Disclamer : ces persos ne sont pas à moi.
Note : merci beaucoup pour vos reviews, j'espère que la suite vous plaira tout autant.
Souviens-toi de moi
…
La situation n'aurait pas pu être plus pénible pour Heero : le soldat parfait était parfaitement capable de maîtriser le jeune drogué mais l'homme tremblait rien qu'à l'idée que le blondinet soit blessé.
Pourtant, le couteau qu'il pointait devant lui était plus que sérieux, et surtout très menaçant. Dans son état, loin de toute lucidité, Quatre était prêt à tout pour avoir de la drogue, le japonais en avait parfaitement conscience. Même à le tuer… Le manque devait couler dans ses veines, venir comprimer son cœur et broyer son esprit. Son cerveau devait réclamer sa dose et communiquait cette demande aux nerfs, insufflant dans le corps entier du blond une envie irrépressible et tenace, une envie contre laquelle il ne pouvait rien faire, sinon obéir.
Heero n'avait jamais consommé de drogue mais il en avait appris tous les secrets et connaissait les désastres qu'elle pouvait provoquer. Et il avait appris par cœur les effets terribles du manque… Il savait que Quatre devait souffrir mais… il ne pouvait ni se mettre à sa place, ni l'aider.
Il ne pouvait faire qu'attendre, or le blondinet semblait avoir décidé que sa patience était quant à elle à bout.
Il fit un pas vers la porte de la cuisine mais le japonais ne bougea pas, bloquant ainsi le passage consciemment, ce qui accentua la colère du blond.
« Laissez-moi passer !! » hurla-t-il avec rage.
« Jamais Quatre. Tu es malade et il faut te soigner. Je ne te laisserai pas partir dans cet état. »
« NOOOON !!! »
Fou de rage et littéralement hors de lui, Quatre s'élança sur Heero, croyant ainsi l'atteindre sans problème. Mais ses gestes étaient trop désordonnés, trop malhabile. Le manque obscurcissait son âme et son esprit, l'empêchant de coordonner ses mouvements et ses intentions.
Un adversaire tel que lui, et dans cet état, ne présenta pas de grande difficulté pour Heero, qui esquiva au dernier moment le couteau qui fonçait sur lui et attrapa habilement les deux poignets du blond, le bloquant avec force. Quatre cria de douleur mais ne lâcha pas pour autant l'arme, s'y raccrochant avec la force du désespoir.
Voyant cela, le japonais tenta de le faire lâcher prise, tordant les poignets dans l'espoir que Quatre abandonne le combat, mais une sorte d'instinct fit réagir le blond. Bizarrement, malgré son amnésie, Quatre ne semblait pas avoir totalement tout oublié de sa vie précédente, ou tout du moins son corps retrouva en cet instant les gestes qu'il fallait. Sa jambe partit, fauchant agilement celles du japonais qui tomba lourdement à terre.
Heureusement qu'Heero avait été formé intensivement au combat, car il n'en lâcha pas pour autant son adversaire, sachant pertinemment que si Quatre réussissait à fuir, il ne survivrait pas longtemps dans le désert, tout seul. Au contraire, il entraîna le blond dans sa chute et les deux corps se mêlèrent sur le sol.
Un cri de douleur résonna brièvement, puis un combat s'engagea, qui ne prit fin qu'au moment où Heero réussit enfin à assommer Quatre, et ce dernier tomba mollement sur son compagnon, enfin inconscient et le visage un peu plus serein.
Le japonais se redressa en grimaçant, et ramena son bras contre lui… Un frisson douloureux le traversa et il baissa son regard sur la longue estafilade qui parcourait son avant-bras. Du sang coulait abondamment : la blessure devait être profonde…
Bon sang, il aurait dû faire attention et être plus prudent que cela ! Comment avait-il pu ne pas entendre Quatre se faufiler dans la cuisine ?
Préférant s'occuper d'abord du blond, il le souleva dans ses bras et le ramena dans la chambre, grimaçant sous l'effort qu'il imposait à son bras. Lorsqu'il le déposa délicatement sur les draps, l'idée que ce dernier puisse de nouveau se relever dans l'intention de s'échapper s'imposa à lui et il préféra ne prendre aucun risque. Il avait été blessé dans leur altercation, mais Quatre aurait également pu être touché et rien que cette idée rendait le japonais malade d'inquiétude, si bien qu'il décida de prendre une solution radicale.
