Toc ?
Toc ! toc !
TOC TOC TOC !

-Hein ? Quoi ? bredouille le jeune homme, réveillé en sursaut.

-Ouvrez ! s'exclame une voix à travers la porte noire, au fond de la pièce.

-D… Deux petites minutes, crie-t-il, à moitié endormit, se précipitant sur le premier vêtement qui lui tombe sur la main.

Il enfile un pantalon défraîchi qui gît au pied du canapé de cuir brun, passe une main dans ses cheveux en bataille et jette un coup d'œil sur la belle pendule de bois sculpté pendule : huit heure ! Mais qui peut donc bien avoir l'idée de tambouriner à la porte de son appartement à huit heure deux du matin, un dimanche, qui plus est ?

Oui oui, vous avez bien lu appartement.
Que peut bien faire Drago Malefoy dans ce flat minable, à mille lieux de l'habitation que tout digne héritier de ce nom doit posséder, me direz-vous ? Eh bien, ce deux-pièces défraîchi encombré de riches meubles qui contrastent avec le reste de l'endroit est là où il vit.

-J'arrive ! s'exclame le blond aux yeux gris d'une voix agacée, alors que le tambourinement à la porte reprend de plus belle.

-Oui ? demande-t-il, la porte ouverte sur deux individus qu'il ne connaît pas, même s'il se doute de leur identité.

-Mr Malefoy ? demande le plus âgé, un homme qui porte un petite moustache brune bien taillée, chapeau melon aubergine et cape rouge à fines rayures noires –accoutrement que l'ex-Serpentard ne peut que confusément réprouver ; personne n'aurait idée d'assortir ses vêtements de la sorte !

Le ton a quelque chose de… condescendant. Un peu trop. Comme si son nom était matière à critique.

-C'est moi, réplique le concerné.

Il doute d'ailleurs que les deux envoyés du Ministère –car ils y sont bel et bien employés, cela le jeune homme n'en doute pas- ignorent à qui ils ont affaire.

-J'ai le regret de vous informer que vous devez quitter ce logement le plus rapidement possible.

-Vous êtes expulsé, ajoute le deuxième, plus direct.

Il porte une barbe noire naissante et a de grosses cernes violettes sous ses yeux d'ébène, ce qui lui donne un air un peu débraillé, mais au moins, songe Malefoy, il porte un costume correct ; noir et blanc. Simple.

Le jeune homme croit aussi entendre très discrètement un « après quatre mois de loyer non payé, faut pas s'étonner » mais impossible de deviner lequel a parlé, mais quelle importance, de toute manière ? Il hausse les épaules ; il ne peut pas dire qu'il ne s'en doutait pas. Après tout, il peut déjà s'estimer chanceux de ne pas avoir été mis dehors plus tôt.

C'est que le puissant Malefoy n'est plus.

Après la bataille finale, ou Potter-le-Survivant-Elu a botté les fesses de Voldy, le méchant mage noir dont on ose aujourd'hui prononcer le nom en riant de sa cuisante défaite, Malefoy senior a été reconnu coupable de « haute trahison », « collaboration avec l'ennemi », crimes contre la paix, la guerre et l'humanité, bref tout le tralala et s'est vu confisquer sa richesse pour « indemnités » et compagnie, sans parler qu'il a eut doit à un aller simple direction Azkaban, tout frais payés.
Merci ô glorieux Ministère !

Bref, Malefoy junior a tenté de sauver les meubles –au sens propre comme au figuré- mais comme papa n'était plus là pour assurer ses intérêts et qu'il ne s'était pas vraiment fait d'amis, il s'est retrouvé… dans le pétrin, c'est le moins qu'on puisse dire. Sans le sou. Pire que la famille Weasley, c'est dire ! Seul moyen de subsistance : vendre les meubles, patrimoine familial qui fut donc décimé aux quatre coins du pays –prions pour que Malefoy Ier n'ai jamais vent de cela ; il serait en train de se retourner dans la tombe à s'en faire un tour de rein !

Mais ça ne s'arrête pas là. Non. Ça serait bien trop simple.

-Nous nous voyons dans l'obligation de nous saisir de vos biens, continue l'homme à la cape ridicule, impitoyable.

-Non ! s'exclame Drago Malefoy.

Huissier et tout le timtouin, il sait ce que ça veut dire : en gros, il n'a plus rien. Ça veut dire finir clodo dans la rue. Une vision très nette de lui-même, misérable, assis par terre avec un écriteau sur les genoux avec du genre « J'ai faim, j'ai deux souris blanches à charge, donner une petite pièce pour le pauvre mendiant pitoyable que je suis » et un Ron Weasley triomphant, lui jetant une mornille au visage, le prend soudain. Pas question !

« Plutôt mourir » songe-t-il.

-Monsieur, menace les deux employés du Ministère. Veuillez ne pas opposer de résistance ou nous nous verrons contraint d'utiliser la force et …

Mais le blond n'écoute déjà plus. Il veut se précipiter sur sa baguette. Il ne veut pas faire du mal à ces deux abrutis, non, juste les stupéfixier et ficher le camps, avec de ce qu'il pourra. Mais les deux hommes sont plus rapides. Ils le menacent de leu baguette.

Désespéré ; Malefoy se met alors à courir… courir vers la fenêtre. Il passe à travers la vitre sous le regard ébahi des deux employés du Ministère de la Magie, qui n'esquissent pas un geste. Il ferme les yeux très fort et s'imagine à la tête d'une fortune colossale, alors qu'il tombe d'une dizaine d'étages.

Puis, il s'écrase au sol. Sans le sou. Pauvre.

Au centre de la foule qui s'est peu à peu formé autour du corps qui forme un angle inquiétant et les débris d'éclat de verre, un homme à la chevelure rousse observe le pantin désarticulé qui git au sol, avec un sourire de... satisfaction ?