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Chapitre 21 : Five years time
Noah & The Whale
Bella
Cinq ans plus tard.
"Ça ne va pas te prendre bien longtemps, si ?" Je souris en regardant Edward accrocher son diplôme à côté du mien sur le mur de notre nouvel appartement à New York. Il me tira la langue et continua d'arranger le cadre dans notre appartement. C'était vraiment magnifique à dire. Notre appartement.
J'avais eu des résultats incroyables pour la deuxième fois, meilleurs que ceux d'Edward.
Ce fut un très bon jour pour moi quand j'eus ces résultats. Je fus acceptée à l'université de Middlebury, l'université des arts libéraux, petite mais excellente université dans le Vermont du sud. Edward fut admis à Dartmouth facilement, merci à son excellente moyenne ainsi qu'à la donation que fit Carlisle. Il l'aurait probablement obtenue sans ça, mon petit-ami est toujours trop intelligent pour son propre bien.
Nos universités étaient séparées par quatre-vingt dix minutes ce qui craignait vraiment mais l'un de nous faisait le trajet vers l'autre chaque week-end. Et ça rendait tout cela particulièrement fantastique puisque nous avions des contraintes de temps et nous nous manquions comme des fous. Ma colocataire me détesta à cause de cela et aussi parce que c'était une garce. Je fus ravie de pouvoir être seule l'année suivante.
Pour finir la distance devint une bonne chose pour nous. Nous nous fîmes de nouveaux amis, je sais que j'ai toujours eu beaucoup d'opportunité de m'éloigner de lui mais tous ces hommes disponibles ne faisaient que me rappeler combien j'adorais le garçon qui était à cent trente kilomètres de moi. Quatre ans plus tard j'étais fin prête à rester à ses côtés.
Les deux premières années furent les plus difficiles. J'avais pris des cours de base qui nécessitaient que je lise énormément. Je n'ai pas eu de cours d'anglais à proprement parler avant la fin de la première année. Edward quant à lui voulait avancer rapidement dans ses études de médecine et il avait pris énormément de cours en plus pendant les trois premiers semestres. Il était très stressé, fatigué et irrité, je ne l'avais jamais vu ainsi.
Un mercredi de novembre pendant notre deuxième année, il m'avait complètement affolée en se présentant à mon dortoir à dix heures du soir. Il venait pour me dire qu'il ne pouvait plus continuer, que ça le rendait physiquement malade et qu'il n'avait plus du tout le cœur à ça. Il m'étonna une fois de plus lorsqu'il fit mention de sa nouvelle passion : la composition musicale.
Il me raconta qu'il avait joué au piano étant enfant et qu'il aimait ça et il n'avait arrêté que parce qu'un autre élève l'avait chahuté à l'école secondaire. Dans sa salle d'étude il y avait un vieux piano et c'était devenu une source de soulagement pour lui au fil des mois précédents. Les années de pratique lui étaient revenues facilement et il se retrouva bientôt à jouer et à composer au lieu d'étudier la médecine. Ce jour là en cours, son professeur de chimie organique expliquait quelles étaient les procédures pour travailler en toute sécurité dans un laboratoire... il dut partir, s'en était trop pour lui.
Je le tins contre moi, le laissant pleurer de frustration à ce qu'il percevait comme un échec. Je passai ma main dans ses cheveux et lui dit que c'était mieux qu'il fasse quelque chose qui lui plaise même si c'était risqué plutôt que de se torturer comme ça juste parce que c'était ce que son père voulait qu'il fasse. Il resta avec moi à Middlebury jusqu'au dimanche soir. Le lundi matin il abandonna ses études de médecine. Le changement fut immédiat presque tout son stress disparut. Et Carlisle fut fier de lui concernant ses choix - comme j'avais supposé qu'il le serait.
Juste avant l'obtention de mon diplôme je trouvai un emploi dans une agence littéraire à Manhattan. Edward fut ravi pour moi et il appela différents pianos-bars dans la city jusqu'à ce qu'il trouve un travail. Ce n'était pas très bien payé mais il était content et ça me suffisait. Et en plus je gagnai assez pour nous deux.
Notre relation n'était certes pas parfaite. Mais considérant comment nous étions, encore des enfants.. enfin moi plus spécialement au début, nous gérions nos affaires de façon plutôt adulte. La plus longue période pendant laquelle nous nous sommes ignorés fut de deux jours après une dispute particulièrement violente et je finis par conduire jusqu'à Hanover pour m'excuser juste pour revoir un appel d'Edward à mi chemin. Il n'y avait aucune raison d'être si puéril. Faites l'amour pas la guerre et toute cette merde.
