Version du 17 novembre 2014
Cinq jours s'étaient écoulés après la conversation surprise entre Hidan et Pein. Je les surveillais tous les deux attentivement. Rien d'alarmant du coté de Pein mais Hidan lui, ricanait à chaque fois qu'il me croisait.
Sakura continuait de soigner les membres qui s'étaient fait écorchés au combat et d'obéir aux divers ordres. J'étais toujours avec elle. C'était d'ailleurs peut-être pour cela que le jashiniste ne l'approchait plus.
Sakura et moi descendirent ensembles au salon, alors que Pein semblait en pleine discussion avec un Deidara en colère :
« Qu'est ce que c'est que ces conneries ? Hum, faire porter le chapeau à Orochimaru d'accord mais cela met leur vie en péril !
-Et alors ? Un chien et une pu... »
Pein ne finit pas sa phrase, car il venait de nous apercevoir. Il tourna les talons à Deidara et partit dans son bureau en claquant la porte. Deidara lui, se jeta violemment sur le canapé et murmura des injures le regard perdu dans le feu dansant de la cheminée.
C'était louche. Sakura remonta doucement l'escalier mais moi je préférais aller voir Deidara. Il me regarda d'un air de pitié. Je n'aimais pas ça du tout.
Puis Hidan sortit du bureau du chef avec un petit sourire et monta à l'étage. Je posai ma tête sur les genoux de Deidara. Le blond défit sa queue de cheval et me gratta derrière les oreilles. Un bruit dans les escaliers, je relevai la tête, Sakura descendait, suivit de près par Hidan dont le regard était pointé sur un endroit qu'il était impoli de cité.
Pein sortit son bureau, encore rouge de s'être énervé. Il se planta devant Hidan et Sakura. Je les rejoins, voulant entendre toute la conversation. Pein prit la parole :
« Hidan, tu pars en mission avec Sakura. Et puis, tu emmèneras le cabot avec toi.
-Bien. Dit-il avec un sourire sadique aux lèvres.
-Qu'elle est la nature de la mission ? Questionna ma petite protégée.
-Une simple et banale mission de reconnaissance. » Répondit Pein.
Il mentait...
C'est comme cela que nous partîmes avec Kakuzu en plus, car il souhaitait surveiller le bon déroulement de la mission et en profiter pour faire un peu de business.
…
Le voyage se passa sans accroc. Je ne quittais pas Sakura d'une semelle et je surveillais Hidan de très près.
Je pus constater une chose durant le voyage : Kakuzu cuisinait admirablement bien et les poissons grillés que nous mangeâmes étaient délicieux. Il devrait donner des cours à Tobi ! Bon évidemment moi, j'avais le droit qu'aux têtes et qu'aux queues, Kakuzu étant très avare...
Une semaine s'était écoulée. Nous nous approchions d'Oto no kuni.
Kakuzu décida que nous établirions notre camp pour la nuit dans une clairière très proche du centre d'Oto. Il commença à préparer la nourriture. Sakura s'assit sous un arbre, épuisée. Je vins la rejoindre. Soudain, je m'aperçus qu'Hidan manquait à l'appel. Je ne m'alarmai pas. Tout être humain a des besoins primaires à satisfaire. Morte de fatigue, je finis par m'endormir sans même attendre que le dîner soit prêt.
Des éclats de voix me réveillèrent, des bruits de métal qu'on entrechoque. Des odeurs suspectes tout autour de nous me piquaient le museau. Je me levais d'un bon et aboyais pour alerter Sakura. Mais trop tard, celle-ci était déjà ligotée et hissée sur le dos d'un ninja plein de cicatrice et dont le bandeau indiquait qu'il faisait partit d'Oto.
Déjà une poignée de kunaïs filaient à toute vitesse vers moi. Je les évitai de justesse et m'enfuis à travers la foret. Un piège ! C'était un piège ! Et à tout les coups Pein était derrière tout ça !
Je continuai de courir, toujours plus vite, toujours plus loin. Une ombre me coursait. Je finis par tourner légèrement la tête pour identifier mon agresseur. Je faillis m'étouffer en reconnaissant Hidan.
Folle de rage, j'aurais aimé le découper en morceau, mais connaissant ses pouvoirs d'immortel, le mieux était encore la fuite. Mes pattes redoublèrent d'ardeurs. Des ronces, des échardes, même des éclats de verre se plantèrent dans mes coussinets. Mais la peur m'obligeait à avancer. Finalement, mon agresseur abandonna. Au bout de quelques centaines de mètres, je finis par m'arrêter, tremblante et essoufflée.
