Comme d'habitude tout reste à DC Comics, j'ai pas d'avocat alors pitié m'attaquez pas en justice !
Le retour à Gotham avait été difficile.
Pas l'acte de revenir, il leur avait suffit de voler un jet et de passer les commandes à Nygma. Celui ci était neuf et de dernière génération, ils purent atterrir en toute sécurité après seulement une journée de vol. S'il avait été un peu plus discret le Sphinx l'aurait gardé, mais il était blanc crème avec des inscriptions dorées et assez gros pour être repéré alors il se contentèrent de le revendre à Cobblepott à moitié prix. Non, ce qui avait été plus dur, c'est de se cacher de Batman. Parce qu'après une semaine et demie, il était toujours furax. Probablement parce qu'ils lui avaient échappé avant même qu'il n'ait pu leur donner un seul petit coup de poing. Aidé de tout le bat-clan, il avait remué ciel et terre pour les trouver, faisant des raids sur des dealers, enfonçant les crânes d'informateurs potentiels, enfermant tout ce qui passait entre ses griffes... en trois jours il avait trouvé Poison Ivy. Pour une fois il ne trébucha pas sur ses lianes et la cogna autant qu'un homme. Elle qui voulait la parité, elle avait été servie.
Mais ce ne fut pas le seul problème du Sphinx et de Seshat, l'autre s'appellait Jonathan Crane. Quand le docteur avait dit qu'il essayerai de tuer Nygma au retour, il n'avait pas menti. Et se cacher d'un Epouvantail en colère c'était presque aussi difficile que de se cacher de Batman, parce que si le chevalier noir avait beaucoup d'autres ennemis à trouver et un code d'honneur, l'ex professeur n'avait pas ces problèmes là. Après deux semaines à courir de planques en planques les deux se rendirent compte qu'ils allaient devoir choisir entre se faire massacrer par l'Epouvantail ou par Batman. Daphnée choisit l'empoisonnement et Eddie choisit de vivre. Il dévalisa une bijouterie des beaux quartiers, se fit attraper par la chauve souris, passa un sale quart d'heure, eut droit à trois doigts et quatre côtes cassées, une mâchoire déboîtée, de multiples coupures et un billet express pour Arkham, mais il était encore en vie. De son côté sa partenaire se rendit chez Crane avec un repas à emporter chinois et lui fit les yeux de chiens battu. Ca ne marcha pas et il lui fit des injections pendant trois jours. Ceci dit après ça il l'hébergea dans l'appartement miteux où il se cachait pendant un mois le temps que les choses se tassent et qu'elle fasse échapper son employeur. Ce qui voulait dire qu'elle devrait faire pareil quand ce serait à son tour d'avoir des ennuis.
Bref, les choses avaient été plus chaotiques que d'ordinaire. C'est pour ça qu'elle ne put rendre visite à sa mère que deux mois après l'évasion massive d'Arkham. Mais elle ne se plaint pas, elle commençait à avoir l'habitude du mode de vie de sa fille. Généralement elle commençait par faire un résumé des événements incluant Nygma si Alexander était là, ensuite elle répondait à ses questions horriblement précises et quand il était satisfait elle attendait qu'il parte pour pouvoir réellement parler et vider son sac. Elle était sûre à cent pour cent qu'il était en contact avec Eddie alors elle évitait de dire quoi que ce soit de trop important. Non pas qu'il aurait été au dessus de bugger le salon mais connaissant sa mère elle avait dû coucher dans toutes les pièces du penthouse juste pour être sûre qu'il évite de faire ça. Enfin ça elle n'avait pas attendu Nygma ou Alexander pour le faire mais le père de Daphnée, qui avait tendance à espionner les membres de sa famille. Cette fois ci elle était arrivée en pleine nuit et après le câlin rituel les deux femmes s'assirent dans le petit salon qui n'avait pas de fenêtres afin d'éviter les paparazzis. Entourée de sa robe de chambre en soie aux motifs asiatiques, Sylvia se plaignait en jouant avec les glaçons de son verre.
"Tu n'imagine même pas Daphnée ces connards sont de vrais vautours. Si je pouvais j'sortirais la carabine et je tirerais sur tout le monde mais le port d'arme est même pas autorisé dans cette saloperie de bourbi. "
Daphnée soupira. Oh si, elle savait parfaitement comment se comportaient les paparazzis.
