Voilà mon 6ème chapitre, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et j'espère que vous en prendrez au moins un petit peu à le lire^^ si jamais vous avez quelques remarques n'hésitez pas à m'en faire part!


Un mois s'était écoulé depuis notre emménagement à Forkes, je maîtrisais désormais parfaitement ma Chevrolet, et commençais à prendre certaines habitudes comme par exemple arriver le matin un peu trop tôt au lycée et rejoindre Mike, Josh et Amy pour fumer un joint avec eux. La promesse que je m'étais faite de ne plus jamais retoucher au haschich n'avait pas tenu longtemps dans cette ville morne et pluvieuse. De plus ma mère était toujours fourrée avec Billy ou prise par son travail -reprendre les rennes de la bibliothèque de Forkes ne semblait en effet pas gagné d'avance- et Malika sans cesse obligée de s'occuper de ses petits-frères ou accaparée par ses cours de dessin. Même Jacob, qui au début avait sembler pourtant me porter une amitié sincère, était parfois bizarrement distant, refusant les sorties que je lui proposait en prétextant des occupations diverses telles un devoir de mathématique à préparer ou une grippe tenace à soigner, et connaissant Jacob, au moins aussi mauvais élève que moi et solide comme du roc, je ne pouvais m'empêcher de soupçonner des mensonges éhontés. Je me disais tristement qu'il avait du se rendre compte à quel point j'étais d'une compagnie déprimante. Pour rajouter à ma situation morose mon obsession pour cet Edward Cullen ne s'était pas atténuée, loin de là, et je m'étais mise à épier plus ou moins discrètement ses quatre frères et sœurs les rares fois où ils étaient dans mon champ de vision. J'avais remarqué certains comportements chez eux, par exemple jamais une seule fois je ne les avait vus entrer en contact avec les autres élèves du lycée, même pour un simple échange de politesse. Ils se tenaient ostensiblement à l'écart des autres et à bien y réfléchir cela n'était pas si surprenant. Je veux dire par là qu'ils étaient si triomphants de grâce et de beauté que cet isolement me paraissait compréhensible, voire naturel. En effet que viendraient il faire avec ces adolescents si laids et si insipides en comparaison de leur perfection? Ce mélange serait grotesque.
La masse d'un côté, les princes de l'autre me disais-je, un peu amèrement d'ailleurs, car pour un e obscure raison sûrement teintée de narcissisme j'étais convaincue que je serais quand même bien mieux avec eux qu'avec mes « amis ». Cette impression avait cependant peut-être une autre source, car si je les observaient souvent, c'était également leur cas et cela, je l'avais constaté avec étonnement mais peut être aussi un brin de fierté, n'avait pas cessé depuis le départ d'Edward. Je n'avais aucune idée de ce qui les intéressait chez moi, j'avais depuis longtemps arrêté de croire que j'étais la cause du départ d'Edward, Malika m'avait confié lors d'une discussion ou, de manière voilée, j'avais tenté d'en savoir un peu plus sur eux, qu'il était courant que les Cullen s'absentent pendant la période scolaire. J'aimais alors penser qu'eux aussi savaient que j'aurais été à ma place parmi eux. C'était stupide de ma part mais il faut bien rêver quand la réalité est aussi grise qu'elle l'était alors pour moi. Alice Cullen était celle qui me regardait le plus fréquemment et un jour, alors que moi et les Cullen rentrions en même temps dans le lycée elle m'avait même sourit, prise alors d'une soudaine témérité j'avais alors faillis lui demander ou était passé Edward. Mais j'avais renoncé car en vérité elle et ses frères et sœurs m'impressionnaient tellement que la seule idée de leur adresser la parole me terrorisait.

J'étais ridicule... Et désespérément seule.

Le matin du premier décembre, j'avais enregistré cette date en écoutant les informations du matin et en me disant, sans grande conviction, qu'il était temps que je me sorte de cette léthargie et que j'aille de l'avant, je garais ma voiture devant le lycée et rejoignis mes trois camarades.

-Salut, lançai je, un peu mollement.