J'avais décidé de retrouver Sakura. Ors de question de l'abandonner. Je retournais prudemment sur les lieux de l'agression. Personne. Seules de minces odeurs persistaient encore. Je trouvais cependant rapidement la piste de Sakura et la suivit, elle menait droit à Oto.
Oto no Kuni, village comme tout village, avec ses rires, ses pleurs, ses échoppes, ses magasins et ses clients saouls.
Je me faufilais par l'entrée principale. De petits caniches voulurent m'attaquer, mais je les repoussais gentiment du bout de mon énorme patte.
La truffe au sol, je ne quittais pas la piste du nez. Elle me dirigeait vers les sombres quartiers, là où il ne faisait pas bon traîner le soir. Prudemment, je m'avançais à travers les ruelles. Ma fourrure noire m'aidait bien pour passer inaperçue. Je pus rapidement trouver la maison où était gardée la jeune prisonnière. Du sang couvrait les murs extérieurs. Une inscription faite de ce même liquide prévenait les intrus : « Ici sont les frontières entre la vie et la mort. »
Je poussais la porte du bout du museau avec appréhension. A l'intérieur tout était noir comme de l'encre. Je m'avançais à pas de loup, le parquet craquait. Je me concentrais sur la piste qui elle menait à la cave. Je descendis les marches la peur au cou. Je ne voyais rien, j'étais seulement guidée par mon flair. Soudain, j'entendis des sanglots. Au fond de la pièce, je vis Kakuzu et Hidan discuter avec un ninja à l'air louche :
« Donc ça fera dix milles pour la fille. Les clients raffolent les cheveux roses.
-Hum...Le compte y est. Viens Hidan, on se tire. »
Kakuzu se retourna une dernière fois et menaça le type. Ci celui-ci crachait que c'était l'Akatsuki qui avait vendu Sakura et non pas Oto qui l'avait kidnappé, il mourrait.
Le duo allait dans ma direction. A ma gauche, je vis un sac et je mis faufilai le mieux possible. Mais j'avais oublié que ma queue dépassait. Une chance qu'elle soit noire, Hidan ne vu rien quand il l'écrasa. Par contre je dus me mordre la patte jusqu'au sang pour ne pas hurler de douleur.
Les akatsukiens partirent, je sortis et, avançant collée au sol, je me plaçai derrière l'homme, et me mis en position d'attaque. En un bon, je lui sautai à la gorge. Il hurla. Je ne lâchai pas mon emprise même quand il me martela de coup de poing. Finalement, il s'écroula à terre et ne se releva pas. Je finis par le lâcher. Mes côtes me faisaient un mal de chien et c'était en me traînant que je rejoignis Sakura. Elle était pâle, des cernes noirs et profondes se creusaient sous ses yeux rouge. Elle avait pleuré.
Je mordis dans ses liens. Au bout de quelques minutes, ils cédèrent. Une fois Sakura libre, elle me soigna rapidement et nous nous enfuîmes le plus loin possible de cette maison maudite.
Dehors, la pluie était glaciale. Tout le village dormait. Je me faufilai devant Sakura pour lui ouvrir la voie. Nous atteignîmes la sortie sans encombre.
Essoufflées comme jamais, nous fîmes une pause au milieu des bois. Soudain, une étrange impression me prit à la gorge. La même sensation qu'il y a un mois exactement...
Non...Non non non ! Pas maintenant !
Le noir total.
Un bruit.
Une odeur.
De la lumière...
Quand j'ouvris les yeux, j'ai d'abord cru que je rêvais. J'étais étendue dans un champ de blé. Un chien blanc était à mes cotés. Je me relevai, complètement déboussolée. Non seulement, j'avais retrouvée mon corps d'origine, mais en plus, le paysage avait complètement changé.
Le chien à mes cotés se releva à son tour. Il était couleur neige et ses pupilles étaient d'un vert profond.
« Sakura calme toi que je t'explique ! »
La chienne tournait dans touts les sens, jappant, complètement perdu.
« Sakura ! »
Je l'attrapai, la forçant à me regarder dans les yeux :
« Calme toi je vais tout t'expliquer. »
Je lui racontai alors mon aventure. Que je venais d'un monde différent du sien. Que j'avais été enfermé dans le corps d'une louve et ''kidnappé'' par l'Akatsuki. Puis je lui expliquais qu'à chaque pleine lune, je retrouvai mon corps d'origine. Mais ce mois si, tout était bouleversé. J'étais apparemment retourné dans mon monde, entraînant Sakura avec moi. Et c'était elle qui c'était transformée en chienne.
« Ne t'inquiète, pas ça ne dure jamais longtemps. »
Elle gémit et posa sa tête sur mes cuisses nues.
