Chapitre 7

Whiteout


Mardi matin, le soleil se leva lentement sur Corona, d'une lumière presque surnaturelle tant il illumina la chambre lorsque ses rayons passèrent à travers la fenêtre. Glissant le long du parquet au fil des minutes, la lumière chaude et accueillante qui veillait sur le royaume vint finalement se heurter au mur de la porte, et Elsa eut la malchance d'avoir le reflet sur la couleur claire du lambris se refléta droit sur ses yeux. Gémissant de peine car elle venait à peine de trouver le sommeil, elle se retourna dans son lit, mais rien n'y faisait : toute la pièce était désormais aussi éclairée que si elle se trouvait à l'extérieur. La reine ne réussit pas à se rendormir, et se plaça sur le dos puis ouvrit un œil. Un trait de lumière dépassant des rideaux jaillit directement dans sa pupille et l'aveugla un instant.

Étouffant un juron dans ses draps, elle sortit son bras gauche du lit et gicla une vague de glace contre la fenêtre, qui s'éclata entre la vitre et le bois. S'étalant à la manière d'un filet, les liens de glace vinrent coller le rideau au mur pour effacer le rayon de soleil. Cela n'enleva en revanche rien à la luminosité de la pièce, et après un silence, Elsa soupira un râle depuis sa position. La blonde se redressa en position assise et rejeta de colère les draps sur ses tibias, puis évapora la toile de glace d'un geste agacé du poignet.

En fait, ce n'était pas après le soleil qu'elle en avait. La chaleur de Corona et sa lumière matinale commençaient d'ailleurs à beaucoup lui plaire. Ce qui l'enrageait, c'était le fait qu'elle ne parvenait toujours pas à avoir une nuit complète de sommeil, même dans un état serein de vacances et sans aucun devoir royal pour la stresser. Elle sortit du lit pour aller à la salle de bain, mais en s'asseyant sur le bord du lit, son regard tomba sur sa sœur cadette, dont la simple posture dessina un immense sourire sur ses lèvres.

Étalée sur son lit, plongée dans un profond sommeil bien qu'il était déjà neuf heures – ce qu'avait remarqué Elsa en regardant la minuscule pendule dans un coin de la chambre – elle dormait dans une position des plus improbables, et ce fut difficile pour Elsa de ne pas rire lorsque cela lui rappela l'époque de leurs vies où elles dormaient dans la même chambre. Anna somnolait à plat ventre, la tête enfouie dans l'oreiller, un bras encerclant cet objet qui avait la qualité d'étouffer ses ronflements, et l'autre bras le long du corps, légèrement replié sur sa hanche. Sa couette se trouvait sens dessus dessous, car une de ses jambes passait par-dessus et qu'Elsa put voir un pied recouvert de taches de rousseur dépasser au bout du lit. Impressionnée par son sommeil, l'aînée n'osa évidemment par l'en tirer, et préféra la regarder un moment. Au bout de plusieurs minutes, elle choisit toutefois de se lever pour de bon et d'aller se changer.

La reine tira discrètement un de ses tiroirs et en sortit une robe blanche qu'elle conjugua avec un corset violet d'Arendelle, décoré d'un simple crocus cousu en vert, jaune et blanc. Elle l'observa un moment avant de se diriger vers la salle de bain, profitant justement de la lumière qui baignait la pièce dans une couleur chatoyante. Le corset ressemblait, si on ignorait sa couleur principale, à celui qu'avait porté Anna le jour de son couronnement. Ils possédaient les mêmes coutures, les mêmes dessins, mais le fond différait. Elle sourit en se disant que cela amènerait un peu d'Arendelle à Corona, et entra dans la salle de bain. Ouvrant les robinets pour faire couler de l'eau, elle se déshabilla et se frotta le visage avec le gant de toilette plié sous l'évier qui portait un délicieux parfum d'amande. Souriant en voyant que la température de l'eau atteignait beaucoup plus vite la chaleur idéale qu'en Norvège, Elsa enjamba le bord de la baignoire et se doucha avec ravissement.

Quelques minutes plus tard, lorsqu'elle eut fini de se sécher, il fut dur pour elle de retenir un jour de plus son tic de simplement créer une robe de glace par-dessus ses sous-vêtements. Elle arrêta son geste juste à temps et, comme la veille, enfila la robe posée sur le tabouret à côté de la porte puis s'observa dans le miroir. Même si seulement un mois s'était déroulé depuis qu'elle assumait et maîtrisait ses pouvoirs, cela lui était à chaque fois étrange quand elle ne portait pas de vêtements en glace. Néanmoins, elle s'y efforçait. Le royaume de Corona n'était pas censé savoir qu'une reine possédant la magie de neige et de glace se promenait dans ses ruelles, et s'y déplacer en robe faites de cristaux, même sans longue traîne, donnait un indice assez évident.