-Hey la plus belle! me répondit Mike en souriant.
Amy ne me salua même pas, en revanche elle s'était raidie aux paroles de Mike. Je les déploraient moi aussi mais que pouvais-je y faire? Rien. Juste : subir. Josh me tendit le joint, je tirais quelques bouffées et le lui rendit très vite, je n'y allais pas fort comme à New York, je voulais juste m'empêcher de trop me torturer l'esprit et oublier ma solitude -et Edward- par un écran de fumée. Tentative dérisoire.

-Tu comptes aller au bal Bella? me demanda Mike, au bout d'un moment, l'air pas du tout innocent.

Je n'y croyais pas, il n'allait tout de même pas m'inviter devant Amy! Quel abruti. Celle ci pâlit et baissa ses yeux.

-Non, répondis je, d'un ton affirmé. J'ai autre chose à faire ce jour là.

Je ne lui laissais pas le temps de répondre et pris mon sac que j'avais posé par terre.

-Je vais en cours, à plus tard.

Bon j'avais réussis à m'en sortir. Au moins Amy, si ce n'était pas déjà le cas, verrait bien que je ne faisais rien pour encourager Mike dans ses lamentables tentatives de séduction. Comme si j'en avais quelque chose à faire l'opinion de cette idiote de toute façon. Je supportais de moins en moins de traîner avec ces trois là et me fis la réflexion que même cette solitude tant abhorrée serait plus agréable. C'était une certitude même. Un peu égarée, et vaguement défoncée, je traversai le parking d'un pas traînant quand au loin une silhouette drapée d'un manteau noir attira mon attention.

Edward?

Non, ce n'était pas possible. Je ralentis le pas alors que mon corps commençait à se glacer tandis que je réalisais qu'il s'agissait bien de celui qui hantait délicieusement mon esprit, malgré mes efforts hypocrites pour le chasser, depuis un mois. J'étais partagée entre la joie fébrile de pouvoir enfin le revoir et la peur de lire à nouveau dans son regard l'hostilité, ou plutôt la haine incompréhensible, que je semblais lui inspirer. Ma vie était tellement nulle, je n'aimais personne et la seule personne qui m'intéressait me détestait... J'étais perdue dans ces considérations misérables quand j'entendis un grincement ignoble et perçant surgir de nulle part. Je me retournai, et, avec horreur , visualisai une voiture blanche foncer vers moi, entraînée par l'épaisse couche de verglas étalée sur le sol. J'aurais voulu crier mais ma voix se serra et je sentais se rapprocher à une vitesse effrayante la chaleur infernale et menaçante du moteur. Alors j'allais mourir? Comme ça?

C'est alors qu'un étau puissant et invisible m'enserra la taille et me projeta sur le trottoir, loin de la voiture qui, je le notais avec un frisson, s'était stoppée à l'endroit même où je me tenais quelques secondes auparavant. Presque simultanément des cris aigus jaillirent d'un peu partout et j'entendis des gens accourir vers moi. Je tentais de reprendre ma respiration et, abasourdie, dévisagea celui qui m'avait sauvée. Lui!

Il se détacha brusquement de moi et me toisa, l'air furieux, avant de me lancer d'une voix dure :

-Es-tu aveugle? Sourde? Ou bien complètement inconsciente?

-Quoi?

Mon cerveau bouillonnait. Mais pourquoi était-il en colère? Et mon dieu, comment avait-il fait pour se déplacer à cette vitesse? Il s'était téléporté ou quoi?

-Comment t'as fais pour arriver si vite? Soufflai-je

-J'étais juste à côté de toi, sa voix s'était soudainement radoucie, puis il me demanda, et je notais avec surprise qu'il avait l'air réellement préoccupé, tu as mal quelque part?

Il s'était penché sur moi et dans un geste empreint de grâce avait repoussé l'une de ses mèches dorée qui lui était tombé dans les yeux tandis qu'il me couvait d'un regard qui me fit penser à celui de ma mère quand j'allais mal, un regard protecteur.