Quelques minutes plus tard, comme je l'avais prévue, tout redevint ''normal''. J'étais dans le corps d'une louve, dans une foret noire en compagnie de Sakura. Mais quelque chose clochait, Sakura n'était pas là, à la place, il y avait toujours un chien blanc aux yeux émeraudes.
Mince elle est restée sous cette forme !
Je passais donc ma nuit à la calmer, elle semblait déboussolée mais ses réflexes de ninja reprenaient le dessus et c'est avec une volonté de fer qu'elle accepta son nouveau corps. Deux jours plus tard, nous étions devenus pratiquement inséparables. Sakura, qui n'avait en rien perdu son chakra pouvait toujours guérir les blessures par le biais de sa truffe. Elle m'apprit quelques techniques ninjas adaptées à notre situation mais j'avais énormément de mal à les réaliser.
Je pouvais lire une foule de question dans les yeux de Sakura. Elle devait sûrement se demander pourquoi j'étais devenus un chien et pourquoi j'avais atterris ici. Et puis pourquoi cette sorte de malédiction l'avait aussi touché. Et puis surtout, comment s'en débarrasser ?
Sakura me suivait depuis plusieurs jours. J'avais décidé de revenir dans le repère de l'Akatsuki pour mettre les choses au claire et en profiter pour foutre une bonne raclée à Hidan. Et puis Deidara et Tobi me manquaient, il fallait l'admettre ! Même si je me passais très bien des « Kiki ».
Enfin, je voyais l'entrée de la grotte, Sakura se rapprocha de moi, pas rassurée du tout. Je passais la lisière de la foret, en faisant bien attention d'éviter les pièges posés par Zetsu et m'aventurais à l'intérieure de la grotte.
Tout était noir, comme d'habitude. La truffe au sol, je me laissais guider lentement par les traces odorantes des membres pour pouvoir retrouver la porte. Enfin, la voilà ! Je restais quelques secondes devant à réfléchir. Puis finalement, en priant pour que se soit Deidara, Konan ou l'imbécile qui ouvre, je me mis à japper le plus fort possible.
Je ne savais pas que cela allait faire autant de grabuge :
A l'intérieur, quelques secondes après que je me sois tu, on entendit un énorme juron :
« Fuck de bordel de merde ! C'est quoi cette connerie ? Il devrait être mort ce chien !
-Ta gueule Hidan ! Hum ! »
''PAF''
« Deidara-sempai a assommé Hidan ! Deidara-sempai a assommé Hidaneuuh !
-Tais toi et vas ouvrir à Aka au lieu de parler, imbécile.
-C'est vrai que Kiki m'attend ! J'y cours sempai ! »
Un gros fracas, des éclats de verre, des chutes en tout genre.
« Fait un peu attention Tobi ! Ça coûte une fortune tout ça !
-Pardon pardon, Tobi est désolé ! »
La porte s'ouvrit en grand et puis :
« KIKI ! »
Je crois que je n'avais jamais été aussi heureuse de le revoir ce gros bêta, il m'étouffa à moitié dans ses bras et puis :
« Deidara-sempai ! On a un nouveau chien !
-Comment ça ? Ce n'est pas Kik...Hum, Aka ?
-Non, Kiki est bien là mais elle a apporté une amie ! »
Tobi nous prit dans ses bras toutes les deux et nous entraîna à l'intérieur.
« Regardez sempai ? Vous voulez lequel ?
-Tobi, Aka est à moi ok ? Hum. T'as qu'à te consoler avec l'autre. »
Tobi me lâcha mais garda Sakura dans ses bras et la berça. Cette dernière était complètement ahurie mais ce laissa faire.
Quant à moi, j'allais voir l'artiste, il paru heureux de mon retour. Juste à coté de lui, étalé sur le tapis, le corps inanimé d'Hidan ronflait doucement.
Soudain, la porte du bureau de Pein s'ouvrit en grand et une Konan folle de joie vint me serrer dans ses bras. Puis, elle se dirigea vers Sakura pour la sauver de l'emprise de l'idiot.
Pein sortit à son tour de sa tanière. Il me fixait avec incrédulité avant d'afficher un air contraint. Après tout, sa petite chérie aimait les chiens alors pourquoi lui refuser ? Après avoir échanger un sourire avec Konan, il retourna s'enfermer dans son bureau.
Et moi, je décidais que cette malédiction devait être abolie, peut importe le moyen.
Même si je devais aller au bout du monde pour débarrasser, je le ferais.
Ma quête de l'antidote venait de débuter.
Voilà pour ce chapitre ! Je vous retrouve au prochain ;)