Elsa grimaça à cette contrainte qu'elle s'était elle-même imposée, et regarda sa robe blanche dans le miroir. Bouffante au niveau des épaules et de la poitrine, elle descendait jusqu'à ses genoux dans un voile, et les manches s'arrêtaient au niveau de ses coudes, pour continuer d'un petit tissu volant et transparent. Elle plaça le corset sur son torse, noua patiemment les ficelles dans son dos et se fixa de nouveau, le visage fermé, dans le miroir. Dépitée, la blonde trouvait à chaque fois que quelque chose manquait. Elle hésita un moment, puis un sourire malin étira ses lèvres. "Rien ne m'empêche de créer des habits de glace tant qu'ils sont réalistes", pensa-t-elle tandis que son visage s'éclairait.

En combinant des mouvements allongés de ses mains à la manière d'un chef d'orchestre en tempo adagio, Elsa décora son corset. Plusieurs motifs, qui ressemblaient à des flocons étirés sur la longueur, glissèrent le long des coutures pour que cela se voie le moins possible. Dans un petit rire, elle indiqua une direction à plusieurs vagues de glace qui passèrent derrière son dos et glissèrent le long des ficelles pour les recouvrir d'une couche étincelante. Après plusieurs secondes d'amusement, Elsa créa dans les airs un gilet entièrement constitué de glace, mais dont elle épaissit la matière à vue d'œil. Gagnant en densité, le vêtement s'assombrit de plus en plus, passant du bleu très clair au cyan, puis au bleu azur, pour finalement devenir bleu égyptien. Elsa s'arrêta là car, même si le gilet lévitait loin devant elle, elle sentait sur ses doigts qu'il avait gagné plusieurs centaines de grammes et serait bientôt inconfortable à porter. Elle le prit dans ses mains, l'enfila avec un sourire et recula de plusieurs pas pour s'observer dans le miroir. La reine ne put dire comment elle y était parvenue, mais les mesures étaient idéales et l'habit lui allait parfaitement, comme d'habitude.

Elle tourna sur elle-même, décorant le gilet de plusieurs motifs, jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite. S'apprêtant à nouer ses cheveux dans un chignon, elle changea alors d'avis et laissa ses cheveux comme ils étaient, les brossant simplement sur leur longueur. Elle entendit au même moment Anna se lever à travers la porte. Le parquet vibrait des pas de la rouquine, et Elsa devina qu'elle était allée ouvrir la fenêtre en attendant qu'elle libère la salle de bain. La reine reprit ses affaires et sortit de la pièce, puis trouva comme attendu sa sœur, debout, appuyée contre le rebord de la fenêtre ouverte dont elle avait écarté les rideaux.

- Le temps est superbe, ce matin, lança la cadette d'une voix joyeuse, la tête au dehors et contemplant Corona depuis sa hauteur.

- Il y a déjà des stands ouverts ? Demanda Elsa, qui après avoir rangé sa robe de nuit, la rejoignit à la fenêtre.

Anna s'écarta pour lui laisser la place, et, dans le même mouvement, l'observa d'un air distrait. Son regard revint sur l'extérieur, puis se figea, ses yeux s'écarquillèrent, et elle vira de nouveau la tête vers elle d'un air vif. Elle la fixa un long moment, de haut en bas, au point qu'Elsa, qui ne la voyait pas, trouva son silence inquiétant.

- Quoi ? Dit Elsa. Qu'est—

L'aînée se tourna vers elle et vit son regard stupéfié.

- Nom d'Odin… Elsa… Tu es absolument magnifique, souffla Anna.

Elsa sourit et balbutia tout en rougissant.

- Je… Le… M-merci.

Anna continua de la fixer, admirant lentement sa robe, son corset teinté de touches de glace et son gilet, de manière tellement longue que cela devint gênant.

- Bonjour à toi aussi, pouffa Elsa avec sarcasme, voyant bien que cette vision lui en avait fait oublier ses manières.

- Oh, pardon ! Sursauta Anna. Oui, bonjour.

Elle sourit à son tour et sortit de sa rêverie, lui enlaçant le bras avant de rebasculer son regard par la fenêtre ouverte.

- Bon, par quoi on commence, aujourd'hui ?


Contrairement à la veille, les deux sœurs partirent cette fois à gauche en sortant de l'hôtel, escortées par leurs gardes du corps. Marchant en direction du bord de l'île, Elsa expliqua ce choix.

- J'ai entendu dire hier qu'il y avait des animations vers les calanques, sourit-elle. On devrait aller voir.

- Super idée ! S'exclama, enthousiaste comme toujours, sa cadette.

Dans cet élan, elle passa sa main au creux de son coude, et elles avancèrent bras dessus-bras dessous le long des rues. Heureusement pour Elsa, elle n'avait pas créé d'escarpins en glace, et elle fut bien heureuse de porter des sandales simples ; car les pavés usés des pas des habitants étaient lisses comme du verre à certains endroits. Descendant de plus en plus pour atteindre le niveau de l'eau, elles manquèrent donc de glisser à plusieurs reprises sur le sol, gloussant à chaque fois car, se tenant par le bras, si l'une des deux tombait, l'autre perdait l'équilibre aussi. Étouffant un dernier rire, Anna releva la tête lorsqu'elles furent arrivées à la hauteur des calanques, observant ce qui se passait, et elle eut une inspiration de bonheur.