" Je connais le sentiment, mais ils ont l'habitude d'éviter des balles figure toi."
"Ah parce qu'ils suivent même les tarés ?"
Elle hocha la tête, fatiguée.
"Des fans, des groupies, des magazines spécialisés, des groupes gothiques, des adolescents débiles qui se prennent pour le prochain Joker et j'en passe. C'est surtout Crane et Joker qui les subissent, mais bon tu vois le genre ils durent jamais bien longtemps. Eddie et moi on en a pas souvent parce qu'on est censé être trop "ennuyeux". Parce qu'on fait pas dans le meurtre de masse."
Sylvia secoua la tête et prit une autre gorgée.
" 'Sont trop cons pour vivre."
Sa fille sourit. Bien qu'ils se détestent cordialement, Nygma et sa mère étaient souvent du même avis. Elle ne le leur avait fait remarquer qu'une fois, aucun des deux n'avait reparlé de toute la semaine. Depuis elle évitait, mais elle n'en pensait pas moins.
" Je pense que c'est juste limité à Gotham. Quand on était à Vegas personne ne nous a reconnu et eh, tu sais quoi ? Crane s'est même fait draguer. Deux fois."
" 'Faut avouer qu'il a des ces yeux..."
"Maman c'est un psychopathe et il a une face de rat."
" J'ai sauté pire."
Elle ouvrit la bouche pour lui demander justement qui elle avait pu fréquenter qui soit pire que Crane mais elle la referma prestement. Son père avait été bizarre, le père d'Alexander était bien pire et vu les endroits où elle traînait quand elle était jeune il était probable que oui, elle connaisse des personnes qui soient pires que l'Epouvantail. Mince, elle avait peut être épousé pire. Sylvia repoussa une courte mèche d'un orange quasi fluorescent derrière son oreille avant de se resservir un verre.
"Sinon c'était comment Vegas ?"
"Plus sympa que la dernière fois. Sauf pour le voyage, on s'est écrasés dans l'Utah et on a du se débrouiller pour faire le reste du chemin. J'ai eu l'impression d'être coincée dans une serre de la taille d'une boite à sardines avec une classe de maternelles pendant quinze jours. Ils sont jamais d'accord c'est impressionnant."
Elle haussa les épaules.
"Ils sont tarés. Toi aussi t'étais chiante quand t'étais tarée, on aurait cru moi."
Daphnée paraissant un peu gênée Sylvia reprit une gorgée, lui laissant le temps de changer de sujet. Ce qu'elle fit après avoir piqué un fard et s'être éclaircit la gorge.
" Ahem, oui. Donc bon tu as été à Vegas, je te passe les détails. On a misé de l'argent, on a tout perdu, Nygma a tout regagné, on a piqué des voitures, Harley nous a traînés au karaoké, on a rencontré des gens bizarres aussi. A un moment je me suis faite aborder par un prof de guitare qui voulait me faire une proposition à propos de mes gosses. J'ai pas tout compris mais apparemment Pam le connaissait et lui a dit de ficher le camp."
Sylvia fronça les sourcils, très concentrée, avant de hocher la tête.
" Nouvelle règle : tu parles pas aux profs de guitare."
"Maman j'ai 27 ans."
"Et alors ? J'ai peut être autant d'alcool que de sang dans les veines mais je me souviens encore d'avoir gueulé comme une pute quand t'es sortie alors ça me donne le droit d'te donner des ordres."
"T'as fais une césarienne."
Et elle vida son verre, décidant que l'argument était clos. Daphnée soupira avant de parler d'autre chose pendant que sa mère se resservait.
" Qui ont a vu aussi... ah oui, un prêtre transsexuel, miro et un peu dingue qui se prenait pour Audrey Hepburn."
"Ah bah ça c'pas banal. Comment vous l'avez trouvé le zoziau ?"
Elle souffla un instant en se grattant la nuque, essayant de se rappeler la raison que la clown avait sortit.
"Oh ça... C'est juste Harley qui voulait ramasser un bouquet de mariée."
Elle poussa un petit rire.