Attrapant les cordons des rideaux, il les noua autour des poignets du blond, avant de l'attacher aux montants du lit solidement. Il éloigna les deux mains du blond l'un de l'autre, dans le but de l'empêcher de se délivrer, et il fit attention à ne pas lui faire mal en l'attachant, si bien que Quatre ne pourrait ni se blesser ni s'échapper ainsi.
Cela fait, Heero sentit un vertige le prendre et il porta la main à son front. Quelques gouttes de sang tombèrent sur les draps blancs, contrastant affreusement et rappelant ainsi une dure réalité.
Se sentant mal mais ayant connu pire, le japonais revint au salon, fermant délicatement la porte de la chambre, et il partit chercher la trousse de secours. Il désinfecta rapidement la plaie, ne pouvant s'empêcher de grimacer chaque fois que l'alcool passait sur sa blessure, et après l'avoir nettoyé sommairement, il banda comme il pu son bras. Heureusement pour lui, la lame n'avait coupé aucun tendon et n'avait abîmé aucun muscle, mais une douleur intense se propageait dans son bras à chacun de ses mouvements, si bien que le japonais, plus vraiment habitué à ce genre d'accident, préféra prendre quelques anti-douleurs afin de supporter la douleur.
Ceux-ci l'assommèrent un peu et finalement épuisé par les derniers évènements, le japonais s'effondra sur le canapé. Ses yeux se fermèrent aussitôt et il se laissa aller dans le sommeil, y cherchant un peu de repos et de réconfort.
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- Tout va bien Heero ?
Le japonais sursauta et jeta un regard froid sur le jeune arabe.
- Hn.
Quatre sourit et s'approcha du canapé où le japonais s'était réfugié pour pouvoir travailler en toute tranquillité. Tout doucement, au fur et à mesure qu'il se rapprocha, le pianotement des touches s'espaça avant de finalement s'arrêter totalement quand le blond fut enfin assis à ses côtés.
Le jeune arabe en sourit et il posa sa main sur l'épaule du japonais. Un contact chaleureux et agréable, qui toucha profondément Heero. Même s'il ne l'aurait jamais avoué, il adorait ces instants, où Quatre n'était qu'à lui, juste l'espace d'un instant... Il ne lui avait jamais dit ses sentiments mais il aimait quand l'attention du jeune arabe lui était toute entière destinée.
- Tu sembles stressé…
Seul un soupir lui répondit mais Quatre semblait avoir l'habitude. Le silence d'Heero était célèbre et il ne semblait pas vraiment le gêner. En fait, il l'appréciait au même titre que le babillement sans importance de Duo et les hurlements colériques de Wufei… C'était la manière que le japonais avait trouvé pour communiquer et pour se protéger. Il l'acceptait en tant que tel et n'aurait jamais cherché à le faire parler inutilement.
- Je… Je te proposerai bien quelque chose mais…
Cette fois-ci, intrigué, le japonais releva ses yeux vers lui, et Quatre y lut une lueur de curiosité qui le fit sourire.
- Un petit massage, cela te dirait ?
Heero arqua un sourcil et répondit finalement :
- D'accord.
Mais parce que c'est toi Quatre… Uniquement parce que c'est toi.
Le blondinet sourit de plus belle et se mit aussitôt au travail.
Quelques minutes après, Heero soupirait de soulagement et d'aise…
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Ce fut un cri de fureur qui arracha Heero au doux rêve nostalgique qu'il faisait. Il aurait tellement aimé rester là-bas, là où Quatre était encore le petit ange blond qu'il avait connu et qui avait capturé son cœur.
Malheureusement, l'ange transformé en démon par la drogue se rappela brutalement à lui. Des hurlements furieux lui parvenaient et le japonais se releva en soupirant, le cœur lourd.
Il vint ouvrir la porte et s'approcha du lit où reposait le jeune arabe… Enfin, reposer était vite dit. Le lit où s'agitait le jeune arabe aurait été plus véridique.