Elsa suivit son regard, bien qu'elle soit heureuse à son expression avant même de comprendre ce qu'elle voyait. Tout le long des bords de l'île se mêlaient enfants et adultes dans un brouhaha joyeux, illuminés par le soleil estival. Plusieurs groupes étaient rassemblés autour de jeux de bois, construits et installés par les artisans de Corona, tandis que le reste des habitants observait, à l'écart, la manière dont ils jouaient. En marchant sur l'herbe pour s'approcher, Elsa distingua le jeu le plus proche comme étant un plateau de palets, dont elle connaissait le fonctionnement car le folklore d'Arendelle comportait aussi ce jeu. Les règles étaient simples, aussi ne s'étonna-t-elle pas d'y trouver surtout des enfants attroupés autour.

À l'aide d'un élastique, chaque joueur devait, le plus rapidement possible, transférer tous ses palets en bois dans le camp adverse, et ce à travers un minuscule interstice découpé dans la planche séparant les deux zones des joueurs. Posé sur un tonneau, le plateau était parfois trop haut pour certains, alors les parents, ricanant, portaient leurs filles ou fils par la taille pour les aider à gagner. La triche n'étant bien sûr qu'amicale, ils ne se gênaient pas pour donner de l'avantage à leurs enfants en les hissant en avant, sous les éclats de rire des spectateurs. Elsa et Anna passèrent, toujours main dans la main, devant plusieurs autres jeux de bois, se frayant un passage dans la foule, et reconnurent l'animation d'un autre stand : l'inévitable récréation que l'on retrouve dans chaque festival.

- Un chamboule-tout ! Sourit Anna, et sa phrase fut immédiatement suivie d'un bruit retentissant de conserves qui s'écroulèrent après le lancer d'un participant, et des cris de joie pour célébrer sa victoire.

Elsa acquiesça, et réalisa que les organisateurs tendaient un lot à l'homme qui venait de gagner. Ravi, celui-ci remercia les artisans d'une tape sur l'épaule, puis se pencha vers un de ses enfants à qui il offrit l'ours en peluche. Tandis qu'il soulevait son fils cadet, hilare, et qu'il le faisait s'assoir sur ses épaules, Elsa se demanda si l'homme connaissait personnellement les artisans qui tenaient le stand. L'île était assez grande, mais il était possible qu'ils soient amis, voire même voisins. Cela dit, la reine avait remarqué la veille que tous les festivaliers, qu'ils soient Coroniens ou étrangers, s'entendaient à merveille, et débordaient de complicité polie, malgré le fait de s'être rencontrés deux minutes plus tôt. Cette notion l'émut un peu.

- Tu veux jouer ? Proposa-t-elle à sa sœur, car l'excitation d'Anna était si grande que sa main était broyée sur place.

La rouquine tourna un visage ridiculement heureux vers son aînée.

- Que si tu joues aussi, posa-t-elle comme condition.

Elsa regarda le côté du stand où étaient entreposés les gains et haussa des épaules.

- Aucun des lots ne m'intéresse.

Anna la défia du regard.

- Tu dis ça parce que tu as peur de perdre, ricana-t-elle.

- Quoi ? Pas du tout.

- Ha ! Avoue, tu ne veux pas que je te mette une raclée.

- Hein ? Attends, depuis quand est-ce que c'est devenu une compétition ?

La blonde fixa, amusée, les iris couleur turquoise de sa sœur, que la lueur du soleil rendait plus verts que d'habitude.

- Tu n'as pas le niveau, c'est tout, pouffa Anna d'un air faussement supérieur en fermant les yeux. Donc tu te désistes.

Elsa se renfrogna, sa cadette l'ayant touchée droit dans son ego. Elle grimaça en lâchant sa main, puis croisa les bras, le regard défiant.

- Je te bats quand tu veux, menaça-t-elle.

- Ah, vraiment ? Moqua sa sœur, ouvrant un œil.

Contre toute réponse, Elsa tendit la main gauche, mais ce n'était pas pour reprendre celle d'Anna. Elle l'avait ouverte paume vers le haut.

- Dix contre un que je t'écrase.

La bouche d'Anna s'agrandit de surprise à son culot.

- Tenu ! Lança-t-elle, et elle claqua sa main dans la sienne.

Les yeux emplis d'impatience, elle se glissa dans la file et trépigna de hâte jusqu'à ce que leur tour vienne. Quand enfin le stand de chamboule-tout fut libre, Elsa annonça qu'elles n'allaient pas jouer à deux mais l'une contre l'autre, et l'organisateur afficha un air si radieux qu'on aurait dit qu'une flamme s'allumait dans ses pupilles. On changea l'emplacement des conserves pour ajouter de la difficulté, car elles étaient tout de même adultes, et un des artisans leva les bras pour attirer l'attention.

