Ave César !
Les grandes questions reviennent nous hanter... Hermione est-elle morte ? Que lui est-il arrivé ? Vous n'allez peut-être pas le découvrir ici, mais vous allez davantage comprendre la problématique entre Ginny et les autres !
J'ai terminé mon second roman, je suis en train de le relire. Je vais donc avoir davantage de temps pour Amour Intemporel & La Descente ! Les chapitres seront plus loin ( mouiii !) et je vais reprendre plus durement le témoignage d'Hermione pour La Descente.
Big Merci à : Cay66, laLucarne, PouleauPotter, NeverForgeett & faerycyn !
Bisous et bonne lecture !
Chapitre Sept
« J'ai de grands projets pour toi, Bella. Tu n'es qu'à l'aube de notre réussite.
Doucement, l'échine de Bellatrix fut parcourue d'un frisson, et elle se redressa, chancelante.
Voldemort la concertait de ses yeux fixes, fendus en leur long, semblables à deux abimes où chacun se perdait. Dans la Grande Salle, seul le claquement sec de ses ongles contre le bois, résonnait. Il était seul, les fidèles s'étaient volatilisés depuis bien longtemps.
- Maitre… s'il vous plait, dites m'en davantage.
- Ne supplie pas, Bella. Cela est bien trop bas pour toi. Retiens un seul nom. Dartmoor.
- Dartmoor… la zone montagneuse ?
- Retiens. Tu peux disposer.
Incertaine, Bellatrix fit volte face, et s'engagea vers les portes closes. Le ciel, au-dessus d'elle, s'était assombri, alors que des nuages se balançaient lourdement.
- Un instant, Bellatrix.
Elle s'immobilisa, patientant, avant de se retourner et de s'agenouiller de nouveau.
- Maitre.
- Tu m'as cherché lorsque je suis tombé. Tu as été une des premières à revenir. Tu ne m'as jamais déçu.
- Oui, maitre.
- Dartmoor sera ton présent. Mais… il impliquera une obéissance aveugle. Si tu devais contester le moindre de mes ordres, à l'avenir, je me verrai obligé de me dispenser définitivement de toi. Cela nécessite-t-il un éclaircissement ?
- Non maitre. Je vous servirai jusqu'à la toute fin.
- Bien. Et… sais-tu où est Yaxley ?
- Non, maitre. Je ne l'ai pas vu de la soirée.
- Dispose. »
Et, lentement, les yeux de Voldemort se rétrécirent davantage, alors que Bellatrix se retirait.
RRRR
« Ce soir, une tragédie a eu lieu. Ce soir, des amis ont perdu la vie. Des collègues, des camarades, des combattants.
Ils luttaient avec nous, pour un monde meilleur. Un monde où l'ennemi est pointé du doigt, et où on ose énoncer son prénom, sans redouter les représailles.
Face à nous, il y a bel et bien un ennemi. Il ne faut plus se leurrer, si certains le faisaient encore.
Voldemort. Il est là, il est partout, il nous guette, il veut nous détruire, et affaiblir la population anglaise. Il y a plusieurs mois, il attaquait nos locaux. Aujourd'hui, il a renouvelé son geste. Comment est-il parvenu à s'infiltrer ici, alors que le lieu était placé sous Fidelitas ? Nous l'ignorons. Mais soyez certains que nous trouverons la faille, et lorsque nous l'aurons, nous saurons riposter comme il conviendra.
Nous sommes des Anglais, peut-être jeunes, peut-être vieux. Mais nous sommes tous des P'tits gars. »
La voix grave, profonde, lancinante de Shacklebolt avait achevé de se disperser dans la salle, et fut étouffée par une slave de chaleureux applaudissements.
Les aurors avaient débarqué, après que le sortilège ait été levé – si les mangemorts étaient parvenus à s'infiltrer, tout cela n'était plus qu'une vulgaire plaisanterie. Ils avaient relevé les coordonnées des personnes présentes, établi un portoloin de groupe, et avaient assuré qu'ils feraient le nécessaire, avant de disparaitre.
Nombreux souhaitaient à présent rentrer chez eux. Aussi, Shackebolt s'était interposé, proposant de déguster le dessert et un bon digestif en guise de remontant. Patil et Brown avaient approuvé vivement l'idée, horrifiées du scandale que représentait cette soirée.