Nous étions là en train d'installer notre premier chez nous. Je n'avais pas arrêté de sourire depuis des heures. Si quelqu'un m'avait dit quand j'étais partie de Forks que je serais ici dans six ans je lui aurais ri au nez.
Je regardai, un peu perdue, Edward poser son clavier sur la table de chevet. Notre table de chevet et notre appartement.
"Il y a une raison pour que tu le mettes si prêt du lit, Eddie? Tu sais bien que si je me lève au milieu de la nuit je vais trébucher et tomber et tu es conscient que je vais sûrement me casser une cheville."
Il rigola. "S'il te plait Bella. Je pense que tu me connais assez bien pour savoir que je ne te laisserai jamais te faire du mal. En plus tu n'es que maladroite, pas handicapée."
J'ignorai son commentaire et sautai sur le matelas froissant la couette que nous avions achetée dans ce magasin spécialisé. Edward et moi avions vraiment apprécié de faire ces achats, nous avions joué au vieux couple en choisissant des accessoires pour la salle de bain et du linge de maison. Parfois nous nous inquiétions d'avoir grandi et me sentais comme une vieille Bella . Je veux dire j'ai 22 ans et je vis déjà avec mon petit ami à trois mille kilomètres de nos familles. J'ai un vrai travail et une vraie vie. Mais tout ce qu'il faut c'est que je puisse regarder Edward et toutes mes peurs s'évanouissent. Enfin ... la plupart.
Je regardai la photo sur la table de chevet, me rappelant la nuit où elle avait été prise : la première fois que nos parents dînèrent ensemble. Depuis Carlisle et Charlie se retrouvent une fois par semaine pour regarder des matchs et boire de la bière. Ça m'avait fait définitivement flipper au début.
Quand cette photo avait été prise Edward et moi étions en sueur, échevelés et complètement essoufflés, nous avions parcouru une vingtaine de pâtés de maisons en courant pour arriver là. Nous étions rentrés à toute vitesse par la porte d'entrée en riant comme des fous. Esmée était arrivée pour voir ce qu'il se passait et elle rigola en nous voyant, elle se saisit de l'appareil photo sur la table de l'entrée. J'étais face à Edward qui avait mis ses bras autour de moi. Mes mains étaient posées sur mon ventre et nous faisons des sourires stupides. C'était ma photo préférée même si nous n'étions pas arrangés et c'était la première où nous étions ensemble. Nos parents n'ont jamais su que mes cheveux avaient été plus ébouriffés par les mains avides d'Edward que par la course.
Edward, 22 ans, était couché près de moi son bras autour de mon ventre, presque comme sur la photo et il me tira sur son torse.
"Je me demande bien ce que Charlie aurait fait s'il avait su que j'avais ta culotte dans ma poche?"
"Il t'aurait probablement arrêté. Il aurait caché de la drogue sur toi et ensuite aurait appelé les chiens renifleurs."
Edward ricana. "Ne jamais sous-estimer un flic des petites villes avec une fille magnifique, je suppose."
Je me retournai dans ses bras pour lui faire face. "J'ai une question."
"Vas-y!"
"Maintenant que je suis ta douce et tendre, vas-tu me faire chaque soir un repas maison? Tu sais ... m'amener mes pantoufles alors que tu déambulerais simplement en tablier?" Je lui souris pour lui faire comprendre que je plaisantais.
"Ah et tu crois être drôle, pas vrai?"
"Oui on m'a dit que je l'étais."
Il m'effleura, ce qui me chatouilla comme l'enfer et s'arrêta avec un sourire quand il vit mon regard d'avertissement. "Eh bien si tu veux savoir, Bella une fois que tu seras ma femme j'ai l'intention de te traiter comme tu le mérites."
Je roulai des yeux. Il faisait cela tout le temps. Je n'étais pas vraiment opposée à devenir la femme d'Edward mais je n'étais pas prête à le lui dire encore.
"Je te l'ai déjà dit Edward. Je ne vais pas t'épouser. Je me réserve pour Joel McHale*.
Il grogna. "Qu'y-a-t-il entre cet homme et toi?"
Je haussai les épaules en pinçant son estomac. "Il est hilarant. The soup est le meilleur show de la télé!"
"Il reprend juste des extraits d'autres mauvaises émissions! Comment ça peut être bien?"
Je tirai ma langue et secouai la tête. "Je ne m'attendais pas à ce que tu comprennes, Jean-Claude Godard."