- MESDAMES ET MESSIEURS ! Hurla-t-il, et certains sursautèrent. APPROCHEZ, APPROCHEZ !

La foule ne se fit pas prier et s'assembla si vite autour du jeu que le volume du brouhaha augmenta en une seconde.

- Ces deux jeunes femmes vont se lancer un défi ! Annonça-t-il. La participante à renverser toute la pyramide avec le moins de lancers GAGNE !

Les festivaliers crièrent d'allégresse, les poings levés. Une fois l'installation faite, et le stand entièrement entouré de curieux, l'organisateur s'approcha des deux sœurs et leur montra une des pièces qu'Elsa leur avait données pour jouer.

- Nous allons tirer à pile ou face pour savoir qui commence. Que choisissez-vous ?

- Face ! S'empressa de dire Anna.

- Pile, dit Elsa, qui de toute façon aurait choisi ce côté.

L'homme sourit, et sous une trentaine de regards, lança la pièce dans les airs. Elle retomba dans sa main habile, et il la plaqua sur le dos de son autre main.

- PILE ! Cria-t-il. À vous de commencer !

Anna bougonna légèrement. Ravie de débuter, quoique désormais couverte d'une pression, Elsa ôta son gilet pour faciliter ses mouvements. Se dévêtant, plusieurs hommes autour d'elle sifflèrent d'euphorie, admirant les formes de la blonde platine. Anna fronça des sourcils de colère et les foudroya du regard, légèrement rougissante. Elsa sourit discrètement aux réactions, puis s'empara de la première balle. Sous les encouragements rythmés des festivaliers, elle visa stratégiquement la base de la pyramide, car si les fondations tombaient, toutes les boîtes s'écrouleraient. Elle en savait quelque chose, puisqu'en construisant son palais de glace, ce fut aux soubassements qu'elle avait pensé en premier.

Dans un mouvement vif, elle jeta la balle en bois creux, qui vint frapper bruyamment trois conserves, faisant s'écrouler la moitié de la pyramide. Son geste digne d'une experte en impressionna plus d'un et beaucoup applaudirent. La deuxième balle sautillant dans sa main gauche, Elsa plissa des yeux et se concentra pour asséner le prochain coup. D'un mouvement d'épaule, elle amplifia la trajectoire de sa balle et, dans un grand succès, celle-ci emporta toutes les conserves restantes d'un seul vol, qui tombèrent sur le sol dans une cacophonie mêlée aux cris du public. Sous les applaudissements, la reine sourit à sa cadette.

- À ton tour, nargua-t-elle.

Anna grimaça pour se moquer, et Elsa lui céda la place pendant que les artisans replaçaient les conserves à l'identique.

- Bonne chance, souffla la blonde à son oreille, car il était vraisemblablement impossible de faire tomber toute la pyramide en moins de deux coups.

La rouquine, en revanche, affichait une totale sérénité.

- En un seul lancer, annonça-t-elle, et un léger sourire naquit sur ses lèvres.

- Pff, se moqua Elsa. Mais bien sûr.

Anna prit position, et le public retint son souffle. La princesse recula le bras droit, prenant de l'élan, et inspira un grand coup. Il y eut un court silence où tout le monde était suspendu au geste de la rouquine. Elsa, qui juste qu'ici trouvait cela ridicule, fut brusquement consciente d'un fait : Anna avait beaucoup plus souvent joué au chamboule-tout qu'elle. Le temps sembla s'arrêter une seconde lorsque la princesse tourna les yeux vers elle, et un sourire s'étira le long de son visage tandis qu'elle regardait la pyramide de nouveau. Elsa écarquilla les yeux.

Avec une puissance inouïe, Anna lança de toutes ses forces la balle, avec un mouvement expérimenté du bras qui changea la trajectoire en vol du projectile. Grâce à un lancer à effet, la balle vint renverser violemment chacune des boîtes de conserves de la base, excepté une. L'intégralité de la pyramide s'écroula en partant de la droite, et la pile la plus à gauche chancela un instant, mais tomba emportée par la vague de chutes du reste.

La réaction du public fut aussi explosive que si un coup de feu venait de retentir dans les oreilles d'Elsa. Tout le monde s'écria, sauta sur place, leva les bras, et félicitait la princesse pour son incroyable prestation. Les épaules affaissées, la blonde regarda, bouche bée, Anna sourire de fierté. Mais rien qu'à son regard, on pouvait lire qu'elle n'était pas du tout impressionnée par son propre lancer. Elle avait clairement anticipé sa trajectoire. Son sourire s'écarta lorsque l'organisateur lui leva la main dans le vacarme qui les entourait, ravit d'avoir assisté à un tel spectacle. Deux hommes à côté de la princesse furent si impressionnés par son talent qu'ils se jetèrent sur elle pour la porter dans les airs et célébrer sa victoire. Mais à peine se trouvèrent-ils dans un rayon de moins de trente centimètres de la rouquine qu'un bras musclé sorti de nulle part repoussa avec puissance celui d'un des hommes. Elsa, sursautant, reconnut Lloyd, qui dominait l'enjoué d'une tête de plus, et à ses côtés surgit Warren, qui s'occupa d'écarter gentiment du plat de la main le deuxième homme.