À présent, chacun se laissait envahir par les arômes voluptueux que dégageaient les diverses variétés de whisky soutirées à Zabini. Lui-même s'extasiait, humant à plein nez, tirant un léger sourire rêveur.
RRRR
Avec un léger râle, elle s'étira paisiblement, ne semblant pas même noter la lumière qui inondait la pièce. Elle déglutit puis jeta un bref coup d'œil autour d'elle.
Elle ne reconnaissait pas le lieu. S'était-elle assoupie ? Elle aurait juré ne pas être là, pourtant…
Avec précaution, Anneth reposa convenablement ses lunettes sur son nez, et cilla plusieurs fois. Ah oui ! Isabelle ! Elle lui avait demandé de veiller sur sa petite-fille et ses amis, oui, oui… Sur les enfants. Les enfants.
« Où sont mes petits poussins ? Où sont-ils ? pépia Anneth en se redressant. Quelqu'un veut-il un peu de verveine et du Savane ? Mmh, c'est délicieux ensemble… Ambre, James, Juliette, Peter ! Vous vous cachez ? Roh, ce n'est plus tellement de mon… âge. »
Elle venait d'avaler le dernier mot en atteignant le corridor. Devant elle, la porte béante, perçait la nuit d'un carré de lumière. S'ouvrant sur le petit jardin entouré de hautes haies, et sur une petite route du lotissement. Ciel, où étaient les petits ?
RRRR
« Harry, cesse de marcher comme cela, tu me donnes le tournis, gémit Ron.
- Je marche comme je le veux Ron.
- On a vraiment d'autres préoccupations que de se disputer, répliqua farouchement Pansy.
Installés dans la salle d'attente de Saint Mangouste, plus aucun d'eux ne pouvait réfuter la tension qui les habitait. Les regards pendus au sol, au plafond, ou encore à scruter les gens qui passaient par là. Les yeux nerveux, qui erraient péniblement.
Ils n'osaient pas s'adresser la parole, un venin se propageait entre eux, laissant un lourd silence s'apposer. La plus grand agressivité émanait de Ginny, qui, les bras croisés, installée sur le rebord d'un fauteuil, semblait à deux doigts de tomber, tout en demeurant dans un parfait équilibre. Ses dents serrées, ses sourcils froncés, et le pincement de ses lèvres laissaient préméditer les réflexions qui s'enchainaient en elle.
Harry, le cœur lourd, vadrouillait de long en large, de diagonale en angle, de travers en droit, d'un mur à l'autre, les jambes tremblantes, réajustant ses lunettes sur son nez, brossant ses cheveux noirs échevelés.
Pansy, les bras et jambes croisés, dans son siège, paraissait aussi abordable qu'un bloc de glace en plein Alaska. Elle semblait égarée dans un univers qui lui était propre. Mais, au moindre bruit de pas qui s'approchait d'elle, elle sursautait et adressait un coup d'œil vif. Elle avait englouti trois paquets entiers de biscuits, une bouteille de Yop Vanillé, et désormais, sa panique boulimique ne pouvant s'alimenter davantage sous peine d'une hyperglycémie, elle s'était statufiée.
Ron, s'était appuyé à un mur, et, laconique, sondait le plafond qui le superposait, sans se soucier des médicomages qui s'affairaient autour d'eux. La même voix aigue de la secrétaire commençait à l'agacer. Derrière son comptoir, elle minaudait avec un aide-soignant, gloussant avec lui.
Saint Mangouste était somme toute vide, mis à part les blessés que le portoloin des aurors avait menés ici. Et la lumière blanche, et l'odeur des produits aseptisants peuplaient l'air, décuplant le poids qui régnait sur leurs poitrines.
Cependant, un auror venait de transplaner dans le hall, et s'avançait vers eux, dans la petite salle d'attente qui donnait sur le couloir et dont ils avaient une vue complète.
« Monsieur et madame Weasley ? demanda-t-il, une plume et un parchemin en mains.
Pansy et Ron relevèrent aussitôt le menton, et se rapprochèrent avant de s'avancer à pas lents de l'auror.
- Salut Ved', salua Harry d'un acquiescement.
- Potter, répondit amicalement Vedrick. Simple vérification de routine…
- Je sais bien, approuva Harry.
- Pouvez-vous me donner vos baguettes, s'il vous plait ? lâcha Vedrick à l'annonce de Pansy et Ron. Je dois vérifier les sortilèges que vous avez jetés durant l'attaque.