-Non tu n'étais pas à côté, tu étais là bas, affirmais-je après quelques secondes d'hébétude, en montrant d'un geste la porte du lycée.

-Tu dis n'importe quoi Bella, tu devrais arrêter le haschich.

Il s'était relevé et avait croisé ses bras sur sa poitrine, un rictus méprisant sur les lèvres. J'allais m'insurger -mais de quel droit me jugeait-il, et d'ailleurs comment savait-il que je venais de fumer?- en tentant de refouler la sensation cotonneuse que j'avais ressentie quand il avait prononcé mon nom quand le conducteur de la voiture blanche, un garçon roux que j'avais déjà croisé dans le lycée, accourut vers moi, totalement ébranlé.

-Putain je suis désolé! Reste immobile, les secours arrivent.

-Non! Protestais-je, je n'ai rien.
Je tentais de me lever pour démontrer mes propos mais je vacillais et Edward d'un geste ferme me bloqua l'épaule. Je me rendis compte alors qu'il était glacial.

-Reste assise, ordonna-t'il, en fronçant les sourcils.

-Lâche moi! M'exclamai-je en réprimant un frissonnement, et répond moi! Comment t'as fais pour arriver si vite?

J'étais furieuse, je l'avais vu de mes propres yeux près du lycée et il osait prétendre le contraire. Puis de quel droit me donnait-il des ordres? A ma question son visage se voila et il me murmura,ses yeux mordorés d'or vrillés dans les miens.

-Bella je t'en prie, tu as rêvé.

-Menteur! M'écriai-je, en soutenant son regard envoûtant avec difficulté.

Il était merveilleusement beau, encore plus que dans mon souvenir, et il était d'autant plus difficile de le défier étant donnée la sensation d'extase pure qui parcourait mon corps quand je regardais sa peau diaphane, ses cheveux châtains et brillants, ses yeux piqués d'or, sa taille majestueuse, j'aurais pu passé ma vie entière, et plus encore, à détailler tout ce qui était magnifique chez lui.

-BELLA!

Malika surgit en courant, poussant les élèves attroupés que les surveillants tentaient d'empêcher d'approcher.

-Bella tu n'as rien? Me demanda-t'elle, d'une voix essoufflée et inquiète.

-Non c'est bon, c'est lui qui m'a sauvée, affirmai-je.

-Tu as eu une chance incroyable, oh Bella, soupira-t'elle en me serrant dans ses bras, j'ai eu tellement peur.

Elle fut interrompu par deux secouristes qui sans me demander mon avis me soulevèrent et m'emportèrent sur une civière. J'eus beau protester ils ne m'écoutèrent pas et m'enfermèrent dans l'ambulance.

Au terme de ce désagréable voyage on m'installa sur un lit de l'hôpital et une infirmière revêche me dit d'attendre le médecin. Les battements de mon coeur ne s'étaient pas calmés, je n'arrêtais pas de penser à Edward et j'étais partagée entre l'étourdissement dans lequel m'avait plongé son sauvetage inouï, le bonheur qu'il ait réapparu au lycée, la consternation à la vue du mépris avec lequel il s'était adressé au moi et la colère face à ses mensonges grotesques.

Je ne supportais pas de rester assise dans ce lit d'hôpital stupide et j'allais me lever quelqu'un apparut derrière la porte restée entrouverte. C'était un homme blond, âgé probablement d'une trentaine d'années, au teint pâle et aux yeux couleur cuivre. Il était magnifique, cela devenait un lieu commun de qualifier ainsi certains habitants de Forkes mais c'était la pure vérité. Un Apollon....

-Bonjour je suis le docteur Cullen, se présenta-il d'une voix si sensuelle qu'elle me fit frémir, comment vous sentez vous?

C'était ça! Il avait la même pâleur qu'Edward et ses frères et sœurs, et la même beauté. Pourtant ils n'avaient pas tous le même sang c'était absurde...Quelle étrange famille. Il me regarda quelques secondes et je crus lire une pointe d'étonnement dans son regard préoccupé.

-Ça va très bien répondis-je, ma colère s'était un peu apaisée, grâce à votre fils Edward.