Anna ne comprit pas tout de suite ce qui se passait, et l'action de déroula si vite que la foule n'en eût pas encore conscience non plus. Les deux hommes s'écartèrent, apeurés, et Elsa se précipita sur les gardes du corps pour leur assurer que tout allait bien. Sous les cris de joie, personne ne sembla remarquer les deux marins se mêler de nouveau au public, la mine toujours fermée, où ils recroisèrent leurs bras massifs, occupant chacun un mètre de large. Quand enfin la foule se fut calmée, l'organisateur tendit son lot à Anna. Ayant brisé tous les records en renversant la pile de conserves d'un seul lancer, elle eut évidemment droit au plus grand des prix, soit un panier garni de plusieurs kilos. Éclatant de rire en voyant l'énorme récompense qu'on lui tendait, Anna insista avec modestie pour refuser. Mais les artisans appuyèrent leur offre, et la princesse céda. S'éloignant, et suivies de Warren et Lloyd, Elsa et Anna marchèrent loin de la foule, qui se distrayait vite en rejouant des parties ou en se dirigeant vers d'autres jeux.

- Eh bien, bravo, souffla Elsa, épatée. Tu m'as largement battue.

- Merci ! Ricana Anna, et elle soupesa le gros panier qui contenait de quoi nourrir un régiment.

Sa joie fut de très courte durée puisqu'elle fixa les deux gardes avec une moue.

- Vous n'étiez pas obligés d'intervenir, tous les deux, grommela-t-elle.

Warren et Lloyd échangèrent un regard et se tournèrent vers la princesse.

- Mais… Votre Altesse…

- Il n'y av—

- Ce n'est rien, coupa précipitamment Elsa avec des gestes des mains. Tout va bien. Leur réaction était normale, Anna.

Les trois autres se tournèrent vers elle. Anna affichait cependant encore une moue boudeuse.

- Bien joué pour ta victoire, Anna, enchaîna Elsa pour changer de sujet.

La cadette sourit, pas peu fière d'elle, et agrippa la anse du panier d'un air conquérant.

- Je te dois de l'argent, admit Elsa. Et des excuses.

- Ne t'en fais pas pour l'argent, assura sa sœur. J'ai largement de quoi me récompenser avec tout ce qu'il y a là-dedans !

- Et les excuses ? Répéta la blonde en haussant un sourcil.

- Un câlin suffira, rougit Anna en posant le panier à terre.

Elsa lâcha un rire et enroula ses bras autour de sa cadette pour l'enlacer. Cette habitude commençait à beaucoup lui plaire. Après s'être écartées, Anna se moqua de sa défaite.

- Tu croyais vraiment pouvoir me battre ? Quelle vantarde.

- Dit celle qui m'a lancé le défi ! S'offusqua Elsa.

- C'est toi qui as lancé le défi, corrigea Anna en levant le doigt.

- Oui, mais c'est toi qui as commencé.

Les deux sœurs pouffèrent, et Anna récupéra le panier.

- Une revanche ? Proposa-t-elle, le regard plus espiègle que jamais.

Elsa fut incapable de céder à ses yeux espiègles.

- Absolument.

Observant autour d'elle, la reine essaya de trouver à quel jeu elle pouvait battre sa sœur. Plus loin, au bout du chemin qui suivait la calanque, Elsa reconnut une planche dressée à la verticale et sourit en comprenant en quoi le jeu consistait. Avec une bille entourée d'un cercle de bois, un Coronien essayait à l'aide des ficelles de chaque côté de la planche, liées à des poulies et attachées au cercle, de faire monter la bille jusqu'en haut sans qu'elle ne tombe dans les multiples trous percés. Remuant lentement le cercle de gauche à droite, ce jeu lui demandait à la fois concentration, patience et adresse.

"Exactement ce qu'Anna n'a pas", pensa Elsa, sans méchanceté car c'était absolument vrai, et elle indiqua la direction à sa cadette. Replaçant sa main dans la sienne, elle la suivit, et les deux Arendelloises marchèrent le long de l'herbe. Plus loin, derrière une habitation, un mat dépassait dans l'horizon. Attaché aux quais, le navire d'Elsa, bien que plus petit que la majorité des bateaux présents au port, se détachait des autres avec ses couleurs traditionnelles brillant à la lumière du soleil. Flottant au vent, le drapeau d'Arendelle dansait, joyeux, parmi les fanions de Corona.


- Elsa…

- Oui ? Répondit la reine d'un air absent en levant les yeux du programme du lendemain.

Anna se regardait dans le miroir de la chambre en triturant une de ses couettes, le regard dans le vide.