Ron retint un soupir contrarié. Il savait déjà que les ennuis allaient commencer, avec ce sortilège qu'avait lancé Pansy. Amer, il tendit sa baguette, et Pansy l'imita.
Vedrick lança aussitôt le charme sur la baguette de Ron, passant au crible les incantations utilisées durant le Gala.
- Parfait, soutint-il en la restituant à Ron. Cependant, je me vois obligé de vous rappeler que le maintien de l'ordre général se fait par les représentants légaux chargés de cette responsabilité. À l'avenir, il serait préférable qu'avant toute attaque, vous lanciez un appel aux aurors.
- Ce n'était pas comme si nous en avions vraiment eu le temps, répliqua Ron.
- Entre nous… cela couvrirait au moins vos actes comme étant de la légitime-défense. S'il n'y avait pas eu tant de témoins, cela pourrait être remis en doutes.
- Des témoins ! Et vos surveillances sur les transplanages ? Ils étaient au moins une quarantaine, tous ces mangemorts ! Vous avez bien les noms, avec tout ce que vous nous faites baver, hein ? riposta Ron, scandalisé.
- Monsieur Weasley, je m'adresse à vous comme étant un ami de monsieur Potter. La prochaine fois, contactez les aurors. Cela se serait produit au mois d'août, avec les nouvelles mesures sécuritaires, et il y aurait eu moins de témoins, on vous aurait soupçonné. Madame Weasley, puis-je ?
Sans broncher, Pansy lui délivra sa baguette. Vedrick reproduisit la manœuvre, et les charmes émis défilèrent. Avant de revenir à l'un d'eux.
- Le Nevruscapula, madame Weasley ? murmura Vedrick, interloqué. Mais il fait partie de nos sortilèges interdits.
- Je l'y ai autorisée, j'étais là, claqua Harry en se relevant, sous l'œil peu amène de Ginny.
- Potter, tu sais bien que nous ne sommes pas habilités à autoriser qui que ce soit. Quand bien même, le sort a été jeté.
- J'ai eu peur, je l'ai jeté instinctivement, répondit Pansy.
- Je vais devoir noter cela dans mon rapport, conclut Vedrick en leur redonnant leurs baguettes. Vous serez recontactée, certainement. Excusez-moi du dérangement, bonne soirée. »
Et Vedrick se dirigea de nouveau vers le corridor, leva sa baguette, et disparut. Ni Pansy, ni Ron n'avaient esquissé le moindre geste, détaillant encore cet endroit où l'auror avait disparu.
« Je vais voir ce que je peux faire, Pansy. Il doit y avoir un moyen de faire disparaitre ce rapport ou bien de…
- Non, il n'y a pas de moyen, Harry, murmura Pansy. Tu le sais, je le sais, on le sait tous ! Il n'y a aucun moyen de rien !
- Change de ton lorsque tu t'adresses à mon époux, siffla Ginny en se mettant sur ses jambes. Ce n'est pas de sa faute si tu ne contrôles pas tes actes.
L'abcès avait gonflé, gonflé, et, empli de pus, menaçait d'exploser d'un moment à l'autre. Les propos de Vedrick étaient telle la saignée, qui allait laisser s'échapper le surplus.
- Je ne contrôle pas mes actes, Ginny ? cracha Pansy, rageuse. Moi ? Moi, ce soir, j'ai défendu mon amie, j'ai défendu mes intérêts, mon pays !
- Ton pays ? Tu crois qu'en écrivant sur du papier et en portant un toast tu agis ? ricana farouchement Ginny.
- Oh, en tout cas, j'agis plus qu'en faisant de la cuisine, ça c'est certain !
- Eh bien, oui, en vérité, il vaut mieux faire de la cuisine que de se faire tuer sur le terrain ! Car quand vous ne serez plus, explique-moi qui tiendra tête au système face à nous ?
- Ah, cela t'intéresse enfin, le système ? rugit Pansy. Alors tu étais où ce soir ? Hein, tu étais où ?
- Combattre le système de cette manière n'est pas la bonne solution, je vous le dis depuis des années ! Qu'est-ce que ça vous a apporté ? Réunir des voix pour les P'tits gars Anglais ? Mais concrètement Parkinson, qu'est-ce qui a changé ? Les P'tits gars ou Demain, un nouveau jour, quelle différence ? Un homme au pouvoir, corruptible ?