-Vraiment? Nota-il, avec détachement.

-Oui il m'a sauvé la vie, affirmais-je, d'ailleurs je n'ai toujours pas compris comment.

-Dans ce cas vous êtes extrêmement chanceuse, conclut-il.

Je rêvais ou il voulais détourner la conversation? Quel père n'aurait pas désiré en savoir plus?

Il pris alors délicatement mon bras avant de l'entourer d'une sorte de ceinturon auquel était accroché ce qui ressemblait à une boussole. Je voulus protester, un peu démontée. Ma mère ne m'emmenait jamais chez le docteur, elle était partisane de la médecine naturelle et je n'étais pas habituée à de telles pratiques. D'ailleurs je n'avais jamais été malade de ma vie. Cependant il était tellement doux et rassurant que je me laissais faire, oubliant même la froideur de sa peau. Je remarquais qu'il me lançais parfois de furtifs regards curieux en pinçant les lèvres. Ils avaient vraiment des problèmes dans cette famille...

-Votre tension est extrêmement faible, conclut-il, il paraissait réellement inquiet, je vais vous prescrire des examens.
Il n'eut pas le temps de continuer qu'une tornade déboula dans la chambre. C'était ma mère, affolée comme je ne l'avais jamais vue, ses boucles rousses étaient presque électrifiées et si je n'étais pas aussi bouleversée j'aurais sûrement éclaté de rire à cette vision. Elle me considéra avec inquiétude puis dévisagea le docteur Cullen.

Son visage se décomposa alors progressivement.

-Maman je n'ai rien, lançais-je, pour la rassurer, décontenancée par son attitude.

-Qu'avez vous fait à ma fille? Demanda ma mère au docteur Cullen, d'une voix nerveuse.

Celui ci fronça les sourcils et lui répondit d'une voix calme :

-Bonjour madame Swan, je suis justement en train de l'examiner.

-Quels sorte d'examens?

-Pour l'instant je lui ai pris la tension.
Ma mère laissa échapper, sans tentative de dissimulation d'ailleurs, un soupir de soulagement et m'ordonna de me lever : nous rentrions à la maison. Je remarquais que son corps tout entier était agité de tremblements frénétiques. Je ne l'avais jamais vue dans cet état, même lorsqu'elle était allée me chercher au commissariat l'année dernière. Cela me poussa à obéir sans broncher, je posais alors les pieds par terre mais mes jambes étaient mal assurées et j'allais m'écrouler quand le docteur Cullen me rattrapa.

-Madame Swan, protesta le docteur, il serait plus sage que votre fille reste en observation, sa tension est particulièrement basse, je ne voudrais pas vous alarmer mais...

-Non ça serait inutile, le coupa t'elle d'une voix glaciale, si ma fille est dans cet état c'est à cause du haschich, rajouta- t'elle en me fusillant du regard, Bella suis moi, et dépêche toi.

Oula ça craint me dit-je. Je lançais un regard désolé au docteur qui me m'observait l'air soucieux et d'une démarche chancelante suivit ma mère jusqu'au parking de l'hôpital.

Sans un mot ma mère démarra la voiture. Au bout de quelques minutes elle déclara d'un ton brusque.

-Il va falloir que l'on mette certaines choses au point Bella

-Mais maman, protestais-je, ce n'est quand même pas ma faute, je n'avais presque rien fumé, c'est ce dingue qui m'a foncé dessus.

-Stop! Me coupa ma mère. Je ne tolère plus ton comportement!

Mais que lui arrivait-il? Elle avait décidé tout d'un coup de se conduire comme la mère fouettard? Je décidais de garder de silence et au bout d'un moment, évidemment, repensai à Edward. Il fallait absolument que je lui demande comment il s'était débrouillé pour arriver aussi vite. C'était surréaliste.

-Maman, emmène moi au lycée je me sens bien!

Ma mère sembla réfléchir un instant puis répondit d'une voix plus tranquille que tout à l'heure.

-Tu es sûre?