- Qu'y-a-t-il ? S'inquiéta la blonde.

- C'est juste que... La mèche blanche me manque, avoua-t-elle.

Il y eut un instant de silence. Elsa s'attendait à tout sauf à ça.

- De quoi parles-tu ?

Anna se tourna vers elle, toujours en passant la couette entre ses doigts, et la regarda avec évidence.

- Cette mèche blanche, que j'avais eue à cause de...

- Oui, je sais parfaitement, Anna, la coupa précipitamment sa sœur, le cœur crispé. Mais pourquoi est-ce que cela te manque ? Je ne comprends pas.

La rouquine eut un léger sourire en voyant l'incompréhension de son aînée.

- Pour toi, c'est une marque reliée à un douloureux passé, je sais... Mais... Je n'avais jamais su la vérité sur ce truc. J'ai toujours cru que je l'avais eue à la naissance, et que ça faisait de moi... Je ne sais pas... Quelqu'un d'unique.

Elsa ne sut pas du tout quoi répondre, divisée entre l'envie d'exploser de rire ou de fondre en larmes. Par conséquent, elle continua de fixer Anna d'un air béat.

- Hé, tu m'écoutes ? Ricana la cadette en agitant ses doigts devant son visage.

Elsa sourit en essayant de refouler le souvenir traumatisant qui allait d'un instant à l'autre refaire surface.

- Désolée, je... J'y repensais, c'est tout.

- Oh ! S'exclama Anna, la main sur la bouche. Pardonne-moi, ce n'est pas du tout ce que je voulais faire, s'excusa-t-elle en se laissant tomber sur les draps à côté d'elle pour lui passer la main dans le dos.

- Je sais, bien sûr, la rassura Elsa en relevant la tête. C'est juste difficile d'imaginer que tu la veux de nouveau.

Anna eut un blanc car, pour une fois, elle pesa ses mots avant de lui répondre.

- Vois ça comme un changement, un renouveau. Pour la première fois et pour toujours.

Un nouvel instant de silence s'imposa tandis que la princesse se mordait les lèvres à la
recherche d'une formulation qui ne serait pas source de stress pour sa sœur.

- Aujourd'hui, je vois plutôt ça comme...

- Quelque chose de classe ? Comprit Elsa en se tournant vers elle.

- Oui ! S'exclama sa sœur. Enfin, j'allais dire un effet de style, mais c'est pareil.

Elsa gloussa à sa vision des choses, et Anna ne put s'empêcher de sourire, soulagée.

- Anna, tu sais que je ne peux pas faire ça sur demande.

- Je s... Eh non, tiens, pourquoi ? Pourquoi tu ne pourrais pas ?

- Tu n'es pas sérieuse, là, fit la blonde en haussant les sourcils avec un demi-sourire.

- Je suis on ne peut plus sérieuse ! Tu as construit un palais de glace en partant de rien et une robe en cristaux magnifique, je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas teindre une pauvre mèche de mes cheveux !

Elsa soupira face à sa bêtise, navrante à souhait, mais c'était un des nombreux défauts qui la rendait si attachante.

- Construire un palais et colorer des cheveux sont deux choses strictement différentes, j'espère que tu en as conscience...

- Et à propos de la robe ? Humm ? Cibla la cadette en penchant la tête, certaine qu'elle avait là son plus grand argument.

- Je me suis basée sur celle que je portais déjà, ça ne compte pas, précisa modestement la reine.

- Tu plaisantes ! Tu as carrément créé une nouvelle matière ! Avec une glace unique !

Anna se leva en sursaut, excitée, et commença à s'exprimer par de grands gestes tellement improbables qu'Elsa dut secrètement se mordre la langue pour ne pas éclater de rire – ce qui l'aurait incitée à continuer de plus belle dans son excitation.

- Toute ta robe était en glace ! Entièrement en glace ! Et puis... Et puis... Tu avais fait un corset en flocons, avec... Cette traîne superbe qui flottait derrière toi, suffisamment lourde pour te suivre sur le sol mais assez légère pour se soulever et...

Les bras d'Anna se stoppèrent net en plein mime, fixant un point dans le vide avec extase.

- Et...

La reine leva un sourcil.

- Et tu étais ultra canon.

À ces mots, Elsa éclata de rire sans même se cacher derrière sa main et s'écroula sur le lit, coupée en deux par le fou rire qu'elle avait retenu jusqu'ici. Anna était si ravie de la voir rire ouvertement de nouveau, qu'instinctivement, elle se joignit à elle dans la seconde qui suivit, puis perdit l'équilibre et s'écroula sur le sien à son tour. Les éclats des deux sœurs durèrent de longues minutes et toute la peur des souvenirs fut chassée des pensées d'Elsa.

Finalement, à bout de souffle et épuisées, elles restèrent allongées sur leurs draps, puis regardèrent le plafond en silence, parfois entrecoupé de quelques éclats de rire perdus.

- Anna.