Il soupira fort. "Je te l'ai dit un million de fois, Bella. C'est Jean-Luc Godard. Le seul Jean-Claude que je connaisse c'est Jean-Claude Van Damme." Je rigolai car chaque fois que je disais ce nom il me corrigeait. "En même temps tu sais bien que tu vas m'épouser."
"Non. Si ça ne marche pas avec Joël il reste Michal C. Hall. Les tueurs en série ou les directeurs de pompes funèbres gay sont ceux qui ne font le plus rêver*."
Il rit et me prit dans ses bras. "Attends Jellybean. Je vais te le demander un jour et ça va complètement te couper le souffle. Et tu ne sauras pas quand ça va arriver." Il me fixa sérieusement, caressant ma pommette avec ses doigts. "Je vais me marier avec toi Bella Swan."
Je me penchai et posai mes lèvres sur les siennes lui montrant que j'étais d'accord mais lui demandant un petit peu plus de temps sans un mot. Il me rapprocha de lui et releva mon menton tandis qu'il ouvrait ma bouche. Les picotements qui se propagèrent en moi étaient si familiers, il me faisait me sentir vivante et aimée. Et je sentis les papillons dans mon ventre. Et bien sûr il me faisait encore d'autres choses...
"Alors Edward," demandai-je une fois que mon visage fut à quelques centimètres du sien. "Tu suggères que nous commencions à baptiser quelle pièce?"
OOO
Cinq heures plus tard nous étions blottis l'un contre l'autre dans le lit complètement épuisés et satisfaits. Il s'était endormi dans la minute en marmonnant un 'je t'aime' avant de tomber dans l'inconscience, ce qui m'avait fait sourire. C'était plus difficile pour moi, l'énormité de cette journée me faisait beaucoup réfléchir.
J'étais plus heureuse dans la vie que tout ce que j'avais pu imaginer. Et c'était encore mieux parce que je savais que ma famille l'était aussi. Emmett et Rosalie s'étaient installés tout près de Seattle. Ils avaient ouvert leur garage quelques années auparavant et vivaient décemment. Alice et Jasper s'étaient mariés à dix-neuf ans après qu'Alice soit tombée enceinte. Elle avait relevé ce défi comme seule elle pouvait le faire, restant à l'école et finissant son diplôme en cours. Elle travaillait en tant que styliste à San Francisco, habillant des gens comme s'ils étaient sa barbie, ce qui lui convenait parfaitement bien. Jasper poursuivait ses études et il avait exprimé le désir de rester étudiant et aussi d'être un papa à la maison. Même Charlie avait trouvé le bonheur, il était tombé amoureux d'une femme de La Push pendant ma dernière année d'études secondaires.
Et Edward et moi? Nous étions chanceux.
Je me libérai de l'étreinte chaude d'Edward en riant doucement au gémissement fatigué qui lui échappa et pris la photo sur la table de chevet. Tellement de choses avaient changé en cinq ans. J'étais bien loin de la fille stupide qui avait repoussé un bon gars parce qu'elle avait eu peur d'être blessée. J'étudiai la photo, me sentant sacrément nostalgique et je remarquai qu'il y avait quelque chose dans le coin supérieur de la photo comme si on avait écrit dessus.
Je ne l'avais jamais remarqué auparavant. Je retournai le cadre et en sortit la photo. Edward me l'avait donnée comme ça avant que nous nous séparions pour nos études et je ne l'avais jamais enlevée de là. Si je l'avais fait j'aurais vu ce qu'il avait écrit derrière.
"Five years time, I might not know you.
Five years time, we might not speak.
In five years time, we might not get along.
In five years time, you might just prove me wrong.*"
Je t'aime Jelly Bean. Pour toujours. Peu importe ce qu'il se passera.
Je remis la photo en place et retournai auprès d'Edward en souriant lorsqu'il m'enlaça dans son sommeil. Je déposai un baiser sur son torse nu, mon cœur débordant d'amour pour cet homme merveilleux. J'enfouis ma tête au creux de son cou et souris de contentement.
J'allais l'épouser.
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F I N
...
* acteur et humoriste américain
* Dexter - Six pieds sous terre (vous connaissez je suppose?)
* "Cinq ans,
Je pourrais ne pas te connaître
Cinq ans,
Nous aurions pu ne pas nous parler
Dans cinq ans,
Nous pourrions ne plus nous entendre
Dans cinq ans,
Tu pourrais juste me prouver que j'ai tort."
