Bonjour à tous ! Je tenais vraiment à m'excuser pour cette looooongue absence. Manque de temps, et pour ne rien vous cacher, manque de motivation et d'inspiration… :$ En tout cas je suis de retour, j'ai lu toutes vos reviwes avec plaisir et attention, et je vous remercie de m'en avoir laissées ! J'espère que cette absence n'aura pas effacé votre assiduïté à cette fic, j'espère aussi que la suite vous plaira !

Bonne lecture,

Ewi-laan.

Au fur et à mesure que le temps passait, la cohabitation de Draco et Hermione se faisait de moins en moins froide ; il leur arrivait même parfois de passer une grande partie de la nuit à débattre sur tel ou tel restaurant du Chemin de Traverse, Hermione défendait fermement la S.A.L.E, tandis que Draco se moquait gentiment d'elle. Leur entente cordiale était, ils le savaient, bâtie sur un fragile équilibre. L'un comme l'autre choisissait soigneusement ses mots, par peur de vexer l'autre. Les jours défilaient, et ils oubliaient peu à peu la haine passionnée qu'ils vouaient l'un à l'autre seulement quelques mois plus tôt. Ils partageaient à présent tous leurs repas, et le silence gêné qui planait sur leur colocation s'était entièrement évaporé.

Un matin, alors qu'ils étaient assis autour de la table, deux hiboux s'engouffrèrent par la fenêtre qu'Hermione avait ouverte (au grand dam de Draco... "Tu vas faire partir toute la fraîcheur imbécile de harpie !" "- Ca sent le fauve ici, il faut aérer, c'est malsain !"). Les oiseaux déposèrent une lettre devant chacun des sorciers, et, quand ils eurent reçu un morceau de toast en guise de récompense, s'envolèrent à nouveau par la fenêtre, et Hermione et Draco les regardèrent jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que des points noirs dans le ciel d'un bleu profond. Puis, leurs yeux se tournèrent vers les lettres, et leurs coeurs firent un bond dans leurs poitrines lorsqu'ils reconnurent le sceau de Poudlard. L'été était-il vraiment fini ? Comme le temps était passé vite depuis l'arrivée de Draco... Hermione se surprit à se sentir nostalgique. Elle se ressaisit, et, pour se donner une contenance, ouvrit sa lettre et lut à haute voix.

Chère Miss Granger,

J'ai l'honneur de vous souhaiter la bienvenue dans l'équipe pédagogique du collège Poudlard, école de sorcellerie. Vos instructions vous seront données dans le Poudlard Express, qui partira comme chaque année le 1er Septembre, à 11 heures précises, gare King's Cross quai 9 3/4.

Je vous prie d'agréer, Miss, à l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Filius Flitwick, Directeur Adjoint.

- Le premier c'est demain... déclara Draco d'une voix rendue rauque par un si long silence.

- Oui.

- On va pas se laisser abattre ! Il nous reste (il regarda l'horloge de la chambre) 25 heures pour profiter de nos vacances !

Hermione sourit en voyant l'enthousiasme feint de son colocataire. Oui, il leur restait plusieurs heures pour eux.

- Oui, tu as raison... Tu devrais en profiter pour prendre une douche, sans vouloir être désobligeante.

- Mais hé je me suis douché hier soir !

- Oh crois-moi ce ne sera pas du luxe !

- Avoue que tu veux juste pouvoir admirer mon corps de rêve avant de repartir !

- Et modeste, avec ça..."

Ils échangèrent un sourire complice. Comme elle tenait à lui, à présent. Comme il l'énervait, avec ses manies, sa voix, mais comme elle tenait à lui...

"Arrête de me fixer comme ça Granger, et ferme la bouche, tu vas avaler des mouches !

- Les seules mouches qui se trouvent dans cette chambre sont attirées par ton odeur nauséabonde, alors arrête de te croire le centre du monde et file sous cette maudite douche !"

Draco afficha un large sourire en voyant qu'il avait (encore) réussi à énerver Granger.

"- Tu t'es énervée, lança-t-il d'un air satisfait

- Non.

- Siii ! continua-t-il avec un sourire de plus en plus large.

- Non !

- Ah si regarde tu commences à crier, t'es énervée !

- MAIS NON JE SUIS PAS ENERVEE ! hurla Hermione, s'avouant ainsi vaincue.

Draco courut vers la salle de bain en riant et en évitant les oreillers que lui lançait Hermione.

Ils passèrent la journée ensemble, dans leur minuscule chambre 11, à refaire le monde, passant d'éclats de rire pour des futilités à un ton plus grave, en repensant à leur proche séparation, aux problèmes familiaux de Draco, et aux vies que la guerre avait injustement prises, d'un côté comme de l'autre. Ce jour-ci, la petite pièce résonna d'éclats de rires, de pleurs aussi, de sourires, de complicité. La nuit tomba sans même qu'ils ne s'en rendent compte, et ce fut bien après minuit qu'ils commencèrent à préparer leurs bagages. Draco prépara ses affaires sans grand enthousiasme, et referma sa valise une demi-heure plus tard. Hermione le regardait, un voile de mélancolie troublait ses grands yeux chocolat.

"Granger, ça va ?" demanda Draco.

Hermione ne répondit pas, et prétexta aller rassembler ses affaires pour s'enfermer dans la salle de bains. Elle se planta devant le miroir et se défia elle-même du regard. Un regard haineux. Tout s'était fini si vite... En quelques jours à peine Draco était devenu vraiment important pour elle. Leurs discussions, leurs disputes pour un rien, leur complicité... Tout allait s'achever dans quelques heures. Oh, bien sûr, ils pourraient continuer de se comporter amicalement l'un en vers l'autre... Mais le regard des autres les détruirait. La famille de Draco se ferait plus hargneuse encore envers lui, et les amis de Hermione la renieraient si elle montrait ne serait-ce qu'une once d'humanité envers un fils de Mangemort. Ils allaient donc devoir oublier ces quelques semaines de plénitude. Un élan de rancoeur, une envie de hurler à l'injustice la submergea, et tout ce qui put sortir de son corps frêle et recroquevillé fut une perle salée qui roula sur son visage avant de s'écraser sur sa main. Puis une autre. Puis encore une autre. Hermione pleurait silencieusement, seule. Elle était si absorbée dans ses pensées qu'elle n'entendit ni le cliquetis de la serrure, ni la démarche souple de Draco qui vint se mettre derrière elle. Elle releva les yeux vers le miroir et aperçut le visage angélique de Draco juste à côté du sien. Elle n'eut pas le temps de réagir, car Draco posa une main sur sa taille et la fit tourner, pour qu'ils se retrouvent face à face. Ils se dévisagèrent un instant sans dire un mot, puis Draco prit Hermione dans ses bras. Qui l'aurait cru ? Il la serra contre lui, et elle put ainsi passer ses bras autour de lui et nicher son visage au creux de son cou. Alors seulement elle éclata en sanglots. Elle pleurait à chaudes larmes et déversait des torrents de souvenirs, comme pour être sûre que Draco ne l'oublie pas. Ils restèrent enlacés un moment, peut être une seconde, ou bien peut être plusieurs heures. Lorsqu'il se séparèrent, ils étaient soulagés, apaisés par l'accord tacite qui s'était passé entre eux :

"Je n'oublierai pas."