-Oui, affirmai-je, en m'étonnant de la facilité avec laquelle je la convainquais étant donné les propos du docteur sur mon état inquiétant.

Arrivées devant le lycée j'ouvris la porte me préparant à sortir mais ma mère me freina :

-Bella ma chérie?

-Hm?

-Excuse moi de m'être énervée, sa voix s'était adoucie et j'y perçu quelque chose comme de la tristesse , j'ai eu si peur.

-Ok pas de souci maman, répondis je avant de claquer la porte.

Je ne pensais même plus à son comportement bizarre, je n'avais qu'une envie : parler à Edward. Et je ne me voilais pas la face ce n'était pas seulement pour l'explication...

Je me dirigeais d'un pas rapide vers le lycée en ignorant les élèves qui me dévisageaient, probablement étonnés de me voir ici. Je me demandais d'ailleurs si j'étais la seule à être stupéfaite de la « téléportation » d'Edward. C'était l'heure du déjeuner et avec un peu de chance il serait dans le réfectoire. J'y pénétrais et avisait la salle.

Il était là, et semblait en pleine conversation animée avec ses frères et sœurs qui paraissaient furieux alors habituellement à table -j'avais eu l'occasion de le remarquer lors de mes séances d'espionnage- ils affichaient toujours un comportement très égal. En refoulant un sentiment d'embarras qui commençait à poindre je marchais vers lui. Les Cullen me virent arriver et se turent alors que je demandais à Edward d'une voix ferme :

-Je peux te parler?

-Et voilà, lança Rosalie, sombrement, à l'attention d'Edward qui me fixait silencieusement/

Je restais devant eux, ignorant le regard défiant de Rosalie et les chuchotements des lycéens surpris d'assister à une telle scène. Finalement Edward se leva et sortit du réfectoire d'un pas vif. Je le suivis jusqu'à l'un des bancs de la cour. Nous ne nous assîmes pas.

-Je t'écoute, dit il, en me tournant ostensiblement le dos.

-C'est plutôt toi qui devrait parler et moi t'écouter, protestais je.

-Mais que veux tu savoir? Rugit il alors en me faisant face.

Sur son visage d'une beauté intolérable était affichée la même expression de fureur haineuse qu'il avait eu mon premier jour de lycée. Je dus lui laisser entrevoir mon trouble car il se calma et me lança un regard désolé.

-Écoute Bella, repris-il, il esquissa un geste dans ma direction mais se ravisa, je ne sais pas ce que tu crois mais tu te trompes.

-Je ne crois rien du tout à part qu'en un quart du seconde tu as traversé au moins trois cent mètres! Et ce n'est pas la peine de me contredire, je ne suis pas folle!

Mon coeur battait à une vitesse effrénée et je devais être écarlate. Je n'aurais même pas pu dire si c'était à cause de la fureur qui s'emparait de moi ou simplement à cause de sa présence. Si proche.

Il pris sa tête entre ses mains et soupira,

-Pourquoi tu ne me remercies pas simplement de t'avoir sauvé la vie. Et l'on n'en parlerait plus.

-Merci de m'avoir sauvé la vie, annonai-je, je t'en suis extrêmement reconnaissante, quoique rajoutai-je d'un ton amer, à ces mots il fronça les sourcils, mais j'aimerais comprendre un phénomène que j'aurais tendance à placer pour l'instant plutôt dans le domaine du surnaturel.
Il éclata alors d'un rire sarcastique qui me fit tressaillir.

-Surnaturel vraiment? Et bien écoute moi, si tu crois au surnaturel tu comprendras bien vite que tu ne dois plus m'approcher.

-Quoi? M'exclamai-je, abasourdie.

-Bella, murmura-il en dardant ses yeux mordorés dans les miens, une expression de douleur pure s'afficha alors sur son beau visage et il me parut tout un coup terriblement fragile, laisse moi.

Sur cette supplication il me tourna le dos avant de s'éloigner vers le parking. Incrédule je le regardai monter au volant de sa Volvo et démarrer en trombe. Je n'y comprenais rien. Etait-il une sorte de super héros qui voulait rester incognito? N'importe quoi... J'allumais une cigarette et m'assis sur le banc, mes mains tremblaient encore et ce n'est qu'après de longues minutes que je m'apaisai.

