- Malefoy, éloigne-toi tout de suite, dis-je en me reculant.
- Je suis obligé Hermione, le Maître m'en a donné l'ordre. Je ne peux pas lui désobéir à chaque fois. Je t'en prie, juste un tout petit peu, un rien.
- Va te faire bouffer Malefoy ! Je ne veux pas. Rien que l'idée, j'en tremble.
- Allez ! Montre comme tu es courageuse, tu es une ancienne Gryffondor après tout ! Zut Hermione ! Je ne vais tout de même pas te courir après ! Cela va durer quinze secondes à peine.

Je continuais de tourner autour de la table, Draco faisant le même parcours que moi, une seringue à la main. Il voulait me la piquer dans le bras et prendre de mon sang, qui sera analysé pour savoir si je suis bien enceinte. Le problème c'est que depuis toute petite j'ai une phobie des piqures quel qu'elles soient . Aussi cela faisait bien une bonne dizaines de minutes que nous courions dans mes appartements, Elicia regardant la scène d'un œil impassible. Pour tout dire, elle n'était pas trop pour avoir un petit frère ou une petite soeur. Elle savait que mon attention ne serait plus toute fixée sur elle. Et moi, je ne voulais tout simplement pas retomber enceinte. J'eus un instant de déconcentration en regardant mon beau ventre plat. Draco en profita, il se jeta sur moi et je l'évitais de justesse en allant de l'autre côté de la table. Je le fusillai du regard, ce qu'il me rendit bien, il s'assit désespéré sur une chaise. Prudente, je ne m'approchais pas, il soupira, et je lui rappelai que nous étions sorciers, et qu'il y avait d'autre moyen de deviner si j'étais enceinte ou pas. Il secoua la tête en disant qu'il ne faisait qu'exécuter les ordres que lui donnait Voldemort. C'est fois, ce fut moi qui soupirait, et je lui tendis mon bras en fermant les yeux, et en me les cachant de mon bras libre. Je sentis une légère pression dans le creux de mon coude, et je n'ouvris pas plus les yeux, on enleva la seringue et j'allai mourir dans mon lit. Draco dansait de joie, en chantonnant qu'il n'allait pas encore mourir. Moi je regardais tristement mon bras, il arriva avec un sourire moqueur. Je reniflais et lui dis que s'il avait mon sang c'est parce que je l'avais bien voulu, sinon on n'en serait encore à courir dans toute la pièce. Il me remercia, donna la seringue à un autre Mangemort qu'il ordonna de l'apporter au Maître, qui lui-même le ferait je ne sais comment à Rogue. Mon ventre gargouilla. Une nouvelle fois. Malefoy fils commanda le goûter que ma fille et moi engloutîmes.

- Bonjour Hermione, dit le Maître en arrivant dans la pièce alors que je nettoyais les vestiges de mon festin. Voyons, ce n'est pas un travail pour vous, appelez un elfe, ou demandez à Malefoy fils de le faire.
- Un peu d'exercice ne me fait pas de mal, Maître, répliquais-je avec un sourire dans mon salut. Je peux savoir pour quel heur vous me rendez visite si tôt dans la soirée.
- Je suis venu vous prévenir de ne pas m'attendre ce soir, je ne viendrais pas. Vous devez savoir que nous avons une mission. Peut-être que votre garde vous l'aura dit.
- Non Maître, c'est vous qui m'annoncez la nouvelle. Et je vous prie de revenir sain et sauf.

Il hocha la tête calmement et me salua une dernière fois. Sans y faire attention, je me massais les poignets, depuis une semaine je n'étais pas retourner dehors. Et cela me manquait. Je rattrapais mon mari et lui demandai à quelle heure partait-il. Il sourit et m'annonça qu'il le ferait dès que je l'aurais lâché. Rougissante, j'obtempérais et retournai dans ma chambre. Je me collais à la vitre qui donnait une vue sur le portail, j'attendis de les voir sortir et attendis encore quelques instants. Quand je devinais qu'aucun ne ferait demi-tour, je fis un sourire carnassier à Draco qui se sentit très mal à l'aise. Il était assis dans sa chaise habituelle, celle devant mon lit, je m'asseyais en face de lui, et il garda ses distances.

- Malefoy, je t'en prie. Il faut que je sorte.
- Tu es folle ? Je ne veux pas mourir. Le Maître a dit des promenades que quand il est là, en ta compagnie. Et il vient de partir, donc pas la peine de me demander.
- Justement, gémis-je. Il est parti, tu peux donc m'y amener, sans que personne ne le sache. Je t'en prie, il faut encore jour et le soleil à l'air clément. Cela fait une semaine que le Maître m'a promit une nouvelle balade, et je n'en ai toujours pas eu. De plus, la dernière fois Elicia n'était pas avec nous. Si tu peux refuser ça à la femme enceinte, ne le refuse pas à la mère, Malefoy.
- A une condition...
- Laquelle, m'exclamai-je victorieuse.
- Arrête de m'appeler Malefoy.
- Comment veux-tu que je t'appelle, lui demandai-je surprise. La fouine ?
- Par mon prénom, Hermione, D R A C O.