- Shacklebolt n'est pas co-…
- Non, mais il aura le pouvoir. Toi, et Hermione n'êtes que des pantins entre ses mains ! hurla Ginny, furibonde.
- Il est plus facile de critiquer et de voir le vice partout, que de prêter main forte, hein ? Tu préfères te vautrer chez toi et ne pas en gratter une, toi ?
- Les filles, arrêtez… On est tous sous tension, et cela ne va pas aider, je…
- Ronald Bilius Weasley, ferme-la une fois dans ta vie au lieu de te croire assez mature pour nous faire la morale ! riposta Ginny, les joues rouges.
- Adresse-toi encore une fois à lui de la sorte, et ton Chauvefurie te semblera une simple chatouille, menaça Pansy en tirant sa baguette.
- Bien sûr, continue sur ta lancée ! Après le Nevruscapula, allons-y pour un autre sort ! Vas-y Parkinson, vas-y, tue-moi. Tu as pensé à Peter. À ce que tu infliges à Peter, chaque jour ?
- Moi ? s'étrangla Pansy, outrée.
- Chaque jour, il est en danger par ta faute. Que Ron manque de couilles pour te le dire passe encore, mais moi, je ne vais pas me gêner. Peter est en danger. Va travailler à ce journal, vas-y. Par où atteint-on une personne ? Jamais en l'attaquant directement. Mais en s'en prenant à ceux qu'elle aime. Peter est la cible numéro un des mangemorts, tout comme Ambre. Mais puisque vous êtes si malins, continuez. Continuez, allez écrire dans votre torchon, prenez-vous des gens à dos, donnez des votes aux P'tits gars. Allez-y. Vous ne valez que ça, de toute façon. Et lorsque tu seras au trou, ou morte, tu serviras au moins à faire du compost pour les asticots. »
Harry voulut l'attraper par l'épaule, mais Ginny se dégagea de son emprise. En plusieurs foulées, elle gagna le hall, et tourbillonna sur elle-même, disparaissant dans un pop ! sonore. La secrétaire, au comptoir, ne leur avait pas prêté la moindre attention, gloussant encore.
Un silence assourdissant régnait entre Pansy, Ron et Harry, à présent. Aucun n'osait dédier le moindre coup d'œil à l'autre.
Ce fut une chouette argentée, un patronus, qui coupa court à ce mutisme résonnant.
« Birmingham. Attaque de terroristes sur la population anglaise. Renforts nécessaires. Renforts nécessaires. »
Harry émit un soupir. Et puis, il transplana, sans davantage de cérémonies.
RRRR
« C'est nul, j'y arrive pas… bougonna Juliette.
- Moi non plus. Peut-être que c'est trop gros.
- Peut-être, oui.
- En même temps, peut-être qu'on ne pense pas tous à la même chose, suggéra Ambre.
- Je sais pas, mais moi j'ai faim…, marmonna Peter. Je veux rentrer.
- Moi aussi.
- Psst… Psstt..
Les quatre enfants pivotèrent d'un bloc. Face à eux, à la lumière douteuse du réverbère, un homme vêtu de noir les fixait en souriant.
- Qui êtes-vous ? lâcha Juliette, dédaigneuse.
- Bruce. Vous faites de la magie ?
Les quatre compères échangèrent un coup d'œil hésitant. Ils n'étaient pas censés en pratiquer devant les étrangers. Et certainement pas un moldu. D'ailleurs, ils n'avaient pas le droit de sortir sans être accompagnés.
- Non, répondit aussitôt James.
- Parce que moi… oui.
Bruce fit apparaitre sa baguette magique, et effectua un pas dans leur direction. James, l'ainé du haut de ses six ans, s'était placé devant les trois autres.
- On doit rentrer, une autre fois, répondit-il.
- Mais… moi j'ai envie de voir, contra Peter.
- Je croyais que tu avais faim, s'étonna Ambre.
- Si vous voulez, je peux vous faire un gâteau en une seconde. Qu'est-ce qui vous plairait ?
- Un gâteau au chocolat ! s'écria Juliette.
- Non, aux fraises, plutôt », demanda Ambre.
Et, devant leurs yeux émerveillés, un drap à carreaux se déroula, surmonté d'une charlotte aux fraises, et d'un brownie fondant.
RRRR
« Du riz, du riz, du riz… Quelqu'un a des actions en Chine ? C'est pas possible à la longue ! bougonna l'un des hommes.