"Elle avait qu'à demander il m'en reste quatre. Qu'est-ce que vous avez fais, vous avez foutu une cérém' en l'air ?"
"Non, on en a organisé une. Fausse hein, mais j'ai du porter la robe. Pam a encore la vidéo et..."
Voyant l'air horrifié de sa mère, elle claqua des doigts sous son nez. Aucune réaction. Connaissant sa mère Daphnée tenta une nouvelle approche du problème: éloigner la bouteille. L'effet fut immédiat, elle la lui prit des mains avant de la reposer sur la table basse et de se masser les tempes.
"T'as épousé le chieur."
"Non ça peux pas compter, il est sous tutelle d'Arkham."
Elle la regarda longuement, sans arrêter les mouvements circulaires. Daphnée pencha la tête sur le côté. Ce tic était habituellement réservé aux rendez vous chez son avocat en pleine période de divorce, quand elle essayait de se rapeller au mot près la législation en vigueur.
" Non, Arkham se débarasse de la tutelle sur la première personne venue. Quand t'étais internée ton père a été élu tuteur et personne a été averti, même pas lui. Donc vu que la seule personne qui s'entends avec le geek et qui soit soit mentalement saine c'est toi... T'as signé l'papier, t'es mariée."
"Mais je suis une criminelle !"
"Ah parce que tu crois que ça les gêne ?"
Là, la panique commença à s'installer. Non effectivement c'était bien le genre de l'asile Elizabeth Arkham. Elle avait entendu parler de la fois où le Joker était sortit d'Arkham, un pauvre type avait du venir signer pour attester qu'il venait le chercher... et était mort deux semaines plus tard.
" Même... même si je suis légalement sa tutrice... c'est interdit d'épouser son tuteur."
"Pas avec une autorisation parentale."
Et le père d'Eddie était encore en vie, terrifié par sa progéniture. Il y eut un silence pesant entre les deux femmes, le poids de la nouvelle se faisant de plus en plus ressentir au creux de l'abdomen de Daphnée. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait en penser. Il l'avait déjà embobiné pour qu'elle fasse des trucs pour lui mais ça ? Là elle était vraiment perdue. Elle prit sa tête dans ses mains et se pencha en avant. Très sérieuse, sa mère lui posa une main sur l'épaule, une lueur d'espoir au fond de l'œil.
"Au pire c'est jusqu'à ce que la mort vous sépare."
Elle l'observa un instant avant de pencher la tête sur le côté.
Pas faux.
Dans la planque du Sphinx à quelques kilomètres de là, le vilain en question eut un frisson désagréable le long de sa colonne vertébrale. Après des années passées du mauvais côté de la loi, il avait apprit à faire confiance à ses instincts. Après tout, on ne survivait pas aussi longtemps à Gotham City sans développer un instinct de survie de compétition, tout particulièrement quand on portait du vert fluo au quotidien. Sans réfléchir il jeta son magasine de science, se leva de son canapé et se jeta dans sa salle de bain. Son intuition se révéla exacte quand Daphnée défonça la porte d'entrée et commença par une salve de mitraillette pour démarrer les négociations. Puis elle hurla de toutes ses forces:
"Chéri ! Je suis rentrée !"
Ah, elle avait donc apprit pour le mariage. Il ne lui restait plus qu'à partir pour le Brésil. Une deuxième salve, plus proche, le fit couiner. Heureusement qu'il avait pensé à blinder la salle de bain. Mais il doutait que le blindage résiste à une Seshat en colère. D'autant que dans un instant de bêtise indigne d'un être aussi supérieur que lui, il l'avait laissée s'acheter un bazooka au marché noir. Ne voyant pas d'autre solution que de demander un cesser le feu, il prit le premier objet ressemblant un tant soit peu à un bâton qu'il trouva - une brosse à bidet- un linge blanc au hasard -une serviette- associa les deux tel un mac Gyver au rabais et passa son drapeau blanc à travers la porte.
Voyant cela, Daphnée leva les yeux au ciel et tira sur le manche. Juste pour le beau geste.
" Les criminels ne respectent pas les conventions de Genève. Sors, je vais pas te tuer."
Sa voix s'éleva de derrière la porte qu'il avait prestement refermée.
"Très chère, permets moi d'en douter."
