je le vis farfouiller dans ses poches pour en extraire un parchemin qu'il compulsa.

Il rangea le document et entreprit de me dégager du perchoir que je commençais, bien malgré moi, à apprécier.

« Rusard est en direction du dortoir des Serdaigles. » Me dit-il simplement en se levant, sa cape d'invisibilité sur les épaules.

La pierre était glaciale sous mes fesses et l'air me semblait âpre dans mes narines.

Potter me jeta un dernier regard, un vrai regard, avant de rabattre la cape sur lui disparaissant dans la nuit.

Au nom du ciel ! Que venait-il de se passer ici ?

A suivre…


REVIEWS : Merci à tous pour vos reviews, ça me fait toujours autant plaisir .

Black Sharne : oui, j'essaie de respecter les personnages et leur caractères et crois moi, ce n'est pas évident ! Je ne pense pas pouvoir tenir longtemps, car, pour moi, le Harry IC et le Draco IC ne seront JAMAIS ensembles, y a pas moyen ;;; !
Sinon, si je n'ai pas plus de reviews c'est peut être parce que pas grand monde n'aime cette fic. Aprés tout, tous les goûts sont dans la nature et on n'aime pas tous les même chose. Donc ça ne me choque pas, je suis contente des reviews que je reçois .

Leviathoune : Oui, je sais, pas beaucoup de reviews. Comme je disais à Black Shane, ça ne m'embête pas. Ca veut juste dire que seulement quelques personnes aiment bien ce que je fais ce qui est déjà beaucoup pour moi. Par contre, si tu fais un jour un site ou un fanzine, contacte moi d'abord en PV avant de m'inclure dedans, OK ?

Neonix : Ha ha ! Pour tout savoir, il faudra lire la suite ;p ! Sache qu'elle est déjà terminée et en cours de bétalecture. Contente que tu aimes et concernant la fin... Non, je ne dirais rien ;p !

Lena & Artemis : Nyan ! Contente que vous aimiez . Je vais essayer d'updater plus vite (mais je suis tributaire de ma bétalectrice et comme elle a beaucoup de boulot, je ne peux pas lui en demander de trop non plus)