Je lui jetais un regard de côté, mesurant comment j'allais devoir changer d'habitude pour le nommer ainsi, et le bonheur que me procurerait ma sortie. Je sortis un long soupir et acquiesçai. J'appelais ma fille qui nous rejoignit. Je ne tardais pas à descendre les escaliers, ou plutôt à les dévaler, Draco regardait cela d'un œil attentif, de peur que je me loupe et fasse des tonneaux dans les marches. Finalement ma fille et moi arrivâmes aux gigantesque portes en sautillant partout, Malefoy fils les ouvrit et nous nous jetâmes dehors. Les cailloux blessèrent une nouvelle fois mes petits pieds, alors que ma fille poussai des petits cris je riais. Nous nous laissâmes tomber dans l'herbe parfaitement tondue, qui me chatouillèrent les oreilles. Je me roulais dans le gazon, puis me relevai brusquement. Draco s'inquiéta et regarda l'horizon à la recherche d'un quelconque signe qui trahirait la revenue des Mangemorts et de leur Maître. J'éclatai de rire,, attrapai la main de ma fille qui cueillait des petites marguerites, nous arrivâmes au sommet d'une petite pente, je l'attrapai dans mes bras, me couchai dans l'herbe et laissai la gravité faire son travail. Nous roulâmes, roulâmes et roulâmes sur l'herbe avec des éclats de rire. Au pieds de la petite colline, la descente finie, Elicia se leva pour retomber aussi sec sur les fesses à cause du tournis que notre folie lui avait donné. Nous vîmes Draco toujours en haut, calculant ses chances de rester debout durant sa descente. Nous nous moquâmes de lui, et il sembla qu'il appelait quelque chose. Peu de temps après, Monsieur était assis sur son balais à nous rejoindre comme un vrai petit prince. Au lieu de nous en mettre plein la vue comme il l'avait prévu, nous éclatâmes de rire devant sa froideur et son manque de joie. Je lui tournais le dos en secouant la tête avec désobligeance, quand mon regard croisa un petit kiosque charmant un peu plus loin. Elicia était déjà partie à la chasse au papillon alors je ne m'inquiétais pas plus pour elle et rentrais dans la petite ronde cernait de balustrades. Les plantes grimpantes montaient autour des poutres, et de nombreuses fleurs nous laissaient avec générosité leurs effluves parvenir jusqu'à notre nez. Je m'asseyais sur un petit banc. Draco restait debout planté en plein milieu des escaliers, comme un adolescent à son premier rencart. J'éclatais de rire.

~~ Point de vue Draco Malefoy ~~

Je crois que c'est la première fois que je la voyais aussi belle. La moitié de son visage était doucement éclairé par la lumière du soleil couchant, mais l'autre était à l'ombre, lui donnant un air mystérieux qui lui seyait à merveille. Sa robe, blanche une nouvelle fois, lui faisait un cercle lumineux tout autour de son corps, comme une espèce de barrière imposée par les anges. Elle semblait si surnaturelle, assise à me regarder, à rire... Ses lèvres rouges disaient quelque chose mais je ne saurais dire quoi, sa peau pâle d'être restée si longtemps sans sortir, semblait briller, ses yeux pétillaient d'un bonheur dont je savais n'avoir jamais goûté, et ses cheveux en bataille pleins de feuilles, de branches et de brandilles donnait un air sauvage à sa nature aristocratique. Comme je devais tâchait dans ce tableau digne d'un maître de la peinture. Comme nombre de ces personnes se seraient vendus pour avoir un tel modèle.
Je lui demandai de ne pas bouger et courus au château.

~~ Fin Point de vue Draco Malefoy ~~

Je le voyais partir en courant en direction du château sans comprendre pour quoi. Je regrettais qu'il ne fut pas resté à sa place, car j'avais trouvé une certaine poésie à sa position. Cette façon qu'il avait de me dévisager et de faire semblant de comprendre ce que je disais. Elicia revint toute étonnée de me voir seule. Mais mon garde ne tarda, il revint avec un fusain dans la main et un carnet dans l'autre main. Il me supplia de ne pas bouger et se mit à dessiner. J'étais surprise, mais je lui obéissais. Ma fille voulut être sur le croquis mais Draco la renvoya. Vexée ma gamine lui tira la langue et repartit à la chasse au papillon en lui disant que j'avais bien raison de ne pas l'épouser. Nous restâmes longtemps silencieux, moi immobile lui plongé dans son dessin.

- Je ne te s...
- Chut ! Ne parle pas ! Je ne pourrais pas rendre ton sourire sinon.

Étonnée, je lui obéissais une fois de plus. Je restai muette encore longtemps, ma fille revint épuisée d'avoir couru partout dans un périmètre de 10 mètres. Elle s'allongea en face de moi, sur le banc, pour ne pas gêner Draco dans son dessin et s'endormit. Je compris que si je faisais un geste j'allai me faire lyncher aussi je dus m'inquiéter silencieusement de ma fille. Finalement, je vis quelqu'un dévalait la pente qui nous menait ici. Je voulus le dire à Draco qui me demanda de me taire une nouvelle fois, et je haussais les épaules.
Eh bien, il ne pourrait pas se plaindre quand mon mari arrivera ici pour le torturer. Il continua, faisant des gestes moins grands, plus précis, plus délicat. Même si je voyais la menace s'approchait à grands pas, je désirais ardemment voir le résultat.

- Malefoy, appela mon mari. Puis-je savoir ce que tu fais avec ma femme ? En plus si tard, une femme enceinte. Tu n'es pas très responsable, fulmina-t-il.
- Maître, veuillez m'excuser, balbutia le dessinateur. Seulement, Hermione semblait si...
- Qu'as-tu dans les mains ? Un dessin ?

Il resta silencieux, rendis le précieux carnet à mon garde en lui disant après hésitation qu'il pourrait reprendre son travail demain. J'eus un sourire ravie, à la fois de savoir que j'aurais un portrait complet de moi, et de la perspective d'avoir une nouvelle sortie. Il se tut un instant et demanda à Draco s'il pourrait peindre. Surpris, le peintre acquiesça. Je tapais dans les mains heureuse.
On a tous dans son coeur un peu de poésie.