A l'issue de cette journée que je passai dans un brouillard total -mes profs devaient maintenant être convaincus que j'étais parfaitement stupide- Malika insista pour me ramener chez moi, estimant que j'étais bien trop faible pour conduire. Il est vrai que l'accident de la matinée, les disputes avec ma mère et Edward et les nombreux questionnements concernant ce dernier qui m'assaillaient m'avaient épuisée. J'avais longtemps hésité avant de parler de tout ça à Malika mais finalement m'était tue. Quelque-chose me disait qu'il fallait que garde le silence.. Une sorte d'instinct ridicule contre lequel je ne luttai pourtant pas. Elle me déposa au bout de ma rue après que j'ai insisté pour lui éviter de faire un détour beaucoup trop long. Je parcourus donc le chemin à pieds et arrivée devant chez moi je vis la voiture de Bill, garée sur le bas côté. Alors que j'allais ouvrir ma porte je fus arrêtée par des éclats de voix.

-BILL! Tu aurais dû me le dire! Tu es complètement inconscient? la voix de ma mère s'étrangla en un sanglot, je ne peux pas croire que tu m'ai fait ça.

Un silence, un bruit de pas, et la voix grave de Bill :

-Renée je sais à quel point la vie de Bella est précieuse à tes yeux, j'ai moi aussi des enfants et je sais quelle douleur cause la perte d'un être cher. Sur mon honneur Quileute je te jure qu'ils ne constituent aucun danger pour Bella. Il s'agirait même plutôt du contraire.

-Qu'est ce que tu racontes Bill? PUTAIN qu'est ce que tu racontes! J'ai cru que j'étais devenue folle quand je l'ai vu! Et tu me dis qu'ils sont sept en tout! C'EST QUOI CE CAUCHEMAR?

Je frémis, je n'avais jamais entendu ma mère si furieuse, et si grossière. Mais de quoi parlaient-ils?

-Mais réfléchis Renée, écoute moi bon sang! Écoute moi!

-Sors d'ici!

-Renée!

-BARRE TOI!

Stupéfaite, j'eus le bon sens de courir derrière la maison pour me cacher. De là je vis Bill sortir d'un pas lourd et rapide et s'engouffrer dans sa voiture avant de démarrer en trombe. Je me laissais glisser contre le mur et m'écroulai dans l'herbe sans me préoccuper de la boue qui allait tacher mon manteau. Je n'y comprenais rien. J'avais la vague et très désagréable impression que j'étais la seule à ignorer quelque chose de capital qui me permettrait de comprendre les évènements de la journée, le sauvetage d'Edward, l'hostilité qu'il me vouait, la colère de ma mère, son comportement avec le Docteur Cullen, de manière intelligible. Pire encore, j'avais l'impression d'être maintenue délibérément dans l'ignorance. En gros d'être la victime d'une conspiration. C'est pas vrai, je délirais. Ma mère avait semblé vouloir dire que ma vie était menacée. C'était invraisemblable, j'avais dû mal comprendre! Mais que se passait-il? Une terrible migraine m'avait assaillie et c'est avec toute la peine du monde que je parvins à me relever et à me traîner jusqu'à la maison. Ma mère était dans la cuisine, blanche comme un fantôme, les yeux rougis par les larmes et entouré d'un nuage de fumée qui s'échappait d'une cigarette qu'elle tenait sans fumer. Elle ne prononçai aucun mot quand j'entrai, m'avait-elle vue d'ailleurs? Je n'en étais pas sûre et pourtant je restais quelques minutes, à l'observer, en réprimant une nausée grandissante. Mon corps, habituellement si résistant, me trahissait totalement aujourd'hui. Finalement, en trébuchant, je parvins à monter les escaliers et arrivée dans ma chambre je m'écroulai sur mon lit pour sombrer aussitôt dans un sommeil noir et tourmenté.