Quatre était déchaîné, furieux qu'on l'ait attaché et de plus en plus dévoré par le manque. Dés que ses yeux se posèrent sur Heero, il reprit de plus belle, vociférant :
« Vous n'avez pas le droit !!! Libérez-moi !! »
Le japonais ne répondit même pas : qu'aurait-il pu dire ? L'attitude du blond commençait même à l'énerver mais il n'avait pas le droit de lui en vouloir…
Quelque part n'était-ce pas de sa faute ? S'il était arrivé plus tôt pour le libérer des geôles d'Oz, Quatre n'aurait jamais connu cela…
Il s'éclipsa le temps d'aller chercher une bassine d'eau et un gant, qu'il ramena à côté du lit de Quatre. Puis, ignorant les gesticulations et les vociférations du blond, il entreprit de tremper le gant dans l'eau fraîche afin de le passer délicatement sur le front de Quatre, essuyant sa sueur et soulageant sa fièvre. Tout cela dans un tel silence que le blond finit par comprendre que s'agiter ne servait à rien.
Depuis qu'il avait rencontré cet homme, il n'était plus maître de lui-même. L'asiatique semblait vouloir diriger entièrement sa vie, ce qui l'énervait au plus haut point mais… il semblait qu'il ne pouvait absolument rien faire contre lui. Sa tentative de fuite avait viré au ridicule et ses cris n'ébranlaient même pas l'homme qui restait impassible en toute circonstance.
Il ne comprenait pas ce qu'il lui voulait mais une chose était sûre : il ne pourrait rien y faire.
Alors, lui-même fatigué à force de hurler et de se démener contre des liens trop solides, il cessa ses mouvements furieux et retomba mollement sur les draps, oubliant le combat pendant un instant.
Son regard fuit vers le plafond, ignorant l'asiatique et il se laissa docilement soigner, surprenant Heero qui cependant fut heureux de le voir revenir dans de meilleures dispositions.
Et avec cette trêve, les larmes ne mirent pas longtemps à revenir dans les beaux yeux bleus. Le manque le dévorait, le faisait souffrir jusque dans son âme et il n'en pouvait plus… Il était à bout de forces.
« Pourquoi.. ? » finit-il par lâcher d'une voix étrangement faible.
« Parce que tu es mon ami Quatre. » répondit calmement Heero.
« Je ne me souviens pas de vous, je ne sais même pas qui vous êtes, alors comment pouvez-vous être mon ami ? »
« C'est… parce que tu as oublié une grande partie de ton passé. Mais cela reviendra, ne t'inquiète pas. »
Le blond soupira devant cette réponse plus qu'évasive. Se rappeler lui semblait tellement abstrait et impossible.
Les sanglots augmentèrent, alors que le manque soulevait son corps d'un haut-le-cœur, et il murmura d'une voix hachée :
« Laissez-moi… S'il vous plaît… Laissez-moi tranquille… Je n'en peux plus… Je… veux être seul… »
« Non. Je ne peux pas t'abandonner maintenant. »
Le blond secoua la tête en fermant les yeux, tellement la douleur devenait forte.
« Pourquoiiii… ? » se plaignit-il.
« Parce que tu souffres et je ne te laisserai pas seul face à ça Quatre. »
Le jeune arabe ouvrit des yeux étonnés, oubliant pendant un instant sa douleur, et il sursauta faiblement quand il sentit une main se poser sur la sienne. Ses tremblements redoublèrent d'intensité et il plongea un regard tourmenté dans les deux cobalt glacées qui avaient pris une lueur tendre et réconfortante.
Une sensation foudroyante le traversa et il eut l'impression étrange d'avoir toujours attendu ces deux prunelles, cette couleur bleue tellement belle… L'impression de l'avoir recherché chaque fois qu'il avait plongé dans ses trips, à chaque dose qu'il prenait… L'impression de l'avoir poursuivi sans jamais avoir réussi à la trouver…
Jusqu'à maintenant.
Il eut un sanglot encore plus douloureux et tourna brutalement la tête de côté, sonné et complètement perdu.
Il serra les poings et l'une de ses mains attrapa celle du japonais, un peu brutalement, comme si c'était une urgence.
Surpris, Heero resserra pourtant sa prise, follement heureux intérieurement que Quatre accepte son aide.
« Je suis là et je ne bouge pas. » murmura-t-il.
Il avait été lâche jusque là mais il allait se rattraper. Désormais, quoi qu'il se passe, il serait là pour Quatre.
…
…
A suivre…