Agacée, elle jeta son fusil d'assaut sur ce qu'il restait du divan et se mit en position de combat devant la porte. Si ses calculs étaient bons les balles avaient suffisamment endommagé la serrure. Elle donna un grand coup de botte dans la poignée de porte, qui céda dans un craquement de fin du monde. Nygma la regarda, horrifié.
"Pourparlers ?"
Elle posa ses poings sur les hanches et fronça le sourcils. Voyant qu'elle n'était pas armée et n'avait pas l'air d'avoir envie de le tuer, il se releva et croisa les bras, se parant de ce qu'il lui restait de dignité. Voyant qu'il ne parlait pas, elle décida de lancer les hostilités.
"Est-ce que je peux savoir ce qu'il t'es passé par la tête ?"
Il haussa un sourcil, d'un air vaguement condescendant.
"Tu devrais être flattée, il m'a fallu un certain temps pour mettre en place tous les détails. Tu n'imagine même pas le temps que j'ai passé à organiser tous les détails, mon géniteur était fort peu coopératif. Et je t'avais prévenue."
Sa tirade était un peu gâchée par le fait qu'il l'avait limite suppliée d'épargner ses fesses avec une brosse à chiottes deux minutes plus tôt. Elle répondit, la voix chargée de venin.
"Ah oui ? Et quand ça ? Quand je dormais ? Ou alors en énigme peut être ?"
Son sourcil se haussa encore un peu.
" Je t'ai demandé en mariage."
"Et j'ai dis non !"
"Une erreur de jugement."
"Cinquante fois de suite ?"
Il se permit un petit rire.
"Que veux tu chat, tu n'as pas mon intellect."
Elle prit une grande inspiration et serra ses poings pour éviter de hurler. Ca pourrait peut être la calmer pendant une seconde mais ça ne ferait pas avancer les choses. Après quelques secondes d'un silence pesant elle lui jeta un regard noir.
"Pourquoi ?"
"Parce que je veux te garder à mes côtés pour le restant de mes jours et que je voulais que ça soit officiel
Elle rougit et détourna le regard. Elle ne s'était pas vraiment attendue à une réponse pareille. Ca semblait évident pour ce genre de décision, mais de la part du Sphinx c'était au contraire très étonnant. Gênée elle se frotta l'arrière de la nuque sans le regarder. Qu'est-ce qu'elle pouvait répondre à ça ? C'est vrai qu'ils étaient en couple depuis quelques années et ils s'entendaient assez bien, si ce n'est pour la querelle d'amoureux occasionnelle. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, cherchant ses mots.
"Eddie tu... c'est une sacrée décision que tu as prise et..."
Et ça la gênait tout de même un peu qu'il ne lui ai pas demandé son avis. Qu'est-ce qu'elle faisait, elle réclamait le divorce ? Non pas qu'elle était foncièrement contre le fait de vivre avec lui mais... c'était compliqué. Oui en effet ils étaient proches, elle aurait même pu admettre qu'elle l'aimait de temps en temps mais elle n'avait aucune idée de si elle voulait passer le restant de ses jours avec lui. Seshat n'était pas dans la réflexion mais dans l'action. Ceci dit c'était mieux parce que sinon elle commencerait à penser à comment sa mort avait des chances de se dérouler et au fait qu'au delà de quarante ans elle et Nygma seraient soit morts, soit trop endommagés pour continuer leur train de vie. Et justement ce conflit interne la faisait beaucoup trop réfléchir à ce genre de choses. Sentant son malaise, Edward leva les yeux au ciel et lui prit la main. Ce qu'elle pouvait être bornée, c'était pourtant simple !
Elle le suivit docilement jusqu'à son bureau sans rien dire, appréciant le répit qu'il lui offrait ainsi. C'est vrai, que pouvait elle dire qui ne détruirait pas leurs relations, qu'elles soient professionnelles, amicales ou plus ou moins sentimentales ? Daphnée était, et ce depuis toujours, connue pour être capable d'un très grand tact et de beaucoup de diplomatie. C'était ça plus qu'autre chose qui lui avait permit de rester en vie. C'était toujours une bonne idée d'être poli et de surveiller ce que l'on dit lorsqu'on est entouré de personnes à peu près aussi saines que le Docteur Frankenstein. Mais là elle se trouvait à court de mots. En théorie dans ces cas là elle préférait ne rien dire, mais le sujet était beaucoup trop grave pour qu'elle se taise. Le problème c'est qu'elle avait perdu l'habitude de surveiller ce qu'elle disait avec Eddie et là il allait falloir faire preuve de trésors d'éloquence pour se sortir de se bourbier.