La dénommée, toujours allongée, tourna la tête vers sa sœur. Elles se regardèrent un instant dans les yeux, pensives, puis Elsa poursuivit :

- Tu sais que je ne veux pas te faire ça de nouveau. C'est en te blessant que j'ai réussi à la créer. Je ne sais même pas si je le reproduire sans te faire de mal.

- Je comprends, l'assura Anna en un sourire. J'étais juste nostalgique à l'idée, c'est tout.

- Mais j'aimerais te faire plaisir quand même, déclara Elsa.

Le détecteur de bonnes nouvelles d'Anna éclaircit soudainement son visage, tandis qu'elles se redressaient.

- C'est vrai ?

- Oui. Je vais t'offrir un cadeau dès que nous rentrerons à Arendelle.

La sourire de la sa sœur s'évanouit sous ses boucles rousses pour se transformer en moue boudeuse.

- Pourquoi pas maintenant ? Demanda-t-elle d'une voix enfantine.

- Parce que, c'est comme ça, sourit l'aînée.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Anna... Le concept-même d'un cadeau est de ne pas révéler la surprise.

La cadette soupira.

- Alors dis-moi au moins pourquoi tu ne veux pas me l'offrir maintenant !

- Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je ne peux pas.

- Hein ? Mais pourquoi ? Hein, pourquoi ?

Elsa saisit alors la ressemblance entre Olaf et Anna qu'avait une fois remarquée Kristoff. Elle gloussa intérieurement en se rendant compte qu'ils avaient effectivement la même manière de radoter lorsqu'ils étaient curieux.

- Parce qu'avec la chaleur qu'il fait ici, ça va fondre, tout simplement, expliqua Elsa.

Sa cadette fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu racontes… Tu as bien porté un gilet fait de glace, aujourd'hui. Et pourtant il n'a pas fondu.

- C'est parce que là, il était sur moi, rappela Elsa. Je maintiens naturellement les habits de glace à une température idéale quand je les porte.

Anna sauta brusquement du lit.

- HA-HAAAAA ! Cria-t-elle en la pointant du doigt.

Elsa, qui frôla la crise cardiaque pour la deuxième fois en trois jours, manqua d'enneiger le lit sous la surprise.

- Donc le cadeau est une robe ! S'exclama Anna.

La blonde la dévisagea un moment, stupéfiée qu'elle ait réussi à trouver. Mais soudain son expression s'adoucit en se rendant compte qu'elle avait vendu la mèche toute seule.

- Dritt… Murmura-t-elle en norvégien tandis qu'elle plaquait sa main sur son front, dégoûtée de sa propre bourde.

La rouquine éclata de rire.

- Je le savais ! Je le savais ! Je le savais ! Répéta-t-elle en s'agitant sur le lit comme un asticot. OUIII ! Ma sœur va me faire une rooooobe !

Elsa soupira en se tournant vers elle.

- Ça pourrait tout aussi bien être une veste, remarqua-t-elle.

- Nan, j'ai vu ta tête, tu vas me créer une robe et tu le sais !

Anna éclata d'un rire tonitruant en se dandinant sur les draps, puis se mit à imiter les mouvements gracieux d'Elsa lorsqu'elle exerçait sa magie.

- Pshh ! Une couture par là... Pffrrrhhhh... "Oh, Elsa, peux-tu mettre une boucle ici ?" "Oui, bien sûr" Psshhhaaaa !

Elsa secoua la tête en la voyant s'imaginer la robe faite sur mesure sous ses yeux.

- Je devrais changer d'avis et te faire une veste à la place juste pour te contrarier, menaça Elsa en souriant.

Anna s'interrompit immédiatement.

- Tu n'oserais jamais.

- On parie ? La défia Elsa en haussant un sourcil, ce à quoi Anna répondit par un "O" parfait de la bouche.

- Et puis je ne fais pas du tout ça quand je crée quelque chose, poursuivit Elsa en imitant l'imitation d'Anna, ce qui donnait un mouvement de bras saccadé assez laid avec une animation de la main qui ressemblait à un bec de canard.

- Si, c'est ce que tu fais, lança Anna pour la narguer en retour. Même que c'est encore plus comme ça, précisa-t-elle en agitant son poignet dans tous les sens et en faisant des grimaces, mais sa moquerie ressemblant plus à un spasme musculaire qu'à autre chose.

- Non, c'est faux. En fait... Laisse-moi te montrer.

Elle tendit son bras gauche au-dessus de sa tête avant d'ouvrir délicatement la paume de sa main et de faire valser quelques flocons dans les airs... Puis elle lui lança une gigantesque boule de neige droit sur son visage. La tête d'Anna disparut complètement sous l'amas de neige qui la recouvrit et elle tomba du lit à la renverse avec un petit cri. Elsa resta le bras tendu dans sa direction, riant aux éclats.

Mais Anna ne répondait pas, et riait encore moins.

Sur le mur derrière le lit, là où elle était tombée, Elsa aperçut alors avec effroi des traces de glace menaçantes qui cheminaient précipitamment le long du bois, à la lumière pâle de la Lune.