- Pas faux, gémit un autre.
Ses protestations furent reprises en boucle par la cantine entière. Le chahut devenait infernal, et McMillan dut se lever sur ses jambes. Le silence retomba à l'instant.
- Vous avez encore de l'énergie, je vois… Ceux qui souhaitent poursuivre l'entrainement peuvent sortir dès à présent.
Aucun n'esquissa un geste. Les flammes des bougies se reflétaient dans les yeux de McMillan, alors qu'il poursuivait d'une voix lente :
- Nous sommes tous ici contre notre gré. Nous sommes tous là car nous n'avons plus rien, car nous avons tout perdu. Nous avons perdu ce pour quoi nous vivions. Je sais que c'est difficile, je vis la même chose chaque jour. La détresse, le manque de rêves, l'angoisse, la mort. Mais il y a une question à laquelle je veux que chacun d'entre vous réponde. Dehors, il y a encore des gamins innocents. Dehors, y a encore de l'insouciance. Il faut la préserver, il faut protéger ces gosses. Alors on lutte pour ça, nous. Ceux qui ne sont pas contents, je ne vous ai jamais forcés. Je vous ai montré une nouvelle voie. Libre à vous de la quitter. Ceux qui veulent rester, y a du riz. Pensez qu'à une époque, vous étiez nombreux à ne pas avoir de quoi manger. Et ce riz-là, sur lequel vous crachez, putain de merde, à une époque, vous l'auriez avalé, vomi, et remangé pour avoir l'impression d'en manger deux fois plus. Voilà la vérité. »
Et McMillan se réinstalla, attaquant son repas sans envie. C'était son estomac qui grondait, qui le conduisait à s'alimenter, rien d'autre.
Et, sans un bruit, le diner s'amorça, tout autour de lui. Enfin.
RRRR
« Maitre ?
Voldemort pivota lentement, et inclina son visage en reconnaissant l'adepte agenouillé.
- Parle.
- Le signal a été lancé. Ce que vous attendiez s'est produit.
- Bien. Il était temps. Nous allons passer à la phase numéro deux. »
RRRR
« Nan, nan, ji vois pas li grand succès… Nan, c'i pas flagrant… Mais, ji vois un homme, un homme ! Y est riche, il a bicoup d'argent, bicoup, oh oui, li jili gars…
- Très bien, de l'argent, c'est une bonne chose. Très bien. Combien ?
- Ouh… On n'y dit pas di choses pareilles ! Mais… bicoup… six… sept chiffres ! Un compte à sept chiffres.
- Avant, ou après la virgule, les sept chiffres ?
- Mais quelle question ! Avant !
- Mouais. Mouais. Il est beau, ou bof ?
- Il est jili. Jili, moui.
Cho croisa ses bras sur sa poitrine et fixa la voyante, qui agitait ses mains enroulées de bracelets, au-dessus de sa boule de cristal.
- Je vais le rencontrer où ?
- Ouh, ti li connais dijà !
- Ah ! Comment est-il ?
- Jili. Et riche.
- Mouais, ça ne nous avance pas. C'est pas Andy, au moins ?
- Ah, non… non, non. Andy c'est fini. Fini. Moi ji ti dis, l'homme di ta vie, tu vas li revoir bientôt.
- D'acc. J'y vais, alors.
- Bien. Bien. Mais, ti connais la chanson. Si ti l'as pas vu dans la simaine, ti reviens !
- Oui oui, Monnie. »
Cho lui tendit les billets, puis sortit de la tente étouffante. Bon, à la guerre comme à la guerre, il fallait qu'elle trouve cet abruti. Monnie la fauchait depuis deux ans comme ça, déjà.
Et Cho ne pouvait davantage supporter cette situation. Les hommes qui se succédaient, sans qu'elle n'accroche. Un vrai papillon libre.
Elle s'était confiée à Blaise, le patron du bar Z'inLove, sur Andy. Lui expliquant qu'Andy était sourd, ce qui lui avait fait déprécier le concert de Madonna. Quel idiot, d'ailleurs…
Ciel. Et Monnie avait parlé d'un homme. Ce ne pouvait être Blaise… Cho n'était définitivement pas le genre que le métis convoitait – lui, il préférait les Fredo avec une chemise rose, des petites fesses musclées, et un grand sourire charmeur…
« Allez, Cho, à la pêche », songea-t-elle en tirant son carnet de contacts de sa poche.