Nygma la traîna ainsi jusqu'à son bureau. Sans rien dire, il la lâcha pour aller déverrouiller un des tiroirs de sa table de travail. D'ordinaire elle se serait penchée pour essayer de voir ce qu'il y cachait, mais la situation était trop grave pour qu'elle soit curieuse là tout de suite. A la place elle regarda ailleurs en se pinçant les lèvres et en se frottant la nuque, ses pensées volant à tout allure à travers sa tête. Cette histoire allait se finir en aspirine. Ou en meurtre. Et elle préférait vraiment éviter le second. Mais si elle ne voulait pas le tuer, est-ce que ça voulait dire qu'elle était tacitement d'accord ?
Ne se préoccupant pas le moins du monde des élucubrations de sa partenaire il prit une de ses mains, la paume ouverte, et y déposa quelque chose.
Un crâne.
Vernis et propre, mais un crâne. Humain. Ayant appartenu à quelqu'un. Elle pencha la tête sur le côté sans comprendre. A sa décharge elle était complètement perdue et ses oreilles commençaient à fumer. Puis elle se souvint que c'était de Nygma qu'on parlait. Nygma qui avait beau avoir l'air inoffensif, mais qui avait des tendances sociopathes, un Q.I. beaucoup trop élevé pour que ce soit sain, un statut de super vilain craint et respecté, un réseau de relations étendu, des moyens seulement limités par sa volonté et qui lui avait demandé si elle voulait le crâne de Maxie Zeus.
Elle se sentait... bizarre.
"C'est ce que je pense ?"
Il fit un petit sourire."Les fleurs et les bijoux n'ont pas marché, il fallait bien que je trouve quelque chose. Tu comprends je ne peux pas me rabaisser à..."
"Tu l'as tué ?"
Il secoua exagérément sa tête, leva les yeux au ciel, levant aussi les bras comme s'il le prenait à témoin de l'évidence de la réponse. Il était absolument ravi de son effet et en rajoutait deux tonnes maintenant qu'il avait enfin réussi à impressionner Seshat au delà de toutes espérances.
"Mais non quelle question ! J'ai demandé à mes hommes de le faire ! Vois tu Daphnée j'ai remarqué que cette ville n'a rien de logique, comme si la présence de Batman rendait tout ubuesque. Il y a des règles qui s'appliquent ici qui seraient regardées comme ridicules n'importe où ailleurs. Quelle ville ne voudrait pas d'un génie aussi charismatique, aussi révolutionnaire qu'Edward Nygma ? Aucune bien sur ! Sauf Gotham. Quelle ville regarderait le plus brutal des scélérats néandertaliens de ce millénaire comme un héros ? Gotham ! Où donc les rôles sont inversés, la police est tellement corrompue qu'elle devrait occuper les pénitenciers qu'elle remplit, les politiciens marchents sur la tête et les électeurs accueillent les dépenses inutiles à bras ouverts ? Gotham, Gotham, toujours Gotham !"
Comme elle ne réagissait toujours pas, il commença à faire les cent pas tout en faisant de grands gestes. Il s'était retenu pendant très longtemps et était fier de son raisonnement, alors il n'allait certainement pas faire preuve d'humilité.
"Si fueris Romae, Romano vivito more! Alors très chère j'ai décidé moi aussi de mener mes opérations à l'envers. J'ai envoyé mes lieutenants les plus fidèles tuer ses macaques et les plus ignoblement sots de mes employés tuer le mégalomane. Et bien évidemment j'ai réussi du premier coup là où tu as échoué un nombre incalculable de fois. Mais tu n'as pas à t'en vouloir, on ne peux pas rivaliser avec un être doté de mon intelligence supérieure. Quoi que je dois avouer que tenter de le pendre avec les extensions de sa propre barbe avait un certain... style. Ou manque de justement, c'est la barbarie de l'acte qui lui a donné sa singularité. Néanmoins ce n'est..."