- Anna ?

Son sang ne fit qu'un tour. Elsa bondit de son lit et enjamba l'autre, encore recouvert d'une inquiétante couche de neige.

- ANNA !

Sa sœur était au pied du lit, recroquevillée sur le sol, les bras repliés sur son ventre et les yeux fermés.

- Non... Non, non, non...

Sa propre voix lui revint alors : "C'est en te blessant que j'ai réussi à la créer."

Elsa haleta et souleva immédiatement la tête de sa sœur à la recherche d'une trace blanche dans ses cheveux, mais il n'y avait rien. Néanmoins, Anna semblait toujours inconsciente.

- Non, non, NON... Anna… Anna, dis quelque chose...

Il y eut un bref instant de silence où la rouquine exhiba un énorme sourire, et Elsa sentit son cœur faire un bond.

- Quelque chose, murmura Anna en ouvrant les yeux.

Elsa eut un sursaut de recul.

- RIPOOOOSTE ! Hurla la rouquine, avant de lui lancer la boule de neige qu'elle avait cachée entre ses bras.

Complètement aveuglée, la blonde entendit sa satanée sœur se relever et courir en gloussant dans la chambre à la recherche d'une cachette.

- Oh non, tu n'as pas osé...

Elsa crut un moment qu'elle allait fondre en larmes, frappée par l'émotion entre la joie et la terreur. Mais son adrénaline s'activa en admettant la légitimité de la plaisanterie d'Anna : les nombreuses blagues de l'aînée au cours du dernier mois méritaient bien une vengeance. Elle rassembla toute la glace et la neige autour d'elle puis fit flotter dans les airs une boule de neige quatre fois plus grosse que sa tête.

- Tu vas me le payer ! Rugit-t-elle en sautant sur le lit et en levant son missile au-dessus d'elle.

Elle était précisément sur le point de la lui lancer lorsque quelqu'un frappa à la porte.
Les deux sœurs se figèrent et échangèrent un regard, puis Elsa lui fit signe de se taire et fit léviter le boulet de neige près du plafond pour le cacher. Elle descendit du lit tout en faisant fondre la neige sur leurs vêtements et alla déverrouiller la porte.

- Excusez-moi, euh... Mesdemoiselles... Murmura l'inconnu de l'autre côté du palier. Il est onze heures passées et... Ma femme et moi sommes à côté et aimerions dormir... Pourriez-vous...

Elsa fut profondément peinée à l'idée d'avoir gêné quelqu'un et perdit de sa contenance.

- Oh, excusez-moi, nous sommes vraiment bruyantes. Pardonnez-nous.

- Un problème, Votre Majesté ?

Elsa regarda par-dessus l'épaule du vieil homme et reconnu Warren, en chemise de nuit, foudroyer l'inconnu du regard.

- Oh, non, aucun, Warren, tout va bien, merci.

Elle remarqua que le vieil homme était terrifié face au garde, et ne put que le comprendre en voyant que le simple vêtement de nuit que portait l'Arendellois mettait en valeur ses muscles imposants de matelot.

- Vous êtes sûre ? Vérifia l'homme en soutenant sa reine du regard.

- Oui, oui, ne vous inquiétez pas. Merci de vous être déplacé, mais tout va pour le mieux, je vous l'assure.

Cela sembla convaincre le garde qui retourna dans la chambre voisine, non sans jeter un regard menaçant au vieil homme qui ne l'avait pas quitté des yeux.

- Excusez-nous, reprit Elsa.

- Non, non, c'est moi qui devrait m'excuser, je... Vous... Votre Majesté... Euh...?

- Elsa d'Arendelle, termina inconsciemment la blonde, qui s'en voulut aussitôt pour cet automatisme.

L'homme déglutit.

- Reine Elsa d'Arendelle, je…

- Nous allons faire moins de bruit, je vous le promets, affirma Elsa d'une voix paisible en souriant. Ne vous inquiétez pas. Bonne nuit, ajouta-t-elle en inclinant la tête, ce à quoi l'homme répondit par une courbette embarrassante.

- Bonne nuit, Votre Majesté.

Elsa sourit et ferma la porte, puis posa sa tête contre le bois et se laissa glisser au sol en soupirant. Anna, qui s'était assise en tailleur face à elle, se mit à ricaner.

- "Votre Majesté", répéta-t-elle d'un air bourgeois.

Elsa grimaça et dirigea le boulet de neige au-dessus de sa tête, puis lâcha le projectile. "Oh, oh" furent les seuls mots qu'Anna put ajouter avant que la neige de sa sœur ne la recouvre entièrement.


NDLA :

Et voilà pour le chapitre 7 ! J'espère qu'il vous a plu :) Et vous a bien fait rire ! Oui, je sais, il y avait du angst aussi. Mais il y a toujours un juste équilibre ;) Qu'est-ce que vous avez préféré dans ce chapitre ?

N'hésitez pas à commenter !