Depuis le début de sa diatribe, Seshat était paralysée et n'écoutait absolument rien. La seule chose dont elle était sûre c'est que Maxie Zeus était mort. Fini. Caput. Pas presque mort, pas laissé pour mort, pas présumé mort, mais définitivement raide. Alors dès que son cerveau eut accepté la nouvelle, elle laissa tomber l'os, se jeta sur le Sphinx et enfouit sa tête dans son cou, tremblante. Il ne se formalisa pas de la coupure, trop occupé à savourer sa victoire. Il la prit dans ses bras pendant quelques instants, gardant le silence alors qu'elle s'agrippait à lui. Mais c'était la première et probablement la dernière fois que quelqu'un d'autre qu'elle même avait réussi à protéger Daphnée "Seshat" Greyhound, alors il ne put s'empêcher de le pointer. Il releva doucement son menton, expression arrogante quasiment plâtrée sur son visage et murmura contre ses lèvres.
" Je ne pouvais pas laisser le premier venu faire peur à ma femme."
Il fit une pause.
" Ca sonne tellement bien tu ne trouve pas ? Possessif. Évident. Logique. Parfait. Même le plus attardé des rebuts de Gotham le comprendrait !"
Ca sonnait tellement... bizarre. En fait à part "bizarre", Seshat était absolument incapable de penser. Elle avait passé tellement de temps à avoir peur de Maxie Zeus, à toujours s'attendre à une attaque, à le voir survivre encore, et encore, qu'inconsciemment elle avit finit par croire qu'elle ne s'en débarrasserait jamais. Et là on lui prouvait qu'il était mort. Comme ça, du jour au lendemain. Sans corps, ni bataille, ni tripes, ni électrocution violente. C'était une constante de sa vie qui venait de partir en fumée pour être remplacée par une autre. Pendant longtemps les choses avaient été mauvaises, pour faute d'un meilleur terme. Elle se réveillait en pleine nuit, elle avait du mal à accorder sa confiance à qui que ce soit, à se relaxer, à passer une journée sans se demander si sa vie n'allait pas encore être détruite parce qu'un mégalomane la prenait pour sa fille, elle avait fini par croire que la seule personne sur qui elle pouvait compter c'était elle même. Bien sur elle pouvait parler aux autres, passer du temps avec eux mais personne n'arriverait à la faire se sentir en sécurité, plus jamais ça n'arriverait.
Daphnée n'était pas Edward.
" Dois-je déduire de ton silence que je serais très chanceux ce soir ?"
" La ferme et prends ton câlin."
Ca faisait du bien d'avoir tord.
DUN DUN DUUUUNNN !
Fini pour cette fic là ! Je reviens la semaine prochaine avec Ars Amatoria, qui est ce que j'ai fais de plus chargé en humour et romance. Ca durera cinq chapitres, donc cinq semaines où j'aurais le temps de finir Roulette Russe ! Trente deux chapitres d'action, d'humour, de tas de rogues, de suspense et d'un plan qui inquiète même les supers vilains...
Notes et références :
- Dans crise d'identité un magazine people fouille la vie des supers héros et supers vilains, tant et si bien qu'ils finissent par retrouver le fils que Captain Boomrang a eut avec Eclair Doré.
- Dans l'album fait pour le Joker par Brian Azzarello, on commence avec le Joker qui sort d'Arkham légalement. Ouioui.
- Leur mariage est effectivement légal selon la législation française, plus lourde que celle américaine. J'ai eut l'idée de cette fic en cours de droit ^^.
- "Pourparlers ?" Oh allez, celle là elle est facile ! Pirate des caraïbes !
- Petit clin d'oeil à la fin de Chapeau Melon et Bottes de Cuirs et les nombreuses variantes de "non" de Seshat. Aussi, clin d'œil et à CMBC et à Erreur sur la personne pour la haine de Daphnée envers Maxie Zeus.
- "Si fueris Romae, Romano vivito more" à Rome fais comme les romains, si tu es ailleurs vis comme on y vis, la citation latine complète étant : "si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi".
- Nowadays, chanson à la fois pop et jazzy du film/comédie musicale Chicago est la chanson finale, pleine de joie et d'espoir. Je trouvais cela adapté.
